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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 15 avril 2018 27 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Gérard Longuet et Jérôme Fourquet

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Les frappes ciblées contre le régime syrien, fallait-il bombarder des sites chimiques en Syrie ?

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Était-ce légitime ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Le gouvernement affirme qu'il a des preuves de ces armements chimiques utilisés par le régime Assad. Vous avez été ministre de la Défense. À votre avis, d'où viennent ces preuves que la France possède aujourd'hui ?

  • 2:27OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'une forme de morale diplomatique est gagnante après ces bombardements ciblés ?

  • 2:33ComplaisanteRéponse directe

    Dès lors que la preuve...

  • 4:06RelanceRéponse directe

    Vous êtes en contradiction avec ce que déclare le président de votre parti, Laurent Wauquiez, il dit qu'il ne croit pas à l'utilité de frappes punitives.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Invité politiqueFait
    « Dès lors que le diagnostic de la frappe chimique sous la responsabilité du gouvernement de Damas est établi, la réponse est pour moi complètement oui. »
  • 1:09Invité politiqueFait
    « Il y a d'une part les organisations d'opposants qui sont sur le terrain et qui peuvent, à juste titre, et c'est leur rôle et c'est leur volonté de collationner des renseignements. Encore faut-il les vérifier. »
  • 1:28Invité politiqueFait
    « Il y a ensuite les services secrets plutôt américains. Là on dépend de l'information d'autrui. »
  • 1:38Invité politiqueFait
    « Et puis enfin notre propre capacité française qui est forte en Syrie pour toutes sortes de raisons historiques à se renseigner et à s'informer. »
  • 2:44Invité politiqueFait
    « Je pense que les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont une responsabilité toute particulière pour faire respecter les accords internationaux et le refus, le rejet, la condamnation des armes chimiques est absolu depuis 1925. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Ne rien faire eût été déshonorant, et je dois reconnaître que chacun des pouvoirs politiques, le président Macron en France, Trump aux États-Unis, le Premier ministre Madame May, avaient des comptes à régler avec l'impuissance de 2013. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « Ce ne sont pas des frappes punitives, c'est la démonstration que les grandes puissances ne tolèrent pas l'infraction aux conventions sur les armes chimiques. »
  • 8:46Invité politiqueFait
    « Le départ de Bachar n'est plus un préalable. »
  • 8:55Invité politiqueFait
    « Le président Hollande avait dit que Bachar doit partir, et Fabius l'avait dit de la même façon, de la façon la plus énergique. Et manifestement, ce préalable a bloqué toute initiative utile de notre pays. »
  • 10:33Invité politiqueFait
    « Un Bachar peut en cacher un autre. Je veux dire par là que ce n'est pas un pouvoir personnel. »
  • 13:30Invité politiqueFait
    « L'exercice du pouvoir en France n'est pas un long fleuve tranquille et lorsque vous déclenchez des mouvements que vous souhaitez nécessaires j'imagine qu'ils pensent profondément nécessaires la réforme du chemin de fer l'autorité de l'État ou la présence de la France dans des actions tendant à rappeler l'existence d'un ordre international. »
  • 13:53Invité politiqueFait
    « Pour les SNCF c'est totalement vrai on ne peut pas laisser ce système qui d'ailleurs ce n'est pas le statut des cheminots exclusivement à mon avis ce n'est pas essentiel l'essentiel c'est que ce mode de transport est confronté à une compétition qui aujourd'hui tel qu'il est organisé le rend à peu près non compétitif. »
  • 14:28Invité politiqueFait
    « Alors je trouve ça un petit peu injuste parce qu'il ne comprend peut-être pas tout et qui est capable de dire qu'il comprend tout mais c'est vrai qu'il n'est pas proche de la France rurale de la France des villes moyennes des préfectures et des sous-préfectures ça on ne peut pas dire le contraire c'est le cas de le dire. »
  • 19:50Invité politiqueFait
    « Je pense profondément qu'il a tort. Je pense profondément qu'au moment où le Front National apporte la preuve de ses limites l'incapacité de Mme Le Pen à exercer des responsabilités nationales on l'a vu dans le débat de l'entre-deux-tours avec M. Macron les contradictions l'Europe pas l'Europe l'euro pas l'euro. »
  • 20:32Invité politiqueFait
    « Constater qu'en effet pour la vie politique française la position centrale d'Emmanuel Macron est extraordinairement confortable pour l'instant parce qu'il a deux oppositions sur sa gauche sur sa droite dans chacune de ses oppositions il y a des clivages profonds il n'a donc pas contre lui de front uni possible. »

Temps de parole

  • Gérard Longuet48 %
  • Locuteur non identifié29 %
  • Présentateur19 %
  • Invité5 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Il est 8h18.

0:02
Invité

Le 6-9 du week-end. Pierre Veil sur France Inter.

0:08
Présentateur

Notre invité ce matin, Gérard Longuet, sénateur Les Républicains de la Meuse, ancien ministre de la Défense. Bonjour M. Longuet. Bonjour. Les frappes ciblées contre le régime syrien, fallait-il bombarder des sites chimiques en Syrie permettant de fabriquer des armes chimiques ? Était-ce légitime ?

0:25
Gérard Longuet

Dès lors que le diagnostic de la frappe chimique sous la responsabilité du gouvernement de Damas est établi, la réponse est pour moi complètement oui. Maintenant nous aurons un débat parlementaire mardi, non demain d'ailleurs lundi, et j'attends du gouvernement pour clarifier la situation, il mette sur la table toutes les informations dont il a disposé et qui ont justifié ces frappes.

0:50
Présentateur

Alors le gouvernement affirme qu'il a des preuves de ces armements chimiques utilisés par le régime Assad. Vous avez été ministre de la Défense. A votre avis, d'où viennent ces preuves que la France possède aujourd'hui et qui accusent le régime Assad ?

1:09
Gérard Longuet

Alors c'est exactement la question, il y a au fond trois sources de preuves. Il y a d'une part les organisations d'opposants qui sont sur le terrain et qui peuvent, à juste titre, et c'est leur rôle et c'est leur volonté de collationner des renseignements. Encore faut-il les vérifier. Il y a ensuite les services secrets plutôt américains. Là on dépend de l'information d'autrui. Et puis enfin notre propre capacité française qui est forte en Syrie pour toutes sortes de raisons historiques à se renseigner et à s'informer. Et c'est vraiment la fusion et la comparaison de ces trois informations dont nous avons besoin.

Parce qu'au moment où le pouvoir de Damas semble militairement établir son autorité, y compris dans l'entourage immédiat de Damas qui était aux mains de sunnites opposants, on a du mal à comprendre l'intérêt de se mettre, ce qui est déjà le cas pour dire la vérité, aux bandes des nations, l'intérêt de se mettre aux bandes des nations en utilisant l'arme chimique. Donc nous avons besoin de savoir ce qui s'est passé et de comprendre pourquoi cela s'est passé. Parce que si on ne comprend pas, eh bien on ne pourra pas se projeter dans l'avenir.

2:27
Présentateur

Est-ce qu'une forme de morale diplomatique est gagnante après ces bombardements ciblés ?

2:33
Gérard Longuet

Alors je le pense profondément, même si. Je le pense profondément. Je pense que les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont une responsabilité toute particulière pour faire respecter les accords internationaux et le refus, le rejet, la condamnation des armes chimiques est absolu depuis 1925. Alors que la Russie oppose son veto, on peut le comprendre tactiquement, mais que la majorité des membres permanents du Conseil de sécurité prennent leur responsabilité, la France, l'Angleterre et naturellement les Etats-Unis, c'est plutôt simple.

Dès lors qu'il y a réellement cette offensive chimique, et nous en aurons, j'en suis convaincu, toutes les preuves, demain après-midi, dans ce débat public. Parce que ça ne règle rien, on est bien d'accord et on en parlera. Mais ne rien faire eût été déshonorant, et je dois reconnaître que chacun des pouvoirs politiques, le président Macron en France, Trump aux Etats-Unis, le Premier ministre Madame May, avaient des comptes à régler avec l'impuissance de 2013. Ils ont réglé ces comptes avec l'impuissance de 2013, et ce que j'espère, comme beaucoup, c'est que ce signal fort soit dissuasif.

Pas dans le cadre de la Syrie, ça ne change rien en réalité, mais pour d'autres guerres ou d'autres pouvoirs politiques, auraient la tentation d'utiliser ces armes.

3:56
Présentateur

Gérald Longuet, je rappelle, vous êtes sénateur Les Républicains, vous dites ce matin que vous approuvez ces frappes occidentales. C'est exactement ce que je viens de dire. Dès lors que la preuve... Oui, mais vous êtes en contradiction avec ce que déclare le président de votre parti, Laurent Wauquiez, il dit qu'il ne croit pas à l'utilité de frappes punitives.

4:14
Gérard Longuet

Alors, je ne partage pas l'expression de Laurent Wauquiez. Ce ne sont pas des frappes punitives, c'est la démonstration que les grandes puissances ne tolèrent pas l'infraction aux conventions sur les armes chimiques. Et je pense profondément que ça ne changera pas le rapport de force sur le terrain, qui est très clairement établi en Syrie. Mais il y a, hélas, dans le monde, suffisamment de théâtres d'opérations pour donner un signal fort des grandes puissances, sur les grandes puissances, c'est-à-dire celles qui sont membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour que tout pouvoir tenté par utiliser des gaz et la certitude d'être sanctionnés pour cette utilisation.

4:58
Présentateur

Pensez-vous que Bachar el-Assad va désormais hésiter avant d'utiliser des armes chimiques après ces bombardements ?

5:05
Gérard Longuet

Alors, c'est exactement ce que nous voudrions comprendre, nous, nous Français, nous responsables Français, c'est pourquoi un gouvernement, qui après avoir connu une fragilité extrême, qui survit, reconnaissons-le avec l'aide russe, avec l'appui du Hezbollah libanais, mobilisé par l'Iran et les moyens financiers de ce dernier pays, ainsi que la Russie, pourquoi utilise-t-il au moment où, en gros, il a complètement desserré l'étreinte des sunnites islamistes, pourquoi utilise-t-il ces gaz, et quel gaz a-t-il utilisé ?

Et au fond, moi, vous avez bien voulu rappeler que je suis ancien ministre de l'Évang, je m'intéresse à ces questions, j'essaie de comprendre pourquoi et comment cela fonctionne sur le terrain. Parce que si on ne comprend pas pourquoi et comment cela fonctionne, on risque d'avoir des répétitions, non seulement en Syrie, mais peut-être demain au Yémen, où vous savez qu'il y a une guerre ouverte, de part et d'autre, d'ailleurs, parce que je vous rappelle que l'arme chimique ne nécessite pas nécessairement des moyens aériens.

On peut parfaitement utiliser l'arme chimique, d'ailleurs, ça a été fait en 14-18, avec des obus, voire avec des mortiers, de canons, voire avec des mortiers, et donc, on a besoin de bien comprendre, de bien savoir, et de ce point de vue, ça mériterait d'être approfondi. Pas pour condamner ou s'éloigner de la frappe, mais pour comprendre cette mécanique qu'il faut éradiquer de tous les conflits.

6:33
Présentateur

Et vous estimez que là, Assad va comprendre et hésitera ou n'utilisera plus les armes chimiques ?

6:40
Gérard Longuet

En aura-t-il besoin ? Je souhaite que nous revenions en Syrie à une paix fusse, une paix établie sur un rapport de force, et je souhaite profondément que l'usage des armes en général, et d'armes chimiques en particulier, ne soit plus nécessaire. Alors cela étant, il y a des problèmes politiques majeurs, et j'attends du président Macron, au-delà de cette attitude de puissance, membre permanente du Conseil de sécurité, qui justifie la frappe, moi ce que j'attends, c'est de savoir ce que la France, du président Macron, puisque c'est lui qui a la responsabilité de la politique étrangère, entend faire dans ce pays si complexe.

7:17
Présentateur

On va y venir, Florence Parly, la ministre des Armées, affirme que la capacité de la Syrie à concevoir, produire et stocker des armes chimiques a été considérablement amoindrie après ces bombardements, et un haut responsable du Pentagone affirme que le programme chimique syrien mettra des années à se remettre des frappes d'hier. Vous, en tant qu'ancien ministre de la Défense, vous estimez que ces propos sont crédibles ou c'est de l'intox ?

7:42
Gérard Longuet

Les deux, si vous voulez. Hélas, on s'aperçoit que dans le monde, on peut acheter des armes. Il y a des pays, je pense en particulier à la Corée du Nord, qui prospèrent avec la vente d'armes interdites. Il est souhaitable que Mme Parly ait raison, et je pense que, disposant d'informations, j'ai tendance à la croire, mais le monde étant ce qu'il est, une relève de fournisseurs peut intervenir, et nous en avons la démonstration sur d'autres théâtres d'opération.

8:16
Présentateur

Gérard Longuet, hier, Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, a promis très bientôt une feuille de route proposée par la France pour sortir de la crise en Syrie. Quelles devraient être, selon vous,

8:29
Gérard Longuet

les grandes lignes de cette feuille de route ? Alors, d'abord, c'est plutôt une bonne nouvelle, penser que la France est enfin, un an après la mise en place de cette nouvelle équipe, une feuille de route. Se distinguer un élément qui marque la différence Macron, c'est que Bachar n'est plus un préalable. Le départ de Bachar n'est plus un préalable. Manifestement, pour le président Hollande, ce préalable a paralysé toute son action. Le président Hollande avait dit que Bachar doit partir, et Fabius l'avait dit de la même façon, de la façon la plus énergique. Et manifestement, ce préalable a bloqué toute initiative utile de notre pays. Le président Macron n'a pas ce préalable. Ok.

Maintenant, il y a des problèmes majeurs. Moi, j'en vois trois, justement. Quel pouvoir a Damas ? Mais ça, très clairement, le rapport de force a établi que ce pouvoir serait, je dirais, à la huit, avec l'appui des sunnites modérés, la bourgeoisie damascène, et puis avec les chrétiens de la montagne, qui sont également favorables, parce que minoritaires, à ce président et à ce pouvoir des minorités. Vous avez ensuite la deuxième question qui est immédiate et qui est brûlante. C'est l'affaire des Kurdes, des Kurdes syriens. Et là, on s'aperçoit que la Turquie joue un rôle majeur sans être capable d'apporter une solution. Et nous, sommes-nous capables d'apporter une solution ?

Deuxième question. Et la troisième, c'est qu'il y a, heureusement, je l'espère, entre Daesh et Damas, des sunnites qui n'ont envie d'être ni avec l'un et qui se résigneraient à l'autre à condition d'être respectés. Et ça, ces sunnites ont le droit. Ceux qui ne sont pas terroristes du tout et qui sont la majorité de la population sunnite syrienne, on aimerait savoir quel va être leur destin.

10:18
Présentateur

Gérard Longuet, vous imaginez, un jour, Bachar el-Assad jugé pour tous ses crimes l'utilisation d'armes chimiques et ses centaines de milliers de morts ? C'est le premier point que j'évoquais.

10:31
Gérard Longuet

Un Bachar peut en cacher un autre. Je veux dire par là que ce n'est pas un pouvoir personnel. C'est le pouvoir déterminé d'une minorité qui considère que sa survie est dans la force, voire la violence. La minorité survivra à Bachar, que Bachar s'en aille. La minorité à la huit. À la huit, chrétienne. Et puis, vous savez, des sunnites qui soutiennent Bachar. Sinon, ils ne seraient pas là.

10:56
Présentateur

Gérard Longuet, sénateur Les Républicains de la Meuse, ancien ministre de la Défense, vous restez avec nous pour répondre aux questions des auditeurs de France Inter dans Interactive à partir de 9h-20. Et puis, Jérôme Fourquet, qui est un des responsables de l'Institut de sondage IFOP, nous rejoindra pour évoquer l'offensive médiatique d'Emmanuel Macron. Deux interviews télévisées, jeudi dernier. Et puis, ce soir. Et puis, Jérôme Fourquet nous parlera de son livre qui vient de publier Le Nouveau Clivage, les changements dans les mondes politiques dans différents pays, États-Unis, Autriche, France, Grande-Bretagne. 8h38.

11:32
Invité

France Inter, le 6-9 du week-end, intervenez.

11:38
Présentateur

Interactive, c'est maintenant 01-45-24-7000. Le standard est à votre disposition pour interroger nos invités. Gérard Longuet, sénateur Les Républicains de la Meuse et ancien ministre de la Défense. Et Jérôme Fourquet, qui nous a rejoint. Il est directeur du département Opinion de l'IFOP. Bonjour, Jérôme Fourquet. Bonjour. Première question pour vous avec Patricia Martin.

11:58
Invité

Oui, mission accomplie Jérôme Fourquet en série donc après les frappes. Est-ce que ça change quelque chose pour Emmanuel Macron autrement dit ce soir sur BFM TV ? Est-ce qu'il va endosser un autre rôle par rapport à son intervention de jeudi ? Macron chef de guerre, peut-on lire dans la presse ?

12:13
Locuteur non identifié

Alors écoutez, effectivement, c'est une information importante qui va peut-être orienter la teneur des débats de ce soir, mais en même temps, selon la formule consacrée, c'est un nouvel acte de fermeté et d'autorité, cette fois sur le plan extérieur qu'Emmanuel Macron a accompli et qui s'inscrit de mon point de vue un petit peu dans la séquence de la semaine que nous venons de passer avec un conflit des cheminots qui s'enlise et un gouvernement et un président de la République qui ne semblent pas en tout cas peut-être ces différents coulisses mais en vitrine lâchés du lest.

Ce conflit des cheminots ne l'empêche pas en même temps d'envoyer les gendarmes mobiles déloger les zadistes à Notre-Dame-des-Landes et donc on a l'impression d'un gouvernement qui ne se laisse pas détourner ou dérouter et qui semble vouloir s'en tenir à sa feuille de route sur le plan intérieur comme sur le plan étranger même si comme il a été rappelé dans votre revue de presse cette intervention militaire n'a été possible que le sous-parapluie américain et que la France n'y ait pas allé de son propre chef.

13:21
Présentateur

Gérard Longuet comment interprétez-vous cette offensive médiatique d'Emmanuel Macron cette semaine interview jeudi sur TF1 et puis ce soir sur BFM ?

13:30
Gérard Longuet

L'exercice du pouvoir en France n'est pas un long fleuve tranquille et lorsque vous déclenchez des mouvements que vous souhaitez nécessaires j'imagine qu'ils pensent profondément nécessaires la réforme du chemin de fer l'autorité de l'Etat ou la présence de la France dans des actions tendant à rappeler l'existence d'un ordre international vous estimez aussi

13:51
Présentateur

que ces réformes sont nécessaires ?

13:53
Gérard Longuet

Pour les SNCF c'est totalement vrai on ne peut pas laisser ce système qui d'ailleurs ce n'est pas le statut des cheminots exclusivement à mon avis ce n'est pas essentiel l'essentiel c'est que ce mode de transport est confronté à une compétition qui aujourd'hui tel qu'il est organisé le rend à peu près non compétitif c'est-à-dire le contribuable doit payer Gérard Longuet

14:16
Invité

Laurent Wauquiez accorde une interview au journal du dimanche et dit à propos d'Emmanuel Macron il ne ressent pas le pays il ne comprend pas la France il ment le macronisme est un illusionnisme est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?

14:28
Gérard Longuet

Alors je trouve ça un petit peu injuste parce qu'il ne comprend peut-être pas tout et qui est capable de dire qu'il comprend tout mais c'est vrai qu'il n'est pas proche de la France rurale de la France des villes moyennes des préfectures et des sous-préfectures ça on ne peut pas dire le contraire c'est le cas de le dire d'un autre côté vais-je dire d'un autre côté il se rend compte que l'autorité de l'Etat ne se partage pas et qu'on ne peut pas demander à la fois aux automobilistes de respecter les 80 km heure sur des routes départementales et laisser des zadistes organiser le droit selon leur bon vouloir sur des milliers d'hectares entre Rennes et Nantes

15:07
Présentateur

Gérard Longuet on sent quand même ce matin que vous êtes un peu en retrait par rapport aux positions prises par le président de votre parti Laurent Wauquiez je me demande

15:16
Gérard Longuet

je me demande si Laurent Wauquiez n'est pas lui à côté du centre de gravité de sa propre formation et d'ailleurs nous en aurons une démonstration en ce qui concerne les sénateurs pas plus tard que demain nous allons avoir une réunion de groupe pour préparer la séance de 17h et je pense vous estimez qu'il va trop loin dans ses critiques il a décidé pour des raisons tactiques d'être l'opposant officiel d'Emmanuel Macron c'est son destin personnel ce n'est pas nécessairement le sentiment des électeurs républicains

15:50
Présentateur

Jérôme Fourquet je reviens vers vous directeur du département d'opinion de l'IFOP en un an Emmanuel Macron il a multiplié les réformes code du travail justice ISF accès à l'université immigration assurance chômage c'est pas très à gauche d'ailleurs tout ça SNCF mais juste j'allais poser la question à Jérôme Fourquet sont-elles ces réformes majoritairement d'inspiration libérale selon vous

16:14
Locuteur non identifié

écoutez je pense que la réponse a été donnée si on se fie au sondage ce qu'on constate c'est qu'on a aujourd'hui un soutien qui est quasiment aussi important dans les rangs de l'électorat républicain que dans les rangs de ceux de la république en marche pour les réformes qui sont en cours à savoir l'université et la réforme des chemins de fer et il en est de même aussi pour ce qui est l'évacuation de la ZAD donc on a le sentiment et quand je dis on c'est pas simplement l'IFOP c'est les français et notamment ceux de droite mais aussi de gauche que le centre de gravité du macronisme s'est quand même décalé sensiblement sur la droite depuis le début du quinquennat ce qui bien évidemment pose un certain nombre de questions à ce bloc central parce qu'on rappellera qu'Emmanuel Macron a d'abord été élu par un électorat de centre-gauche et tout se passe comme si aujourd'hui il cherchait un second souffle ou un nouveau développement plus à la droite de l'échiquier politique

17:11
Présentateur

donc en même temps de gauche et de droite selon vous Jérôme Fourquet c'est terminé

17:16
Locuteur non identifié

alors je sais que les médias ont un rythme assez rapide mais le quinquennat n'est pas encore terminé je pense qu'il y aura peut-être des mesures qui viseront au moins symboliquement essayer de dessiner un rééquilibrage on aura au début de l'été à la fin du printemps les conclusions du débat national par exemple sur la bioéthique on a entendu à demi-mot ce qu'a dit Emmanuel Macron devant les catholiques au couvent des Bernardins sur la PMA on peut penser que sur un certain nombre d'initiatives dites sociétales et bien Emmanuel Macron ira dans un sens qui pourrait essayer de raccrocher les wagons si vous me permettez l'expression avec une partie de l'électorat sur ce point

17:56
Invité

Justement cette main tendue aux catholiques certains ont eu mal à leur laïcité qu'est-ce que l'on peut dire du vote chrétien là je parle de la présidentielle il y en a-t-il eu un et est-ce qu'il y a un réveil identitaire compte tenu des questions aussi de la PMA de la GPA pour tous du rapport à l'islam de l'accueil aux migrants etc est-ce qu'il y a un réveil identitaire chez les catholiques ?

18:17
Locuteur non identifié

Alors sur le vote catholique il est toujours c'est une grande constance il est toujours assez marqué et assez différent du vote de la moyenne des français je vous donne quelques chiffres François Fillon a réalisé 46% des voix chez les personnes qui se déclarent catholiques pratiquantes au premier tour donc c'est deux fois et demi plus que dans la moyenne nationale bien évidemment ces catholiques ne sont pas d'un bloc il y en a aussi à peu près 15% qui ont voté pour Emmanuel Macron 16% pour Marine Le Pen et puis un petit 15% pour Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon donc le centre de gravité de l'électorat catholique il demeure à droite on a même assisté à un glissement à la droite de la droite au deuxième tour de la présidentielle ce qui a surpris beaucoup d'observateurs avec quasiment 40% des catholiques pratiquants qui ont voté pour Marine Le Pen ce qui est quelque chose de tout à fait nouveau et bien évidemment ce mouvement-là il ne peut s'interpréter que si on regarde ce qui s'est passé ces dernières années bien évidemment avec le mouvement de la manif pour tous notamment mais ce n'est qu'un aspect du problème on a aussi un rapport très on va dire compliqué ou parfois inquiet de toute une partie de la France catholique avec l'islam on rappellera aussi l'égorgement du prêtre Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray en juillet 2016

19:31
Présentateur

Gérard Longuet votre parti il a touché le fond en 2017 alors certains ont la solution pour rebondir Thierry Mariani ancien ministre et membre de votre parti Les Républicains il appelle dans une tribune co-signée avec des élus Front National à l'union

19:48
Gérard Longuet

des droites a-t-il raison ? Je pense profondément qu'il a tort je pense profondément qu'au moment où le Front National apporte la preuve de ses limites l'incapacité de Mme Le Pen à exercer des responsabilités nationales on l'a vu dans le débat de l'entre-deux-tours avec M.

Macron les contradictions l'Europe pas l'Europe l'euro pas l'euro au moment où le Front National est en train de est prêt à imploser je ne vois pas pourquoi nous irions lui offrir une planche de salut alors que depuis 25 ans le Front National n'a servi qu'à faire gagner la gauche par ses surenchères et par ses attitudes donc je suis raisonnement de ce style en revanche constater qu'en effet pour la vie politique française la position centrale d'Emmanuel Macron est extraordinairement confortable pour l'instant parce qu'il a deux oppositions sur sa gauche sur sa droite dans chacune de ses oppositions il y a des clivages profonds il n'a donc pas contre lui de front uni possible et donc avec 30% des voix il peut continuer son chemin pendant les 4 ans qu'il lui reste à parcourir pour son premier mandat

21:03
Présentateur

Jérôme Fourquet ce soir à la télévision Emmanuel Macron va devoir expliquer sa politique est-ce que vous avez le sentiment que finalement il assume ces réformes qui se font un peu à la hussarde sans répit pour les partenaires sociaux et l'opposition alors

21:19
Locuteur non identifié

je pense oui qu'il assume on l'a vu chez vos confrères de TF1 il y a quelques jours c'est-à-dire que s'il y a un petit léger mais à coup le pas éventuellement sur quelques aspects de communication sur l'essentiel

21:32
Présentateur

je ne change rien

21:33
Locuteur non identifié

l'essentiel voilà il est convaincu de la nécessité comme disait Gérard Longuet de la nécessité de mener ces transformations comme on le dit dans la langue macronienne aujourd'hui pour le bien du pays et ce qui est intéressant c'est quand on regarde nos sondages aujourd'hui pour les français il n'y a pas de débat sur le rythme des réformes 40% des français estiment que ces réformes vont au bon rythme 40% estiment certes que ça va trop vite mais 20% estiment également que ça ne va pas assez vite Emmanuel Macron il est élu sur un mandat de transformation de la société française on peut prendre le cas de l'université pourquoi tout d'un coup introduire une dose de sélection alors qu'on avait dit pendant très longtemps que c'était un tabou on a eu le fiasco de l'APB qui a éclaté au visage de nos concitoyens cet été avec un tirage au sort des étudiants on peut prendre le même exemple sur la SNCF les français ont constaté les pannes la répétition à Montparnasse on se souvient encore du tragique accident de Bretigny donc que faut-il faire les français n'ont pas forcément d'avis très clair sur la question en tout cas ce qui a beaucoup progressé dans l'opinion c'est l'idée qu'on ne pouvait pas rester au statu quo et qu'il fallait faire bouger les lignes c'est là-dessus sur ce climat-là qu'Emmanuel Macron pour l'instant déroule son agenda servi en cela aussi par la balkanisation l'éclatement des oppositions

22:45
Présentateur

Jérôme Fourquet vous publie aux éditions du Cerf le nouveau clivage une étude des démocraties occidentales en 2018 en fait vous décrivez une lame de fond qui a déferlé sur les démocraties occidentales la traditionnelle opposition gauche-droite c'est donc terminé c'est fini

23:01
Locuteur non identifié

alors c'est pas complètement terminé on le voit qu'elle a le vieux monde comme dirait Emmanuel Macron encore de Beaurest mais qu'il y a un nouveau clivage qui surplombe aujourd'hui celui-ci ce nouveau clivage quel est-il pour aller vite on pourrait dire le clivage ouvert-fermé où ceux qui sont à l'aise et acceptent les nouvelles règles de la mondialisation et ceux qui les redoutent ou qui les refusent les prémices de tout ça c'est le référendum de Maastricht en France de 1992 où on voit une nouvelle géographie électorale se dessiner et puis depuis lors cette tendance s'est renforcée dans des circonstances très particulières qui ont été celles de l'élection présidentielle elles ont abouti au fait que les deux pôles de ce clivage qui les incarnent Emmanuel Macron d'un côté Marine Le Pen de l'autre parviennent en finale de la présidentielle et donc imposent ce nouvel ordre politique électoral à l'ancien qui n'a pas décliné mais on peut retrouver ça avec la victoire de Trump ce que j'explique dans le livre on a les mêmes lignes de failles sociologiques géographiques culturelles quand on fait l'analyse géographique du vote Trump du vote pour le Brexit du vote en Autriche et donc quelque part c'est la mise en conformité du paysage électoral avec la nouvelle réalité économique et sociologique des sociétés occidentales

24:10
Invité

je vous sens davantage séduit par Emmanuel Macron que par Laurent Wauquiez alors au-delà évidemment de la fidélité oui vous opinez du chef mais au-delà il y a une fidélité politique chez vous évidemment mais au-delà de votre cas personnel est-ce que vous êtes quelques-uns dans votre parti

24:26
Gérard Longuet

à penser de la sorte ?

Je pense profondément que la droite a une culture de responsabilité et il se trouve que lorsqu'un pouvoir engage des réformes qui vont dans le sens que de ce que nous avons toujours demandé pourquoi diable estimer que ce n'est pas le bon courant sous prétexte que ce n'est pas la bonne signature peu importe la signature si on va dans la bonne direction lorsque l'on libère l'investissement en supprimant l'ISF sur les valeurs immobilières je trouve ça bon l'étape d'après ça va être l'immobilier parce qu'on va se rendre compte qu'on a besoin aussi d'investissement dans l'immobilier et Macron ne le sait pas il va l'apprendre mais tout ce qui est pris n'est plus à prendre c'est le pragmatisme la droite c'est une culture de responsabilité alors on aurait bien tort de ne pas engranger ce qui va dans le sens de nos convictions et j'ajoute de nos intérêts

25:17
Présentateur

Jérôme Fourquet spécialiste des études d'opinion et de la vie politique française à l'IFOP lorsque vous entendez Gérard Longuet ce matin vous avez le sentiment que le parti des républicains ça risque de de tanguer dans les prochains mois

25:32
Locuteur non identifié

on verra tanguer je ne sais pas en tout cas ce qui est sûr ce qu'on mesure aussi dans nos enquêtes c'est qu'il y a toute une partie de l'électorat de droite qui fait sienne la maxime on pourrait dire très tangsia-opinienne de monsieur Longuet à savoir peu importe la couleur du chat ce qu'il faut c'est qu'il attrape des souris et donc aujourd'hui l'électorat de droite voit que eh bien ce qui n'avait jamais été fait sous mandat de droite à savoir une réforme de la SNCF ou du code du travail ou du code du travail l'évacuation de la ZAD etc tout ça va dans le sens

26:05
Gérard Longuet

on n'en avait pas de ZAD

26:06
Locuteur non identifié

ça commençait mais tout ça va dans le sens des intérêts de l'électorat de droite et c'est aussi je pense une réflexion un calcul que fait Emmanuel Macron avec un rendez-vous majeur qui est celui des européennes où là on va voir si la stratégie d'Emmanuel Macron d'aller capter une partie supplémentaire de l'électorat de droite est validée dans les urnes

26:30
Gérard Longuet

mais juste une remarque il y a des élections législatives partielles et je constate que la formation à laquelle j'appartiens résiste bien et tranquillement alors notre parce que la faiblesse d'Emmanuel Macron je vais quand même vous la dire c'est qu'il n'a pas d'allié et qu'il n'a pas le temps avec lui et il faut réfléchir à ces deux aspects pas d'allié pas le temps avec lui

26:53
Présentateur

Gérard Longuet merci d'avoir accepté l'invitation de France Inter ce matin merci aussi à Jérôme Fourquet directeur du département opinion de l'IFOP je rappelle la parution de ce livre aux éditions du Cerf le nouveau clivage merci vous