François Bayrou : « La voix de la France sera entendue à la mesure du redressement du pays »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Bonjour François Bayrou. Merci d'être sur RFI.
- 0:21OuverteRéponse directe
Ce matin, vous êtes donc de retour après un silence de neuf mois avec ce livre « Alerte sur la France qui vient ». Vous alertez sur la gravité de la situation dans un pays au bord de la catastrophe, un pays en danger à cause de sa dette. Mais pourquoi le dire et l'écrire aujourd'hui ?
- 1:17OuverteRéponse directe
Ça crée les priorités des gouvernants ou de ceux qui aspirent à gouverner. C'est ça ?
- 4:42RelanceRéponse partielle
François Biron, on pourrait vous dire que vous avez été l'allié, puis le Premier ministre d'un président de la République qui a alourdi cette dette de 1 200 milliards d'euros durant ces 10 années au pouvoir. Est-ce que ça rend votre message vraiment audible ?
- 5:49OuverteRéponse directe
François Bérot, tous les sondages nous disent aujourd'hui que c'est le Rassemblement national qui est aux portes du pouvoir, ou à peu près. L'ERN assure pouvoir réduire les déficits, il vous a entendu, faire des dizaines de milliards d'économies, il vous a entendu, mais en réduisant les dépenses liées à l'immigration et en réduisant la contribution de la France à l'Union Européenne. Oui, c'est une blague.
- 7:56OuverteRéponse directe
François Béroud. Dans votre livre, vous décrivez des gouvernements successifs qui se sont abandonnés à la dette. Des politiques qui refusent de voir la vérité. Un pays qui s'appauvrit. Des générations futures qui vont traverser la tempête et l'orage. C'est l'expression que vous employez.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:41Invité politiqueFait
« Un pays comme le nôtre n'a jamais remboursé un euro de dette. »
- 2:47PrésentateurFait
« Depuis 50 ans. »
- 3:50Invité politiqueChiffre
« La totalité de l'impôt sur le revenu payé par la totalité des Français, ça fait 90 milliards. »
- 6:29Invité politiqueChiffre
« On peut économiser 6 milliards d'ici quelques années. »
- 2:06Invité politiqueFait
« La France en est à cette situation des ménages si nombreux qu'est la situation de sur-endettement. »
Temps de parole
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- ?7 %
- Présentateur 22 %
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Dans
notre studio ce matin, pour répondre aux questions d'Arnaud Pontus, l'ancien Premier ministre français, président du mouvement démocrate, François Bayrou, auteur du livre « Alerte sur la France qui vient » publié aux éditions de l'Observatoire. Bonjour François Bayrou. Bonjour. Merci d'être sur RFI. Ce matin, vous êtes donc de retour après un silence de neuf mois avec ce livre « Alerte sur la France qui vient ». Vous alertez sur la gravité de la situation dans un pays au bord de la catastrophe, un pays en danger à cause de sa dette. Mais pourquoi le dire et l'écrire aujourd'hui
?
Pour une raison simple, bonjour d'abord. Pour une raison simple, c'est qu'il n'y aura de sauvegarde
que
dans la prise de conscience des Français eux-mêmes. Je dis toujours, on croit que les gouvernants gouvernent.
Mais
en fait, ce n
'est
pas vrai.
Ceux
qui gouvernent vraiment, c'est les citoyens.
C
'est-à-dire par l'intermédiaire des enquêtes d'opinion,
des
sondages que les gouvernants scrutent au jour le jour, souvent trop à mon avis. Mais cette attente de la société, cette attente de l'opinion publique, cette attente de l'opinion civique, c'est en réalité là que tout se joue.
Ça crée les priorités des gouvernants ou de ceux qui aspirent à gouverner.
C'est ça ? C'est exactement ça. C'est ce que vous
nous dites. Donc il est utile
de dire aujourd
'hui, attention, la falaise est là.
Oui, alors pendant très longtemps, on pouvait dire attention. Aujourd'hui, c'est plus que ça.
C
'est pourquoi le mot alerte a tout son sens.
Parce
que la crise qui vient,
que
d'autres pays que nous ont connus, puisque vos auditeurs l'ont traversé dans bien des pays. Ils l'ont traversé bien sûr en Grèce,
ils
l'ont traversé en Italie, ils
l'ont
traversé en Espagne, ils l'ont traversé au Portugal, ils l'ont traversé en Suède, ils l'ont traversé au
Canada.
Tous ces pays ont connu la même crise. Vous nous dites que la France en est là, François Bayrou. La France en est à cette situation des ménages si nombreux qu'est la situation de sur-endettement. C'est-à-dire,
vous
êtes tellement submergé
par
la dette qui vous a aidé pendant des décennies à vos dépenses quotidiennes, vous êtes tellement submergé que vous n'arrivez plus à rembourser. Et pour rembourser, il faut réemprunter.
Et
vous connaissez ce mécanisme qui est un mécanisme terrible, parce que c'est un étranglement. Alors il suffit de donner les chiffres.
Un
pays comme le nôtre n'a jamais remboursé un euro de dette.
Depuis
50 ans. Depuis 50 ans que tous les budgets votés par le Parlement sont en déficit. Jamais la France n'a remboursé ce qu'elle devait.
Non, elle n'a jamais remboursé un euro de cette dette. Et donc le montant de la dette n'a cessé de croître. Mais aujourd'hui, la question principale et angoissante, c'est les intérêts de la dette. Parce que vous ne
pouvez
pas rembourser le capital, mais les intérêts, vous êtes bien obligé de les payer à vos créanciers.
Et
nos créanciers pour les deux tiers sont étrangers. En tout cas, plus de la moitié sont étrangers.
Ce
qui veut dire que le montant des intérêts qui monte comme une marée inexorable, le montant de ces intérêts-là, il était à 30 milliards il y a quelques années. Cette année,
il
sera, écoutez bien, 80 milliards. L'année prochaine à plus de 90 et en 2030 à 120. Or,
pour
savoir ce que c'est cette somme qui paraît, c'est très simple.
Il
suffit d'additionner l'impôt sur le revenu que vous payez,
que
chacun d'entre nous paie, que vos voisins, cousins, amis paient. La totalité de l'impôt sur le revenu payé par la totalité des Français, ça fait 90 milliards. Ça veut dire
que
l'année prochaine,
la
totalité de l'impôt sur le revenu payé par la totalité des Français ne suffira pas à couvrir les intérêts de la dette.
Et
qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que toute notre capacité de création, d'investissement, tout ça est pompée
pour
aller alimenter les comptes de nos créanciers. Et ceci est naturellement inexorable. Et c'est le rendez-vous que notre pays a avec sa propre
désinvolture.
Légèreté ?
Oui,
en tout cas, pendant l'axime d'avoir refusé de voir les choses.
François Biron,
on
pourrait vous dire que vous avez été l'allié, puis le Premier ministre d'un président de la République qui a alourdi cette dette de 1 200 milliards d'euros durant ces 10 années au pouvoir. Est-ce que ça rend votre message vraiment audible ?
Ah mais, arrêtez-vous un quart de seconde. Pas plus. Je suis, comme Premier ministre, allé devant l'Assemblée nationale
pour
mettre en jeu l'avis du gouvernement en disant c'est tellement grave
que
c'est aujourd'hui qu'il faut prendre la décision de réorienter notre politique. On en aura pour des années, mais au moins il faut remettre le pays sur les rails. Qui l'a fait d'autre
? Et
vous êtes tombé sur
cette question ? Oui, je suis tombé
parce que les oppositions ont décidé qu'ils refusaient de voir. Et est-ce que vous croyez que j'aurais fait ça sans l'accord du président de la République
? Mais
votre successeur ne l
'a
pas fait. Eh bien oui, c'est vrai qu'il y a des orientations différentes. La mienne assumée, c'est de dire la vérité aux citoyens. Et c'est vrai que je n'aurais jamais accepté de signer le renoncement à la réforme des retraites.
François Bérot, tous les sondages nous disent aujourd'hui que c'est le Rassemblement national qui est aux portes du pouvoir, ou à peu près. L'ERN assure pouvoir réduire les déficits, il vous a entendu, faire des dizaines de milliards d'économies, il vous a entendu, mais en réduisant les dépenses liées à l'immigration et en réduisant la contribution de la France à l'Union Européenne. Oui, c'est une blague.
C'est
des
promesses fallacieuses que tous les politiques souvent et démagogues à coup sûr avancent devant les Français. La vérité est que sur l'immigration, les études conduites par les mêmes disent qu
'on
peut économiser 6 milliards d'ici quelques années.
Et
6 milliards, c'est à peu près 5%, 3% des économies qu'il va falloir
faire. Nécessaire. Donc c'est ridicule, ça n'est
pas à la
hauteur des enjeux. C'est
ridicule, tout le monde peut avoir, je n'aime pas insulter les gens, mais c'est un mensonge. C'est un mensonge sur
l'immigration et sur l'Union Européenne. Et sur l'Europe,
c'est très simple, si vous refusez de remplir vos obligations à l'égard de l'Europe, l'Europe ne remplira plus ses obligations à votre égard, notamment en matière agricole par exemple. Et il y aura une coupure à l'intérieur de l'Europe, c'est-à-dire que messieurs Trump et Xi Jinping se frotteront les mains en disant, voilà, nous avons obtenu ce que nous voulions, et les Européens se séparent, se divisent. Je ne dis pas qu'il n'y a rien à faire dans les économies au sein de l'Union Européenne, je suis sûr du contraire. Mais je sais avec certitude... Que ça, ça n'est pas la bonne voie. Que c'est, c'est très important, parce que c'est la politique du bouc émissaire.
Depuis des années, et notamment les extrêmes, vont devant les Français en disant, écoutez, vous, vous n'aurez pas d'effort à faire, on va faire l'effort par les immigrés, ou par l'Europe, ou par les riches, comme dit l'extrême gauche. La vérité est que c'est la société française tout entière qui doit prendre cette question en main et choisir les voies qui lui permettent d'obtenir le redressement.
Il nous reste à peine deux minutes, François Béroud. Dans votre livre, vous décrivez des gouvernements successifs qui se sont abandonnés à la dette. Des politiques qui refusent de voir la vérité. Un pays qui s'appauvrit. Des générations futures qui vont traverser la tempête et l'orage.
C
'est l'expression que vous employez. Je me mets deux secondes à la place des auditeurs qui nous écoutent à l'étranger.
Ils
disent, ben Béroud l'a dit, la France est foutue.
Non.
La France est un pays qui a mille ans.
Et
Dieu sait
qu'elle a
traversé... Et pour autant. Et Dieu sait qu'elle a traversé des tempêtes, et notamment des tempêtes sur ce sujet-là.
Et
donc, c'est simplement au moment où il faut saisir la gravité de ce que nous traversons et mobiliser la volonté nationale pour se redresser, c'est à cet instant-là que se joue le destin du pays.
Mais la question de la place dans le monde est posée
par cette question de la dette, notamment.
Alors,
la question de la place dans le monde que vous voyez, la France, par l'intermédiaire du président de la République, occupe de manière unique.
Il
n'y
a
pas d'autre dirigeant
en Europe. Vous dites, il est à
la hauteur.
Oui. Et on le voit, on l'a encore vu cette semaine, au moment où tous les... La coalition des volontaires. se sont réunis à Paris. Mais la voix de la France,
elle
sera entendue à la mesure du redressement du pays.
Il
y a un lien qu'on ne peut pas oublier, qu'on ne peut pas écarter, entre la volonté nationale qui redresse le pays et la place de la France dans le monde. Grâce au gouvernement successif, et grâce à l'intuition du général de Gaulle, on a obtenu pour la France ce statut unique. Mais ce statut unique ne sera soutenu que si à l'intérieur du pays, on mobilise les énergies nécessaires pour obtenir ce redressement qui va obliger tout le monde à participer aux efforts.
Merci François Béroud d'être venu ce matin. On sait que vous ne serez pas candidat en 2027. Vous reviendrez nous dire pour qui vous votez prochainement. Bonne journée à vous.
François Bayrou