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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 7 avril 2026 89 min

Bonjour chez vous ! du 7 avril 2026

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous et très heureuse de vous retrouver en ce mardi 7 avril pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Donald Trump menace l'Iran de destruction totale. Il donne jusqu'à ce soir 20h à Téhéran pour ouvrir le détroit d'Orm ou sinon le pays pourrait être détruit en une seule nuit. Quelle est la position d'Israël ? Est-elle d'accord avec ses propos ? Vont-ils suivre les Etats-Unis ? Dans une demi-heure, on reçoit l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka.

Face à la hausse des prix du carburant, le gouvernement va-t-il annoncer de nouvelles mesures ? Sébastien Lecornu demande à ses ministres de nouvelles propositions et promet qu'il n'abandonnera personne tout en prévenant « on ne dépensera pas l'argent qu'on n'a pas ». Alors est-il face à une équation insoluble ? On en parle dans une heure avec nos éditorialistes Françoise Degoy et Yves Tréard. Et puis vu du Sénat, comment éviter la casse de la filière automobile ? La France produit deux fois moins de véhicules qu'il y a 25 ans. Peut-on enrayer la chute ? Comment faire face à la concurrence chinoise ? Faut-il revoir les aides publiques ?

La sénatrice Christine Lavarde nous en dit plus dans quelques instants. Et puis à la une de nos régions, on parlera de l'avenir institutionnel de deux territoires. La Nouvelle-Calédonie. L'Assemblée nationale a refusé d'examiner le projet de révision institutionnelle de l'archipel. Sébastien Lecornu tient aujourd'hui une réunion sur le sujet. On ira à Nouméa. Voix ce qu'attendent les Calédoniens. Et puis autre territoire. Les députés se penchent aujourd'hui sur l'avenir de l'Alsace. Redeviendra-t-elle une région à part entière ? C'est le sens d'un texte examiné. Et il ne plaît pas du tout au président de la région Grand Est, Franck Leroy, qui sera avec nous dans une heure.

Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Alexandre Poussard.

2:01
Invité

Bonjour Ariane.

2:01
Présentateur

À la une de ce mardi 7 avril, l'ultimatum de Donald Trump, c'est pour ce soir. Et il menace de détruire l'Iran.

2:07
Invité

Le président des Etats-Unis a donné une conférence de presse hier soir dans laquelle il assure ne pas avoir peur de commettre des crimes de guerre en Iran. Flora Sauvage. Donald Trump hausse le ton. Dimanche, le président américain a repoussé son ultimatum fixé à l'Iran à mardi 20h, heure de Washington, pour débloquer le détroit d'Hormuz, passage vital pour l'approvisionnement mondial en pétrole. menaçant de détruire les infrastructures essentielles iraniennes. Grâce à la puissance de notre armée, nous avons un plan selon lequel chaque pont en Iran sera anéanti d'ici demain soir à minuit.

Et chaque centrale électrique en Iran sera hors service, en flammes, en train d'exploser et plus jamais utilisable. Je parle d'une démolition complète d'ici minuit. Et cela pourrait se dérouler sur une période de 4 heures, si nous le voulions. Nous ne voulons pas que cela arrive. Un ultimatum qui a laissé de marbre les dignitaires du régime iranien. Dès le début, nous avons déclaré que toute agression contre des cibles civiles entraînerait une riposte vigoureuse contre les intérêts de l'ennemi, où qu'ils se trouvent dans la région.

Si les attaques contre des cibles civiles se répètent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront menées de manière bien plus puissante et étendue. Et les pertes et dégâts qu'ils subiront en persistant dans cette voie seront décuplées. À la recherche d'un cessez-le-feu, l'Iran a rejeté le plan de trêve du Pakistan. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer ce mardi sur un projet de résolution sur la navigation dans le détroit d'Hormuz. Effectivement, le Conseil de sécurité de l'ONU qui doit voter ce mardi, cette résolution sur le déblocage du détroit d'Hormuz.

Mais cette résolution est loin de l'objectif des pays du Golfe qui veulent un mandat international pour libérer le détroit par la force.

3:52
Présentateur

Emmanuel Macron attendu aujourd'hui à Lyon pour un sommet sur la santé et l'environnement.

3:56
Invité

Le président de la République interviendra dans la première édition du sommet One Health, un sommet international qui veut concilier les thèmes de l'environnement et de la santé au programme des discussions notamment la lutte contre les maladies infectieuses d'origine animale comme l'a été le Covid-19.

4:10
Présentateur

Pour redonner du pouvoir d'achat, le Sénat veut faciliter le déblocage de l'épargne salariale.

4:15
Invité

Les sénateurs examinent ce mardi une proposition de loi visant à autoriser les salariés à retirer jusqu'à 5000 euros de leur épargne salariale, sans justificatif et sans imposition. Cette mesure est soutenue par le gouvernement en pleine crise du prix de l'essence et pourrait bénéficier à 4 millions de Français.

4:30
Présentateur

On va en parler avec vous, Christine Lavard, puisque vous êtes la co-auteure de ce texte. On en parle dans quelques instants. On continue avec l'actualité, Alex. Nicolas Sarkozy est attendu à la barre aujourd'hui.

4:39
Invité

Oui, l'ancien président de la République est entendu dans le procès en appel du financement présumé de la campagne présidentielle de 2007 par le dictateur libyen Kadhafi. L'enjeu est important puisqu'on le rappelle en première instance, Nicolas Sarkozy avait été condamné à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs et avait été incarcéré pendant 3 semaines à la prison de la santé l'automne dernier.

4:58
Présentateur

Allez, on termine avec ces images historiques. Les astronautes d'Artenis ont survolé la Lune.

5:02
Invité

Les 4 astronautes de la mission Artemis ont réalisé le premier survol de la Lune depuis un demi-siècle avec des images fortes, des cratères lunaires méconnus, un lever de Terre, mais aussi une éclipse solaire. Après avoir offert ce spectacle, la mission Artemis va reprendre le chemin de la planète bleue.

5:18
Présentateur

Merci Alexandre. On vous retrouve tout de suite. On va parler de l'avenir de la filière automobile puisque vous avez beaucoup travaillé sur ce sujet. Christine Lavard nous avait remis un rapport et puis vous êtes également président du groupe d'amitié France-Liban. On reviendra sur la situation au Moyen-Orient à la fin de cette interview. Beaucoup de casquettes. On va parler de tous ces sujets. D'abord, on regarde les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord, la une de l'Union. Prix des carburants, les aides à domicile roule à perte. Quand travailler ne rapporte plus, mais coûte de l'argent.

Avec la flambée du prix des carburants ces derniers jours, les aides à domicile indispensables à la vie quotidienne. De nombreuses personnes ont du mal à joindre les deux bouts. La deuxième une, c'est celle de Ouest-France. Des commerces seront-ils autorisés à ouvrir le 1er mai ? Vendredi, les députés discuteront d'un texte porté par Gabriel Attal listant les établissements autorisés à déroger à la fête du travail. En cas de vote positif, la loi pourrait entrer en vigueur dans la foulée. Les syndicats sont vent debout. Et puis, dernière une, celle du populaire du centre, c'est la souffrance des magistrats.

Des magistrats qui prennent la parole pour dire leur mal-être, leur malaise devant une justice rendue à mille à l'heure. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

6:23
Sébastien Lecornu

J'ai envie de vous parler de la hausse des carburants. Je pense que ça ne vous étonne pas trop. C'est un sujet sur lequel j'ai pas mal travaillé. Et globalement, sur l'ensemble des dispositifs de soutien à la hausse des prix de l'énergie. Et donc, il y a un constat. Il est factuel. Aujourd'hui, globalement, les prix à la pompe, que ce soit du gasoil ou de l'essence, c'est plus de 30 % en un mois. Donc, ça pose une vraie question pour tous ceux qui utilisent leur voiture pour travailler. C'est-à-dire que ce n'est pas un choix. Il faut bien dissocier, je pense, l'usage de confort. Je décide de partir en week-end pendant les trois jours de Pâques. Et je pourrais y aller en train.

Je pourrais rester chez moi. Et j'utilise ma voiture pour me déplacer, pour aller faire des soins à domicile, pour aller rejoindre mon usine. Et je n'ai pas le choix de faire autrement. Parce qu'il faut aussi se le dire, notre maillage de réseau de transport, il est bon dans l'urbain. Il est bon pour faire de la très grande distance. Par contre, il n'est pas très bon dès qu'on venait un tout petit peu plus loin que le centre d'activité économique, quand je parle de l'usine ou autre. Et quand on fait du soin à domicile, par définition, on va un peu partout chez des personnes qui, elles, ne peuvent pas se déplacer.

Et donc, c'est la raison pour laquelle, ce que je disais encore sur votre plateau la semaine dernière, il faut qu'on arrête la politique du chèque, les yeux fermés, ou ce qu'on a fait au moment de la crise des prix de l'énergie, c'est-à-dire une réfaction automatique à la pompe pour tout le monde, qui a eu pour conséquence qu'on a été subventionné, l'essence achetée par nos voisins belges, espagnols, qui n'avaient pas le même dispositif chez eux. Ça nous a coûté plusieurs milliards pour les finances publiques. À l'inverse, il faut vraiment remettre en place des dispositifs très ciblés, ciblés vers les usages.

Et ce que je dis aussi dans le rapport sur les aides à la filière automobile, c'est qu'il faut venir favoriser la décarbonation et notamment le mécanisme de leasing social dans sa première mouture, le premier guichet, n'était pas du tout assez ciblé. C'est-à-dire qu'il n'a pas été bénéficié majoritairement à ceux qui sont des gros rouleurs en milieu rural et donc qui en ont le plus besoin.

8:24
Présentateur

Et on va en parler, mais est-ce que là, il faut de nouvelles aides ? En fin de semaine dernière, Sébastien Lecornu laissait entendre que les Français qui ne peuvent pas faire autrement méritent sans doute une aide ciblée. Vous êtes sur cette ligne, il y a déjà une enveloppe de 70 millions, est-ce qu'il faut une autre enveloppe ?

8:37
Sébastien Lecornu

Aujourd'hui, on vient d'ouvrir une enveloppe de 70 millions. Il faut voir le taux de consommation des crédits, il faut avoir la capacité d'aller vérifier que ceux qui bénéficient de l'aide sont vraiment ceux qui en ont besoin et en même temps que ceux qui en ont besoin sont bien en capacité d'aller la chercher puisque c'est toujours ça la question, c'est la question du taux de recours aux aides qui, quand c'est mal expliqué, peut faire basculer des ménages dans la précarité alors qu'il y avait des dispositifs à leur disposition. Donc je suis incapable de vous dire si 70 millions c'est suffisant, pas suffisant, ça va dépendre de la durée de la crise.

Mais est-ce qu'il faut élargir, parce que là ça concerne les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs, est-ce qu'il faut élargir les catégories concernées ? Je pense que là la question par exemple des aides à domicile, des infirmières, ce sont des métiers qui ne sont pas substituables, ce ne sont pas des dépenses de confort pour les personnes qui en bénéficient. Donc effectivement, il me semble que pour ces activités-là, il faut venir mettre des dispositifs adaptés, bien évidemment en ayant mis en place en même temps les dispositifs de contrôle pour éviter la fraude ou les effets d'aubaine.

9:43
Présentateur

En fin de semaine dernière, Bercy a annoncé un prêt flash carburant pour soutenir les trésoreries des petites entreprises les plus explosées à la flambée des prix du carburant. Ça, c'est un bon dispositif ?

9:52
Sébastien Lecornu

Oui, puisque là on voit bien aussi, c'est un dispositif d'aide conjoncturelle, d'aide à la trésorerie. Et effectivement, il y avait un certain nombre de transporteurs dont j'ai pu lire les témoignages qui expliquaient qu'en fait, ils avaient plus intérêt à arrêter leur métier qu'à de faire rouler des camions puisque sinon, ils ne s'y retrouvaient pas en termes de coûts recettes.

10:12
Présentateur

Sébastien Lecornu, la semaine dernière, il a parlé d'éventuels surplus de recettes fiscales liées à la hausse du prix du carburant. Est-ce qu'il y a des surplus ? Et est-ce que vous allez vous pencher, vous au Sénat, sur les gains éventuels faits par l'État pendant cette crise ?

10:25
Sébastien Lecornu

Alors là, c'est pareil. C'est-à-dire qu'effectivement, à volume de consommation constante, il y a nécessairement plus de recettes puisque les recettes fiscales, c'est un produit du volume consommé et si le prix augmente, la multiplication augmente. Mais ça, j'ai bien fait l'hypothèse, à volume consommé constant. Si jamais les volumes diminuent, à ce moment-là, je suis incapable de vous dire dans quel sens jouera l'ensemble, si c'est à la hausse, si c'est à la baisse, si c'est à un niveau équilibré.

Et après, il faut aussi ajouter que le Premier ministre, il me semble, a dit que si jamais il devait y avoir des recettes supplémentaires, elles devaient être intégralement fléchées vers la décarbonation des usages. Et dans ce sens-là, voilà, l'électrification, je le rejoins complètement. J'ai trop dénoncé au moment où il y a eu la crise de l'énergie. La dernière fois, on est venu subventionner le chauffage, quelle que soit sa forme, pour des dizaines de milliards d'euros quand on mettait moins de 5 milliards sur l'amélioration de la performance thermique des bâtiments. Dit autrement, aujourd'hui, il faut vraiment mettre la multipliée pour se préparer au choc futur.

C'est-à-dire qu'on vient de connaître, finalement, deux chocs dans un laps de temps extrêmement court, 2022 et aujourd'hui, certainement, 2026. Il faut venir, en fait, se doter les moyens pour que demain, notre pays soit plus résilient. C'est-à-dire, un, d'une part, sa consommation d'énergie carbonée fortement diminuée, soit aussi indépendant. On l'a retrouvé, aujourd'hui, nos centrales électriques nucléaires fonctionnent. Donc, on reste un pays qui est, du coup, souverain sur sa production d'énergie électrique. Mais il reste encore à décarboner nos usages.

12:12
Présentateur

Et dans ce contexte de pouvoir d'achat compliqué, le Sénat examine donc aujourd'hui un texte dont vous êtes la co-auteur pour redonner du pouvoir d'achat aux Français via l'épargne salariale. On parle de 230 milliards placés par 13 millions de salariés, des sommes qui sont actuellement disponibles pendant 5 ans. Vous, vous souhaitez permettre de le débloquer plus facilement ?

12:29
Sébastien Lecornu

Alors, en fait, nous, notre proposition de loi, elle vient d'un constat assez simple. Il est aussi important de rappeler que le texte a été déposé avant le déclenchement du conflit entre l'Iran et les États-Unis. Donc, avant même qu'émerge la potentialité d'une nouvelle crise de prix de l'énergie qui va avoir des conséquences sur le pouvoir d'achat des Français.

Donc, je tiens à préciser ça pour bien mettre en avant que l'idée que nous poursuivons par ce texte, c'est de venir lever les freins psychologiques qui peuvent exister chez les ménages avec les revenus les plus faibles à se dire l'épargne salariale, ce n'est pas pour moi parce que c'est de l'argent qui est bloqué à la différence d'argent qui est mis, par exemple, sur un livret A où on peut le sortir comme on veut. Et donc, de se dire que non, en fait, tous les salariés peuvent demain devenir les acteurs du financement de leurs entreprises.

Et donc, pour ce faire, notre texte, en fait, venait envoyer le message que les législateurs se trouvent aux côtés à chaque fois qu'il y a eu des grosses crises de pouvoir d'achat. On a eu des textes de déblocage exceptionnel. Là, dans un contexte où il n'y avait pas de raison de mettre en place ce déblocage exceptionnel, on l'annonçait et on voulait le voter comme possible. C'est vraiment pour lever ce frein psychologique. Donc ça, c'est le sens de l'article 1. Et effectivement, aujourd'hui, son intérêt se trouve renforcé par la hausse des prix de l'énergie.

Et d'ailleurs, c'est la raison pour laquelle le ministre Papin se fait le défenseur de la proposition de loi déjà depuis quelques semaines. Mais il faut aussi aller voir...

14:04
Présentateur

Est-ce que lui, il prévoyait un déblocage plafonné à 2 000 euros ? Vous, ça va plus loin ?

14:09
Sébastien Lecornu

Alors, sur cette question du déblocage, il y a vraiment... Il y a même certaines fédérations professionnelles qui plaident jusqu'à 10 000 euros. Dans l'idée de dire que 10 000 euros, ça veut dire que ça vient vraiment accompagner un vrai projet structurel du salarié, que 2 000 euros, c'est uniquement de la consommation de supermarchés. Donc, il y aura des débats cet après-midi pour savoir... Quel est le bon montant ? En fait, ce qu'on veut montrer par là, c'est qu'aujourd'hui, il y a des cas qui existent de déblocage de l'épargne salariale, mais qui sont des cas très spécifiques.

Un décès, la naissance du troisième enfant et d'ailleurs, la rapporteure, je pense, a déposé un amendement plein de bon sens pour ajouter le cas de la naissance du premier enfant, parce que je pense qu'on le sait tous, c'est le premier enfant qui coûte très cher. Le troisième, finalement, on est déjà bien équipé. Donc ça, c'est du bon sens. Typiquement, vos enfants partent faire des études, des études à l'étranger, vous ne l'avez pas forcément anticipé. Aujourd'hui, vous ne pouvez pas utiliser votre épargne salariale et si c'est le moyen que vous avez choisi pour constituer votre épargne, notamment pour préparer votre après-travail et votre retraite, il faut que vous puissiez.

Vous avez besoin de changer votre chaudière, par exemple, ou vous décidez, face à la hausse des prix, de passer à une pompe à chaleur. Il faut que vous puissiez toucher et dire aussi qu'on l'a observé, à chaque fois qu'il y a eu des mécanismes de déblocage autorisés, on n'a pas constaté une sortie massive d'argent sur les plans d'épargne salariale. C'est vraiment venu en aide à ceux qui en avaient le plus besoin.

15:39
Présentateur

Et on va poursuivre avec l'actualité du Sénat. Donc, ce texte sur l'épargne salariale, il est examiné cet après-midi. Autre actualité du Sénat, on en a un peu parlé, les prix à la pompe qui relancent l'électrique. C'est le titre ce matin de deux journaux de la presse régionale, Le Républicain Lorrain et Le Télégramme, on va le voir. Et vous avez, vous travaillez sur la filière automobile française. est-elle en grand danger ? Alexandre, c'est votre éclairage. Un rapport de la Cour des comptes commandé par la mission des finances du Sénat dresse un constat accablant sur la filière automobile française.

16:07
Invité

Oui, globalement, rien ne va plus pour l'automobile. Fleuron industriel français qui est en perte de vitesse ces dernières décennies. Premier constat, une chute de la production automobile en France ces 25 dernières années. En 2000, la France produisait 3,3 millions de véhicules. L'an dernier, seulement 1,5 million. La production automobile française a été divisée par deux donc sur cette période. La faute à qui ? Eh bien, il faut d'abord regarder du côté des constructeurs français qui ont massivement délocalisé leur production. Aujourd'hui, ils ne produisent en France que 25% de leurs véhicules contre 64% en 2000.

Et puis, la cause de ce déclin automobile français, c'est la concurrence chinoise également. Dans l'étude de la Commission des finances que vous avez réalisée, Christine Lavarde, vous évoquez l'avance technologique des constructeurs chinois sur les voitures connectées et autonomes. La Chine aurait 20 ans d'avance sur l'Europe dans ce domaine, estiment certains experts.

17:00
Présentateur

Et dans ce contexte de crise, l'efficacité des aides de l'État à la filière automobile est remise en question.

17:04
Invité

Oui, la Cour des comptes évalue à 18 milliards d'euros le montant des aides de l'État au secteur automobile sur la période 2018-2024. La moitié de ces aides est fléchée vers la demande avec les fameuses primes à la conversion, bonus écologiques pour inciter à acheter des véhicules décarbonés. Le problème, c'est que la moitié de ces véhicules achetés avec des aides publiques, l'a été par des ménages aisés qui auraient eu les moyens d'acheter une voiture électrique par exemple sans le coup de pouce de l'État et des autorités publiques.

La Cour des comptes et la Commission des finances du Sénat recommandent donc de mieux cibler ces aides à la filière automobile sur les classes populaires, sur les classes moyennes pour qu'elles soient plus efficaces, ces aides, sans pour autant coûter plus cher aux finances publiques. D'autant que l'objectif, on le rappelle, c'est de produire 2 millions de voitures électriques en 2030 et il sera très difficile à atteindre. En 2025, on n'était qu'à 180 000.

17:54
Présentateur

Compliqué, on va en parler. Alors, tout n'est pas négatif quand même dans ce rapport. Il y a une politique qui marche pour la voiture électrique française, c'est l'écoscore.

18:01
Invité

Oui, l'écoscore d'une voiture, c'est l'estimation des émissions de gaz à effet de serre sur toute sa durée de vie et depuis 2023, les aides publiques ne sont versées que pour les véhicules qui ont un bon écoscore, ce qui favorise les voitures françaises, européennes par rapport aux voitures chinoises qui émettent plus de gaz à effet de serre de fait de leur importation. Ce protectionnisme écologique qui fonctionne donc puisqu'entre 2023 et 2025, la part de voitures françaises parmi les véhicules achetés grâce à une aide publique est passée de 10 à 38 %. Christine Lavard, parlons d'abord de ce déclin automobile français. Comment l'expliquer ?

On n'a pas réussi à inciter les constructeurs français à continuer à produire sur notre sol ?

18:43
Sébastien Lecornu

Ce que vous n'avez pas dit sur le sujet de l'écoscore, c'est que le plus gros scandale peut-être des aides non ciblées vers des ménages, c'est que pendant des années, on a déversé des milliards pour aller acheter des voitures chinoises. Et d'ailleurs, la première fois que j'ai porté l'amendement sur l'écoscore, les ministres m'ont dit non, c'est débile, ça ne sert à rien pour revenir un an plus tard avec le dispositif et on envoie les effets tout de suite. Moi, je trouve ça presque plus scandaleux qu'on ait aidé des ménages aisés français à acheter. Pourquoi pas ? Mais acheter des véhicules chinois, non.

Parce qu'on est venu d'ailleurs renforcer l'hégémonie des constructeurs chinois dans ce domaine du véhicule électrique. Et pour répondre plus précisément à votre question sur le déclin de la filière, c'est qu'au même moment où on arrivait à mettre un dispositif de protectionnisme, il ne faut pas se le cacher, on est venu réduire les crédits publics à l'achat de véhicules électriques. C'est-à-dire qu'en 2023, on a mis 1,9 milliard sur les primes à la conversion. Donc, quand on était encore dans l'ancien dispositif sans éco-score et le montant a été divisé par plus que de 2 quand on est arrivé en 2024 et en 2025.

Et aujourd'hui, le dispositif, il est même plus budgétaire, il n'y a plus de crédit public. C'est un dispositif qui est financé par les certificats d'économie d'énergie. Donc, si je le dis autrement, au moment où on avait envoyé le message aux industriels, aux constructeurs automobiles que la filière voiture devait se décarboner. C'était aussi le texte de la Commission européenne qui dit plus de vente de véhicules thermiques à l'horizon 2035. Donc, les constructeurs avaient engagé ce mouvement de transformation de leur chaîne de production.

Et il ne faut pas croire qu'une chaîne de production, on claque des doigts et on passe de la fabrication de véhicules thermiques à des véhicules électriques. Ça prend à peu près 18 mois pour convertir une chaîne de production. Au moment où ils étaient prêts, on commençait à pouvoir produire en France des véhicules de petite taille électrique, on a freiné les aides. Donc là, c'est quand même un peu contre-productif.

20:45
Invité

Et on aurait les moyens aujourd'hui de revenir à des aides à la filière automobile du même acabit que ces dernières années en 2023 ?

20:52
Sébastien Lecornu

Alors, ce que je veux quand même envoyer comme message d'espoir, c'est que dans le cadre de mes travaux complémentaires à ceux de la Cour, j'ai eu la chance d'aller visiter la plateforme Electricity à Douai. Donc, c'est la reconversion d'une chaîne de production qui était thermique aujourd'hui vers des véhicules électriques. À côté de l'usine du constructeur, s'est installée une des 4 gigafactories de fabrication de batteries. Et donc, on a finalement tout un écosystème de la filière automobile qui s'est construite là. tout l'ensemble des pièces qui permettent d'assembler les différents véhicules proviennent de moins de 300 kilomètres.

Donc, vraiment, une proximité et la chaîne de montage qui était descendue à une équipe au sortir de la crise en 2019, aujourd'hui est remontée à 2,5 équipes jour. Donc, c'est-à-dire qu'ils sont presque remontés au système des 3 et 8 du temps d'or de la filière automobile. Donc, je pense que c'est un message d'espoir. Ce que nous dit le constructeur, c'est qu'aujourd'hui, lui, son bassin de vente, il est situé à 1 000 kilomètres de l'usine. Donc, c'est-à-dire qu'il sait qu'il va aller desservir les pays d'Europe du Nord, le marché français avec de la production que je vais qualifier de locale. Donc, oui, c'est possible. Après, il faut avoir une réelle volonté.

Et comment cette usine a réussi sa transformation ? C'est parce qu'il y a eu des aides qui, là, ont été envoyées vers l'offre, donc vers les constructeurs et notamment des aides dans le cadre de France 2030 et du plan de relance qui sont venus accompagner la conversion de l'usine. Donc, voilà, ça montre que c'est possible. Mais il faut aussi à ce moment-là qu'on garde un cadre législatif et réglementaire. Et là, aujourd'hui, ce qui fait très peur aux constructeurs, c'est que, de nouveau, la Commission européenne pourrait revenir sur l'interdiction de vente des véhicules thermiques à 2035. Donc, comment vont se positionner les clients aussi sur ce signal-là ?

qu'on voit bien que les dispositifs d'aide, ils ont changé de nature et ça n'a pas été évident pour les concessionnaires et les vendeurs de se mettre dans le nouveau dispositif. Ce que m'ont dit aussi les constructeurs, c'est qu'aujourd'hui, un tiers du temps de leurs ingénieurs dans les technocentres sont consacrés à faire de l'étude et de l'adaptation réglementaire et législative. Donc, vous comprenez bien pourquoi le prix des voitures a aussi augmenté sur les cinq dernières années.

Ça fait froid dans le dos parce que là, c'est en plusieurs dizaines de points de pourcentage que la hausse mais pour une grosse partie, c'est lié à des obligations réglementaires alors qu'ils peuvent être de bonne nature quand c'est la sécurité qu'on peut peut-être plus critiquer quand c'est des évolutions réglementaires sur le marché et sur la commercialisation.

23:40
Présentateur

– Allez, on va terminer avec l'actualité dont votre région va parler du Grand Paris. Bonjour Jacques Paquet, merci beaucoup d'être avec nous directeur de la rédaction du journal du Grand Paris. Jacques, après les municipales, l'heure est donc à l'installation des exécutifs notamment au sein des métropoles et c'est l'occasion de s'interroger sur ce fameux mille feuilles territorial.

23:58
Invité

– Oui, absolument. Bonjour Christine Navarde. Je ne sais pas si Grand Paris-Saint-Ouest dont vous êtes élu est déjà installé, je ne crois pas. Je crois que c'est Pierre-Christophe Baguet qui va reprendre un mandat et vous me le confirmerez si vous voulez bien. Et le préfet Guillaume, je ne sais pas s'il a auditionné la délégation idoine au Sénat mais a entrepris une concertation en vue de remettre un rapport à Le Cornu, ça a été peu médiatisé sur cette, j'allais dire, éternelle question de l'organisation administrative en Ile-de-France.

Vous en êtes une spécialiste, vous savez, il y a cinq niveaux aujourd'hui communes, établissements publics, territoriaux, départements, métropoles, régions, parfois avec des chevauchements de compétences. Quelle serait, Madame la Sénatrice, votre organisation idéale ?

24:53
Sébastien Lecornu

Oui, merci. Alors, j'en suis une grande spécialiste à mon corps défendant parce qu'effectivement, j'ai été réélue à Boulogne-Biocourt et réélue au Conseil métropolitain et donc par là même réélue au Conseil territorial. Donc vous voyez, c'est du cumul des mandats obligatoires et qui est plus forcé que choisi. Le Conseil de la métropole du Grand Paris est réinstallé lundi matin prochain et le Conseil de Grand Paris Seine-Ouest mercredi soir de la semaine prochaine. Donc il y aura l'élection des deux présidents donc je ne peux pas préjuger du résultat qui va sortir dans ces deux instances.

Ce qui est certain, c'est que les deux instances sont majoritairement à droite donc il est fort probable que le président soit de droite. Voilà ce que je peux vous dire mais là vous m'annoncez un nouveau rapport mais j'ai envie de dire là aussi on meurt de rapports c'est-à-dire qu'il y a eu la mission Wörth qui avait fait un travail exhaustif qui avait présenté des préconisations qui moi me semblaient aller dans le bon sens et ce rapport j'ai peur qu'il soit enterré avec le départ de son auteur au PMU et donc on en refait un nouveau rien n'a changé entre le moment où Éric Wörth a travaillé et le moment où travaille aujourd'hui le préfet Guillaume.

On a toujours le même nombre de couches on a toujours les mêmes problèmes de financement on a toujours les mêmes sujets de transfert financier entre les différentes couches et on a toujours un refus du côté de l'administration de venir se doter des outils qui permettraient déjà de mettre un peu de lisibilité et c'est des choses très simples que je n'arrête pas de revendiquer dans l'hémicycle il faut aller ajouter quelques lignes dans la maquette budgétaire donc c'est vraiment des choses très techniques de manière à bien retracer les flux obligatoires les flux volontaires de manière à venir dissocier et pouvoir comparer ensuite les communes de même taille à l'échelle du territoire national si je vous donne un exemple qui va être très parlant la ville de Boulogne-Biancourt dont je suis élue c'est 120 000 habitants donc c'est la strade des villes de plus de 100 000 habitants si on regarde factuellement mon budget on peut dire que j'ai à peu près 250 millions d'euros de budget sur ces 250 millions il y en a 50 millions qui rentrent à peine les euros sont rentrés qui ressortent de l'autre côté ça augmente mes recettes par habitant de 500 euros et ça augmente mes dépenses par habitant de 500 euros je n'ai toujours pas réussi à faire corriger ce chiffre ce qui fait qu'aujourd'hui si un de mes opposants regarde les données tirées de l'État il va me dire vous êtes très riche bah oui effectivement j'ai plus de recettes par habitant que la moyenne sauf que quand on me retire ces 500 euros je suis en dessous de la moyenne et on va me dire vous avez beaucoup plus de dépenses que la moyenne sauf que là encore quand on me retire ces 500 euros par habitant je suis bien en dessous de la moyenne et ça c'est vraiment je pense que ça ne changera rien pour personne mais par contre ça changera beaucoup pour nous et juste pour donner un autre exemple de ces absurdités au moment de la crise de la Covid l'État est venu compenser les baisses de recettes des collectivités qui étaient leurs propres assureurs parce qu'on n'a pas d'assurance chômage si jamais j'avais été traité comme n'importe quelle ville hors de la métropole du Grand Paris j'aurais dû toucher le plafond maximum 1,3 million d'euros comme personne n'est capable de retraiter mes 50 millions j'ai touché 146 000 euros est-ce que c'est normal ?

Non et là c'est technique il n'y a même pas besoin de rapport pour faire ça il faut juste un peu de bonne volonté

28:08
Invité

Alors oui justement je voulais vous poser une autre question sur ces questions de dépenses et de recettes parce qu'il se dit que Sébastien Lecornu est attaché à cette réforme notamment à des fins d'économie il souhaiterait réformer ce supposé millefeuille pour réaliser des économies là encore Christine Lavarde où vous semble-t-il qu'il existe les plus les plus importants gisements d'économies liés à ce nombre important de strates

28:41
Sébastien Lecornu

ça dépend de quelle strate vous me parlez parce qu'aujourd'hui moi je vais vous parler de celle dont on discutait la métropole du Grand Paris aujourd'hui certes la métropole c'est 3,3 milliards de budget une fois qu'on a fait tous les transferts il reste en gros 100 millions en revanche moi il me semble que cet argent n'est pas bien dépensé et d'ailleurs il y a un rapport très récent de la Cour des comptes sur l'implication de la métropole du Grand Paris dans les Jeux Olympiques qui montre un certain nombre de dépenses qui n'auraient jamais dû être portées par cette collectivité je pense que si jamais on avait une décision beaucoup plus proche des citoyens au niveau des territoires on n'aurait pas eu ces dépenses insensées mais là on est 7 millions et donc en fait il n'y a pas vraiment de gouvernance c'est loin des gens c'est loin des communes et donc tout le monde s'en désintéresse merci Jacques Paquiel

29:25
Présentateur

à une journal du Grand Paris exécutif métropolitain les noms qui circulent les inconnus qui demeurent merci d'avoir été avec nous un mot Christine Lavarde parce qu'on va recevoir dans quelques instants l'ambassadeur d'Israël en France vous êtes la présidente du groupe d'amitié France-Liban quel message vous avez envie de lui adresser ce matin

29:41
Sébastien Lecornu

c'est une question très compliquée parce que j'aurais envie de lui dire plein de choses ce que je constate avec beaucoup de tristesse pour le Liban c'est un pays qui était en train de renaître pendant très longtemps il y a eu une vacance du pouvoir présidentiel qui a duré plus de 18 mois à la suite de l'arrivée du président Aoun qui n'a rien à voir avec le prédécesseur qui s'appelait déjà Aoun un nouveau gouvernement s'est mis en place et un gouvernement qui avait fait de la démilitarisation du Hezbollah vraiment le fer de sa politique et une réelle volonté aujourd'hui on est venu un peu casser tous ses efforts puisque là aujourd'hui Israël pillonne les bastions du Hezbollah sauf que ce faisant on a des transferts massifs de population aujourd'hui plus de 20 millions plus de 20% de la population du Liban est déplacée à l'intérieur du pays ce qui entraîne un très grand nombre de déséquilibres finalement tout le pays se trouve aujourd'hui touché par le conflit entre Israël et le Hezbollah et je n'ai pas envie de dire entre Israël et le Liban c'est vraiment entre Israël et le Hezbollah dans un pays qui est économiquement très faible donc tous les problèmes qui existaient avant sont en train de ressurgir et ma plus grande crainte c'est que demain ce conflit qui était entre un pays et une milice se transforme en guerre civile puisque les tensions redeviennent très fortes quand les gens ont faim finalement son voisin qui pouvait être un ami devient quelqu'un en concurrence pour les ressources disponibles les populations chiites déplacées du sud se redisséminent partout dans le pays donc voilà on sent on recevait l'ambassadeur du Liban la semaine dernière voilà qui nous exposait tout ça

31:33
Présentateur

Merci merci beaucoup Christine Lavarne et on reçoit tout de suite l'ambassadeur d'Israël en France Joshua Zarca et l'invité de l'entretien et l'invité de l'entretien ce matin c'est Joshua Zarca bonjour merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation vous êtes l'ambassadeur d'Israël en France nous sommes ensemble pendant 20 minutes pour cet entretien en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest France bonjour Stéphane

32:08
Invité

bonjour Auriane monsieur l'ambassadeur bonjour

32:09
Présentateur

Joshua Zarca Donald Trump affirme hier soir que l'Iran tout entier pourrait être éliminé ce soir est-ce que ce matin Israël dit la même chose est-ce que vous préparez une opération d'envergure ?

32:22
Invité

L'Iran tout entier bien sûr que non c'est un pays qui est grand comme la France et comme l'Allemagne ensemble mais ce que je pense que voulait dire le président américain je ne parle pas pour lui bien sûr je ne parle pour Israël est que nous comptons investir beaucoup plus que ce qui a été déjà investi jusqu'à présent les opérations militaires c'est-à-dire attaquer des infrastructures qui seraient à double usage non seulement militaires mais qui pourraient être aussi utilisées à des fins militaires qui ne sont pas seulement obligatoirement militaires comme par exemple des usines de production de missiles que nous avons attaqué les bases des casernes etc.

33:00
Présentateur

Donc des infrastructures civiles vous pourriez des infrastructures

33:03
Invité

qui pourraient avoir une double nature vous savez que dans les guerres malheureusement il y a des infrastructures qui sont purement militaires et des infrastructures qui sont utilisées par les militaires à des fins militaires mais qui pour eux qui sont au quotidien des infrastructures civiles cela pourrait être attaqué aussi

33:23
Présentateur

mais dès cette nuit est-ce qu'Israël se prépare à une opération d'envergure dès cette nuit

33:26
Invité

vous savez cette opération nous l'avons préparée depuis très longtemps cette guerre c'est une guerre que nous préparons malheureusement depuis très longtemps quand je m'occupais encore de ce dossier au ministère des affaires étrangères israélien nous savions qu'éventuellement malheureusement nous aurions à rentrer dans une confrontation militaire avec l'Iran parce qu'il était clair que ceux-ci n'avaient aucune intention de vivre en paire de nos côtés c'est pas vraiment de nos côtés ils sont à 1200 km d'Israël et donc il y a une opération d'envergure importante parce que c'est un ennemi terrible il faut comprendre c'est un ennemi qui a des capacités qui a développé les capacités de nous détruire qui a l'intention de nous détruire et qui ne bouge pas de cette intention on essaye vous voyez que le président américain essaye de négocier avec eux la fin de leur programme nucléaire militaire et les réponses qu'il reçoit à chaque fois sont les mêmes réponses que la communauté internationale recevait depuis l'an 2002 l'année où les négociations diplomatiques ont commencé avec les Iraniens pour qu'ils cessent leur programme militaire nucléaire oui c'est ça et donc c'est toujours la même réponse non un non catégorique malheureusement oui je pense que nous allons rentrer dans une phase qui pourrait être beaucoup plus importante que la phase que nous avons vécu jusqu'à présent une phase beaucoup plus importante ça veut dire quoi quand le président des Etats-Unis dit qu'il est en capacité de détruire l'Iran en 4 heures dès cette nuit ça veut dire quoi ça veut dire qu'il va utiliser de nouvelles armes franchement je ne sais pas je ne veux pas dire n'importe quoi je ne sais pas ce qu'elle veut dire non mais ça veut dire

34:57
Présentateur

qu'Israël se prépare à une escalade dans le conflit

35:00
Invité

et que l'escalade

35:01
Présentateur

est proche dans les prochaines heures

35:02
Invité

nous je pense que le premier ministre a dit d'une façon très claire le premier ministre le chef d'état-major l'ont dit d'une façon très claire nous essayons d'avoir des déclarations qui sont claires et qui se suivent l'une après les autres et le premier ministre a dit d'une façon très claire effectivement nous pourrions rentrer dans une phase qui serait plus importante que ce que nous avons vécu jusqu'à présent que ce que les Iraniens ont vécu jusqu'à présent que le régime iranien a vécu jusqu'à présent à ce stade est-ce qu'une invasion terrestre de l'Iran par les Américains vous paraît encore envisageable je ne veux pas dire n'importe quoi je ne sais pas vous disiez jeudi la semaine dernière au micro d'RMC qu'il faudrait attendre encore deux à trois semaines de guerre avant la fin du conflit vous êtes toujours sur ce calendrier là autant que je sache oui pour terminer toutes les cibles militaires il faut être très clair les cibles militaires que le gouvernement que l'armée a définies et que le gouvernement a approuvées il nous faudrait encore aujourd'hui j'imagine que c'est une discussion de deux semaines de votre côté du côté d'Israël les objectifs de guerre de guerre sont très clairs qui sont aussi clairs du point de vue des Américains c'est cette guerre est-ce qu'ils seraient les mêmes que les vôtres il y a une différence de style entre les deux dirigeants mais les mêmes objectifs aucun doute mais cette guerre comme vous le voyez est une guerre conjointe toutes les opérations sont des opérations conjointes les cibles sont des cibles conjointes qui ont été définies ensemble par les deux gouvernements par les deux chefs d'état-major c'est pas vraiment chef d'état c'est notre chef d'état-major et le chef du Saint-Cône tout est défini ensemble tout est géré ensemble c'est une guerre qui est gérée complètement de façon conjointe et donc oui il y a une différence de style c'est vrai je pense que le style du président américain est un style très spécial que surtout en Europe c'est surtout au niveau diplomatique qu'il y a une différence de style

36:48
Présentateur

vous êtes un diplomate je suis azar quand Donald Trump dit je le cite pardon pour la vulgarité ouvrez ce putain de détroit espèce de taré où vous vivrez un enfer est-ce qu'un chef d'état peut s'exprimer ainsi ?

37:00
Invité

c'est vrai il tend que des chefs d'état s'expriment de façon claire et ne fassent pas toujours essayer de faire un équilibre sur les différents points et de ne pas dire les choses d'une façon claire le gros problème je peux vous dire quand on regarde l'histoire de crise

37:16
Présentateur

on peut dire les choses de façon claire sans s'exprimer

37:18
Invité

encore une fois il y a une différence de style ce n'est pas le style de mon premier ministre c'est vraiment pas le style que moi j'adopte en venant ici mais vous savez les grandes crises diplomatiques et les grandes guerres ont été souvent causées à cause du fait que les dirigeants n'étaient pas suffisamment clairs disaient oui mais il y avait un espèce d'équilibre qui était fait entre différents messages et ça généralement c'était fait par crainte d'amener la guerre et généralement c'est ce qui a finalement amené la guerre l'exemple le plus parfait de cela est la guerre bien sûr avec Saddam Hussein vous trouvez que Donald Trump est clair dans sa communication sur le conflit ?

je pense qu'il faut suivre si vous suivez toutes les déclarations de Donald Trump je pense qu'il est clair mais quand il dit par exemple que l'état islamique a été vaincu en 4 semaines comment vous interprétez ça ? est-ce qu'il est en train de préparer le retrait des Etats-Unis du conflit en fait ? je ne sais pas sur le mode le job est fait ?

le but n'a jamais été d'envahir l'Iran et de prendre le contrôle de l'Iran je pense que ça ça a été très clair ça a été défini d'une façon très claire de notre côté et par les Américains aussi n'a jamais été nous n'avons jamais eu l'intention d'envahir l'Iran et de prendre le contrôle de l'Iran bien au contraire ce que nous voulions faire et c'était le 3ème but de cette guerre je le répétais sur tous les plateaux et je le répète encore une fois ici le 3ème but c'était d'affaiblir le régime suffisamment afin que le peuple iranien puisse prendre le contrôle de sa décision et là quand on entend Donald Trump il estime que le job est fait que l'Iran est suffisamment affaibli est-ce que vous craignez qu'il se retire du conflit ?

l'Iran vous savez l'Iran a toujours au niveau militaire l'Iran a toujours été un pays qui était d'un côté avec des capacités balistiques énormes et qui développait des capacités nucléaires très importantes mais d'un autre côté qui avait une armée très faible à cause du fait que c'était un pays qui est sous sanction depuis 50 ans pratiquement et qu'elle n'a pas pu acheter de nouveaux systèmes que ce soit américains russes européens etc depuis les années 70-80 du siècle dernier et donc c'est un pays qui avait une armée très faible et aujourd'hui cette armée qui était déjà très faible est anéantie complètement alors oui au niveau militaire

39:30
Présentateur

il y a un ultimatum monsieur l'ambassadeur il y a un ultimatum de Donald Trump qui a été repoussé à ce soir 20h est-ce que Israël croit vraiment à un accord voire à une reddition de l'Iran

39:40
Invité

c'est une bonne question je pense que il est important de faire tout ce qui est possible pour trouver une solution diplomatique

39:49
Présentateur

il y a encore une solution diplomatique à cette guerre Israël est prête

39:52
Invité

là vous me posez la question personnellement je ne pense pas que les Iraniens sont capables même si le régime qui est en place aujourd'hui n'est plus le même régime qu'il y avait auparavant c'est déjà un nouveau régime on peut rentrer on peut développer la question si vous voulez mais c'est déjà un nouveau régime mais ce régime aujourd'hui réagit de la même façon pour l'instant et on va parler du régime

40:12
Présentateur

mais est-ce qu'Israël est prêt à une solution diplomatique

40:14
Invité

c'est important que je le dise quand même je pense que les Iraniens ne sont pas capables aujourd'hui le régime iranien n'est pas capable aujourd'hui de dire oui à une solution diplomatique pour différentes raisons est-ce qu'Israël ces décisions seront prises par le Premier ministre et par le Président américain d'une façon conjointe et la décision qui sera prise sera bien sûr adoptée par le gouvernement israël

40:32
Présentateur

est-ce qu'Israël pourrait poursuivre cette guerre si les Etats-Unis l'arrêtent est-ce que vous pourriez continuer seul

40:37
Invité

je pense que ce n'est pas ce n'est pas comment dire ce n'est pas sur les cartes ce n'est pas dans les cartes ce n'est pas une option

40:42
Présentateur

c'est pas une option c'est-à-dire le jour où Trump arrête Israël arrête

40:45
Invité

je pense que comme nous l'avons commencé d'une façon conjointe comme nous la menons d'une façon conjointe cette guerre se terminera d'une façon conjointe exactement comme elle a été menée jusqu'à présent

40:54
Présentateur

Juste pour revenir sur le but de guerre d'Israël vous avez Israël hier revendiqué des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique d'Iran quel est aujourd'hui votre but de guerre est-ce que comme Donald Trump vous voulez que l'Iran retourne à l'âge de guerre ?

41:05
Invité

Non bien sûr parce qu'il y a un peuple iranien très magnifique un peuple iranien avec lequel nous pouvons vivre en paix et nous avons l'intention né l'Iran à l'âge de pierre c'est des expressions encore une fois il y a une différence de style je ne rentre pas dans cela mais par contre vous savez que entre 60 et 70% de l'économie iranienne est entre les mains des gardiens de la révolution donc les grandes infrastructures sont entièrement entre les mains des gardiens de la révolution alors et nous savons aujourd'hui que les gardiens de la révolution ont une place importante dans la prise de décision de ce nouveau régime justement qui est en train de se mettre en place alors affaiblir les gardiens de la révolution est un but très important et donc attaquer les différentes infrastructures qui sont entre les mains qui sont gérées par les gardiens de la révolution qui leur donnent justement ce financement dont ils ont besoin est très important en même temps vous avez le président du conseil européen Antonio Costa qui disait hier que cibler des infrastructures civiles est un crime de guerre il l'a rappelé en fait en disant que c'était inadmissible qu'il fallait que ça s'arrête on entend Donald Trump qui lui a dit que ça ne l'inquiète pas il est important quand même de réagir à ce genre de déclaration les guerres sont des choses très difficiles un continent qui a vécu depuis 80 ans sous la protection d'un pays qui a mené ses guerres à sa place n'a pas énormément de choses à dire quand on parle de la survie du peuple juif

42:36
Présentateur

mais pardon il y a un droit international il y a des règles internationales c'est-à-dire le droit international Israël peut faire si le droit international

42:43
Invité

non non pas du tout mais j'ai négocié des traités justement sur le droit international dans mon passé des infrastructures civiles qui sont utilisées par des militaires à des fins militaires sont des cibles totalement légitimes totalement légitimes alors des déclarations comme celles que c'est pas l'avis d'Antonio Costa et c'est quand même le président du conseil européen ça veut pas dire que c'est vrai Donald Trump ça ne l'inquiète pas Benjamin Detailleux ça ne l'inquiète pas d'abord on n'a jamais demandé à l'Europe de participer à ces guerres nous de notre côté de secondo et n'oublions pas que l'Europe n'a pas une très grande histoire quant à la protection du peuple juif contre un danger existentiel

43:20
Présentateur

mais ça n'empêche pas de vouloir faire respecter le droit international

43:22
Invité

le droit international est respecté justement une cible qui a une double nature c'est écrit noir sur blanc une cible qui est une double nature qui peut être utilisée par les militaires à des fins militaires est une cible légitime

43:37
Présentateur

sur le régime vous avez tué l'ayatollah Ramenei mais vous ne pouvez pas vous ne pouvez pas pour le moment faire tomber le régime est-ce que vous comptez sur un soulèvement du peuple iranien pour renverser le régime et dans le même temps on le voit le peuple il est exténué par la guerre le régime est toujours aussi féroce est-ce que sur ce but de guerre là faire tomber le régime vous avez échoué

43:58
Invité

alors nous avons choisi les mots d'une façon assez claire le but n'est pas de faire tomber le régime mais de l'affaiblir suffisamment afin que le peuple iranien puisse le prendre en main

44:10
Présentateur

et vous pensez vraiment qu'il est affaibli ?

44:11
Invité

je pense qu'il est affaibli énormément effectivement je pense qu'il est énormément affaibli est-ce que nous sommes arrivés au point de rupture au point où il tombe il tombe dès que les iraniens sortent dans le peuple iranien sort dans la rue je ne peux pas vous dire mais ce que je peux vous dire c'est que nous n'avons pas vu jusqu'à présent nous disons qui suivons la diplomatie et l'histoire diplomatique internationale nous n'avons pas vu les révolutions venir quand elles arrivaient nous les avons vues seulement après coup et je pense que nous pourrions nous trouver dans des situations semblables

44:42
Présentateur

un mot puisque hier Donald Trump a raconté largement l'opération de sauvetage des deux pilotes américains est-ce qu'Israël a participé à cette opération de sauvetage ?

44:50
Invité

il a été publié que deux unités israéliennes deux unités d'élite ont participé à ce sauvetage

44:56
Présentateur

on va parler du Liban Stéphane

44:58
Invité

oui au Liban il y a eu il y a eu au Liban en fait des deux attaques contre une ambulance et des secouristes dans la région de Tire en 24 heures le gouvernement libanais dénonce ces prises ces prises à partie comment est-ce que vous réagissez par rapport à ça ?

je vais répondre d'abord à la question en général de nos relations avec le Liban ensuite rentrer dans les détails vous savez nous avons cette guerre avec le Liban heureusement nous ne l'avons pas demandé encore une fois c'est une guerre nous avons envoyé des messages avant que le Hezbollah décide de tirer au gouvernement libanais au Hezbollah directement indirectement ne rentrez pas dans cette guerre ne nous tirez pas nous serons obligés de réagir de façon très forte très forte et malheureusement d'abord le gouvernement libanais n'a pas désarmé n'a pas fait le minimum nécessaire pour désarmer le Hezbollah le minimum nécessaire n'a pas fait le minimum nécessaire parce que l'armée libanaise n'est pas en état de traiter le Hezbollah non mais d'accord mais elle aurait pu demander notre aide par exemple elle aurait pu demander l'aide de la France elle aurait pu demander l'aide de la communauté internationale venez à notre aide pour désarmer le Hezbollah parce que nous ne sommes pas incapables de le faire non ce qu'a décidé de faire le gouvernement libanais ce que décédait par contre le fait de faire le gouvernement libanais c'est d'annoncer qu'ils avaient réussi à désarmer complètement le Hezbollah au sud du Litanie alors aujourd'hui la plus grande partie ce qui n'est pas le cas la plus grande partie des missiles vous savez qu'il y a des milliers de missiles qui tombent aujourd'hui régulièrement sur le nord de mon pays des milliers et des milliers de missiles avant de venir ici je regardais j'imagine que mon téléphone sonne dans la poche j'imagine que c'est encore des sirènes qui tombent sur le nord du pays des missiles qui tombent sur le nord du pays mais jusqu'à quand

46:33
Présentateur

vous allez continuer à attaquer

46:34
Invité

jusqu'à que le Hezbollah arrête de tirer sur Israël c'est très simple

46:38
Présentateur

est-ce que là aussi votre but de guerre qui est d'éradiquer le Hezbollah

46:41
Invité

ce n'est pas d'éradiquer le Hezbollah ce n'est pas d'éradiquer le Hezbollah c'est d'éradiquer les capacités militaires du Hezbollah il y a une grande différence le Hezbollah pourrait être je ne sais pas éventuellement une organisation politique notre but est de ne pas permettre au Hezbollah de continuer d'être une force militaire qui est la force militaire la plus importante aujourd'hui au Liban mais est-ce que là aussi

47:00
Présentateur

ce n'est pas un vœu pieux le Hezbollah il remplace c'est le vœu

47:03
Invité

mais vous savez que c'est le vœu du peuple libanais c'est le vœu du gouvernement libanais

47:08
Présentateur

mais nous allons le faire

47:10
Invité

jusqu'à que le Hezbollah décide d'arrêter de tirer sur Israël

47:12
Présentateur

au prix de milliers de déplacés libanais

47:14
Invité

au prix de ce qu'il faut malheureusement mais c'est encore une fois est-ce que vous imaginez que nous allons nous permettre à une organisation terroriste qui est gérée par l'Iran de nous tirer des milliers de missiles sur notre population et d'attendre que la communauté internationale mette de l'ordre dans tout ça peut-être que la France prendra les choses en main et décidera de mettre de l'ordre dans tout ça

47:38
Présentateur

Vous l'entendez le message d'Emmanuel Macron sur le Liban ?

47:41
Invité

Je l'entends

47:41
Présentateur

Israël l'entend ? L'écoute ?

47:43
Invité

Je l'entends nous l'entendons

47:45
Présentateur

Vous ne l'écoutez pas ?

47:47
Invité

Non, il est très difficile quand la France a décidé de prendre certaines positions par rapport à Israël dans les deux dernières années en tout cas depuis que je suis là et nous avons moi personnellement j'ai prévenu et j'ai prévenu aussi les équipes de M. Macron du président Macron en disant vous allez perdre votre influence vous ne pouvez pas avoir une position qui est toujours critique envers Israël et espérer de maintenir une influence par rapport à ce

48:18
Présentateur

Vous trouvez que la France elle est toujours critique envers Israël ?

48:20
Invité

Oui en grande partie les positions du gouvernement français ces deux dernières années a été en plus grande partie

48:28
Présentateur

Il a quand même beaucoup soutenu Israël Emmanuel Macron ?

48:31
Invité

Ces deux dernières années ?

48:33
Présentateur

Vous toujours critique vous dites ?

48:35
Invité

Pas toujours mais en grande partie Le problème c'est qu'au Liban en fait au nom de l'efficacité que vous revendiquez dans la guerre contre le Hezbollah et donc pour éradiquer ses capacités militaires il y a aussi des frappes sur des villages qui ne sont en haut sud Liban qui ne sont sans lien avec le Hezbollah Toutes les frappes d'abord des évacuations de villages Dans une guerre il peut y avoir des erreurs et chaque erreur est appris et vérifiée

49:01
Présentateur

Vous avez fait des erreurs au Liban ? Israël a fait des erreurs ?

49:03
Invité

Je ne peux pas encore vous dire je sais qu'il y a eu des erreurs qui ont été faites et quand des erreurs ont été faites nous nous sommes excusés nous l'avons dit de façon très claire une erreur a été faite et il y a par exemple des choses qui sont encore en train d'être vérifiées pour lesquelles nous n'avons pas encore de réponse Mais je peux vous dire Par exemple le fait d'avoir ciblé des casques bleus de la fumée des Français la semaine dernière J'y arrive justement c'est de ça que je parlais mais toutes les cibles sur lesquelles on a tiré étaient des cibles qui sont liées au Hezbollah Il y a une prise de décision très longue quand on faisait une guerre autour de chaque cible qui est choisie Il peut y avoir des erreurs Les casques bleus de la fumée ne sont pas liées au Hezbollah Mais là on rentre maintenant à la question si vous parlez des casques bleus français ils n'ont pas été ciblés Il y a eu un incident plusieurs incidents pas seulement un Il y a eu trois incidents que nous sommes encore en train d'étudier Le gouvernement français a demandé d'abord des explications à ce sujet qu'ils recevront dès que je les aurai et ensuite je peux vous dire que si effectivement les événements ont eu lieu comme ils ont eu lieu comme ils sont décrits par les casques bleus c'est inacceptable Il y aura des sanctions ?

C'est inacceptable l'armée choisira de réagir comme elle le choisira par rapport aux soldats mais n'oublions pas quand même que c'est une guerre mais je peux vous dire de façon très claire si ça a eu lieu de la façon dont c'est décrit c'est totalement inacceptable

50:23
Présentateur

Comment vous les qualifiez aujourd'hui les relations entre Israël et la France ?

50:27
Invité

Difficile

50:28
Présentateur

Difficile ? Difficile Mais est-ce que vous dites aujourd'hui que la France est quand même encore un pays ami, allié d'Israël ?

50:32
Invité

Je pense que la France le peuple français le pays, la France oui je peux vous dire que je reçois des messages des fois étonnants de soutien que ce soit au peuple israélien ou au peuple juif mais Pas Emmanuel Macron ? Mais aujourd'hui vous savez il y a une longue liste de décisions qui ont été prises de déclarations qui ont été faites qui ont créé des tensions qui sont très difficiles à gérer aujourd'hui

51:02
Présentateur

Mais juste monsieur est-ce qu'il y a une longue liste ou est-ce que clairement ce que vous ne pardonnez pas à Emmanuel Macron c'est d'avoir reconnu l'État palestinien ?

51:07
Invité

Non, pas du tout Vous savez nous étions rentrés j'ai œuvré pendant assez longtemps pour essayer de ramener ces relations à un bon niveau où j'espérais pouvoir continuer à développer les relations parce qu'en fin de compte je suis là pour que les relations bilatérales soient les meilleures possibles et malheureusement une décision qui a été prise dernièrement a rejeté des relations très en arrière et d'une façon et je peux vous dire aujourd'hui malheureusement Mais c'est quoi cette décision ? C'est de reconnaître

51:37
Présentateur

l'État palestinien ?

51:38
Invité

Non, non le refus de permettre le ravitaillement américain d'arriver en Israël de ne pas survoler la France mais bien sûr Mais c'est une position Non mais vous savez nous sommes Un pays qui se dit un pays ami il faut comprendre un gouvernement qui se dit un gouvernement ami qui d'abord empêche nos industries ils comprennent à quel est le premier point les industries de défense israéliens sont importantes pour la défense du État d'Israël d'abord empêche la vitalité commerciale de ces essayent d'empêcher la vitalité commerciale de ces industries en les empêchant de participer aux différents salons et ensuite, appel au boycott quand nous étions dans une guerre existentielle et maintenant, quand nous sommes vraiment dans une guerre avec un ennemi qui veut notre destruction, qui le dit de façon très claire, au lieu de permettre le survol d'équipements américains du territoire français pour permettre le ravitaillement de notre armée contre cette guerre, c'est seulement le survol, pas plus.

– Là, c'est le moment où nous sommes arrivés à un niveau de crise qui est très difficile à gérer.

52:52
Présentateur

– Un mot, M. l'ambassadeur, parce que le temps file juste dans les prochains jours. L'Assemblée nationale va examiner la proposition de l'Ordre Caroline Yadon, c'est une députée Renaissance, qui vise à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme. Qu'est-ce que vous pensez de ce texte ?

53:03
Invité

– D'abord, c'est un événement franco-français, donc ce n'est pas à moi, en tant qu'ambassadeur d'Israël, à avoir une position à ce sujet. Je savais que vous alliez me poser des questions, alors j'ai étudié ce texte, je crois comprendre que ce n'est pas un texte qui est défini pour empêcher une critique du gouvernement israélien, qui est défini, le mot Israël…

53:24
Présentateur

– Ce sont des détracteurs, que ça pourrait museler les critiques israéliennes.

53:26
Invité

– Oui, je sais, le mot Israël n'apparaît pas dans ce texte. Je pense que si quelqu'un, par exemple, appelait à la destruction de l'État d'Arménie ou d'Azerbaïdjan, ce texte de loi aurait le même effet. Et ce que je peux vous dire à ce sujet, c'est que les plus grands critiques, les plus grands critiques de la politique du gouvernement israélien sont en Israël. On ne peut pas dire que critiquer l'État d'Israël est l'antisémitisme, mais appeler à la destruction de l'État d'Israël, qui est le seul État du peuple juif, est là, je pense, une forme d'antisémitisme très claire et que nous voyons, malheureusement, dans l'État de droit.

54:07
Présentateur

– Un mot sur un texte qui a été voté par le Parlement israélien, c'était lundi dernier. Une loi qui instaure la peine de mort pour les terroristes palestiniens. Est-ce que condamner les gens sur une logique ethnique, c'est digne d'un État de droit ?

54:19
Invité

– Vous savez, d'abord ça a été adopté, alors je ne vais pas… Ce que je veux vous dire à ce sujet, la peine de mort existe en Israël depuis la création de l'État. La peine de mort, il y a eu une fois seulement, cette peine de mort, deux fois où elle était mise en œuvre, une fois pour Eichmann et la deuxième fois pour Demanouk, et Demanouk ensuite, parce qu'il y a automatiquement un appel qui est fait, quand il y a le pays de la mort qui a été adopté, il a été libéré à cause de certains doutes au sujet du document qui avait été présenté. La peine de mort pour les terroristes existe aussi, depuis la création de l'État d'Israël.

54:55
Présentateur

– Mais là c'est un texte qui vise les Palestiniens.

54:57
Invité

– Oui, non mais je sais, mais ça ne veut pas dire que ça va être mise en œuvre. – C'est-à-dire ? – Je peux vous dire, je vais peut-être me faire taper sur le doigt… – Vous vous mettez une loi qui ne va pas être mise en œuvre ? – Non, ce n'est pas une question de ne pas mise en œuvre, c'est qu'il y a la Cour suprême qui peut décider. Et la Cour suprême a prouvé… – Elle a décisé ? – Plus d'une fois, d'abord elle n'a pas pris la décision au sujet de la nature de cette loi, est-elle acceptable ou pas ? Et ça t'envoie à voir. Ensuite, même si cette loi est inscrutable, la Cour suprême aurait le dernier mot.

Et je pense que la Cour suprême a prouvé son indépendance totale du système politique israélien.

55:29
Présentateur

– Mais vous espérez qu'elle ne soit pas appliquée cette loi ?

55:31
Invité

– Ce n'est pas à moi d'espérer, je vous ai la question, je vous dis exactement, je pense que certains…

55:36
Présentateur

– Mais vous reconnaissez que c'est une loi, Dominique de Villepin il parle de logique d'apartheid.

55:39
Invité

– Dominique de Villepin, je ne veux pas répondre à des déclarations parce que M. de Villepin a une position qui est anti-israélienne, a développé, il essaie de se positionner un peu, juste un tout petit peu à droite de M. Mélenchon, en espérant que M. Mélenchon ne va pas pouvoir réussir. Alors il a un discours qui est semi-antisémique carrément.

56:00
Présentateur

– Mais juste, est-ce que cette loi c'est acceptable dans un état de droit ?

56:04
Invité

– Encore une fois, ce n'est pas à moi en tant qu'ambassadeur d'Israël de vous donner ma position personnelle. Ce que je peux vous dire, c'est que cette loi doit d'abord passer la critique, disons, doit d'abord passer la Cour suprême et ensuite la mise en œuvre passera aussi par la probation de la Cour suprême.

56:24
Présentateur

– Un dernier mot parce que le temps file, est-ce que l'opinion publique israélienne a soutien les actions de Benjamin Netanyahou ? On voit, il y a des manifestations anti-guerre en Israël avec parfois des violences. On a vu ces images qui ont choqué, c'est celle de l'ex-diplomate âgée de plus de 80 ans, Colette Avital, qui a été molestée. Est-ce que vous voulez condamner ces images ?

56:41
Invité

– Je connais Colette, c'est une collègue que je connais depuis très longtemps, quelqu'un de très apprécié au ministère et par beaucoup. Alors bien sûr, l'avoir comme ça molesté est quelque chose d'inacceptable. Ce que je peux vous dire, c'est que cette guerre a un soutien énorme parce que malheureusement, aujourd'hui, nous sommes dans une situation où le public israélien a le sentiment que cette guerre est nous a été imposée par un régime qui veut notre destruction totale.

57:11
Présentateur

– Merci monsieur l'ambassadeur, merci Joche Azarca d'avoir été notre invité ce matin. On va regarder maintenant notre reportage en région et ça fait plusieurs années que la France a la volonté de reconstituer une filière de munitions de petits calibres en France. Sébastien Lecornu a annoncé il y a quelques jours 8,5 milliards d'euros supplémentaires de commandes de munitions. On est allé à Clérieux, c'est dans la Drôme, chez un des plus gros producteurs de munitions civiles mais qui, au vu du contexte actuel, aimerait commencer à produire des munitions militaires. On regarde ce reportage de Clément Guillaumeau.

57:41
Invité

1,4 milliard d'amorces produites chaque année. L'entreprise de munitions françaises Chédite est une filiale du groupe Sophie Sport, leader mondial de la production de douilles et d'amorçage pour les cartouches de chasse et le tir sportif. Plasturgie, métallurgie, chimie, la société contrôle l'ensemble de la chaîne de valeur, de la poudre aux produits finis. Un savoir-faire qui pourrait lui permettre de produire des munitions métalliques à des fins militaires à l'avenir. On a toutes les compétences, toutes les techniques pour fabriquer un amorçage ou une amorce. On sait faire la composition pyrotechnique. On a 85 hectares et on n'exploite que 10 hectares.

Donc on a la place pour le faire, on a les autorisations pour le faire, à la fois pour fabriquer, pour stocker les matières pyrotechniques. Donc on a tout ce qu'il faut pour pouvoir réaliser ça. Alors que Sébastien Lecornu vient d'annoncer 8,5 milliards d'euros supplémentaires de commandes de munitions d'ici 2030, le groupe a répondu à un appel d'offres lancé par la direction générale de l'armement, munitions militaires. Pour nous, c'est une diversification que l'on peut apporter dans la Drôme avec une télérénisation de l'emploi et même une création d'emplois dans le futur. Cette diversification, je dirais qu'on la recherche déjà depuis plusieurs années.

Elle nous permet d'associer à la munition civile qui est destinée aux loisirs des contrats, je dirais, de plus long terme sur le marché militaire, ce qui nous permet dans des périodes de fluctuation sur le marché civil de faire face à une demande de notre domaine. Cela faisait plusieurs années que l'entreprise l'orniait sur la fabrication de munitions de petit calibre pour les armées. Une ambition relancée depuis l'an dernier avec le rachat de la société par le groupe belge FN Browning qui en produit déjà sur ses sites en Belgique. Pour les salariés, c'est une très bonne nouvelle. On sait que l'entreprise est très dynamique de ce côté-là.

On a toujours une dynamique d'évolution et de croissance et de... Et c'est vrai que c'est très rassurant de ce côté-là. Ça vaut beaucoup de perspectives à l'avenir qui peuvent arriver, que ce soit dans des nouvelles missions, des nouvelles activités à avoir et de nouveaux développements à poursuivre, tout simplement. La direction générale de l'armement livrera son verdict dans les prochains mois. Si le groupe est sélectionné, la société Chédite construira une chaîne d'assemblage dédiée aux munitions militaires ici sur son site de Clérieux dans la Drôme, créant ainsi des dizaines d'emplois dans les années à venir.

1:00:15
Présentateur

Et Alex, on va faire la une de nos quotidiens, le tour de nos quotidiens régionaux ce matin. On commence par Nicolas Sarkozy, FN de Dauphiné Libéré.

1:00:23
Invité

Oui, l'ancien président de la République va-t-il convaincre les juges ? Nicolas Sarkozy est entendu dans le cadre du procès en appel sur le financement présumé de sa campagne électorale de 2007 par le dictateur libyen Kadhafi. L'enjeu est important puisqu'on le rappelle, en première instance, l'ancien locataire de l'Élysée avait été condamné à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs et avait été incarcéré pendant 3 semaines à la prison de la Santé. C'était à l'automne dernier.

1:00:46
Présentateur

La hausse du prix de l'essence fait les affaires des vendeurs de voitures électriques.

1:00:49
Invité

Oui, les prix à la pompe relancent l'électrique. Titre le républicain Lorrain, l'électrique décolle à la une du télégramme. La demande de voitures électriques est en forte hausse. Sur les 3 premiers mois de 2026, l'électrique représente 28% des ventes de voitures neuves. En 2025, on était à 20% pour vous donner un ordre d'idée. Le marché de l'occasion est également relancé. Les chiffres de vente d'électriques en occasion ont bondi de 50% par rapport à l'an dernier à la même période. Et cela fait baisser les prix. Au premier trimestre 2026, le prix moyen d'une voiture électrique est de 22 153 euros. C'est 10% moins cher qu'il y a un an.

1:01:26
Présentateur

Alors, tout sourire à l'électrique. En revanche, de nombreuses professions la subissent. Cette hausse des prix du carburant et c'est le cas des aides à domicile.

1:01:32
Invité

Les aides à domicile roule à perte. Titre le journal L'Union. Avec la flambée des prix à la pompe, les aides à domicile indispensables pour le quotidien de nombreuses personnes n'arrivent plus à joindre les debouts et elles alertent sur la précarité de leur situation, notamment en milieu rural où elles doivent multiplier les kilomètres. Une salariée d'un service d'aide à la personne dans le département de l'Aisne dit devoir débourser 200 euros par mois pour ses trajets professionnels, le tout en étant payé au SMIC. Sachant qu'il y a beaucoup de familles monoparentales et de temps partiel dans ces métiers, les aides à domicile qui, pour l'instant, sont oubliées à des aides du gouvernement.

1:02:06
Présentateur

On va parler d'une action collective en justice contre la contamination polluant éternelle.

1:02:12
Invité

Dans les Ardennes, six communes lancent une action en justice pour trouver les responsables de la pollution de leur eau aux polluants éternels. Une action judiciaire qui est réfléchie depuis l'an dernier après la découverte de taux anormalement élevés de pifas de polluants éternels dans l'eau du robinet qui touchait plus de 3 000 Ardennais. Les maraîchers de la commune d'Arrocourt ont également déposé une plainte contre X. C'est à lire dans le journal L'Ardennais.

1:02:37
Présentateur

– Et la une du Berry républicain. – Sur un chantier.

1:02:41
Invité

– Vous allez me la donner parce que du coup, je ne l'ai plus. – Sur un chantier, pas comme les autres. C'est l'histoire d'une maison en ruine dans le Berry où tout est à refaire, tout est à retaper. Sauf que c'est une jeune fille de 19 ans qui va s'en charger. Elle a acheté cette maison et elle va faire les travaux. Elle s'appelle Lindsay Gomez. Elle rêvait depuis toute petite d'avoir chez soi une maison à elle. Alors le bac en poche, elle a dépoursé à 16 000 euros pour acheter cette maison à retaper. Et comme elle a dépensé toutes ses économies dans l'achat de la maison, elle va se charger de ses travaux elle-même. Lindsay, elle ne manque pas de courage.

Les maîtres cubes de Grava ne lui font pas peur. Et elle ne se met pas à la pression. Elle dit qu'elle va avancer à son rythme.

1:03:19
Présentateur

– Allez Alex, on va parler de l'avenir institutionnel de deux territoires. Dans quelques instants, on ira en Nouvelle-Calédonie. Il y a une réunion ce matin autour de Sébastien Lecornu. Mais d'abord, on parle de l'Alsace. L'Alsace est au menu du Parlement. Aujourd'hui, c'est à la une des dernières nouvelles d'Alsace.

1:03:32
Invité

– Effectivement, les députés examinent aujourd'hui une proposition de loi qui prévoit que la collectivité européenne d'Alsace quitte la région Grand-Est. Ce texte donnerait à la collectivité alsacienne un statut particulier avec les compétences d'un département et d'une région. Les élus alsaciens défendent le projet, mais le gouvernement reste assez évasif sur sa position. Il reste neutre et souhaite qu'une consultation des habitants de la région Grand-Est soit organisée pour plébisciter cette réforme.

1:03:59
Présentateur

– Et on va en parler avec le président, justement, de la région Grand-Est. Bonjour Franck Leroy, merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Comment vous réagissez face à ce texte ?

1:04:07
Invité

– Bonjour d'abord. Évidemment, on réagit assez mal puisque ce texte, c'est une construction un peu bricolée. Il a été totalement réécrit en commission des lois. Il est d'ailleurs passé de justesse en commission des lois à deux voix près sur l'article 2. Et surtout, il vient démanteler une région et permet quelque part à n'importe quel département, à deux départements qui s'unissent, de venir démanteler une région, sachant que depuis dix ans, ces régions, elles ont gagné leur place, elles ont contribué à la notoriété et à l'affirmation d'identité forte. Et elles ont permis surtout des résultats économiques extrêmement puissants. Je prends l'exemple sur le plan économique.

Si aujourd'hui, cinq régions françaises sont parmi les quinze plus attractives d'Europe, c'est bien parce que ces régions ont atteint une taille à l'échelle européenne. Ce qui n'était pas le cas avant.

1:04:58
Présentateur

– Dans le même temps, Franck Leroy, est-ce que ce n'est pas normal de donner à l'Alsace, qui a une identité forte, les compétences d'une collectivité à part ?

1:05:05
Invité

– Oui, mais l'Alsace n'est pas le seul territoire à avoir une identité dans notre pays. Demain, la Bretagne, le Pays-Basque et autres. Donc la vraie question, c'est l'unité nationale d'une part et deuxièmement, la volonté d'aller vers plus de décentralisation et plus de décentralisation, c'est plus de pouvoir transférer de l'État vers les collectivités territoriales. À force de bricoler la carte territoriale de la France, on finit par la rendre plus confuse, à émietter finalement le territoire national et quelque part à affaiblir l'unité nationale. Sébastien Morel, Benjamin Morel, pardon, l'a parfaitement résumé dans un article paru avec Jean-Michel Blanquer ce week-end.

Voilà, nous devons veiller à l'unité nationale, nous devons évidemment rechercher l'efficacité locale, l'efficacité régionale, l'efficacité publique d'une manière générale. Et pour le coup, le bilan de la région Grand-Est en Alsace est assez spectaculaire puisque les investissements publics ont plus que doublé en Alsace depuis que la région Grand-Est existe. Donc ne détournons pas la réalité du sujet, on ne construit pas des régions sur simplement des identités, on recherche l'efficacité publique et pour le coup, le bilan du Grand-Est est très positif.

1:06:11
Présentateur

Un dernier mot, Franck Leroy, le gouvernement souhaite procéder à une consultation citoyenne, est-ce que vous y êtes favorable ? Est-ce que c'est le meilleur moyen de trancher ?

1:06:18
Invité

J'y suis totalement favorable. On a des assemblées qui ont été élus au suffrage universel direct. Dans cette proposition de loi, on ne leur demande pas leur avis et si effectivement il faut faire trancher ça par le peuple, les habitantes et les habitants du Grand-Est sont parfaitement capables de décider leur avenir. Tout ça ne se décide pas en catimini dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

1:06:38
Présentateur

Merci Franck Leroy d'avoir été avec nous, président de la région Grand-Est. Autre territoire dont l'avenir institutionnel est en question, c'est la Nouvelle-Calédonie. Et on va y aller justement, on retrouve Nicolas Vignol. Bonjour Nicolas, journaliste à la Voix du Caillou. Nicolas, jeudi dernier, l'Assemblée nationale a rejeté le projet de loi constitutionnelle du gouvernement qui vise à réformer le statut de la Nouvelle-Calédonie. Ce matin, Sébastien Lecornu réunit justement les différentes parties. Il doit les réunir également pour tenter d'aboutir à un accord politique. Est-ce que ça veut dire que les accords de Bougival sont morts, Nicolas ?

1:07:15
Invité

Alors non, les accords de Bougival ne sont pas morts. Ils bougent encore, pas beaucoup, mais effectivement, ils sont très mal en point. Il l'était de toute façon depuis la décision du FLN-Caise de retirer sa signature à l'accord de Bougival. Mais là, avec le vote de l'Assemblée, ça s'est évidemment amplifié. Donc, à une forte majorité, les députés ont décidé d'adopter une motion de rejet qui empêche la mise en œuvre de l'accord de Bougival. Et ça, pour des raisons diamétralement opposées, c'est-à-dire le Rassemblement national, parce qu'ils jugent que l'accord de Bougival mène à l'indépendance, et les LFI, parce qu'ils jugent que l'accord de Bougival ne mène pas à l'indépendance.

Donc, des raisons tout à fait différentes. Une seule raison me paraît rassembler tout le monde, c'est-à-dire empêcher la Macronie de tirer gloire d'un règlement de la situation en Nouvelle-Calédonie.

1:08:25
Présentateur

Nicolas, on le disait, du coup, Sébastien Lecornu s'empare du sujet dès aujourd'hui. Qu'est-ce qui peut se passer à présent ?

1:08:34
Invité

Alors, c'est effectivement une réunion très importante qui va débuter dans un peu moins de deux heures maintenant. importante parce que j'ai l'impression quand même qu'on est au bout du bout du dispositif et que si on ne trouve pas de solution, je ne sais pas vers quoi cela va nous conduire. Donc, c'est une réunion importante à laquelle le Premier ministre a convié tout le monde, c'est-à-dire les signataires et ceux qui ont signé puis ont retiré leur signature. C'est-à-dire que l'UCFLNKS est également évité à cette réunion. Il y a trois possibilités sur la table.

La première, c'est d'organiser les élections provinciales avant le 28 juin prochain avec un corps électoral gelé, c'est-à-dire un corps électoral restreint où des milliers de Calédoniens restent privés du droit de vote. La deuxième solution, c'est d'organiser ces mêmes provinciales aux mêmes dates avec un corps électoral partiellement ouvert. Et puis, la troisième proposition que le Premier ministre va mettre sur la table, c'est celle d'une consultation des Calédoniens. Et votre invité précédent, le président Leroy, était extrêmement intéressant sur ce sujet parce qu'on voit un petit peu qu'il y a quand même des points communs dans les situations.

Donc, l'idée, ce serait de consulter les Calédoniens, de leur demander s'ils sont pour ou s'ils sont contre Bougival et en fonction du résultat, de mettre en œuvre ou de stopper définitivement le processus de Bougival. Mais ce qui est important, c'est qu'effectivement, l'avenir de la Nouvelle-Calédonie appartient aux Calédoniens et non pas à l'Assemblée nationale. C'est ça la véritable question, le véritable problème. Et la consultation des Calédoniens amènerait une solution. – Bonjour, Yves Tréhard à Paris. Dans la troisième option que vous évoquez, quel est le corps électoral dans ce cas-là ? Qui vote ? – Alors, ce serait effectivement toute la question qui n'est pas tranchée.

Est-ce que ce serait une consultation avec un corps électoral ouvert ou pas ? Pour l'instant, on n'en sait rien du tout. Est-ce que ce serait le corps électoral référendaire qui est un autre corps électoral ? Là non plus, on n'a pas la réponse. Le souci avec la Nouvelle-Calédonie, c'est que depuis les accords de Matignon, puis les accords de Nouméa, à chaque fois, on a mis en œuvre des dispositifs institutionnels, constitutionnels et législatifs innovants, nouveaux, inédits. Et donc, les constitutionnalistes n'ont pas de réponse quand des difficultés se posent. Et on voit bien d'ailleurs qu'aucun expert ne nous donne de solutions qui pourraient nous sortir de cette situation.

1:11:26
Présentateur

– Merci beaucoup Nicolas Vignol pour votre éclairage journaliste à la voix du caillou. François, vous aviez quelque chose à lui demander aussi ?

1:11:33
Invité

– Parce que la question de Yves est évidemment la meilleure, parce que la question du corps électoral, c'est quand même le deuxième échec d'Emmanuel Macron sur cette réforme constitutionnelle. Le premier, c'était sur justement la réforme du corps électoral. Le second, c'est le rejet de l'Assemblée nationale. Je suis fasciné parce que la Nouvelle-Calédonie, merci pour vos explications, chers confrères, la Nouvelle-Calédonie, c'est de loin, mais c'est essentiel.

Dans le retour des empires, dans cette zone indo-pacifique, c'est essentiel que la France garde sa position, pas simplement pour le nickel, pour des positions évidemment stratégiques et géopolitiques, et donc c'est essentiel qu'elle trouve aussi un accord politique dans le respect de tous. Et là, vous savez très bien que je n'ai aucune sympathie pour Manuel Valls. Mais la réalité, c'est que Manuel Valls a été probablement le plus sérieux sur ce dossier. Il était parvenu à un consensus.

1:12:20
Présentateur

Il était ministre des Outre-mer, il y a encore quelqu'un.

1:12:22
Invité

Il y a aussi un problème de jeu politique. La gauche ne veut pas donner le point à Emmanuel Macron. Le RN pense que ça donne trop de souveraineté. La gauche pense qu'il n'y en a pas assez. On ne veut pas donner le point à Emmanuel Macron avant la fin du quinquennat, comme on ne veut pas donner le point à Emmanuel Macron sur l'intelligence artificielle. Le problème, si vous voulez, c'est que cette politique haïrie, en réalité, est en train d'entraîner des gens, parce qu'on parle de gens. On ne parle pas, ce n'est pas une abstraction, la Nouvelle-Calédonie. Et donc, il faut que cette réunion aboutisse.

1:12:50
Présentateur

– Merci Nicolas Vignol, merci d'avoir été avec nous. Vous parliez de Manuel Valls, Françoise de Gouin. Manuel Valls, il dit dans l'opinion que ce qui s'est passé, le rejet par l'Assemblée nationale de cette réforme institutionnelle, c'est un camouflet pour le président de la République. Est-ce que c'est le cas ?

1:13:06
Invité

– C'est un camouflet pour le président de la République, parce que Manuel Valls était un ministre de la République et un ministre d'un gouvernement de Emmanuel Macron. Donc, par définition, c'est un camouflet. Et puis, c'était la première fois, si vous voulez, qu'on cherchait, et Manuel Valls a peut-être été un peu rude dans la façon d'être, dans la façon de négocier, mais on sentait qu'il y avait quand même un début d'accord, que c'était possible de se mettre d'accord. Alors, toute la question est de savoir quelle est la position de tous les partis, d'ailleurs. Et ce qui n'est pas très important, parce que le plus important, c'est de savoir ce que veulent vraiment les néo-calédoniens.

C'est eux qu'on veut entendre.

1:13:48
Présentateur

– Mais comment on en sort, Riff ? Parce que les néo-calédoniens, ils ont voté trois fois. Il y a eu trois référendums. – Oui, oui, oui. – Trois fois, ils ont réaffirmé leur attachement à la France. Il y a eu les accords de Bougiva, il y a eu les accords d'Inno-Élysée. Aujourd'hui, il y a le rejet de cette réforme par l'Assemblée nationale. Sébastien Lecornu qui tente de réunir…

1:14:07
Invité

– Le problème, c'est que si vous fermez le dossier, vous ouvrez une nouvelle crise qui a été très violente quand même la dernière fois. Donc, il faut essayer de crever l'abcès et de voir… Alors, moi, si vous me posez la question personnellement, je pense qu'il faut ouvrir le corps électoral. Ce n'est pas du tout normal qu'il y ait une partie des néo-calédoniens, certes arrivée plus tardivement, qui n'ait pas le droit de vote, alors qu'ils ont choisi de vivre sur cet archipel. Donc, ce n'est pas normal.

C'est évident qu'il faut sortir de là et qu'une consultation, à mon avis, avec un corps électoral élargi, alors je ne sais pas lequel, parce qu'il faut voir, est-ce qu'il faut être là depuis 5, 15, 20 ans, je n'en sais rien. 20 ans, non, puisque c'est déjà le cas, mais plutôt, c'est tout le sujet. Mais c'est un sujet fondamental, parce que, je le redis, la Nouvelle-Calédonie, finalement, s'invite chez nous quand il y a la grotte d'Ouvéen, quand il y a les accords, évidemment, de Matignon, quand, d'un seul coup, tout s'enflamme, tout prend feu, exactement comme Mayotte. Je rappelle que ces territoires font partie de la grandeur aussi de la France.

C'est pour ça que la France est la première puissance quasiment à égalité maritime au monde. Je rappelle à quel point c'est stratégique et je rappelle, et Yves a raison de le redire, je rappelle à quel point c'est la vie des néo-calédoniens. Et je suis d'accord avec Yves, je sais que ça ne fait pas floresse forcément dans mes amitiés politiques. Il faut élargir ce corps électoral, il faut retourner devant les gens. On ne peut pas aussi non plus s'asseoir sur les revendications. Ce n'est pas parce qu'à chaque fois, on a dit oui à l'attachement de la France qu'il n'existe pas un malaise et un mal-être.

C'est aussi idiot de penser comme ça que de penser, finalement, que les Antilles, tout va bien, il n'y a pas de... Les autonomistes font 4%, mais la réalité, c'est qu'il y a une souffrance sociale aux Antilles, une souffrance écologique qu'on redécouvre d'un seul coup quand Elie Domota prend la rue en 2005 et que tout le monde, tout se fout à feu et à sang. Donc, ce n'est pas possible, globalement en plus, de gérer, mais on a souvent débattu de ça, je sais qu'Yves est d'accord là-dessus, de gérer les Outre-mer chaque fois qu'il y a un drame, chaque fois qu'il y a une crise.

Nous sommes incapables, ce gouvernement central est incapable, mais Macron, Hollande, Sarkozy, Chirac, incapables, finalement, de gérer et de soigner et de trouver des solutions au long cours. Chaque fois qu'il y a une crise, c'est au pied du mur, comme dirait l'autre, qu'on voit le mieux le mur, en l'occurrence.

1:16:39
Présentateur

Autre territoire dont l'avenir institutionnel est en débat, un contexte complètement différent, c'est l'Alsace. Il y a un texte, aujourd'hui, qui est examiné au Parlement pour sortir de facto l'Alsace de la région Grand Est, lui donner des pouvoirs spécifiques et qu'elle devienne une collectivité unique. Est-ce que vous comprenez, c'est un texte à l'initiative de député Renaissance, qui est défendu par Gabriel Attal, est-ce que vous comprenez ces demandes, Yves, ou est-ce que, comme nous l'a dit Franck Leroy, le président de la région Grand Est, c'est une menace pour l'unité de la République ?

1:17:09
Invité

Mais on a toujours ce débat en France, vous savez, on l'a éternellement, dans un pays jacobin comme le nôtre, hyper centralisé. On a beaucoup de mal, finalement, à accorder une certaine autonomie au territoire. Le seul problème, en l'occurrence, pour la région Grand Est, c'est que la réforme de François Hollande des régions est une réforme qui n'était ni fait, ni à faire. C'est une très mauvaise réforme. Qu'est-ce qu'il est allé inventer ? Ça n'a servi à rien, son truc, sauf à créer du désordre. Parce qu'on a créé des grandes régions, mais les régions ne sont pas grandes par leur géographie, elles sont grandes par leur puissance économique, et par leur identité aussi.

Donc, moi, je connais l'Alsace comme tout le monde, mais je ne suis pas un spécialiste, si vous voulez, de l'identité alsacienne. Je sais qu'elle est forte, en Alsace, cette identité. Je ne vois pas... Alors, effectivement, si on revient à une région Alsace, l'Alsace sort de la grande région Grand Est. C'est vrai que ce n'était pas très logique, cette région Grand Est, première chose. Deuxièmement, vient se greffer là-dessus une région qui, comme vous le savez, est commune à l'Allemagne et à la France. Puisque l'Alsace, ils ont créé une région commune avec l'Allemagne. Donc, tout ça, c'est un... Je dirais, c'est une espèce de plat de nouille. Les Français ne comprennent plus rien.

Qui fait quoi ? Ce n'est pas là le sujet. Le sujet, ça serait plutôt de savoir qui doit faire quoi.

1:18:45
Présentateur

Mais est-ce que ça dit aussi beaucoup des différentes conceptions ? C'est-à-dire, dans ces régions, c'est le cas en Alsace, c'est le cas en Corse, c'est le cas en Bretagne, au Pays Basque. Effectivement, on a une identité forte qui fait que ces régions veulent des compétences spécifiques, notamment l'Alsace et la Corse. Et de l'autre côté, vous avez les défenseurs de l'unité de la République qui disent que ça peut être une remise en cause de l'unité de la République. Est-ce qu'on n'est pas sur deux cultures un peu différentes ?

1:19:12
Invité

Si, moi, je suis absolument Jacobine. Désespérément, c'est affreux. Je n'arrive pas à m'en défaire. Ou alors, on décide qu'on rentre dans le fédéralisme, qu'on glisse petit à petit et qu'on a un modèle italien avec des sénateurs, des députés qui sont élus à moitié à la proportionnelle, à moitié au suffrage direct. Et puis qu'on a des puissances régionales.

1:19:32
Présentateur

Avec des puissances régionales,

1:19:35
Invité

avec des régions qui ont le droit d'émettre un certain nombre de lois, avec des présidents de régions qui ont quasiment le niveau de pouvoir d'un Premier ministre. Et donc, on morcelle absolument tout. On a mis quand même combien de siècles à forger l'identité nationale, vraiment, l'histoire nationale. Moi, je suis d'accord avec Yves. En plus, à l'époque, j'étais dans une autre vie conseillère dans ce gouvernement. Je sais très bien comment ça s'est fait, la répartition, c'est délirant. C'est vraiment sur un coin de table. On dit, tiens, tu prends Paul, Jacques, Pierre, on mélange, et blablabla, et hop, hop, hop, à la François Hollande. Vous allez voir, c'est génial.

Personne ne comprend plus rien. Vous vous rendez compte que l'Occitanie, Carole Delga, elle se tape des Hautes-Pyrénées, vous voyez, jusqu'à Montpellier. Très le département. Je ne sais pas, vous n'imaginez, ne serait-ce qu'en efficacité du déplacement de la présidente de région. Je ne vous parle même pas de la Nouvelle-Aquitaine. Concordat, en plus, qui est très particulier. Après, ouvrir ce débat, non mais sérieux, vous vous rendez compte, on devrait faire une émission spéciale, on y resterait des heures sur les fractures françaises. Alors, il y a la Nouvelle-France, supposément, qui est tout à fait géniale par rapport à la vieille France rabougrie.

Maintenant, vous avez l'Alsace, vous n'aurez pas la Lorraine. Ensuite, vous avez... Non mais sérieusement... C'est du français, ça. Mais sérieusement... Non mais Auriane et Yves sans déconner. Moi, je pense... Est-ce que... Tout le monde redescend, on ne va pas recréer des fractures. Le cas de l'Alsace est très intéressant. Nous le sculpterons plus tard, après 2027, si possible. Voilà.

1:21:09
Présentateur

Allez, on va... En attendant 2027 et de comprendre ce qu'il y a dans la tête de ces défenseurs d'une région Alsace, on va parler de l'actualité politique de ces dernières heures, l'actualité internationale et c'est ces nouvelles déclarations de Donald Trump qui menacent l'Iran ultimatum fixé ce soir à 20h. On voit ça avec Flora Sauvelle.

1:21:31
Invité

Donald Trump hausse le ton. Dimanche, le président américain a repoussé son ultimatum fixé à l'Iran à mardi 20h, heure de Washington, pour débloquer le détroit d'Hormuz, passage vital pour l'approvisionnement mondial en pétrole, menaçant de détruire les infrastructures essentielles iraniennes. grâce à la puissance de notre armée, nous avons un plan selon lequel chaque pont en Iran sera anéanti d'ici demain soir à minuit. Et chaque centrale électrique en Iran sera hors service, en flammes, en train d'exploser et plus jamais utilisable. Je parle d'une démolition complète d'ici minuit et cela pourrait se dérouler sur une période de 4 heures si nous le voulions.

Nous ne voulons pas que cela arrive.

1:22:13
Locuteur non identifié

Un ultimatum

1:22:16
Invité

qui a laissé de marbre les dignitaires du régime iranien. Dès le début, nous avons déclaré que toute agression contre des cibles civiles entraînerait une riposte vigoureuse contre les intérêts de l'ennemi ou qu'ils se trouvent dans la région. Si les attaques contre des cibles civiles se répètent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront menées de manière bien plus puissante et étendue et les pertes et dégâts qu'ils subiront en persistant dans cette voie seront décuplées. À la recherche d'un cessez-le-feu, l'Iran a rejeté le plan de trêve du Pakistan.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer ce mardi sur un projet de résolution sur la navigation dans le détroit d'Hormuz.

1:22:54
Présentateur

François, c'est une nouvelle menace de Donald Trump. Jusqu'où il peut aller ? Est-ce que vraiment, comme il le dit, il peut anéantir l'Iran en quelques heures ?

1:23:02
Invité

Vous savez, je pense qu'il faudrait qu'on fasse un moratoire et qu'on décide tous collectivement à travers la planète de commenter qu'une seule déclaration de Trump par jour. Juste une seule. Pas trois ou quatre. Moi, j'entends ce qu'il dit sur les menaces. Attention, faites gaffe dans un langage de plus en plus vulgaire, un langage de chartier. Personne ne réalise en plus à quel point c'est désastre pour lui en politique intérieure, à quel point tout s'abîme, tout s'effondre en fait dans la société américaine et dans la démocratie américaine. Et où est le sérieux ? J'entends bien, il veut transformer l'Iran en cimetière, en hiver, pas nucléaire, j'espère. Retour à l'âge de pierre.

OK, l'âge de pierre, le retour à l'âge de pierre. Écoutez, c'est parfait. Attendons, je pense, je propose d'attendre en fait ce soir.

1:23:50
Présentateur

On attend l'ultimatum à 20h. Cette nuit du coup pour nous. On va écouter, avant de faire réagir, on va écouter Jean-Noël Barrault, le ministre des Affaires étrangères qui alerte sur un risque d'escalade.

1:23:59
Invité

Le risque, il est tout simplement pour les populations civiles d'une part, mais aussi pour l'économie mondiale qu'on assiste à un embrasement régional sans limite qui, je le disais, emporterait des dangers majeurs qu'il nous faut à tout prix éviter. Nous connaissons déjà une flambée des prix des carburants. Si les infrastructures énergétiques étaient frappées en Iran, on peut s'attendre à des représailles du régime iranien qui aggraveraient encore une situation déjà préoccupante.

1:24:28
Présentateur

Alors, on entend les affaires étrangères et l'alerte sur un risque d'escalade, mais que peut faire la France ? Que peut faire l'Europe ? Est-ce que la diplomatie peut encore peser ?

1:24:37
Invité

Oui, alors on peut, si vous voulez, on peut quand même avoir une espèce de pression exercée sur Donald Trump. Ce n'est pas la première fois qu'il aurait reculé si d'aventure il recule. On l'a vu sur le Groenland. Le Groenland, la France, enfin la France et les pays européens sont intervenus et néanmoins, il a un peu changé sa position. C'est vrai sur pas mal de sujet quand même. Parce que la vérité, comme vous le savez, la vérité de, il est 9h, n'est plus celle de 7h. Ça change sans arrêt. Donc, on arrive à le faire quand même changer d'avis, à lui donner la mesure de la gravité quand même de ce qu'il peut dire, entreprendre et promettre. Donc, voilà.

Donc là, le problème, si vous voulez, c'est qu'on ne sait pas trop ce qu'il veut anéantir l'Iran en 4h. Ça veut dire quoi ? L'Iran, c'est 100 millions d'habitants, c'est un territoire qui est droit grand comme la France, c'est quand même un État profond, comme on le dit, avec une armée, avec... Sauf à utiliser l'arme nucléaire, je ne vois pas très bien, il ne va pas utiliser l'arme nucléaire en Iran. Donc, c'est assez... Le problème, c'est que si vous voulez, c'est toujours pareil, mais moi, j'enfonce des portes ouvertes. Quand on commence une guerre, on la commence, mais on ne sait jamais comment ça se termine. Oui, et puis, le problème, c'est à qui parle-t-on ?

Le changement de régime n'a pas eu lieu, c'est-à-dire que la réalité, c'est que même si ce ne sont plus les mollas, maintenant, ce sont les passes d'Aran. Alors, moi, j'entends que l'armée iranienne a probablement été en partie détruite, mais le problème n'est pas l'armée iranienne, le problème, ce sont les passes d'Aran, ce sont les militaires qui gèrent, et on a le sentiment tout à fait désagréable que depuis quelques jours, finalement, c'est eux qui donnent le tempo, en réalité, ils donnent le tempo sur le détroit d'Ormousse, ils donnent le tempo dans leur manière de communiquer et dans leur manière, en tout cas, de riposter.

Donc, c'est très inquiétant quand le gendarme du monde, le patron de la plus grande puissance, en réalité, a ce type de comportement débilitant. Il est même quasiment obscène. Je pense que vraiment, hors de sa conférence de presse de Pâques, les propos qu'il a tenus, notamment sur Emmanuel Macron, c'est obscène. On ne peut pas mener le monde vers le mieux, le beau, la création de valeur avec une telle obscénité. On parle comme on est, en fait, en réalité. Et ça, c'est un sujet sur lequel nous devrions tous nous interroger quand même nous prenons la décision de commenter les déclarations de Donald Trump.

1:26:58
Présentateur

Allez, on va terminer par l'histoire du jour. C'est un sujet beaucoup plus léger. Est-ce que vous savez quelle est la capitale française de la pizza ? De la pizza ? De la pizza. Nice. Ah, de la pizza. Non, la pizza, Marseille ! Marseille ! À défaut d'être la capitale du foot, c'est celle de la pizza. Alors, c'est un article qui est super intéressant.

1:27:13
Invité

Les amours déçus, ça y est. Ça y est, vous trahissez le M, c'est parti.

1:27:16
Présentateur

C'est un article super intéressant qui était à lire dans la Provence dimanche. Depuis l'arrivée, ça raconte en fait l'histoire comment Marseille est devenue la capitale de la pizza. Depuis l'arrivée d'une importante communauté napolitaine au XIXe et au XXe siècle. En fait, les napolitains se sont installés dans les quartiers populaires de Marseille qu'on appelait la petite Naples. Ils faisaient les mêmes plats qu'en Italie, sauf que les Italiens, ils font leur pizza avec de la mozzarella et là, c'est compliqué de trouver à Marseille et tout ce qu'ils trouvent, c'est l'émmental des Alpes et c'est de là qu'est née l'emblématique pizza.

On va l'avoir sur la photo l'emblématique pizza marseillaise. Moitié mentale, moitié en choix. Je ne sais pas si vous l'avez.

1:27:53
Invité

Ah, ça vous êtes contre. Non, mais c'est une énorme. Mais c'est emblématique, Françoise. Est-ce que vous savez

1:28:00
Présentateur

que c'est également à Marseille qu'est né le camion pizza ?

1:28:03
Invité

Non, je ne sais pas. En 1962. La vraie pizza napolitaine, vous la faites dans un vrai four qui est très particulier avec une pâte très particulière. C'est une hérésie. Mais vive Marseille quand même.

1:28:14
Présentateur

Mais oui, alors, je finis mon histoire sur le camion pizza inventé en 1962 par Jean Mériton, surnommé Jeannot le pizzaïolo. Et une relation particulière avec la pizza, c'est devenu un sujet presque identitaire. Vous n'avez pas envoyé

1:28:27
Invité

le pizzaïolo là-bas à la Maison Blanche ? Envoyez donc un lâcher de pizza. Avec un peu de sauce piquante.

1:28:40
Présentateur

Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour chez vous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.