Hervé Juvin : "Energie, alimentation, territoires : quels enjeux pour la France et l'Europe ?"
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« Le défi environnemental est sans doute avec le défi migratoire l'un des plus gros enjeux du XXIe siècle pour nos nations respectives. »
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« Il est aujourd'hui plus qu'essentiel de réhabiliter l'idée même de limites, de régulations et donc sur le plan politique de frontières. »
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« La France doit être de ce grand mouvement mondial. »
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« Si 10 milliards d'êtres humains veulent tous vivre comme un Californien moyen ou d'ailleurs comme un Lyonnais moyen, il faut au moins 5 planètes. »
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« Le vrai visage de l'ouverture des frontières, c'est le retour de l'esclavage, c'est le trafic des migrants. »
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« On l'a signé en catimini en disant on le signe, mais c'est pas grave, ça n'engage à rien. Il faut savoir qu'un jour, donné, les tribunaux rendront ça opposable et nous y serons soumis. »
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« Hier encore sortaient des chiffres effrayants sur la disparition de 40% des espèces d'insectes. »
- 16:11Invité politiqueChiffre
« C'est une réduction de l'espérance de vie qui, aux États-Unis et dans les couches populaires, est de plus de trois ans au cours des dix dernières années. »
- 26:42Invité politiqueChiffre
« Plus du tiers du territoire français sera en vue direct d'un parc éolien. »
- 31:54Invité politiqueFait
« il n'en reste plus que dans certains pays de l'Est et en Russie »
- 35:19Invité politiqueChiffre
« il a divisé par deux les moyens de la DGCCRF »
- 35:51Invité politiqueChiffre
« le quasi doublement du parc éolien »
- 50:30Invité politiquePromesse
« dans les 30 ou dans les 50 prochaines années »
- 55:02Invité politiqueFait
« face aux enjeux écologiques qui nous attendent face à de véritables enjeux de survie de l'humanité »
- 55:15Invité politiqueFait
« c'est l'Europe et la France qui ont inventé la modernité quelque part au 18ème siècle entre les lumières et les révolutions et l'âge des nations »
- 55:25Invité politiquePromesse
« qui ouvre la voie de la société écologique qui sera la société de la survie de l'humanité et qui sera la société du progrès pour tous »
- 55:38Invité politiqueFait
« c'est un projet de civilisation »
- 55:45Invité politiquePromesse
« redonner à la France l'ambition planétaire qui a été la sienne »
- 55:50Invité politiquePromesse
« redonner à la France sa place dans le monde »
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Bonsoir à tous, merci de votre présence nombreuse à cette conférence à laquelle nous sommes ravis de vous accueillir. Nous revenons à l'instant avec Marine Le Pen et Hervé Juvin du salon BiPositive à Lyon, où nous avons pu y rencontrer les entrepreneurs, les acteurs du secteur de la transition énergétique. Nous l'avions défendu lors de l'élection présidentielle, ça a été l'occasion de le rappeler cet après-midi. En matière d'environnement et de transition énergétique, la France doit viser l'excellence. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, le défi environnemental est sans doute avec le défi migratoire l'un des plus gros enjeux du XXIe siècle pour nos nations respectives.
En livrant la France aux quatre vents de la mondialisation, les gouvernements qui se sont succédés ont gravement mis en danger notre santé et notre patrimoine naturel, fragilisant ainsi l'écosystème mondial. La France que nous voulons est une France durable. Une France où notre modèle économique consiste non pas à les faire fabriquer des biens à l'autre bout du monde pour qu'ils soient ensuite rapatriés et consommés, mais produire ici, chez nous, au plus près des lieux de consommation.
Le refus des traités de libre-échange, le développement des circuits courts, ou encore l'étiquetage et la transparence la plus totale quant à l'origine des produits consommés, même importés dans nos assiettes, font partie des mesures que le Rassemblement national a toujours porté et continuera de défendre. La France que nous voulons est une France, je le disais, durable. Une France durable qui refuse aussi l'écologie punitive et ses dérives insupportables sur le pouvoir d'achat des Français. Le 24 janvier, sur France 2, je demandais à Marlène Schiappa si le gouvernement comptait réintroduire la taxe carbone dès janvier prochain, comme l'avait suggéré un conseiller de l'Elysée.
Tout à son incompétence, elle ne le savait pas. Et pas plus tard qu'hier, ce sont plusieurs dizaines de députés de la majorité qui, dans une tribune publiée dans le journal Le Figaro, réclamaient son rétablissement. Prendre encore davantage dans le portefeuille des Français permettrait d'enrayer le réchauffement climatique, vous connaissez la théorie. Tout cela sans qu'à aucun moment, évidemment, les ravages environnementaux de notre modèle économique, fondés sur le libre-échange total, ne soient pointés du doigt qu'à l'hypocrisie.
Rappelons qu'un seul des 60 000 cargos de fret maritimes en transit partout dans le monde représente à lui seul, en termes de particules fines émises, l'intégralité du parc automobile français. Contrairement à ceux qui prétendent préserver l'environnement, tout en continuant de pousser toujours plus loin dans le libre-échange mondialisé, nous avons cette cohérence. Il est aujourd'hui plus qu'essentiel de réhabiliter l'idée même de limites, de régulations et donc sur le plan politique de frontières. C'est là le tournant pris par l'ensemble des grandes puissances du monde. La France doit être de ce grand mouvement mondial.
Et nous avons la chance que cela s'incarne sur notre liste avec la présence d'Hervé Juvin, qui consacre depuis plusieurs années et plusieurs expériences au cours de sa vie, sa réflexion à l'écologie humaine. Essayiste reconnu, économiste, géopoliticien, il a donné des centaines de conférences en France et partout dans le monde et rédigé une quinzaine d'ouvrages dont l'Avènement du corps, La grande séparation pour une écologie des civilisations, Le gouvernement du désir ou plus récemment France, le moment politique qui a, Marine Le Pen le rappelait il y a quelques semaines, très largement inspiré et nourrit notre réflexion politique.
Énergie, alimentation, territoire, quels enjeux pour la France et l'Europe ? Mon cher Hervé Juvin, la parole te revient.
Bonsoir à tous et à tous. Bonsoir à quelques amis lyonnais que j'ai eu le grand plaisir de retrouver à cette occasion. Je dis lyonnais, certaines, certains sont même venus de villes urbaines. Je crois de pas très loin. Cher Jordan, la France que nous voulons, l'Europe que nous voulons, c'est aussi et d'abord la France que nous aimons et l'Europe que nous aimons. Et j'aimerais vous parler de cette France que nous aimons, de cette Europe que nous aimons, parce qu'elles sont diverses, parce qu'elles sont multiples, parce qu'elles sont libres.
Et peut-être plus encore, parce que riches, libres, délectables de tant de saveurs, de tant de goûts, de tant de paysages merveilleux, elles sont avant tout le pays, le territoire de nos vies, où nous avons choisi de nous projeter dans l'avenir et où nous souhaitons avoir confiance, où nous souhaitons désirer l'avenir et où nous souhaitons nous projeter dans le meilleur des mondes possibles pour nous, pour nos enfants, pour nos petits-enfants. C'est pourquoi je vous parlerai ce soir essentiellement d'avenir. L'écologie, la science des systèmes complexes, c'est d'abord la science de l'avenir. C'est la science de ce que serons nos vies dans la longue durée.
C'est la science de ce que deviendra la France, de ce que deviendra l'Europe dans la longue durée. Parce que s'il y a quelque chose dont j'aimerais vous convaincre ce soir, c'est qu'il n'y aura pas de politique de l'avenir, il n'y aura pas de politique du progrès, qui ne soit pas d'abord des politiques de la vie, et qui donc ne soit pas d'abord des politiques dirigées par la science des systèmes complexes qu'est l'écologie.
Quand j'évoque ce désir d'avenir, quand j'évoque la France que nous aimons et l'Europe que nous aimons, comment ne pas commencer par essayer d'en revenir au réel, essayer de nous livrer à cette première réflexion politique à laquelle Machiavel, le fondateur de la science politique européenne, nous invite, la réalité effective des choses et pas les histoires qu'on nous en raconte. Parce qu'elles sont belles les histoires qu'on nous raconte. Vous les avez toutes entendues comme moi. L'euro, ça devait être le plein emploi et la convergence de toutes les économies européennes. Le libre-échange, c'était l'assurance du plein emploi, l'assurance de la croissance et l'assurance du progrès pour tous.
La globalisation, ça devait globalement assurer un avenir meilleur pour tous ces Français et ces Américains qui auraient la chance d'acheter des produits à bas prix venus des quatre coins du monde, fabriqués dans des conditions que personne ne voulait voir, par des travailleurs peu payés, voire par des esclaves, mais nous allions voir la baisse des prix. Et puis l'ouverture des frontières, c'était la liberté de se déplacer, c'était le tourisme de masse et c'était en quelque sorte le monde est à nos pieds, le monde nous appartient. Ce que je dis là, c'est, vous l'avez bien reconnu, ce que je dis là, c'est la feuille de route de la Commission européenne et des institutions européennes.
Le marché intérieur européen a disparu, il s'est fondu dans le marché global. Les nations doivent se dissoudre dans la globalisation et les frontières doivent disparaître, ce sont des vestiges du passé condamnés et quasi préhistoriques. Et nous ne serions plus que des hommes et des femmes hors sol venus de nulle part et appelés à aller nulle part au gré des vents ou des tempêtes du marché. Ça, c'est le programme de l'Union européenne et ça, c'est aussi le programme du président Emmanuel Macron et c'est le programme de son gouvernement.
Que sont ces Français qui sont réfractaires au changement, qui refusent de traverser la route pour trouver un emploi, alors qu'on connaît la feuille de route du bonheur assuré pour tous ? La feuille de route du bonheur assuré pour tous, c'est ce libre-échange dont nous constatons chaque jour un peu plus à quel point il se réduit à la règle du moins-disant. Le libre-échange, c'est le moins-disant fiscal, c'est le moins-disant social, c'est le moins-disant environnemental qui condamne les entreprises locales à suivre, à s'aligner ou sinon à fermer leurs portes. Le libre-échange, c'est la loi du moins-disant, il est urgent de le remplacer par le juste échange.
La globalisation, ça devait être un avenir assuré et radieux pour toute la planète. La globalisation aujourd'hui, c'est la dérégulation, c'est la déréglementation, c'est le pillage de nos biens communs et de nos infrastructures et c'est une réalité encore plus concrète. Quand j'étais petit garçon, quelque part en Bretagne, plus de 10 000 langues étaient parlées sur la surface de la planète. Beaucoup en Amérique latine, beaucoup en Papouasie, Nouvelle-Guinée, des centaines aussi en Afrique. Je vis aujourd'hui dans un monde où moins de 2 000 langues sont encore parlées et il en disparaît presque chaque semaine ou chaque jour.
Vous savez peut-être que le mois dernier, l'un des derniers indiens d'Amérique du Nord, le dernier à parler une langue est mort et avec lui, la langue a disparu. Une langue qui disparaît, c'est une bibliothèque qui brûle. Une langue qui disparaît, c'est une manière de penser, de sentir, c'est une manière d'aimer, de grandir, de transmettre, qui disparaît. La globalisation, c'est ça, c'est la grande extinction de la diversité humaine, de cette merveilleuse diversité des cultures qui est bien plus qu'un attrait touristique, qui est notre meilleure chance de survie. Nous ne survivrons que si les hommes et les femmes ne désirent pas les mêmes choses.
Nous ne survivrons que s'il y a une diversité humaine à la surface de la planète. Pas la peine de vous faire beaucoup de phrases, vous le savez, les unes et les uns aussi bien que moi. Si 10 milliards d'êtres humains veulent tous vivre comme un Californien moyen ou d'ailleurs comme un Lyonnais moyen, il faut au moins 5 planètes. Donc c'en est fini de l'aventure humaine si on met fin à la diversité des sociétés humaines et si on n'avance pas très vite vers une écologie des civilisations. Libre-échange, globalisation, ouverture des frontières.
L'ouverture des frontières, c'est merveilleux, c'est la liberté de chaque homme et de chaque femme de trouver le bonheur là où il le souhaite et partout où il trouvera les conditions les meilleures. Le vrai visage de l'ouverture des frontières, vous le connaissez bien et vous y êtes confrontés. C'est une insécurité galopante qui ne semble mobiliser personne ni à Bruxelles ni à Paris. Le problème du pillage organisé de nos résidences secondaires, de nos champs, de nos fermes, personne ne peut le voir. Le vrai visage de l'ouverture des frontières, c'est le retour de l'esclavage, c'est le trafic des migrants.
Ce sont les milliards gagnés par les bandes criminelles qui, en Turquie, en Libye, ailleurs en Afrique, vont chercher des migrants en leur faisant miroiter toutes les promesses de l'Europe et qui s'enrichissent à des niveaux qui dépassent les milliards de dollars chaque année aujourd'hui. Et puis ce trafic d'esclaves, c'est aussi les multinationales dont le meilleur exemple est cette grande entreprise de restauration rapide américaine qui a fait savoir à la France qu'elle était prête à embaucher par milliers d'émigrants à condition simplement qu'on supprime toute condition de salaire minimum et toute charge sociale. Ça, ça a un nom, ça s'appelle le retour de l'esclavage.
Le sans-frontierisme aujourd'hui que prônent l'Union européenne et un gouvernement français qui a signé le pacte de Marrakech, est-ce que vous avez été convaincus, mesdames et messieurs, du pacte de Marrakech ? Est-ce que vous en avez débattu ? Et est-ce que vous avez voté ? On l'a signé en catimini en disant on le signe, mais c'est pas grave, ça n'engage à rien. Il faut savoir qu'un jour, donné, les tribunaux rendront ça opposable et nous y serons soumis. C'est un déni de démocratie affolant qui touche à nos conditions de vie au plus intime de nous-mêmes et qui touche évidemment à la diversité humaine. Libre-échange, globalisation, mondialisation et le tout économique.
C'était très intéressant d'entendre la première réponse du président de la République aux revendications des Gilets jaunes. On va leur donner de l'argent. Moi, ce que j'ai entendu, c'est des revendications de dignité. C'est les revendications de bien vivre chez soi, sur son territoire, en pleine confiance et en ayant son mot à dire. Le tout économique, la religion de l'économie, appelle de manière urgente que le politique reprenne ses droits.
Elle appelle de manière urgente que le pouvoir sur nous qui nous a été enlevé, nous le reprenions et que de nouveau nous prenions en main notre destin et ses choix essentiels pour notre avenir, que sont les choix d'infrastructure, que sont les grands choix économiques et sociaux.
Dans ces grands choix, dans ces grands choix, le respect de la vie, dans ces grands choix, l'amour de nos territoires, l'amour de la France et de l'Europe que nous connaissons et que nous avons hérité de tant de siècles de combats, de militantismes, d'engagement pour que les nations vivent, pour que les peuples européens trouvent cette liberté, c'est pour nous la clé de l'avenir et c'est pour nous la clé d'un programme et pour l'Europe et pour la France. Ce programme se décline évidemment sur le plan qui nous occupe aujourd'hui et comment ne pas y revenir plus précisément en sortant de ce salon bipositive. Ce programme, il se décline naturellement en matière d'alimentation. à l'alimentation.
En quoi ça concerne la politique ? En quoi ça concerne l'avenir ? Je vais vous en donner une illustration très simple et extrêmement violente. Une des images les plus fortes que je garde d'un séjour récent en Chine, c'est le contact avec un jeune haut fonctionnaire, futur diplomate, parlant français. Il a 32 ans. Il a un petit garçon de 3 ans. Et avec l'assentiment de cette collègue, il m'a dit la chose suivante. Nous étions à Pékin. Vous savez, nous savons tous que nous nous sommes exposés au cancer. Nous savons tous que nous serons exposés très tôt à des maladies dégénératives. Et d'ailleurs, nous avons eu d'énormes problèmes pour avoir un enfant, ma femme et moi.
Et donc, notre petit garçon a 3 ans. Je dépense exactement la moitié de mon salaire mensuel pour ne lui acheter que de la nourriture bio. La meilleure. On se passe les adresses avec nos collègues pour avoir la meilleure nourriture, les meilleurs légumes, les meilleures viandes. Beaucoup sont importés. Ça me coûte une fortune. Mais je ne veux pas, et c'est le mot, je ne veux pas que mon petit garçon soit empoisonné comme nous l'avons été. Ça, c'est la réalité de l'exposition à la nourriture industrielle. Ça, c'est la réalité de la saturation en produits chimiques de nos sols.
Ça, c'est aussi la réalité de l'extinction des espèces vivantes et de la biodiversité qui nous entourent et dont vous savez que nous constatons presque chaque mois les signales armants dans tous les domaines. Hier encore sortaient des chiffres effrayants sur la disparition de 40% des espèces d'insectes. La nourriture industrielle, j'en constate partout les dégâts. Vous savez que la Grande-Bretagne et les États-Unis sont en cela complètement différents de la France.
En France, les Français consomment moins de 15% de leur nourriture qui est industrielle, c'est-à-dire une nourriture qui n'a plus rien à voir avec les fruits, les légumes, les produits d'indature, une nourriture qui a été complètement transformée par l'industrie. On y rajoute des graisses, on y rajoute des sucres, on y rajoute des tas de systèmes et puis par ailleurs, on les vide de vitamines et de protéines. Bref, les conséquences, vous les voyez dans deux pays, Grande-Bretagne et États-Unis, où plus de 50% de la nourriture est industrielle. C'est l'obésité, c'est les maladies cardiovasculaires, ce sont les maladies dégénératives, c'est la stérilité.
Et pour finir, pour la première fois depuis deux siècles dans les pays développés, c'est une réduction de l'espérance de vie qui, aux États-Unis et dans les couches populaires, est de plus de trois ans au cours des dix dernières années. Ça, c'est le résultat d'une nourriture industrielle. Ça, c'est le résultat de l'empoisonnement des eaux, des terres et de l'air. Et ça, c'est ce que nous ne voulons pas pour la France et pour l'Europe. Et les solutions, nous les connaissons. Les solutions, c'est naturellement, et je l'ai évoqué, remplacer les traités et les accords globaux de libre-échange par des traités commerciaux qui respectent nos préférences collectives. Non, M.
Trump, les Français n'ont pas envie de manger la nourriture industrielle que vous imposez aux populations américaines et qui, d'ailleurs, provoque le désespoir et la mort précoce de millions d'Américains pauvres. Nous n'en voulons pas en Europe et nous n'en voulons pas en France. Nous remplacerons les traités de libre-échange par des traités commerciaux. Combattre la nourriture industrielle qui nous est imposée par des traités, c'est un grand bonheur parce que les Japonais partagent ça avec nous.
Dans le récent traité de libre-échange avec le Japon, on a pu sauver, je crois, 300 appellations d'origine parce que les Japonais sont comme nous, eux aussi veulent préserver leur territoire et veulent garder leurs appellations d'origine. Le second principe, c'est que dans tous les domaines, les appellations d'origine, l'étiquetage et la traçabilité aient la priorité sur les marques commerciales. Nous voulons savoir d'où vient la nourriture que nous mangeons et pour le dire très clairement, il n'y a pas de souveraineté politique sans autonomie alimentaire. C'est Henry Kissinger qui a eu la France définitive à ce sujet. On tient les nations par l'énergie, le gaz et le pétrole.
On tient les peuples par la faim. Nous ne voulons pas être dépendants d'importations alimentaires. La France est un grand pays agricole. Que la France produise d'abord ce qu'il lui faut pour nourrir sa population. Le troisième enjeu, il est naturellement social. Nous sommes en train de voir se dessiner tout doucement un modèle d'agriculture qu'on nous dit entrepreneurial que je résumerai en trois mots. C'est d'ailleurs le modèle que veut implanter la nouvelle PAC puisque la PAC qui se discute aujourd'hui à Bruxelles si certains sont agriculteurs dans la salle.
C'est une PAC dans laquelle un certain nombre des subventions agricoles seront consacrées à l'installation de migrants dans les campagnes. Avec une idée extrêmement simple, c'est que ce sera de la main-d'oeuvre salariée à pas cher qui permettra d'abord d'abaisser les prix mais qui permettra surtout de substituer un modèle de grandes fermes industrielles aux fermes familiales qui sont quelque part notre patrimoine national. Ça, c'est ce qui se joue dans la discussion de la PAC et ça, c'est ce qui est sur la feuille de route européenne.
Remplacer les exploitations familiales, remplacer, on appelle ça libérer le foncier, remplacer la propriété familiale et la transmission familiale des terres par un modèle qu'on dit entrepreneurial. La terre, c'est sur un marché mondial, elle deviendra la propriété de fonds d'investissement et de banques. L'exploitation sera assurée par des entreprises détenues des Etats-Unis, de Chine ou du Brésil avec des managers et un personnel salarié.
Et évidemment que celles et ceux qui habitaient ce qu'on appelle encore le rural ou celles et ceux qui croyaient naïvement qu'ils pouvaient continuer à vivre sur la terre de leurs parents et de leurs grands-parents, ils n'ont qu'à aller travailler en ville et ils n'ont qu'à aller vivre dans ces métropoles dont on nous dit qu'elles concentreront 80% de la population française dans les années à venir. Nous refusons ce désert qu'on est en train de faire de la France et des zones rurales en Europe.
Nous refusons d'en finir et de voir la fin de ce modèle familial qui a assuré la splendeur de nos paysages, qui a assuré la densité de la population de nos villages et cette merveille qu'était le territoire français dans sa diversité et dans sa richesse. Reprenons le contrôle sur notre alimentation, exigeons de savoir d'où ça vient. Nous avons tous les moyens de traçabilité de l'animal et du champ ou du verger à notre assiette.
Exigeons-les, exigeons les étiquetages d'origine et surtout et par-dessus tout choisissons local, consommons ce qui est de notre région, c'est là que les saveurs et les goûts seront le mieux partagés et ça, c'est au cœur de la France et c'est au cœur de l'Europe que nous aimons. On tient les peuples par la faim, on tient les nations par l'énergie. La révolution énergétique est devant nous sans doute, mais quelle révolution, pour quels besoins et avec quelle énergie ? Je ne dirais pas par quatre chemins.
Nous sommes sur l'un des sujets où les grands intérêts industriels sont les plus manipulateurs et nous sommes sur l'un des sujets où les nouvelles qui défraient la chronique doivent toujours être prises avec beaucoup d'attention parce que c'est un des lieux où la guerre de l'information fait rage. Et quand vous avez des chiffres qui circulent, par exemple, sur les pollutions par le diesel, ça peut être tout simplement que les grands pétroliers souhaitent moins vendre de diesel et davantage vendre d'essence. C'est un des domaines où la guerre de l'information fait rage.
Et vous savez qu'elle fait rage autour du sujet des pipelines ou des gazoducs Nord Stream et South Stream qui doivent approvisionner l'Europe de l'Est de Russie avec une pression américaine incroyable pour que nous ouvrions nos ports aux gaz liquéfiés américains. Il est plus cher mais il représente évidemment des sources de revenus majeures pour une industrie énergétique américaine qui devient exportatrice nette. C'est un des lieux où se passent des révolutions géopolitiques. Je n'en dirai pas plus, ça n'est pas mon sujet, mais nous en France, nous devons mesurer les extraordinaires privilèges que nous avons.
Le pari génial du général de Gaulle sur le nucléaire fait qu'en France, nous avons, et c'est l'un des seuls atouts industrielles, structurelles que nous avons sur l'Allemagne, nous avons un très bas coût d'une électricité constante et d'une électricité, je dirais, de qualité. Le problème de l'éolien comme le problème du solaire, vous le savez bien, c'est que ce ne sont pas des énergies constantes. Ce sont des énergies fluctuantes selon le degré d'ensoleillement et selon la vitesse du vent. Nous avons la chance avec l'équipement nucléaire d'être dotés d'un avantage concurrentiel très important.
De grâce, ne perdons pas nos compétences et nous sommes en train de les perdre dans la construction des centrales et peut-être dans l'entretien des centrales. De grâce, n'oublions pas qu'on ne fait pas du nucléaire militaire qui est une des clés de la puissance et de la reconnaissance internationale de la France et qui nous avalue notre place au Conseil de sécurité. Sachons bien qu'on ne fait pas du nucléaire militaire crédible si on ne fait pas du nucléaire civil également crédible. Le pari du nucléaire est un pari qui a donné son indépendance à la France et sa reconnaissance internationale de grâce.
Que notre État sache faire les arbitrages budgétaires qui sécuriseront nos centrales, qui rénoveront nos centrales et qui nous permettront d'aller vers un nouvel âge du nucléaire qui, de toute manière, est l'une des solutions majeures d'énergie décarbonée dans le monde. Le second point, c'est naturellement les énergies renouvelables. Sur les énergies renouvelables, il faudra faire très attention. Nous serons très vigilants sur le contenu de la loi énergie. Ce qui se dit et ce qui se trame, c'est un nouvel abandon à race campagne devant les demandes des multinationales et des industriels pour qu'on renonce au principe du facteur 4.
Le facteur 4, c'était la division par 4 des émissions carbone pour la remplacer parce que ça, c'est contraignant, ça, c'est opposable et ça se calcule avec précision. On voudrait, il semble qu'on veuille, que le gouvernement français veuille remplacer le facteur 4 par un principe de compensation carbone. Alors la compensation carbone, c'est merveilleux. Une entreprise pollue et dégage autant de carbone qu'elle veut. À partir du moment où elle dit oui, mais je m'engage à planter 5000 hectares de forêt, c'est de la compensation carbone et donc elle est libre de dégager le carbone qu'elle veut. Sauf qu'on sait que le principe de compensation ne marche pas.
Ce sont quelque part des promesses qui n'engagent que ceux qui les croient et les exemples de compensation carbone dans le monde sont juste catastrophiques. Il faut être aussi amoureux de la vie et aussi connaisseur de l'écologie que j'en tirole pour dire la compensation, ça marche très bien. Quand on coupe 5000 hectares en Amazonie, c'est pas grave. Il suffit de replanter du pain des Landes au bord de l'océan Atlantique et ça remplace. Jamais un pain des Landes ne remplacera la grande forêt amazonienne. L'idée que dans le monde entier, les espèces sont substituables.
L'idée qu'on puisse se remplacer de la forêt amazonienne par les chaînes de la forêt de troncets, ça ne marche pas parce que ce sont des écosystèmes. C'est de la richesse qui ne se réduit pas à des relations de marché. La nature, ça n'est pas un marché. Et quand on veut la réduire à un marché par des mécanismes de compensation qui ne sont ni obligatoires ni précis, on ouvre simplement la porte à la liberté pour les industriels de faire ce qu'ils veulent comme ils le veulent. Il semble que ce soit la direction suivie par le gouvernement français.
Il faudra être extrêmement vigilant parce que facteur 4, depuis le Grenelle de l'environnement, c'est engageant, c'est impliquant et on enverra les résultats sur le dérèglement climatique. Donc en manière d'énergie renouvelable, évidemment que le solaire et beaucoup de régions en France offrent des conditions extrêmement favorables à l'exploitation solaire. Le solaire est le bienvenu. évidemment que l'hydrolien dont je m'étonne d'ailleurs qu'on ne développe pas davantage l'hydrolien en mer avec les immenses ressources françaises ne soit pas plus l'objet d'investissements. Naval Group, l'ex-DCNS, avait commencé dans ce domaine.
Nous avons probablement un potentiel considérable, d'autant plus que je vous le rappelle, la France est depuis peu à la suite de l'application des conventions de Montégabé étendant le domaine maritime français à l'ensemble du plateau continental. Nous avons le premier domaine maritime au monde. Nous avons donc des ressources en termes d'exploitation des courants marins absolument considérables qui pourraient d'ailleurs servir au développement d'autres régions du monde puisque vous savez que la France est l'un des seuls pays à être présent sur tous les océans et toutes les mers du monde. Hydrolienne, énergie solaire et naturellement la question de l'éolien.
Je voyais des chiffres absolument effrayants si le plan actuel du gouvernement de développement de l'éolien de manière totalement dérégulée se poursuit, plus du tiers du territoire français sera en vue direct d'un parc éolien. Vous voyez ce que ça veut dire ? Ce que ça veut dire pour les valeurs de vos maisons ou de vos immeubles puisqu'on sait bien que la valeur d'une maison ou d'un immeuble en vue d'un parc éolien est réduite de plusieurs dizaines de pourcents et si c'est juste en dessous d'un parc éolien c'est pratiquement invendable. On pense que les effets sur la santé humaine sont réels.
Des études sont en cours dans ce domaine ça n'est certainement pas innocent pour la santé humaine que d'être exposé aux vibrations continues et aux ondes qui sortent de ces éoliennes dont vous savez que les pales tournent à la vitesse d'un TGV. Les pales d'une grande éolienne ça atteint presque 300 à l'heure quand le vent souffle. Il est certain que ça a des conséquences sur la santé humaine et sur la vie.
Et puis le point le plus important puisque j'ai beaucoup parlé de l'amour que nous portons à nos territoires à nos paysages et à cette merveilleuse richesse des paysages français savez-vous qu'on a imaginé de planter des parcs éoliens au pied du Mont-Saint-Michel savez-vous qu'il y a eu un grand projet d'implantation d'éoliens au pied de la basilique de Vézelay savez-vous qu'il a fallu l'action résolue du maire de Béziers pour qu'un parc éolien ne soit pas construit au pied même de la cathédrale de Béziers et aux abords du canal du Midi merveille de l'humanité patrimoine mondial de l'humanité etc.
Je crois que c'est plus dix sites en France qui sont classés patrimoine de l'humanité qui sont menacés d'être déclassés parce qu'on veut y implanter des éoliennes et je le dirais aussi simplement que j'ai parlé de l'extinction de la diversité humaine l'extinction des cultures le sentiment il se trouve que j'ai des amis on a construit des éoliennes à 100 mètres de leur maison ils le ressentent comme un véritable viol de leur intimité parce qu'en permanence on entend et on sent les vibrations des éoliennes et eux disent clairement on va partir parce qu'on est expulsé de chez nous et s'il y a quelque chose que j'aimerais bien que vous reteniez je vais faire un peu d'histoire une des périodes les plus importantes dans l'Europe ça a été the Bill of Rights anglais on parle beaucoup de la déclaration des droits de l'homme nos amis anglais dès le 14e siècle 15e siècle mais les Bill of Rights étaient assortis d'autre chose the chapter of the forest the chapter of the forest c'était le droit pour tout citoyen britannique d'aller ramasser du bois dans les forêts d'aller glaner dans les champs d'aller faire pètre ces animaux dans les friches après la moisson ou dans les fossés ou au bord des routes c'était le fait que les richesses de la nature de leur territoire appartenaient de manière indissociable à tous les britanniques ce chapter of the forest ça pourrait inspirer aujourd'hui une grande politique écologique de nos biens communs et vous savez qu'il y a été mis fin de la manière la plus brutale qui soit à partir du 17e siècle quand les lords quand les grands propriétaires fonciers la terre était ouverte les campagnes étaient ouvertes et les pauvres pouvaient emmener deux chèvres et trois moutons ils trouvaient de quoi manger à partir du moment où les riches propriétaires fonciers se sont rendus compte que le meilleur rendement de leur terre ça serait d'y élever par millions des moutons pour ensuite exploiter la laine dans les filatures ils ont enclos leur territoire c'est ce qu'on appelle les enclosures et les enclosures vous savez ce que ça a fait ça a déplacé des millions de femmes et d'hommes qui pour survivre sont allés travailler dans les filatures et le mouvement des enclosures ça a été l'expulsion de 10 millions de britanniques qui sont allés s'entasser dans les filatures de manchester ou dans les chantiers de glasgow et qui ont été la main d'oeuvre gratuite quasiment en esclavage dans des conditions affreuses il faut savoir que dans les filatures de manchester l'espérance de vie les enfants travaillaient des 6 ou 8 ans et l'espérance de vie était inférieure à 35 ans au début du 19ème siècle ça ça a été l'effet du mouvement des enclosures de la grande expulsion de la petite paysannerie britannique de ces terres et bien mesdames et messieurs nous sommes quelque part en train de vivre une nouvelle expulsion entre ces implantations de parcs d'éoliennes entre le brevetage du vivant qui fait que tôt ou tard y compris des femmes et des hommes pour se reproduire iront acheter les caractères génétiques de l'enfant à naître à la grande industrie nous sommes en train de vivre un nouvel âge de la grande expulsion de la vie celles et ceux ici qui ont des jardins ou qui sont proches du monde agricole savent très bien ce que je veux dire c'est l'incapacité croissante d'échanger des semences de vendre des semences ou de trouver les semences d'espèces locales que l'intérêt de la grande industrie veut faire disparaître c'est l'incapacité d'éleveurs animaux comme d'agriculteurs en céréales en fruits et légumes de faire renaître des variétés locales et si certaines et certains s'intéressent à ce sujet il y avait des dizaines de milliers d'hectares en Europe dans les années 50 plantés en lupin le lupin c'est excellent pour l'alimentation animale simplement on a eu l'ordre d'implanter du soja des Etats-Unis et on a détruit sciemment toute la culture du lapin en Europe à cause de subventions il n'en reste plus que dans certains pays de l'Est et en Russie ça c'est la dictature que nous subissons au nom du libre-échange en fait au nom d'un intérêt des hyperpuissances qui veulent nous imposer l'importation en masse de leur surplus et c'est quelque part une expulsion de la vie là connaissent bien également ces éleveurs qui essayent de maintenir des variétés locales et qui se voient entendre ah non pour l'amélioration de la race ça ne fait plus partie du catalogue des espèces qui se reproduisent nous sommes en train de vivre un nouvel âge de l'expulsion de la vie et je vous le dis comme je le crois la reproduction humaine elle-même est en train d'entrer dans l'âge de l'industrie l'exploitation du corps humain est entrée dans l'âge de l'industrie et quelque part nous sommes expulsés de nos terres nous sommes expulsés de nos territoires et nous nous trouvons menacés d'être expulsés de notre maîtrise de la vie c'est l'un des grands combats politiques à mener pour l'Europe que nous aimons pour la France que nous aimons et tout simplement pour qu'il reste quelque chose de la vie à laquelle nous sommes attachés que nous voulons transmettre et que nous voulons préserver troisième élément de cette réflexion sur l'énergie l'alimentation naturellement les territoires les territoires c'est quoi c'est d'abord la source de la diversité humaine un territoire c'est pas un espace un territoire c'est pas géographique un territoire c'est là où des hommes et des femmes sont implantés qu'ils cherchent à développer qu'ils cherchent à transmettre plus beau plus riche plus fécond à leurs enfants et leurs petits-enfants ça c'est l'inverse du centre-frontiarisme ça c'est l'inverse de cette destruction des territoires à laquelle nous assistons depuis qu'une vingtaine d'années environ les politiques françaises qui datent des rois de France d'aménagement du territoire ça commence avec la poste c'est ensuite la fin des bandes et du brigandage etc.
la fin du pillage des territoires ça vient s'arrêter quelque part dans les années 90 et nous sommes depuis dans un désaménagement du territoire nous sommes dans l'abandon d'une partie de nos territoires aux zones de non-droit au pillage organisé au trafic de toutes sortes quelle plus belle illustration que cette Seine-Saint-Denis dont on nous dit on ne sait pas exactement combien de gens y habitent parce que probablement que le quart de celles et de ceux qui résident en Seine-Saint-Denis sont en situation illégale ça c'est le propre d'un état qui ne contrôle plus son territoire il faut le dire très simplement à tous les problèmes écologiques oui ce sont des problèmes globaux oui le dérèglement climatique est un problème global oui l'empoisonnement des sols etc.
c'est assez largement un problème global mais seuls pourront y répondre des états en pleine possession de leur territoire et nous devons tous reconnaître que sur le plan de la délinquance sur le plan des mouvements de population sur le plan de la criminalité organisée sur le plan aussi du capitalisme criminel qui se permet de faire à peu près n'importe quoi dans nombre de lieux du monde nos états ont baissé les bras et nos états ne sont plus en pleine possession de leur territoire pensez à ces 200 et quelques zones de non-droit dont même le ministère de l'Intérieur reconnaît l'existence reprendre en main nos territoires c'est que les hommes et les femmes qui y vivent de nouveau décident de ce qui les concerne et à ce titre comment ne pas être extrêmement inquiet devant les décisions prises par l'actuel gouvernement il a divisé par deux les moyens de la DGCCRF la direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes il est en train de supprimer les enquêtes d'utilité publique ces enquêtes d'utilité publique c'est quand même la capacité pour chacune et chacun d'entre vous sur ce qui les concerne sur leur territoire sur leurs conditions de vie de dire oui on accepte bien tel projet notamment parce qu'il aura des retombées positives nous refusons tel projet parce qu'il a trop de conséquences sur notre niveau de vie sur nos conditions de vie vous savez que pour faciliter le quasi doublement du parc éolien le gouvernement actuel qui constate que toutes les enquêtes publiques où pratiquement aboutissent à des effets défavorables malgré la corruption endémique d'un certain nombre d'élus qui acceptent les parcs éoliens pour mettre fin à ce refus des citoyens des citoyennes de se prononcer c'est très simple on casse le thermomètre on supprime les enquêtes d'utilité publique et donc le préfet pourra inciter fortement les élus à accueillir favorablement des parcs éoliens sans consulter rien ni personne avec les conséquences que j'ai voulu sur les prix du foncier les prix de l'immobilier etc.
ça nous semble intolérable rendre quelque part aux gens qui vivent sur le territoire les clés du destin de ce territoire c'est une partie essentielle du projet démocratique et du retour aux libertés publiques que nous voulons assurer en France et en Europe puis peut-être le dernier point sur les territoires j'ai évoqué la beauté du paysage fruit d'un travail de siècles et de millénaires d'une occupation humaine continue et j'ai évoqué le fait que le territoire c'est le rapport entre des hommes une nature une biodiversité un climat et c'est ce rapport merveilleux des hommes avec la nature dans le temps qui est organisé par leur culture c'est ce que détruit le sans-frontierisme le modèle sans-frontière le modèle de gens qui n'ont ni enfant ni avenir ni projet de long terme c'est simplement le système du nomade qui est celui de la terre brûlée nous nous installons quelque part nous allons tirer toutes les ressources du lieu des infrastructures où nous sommes sans y contribuer en rien quand elles seront détruites nous irons piller un peu plus loin parce qu'il suffit de partir et d'aller s'installer plus loin ça c'est le modèle que l'Union Européenne ça c'est le modèle que le gouvernement français installe je vous donnerai un simple exemple au plus chaud des combats de nombreuses villes européennes aujourd'hui qui croient vraiment que Uber et Airbnb financent les infrastructures qu'ils viennent exploiter parce que Airbnb c'est quoi sinon l'exploitation des infrastructures des monuments de la culture aussi des infrastructures routières des aéroports etc.
sans pratiquement y contribuer en rien puisque peu ou pas d'impôts est payé sur le lieu exploité ça c'est le système du pillage nomade ça c'est le système du pillage de ces sociétés installatrices d'éoliennes presque toutes domiciliées dans des paradis fiscaux et qui ne rendent pas à la France les impôts qui seraient dus à l'occupation de son espace c'est simplement intolérable et reprendre en main les territoires c'est s'assurer que celles et ceux qui utilisent les infrastructures de ces territoires la culture la population de ces territoires quelque part contribuent à leur entretien et contribuent à leur progrès réforme fiscale réforme d'organisation territoriale et surtout pour les entreprises qu'elles soient jugées et qu'il leur soit demandé beaucoup en termes de responsabilité nationale et de responsabilité territoriale c'est bien joli de dire qu'une entreprise est responsable devant la planète c'est probablement beaucoup plus opérationnel de la rendre directement responsable de ce qui se passe chez elle sur les territoires où elle est implantée pour les populations auprès desquelles elle vend elle produit elle recherche elle investit il faut renouer les liens entre les entreprises et leur territoire et nous aurons à coeur de développer un grand projet d'association de tous les français aux entreprises et notamment aux entreprises qui utilisent l'espace public et qui utilisent ce qu'on appelle les monopoles naturels je vais vous en donner un exemple très simple quelle absurdité s'il s'agissait d'ouvrir le capital de la poste au grand capital international évidemment que la poste c'est à tous les français à toutes les françaises s'ils le souhaitent d'en devenir associés évidemment que s'il s'agissait d'ouvrir le capital de la SNCF monopole naturel s'il en est c'est à toutes les françaises c'est à tous les françaises qu'il faut proposer de devenir associés ça c'est une véritable écologie humaine ça c'est la reprise par celles et ceux qui vivent sur un territoire des moyens de vivre sur ce territoire nous ne sommes pas dans une écologie romantique nous ne sommes pas dans une écologie du rêve nous sommes dans l'écologie la plus réaliste qui soit qui veut que dorénavant les entreprises soient liées au territoire sur lequel elles opèrent et responsables de l'avenir de ce territoire qui veut que quelque part nos structures économiques soient déterminées par les choix politiques et par les choix sociaux des citoyens et quelque part qu'on fasse rentrer l'entreprise dans la nation et encore plus que l'on permette à tous et à toutes ceux qui le veulent d'être directement les associés responsables des entreprises qui utilisent les biens publics et qui utilisent les monopoles et qui exploitent les monopoles naturels en France ça c'est la voie la véritable voie de la revitalisation des territoires j'ajouterai un dernier sujet c'est évidemment que la commande publique soit territorialisée il suffit à cet égard de s'inspirer de deux lois qui existaient aux Etats-Unis pour une fois je vais les prendre en modèle vous aviez simplement le Small Business Act c'était le fait que dans la commande publique dans toute commande publique une part devait être réservée aux petites et aux moyennes entreprises du territoire où cette commande publique allait s'exercer et puis vous aviez un acte essentiel le Community Reinvestment Act une banque quand elle collecte des capitaux sur un territoire et bien une partie de ces capitaux doit être réinvesti sur le même territoire j'aimerais bien qu'on m'explique sans doute des banquiers ou des gens plus compétents que moi dans la salle mais j'aimerais quand même qu'on m'explique par quel miracle vous avez des banques françaises des banques coopératives en principe attachées à leur territoire qui collectent de l'argent dans la Drôme en Lausère en Aveyron et qui sont allés perdre cet argent sur les subprimes américains je voudrais qu'on m'explique en quoi elles remplissent leur rôle de développement du territoire il faut retrouver le véritable esprit de la mutualité et de la coopération il faut retrouver l'état d'esprit cher à Pierre Bérégovoy à l'association des françaises et des français à l'économie de leur pays et dans ce cadre là oui la préférence nationale à un sens oui la responsabilité nationale de l'entreprise à un sens et c'est probablement la voie d'un modèle économique pour l'avenir dernier point je vais un peu dépasser les frontières malgré ce que j'ai dit alimentation énergie territoire nous sortons d'une visite très riche très intéressante au salon bipositif et j'ai pu constater la fusion intime maintenant et dissociable entre le numérique l'énergie le bâtiment et en gros le progrès écologique ou la future société écologique je ne saurais donc terminer sur cette partie sans dire un mot du numérique le numérique aujourd'hui c'est quoi il faut le dire clairement c'est un des plus grands échecs de l'union européenne celles et ceux qui auraient la patience de relire le projet le traité de Lisbonne le projet de constitution européenne c'était les déclarations romantiques qui n'engagent personne l'Europe ce sera la société de la connaissance la plus performante du monde et l'Europe ça devait être la société qui allait reprendre la main sur internet sur les données sur le savoir humain je vous le dis l'économie de la connaissance la plus performante au monde on voit quoi aujourd'hui l'union européenne la France est totalement dans les mains des GAFA et sera peut-être demain totalement dans la main des géants chinois ça veut dire quoi ça veut dire que nous avons manqué un combat de civilisation parce que c'est aussi clair que ça c'est un combat de mondialisation je ne m'étendrai pas là-dessus on l'a manqué tout simplement en renonçant à la puissance militaire si vous regardez l'origine du numérique et la puissance américaine dans le numérique il sort entièrement de la commande militaire il faut toujours savoir que l'armée américaine est la première source de profit d'Amazon les plus grosses commandes d'Amazon ils sont directement pour le ministère de la défense américain ARPANET c'était un système de communication militaire je m'arrête là en sous-traitant sa défense aux Etats-Unis l'Europe a abandonné toute idée d'indépendance et de puissance mais l'Europe a surtout abandonné une voie motrice pour l'innovation nous devons retrouver cette voie motrice pour l'innovation et nous devons la retrouver sur deux plans et ce sera également au coeur d'un programme ambitieux pour l'Europe quelque part un programme de renaissance des nations de renaissance de la souveraineté des nations et de renaissance de l'entité Europe comme quelque chose qui compte qui est respecté et qui assure la sécurité de tous les européens partout dans le monde la première voie c'est de reprendre le pouvoir sur nous qui nous a été enlevé vous savez que le pillage de vos données privées de vos photos de vacances de vos souvenirs familiaux de vos mails etc c'est évalué à des dizaines de milliards de dollars par an au bénéfice seulement des GAFA rappelez-vous tous quand même de cette phrase très simple quand c'est gratuit c'est juste que c'est vous qui êtes le produit c'est une phrase qui s'applique dans tous les domaines dans le numérique et donc il est absolument urgent que nous travaillions à mettre en forme des coffres forts numériques européens pour que vos données vos données privées vos souvenirs vos photos de vacances ça reste en France ça reste en Europe et que ça soit sécurisé et que ça n'aille pas nourrir le grand marché mondial des données et des informations il est absolument vital que les serveurs du numérique soient localisés en France ou en Europe prenons à cet égard l'exemple de la Chine ou de la Russie qui s'est très bien exigé que les données restent dans le pays soient traitées dans le pays et ne soient pas vendues sur le marché mondial de la donnée qui est évidemment le marché de toutes les surveillances et de tous les espionnages possibles si je suis un tout petit peu plus technique exigeons naturellement que tout ce qui est fait par Amazon par Google par les moteurs de recherche soit en open source pour qu'on puisse savoir ce qui se passe et que les algorithmes soient lisibles de l'extérieur mais exigeons encore plus que par défaut dans toutes nos administrations dans toutes nos collectivités territoriales les moteurs de recherche par défaut soient français c'est pour moi un scandale que quand nos services de renseignement cherchent d'un système informatique pertinent et vont s'adresser à une filiale connue de la CIA c'est pour moi un véritable scandale que dans toutes nos collectivités territoriales dans tous nos ministères le moteur de recherche par défaut c'est Google etc nous avons des acteurs français très performants de grâce que partout et je vous le dis sur nos téléphones portables dans nos micro-ordinateurs que partout nos premiers moteurs de recherche ceux qu'on utilise par défaut c'est à dire quand on ne les choisit pas ce soit des moteurs français ou ce soit des moteurs européens le sujet du numérique est vital il est d'ailleurs aussi vital sur le plan de l'énergie puisque vous savez que le numérique est en train de consommer autant d'énergie dans le monde que le cinquième ou sixième pays et que le numérique deviendra peut-être le premier consommateur d'énergie le bitcoin c'est absolument effrayant en termes de consommation d'énergie et nous avons là un immense problème que personne ne peut voir le numérique devient une des forces les plus polluantes dans le monde mais le vrai champ de l'avenir n'est peut-être plus là nous pouvons essayer de contrôler nous pouvons essayer de maîtriser nous ne reprendrons plus la main que nous n'avons pas su prendre sur le numérique mondial le véritable changement le véritable enjeu il se passe sur les sciences du vivant il se passe sur la brevetabilité du vivant il se passe sur le dépôt de brevets sur toutes les espèces animales végétales et sur les caractères génétiques humains et à cet égard des initiatives européennes et des initiatives françaises sont absolument essentielles nous sommes là au coeur de l'écologie humaine parce que nous sommes là au coeur de ce qui va assurer nos libertés notre liberté de choix de nos destins et notre liberté de continuer à vivre en relation avec la nature telle que nous avons su le faire et telle que nous aimons le faire et dans ce domaine le fait de rendre inaliénable la propriété des caractères vivants des espèces endémiques de la France le fait d'empêcher que des caractères génétiques de la population française soient vendues sur les marchés le fait d'acquérir ce qui est peut-être l'or du futur le fait d'acquérir pour la communauté nationale dans un fonds souverain ou peut-être dans le cadre de l'Alliance européenne des nations d'acquérir la propriété des espèces vivantes sur les mers dans les fleuves les lacs et les étangs dans les terres dans les forêts dans les montagnes d'Europe et de les préserver pour les générations à venir c'est probablement l'une des nouvelles frontières du combat écologique et c'est une des frontières sur lesquelles nous devons nous battre parce que ce combat-là c'est le combat pour la vie c'est le combat pour la propriété du vivant et c'est peut-être un des combats vitaux pour les années à venir contre le totalitarisme du transhumanisme qui nous menace vous m'avez entendu je vous ai parlé d'écologie humaine c'est la seule écologie qui compte je vous ai dit que la culture la merveilleuse diversité des cultures humaines c'était la médiation entre la nature et l'homme c'est ce qui fait que dans des biotopes ce qui fait que dans des environnements des climats des géographies extraordinairement différentes les hommes et les femmes ont su s'installer ont su vivre construire leurs maisons cultiver, récolter et se développer ça il faut le préserver ça c'est quelque chose par notre bien commun et je me permets de le répéter devant vous nous ne survivrons que parce que nous ne sommes pas les mêmes nous ne désirons pas les mêmes choses et nous ne partageons pas les mêmes visions de l'avenir si tous les hommes et toutes les femmes de la planète n'ont plus que le même désir que le marché leur inflige alors c'en est peut-être fini de l'espérance humaine et de l'expérience humaine dans les 30 ou dans les 50 prochaines années ça c'est quelque chose que je voulais partager avec vous parce que c'est le coeur même d'un projet politique d'un projet de civilisation pour l'Europe et pour la France et ce projet de civilisation et pour finir je vais le résumer en très peu de points ce que nous croyons ce qui nous réunit ce qui fait pour ma part que j'ai l'honneur derrière Jordan Bardella avec Marine Le Pen d'avoir rejoint la liste d'ouverture présentée par le Rassemblement National pour les élections européennes c'est tout simplement que nous partageons je crois très profondément cette idée essentielle et je dirais presque vitale les hommes ne sont pas une marchandise comme les autres la terre l'air l'eau ne sont pas une marchandise comme les autres la vie n'est pas une marchandise comme les autres et quelque part le marché s'arrête quand la vie commence le marché s'arrête quand ce que nous aimons quand ce que nous voulons transmettre et qu'entre ce qui fait notre plaisir notre bonheur et notre joie de vivre est en cause nous n'acceptons pas que le monde se réduise à un grand marché nous n'acceptons pas que la France et l'Europe ça se réduise à un marché où tout se vend les hommes comme la vie la biodiversité comme le climat cela nous ne l'acceptons pas et ce refuit est à l'origine d'un projet de civilisation ce qui nous rassemble c'est aussi ce que j'ai appelé le monde politique j'ai cette perception très nette pendant 20 ou 30 ans le politique s'est effacé derrière l'économie l'apesanteur politique de l'Europe et son vide stratégique c'est d'avoir tout confié au marché roi tout confié au multinational et tout abandonné aux intérêts financiers à court terme oui nous avons besoin de la finance la plus performante oui nous avons besoin des banques les plus performantes pour reprendre notre destin en main et pour réaliser notre projet politique notre projet politique c'est celui de la souveraineté des nations c'est celui d'une Europe faite de l'alliance des nations reconnaissant leur diversité mais leur assurant la sécurité leur permettant de projeter leur puissance partout dans le monde et ce projet là il est à l'inverse du sans-frontierisme mais il est surtout à l'inverse de la religion de l'économie qui nous domine depuis tant d'années la nouvelle laïcité à conquérir les nouvelles lumières que nous devons gagner pour l'Europe et pour la France c'est de nous libérer des faux dogmes de l'économie c'est de nous libérer de ces assurances d'économistes qui ne font que servir les banques et les fonds d'investissement qui les perdent nous devons nous délivrer de la fausse religion de l'économie comme nous avons su délivrer le politique et la société des croyances venues des dieux venues des rois ou des mythologies d'autrefois et ça c'est l'âge des lumières nous devons nous libérer pour devenir adultes et être adultes c'est se libérer des dogmes et des fausses croyances diffusées partout par l'économie et ça c'est aussi un projet de civilisation et le dernier point de ce projet de civilisation je vous l'ai dit la science de l'avenir c'est l'écologie c'est la science des systèmes complexes c'est une science qui dit que naturellement jamais les mathématiques jamais les statistiques jamais les sciences exactes ne diront ce qui fait la valeur le goût et la saveur d'une vie et parce que nous aimons la France parce que nous aimons nos territoires parce que nous aimons l'Europe et que nous aimons sa diversité nous n'en avons pas fini avec la terre qui est sous nos pieds nous sommes des hommes et des femmes de cette terre nous sommes des hommes et des femmes de ces territoires des nôtres et c'est parce que nous pouvons dire nous en confiance en sécurité en voulant nous projeter ensemble dans l'avenir que nous sommes capables d'agir politiquement et que nous serons capables d'imposer notre volonté politique aux entreprises à l'économie d'imposer nos choix de société et nos choix de progrès partagés pour tous au monde de demain ça c'est effectivement un projet de société c'est un projet politique qui devient rapidement un projet de civilisation c'est un projet de respect des territoires et de respect de la vie sous toutes ses formes c'est un projet qui considère que la source de la créativité et l'innovation européenne c'est la diversité et la liberté des peuples qui la composent à la fois pour coopérer et pour s'affronter ce sont aussi les affrontements européens qui ont fait la formidable vitalité du territoire de l'Europe et qui lui ont permis de se projeter partout dans le monde et qui lui ont permis d'inventer la modernité et pour terminer ce que je souhaiterais c'est que face aux enjeux écologiques qui nous attendent face à de véritables enjeux de survie de l'humanité nous retrouvions la fierté d'être français et la fierté d'être européen de la même manière que c'est l'Europe et la France qui ont inventé la modernité quelque part au 18ème siècle entre les lumières et les révolutions et l'âge des nations quelque part que ce soit la France et que ce soit l'Europe qui ouvre la voie de la société écologique qui sera la société de la survie de l'humanité et qui sera la société du progrès pour tous dans la diversité des cultures dans la diversité des peuples et de leurs désirs c'est un projet de civilisation c'est un projet qui devrait sur la base de notre fierté collective redonner à la France l'ambition planétaire qui a été la sienne redonner à la France sa place dans le monde c'est tout le projet que je souhaite que nous souhaitons conduire pour l'alliance européenne des nations parce que quelque part il y va de notre avenir à tous quelque part il y va de la responsabilité de transmettre plus beau plus riche plus divers et plus vivant la terre que nous aimons et cette France que nous aimons pour que vive l'Europe et pour que vive la France Sous-titrage Société Radio-Canada
Hervé Juvin