Pascal Coste : « L’agriculture a besoin qu’on lui foute la paix »
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Pascal Cotts, vous êtes tout nouveau sénateur LR de Corrèze.
- 0:35OuverteRéponse directe
D'abord, un petit mot personnel, Pascal Cotts, sur votre récit, votre expérience que vous vivez.
- 1:17OuverteRéponse directe
Comment, juste dans votre exploitation, vous, vous vivez au quotidien ces aléas ?
- 2:34RelanceRéponse partielle
l'impression que les ministres de l'Agriculture successifs, ils ne connaissent pas ces métiers
- 3:29FerméeRéponse directe
À la fois le RN et les écologistes, c'est ça ?
- 4:43OuverteRéponse directe
Les agriculteurs vont-ils rejoindre les mouvements de contestation, les mouvements lycéens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« l'agriculture est une des premières victimes du réchauffement climatique. »
- 1:43Invité politiqueChiffre
« entre 1988 et 2018, sur 30 ans, aujourd'hui, on a 40% de pousses d'herbe de moins que sur ces 30 années-là. »
- 1:56Invité politiqueFait
« On voit une production de maïs, de céréales qui est en très, très forte baisse. »
- 2:11Invité politiqueFait
« c'est la souveraineté alimentaire qui est mise en cause. »
- 3:01Invité politiqueFait
« l'agriculture, comme beaucoup d'autres secteurs de l'économie, a besoin qu'on leur foute la paix. »
- 3:22Invité politiqueFait
« ces budgets profitent massivement aux pays de l'Union européenne qui émergent et qui sont en train de reprendre de la compétitivité. »
- 4:10Invité politiqueFait
« le stockage de l'eau est un vrai sujet. »
- 4:29Invité politiqueFait
« les experts du GIEC nous disent que ça continuera, au moins pour les 30 à 50 prochaines années. »
- 12:53Invité politiqueChiffre
« 20% des agriculteurs vivent avec un revenu négatif et que plus de la moitié ne sont pas au SMIC. »
- 13:22Invité politiqueFait
« il faut être en capacité d'enlever d'abord l'ensemble des surtranspositions européennes »
- 13:34Invité politiqueFait
« On a l'agriculture la plus durable au monde. »
- 16:17InvitéFait
« le Premier ministre leur annonce qu'ils bénéficieront d'une exception. Vos recettes progresseront ainsi au-delà de l'inflation. »
- 16:40InvitéChiffre
« l'ensemble des départements disposera de 1,5 milliard d'euros supplémentaires »
- 17:53InvitéChiffre
« les départements seront donc ponctionnés de 1,2 milliard d'euros. »
Temps de parole
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- Invité 33 %
- ?2 %
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Vous
écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Pascal Cotts, vous êtes tout nouveau sénateur LR de Corrèze. Vous étiez, vous en êtes encore d'ailleurs pour quelques jours, le président du département. Et vous êtes également agriculteur. Sécheresse, aléas climatiques, crise des revenus, empilement des normes, les émotifs de colère des agriculteurs sont nombreux. Vont-ils ressortir les tracteurs et venir grossir les rangs des mobilisations
?
On va en parler avec vous pendant cette demi-heure. D'abord, un petit mot personnel, Pascal Cotts, sur votre récit, votre expérience que vous vivez. Vous êtes agriculteur. Comment on concilie les deux
?
C'est un équilibre entre sa famille, entre la vie publique, dans laquelle je suis engagé dès les jeunes agriculteurs, il y a presque 40 ans maintenant, et puis la vie publique, et puis la vie professionnelle. Je pense que j'ai fait le choix de garder une vie professionnelle pour permettre justement de rester les pieds ancrés sur terre et de connaître toujours les réalités, parce que je pense qu'on a besoin plus que jamais de gens de terrain et de bon sens. On voit l'actualité tous les jours.
Comment, juste dans votre exploitation, vous, vous vivez au quotidien ces aléas ? Est-ce que vous êtes touché, déjà, vous, par les aléas climatiques
?
Bien sûr, l'agriculture est une des premières victimes du réchauffement climatique. Et quand on oppose agriculture et environnement, on fait une erreur, parce que c'est justement celles et ceux qui connaissent peut-être le mieux l'impact du réchauffement climatique. Et donc, on voit, par exemple, qu'entre 1988 et 2018, sur 30 ans, aujourd'hui, on a 40% de pousses d'herbe de moins que sur ces 30 années-là. Donc, on voit une décapitalisation du cheptel. On voit une production de maïs, de céréales qui est en très, très forte baisse. Et donc, c'est la souveraineté alimentaire qui est mise en cause. Et donc, c'est nourrir chacun de nos Français.
Et donc, est-ce que la solution, c'est importer ou est-ce que c'est de s'adapter localement pour permettre, justement, de continuer à produire, d'arrêter d'assommer les agriculteurs, d'arrêter d'avoir autant de procureurs que de gens qui parlent de l'agriculture ? Je pense qu'il faut connaître ce métier pour en comprendre ses ressorts.
– Mais vous avez
l'impression que les ministres de l'Agriculture successifs, ils ne connaissent pas ces métiers
?
– Je
pense que ce n
'est
pas qu'un problème de ministre de l'Agriculture.
– Parce qu
'Annie Gennevard, elle est issue de vos rangs.
–
Oui, mais…
– Elle
ne connaît pas, elle ne comprend pas les agriculteurs
?
–
Ce
n'est pas un problème de ne pas comprendre des agriculteurs. Je pense qu
'il
y
a
autant de procureurs que de gens qui parlent et qui mangent au quotidien. Et donc, il n
'y a
pas un autre métier qui est à la vindique populaire de cette manière-là. Et je pense que l'agriculture, comme beaucoup d'autres secteurs de l'économie, a besoin qu'on leur foute la paix. Pompidou le disait, mais c'est vrai aussi pour
l'ensemble.
– Il
faut arrêter
d'emmerder les
agriculteurs.
–
Il
faut arrêter d'emmerder les agriculteurs et surtout, il faut arrêter d'emmerder les entrepreneurs. Je pense qu'on veut laver plus blanc que blanc en France. On est dans un schéma où tout le monde nous explique aujourd'hui qu'on veut baisser les budgets à l'Union européenne. Dans le même temps, ces budgets profitent massivement aux pays de l'Union européenne qui émergent et qui sont en train de reprendre de la compétitivité. – Mais vous
visez qui ? À la
fois le RN et les écologistes, c'est ça ?
– Oui, mais c'est-à-dire qu'à la fois, on finance la modernisation des exploitations agricoles et des entreprises dans des pays qui en ont besoin pour faire une Europe solidaire et une Europe forte, mais dans le même temps, en France, on se met des barrières et on importe, y compris des produits européens qu'on n
'a
pas le droit de produire chez nous. Donc à un moment, c'est valable pour les unes ou pour les autres. Et donc on ne peut pas être dans une ambivalence de ce type-là. Et après, si on laisse faire le bon sens paysan, qui n'est pas qu'une légende, eh bien on va vite trouver un certain nombre de solutions. Et notamment, le stockage de l'eau est un vrai sujet. C'est quand même incompréhensible que dans ce pays, on ne puisse pas comprendre qu'on ne
puisse
pas stocker de l'eau quand il y en a trop l'hiver et avec les inondations que ça peut faire. C'est parce qu'il règlera toutes les inondations. Mais il y a de l'eau en quantité suffisante. Et les experts du GIEC nous disent que ça continuera, au moins pour les 30 à 50 prochaines années. Par contre, il y aura des assecs beaucoup plus longs. Et donc gardons de l'eau dans du multi-usage, à la fois pour l'eau potable, à la fois pour les milieux, parce qu'il y
a
beaucoup de rivières ou de ruisseaux qui restent en assec, et à la fois pour les usages anthropiques, dont l'agriculture et le tourisme.
Les agriculteurs vont-ils rejoindre les mouvements de contestation, les mouvements lycéens ? On va écouter le porte-parole de la Confédération paysanne, Stéphane Gallet, c'était hier au Salon de l'élevage.
Nous, on a appelé à rejoindre les mouvements, parce qu'on pense que c'est important. Déjà, ça nous fait chaud au cœur de voir qu'il y a une jeunesse qui souffle et qui comprend les enjeux qu'ils vivent et qui ont envie d'avoir une rupture réelle, qui ne se soumet pas, mais qui ont envie d'avoir une rupture réelle. Donc nous, en tant que syndicalistes, on comprend la façon dont ils abordent leurs problèmes, mais c'est aussi les mêmes problématiques. C'est l'abandon de l'État sur l'intérêt général. Que ça soit sur l'éducation, que ça soit sur l'agriculture, que ça soit sur tous les sujets de société, ce qu'on remarque, c'est un abandon de l'État au profit d'intérêts privés. –
Vous
êtes d'accord avec lui, Pascal Coss ? Est-ce que les agriculteurs doivent rejoindre les mouvements de revendication ?
– Je crois qu'il faut faire attention à ne
pas
bordéliser le pays dans un moment où on est très très fragile et qu'il y aura aussi une élection présidentielle pour que chacun nous explique ce qu'il veut faire. Et je pense qu'on devrait plutôt prendre du temps, l'ensemble des corps intermédiaires et des syndicats, à échanger avec l'ensemble des candidats à la présidence de la République pour voir justement quelles sont leurs solutions, comment concrètement elles peuvent le faire, qu'ils apportent leurs contributions et surtout qu'ils dénoncent toute la démagogie qu'il peut y avoir sur certaines propositions en fait, pour qu'on ait un vrai débat démocratique, pour qu'on ait un vrai choix à cette élection présidentielle.
– Ça
veut dire qu'il ne
faut
pas manifester, il ne
faut
pas contester
avant la présidence, il faut
attendre la présidentielle,
c'est ça ? – Je ne dis
pas qu'il ne faut pas manifester, je dis qu'on passe des gilets jaunes qui n'ont rien réglé aux gilets jaunes et que derrière, même s'il y a véritablement besoin de refonder le sujet de l'éducation, même la place de la famille là-dedans, moi je ne laisserai pas mon gamin aller rattraper des grenades et puis les rebalancer à des policiers, on a besoin de l'ordre dans ce pays, on a besoin aussi de remettre l'éducation à sa place, de remettre la souveraineté alimentaire pour revenir sur le sujet et la question de la souveraineté, elle est un peu à tous les niveaux et donc bordéliser le pays ne sera pas la solution, ça ne veut pas dire que les organisations professionnelles ne doivent pas revendiquer, ne doivent pas avoir des actions, mais de là à massifier
un
ensemble de revendications des agriculteurs, des taxis, des transporteurs, parce que le gasoil est un vrai sujet, du travail public, j'en passe et des meilleurs, c'est parce qu'il va régler le problème, parce qu'au final on n
'a
pas de corpus communs et on voit bien qu'avec cette révolte des jeunes, on n'est pas sur la suppression d'une réforme posée par un gouvernement, on est sur aussi quelque chose de plus profond, mais aussi une instrumentalisation politicienne, notamment de l'extrême gauche, des jeunes et je dis aux jeunes, attention, l'ordre fait partie aussi de vos valeurs, des fondements de notre République, manifester est un droit et très nécessaire et je pense que l'exemple d'hier est un bon exemple, on peut manifester et rester dans le calme et je pense que c'est comme ça qu'on arrivera à trouver des solutions.
– On parlera de la colonne sienne, mais pour rester sur les agriculteurs, cette semaine se tient le grand salon de l'élevage à Cournon d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme, où on va aller retrouver Gilles Lalose. Bonjour Gilles, merci beaucoup d'être avec nous,
et
Gilles Lalose de la rédaction du journal La Montagne. – Gilles, ce salon de l'élevage,
c
'est le plus gros de l'Europe, c'est le plus gros d'Europe, quels sont les enjeux cette année
? – Les
enjeux sont notamment sur le pastoralisme, qui est la grande thématique de l'année et c'est un, effectivement, vous venez de le dire, c'est un gros sommet de l'élevage, un grand salon, pour vous donner un ordre d'idée, c'est 1 800 exposants venus de 35 pays, c'est un nouveau record qui est battu en termes d'exposants, alors que plus de 120 000 visiteurs sont attendus d'ici vendredi soir à Cournon d'Auvergne, et même si la ministre de l'Agriculture a dû reporter à jeudi sa venue sur le site, le sommet a connu hier une très belle première journée avec plus de 20% de hausse de fréquentation.
Pourtant, avec une séchage catastrophique, une absence de repos de l'herbe cet automne, la remise en cause de la fiabilité de l'indice satélitaire qui doit permettre d'évaluer les taux de perte sur les prairies, sans oublier les arbitrages attendus sur la nouvelle PAC 2028-2034, les sujets de préoccupation ne manquent pas pour les agriculteurs dans les allées de ce sommet. Monsieur Coste, une question, vous connaissez bien ce rendez-vous pour y être venu en voisin, pour y promouvoir la châtaigne de Corrèze, mais pas seulement. Comment ressentez-vous cette morosité qui s'abat aujourd'hui sur ce monde agricole
? D
'abord, dire que c'est une chance exceptionnelle d'avoir eu des responsables agricoles qui ont su créer un rendez-vous aussi fort autour de l'élevage. On a l'espace à Rennes sur les productions spécialisées, on a ce sommet mondial de l'élevage, et Gilles Haleuse le disait avec le pastoralisme qui est posé, je pense qu'on a à défendre une spécificité de l'élevage français. On a besoin de recréer des élevages, y compris des élevages hors sol, qui permettraient dans des zones céréalières de les nourrir facilement, et puis de redonner aussi des intrants. C
'est
-à
-dire,
au
lieu
de mettre de l'engrais, de mettre de la matière organique dans les sols, et donc de recréer de la vie des sols. Donc je pense qu'on a besoin de réexpliquer que l'élevage, il est très important, que dans le massif central, l'élevage, c'est une politique d'aménagement du territoire. Si on n'a pas de prairies, eh bien on n
'a
pas de stockage de carbone. Donc c'est bon pour les gaz à effet de serre. Et donc il faut qu
'on
soit en capacité pour redonner de l'espoir, comme on me le demande, à la fois de faire en sorte qu'on soit rémunéré par le prix et non pas par les aides. Les agriculteurs ne demandent pas d'échec, comme on l'a là sur le plan quasi ou sur les autres.
Ils
veulent vivre du juste prix de leurs produits. Ça veut dire qu'il faut qu
'on
soit capable d'identifier cette viande qui est produite bas carbone, et donc qui est différenciée de celle qui vient de tous les pays importés avec les hormones, avec tout un tas de produits qui ne sont pas autorisés chez nous, et heureusement. Et donc c'est aussi ça. Il nous faut retrouver du revenu, redonner de la lisibilité, arrêter les normes, et sur un bassin d'élevage comme le Massif Central,
et
partout, et je pense à Normandie, il
y a
un certain nombre de pays d'élevage, c'est aussi maintenir les zones humides. Si on ne maintient pas une pression de pâturage dans les zones humides, c'est aussi ça le pastoralisme, eh bien on ne maintiendra pas le château d'eau de la France. Et donc, je le dis aux Français, manger de la viande salaire, de
la
viande limousine, des belles races du Massif Central et bien d'autres, des races à viande, notamment, c'est aussi avoir de l'eau au robinet.
Pascal Coste, Gilles Lalose a une seconde question pour vous.
Tout
à fait, et vous parlez des citoyens pour qu'ils choisissent les bons produits. La question est aussi fortement politique et lors des trois prochaines journées, il va y avoir de nombreux candidats à la présidentielle qui vont passer ici, au sommet de
l
'élevage, à la rencontre des agriculteurs. On aura Marine Le Pen, Edouard Philippe, Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan qui vont venir dans le Puy-de-Dôme. Ce public agricole, majoritairement à droite, est-il devenu très sensible aux arguments de l'extrême droite
? Je
pense que si on est sensible aux arguments de l'extrême droite, c'est parce qu'à un moment, nos grandes familles politiques plus républicaines n'ont pas eu le travail et l'expression nécessaires. Je pense qu'aujourd'hui, personne n'a envie de faire de l'eau tiède. Et à un moment, il faut appeler un chat, un chat. Ce qui a été fait…
Qu
'est-ce que vos
collègues agriculteurs ? Est-ce que vous aviez, vous, des collègues agriculteurs qui votaient à droite et qui aujourd'hui disent « Nous, maintenant, on va voter RN
? »
– Alors, entre le dire et le faire, il y a une nuance. On voit bien que
sur
les territoires… On l'entend, bien entendu. Mais on voit aussi la pression monter. Je rappelle que quand même, 20% des agriculteurs vivent avec un revenu négatif et que plus de la moitié ne sont pas au SMIC. Donc forcément, c'est une classe ouvrière qui se lève tôt et qui a de grandes difficultés. Et donc, il peut être tenté par l'extrême. Mais l'extrême dit « On va réduire le budget à l'Europe et dans le même temps, on va donner les aides aux agriculteurs. » Donc, à un moment, les agriculteurs sont des gens de bon sens. Il faut revenir à des sujets de bon sens.
Je pense qu'il faut être en capacité d'enlever d'abord l'ensemble des surtranspositions européennes et ça, qui permettrait justement aux agriculteurs de foutre la paix aussi aux agriculteurs pour qu'ils puissent produire. On a l'agriculture la plus durable au monde. Il faut leur faire confiance et faire en sorte de retravailler, parce qu'on a une industrie agroalimentaire exceptionnelle aussi avec des marques exceptionnelles, pour avoir une chaîne de répartition de la valeur ajoutée qui permette une juste rémunération du producteur.
Un mot rapidement, Pascal Coss, parce que le temps filtre, vous le soutenez, vous, Xavier Bertrand. Il se prépare à être candidat, lui
? Lui
pourrait être un rempart au RN pour vous ?
Xavier Bertrand fait partie des rares personnalités qui a battu deux fois le Rassemblement national. Et je pense
qu'il
a… Lui
et autour de lui… Et il se prépare, là ?
Des gens qui sont en capacité d'avoir des solutions pour être en rempart au RN. Mais est-ce qu
'il s'agit de la présidentielle ?
Il est celui qui a une expérience en la matière et qui se prépare au sujet. On verra dans les semaines et dans les mois qui viennent comment aussi on peut avoir une voix singulière. Il n'a jamais été macroniste,
il
n'a jamais été comptable du bilan catastrophique de ces dix années au pays. À côté de ça, c'est quelqu'un qui est capable de discuter aussi avec tout le monde et surtout qui ne fait pas d'eau tiède. Xavier Bertrand, c'est tout sauf de l'eau tiède. C'est une force tranquille qui permet et une sérénité qui peut permettre de rassembler le pays au moment venu.
Mais est-ce qu'il a déclaré
sa candidature
?
Ça, c'est à lui… Ça lui appartient. Il ne vous en a pas parlé. Et on verra tous ensemble cela. Mais Xavier Bertrand est prêt pour assumer les responsabilités si le pays en a besoin.
Merci Gilles Laloz. Merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis ce sommet de l'élevage à Cournon d'Auvergne, la une de la montagne. Clairement, c'est l'année des agricultrices. Merci à vous Gilles et à très vite. Pascal Cos, pourquoi vous avez choisi de quitter le département de la Corrèze que vous présidiez pour devenir sénateur ?
Quand on est sénateur, on a la même circonscription que le président de département. C'est le seul, d'ailleurs. Le sénateur couvre toute la Corrèze. Donc, je resterai auprès des Corréziens en tant que sénateur. C'est une équipe qui a choisi Laurent D'Artois à l'unanimité pour pouvoir demain être notre candidat et me remplacer. C'est quelqu'un avec qui je travaille depuis les 12 années de présidence au département, tel que j'ai confiance. Et nous avons souhaité, en 2020, avoir un couple département-région. Je suis aujourd'hui aussi conseiller régional, président de la commission des finances avec toutes les difficultés du moment.
Et donc, il faut continuer cette complémentarité entre le département de la Corrèze, qui représente 4% de la population et de
l
'économie de la Nouvelle-Aquitaine, et cette grande région Nouvelle-Aquitaine.
Et justement, on va parler des finances, des finances des collectivités, des départements plus particulièrement, puisque, Quentin, le Premier ministre a écrit au département avant la présentation du budget pour les assurer que leur budget allait augmenter.
Oui,
le courrier a été envoyé le 28 septembre. Sébastien Lecornu semble rassurant dans sa lettre au président des départements. Tout est dans le semble. Le Premier ministre leur annonce qu'ils bénéficieront d'une exception. Vos recettes progresseront ainsi au-delà de l'inflation. L'ensemble des départements disposera de 1,5 milliard d'euros supplémentaires, écrit alors Sébastien Lecornu au président du département. Il faut dire que les départements assurent les missions sociales, inversement du RSA, la prise en charge de l'autonomie, du handicap, de l'aide sociale à l'enfance, autant de dépenses sociales qui continuent d'augmenter avec des ressources qui sont contraintes.
Toutes ces missions d'action sociale qui pèsent de plus en plus sur les départements alors que leur recette stagne.
Oui, c'est l'autre annonce du courrier du Premier ministre. Une part de la CSG, cet impôt payé par les salariés, doit être fléchée à hauteur de 300 millions d'euros à la contribution sociale générale, de la contribution générale sociale généralisée pour financer l'aide personnalisée d'autonomie. La CSG financerait ainsi l'autonomie. C'est ce qu'annonce Sébastien Lecornu dans son courrier.
C
'est une douche froide quelques jours plus tard pour les départements.
Voilà, mercredi dernier, le gouvernement présente alors sa copie budgétaire, notamment sur le volet collectivité locale. Voyez ce communiqué de l'Association des départements de France à la sortie du comité des finances locales. Ils se disent en état de choc, les mots sont forts, le gouvernement va puiser finalement dans leurs recettes pour boucler le budget. Au total, les départements seront donc ponctionnés de 1,2 milliard d'euros. On est bien loin de l'opération de communication du Premier ministre annonçant en début de semaine à l'ensemble des présidents de région que les départements disposeront de 1,5 milliard supplémentaire. C'est ce qu'écrit l'Association des départements de France.
Seul point qui trouve grâce aux yeux des départements la part de la CSG, je le disais, fléchée vers l'autonomie, financement que les départements appellent de leur vœu depuis plusieurs années. Alors Pascal Coste, ça a été un peu un ascenseur émotionnel la semaine dernière pour les présidents des départements. Ils ont pensé être épargnés en début de semaine par la copie budgétaire. Finalement, ce n
'est
pas ce qui va se passer. Ils vont devoir contribuer à l'effort national. Comment est
-ce
que vous avez vécu toute cette période ?
Nous, on l'a vécu avec une certaine constance parce que ça fait longtemps qu'on matraque les départements. On l'a souhaitendu avec l'exécutif depuis plusieurs années. Oui, et puis je pense que tout le monde est de sa commune et de son département. Et donc, le département, c'est quelque chose de très très important. C'est la qualité des solidarités. Dans un moment où le pays ne va pas bien, la solidarité, on en a de plus en plus besoin. Et la solidarité pour un département, c'est aussi le maintien à domicile. C'est toutes les personnes âgées notamment. Et les
personnes en
situation de handicap. Et aujourd'hui, on est sur des réductions budgétaires de la part de l'État alors qu'on est dans un défi démographique qui est impressionnant.
On va avoir
50% de dépendance de plus dans les 10 ans qui viennent. On va doubler le nombre de dépendants et donc le coût nécessaire à ça. Dans le même temps, on aura moins de main-d'oeuvre donc ça sera très compliqué. Et donc, aujourd'hui, le sujet, c'est comment on peut avoir une ressource pérenne pour les départements. Parce que les départements comme les régions sont deux strates de collectivité territoriale très importantes pour le pays qui n'ont aucun levier fiscal et aucune recette propre.
Donc
comment expliquer dans ce contexte ce que veut faire le Premier ministre qui vous donne des recettes d'un côté avec cette part de CSG et de l'autre côté qui puise dans vos recettes existantes. Il allume un écran de fumée comme ça ? Comment
expliquer ce jeu de passe
-passe ? C'est de l'affichage parce que si on devait avoir un pourcentage de CSG, il devrait nous donner de la CSG. En fait, l'idée, c'est que la CSG va alimenter la Caisse nationale de solidarité à l'autonomie et la Caisse de solidarité à l'autonomie va nous réfléchir 300
millions.
Sauf qu'aujourd'hui, il nous en faut plus du double pour que l'engagement de l'État qui était d'affaire au moins 50%
de
compensation de l'État sur des dépenses liées à l'autonomie, eh bien, il faudrait le double. Et donc, aujourd'hui, on a besoin d'avoir une vraie fiscalité. C'est vrai aussi pour les centres départementaux des centres dits de secours où on est dans une situation qui est inextricable. de plus en plus de carences parce qu'on n'a plus les ambulanciers dans le pays pour faire le travail parce que la Sécurité sociale et l'État les a massacrés et de l'autre côté, les pompiers qui viennent faire ce qu'ils ne devraient pas faire, qui devraient se cantonner à l'urgence.
Merci Pascal
Coste.
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Pascal Coste