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interviewAsselineau Décrypte· 14 mai 2026 32 min

Taux d'intérêt et devises nationales : François Asselineau

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Pour développer le contrôle des capitaux justement, une question de René. Bonjour, si vous annoncez donc que vous allez contrôler les capitaux sortants et entrants de France, ne craignez-vous pas que le taux d'intérêt de la dette publique soit rehaussé d'une prime de risque ? La France, déjà noyée sous la dette, n'y résisterait pas. D'une façon générale, alors que le pays est en quasi-faillite, comment expliquer aux Français que vous allez probablement susciter une baisse immédiate du PIB et de leur niveau de vie ?

0:28
François Asselineau

Alors c'est sur des sujets importants, sur lesquels on aura l'occasion de revenir, un peu techniques. Donc malheureusement, il y a beaucoup de gens qui n'écoutent pas. Je voudrais faire remarquer à cet interlocuteur que la baisse du niveau 10 en ce moment, c'est hic et nonc, le niveau de vie des Français dégringole d'année en année, du moins des classes moyennes. La paupérisation ne cesse de se développer. Voilà. Donc ça, c'est le premier point. La situation, elle est grave.

Et si vous allez écouter des économistes sérieux, des gens qui osent dire la réalité des choses, je pense à des gens comme Charles Sanna, Charles Gave, comment s'appelle-t-il, Marc Toiti, chacun avec sa personnalité différente, ou d'autres encore, on sait bien qu'on est dans une situation qui est très, très préoccupante du point de vue financier. On va directement vers une mise sous tutelle. Donc ce que je voudrais faire remarquer à cet interlocuteur, c'est que c'est que c'est pas moi. C'est pas moi qui suis à l'origine de ça. Ce sont les européistes qui nous ont foutus dans cette merde noire. C'est le fait d'avoir imposé à la France d'avoir la même monnaie que l'Allemagne.

Le vice de forme, il est là, à l'origine de l'origine. Puisqu'on parle macroéconomie, parlons-en. Lorsque le marque allemand a été recréé en 1949... Je rappelle que lorsque les Américains ont triomphé de l'Allemagne nazie, après les soviétiques, en compagnie des Britanniques, en compagnie des Français... Mais lorsque les Américains ont pris la main sur l'Allemagne de l'Ouest, qui leur avait été dévolue suite aux conférences de Téhéran de 1943, de Yalta de 1944 et de Potsdam de 1945, les États-Unis ont établi un gouvernement d'occupation qu'on a appelé AMGOT, American Government, avec une monnaie qui était... Que j'ai d'ailleurs...

Dont j'ai utilisé certains exemplaires comme l'eau leur donne notre loterie qui a lieu à toutes les universités d'automne de l'UPA. J'en promets de vous rappeler que la prochaine aura lieu le samedi 26 septembre. Donc les Américains avaient imposé leur monnaie. En 1949, ils ont rendu la souveraineté monétaire à l'Allemagne de l'Ouest, qui a créé le marque. Et à l'époque, on avait un marque ouest qui valait à peu près 80 centimes de francs. Alors c'est pas exactement ça, parce que c'était les anciens francs. Ils valaient 80 anciens francs.

Mais lorsqu'il y a eu la réforme, en 1960, voulue par De Gaulle, qui a multiplié par 100 la valeur du franc, le nouveau franc est égal à 100 anciens francs, pour éviter d'avoir des chiffres à rallonge et pour redonner. Parce que ça fait jamais très chic d'avoir une monnaie qui se compte en centaines de millions dès que vous allez acheter une baguette. Donc à partir de ce moment-là, le Deutschmark valait l'équivalent de 0 francs 80, donc en 1949. Et 50 ans après, en 1999, je rappelle qu'au moment de l'entrée dans l'euro, un Deutschmark valait 3 francs 56, en gros. C'est-à-dire qu'en 50 ans, le Deutschmark était passé de 0 francs 80 à 3 francs 56. Bien. Ça veut dire quoi ?

Ça veut pas dire que les Français se sont appauvris d'un facteur entre 0,8 et 3,6. Ça fait un facteur quasiment 5 fois 8,40, près de 5 fois. C'est pas vrai que les Français sont devenus 5 fois plus pauvres que les Allemands. Au contraire, on a rattrapé le niveau de vie des Allemands petit à petit. Et ça, c'est quelque chose qui est difficile à comprendre dans l'esprit public, parce que c'est un peu contre-intuitif. C'est que ça n'est pas parce qu'une monnaie se déprécie que les gens s'appauvrissent. Ils s'appauvrissent évidemment face au monde extérieur. Par exemple, leur salaire est rendu en dollars. Si le franc perd 10%, il y aura moins de dollars.

Mais en interne, le niveau de vie peut s'améliorer. Pourquoi ça ? Parce que tout simplement, la monnaie se déprécient, va être à la mesure de la compétitivité de l'économie du pays. Et donc l'économie va se développer. On va avoir un commerce extérieur positif. Les produits seront compétitifs. Donc on exportera davantage que l'on importe. C'est exactement ce qui s'est passé tout au long des années – je l'ai dit – de 1949 à 1999, des années 50, 60, 70 et 80. Le franc se dépréciait. Mais c'était les 30 glorieuses. Et la France... Parce que la France bénéficiait justement d'une monnaie qui n'était pas trop forte. Et donc nous étions compétitifs sur les marchés internationaux où on avait...

La France était devenue... Elle avait des parts de marché au niveau mondial de l'ordre de 6% du commerce extérieur mondial. On a dégringolé depuis. Je ne sais plus combien on est. Mais on est tombé certainement en dessous de 4, sinon de 3%. Je me rappelle plus. Enfin c'est une dégringolade générale. Parce que l'euro est une monnaie. Nous avons la même monnaie que le marque. En fait, ça n'est pas vrai. Mais là, je vais pas entrer dans trop d'explications. Je vous renvoie à tout ce que j'ai pu dire sur la monnaie commune. En fait, c'est pas vrai. Nous avons chacun gardé notre monnaie nationale. Mais elle est liée par un lien fixe, ce qu'on appelle un PEG, de 1 pour 1.

Donc l'euro en France est une créance sur la Banque de France. Il est lié par 1 pour 1 ou à l'euro en marque qui est une créance sur la Bundesbank. Mais les marchés financiers internationaux, pour eux, ils voient un euro. Et donc ils se disent... L'euro, il est coté d'une seule façon. Donc ça veut dire que l'euro... La cotation de l'euro sur le marché des échanges internationaux, c'est une cote mal taillée entre ce que serait coté le Deutschmark s'il était resté une monnaie indépendante, le florin néerlandais, la marca finlandaise ou le franc luxembourgeois, d'un côté.

De l'autre côté, le franc français, la peseta espagnole, l'échcudo portugais, la lyre italienne et, mon dernier, la drachme grecque. Ce que je dis là, ça n'est pas mystérieux. Enfin c'est quand même un petit peu compliqué. Mais je vous invite à aller regarder... J'en ai souvent parlé des scores de Target 2. Allez regarder non pas la version française sur Wikipédia, qui est mal foutue, mais la version en anglais et encore mieux en allemand. Si vous lisez l'allemand, vous pouvez le faire traduire par Google Traduction. C'est très bien expliqué. Voilà. Target 2, ça montre l'évolution de la balance des paiements courants à l'intérieur de la zone euro. Donc tout ça pour dire quoi ?

Tout ça pour dire qu'actuellement, si la France se désindustrialise à toute allure... Moi, quand j'étais étudiant à HEC, le PIB industriel de la France, c'était de l'ordre de 28%. On est tombé à 9%. Or la perte de l'industrie, c'est ce qui fait notre appauvrissement collectif. Et la perte de l'industrie est liée notamment à l'euro, parce que nous avons la même monnaie que l'Allemagne. Laquelle monnaie est traitée sur les marchés internationaux ? Un michement entre ce qui serait coté, je l'ai dit, les différentes monnaies.

Ça veut dire que les allemands bénéficient d'une monnaie qui est trop bon marché pour la compétitivité de leur économie, alors que les Français ont une monnaie qui est trop chère pour la compétitivité intrinsèque de leur économie. Et les Italiens ou les Grecs, c'est bien pire encore. Tout ça a été d'ailleurs calculé... Je n'ai pas revu ce dossier depuis un certain temps. Mais il y a eu des économistes qui avaient calculé ce qu'avait coûté à chaque Français l'appartenance à l'euro. Depuis 15 ans, je crois que c'était une des sommes fabuleuses, un truc du style 90 000 € par Français, non ? — De mémoire, c'était 50 000 € par Français ou 54 000, je crois. — Oui.

Vous vous remettrez en bas de cette... Bon, là, c'est les joies du direct. Moi, je n'ai pas préparé. Là, on me pose des questions tout à traque. Donc je n'ai pas réalisé. Mais on mettra le lien. Donc il y a eu des études qui ont été faites que depuis que l'euro, les Allemands n'ont pleinement bénéficié. La France a un apparemment... Et ça va s'aggraver. Ça ne peut que s'aggraver. C'est la raison pour laquelle je comprends la question de cet internaute. Et je n'ai jamais dit que la sortie de l'euro serait une vallée de roses. Mais le problème qui se pose, c'est que nous sommes lancés dans un truc qui est en train de nous détruire. C'est que si on reste dans l'euro...

C'est ce que souvent, je dis. Il y a des gens qui me disent « Vous vous rendez compte si on sort de l'euro ? ». Et je réponds « Mais est-ce que vous vous rendez compte si on y reste ? ».

9:56
Invité

— Alors l'étude a été publiée en 2017. Et elle disait que chaque Français aurait perdu 56 000 €.

10:03
François Asselineau

— Et c'était une étude d'où ? — J'arrive. — Merci. Et c'était en 2017. Mais maintenant, si on l'actualise en 2026, peut-être qu'on est à 80 000 € par tête de pipe. Vous vous rendez compte ? Donc je dis à l'internaute qui me pose la question, qui me dit « Vous vous rendez compte si on en sort ? ». Je lui dis « Est-ce que vous vous rendez compte si on y reste ? ».

10:25
Invité

— C'est une étude du Centre de politique européenne.

10:32
François Asselineau

Mais qui est d'où située ? C'est pas situé en Angleterre ou je sais pas quoi ? Ou des économistes anglais ? Vous lui donnez les informations par bribes. Bien. En tout cas, c'est du direct. Mais pour en revenir à ce que je disais, j'ai reçu un petit message aujourd'hui de quelqu'un que je salue. Je ne vais pas dire qui c'est, mais il va se reconnaître, parce que c'est quelqu'un qui est un adhérent fidèle, qui est en Guyane et qui est expatrié... Enfin pas expatrié. Il est en France. Mais enfin, il est ex-métropolisé, si l'on peut dire, puisqu'il est dans un département d'outre-mer depuis un certain nombre d'années, d'ailleurs. Et il...

11:12
Invité

— Alors je précise que la Commission européenne conteste vivement l'étude économique publiée par le Centre de politique européenne.

11:21
François Asselineau

— Mais ce Centre de politique européenne est main d'où ?

11:23
Invité

— Je cherche encore.

11:23
François Asselineau

— Il est évident que la Commission européenne... Évidemment, les Européennes... — C'est un feuilleton. — J'imagine que Mme Nathalie Loiseau, du haut de ses compétences en matière monétaire et financière, va protester vivement. Ça, c'est absolument certain. Mais c'est quand même bien ce que l'on observe. D'ailleurs, l'euro n'est pas la seule raison de notre appauvrissement. Il y a aussi les choix énergétiques. Et les choix énergétiques sont tellement délirants. S'être coupés de la Russie fait que, comme vous le savez, l'Allemagne, à son tour, est en train d'être aspirée vers la désintégration industrielle. Il n'y a pas que ça. Il y a aussi les choix...

Le moteur électrique pour les automobiles. Il y a des choix... La lutte contre le CO2. C'est une espèce de suicide collectif. — C'est hallucinant. Parce que quand on voit par exemple que les pays d'Europe sont déjà ceux des pays développés qui émettaient le moins de CO2, et quand on voit qu'on est en train de tuer notre industrie, alors qu'au même moment, la Chine mémultiplie ses productions de CO2, mais d'une façon phénoménale, représente des dizaines et des dizaines de fois ce qu'émettent les pays d'Europe pour le plus grand bien de l'industrie chinoise. On se dit que vraiment... Et tout ça dans un contexte par ailleurs où... Mais alors ça, c'est absolument interdit.

C'est encore un tabou absolu. On n'a pas le droit de contester l'idée que le réchauffement de la Terre serait d'origine anthropique. Il paraît que c'est obligatoirement le CO2, alors que toutes les études sérieuses disent que c'est quand même extrêmement sujet à caution. Donc il y a énormément de facteurs. Taisez-vous, parce que j'entends... Alors là, on entend tout dans les... Voilà. Alors je termine mon propos. C'est que... Donc il y a les décisions sur le moteur électrique, les décisions sur la question d'énergie, l'énergie chère. Maintenant, on préfère s'approvisionner au plus cher. On se coupe de toutes les sources d'approvisionnement au marché.

La dernière en date étant l'Algérie, le Venezuela, les pays du Moyen-Orient, l'Iran, la Russie... Enfin bref, tout va dans le sens que les pays d'Europe, qui sont vraiment les jobards d'une façon incroyable, ne peuvent plus acheter quoi que du gaz de schiste américain qu'on nous fait payer au prix lourd et qui dégrade considérablement l'environnement. Bon, c'est triste. Enfin c'est d'une sottise, c'est d'une bêtise inimaginable. Bon, c'est incroyable même, incroyable de bêtises et d'aveuglement et également de corruption, parce qu'on va pas me faire croire que les gens qui acceptent ce genre de choses ne sont pas corrompus jusqu'à l'os.

Alors bien sûr qu'effectivement, quand on rétablira le contrôle des mouvements de capitaux, quand on sortira la France de l'euro, il y aura des remuements monétaires, comme on disait jadis. Il y aura des événements... Bon. Mais c'est comme ça. Oui, j'avais commencé à parler d'un... Vous m'avez interrompu. J'avais commencé à parler d'un de nos adhérents en Guyane qui nous fait des envois tout à fait sympathiques de miel guyanais absolument extraordinaire, qui a fait passer cette petite comparaison que j'ai trouvée très drôle. J'ai envie de la sortir.

Si vous voulez, si vous êtes dans une maison qui est en train de s'effondrer, ce qui est l'Europe, est-ce que vous allez dire « Non, non, je veux pas sortir de là parce que je risque de me ramasser une poutre sur la tête ». Et donc est-ce que vous allez rester dans la maison qui va s'effondrer, quoi ? Il est là, le truc. Vous préférez quand même vous égratigner ici ou là et avoir une plaie, vous casser une jambe, parce que... Si vous êtes dans un immeuble en flamme, bon, il vaut mieux sauter si vous êtes au deuxième étage et vous casser une jambe plutôt que de rester carbonisé dans l'immeuble. C'est de ça qu'il s'agit.

Donc je n'ai jamais, jamais, jamais dit que la sortie de l'euro et de l'UE serait une vallée de roses. En revanche, ce que j'ai toujours dit, c'est premièrement qu'on exagère considérablement les inconvénients de cette sortie. Regardez ce qui s'était passé pour le Brexit. Je rappelle quand même qu'officiellement, Macron avait dit qu'on allait faire le tapis rouge pour les réfugiés économiques de la City. On avait anticipé qu'il y aurait 200 000 cadres britanniques qui fuiraient en cas de Brexit.

Il y avait eu une pleine page qui s'était offerte par, je crois, le conseil départemental du Pas-de-Calais dans je ne sais pas quoi, Nord-Éclair ou je ne sais pas quoi, ou la presse du Pas-de-Calais ou je ne sais pas quoi, c'était en anglais, s'il vous plaît, « Welcome in France » avec un tapis rouge s'adressant aux réfugiés économiques du Brexit. Vous vous rendez compte ? Il n'y a pas eu un seul réfugié. La City londonienne conserve totalement son rôle la première place financière d'Europe. C'est la réalité. Donc il ne faut pas exagérer ça. De la même façon que je suis d'accord, évidemment, que retrouver une monnaie nationale posera des problèmes.

Il y aura certainement des mouvements spéculatifs. Mais j'ai toujours dit – et je le maintiens – que je connais quand même cet univers. Puis je ne suis pas tout seul à l'UPR. Malheureusement, il y a des gens que je ne peux pas vous montrer parce qu'ils ont peur. Ils ont bien raison compte tenu des soucis qu'on me fait à moi judiciens. Il y en a là qui ont peur d'être pourchassés, de perdre leurs emplois. On en est là en France. Mais en France... Dans l'UPR, nous avons... J'ai auprès de moi des banquiers, plusieurs. Il y a deux banquiers qui ont deux personnes qui arrivent dans des banques. Et qui me confirment tout à fait dans mes propos.

Ce que craignent les financiers dans le monde entier, c'est l'incertitude. C'est ça qui leur fait peur. C'est la chose numéro un qui leur fait peur. Or, actuellement, il y a une incertitude sur la France. Et cette incertitude ne fait que s'aggraver de mois en mois. On n'est peut-être pas très loin d'une nouvelle dégradation de la note financière de la France. Parce que la situation financière de la France, elle est devenue calamiteuse. Et donc actuellement, d'ores et déjà, il y a une prime qui est demandée par les marchés financiers ou à l'émission d'empreintes français. Si vous vous intéressez un petit peu... Je sais que c'est des sujets un peu techniques. Bon.

Je préfère quand même les traiter. Moi, je suis capable de les traiter. Tous les candidats à l'élection présidentielle. Serait bien normal, je pense, de les traiter à fond comme je le fais. Ce qui est quand même un peu gênant de remettre les clés à des âmes bâtées qui ne comprennent à rien du tout, qui ne savent même pas comment fonctionne l'euro. Bon. Je sais pas. Il faut se ressaisir. Il faut que les Français se ressaisissent quand même. Bien. Donc qu'est-ce qui se passe actuellement ? Il se passe que lorsque la France émet des obligations, ainsi que même au Trésor des OAT à 10 ans, eh bien le taux d'intérêt demandé par les marchés financiers pour en acheter...

Quand je dis « demander », c'est que c'est la loi de l'offre et de la demande. Alors le Trésor français veut émettre des OAT. Et puis on voit qui est ce qui en achète. Et puis s'il n'y a personne, il faut augmenter le taux d'intérêt. Et puis il y a un moment à partir duquel il va y avoir des gens qui vont commencer à en acheter. Donc c'est ça qu'on appelle le taux d'intérêt demandé par les marchés. Et ça peut être des investisseurs internationaux comme nationaux, d'ailleurs. Et ça peut être... Quand vous avez une assurance-vie, par exemple, votre assureur-vie, il achète des OAT du Trésor français dans le paquet, dans le portefeuille de ce qu'il a, si vous avez quelque chose d'assez sûr.

Bien. Donc actuellement, les marchés financiers demandent des taux d'intérêt à la France supérieurs au taux d'intérêt qu'ils demandent à l'Allemagne. Alors je l'ai déjà dit. Je le répète. Pourquoi est-ce que le taux d'intérêt demandé à la France est supérieur au taux demandé à l'Allemagne ? Il y a trois raisons qui peuvent expliquer cela. C'était pas moi qui l'avais dit. D'ailleurs, c'était Mario Draghi qui avait fait un scandale parce qu'il avait trop parlé du temps où il était à la tête de la BCE. Il y a premièrement un risque qui est un risque... Quand on se fait rémunérer par des taux d'intérêt, il y a un risque que l'on se fait rémunérer. C'est le risque de disponibilité.

À partir du moment où vous prêtez 10 000 € à quelqu'un, vous ne les avez plus. Donc rien que ça, ça nécessite d'être payé parce qu'il peut se passer que vous en ayez besoin. Si vous prêtez à 10 ans, il se peut que dans 3 ans, vous en ayez besoin et qu'à ce moment-là, ça vous soit pénible et qu'il faudrait que vous empruntiez. Donc pour se couvrir, ça nécessite... C'est un vrai sacrifice que vous faites en vous sacrifiant de ces 10 000 €. Donc vous demandez... C'est la première fraction de ce qu'est le taux d'intérêt, ce qu'on appelle donc le risque de disponibilité ou dans l'espèce d'indisponibilité.

Il y a une deuxième fraction du taux d'intérêt qui est ce qu'on appelle le risque de solvabilité. C'est-à-dire que la personne à qui vous avez prêté 10 000 €, qu'à d'un seul coup, elle tombe en faillite et qu'elle ne vous rembourse jamais. Donc là, pour ça, vous avez besoin d'un taux d'intérêt, parce que si c'est le cas... Alors évidemment, quand un banquier fait ça avec des milliers d'opérations, c'est une espèce d'évaluation statistique. Tout le monde n'a pas tombé en faillite en même temps. Donc il y a un taux d'intérêt qui est là pour couvrir le risque de solvabilité. Bien.

Et les gens qui réfléchissent un instant se disent que si je donne 10 000 € au Trésor français ou 10 000 € au Trésor allemand, c'est kiff-kiff du point de vue du risque de non-disponibilité, puisque dans les deux cas, je suis dépourvu des 10 000 €. Donc normalement, je demande le même taux d'intérêt à la France et à l'Allemagne sur ce premier compartiment du taux d'intérêt. Le deuxième compartiment du taux d'intérêt, c'est le risque de solvabilité. A priori, quand vous prêtez 10 000 € à quelqu'un qui est très riche et 10 000 € à quelqu'un qui est encore assez riche, vous avez une différence assez difficile à chiffrer, mais qui est faible.

Actuellement, heureusement encore, mais peut-être pas pour très longtemps. Mais actuellement, les marchés financiers considèrent que lorsqu'ils prêtent de l'argent à la Banque de France, c'est quasiment presque aussi sérieux que lorsqu'ils le prêtent à la Bundesbank allemande. Ça a tendance à se dégrader. Donc ce deuxième compartiment a tendance à augmenter. Mais c'est le troisième compartiment. C'est celui dont avait parlé Mario Draghi, ce qui avait fait un énorme scandale sur les marchés financiers. Ça va être dans les années 2015, 2016. Je ne me rappelle plus exactement. Parce qu'il avait dit ce qu'un banquier central ne doit pas dire sur l'euro.

Le troisième risque, c'est le risque de redénomination. C'est un mot de jargon financier pour dire que l'argent que vous avez prêté, on vous le rembourse dans une autre monnaie. Voilà. Et évidemment, les marchés financiers anticipent la possibilité que l'euro explose. Et plus les choses évoluent et plus la France s'endette, plus ils craignent que la zone euro explose. Et ils savent que si la zone euro explose, les prêts de 10 000 € qu'ils auront faits leur seront remboursés dans l'équivalent de la monnaie qui aura cours. Alors ça, il y a des gens qui croient... Ça me permet de brosser plusieurs inquiétudes. Il y a des gens qui disent... Vous vous rendez compte ?

Si l'euro, le franc s'effondre de 50 %, notre redette explosera de 50 %, pas du tout. Parce qu'il y a ce que l'on appelle la lex monétae. C'est du latin. Ça veut dire qu'on remboursera dans la monnaie et en cours légal. D'ailleurs, si vous avez souscrit des emprunts immobiliers auprès de banques... Pas toutes les banques le font, mais beaucoup d'entre elles le font. Elles disent que vous verrez rembourser... Il y a un petit astérisque avec une footnote en euros ou dans toute monnaie et en cours légal en France. Je rappelle que c'est ce qui s'est passé lorsqu'on est passé du franc à l'euro.

Il y a quand même beaucoup de Français qui avaient placé de l'argent dans des comptes bancaires, sur un livret de caisse d'Épâle, ou au contraire des Français qui avaient des dettes immobilières en francs. Et puis d'un seul coup d'un seul, le 1er janvier 2022, hop, ça s'est transformé en euros. Alors les Français n'ont pas eu peur, parce qu'on leur a dit que l'euro, c'est formidable, ça n'avait que des avantages. Alors là, les Français, ils ont peur dans le sens inverse. Pourquoi ? Parce qu'on leur dit que c'est la catastrophe. Mais en fait, on l'a déjà vécu, le passage d'une monnaie à une autre.

Donc ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce qui risque d'arriver, en effet, c'est que des gens ayant prêté 10 000 € à la France à 10 ans, eh bien que dans un an, par exemple, si j'arrive à l'Élysée, on leur rembourse en francs. Comme le franc, pour des raisons que j'ai déjà expliquées ailleurs, normalement, on devrait se déprécier – pas de 50 %, ça, c'est faux – de l'ordre de 15 %. Ce qui me permet de dire ça, c'est le solde de Target 2 dans la balance des paiements courants à l'intérieur de la zone euro. Je suis désolé, c'est technique, mais je peux pas faire autrement. Alors croyez-moi, sur parole, si vous ne pouvez pas suivre et si vous ne pouvez pas aller vous renseigner.

Mais ça veut dire... Je suis pas le seul à le dire. Personne n'anticipe que le franc déprécierait de 90 %, parce qu'il y aurait aussitôt des ruées sur l'achat de produits français. Tout reviendrait à des affaires en or. Tous les entreprises français n'arriveraient plus à fournir tellement il y aurait de commandes et si et ça, parce que ça ne vous aurait plus rien. Donc il y aurait une extraordinaire demande mondiale de francs. Et donc par le jeu de l'offre et de la demande, immédiatement, le franc remonterait très très fort. C'est aussi simple que ça. Donc on sait que là où il y a une stabilisation, c'est 15 %.

Donc évidemment, les gens qui auront prêté 10 000 € seront remboursés en francs, en 10 000 francs, puisqu'on a prévu de revenir à 1 € pour 1 franc. Et les 10 000 francs, si ce sont des Américains, par exemple, 10 000 € actuellement valent l'équivalent de quelque chose comme 11 500 €, quelque chose comme ça, peut-être un petit peu plus, un petit peu moins, je ne sais pas, ou 12 000 €, c'est à peu près. Ça veut dire que si on est remboursé en francs, au lieu d'être remboursé en euros, le nouveau franc vaudra à peu près 1 €. Donc évidemment, ils pourront se dire qu'ils ont fait une mauvaise affaire. Oui, mais nous, qu'est-ce qu'on dira ? Mais on dira...

Mais justement, on a payé la prime de risque. C'est justement pour ça que les taux d'intérêt actuellement sur les OAT françaises sont supérieures au taux d'intérêt allemand. C'est parce que justement, les marchés financiers anticipent d'ores et déjà l'éclatement de l'euro. Donc les étrangers ne pourront pas dire qu'ils ont été pris... Puisqu'on paye plus cher que les Allemands. On leur donne plus cher que les Allemands parce qu'on comprend qu'ils peuvent avoir la crainte d'un risque de redénomination en francs. Alors tout ce que j'ai dit là... J'essaie d'être clair. J'espère que je le suis. Tout ce que j'ai dit là, c'est ce qu'avait dit encore une fois Mario Draghi...

Il faudra retrouver le passage même dans les années 2007-2017. Ça avait fait un énorme scandale parce qu'il y a une espèce de dogme de l'Église européiste, de la Sainte Église européiste. Prions Saint Jean Monnet et Saint Robert Schumann, etc. On a un dogme de l'Église qui est que l'euro ne peut pas être remis en cause. Yves Thibault de Silgui, qui avait été commissaire européen français chargé de la mise en œuvre de l'euro au tournant du siècle, au tournant du millénaire, avait eu cette formule. Il avait dit que l'euro est une autoroute sans sortie, ce qui est un cauchemar, en fait. Bon. Donc c'est ça qui est très important.

C'est là-dessus qu'avait Mario Draghi, avait émis les pieds d'emploi. Si toute l'histoire monétaire du monde montre qu'il y a toujours une explosion des monnaies plurinationales, il y aura une explosion des monnaies plurinationales. Voilà. Et donc tout ça pour dire que contrairement à ce que pense cet internaute, non, non, non, non, non, il y aura des moments difficiles. C'est possible. C'est même sûr. Mais au bout du compte, si vous voulez, c'est comme quelqu'un qui a une rage dedans, qui ne veut pas se faire opérer parce que ça va lui faire mal. Mais tout le monde sait que le mal de dent ne s'améliore jamais. Donc il y a un moment à partir duquel il faut mieux se faire arracher la dent.

Voilà. Alors c'est jamais agréable. Mais au bout de... Trois jours après, vous dites « Qu'est-ce que j'ai bien fait d'aller chez le dentiste ? ». Ben c'est ça. Voilà. C'est-à-dire qu'il y aura un moment difficile. Mais ensuite, la France ayant récupéré son franc, ayant récupéré la maîtrise des contrôles des mouvements de capitaux, d'un seul coup, aura une monnaie conforme à la compétitivité de l'économie française. Nous redévelopperons notre commerce extérieur. Nous verrons s'effondrer nos déficits commerciaux. On renouera peut-être avec des excédents commerciaux. Or, ça veut dire qu'on créera de l'emploi en France.

Vous avez vu qu'on a appris aujourd'hui que l'INSEE a tiré la sonnette d'alarme. On est passé à 8,1% du taux de chômage. On n'avait pas vu ça depuis 2021. C'est de nouveau la catastrophe. Donc voilà. C'est beau. Et ça, c'est le chômage catégorie A. Il y a beaucoup de chômage camouflé en France. Mais donc on verra d'un seul coup une reprise de l'économie, une reprise saine. Et on pourra réindustrialiser la France, puisque justement, les entreprises françaises auront davantage intérêt à investir en France avec une main-d'œuvre qui sera moins chère. On aura également des effets bénéfiques.

C'est que comme il y aura moins de chômeurs, les comptes sociaux – ce que l'on appelle les comptes sociaux – auront tendance à diminuer le déficit des comptes sociaux. On aura moins de dépenses à faire, mais il y aura moins de chômeurs. Et donc les comptes sociaux s'amélioreront. On aura donc moins de dépenses budgétaires. On aura également – en sortant de l'UE et de l'euro – on aura des quantités de normes que l'on évacuera pour libérer... Et de ce point de vue-là, je rejoins sur ce seul aspect-là des choses des gens comme David Lyslard ou comme Mme Clinfo. Ils n'ont pas tort de dire... Ils ne sont pas les seuls de dire qu'il y a trop de réglementations en France.

Mais ils n'en tirent pas les conséquences. Ils ne voient pas... Ils ne veulent pas dire que ça vient en partie considérable de notre appartenance à l'UE. Bon. Je vois... On me fait signe dans la régie. J'ai été très long. Il y a d'autres questions. On va durer un petit peu plus longtemps aujourd'hui, parce que j'ai fait ma longue introduction. Je pense que les gens qui m'écoutent seront d'accord si on prolonge d'une vingtaine de minutes. Voilà. Mais en tout cas, je voulais faire ça, parce que je ne voudrais surtout pas que les gens qui m'écoutent pensent que nous sommes des rêveurs. On n'a pas pensé... Au contraire. On est très pragmatiques.

Et je peux vous dire que j'ai avec moi des sacrés professionnels aussi qui sont là. L'euro est une monnaie qui est totalement contreperformante du point de vue économique. C'est un sous-optimum collectif. Elle est systématiquement trop bon marché pour les pays les plus performants et trop cher pour les pays les moins performants économiquement. C'est dingue. C'est une monnaie qui est pro-cyclique et non pas contra-cyclique, comme on dit, qui aggrave les phénomènes au lieu de les résorber. Voilà ce que j'avais à dire.