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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 avril 2019 25 min

Grand débat : il faut "une baisse de la CSG" de "3% pour tout le monde", estime Nicolas Dupont-Aignan

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Marc Fauvel. Emmanuel Macron s'adresse donc aux Français ce soir à 20h. Quelle est la mesure qu'il doit pour vous annoncer ?

0:13
Nicolas Dupont-Aignan

Il y en a beaucoup. La première, sans doute, la réindexation des pensions de retraite, des prestations familiales sur l'inflation, parce que c'est le minimum vital de ne pas perdre de pouvoir d'achat. Et puis je pense que, en tout cas moi j'aimerais une réorientation complète de la politique économique du pays. Car on voit bien que si ce sont des bouts de ficelle, ça ne marchera pas.

0:34
Présentateur

Pour aller dans quel sens ?

0:36
Nicolas Dupont-Aignan

Pour aller dans le sens de la relocalisation de millions d'emplois qui manquent au pays, qu'on a laissé partir depuis des années, ça ne date pas de ce gouvernement, lié à une concurrence déloyale, mondiale et européenne, et qui fait qu'il n'y a plus les emplois nécessaires pour financer le partage social légitime qu'on attend d'un pays civilisé.

0:59
Invité

Renaud Dely. Est-ce que ces annonces, elles passent aussi à vos yeux par des baisses d'impôts massives ?

1:05
Nicolas Dupont-Aignan

Moi je pense que la défense du pouvoir d'achat exige des baisses d'impôts, mais pas que des baisses d'impôts. Qu'est-ce que je veux dire par là ? Attention au concours lépine de la baisse d'impôts. Pour faire de vraies baisses d'impôts, il faut par exemple arrêter le racket sur l'électricité. Le pouvoir d'achat dépend pas que des baisses d'impôts, le pouvoir d'achat ça dépend de la taxe sur l'électricité qui est prévue par exemple d'augmenter au mois de juin, j'espère qu'il va l'annuler. C'est la privatisation des autoroutes, des barrages, c'est tout cet environnement. Premier point.

Deuxième point, moi j'ai proposé à la France, nous avons proposé des baisses d'impôts, mais pour ça il faut faire des économies sur des gaspillages. Et nous avons proposé une baisse d'impôts, c'est la baisse de la CSG. La CSG permettrait de toucher tout le monde, ce que nous avons proposé, sans parler d'une baisse de TVA sur des produits de première nécessité qui seraient très justes.

1:58
Invité

Précisément, quels impôts baissaient ? Il y a tout un débat qui est né dans la majorité, puis il y a aussi des propositions, vous venez d'en faire, qui émergent dans l'opposition. Je vous propose d'écouter deux propositions différentes, l'une de Laurent Wauquiez qui évoque l'impôt sur le revenu, et l'autre de Raphaël Glucksmann, la tête de liste du PS et de Place Publique, qui lui exige davantage de justice fiscale. Nous ce qu'on veut c'est une baisse de l'impôt sur le revenu pour tout le monde, simple, clair, pas d'usine à gaz, moins 10% pour tous ceux qui payent l'impôt sur le revenu.

S'il avait le courage de changer de cap justement, ce serait de mettre fin à l'injustice fiscale de son quinquennat, soit en rétablissant l'impôt sur la fortune, soit en établissant une nouvelle tranche d'imposition pour les plus hauts revenus. Moins 10% pour tout le monde, dit Laurent Wauquiez, ou est-ce qu'il faut un effort supplémentaire demandé aux plus hauts revenus, comme le dit Raphaël Glucksmann ?

2:45
Nicolas Dupont-Aignan

Alors vous savez, les moins 10% sur l'impôt sur le revenu, c'est ce que j'avais proposé à la présidentielle, donc je ne vais pas cracher dessus. Pour tout le monde, pour les pauvres comme pour les riches. Avec un plafond, parce que je pense qu'il y a beaucoup de français les plus riches qui peuvent continuer à payer pour les très riches, qui ont surtout été exonérés.

3:00
Présentateur

Alors là, ça aboutirait Nicolas Dupont-Aignan à faire baisser massivement l'impôt des plus riches.

3:04
Nicolas Dupont-Aignan

C'est pourquoi je ne suis pas sur la même position que M. Wauquiez. À Debout la France, nous voulons de la justice sociale, et c'est notre différence avec les républicains. Nous pensons qu'il faut une baisse d'impôt sur le revenu sur les classes moyennes et les premières tranches, mais nous disons que cela ne suffit pas. Voilà pourquoi nous préférons une baisse de CSG, qui permettrait de revaloriser les salaires, c'est-à-dire ceux qui travaillent.

Le problème de fond du pays, c'est que tous ceux qui travaillent durement, et c'était la cause de la crise des gilets jaunes, n'ont pas assez dans le porte-monnaie, parce que la différence entre le salaire brut que paye l'entrepreneur et le salaire net était extravagant en France.

Donc, au lieu de chercher des usines à gaz, chacun veut sa baisse d'impôt, la mesure la plus simple pour ceux qui travaillent, c'est de baisser la CSG, comme ceux d'ailleurs, comme les retraités, et nous avons proposé déjà, dans un premier temps, et nous l'avons chiffré, parce que nous sommes des gens raisonnables, une baisse de 3% pour tous, qui coûte quand même 40 milliards, et ensuite, des mesures ciblées, TVA à 0% sur des produits de première nécessité, et réindexation du pension de retraite. Mais pour faire ça, j'insiste, pour faire ça, il faut quand même oser faire des économies, parce que moi, M. Wauquiez, les autres, M. Glucksmann, personne ne propose d'économies nulle part.

À Debout la France, nous proposons de vraies économies sur des gaspillages, les fraudes à la carte vitale, l'évasion fiscale, l'évasion fiscale colossale, et Stéphanie Gibault est deuxième sur notre liste, la lanceuse d'alerte, dans l'affaire UBS, et troisième point, réduire la dotation à l'Union Européenne, qui est extravagante, qui est de 11 milliards d'euros cette année.

4:39
Invité

En matière d'impôt, il y a une revendication qu'on a beaucoup entendue dans le mouvement des Gilets jaunes, c'est la restauration de l'ISF, de l'impôt sur la fortune.

4:46
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, j'y suis favorable avec le mécanisme, je crois, intelligent, désolé de le dire, que nous avions proposé à la présidentielle, c'était maintien de l'ISF, donc rétablissement de l'ISF, mais zéro ISF quand la personne réinvestit son ISF dans une entreprise qui investit en France, sur le territoire français. C'était une mesure, je crois, franchement parfaite, parce qu'on maintenait l'ISF, mais ceux qui avaient un réflexe patriotique et qui investissaient dans une entreprise en France, pour relocaliser de l'emploi, avaient un bonus. C'est la mesure idéale, et je ne comprends pas pourquoi le gouvernement va voir ce soir s'il rétablit ou pas l'ISF.

On ne peut pas dire, on va baisser les impôts si on ne prend pas l'argent quelque part, soit dans des économies, soit sur les plus riches. Est-ce qu'on peut prendre cet argent aussi en laissant filer provisoirement ou pas les déficits publics ? On peut laisser filer un peu les déficits publics si, à une condition, c'est qu'on investisse pour permettre de relocaliser les emplois qui demain feront baisser les déficits. Si c'est pour ce soir donner de l'argent gratuitement aux français qui vont payer en impôts dans un an, ça sera du pipeau.

Si c'est changer de logique économique, c'est-à-dire vraiment favoriser la production en France, par exemple, annuler la directive travailleurs détachés, qui fait que les travailleurs étrangers ne payent pas de charges sociales en France.

6:08
Invité

Qui a déjà été réformé à l'initiative de la France, d'ailleurs.

6:12
Nicolas Dupont-Aignan

Mais non, mais le principe de base, vous le savez bien, n'a pas été changé. Un travailleur polonais qui vient en France, il ne paye pas les charges sociales d'un artisan français. Il paye la charge polonaise qui est moitié moins. Ça ne peut pas marcher, il y en a 500 000 en France, ce n'est pas possible. Donc, soit Emmanuel Macron, en fait, change le cadre de la politique, qui étouffe tous les gouvernements depuis 10 ans. Soit il ne le fait pas, et je ne vois pas comment il peut s'en sortir, ce sera des mesurettes. Donc, moi, j'attends ce soir pour voir s'il va vraiment au bout d'une logique de changement, ou si c'est pour endormir les Français une fois de plus.

6:45
Présentateur

Il est 9h moins 20 sur France Info. Nicolas Dupoignan, vous restez avec nous. Cet entretien se poursuit dans une minute. Le temps d'un coup d'œil à l'actualité. David Doba.

6:52
Invité

Des mesures fortes, mais sans revenir pour autant sur ce qui a été fait après avoir écouté durant des dizaines d'heures. Emmanuel Macron va désormais parler à l'occlusion diffusée à 20h ce soir depuis l'Elysée. Parmi les mesures qui pourraient être annoncées, un impôt sur le revenu plus progressif, ou bien encore la réindexation des plus petites retraites. Valérie Pécresse dans un lycée de Seine-Saint-Denis ce matin. Elle doit y détailler la création des brigades régionales de sécurité. En clair, 15 agents répartis dans 3 établissements chargés d'assurer la sécurité des lycéens. Une réponse aux incidents qui se sont multipliés ces tout derniers mois.

L'équipe de campagne de réélection de Donald Trump affirme avoir levé plus de 30 millions de dollars pour le seul premier trimestre aux Etats-Unis. Chez les démocrates Bernie Sanders en recueil 18. Et puis dans le Parisien ce matin, la ministre des Sports, affirme que les enfants seront désormais initiés à la natation de la maternelle. Objectif, tenter de réduire le nombre des noyades. Elle souhaite également encourager la création de classes piscines, à l'image d'ailleurs de ce qui se fait avec les classes de neige. Et si elle est concluante, l'expérimentation pourrait alors être généralisée.

8:02
Présentateur

Le président Debout la France, tête de liste de son mouvement aux élections européennes et l'invité de France Info, Nicolas Dupont-Aignan, toujours avec Renaud Dely, face à moi pour vous interroger.

8:10
Invité

Emmanuel Macron pourrait aussi annoncer des réformes institutionnelles pour essayer de renforcer la démocratie, notamment ébranlée par le mouvement des Gilets jaunes depuis 5 mois. Qu'est-ce que vous espérez de sa part ? L'instauration du RIC, le référendum d'initiative citoyenne, une instillation d'une dose proportionnelle aux législatives ?

8:28
Nicolas Dupont-Aignan

Écoutez, j'étais le premier en 2012, puis 2013, proposition de loi que vous pouvez retrouver à l'Assemblée. J'ai recommencé en 2018 une nouvelle proposition de loi sur le RIC. Je l'appelais référendum d'initiative populaire. Qu'importe. Sans verrou parlementaire. Est-ce que les Suisses sont plus mal gouvernés que les Français ? Pas de chômage, pas de déficit. Et on les consulte souvent. Moi je suis convaincu qu'on ne pourra s'en sortir en France.

8:54
Invité

On peut gouverner la France comme la Suisse.

8:56
Nicolas Dupont-Aignan

Et alors pourquoi ? Les Français ne seraient pas capables de voter sur des sujets importants ?

8:59
Invité

Ce sont des pays qui n'ont pas exactement la même importance économique, géopolitique.

9:03
Présentateur

Pas tout à fait la même culture contestataire non plus.

9:07
Nicolas Dupont-Aignan

Et justement, c'est peut-être parce que les Français n'ont pas été associés dans leur histoire suffisamment aux décisions. Et le général de Gaulle avec la Vème République, vous croyez qu'il aurait pu résoudre la crise algérienne sans le référendum ? Votre modèle c'est la Suisse ? Ah mon modèle en termes de démocratie participative, oui c'est la Suisse. Et j'estime que le drame français, ce sont des présidents qui sont élus avec les pouvoirs de la Vème République, qui sont énormes, mais qui ne s'astreignent pas à avoir la contrepartie de ce pouvoir qui était le référendum voulu par le général de Gaulle. D'ailleurs lui, il est parti sur un référendum perdu.

9:39
Présentateur

Oui, ça ne lui a pas forcément réussi.

9:40
Nicolas Dupont-Aignan

Mais ce n'est pas la question de faire réussir le président, c'est de faire réussir la France. Et je pense que la solution...

9:45
Présentateur

Vous pensez qu'un président peut gagner un référendum en France ?

9:48
Nicolas Dupont-Aignan

Bien sûr. Mais l'objet c'est peut-être de demander l'avis des Français sur des sujets de société. L'immigration, personne n'a osé demander l'avis des Français sur l'immigration. Sur les mesures scolaires, sur des mesures pénales, sur des mesures fiscales. Mais pourquoi les Français ne seraient pas capables de donner leur avis sur des points fondamentaux de leur pays ? Cette idée que les Français ne seraient pas capables, c'est insupportable. Moi je suis pour le référendum d'initiative citoyenne. C'est le seul moyen pour moi de débloquer le pays.

10:17
Invité

Les référendums, ça ne marche pas toujours, ça ne contribue pas toujours à débloquer des pays. Ça peut même contribuer à les bloquer. On le voit avec le cas du Brexit, précisément.

10:25
Nicolas Dupont-Aignan

Parce qu'en France, on n'aime pas que les peuples votent et on n'aime pas une certaine oligarchie française.

10:32
Présentateur

Là ce sont les Britanniques qui ont voté et qui n'arrivent pas à s'en sortir.

10:34
Nicolas Dupont-Aignan

Mais peut-être parce qu'on ne respecte pas le vote des Britanniques. C'est qui ce « on » ? C'est eux ? Eux, les parlementaires, et qu'ils n'ont pas un Premier ministre à la hauteur de la situation. Mais c'est terrible d'ailleurs cette idée que, en fait, d'ailleurs M. Juncker, le président de la Commission européenne l'a dit, il n'y a pas de démocratie contre les traités. Il a osé cette phrase. Il n'y a pas de démocratie contre les traités. Emmanuel Macron avait raison. Non mais j'insiste.

10:55
Invité

Cela voudrait dire, Nicolas Dupoignan, qu'Emmanuel Macron avait raison la semaine dernière de souhaiter qu'on aille vite et que les Britanniques sortent vite de l'Union européenne.

11:03
Nicolas Dupont-Aignan

Moi je pense qu'il faut aller vite et sur ce point-là, je lui donne raison. Le peuple britannique a voté. Si d'ailleurs, entre parenthèses, on avait écouté le référendum de 2005 en France, il n'y aurait pas eu de Brexit. C'est-à-dire que si on avait corrigé, réformé l'Union européenne, comme je le demandais, comme nous le demandions tous, de gauche ou de droite, il n'y aurait pas eu de Brexit parce que cette Union européenne est dirigée par des gens aveugles et sourds. Et donc à un moment, les peuples n'en peuvent plus. Moi je suis candidat justement aux Européennes pour qu'il y ait un projet de remplacement de l'Union européenne par une nouvelle Europe.

Une Europe des nations et des projets concrets.

11:42
Présentateur

Voilà, c'est la clé de tout. Justement Nicolas Dupoignan, on est à un mois et demi maintenant de ces élections européennes. Est-ce que vous êtes sûr et certain d'être effectivement candidat ? Est-ce que vous aurez les candidats avec vous sur la liste et puis l'argent aussi pour faire campagne ?

11:54
Nicolas Dupont-Aignan

Mais bien sûr, les candidats, ils ont déjà été désignés. En deuxième de liste, il y a Stéphanie Gibault, j'en ai parlé tout à l'heure, lanceuse d'alerte dans l'affaire UBS, parce que nous avons un programme pour récupérer les milliards qui s'évadent en Irlande, aux Pays-Bas et ailleurs. Est-ce que vous avez les banques avec vous ? M. Cochy, gilet jaune responsable qui nous a rejoints, le président du CNIP, Centre national des indépendants et paysans, des anciens députés républicains. Donc c'est une liste qui est complète.

12:20
Présentateur

Est-ce que vous avez l'argent pour faire campagne ?

12:21
Nicolas Dupont-Aignan

Est-ce que vous avez l'argent ? Malheureusement, nous nous heurtons aux banques, mais nous avons fait une collecte et ce sont les membres de Debout la France et les sympathisants qui prêtent au candidat. Ça va de 2 000 euros à 50 000 euros. Ce sont des prêts à 3%. C'est-à-dire nous remplaçons les banques et nous passons...

12:38
Invité

Les banques ne veulent pas vous prêter, Nicolas Dupont-Yon ?

12:40
Nicolas Dupont-Aignan

Aucune banque ne veut nous prêter. Pourquoi ? Eh bien, pour des raisons politiques.

12:44
Présentateur

Vous avez des sondages aussi, qui ne nous donnent pas forcément au-dessus des 3%.

12:48
Nicolas Dupont-Aignan

Si, tous les sondages sont au-dessus de 3%.

12:51
Présentateur

Vous êtes à 4, c'est-à-dire qu'on est dans la marge ?

12:52
Nicolas Dupont-Aignan

4, 7%, 8%, 6%. Il y a des sondages aujourd'hui qui vous ont fait le double ? Oui, et nous avons fait toujours le double des sondages à chaque élection. Ça veut dire que là, vous pensez que vous ferez 16% ? Je n'ai pas dit ça. Non. Je dis que les sondages sont entre 4 et 7%. Nous en avons eu une fois à 8. Allez, disons 6% la moyenne. Eh bien, nous pouvons très bien faire les 10% si les Français le volent. Est-ce que vous avez... Attendez. Est-ce qu'on gouverne en fonction des sondages sur 500 personnes ? Ou est-ce qu'on gouverne en fonction des idées ? Est-ce que vous avez contacté des banques étrangères pour vous aider ?

13:23
Présentateur

Non. C'est un principe ou vous n'avez pas eu le temps ?

13:25
Nicolas Dupont-Aignan

Non, parce que nous avons essayé les banques françaises et puis nous nous heurtons à des murs. Et donc, nous organisons nous-mêmes avec les prêts. Et je remercie les Français qui nous prêtent.

13:35
Invité

Quand vous dites que c'est politique, la décision des banques, ça veut dire que le pouvoir... Ils ne veulent pas financer... Mais quand c'est politique, ça veut dire qu'elles répondent, ces banques, à des injonctions politiques qui viennent du pouvoir qui voudraient vous faire faire...

13:44
Nicolas Dupont-Aignan

Je ne sais pas. Non, je pense que d'abord, elles disent on ne finance plus la politique. Mais c'est curieux, elles financent d'autres parties. Alors j'aimerais qu'on m'explique. Mais l'important, ce n'est pas ça. Il y a beaucoup de parties comme vous qui dénoncent

13:55
Présentateur

la France Insoumise, le Rassemblement National. C'est difficile d'y voir un complot ou une décision politique, comme vous l'avez dit.

14:04
Nicolas Dupont-Aignan

En tout cas, moi je considère que dans une démocratie, ne pas prêter à des partis politiques qui offrent des garanties, car nous mettons des garanties sur des patrimoines. Nous avons une candidate qui avait 400 000 euros de garantie pour emprunter 200 000 euros. Ça a été refusé. Donc on vous a prêté combien à l'heure où on se parle ? On nous a prêté un million, un peu plus d'un million, un million cinq cent mille. Et c'est suffisant pour boucler la campagne ? Nous avons bouclé, il nous manque encore un peu d'argent, mais nous allons réduire les dépenses.

14:29
Invité

Renaud Delis. Alors pour peser dans une démocratie, il faut aussi parfois essayer de rassembler, de passer des alliances. On n'a pas bien compris pourquoi est-ce que vous ne vous étiez pas entendu avec Marine Le Pen alors que vous étiez entendu au second tour de la présidentielle. Écoutons ce que Marine Le Pen en dit, c'était hier chez nos confrères d'RTL.

14:45
Locuteur non identifié

Bien sûr que je lui tends la main. Bien entendu, je l'ai fait depuis le début. Je continue à le faire aujourd'hui. Je pense que si nous étions partis ensemble, nous serions d'ores et déjà dans les sondages en tête devant Emmanuel Macron. Mais il n'a pas souhaité le faire. Manifestement, il a du mal à rassembler.

15:03
Invité

Pourquoi est-ce que vous avez repoussé la main tendue par Marine Le Pen ?

15:05
Nicolas Dupont-Aignan

Est-ce que M. Bellamy s'est allié avec Mme Loiseau pour les Européennes alors que les Républicains ont soutenu M. Macron ? Non. Au deuxième tour ? Oui.

15:16
Présentateur

François-Xavier Bellamy n'avait pas prévu d'être le Premier ministre, à ma connaissance, d'Emmanuel Macron, comme vous.

15:22
Nicolas Dupont-Aignan

M. Philippe, républicain, et beaucoup de Républicains sont... Le parti. Ce que je veux dire par là, c'est un scrutin de premier tour. C'est un scrutin de premier tour. Il n'y a qu'un tour. Il n'y a qu'un tour. C'est un scrutin à la proportionnelle. Debout la France a proposé à Mme Le Pen, et elle n'a jamais répondu à mon courrier, un vrai projet européen. Mais ça ne l'intéresse pas. Et moi, je vous le dis très clairement, la politique et les alliances n'ont de sens que sur un projet. Je ne regrette pas un instant d'avoir soutenu Mme Le Pen au deuxième tour pour faire barrage à M. Macron, pour être clair.

Et nous avions négocié avec Mme Le Pen, à l'époque elle était désireuse d'une négociation, un projet commun. Elle avait infléchi son programme. Et aujourd'hui, vous n'avez plus le même projet. Vous êtes en désaccord avec Mme Le Pen. Laissez-moi finir mon argumentation. Suite à cela, nous avons eu une négociation. Elle a refusé, et elle n'est pas candidate, que je sache. C'est M. Bardella. Elle a refusé de concevoir une union sur un vrai projet européen. Nous avons travaillé à Debout la France sur ce projet. Dans ces conditions, c'est un scrutin à un tour. Nous avons un projet différent. Nous avons des alliés en Europe. Attendez, si je peux finir. Différent. Si je peux finir.

23 pays, qui ne veulent pas d'ailleurs de Mme Le Pen et de ses députés, pour une réforme en profondeur. Je ne sais pas si vous avez remarqué Renaud-Dély. Je peux vous poser une question. Tant à vous de Renaud-Dély.

16:45
Invité

Je vous en prie. Vous avez proposé à Marine Le Pen de se ranger derrière vous aux élections européennes. On peut comprendre qu'un parti, le Rassemblement national, qui est estimé autour de 20% et vous qui êtes autour de 4%, ait pu penser ce parti que ce soit plutôt... C'est à vous de la rallier. Ce n'était pas ça l'enjeu.

16:58
Nicolas Dupont-Aignan

C'était d'avoir un projet.

17:00
Invité

Vous l'avez proposé. Vous l'avez proposé.

17:03
Nicolas Dupont-Aignan

Je lui ai proposé un manifeste, que j'ai proposé aussi à M. Wauquiez, de fond. Car vous avez constaté sans doute que le débat du second tour a été un ratage sur l'affaire européenne. Et moi je considère, et je suis le mieux placé, l'ayant soutenu. Je ne peux pas être accusé de division. Je suis la seule personnalité politique qui l'a soutenue au second tour. Mais je crois que le devoir, c'est de tirer les leçons de son échec au second tour. Le débat du second tour m'a marqué. Et ce débat a été lié à un manque de préparation sur l'Europe.

17:30
Présentateur

Vous pensez qu'elle a rattrapé son retard maintenant ?

17:33
Nicolas Dupont-Aignan

Non, je pense qu'elle n'a toujours pas préparé et revu son programme européen. D'ailleurs le programme va être sorti aujourd'hui, 15 avril.

17:39
Présentateur

Et il n'est plus question, d'avoir sur blanc, de quitter l'Union Européenne.

17:42
Nicolas Dupont-Aignan

C'est un virage qui est acté dans le programme. Nous l'avons sorti, notre programme, le 23 septembre. Nous avons travaillé. Je considère qu'on veut, en fait, M. Macron et Mme Le Pen veulent enfermer les Français à cette élection européenne. Dans un duo terrible pour rééditer en 2022-2017. C'est une élection à un tour. Un tour. Il y a le choix. M. Hamon n'est pas avec M. Mélenchon. M. Bellamy n'est pas avec Mme Loiseau. Je ne suis pas avec Mme Le Pen parce que je veux offrir un choix. Et je dis aux Français qui m'écoutent. Une voix patriote pour Mme Le Pen, c'est une demi-voix pour M. Macron. C'est clair. Ils veulent enfermer les Français dans ce duo.

Or moi je pense que ce duo n'est pas bon pour la France. Et je pense qu'aux élections européennes, un scrutin à un tour, on a le droit de penser différemment, d'avoir des alliés différents, d'avoir le choix. Les patriotes auront le choix. Comme les européistes ont le choix entre Mme Loiseau et M. Bellamy.

18:35
Présentateur

8h51 sur France Info. On se retrouve dans un instant avec vous Nicolas Dupont-Aignan. D'abord l'actualité avec David Doba.

18:42
Invité

Une prise de parole en deux temps. D'abord une allocution depuis l'Elysée. Puis une conférence de presse. Et ça ce sera pour mercredi. Emmanuel Macron qui souhaite frapper un grand coup. N'a surtout pas le droit de décevoir. Cinq mois après le début du mouvement des Gilets jaunes. Et l'organisation d'un grand débat. Qui l'a conduit à écouter les doléances un peu partout dans le pays. Il est soupçonné d'avoir proféré des cris de singe vendredi soir lors du match opposant Amiens à Dijon. Un homme qui conteste les faits a été placé sous le statut de témoin assisté. Ses cris racistes visaient le défenseur et capitaine d'Amiens Prince-Guano. Le parquet envisage un recours du foot justement.

Mais du vrai sur la pelouse avec cette grosse contre-performance de Paris. Ou ce magnifique exploit de Lille. C'est selon le PSG sèchement battu hier soir en clôture de la 32ème journée de Ligue 1. En infériorité numérique. Pénalisé également par les blessures de Silva et Meunier. Les parisiens ont donc été laminés. 5 buts à 1. Et puis au fil des ans c'est devenu un événement planétaire. Diffusion cette nuit. Il était 3h du matin dans 170 pays. Du nouvel épisode de Game of Thrones. La série de tous les records. Alors on ne va rien vous dire. Si ce n'est que les producteurs s'attendent tout de même à des records d'audience. Pour cette toute dernière saison.

19:50
Présentateur

France Info. Toujours avec le président de Debout la France. Candidat aux élections européennes.

19:57
Invité

Et avec Renaud Dely. Quels sont vos alliés potentiels au Parlement européen Nicolas Dupont-Aignan ? Puisque Marine Le Pen ambitionne de rassembler l'ensemble des nationalistes au Parlement. Vous on ne voit pas bien quels sont vos alliés aujourd'hui ? Vous auriez dû venir le 28 février.

20:10
Nicolas Dupont-Aignan

Nous avons réuni à Paris 23 partis politiques. C'est la première fois qu'un souverainiste ou un gaulliste réunissait 23 partis politiques. Justement des Polonais qui gouvernent en ce moment. Des partis qui veulent une Europe réaliste. C'est-à-dire rendre aux nations le contrôle de leurs frontières, de leurs budgets, de leurs lois. et basculer sur une Europe qui se concentre sur des projets industriels, scientifiques, pour faire face à la Chine et aux Etats-Unis.

20:39
Invité

Vous ne siégerez pas donc avec Marine Le Pen et Matteo Salvini ?

20:41
Nicolas Dupont-Aignan

Mais je ne sais pas où ils siégeront.

20:43
Invité

Ils disent qu'ils siégeront ensemble en tout cas.

20:44
Nicolas Dupont-Aignan

Et vous pouvez siéger avec eux ? Non, moi j'ai un groupe, l'ECR, que vous connaissez, qui est le troisième groupe du Parlement européen. Ce sont des gens modérés. Ce n'est pas M. Salvini ou le FPO qui sont les alliés.

20:58
Invité

Il y a le PIS, le Parti de droit et justice polonais.

21:00
Nicolas Dupont-Aignan

Tout à fait, qui gouverne. Matteo Salvini gouverne en Italie. Tout à fait. Mais il n'est pas modéré pour vous ? Il est dans le groupe de Mme Le Pen, avec Gerd Wilders, par exemple en Hollande. Comment vous qualifieriez le groupe des alliés de Marine Le Pen ? Mais c'est le groupe de Mme Le Pen, ce n'est pas à moi d'en répondre. Moi je vous dis que c'est hors de question que je siège avec eux. Il doit y avoir des raisons importantes pour cela. Mais je n'ai jamais dit qu'il était hors de question que je siège. J'ai dit. Ah bon ? Mais écoutez, moi j'ai un projet qu'on a travaillé.

21:23
Présentateur

Attendez, j'ai reposé ma question. Peut-être que je l'ai mal posé, Nicolas Dupoyon. Est-ce que vous siégerez, si vous êtes élu au Parlement de Strasbourg et de Bruxelles, dans le même groupe que Matteo Salvini et que Marine Le Pen ?

21:31
Nicolas Dupont-Aignan

On verra où ils siègent. En tout cas, moi je siégerai avec le groupe ECR. Ça il existe. C'est le troisième groupe de l'Assemblée. Vous pouvez regarder sur Internet. 73 députés. Et pourquoi nous avons fait ça à Debout la France ? Parce qu'il ne sert à rien d'avoir beaucoup de voix à Paris si une fois au Parlement européen, on est isolé. En 2014, Marine Le Pen a eu un grand succès en France et elle a été isolée. Nous, nous avons travaillé avec 23 partis qui aujourd'hui ont une action au Parlement européen. Et nous voulons transformer l'Europe parce qu'on parle des uns, des autres. Mais je pense que les Français ont le droit de savoir ce que je propose. Qu'est-ce que je propose ?

Une Europe gaullienne, ça veut dire quoi ? On arrête avec la commission de Bruxelles qui concentre tout. On se concentre pour affronter la Chine et les Etats-Unis.

22:17
Invité

Aujourd'hui, ce n'est pas la commission de Bruxelles qui concentre tout. Ce sont les Etats membres qui ont toujours le pouvoir de décision. Non. La commission de Bruxelles applique.

22:22
Nicolas Dupont-Aignan

Dans la réalité, vous le savez bien, c'est la commission de Bruxelles, la Banque Centrale et la Cour de Justice qui sont composées de membres non élus qui dirigent cette Union européenne pour le plus grand malheur des pays. Nous voulons fermer la commission de Bruxelles, revenir à un secrétariat allégé et ensuite nous voulons que l'Europe composée de qui ? Composée de représentants des Etats. Qui seraient élus ? Qui seraient des représentants des Etats. Donc ça s'appelle les commissaires ? C'est le principe de la commission, non ? Sauf qu'ils n'auraient pas du tout les pouvoirs de la commission. Qui aurait le pouvoir en Europe ? Les Etats. Unifient les Etats.

Et en dehors des sommets européens, il ne se passe rien. Un secrétariat allégé et ensuite des agences par thème comme Airbus pour qu'on développe l'action de l'Union européenne sur intelligence artificielle, souveraineté numérique, lutte contre le cancer, voiture propre, panneau solaire de demain, plan pour la Méditerranée. Nous voulons une Europe forte par des projets à 3 ou 4 pays, à géométrie variable, plutôt qu'une Europe obèse qui n'a pas réussi depuis 20 ans à relever les défis du 21ème siècle face à la Chine et aux Etats-Unis. C'est une architecture totalement nouvelle que nous proposons. Et je vous remercie que sur 30 minutes, on puisse avoir 2 minutes sur le fond des choses.

23:38
Invité

Nicolas Dupont-Aignan, pour porter ce projet, il faut aussi rassembler, pourquoi pas passer des alliances. On a compris que vous aviez quelques légers différents avec Marine Le Pen. Il y a quelqu'un qui s'est retiré de la politique active mais qui parle beaucoup ces dernières semaines, c'est Marion Maréchal, qui a expliqué dans une interview la semaine dernière que le positionnement populiste était une impasse électorale. Marine Le Pen lui a répondu et l'a en l'occurrence démenti. Est-ce que vous pourriez vous entendre avec Marion Maréchal dans une hypothèse ? Elle est retirée de la vie politique.

24:10
Nicolas Dupont-Aignan

Est-ce qu'on peut parler un jour ?

24:11
Invité

Elle est très présente et elle parle beaucoup pour quelqu'un de retiré.

24:13
Nicolas Dupont-Aignan

Peut-être. En tout cas, est-ce qu'on peut parler un jour dans la vie politique ? Est-ce qu'on peut parler d'autre chose que de la famille Le Pen ? En fait, on rend les Français prisonniers du duo Macron-la-Famille Le Pen. Eh bien, Debout la France, c'est un parti gaulliste, républicain, qui veut offrir un patriotisme raisonnable aux Français. Laissez-moi au moins le temps de le présenter à nos concitoyens.

24:36
Présentateur

Et on peut être un Premier ministre de Marine Le Pen à Paris, Nicolas Dupont-Aignan, et un adversaire politique dans les rangs du Parlement européen. Mais je ne serai pas adversaire. On essaie depuis 5 minutes de vous faire dire si vous allez ou non séger avec elle.

24:45
Nicolas Dupont-Aignan

C'est très intéressant. On n'a pas eu la réponse. Eh bien, nous voterons sur les projets. Mais vous ne serez pas, par définition, dans le même groupe qu'elle. Et je n'en sais rien aujourd'hui. Peut-être que Marine Le Pen rejoindra le groupe ECR. Je n'en sais rien. Et il y aura peut-être un grand groupe. Je n'en sais rien. En tout cas, moi, je vous dis qu'aujourd'hui, les Français peuvent voir sur Internet nos partenaires. Ils existent. Notre projet. Je suis tête de liste. Marine Le Pen ne l'est pas. Et est-ce qu'on peut sortir du duo Macron-Le Pen dans lequel vous enfermez la vie politique française pour le plus grand désespoir de millions de Français ?

25:14
Présentateur

Merci, Nicolas Dupoignan. Merci.

Grand débat : il faut "une baisse de la CSG" de "3% pour tout le monde", estime Nicolas Dupont-Aignan — Nicolas Dupont-Aignan · Pourquijevote