Débat inédit entre Édouard Philippe et Bernard Cazeneuve à Autun
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Nous avons deux hommes de bonne volonté à côté de moi aujourd'hui, grands acteurs de la de la vie politique et qui ont euh qui nous font l'honneur de de venir aujourd'hui et je les en remercie euh très vivement. Ils connaissent bien ce qui se passe au travers du laboratoire de la République. Ils sont engagés dans la vie politique et dans la vie des idées depuis longtemps.
Ils ne sont pas pareils. Je n'ai pas besoin de retracer leur parcours. Tout le monde tout le monde les connaît.
C'est justement cela qui est intéressant aujourd'hui, c'est ce dialogue puisque nous sommes dans une crise structurelle. On vient de l'entendre sous l'angle économique. Nous sommes aussi dans une crise conjoncturelle depuis le début de de la semaine.
Ça, nous ne pouvions pas le prévoir. Mais ayant vu la situation avec Bernard Casneu et Édouard Philippe, nous avons décidé de rebaptiser cette table ronde pour l'intuler "Comment sortir de l'impasse". Et euh nous avons décidé de le de la structurer en trois temps que je vais donc respecter dans l'animation de ce débat. un premier temps qui sera peut-être le plus court mais qui est indispensable et qui est comment est-on arrivé là à part un peu de diagnostic un deuxième temps qui est très attendu qui est comment en sortir et nun comment en sortir là ces jours-ci dans l'esprit de ce qu'on a entendu dans la bouche de Manuel Vals et de Valérie PCR tout à l'heure aussi et aussi dans la bouche de Philippe Guillon c'est-à-dire comment éviter que les Français se déchirent et que nous nous précipitions dans la crise probablement avec des solutions qui sont forcément des des des solutions du moindre mal, pas des situations des solutions idéales.
Mais un ancien président de la République décédé disait et cher à Bernard Casneuve disait "Il y a pas de long terme s'il y a pas de court terme." Euh et donc à nous aujourd'hui de ménager le court terme et notre possibilité de traverser le prochain obstacle pour ensuite euh aller vers des perspectives fortes qui sont celles justement euh que nous travaillons euh comme cela s'est vu depuis hier au laboratoire de la République. Et donc il est important de dans ce deuxième temps de parler de résolution de crise telle que nous la connaissons en ce moment même.
Et puis dans un 3è temps, et bien nous parlerons justement de ce de ce chemin structurel nécessaire. Euh il va y avoir une élection présidentielle normalement en 2027. Euh chacun connaît l'importance des deux acteurs qui m'entourent dans cette perspective et ils auront certainement à cœur, domaine par domaine là aussi de débattre sans doute de diverger euh mais de diverger sur la sur la base du socle républicain qui euh qui nous réunit.
Alors, sans plus attendre, je passe à la à la première question. euh qui est comment en sommes-nous arrivés là ? Peut-être Bernard Casneru.
Bien d'abord, merci infiniment pour l'organisation de ce débat et permettez-moi de vous dire le très très grand bonheur que j'ai de pouvoir partager ce moment avec vous et puis de partager également avec Édouard Philippe. Je veux pas le compromettre en disant trop de choses gentilles sur lui mais c'est toujours un un bon moment que celui à l'occasion duquel on débat avec des personnalités don partage pas nécessairement toutes les convictions pour essayer de faire avancer le pays. Comment est-on arrivé là ?
Bon, d'abord, nous sommes dans un pays qui a une culture politique très particulière et si l'on regarde ce qui s'est passé depuis le début du 19e siècle et qu'on fait la liste des régimes qui se sont succédés, l'empire, la restauration, la monarchie de juillet, la seconde République, le second empire, la 3e République, la 4e, la 5e, on peut pas dire que la stabilité politique et institutionnelle soit ce qui domine dans notre pays. toujours une relation des Français à la gestion des crises et aux institutions un peu particulières. Mais ce qui a fait la singularité de la 5e République, c'est qu'à un moment pour des raisons historiques en raison de la légitimité particulière dont il était investi, du fait notamment du rôle qu'il avait joué au moment de la seconde guerre mondiale, le général de Gaul a donné à la France des institutions qu'elle n'avait jamais eu, qui garantissaient à notre pays sa stabilité et qui supposait que ceux qui succéderaient au général de Gaulle et la même capacité que celle dont il avait témoigné à se mettre dans les habits des institutions qui nous avaient légué.
Ces institutions de la 5e République, elles ont tout à fait à leur commencement engager des réformes très importantes. La situation politique et institutionnelle était assez comparable à celle que nous connaissons aujourd'hui puisque nous sommes à un point de l'histoire institutionnelle et politique de notre pays où l'esprit et les méthodes de la 4e République se sont instillées dans une institutions de la 5e. Donc nous sommes à peu près revenus par le système des parties, les combinaisons d'appareils fatigués, les petites ambitions pour soi-même au point où nous en étions à la fin de la 4e République avec la nécessité, Manuel le disait tout à l'heure avec Valérie PCR, d'un sursaut collectif.
Deuxièmement, il y avait une situation budgétaire et financière extrêmement grave à la fin de la 4e République et l'institution dont le général des Gol avait doté le pays a permis en quelques années, en quelques mois à travers notamment l'action Pineru de surmonter cette crise. Et puis il y a eu pour le coup une promesse honorée, celle que le général de Gaul avait faite d'une nouvelle classe politique puisque certains haut fonctionnaires, quelques grands commis de l'État, quelques grands barons politiques ont décidé à ce moment-là issu d'histoire différentes et de parcours différents, d'unir leurs forces autour du général de Gaulle pour permettre le redressement. redressement financier, redressement industriel, euh engagement de grands programmes sur le nucléaire civil et militaire, euh engagement de grands programmes d'infrastructure, de transport et cetera et cetera.
Bon voilà ce qui a été euh euh réalisé euh au début de la 5e République et euh beaucoup de crises ont été surmontées quant à la grâce à la solidité de ces institutions. L'alternance a été possible alors que la gauche finissait par considérer au début des années 80 qu'elle ne surviendrait jamais. Lorsque la cohabitation s'est présentée à nous, nous avions peur qu'elle soit une manière de déstabilisation des institutions.
Les institution ont tenu et la cohabitation grâce au respect de chacun des acteurs de l'esprit de la lettre des institutions n'a pas déstabilisé le système. Et lorsque nous avons connu tous Édouard à travers la crise sanitaire, Emmanuel et moi à travers la crise terroriste aux côté du président Hollande, Nicolas SarkoZi au moment de la crise financière, des crises telléluriques qui auraient pu vraiment secouer les institutions, elles ont tenu. Là, la question qui se pose et qui angoisse fondamentalement les Français est peuvent-elles tenir encore compte tenu du moment où nous sommes rendus ?
Et pourquoi en sommes-nous arrivés là ? et je réponds à la question. Nous en sommes arrivés là pour plusieurs raisons à mon avis.
La première raison, c'est qu'il y a un phénomène général qui affecte toutes les démocraties, qui n'épargnue pas la nôtre, qui est celui de la numérisation de la vie politique et qui fait que l'intrusion des réseaux sociaux dans le système politique conduit chacun qui est en politique à se regarder dans les réseaux sociaux comme on se regarde dans un miroir, à essentialiser des clientèles pour essayer de les ramener à lui à travers des procédés qui utilisent davantage l'usage de la phrase courte que le raisonnement global est cohérent. qui permet de développer une pensée de consolider un système et le développement des chaînes d'information continue plus le développement des réseaux sociaux conduit chacun à emprunter la pente narcissique parfois même sans s'en rendre compte en arrivant parfois à des comportements dont on a vu à quel point il pouvait poser problème. Donc il y a ce phénomène général, il affecte toutes les démocraties, il les affaiblit.
Ce qui se passe aux États-Unis résulte de ce phénomène. Ce qui se passe en France résulte de ce phénomène. Et la démocratie est très profondément ébranlée, interrogé par le surgissement de ce processus particulier d'émergence de la numérisation de la communication politique dans le monde moderne.
Il y a un deuxième élément, c'est que les institutions lorsqu'elles sont solides ne peuvent pas être brutalisées par ceux qui en ont la responsabilité. La constitution ne n'est pas se réduit pas à un ensemble d'articles qu'on peut mobiliser à tout instant pour des raisons de convenance politique lorsque les circonstances peuvent éventuellement le justifier pour des raisons de confort politique. Et là, je vais être précis sans être excessivement critique.
Enfin, nous sommes là aussi pour nous dire des choses. Lorsqu'un pays est confronté à une situation budgétaire et financière comme celle qui nous occupe et qui crée un climat de crise singulier, particulier comme celui que nous connaissons, est-il vraiment bien nécessaire au lendemain d'une élection européenne qui ne remet en rien en cause la légitimité de ceux qui sont investis de la responsabilité du pouvoir et qui par ailleurs n'engendre pas mécaniquement du fait de son résultat une crise politique qui remet en cause la possibilité des institutions de fonctionner, de décider d'une dissolution et de le faire, si j'ai bien compris seul, en engendrant des conséquences politiques dont on voit qu'elles sont sur les institutions elles-mêmes et sur la capacité d'une classe politique déjà très divisée dans un pays déjà à fleur de peau, de créer les conditions d'un consensus dont pourtant nous aurions grand besoin. surtout lorsque le projet initial était d'apaiser par l'émergence d'un nouveau monde se substituant un vieux monde qu'on nous présentait comme étant un bout de souffle parce que incapable de créer les compromis nécessaires.
Les compromis en question étant d'ailleurs les la condition de la modernisation du système. Et quand la dissolution est intervenue et que le résultat de l'élection a eu lieu, faut-il absolument ne pas en tenir compte ? Et là, le résultat de l'élection, vous l'avez à l'esprit.
Il a d'abord reposé sur une dynamique, celle du Front Républicain qui a conduit des gens qui n'étaient pas de même sensibilité à voter pour des candidats qui ne leur convenaient pas afin d'éviter le Rassemblement national. à travers ce geste politique très fort qui a consisté par la volonté des Français à éviter le gouffre dans lequel la dissolution aurait pu nous précipiter. Les Français ont matérialisé leur volonté d'un rassemblement autour de la nécessité de permettre à la République d'éviter sur le moment et à terme le pire.
Et à ce moment-là, le choix qui a été fait est celui de la constitution du gouvernement. qui ont dont la direction a été confiée à ceux qui avaient fait le plus petit score au moment des élections législatives euh autour d'un théorème nouveau. Si vous voulez gagner des ministres, perdez les élections.
Ce qui en démocratie et en République est quand même une théorème d'un genre très particulier. La gauche a mis le paquet pour que nous en arrivions là. Je parle de la gauche dominée par Jean-Luc Mélenchon.
Parce que lorsqueau soir d'une élection législative, le leader maximau, démocrate minimaux se présente devant les Français en disant si on ne nomme pas immédiatement un premier ministre issu du nouveau Front populaire qui appliquera la totalité du programme du nouveau Front populaire dans son intégralité avec un gouvernement composé exclusivement du ministre de ministre du Nouveau Front populaire, alors nous engagerons la destitution du président de la République. même que la gauche à ce moment-là à quelques dizaines de députés de moins qu'en 1978 lorsque Michel Rocard était allé à la télévision pour expliquer que la gauche venait de vivre une défaite historique, on ne crée pas les conditions du compromis qu'aurait pu permettre au président de la République et à ceux qui étaient en charge de la direction du pays de faire le gouvernement à base élargie dont on avait besoin. Et il y a un an et pour avoir participé à quelques discussions à ce moment-là, je peux en témoigner devant vous, il était possible de demander à Laurent Berger, à une Carole Delga, un Raphaëlman qui d'autres de prendre la responsabilité du gouvernement du pays puisque le centre de gravité de l'Assemblée du centre gauche pour faire en sorte qu'un gouvernement large donne une assise parlementaire plus solide au pays qui en avait besoin pour éviter éviter les difficultés où nous sommes aujourd'hui.
Ce choix n'a pas été fait à deux reprises. Donc si nous en sommes là aussi, c'est parce que les institutions de la 5e République dont certains à gauche considèrent qu'elles brutalisent le peuple peuvent être aussi parfois brutalisés par ceux qui en ont qui en ont la charge de la responsabilité. Et donc je conclus en disant que si nous voulons sortir de cela, il y a plusieurs options possibles.
La première option, c'est de sortir des institutions de la 5e République. Vous avez toujours des acteurs politiques qui lorsqu'ils sont dans la recherche des combinaisons correspondant le plus à la satisfaction de leurs intérêts, considèrent que les institutions sont à bout de souffle, ce qui est une manière de ne pas reconnaître qu'ils sont eux-mêmes à bout de souffle. et que dans la grande tradition française, on impute aux institutions les manquements de la classe politique plutôt que d'essayer de conforter des institutions qui fonctionnent pour faire en sorte qu'elles fonctionne comme j'al dis fonctionnaire lorsqu'elle fonctionnait bien.
Donc moi, je ne préconise pas la sortie des incisions de la 5e République. Je préconise au contraire qu'on les fasse fonctionner dans l'esprit qui fut celui de leur créateur à l'origine, c'està-dire rassemblement, retour de la fonction arbitrale du président de la République qui implique que il retrouve peut-être le temps long de son mandat. Retour de la responsabilité du premier ministre dans la conduite de la politique de la nation. refuse de voir les ministres considérés comme des collaborateurs alors qu'ils doivent être investis d'une légitimité démocratique venant de loin et notamment de l'expérience acquise dans les territoires.
Et c'est la délibération autour de ministres forts et de gouvernement dirigé par des premier ministres puissants autour de président de la République arbitre qui permettent de faire la qualité de la délibération et la pertinence de la ligne. Et enfin troisème élément, il faut dès lors que nous sommes dans la tripartition dont on parlait tout à l'heure que on essaie d'adapter les institutions de la 5e République tout en leur permettant de retrouver leur esprit d'origine aux circonstances du temps. Et pour cela, il est absolument indispensable que dès lors que des électeurs se rassemblent au second tour de l'élection présidentielle pour faire en sorte que les dégagistes ne s'emparent pas des institutions, puisque tel est bien la configuration aujourd'hui que celui qui sortira des urnes dès lors qu'il aura réussi à vaincre les dégagistes et cette victoire n'est pas assurée et c'est la raison pour laquelle l'esprit de responsabilité doit s'emparer de chacun et de chacune d'entre nous et guider nos actions et nos mains.
Si le candidat qui s'opposera au dégages parvient à gagner l'élection, alors qu'il faudra qu'il tienne compte de la diversité de ceux qui ont voté pour lui pour créer les conditions d'une coalition, d'une véritable coalition politique permettant au pays d'affronter les réformes dont il ont dont il a besoin. Voilà pourquoi nous en sommes arrivés là et voilà déjà un peu ce qui pourrait être fait à moyen long terme pour corriger la trajectoire. ce qui bien entendu ne nous dispense pas d'aborder un autre sujet puisque nous sommes dans une difficulté extrême résultant de l'actualité immédiate.
Que fait-on pour sortir de la difficulté immédiate puisque tout ce que je dis qui relève de logique de moyen et long terme n'a de sens que dès lors qu'on parvient à régler les problèmes de court terme qui se présentent à nous. [Applaudissements] On a commencé par une grande fresque. On va continuer par une autre fresque, par un petit dessin.
Écoutez, d'abord laissez-moi vous remercier et te remercier Jean-Michel pour cette invitation et dire à la fois le plaisir que j'ai d'être ici et le et le la forme d'admiration qui me saisit parce que je je sais que créer un mouvement et le faire vivre en en en mobilisant des énergies diverses n'a rien de simple et ce que vous faites ici me paraît assez remarquable. veut dire à à si c'est vrai euh dire à qu' évidemment je suis très heureux de de d'être sur le même euh sur le même panel ou en tout cas de pouvoir discuter publiquement avec Bernard dont je vais essayer de de ruiner la la future carrière en disant toute l'admiration et l'estime que j'ai pour lui. J'espère que ça lui sera extrêmement euh nuisible avec d'autres.
Enf en tout cas je veux dire toute l'admiration et l'affection que j'ai pour lui. Et puisque j'en suis à dire du bien de mes prédécesseurs, je voudrais dire à Manuel Vals qui est rentré de Nouvelle-Calédonie exclusivement pour venir à Hautin. Combien je suis pour connaître un peu le dossier calédonien impressionné à la fois par l'énergie qu'il déploie et l'intelligence de la manœuvre qu'il tente de faire aboutir ?
Et j'en ai terminé pour les compliments. Euh je ne vais pas redire ce que Bernard a dit et ce avec quoi je suis d'accord. Je suis d'accord avec lui sur les immenses mérites de la 5e République.
Je suis d'accord avec lui sur le phénomène qui n'est pas simplement français qui remet en cause la qualité du débat public partout dans le monde ou plus exactement partout dans les démocraties dites occidentales, de la remise en cause même d'un certain nombre de fondements des démocraties libérales de leur perception. Tout ça est tout à fait exact. Je l'ai pas euh euh je je suis d'accord avec lui sur le rôle funeste euh de la dissolution prononcée euh en 2024.
Euh et je voudrais donc essayer de dire des choses qu'il n'a pas dites, ce qui est très difficile. Euh la la première chose que je voudrais dire, c'est que euh du point de vue des institutions, euh moi j'ai une grande révérence pour les institutions de la 5e République. Comme Bernard, je suis juriste.
Donc par définition, j'ai une forme de révérence vis-à-vis des constructions intellectuelles juridiques. Enfin, en l'occurrence, j'ai une vraie révérence à la fois pour les auteurs de la constitution de la 5e République et puis pour la façon dont elle a été pensée, euh dont ses équilibres ont été pensé et dont sa philosophie générale a été euh conçu. Euh je je je constate que la 5e République, d'ailleurs chacun peut en faire le constat facilement, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui n'est pas celle du début et pas simplement à cause des comportements politiques. et Bernard a tout à fait raison de les souligner, de souligner leur importance parce que le droit de la 5e République a changé à certains égards. pour du mieux beaucoup de gens, y compris à gauche, considérait que les institutions de la 5e République étaient des institutions qui laissait une part à l'exécutif bien trop importante et une part au au parlement beaucoup trop réduite, que elle créait un exécutif surpuissant et que au fond d'une certaine façon, elle brutalisait la démocratie.
Je crois que c'est la gauche qui disait ça et on sait combien des consciences importantes que j'estime et que j'affectionne d'une certaine façon de la gauche ont on ont lutté contre ces institutions. Sans évoquer la figure de Mes France, il y a quand même une une opposition assez forte. Ce qui est vrai, c'est que la 5e République a changé.
Contrôle de constitutionnalité a fondamentalement changé de nature à la suite de succession de de transformation successive. La part du droit communautaire et donc du droit international a été totalement transformé. On a à l'intérieur de la Constitution créé plus de pouvoir pour le parlement, plus de contraintes pour l'exécutif, plus de contrepouvoir.
Et ce qui me frappe, et je commence par ça, ce qui me frappe, c'est que le système institutionnel de la 5e République me paraît être affligé ou en tout cas affecté aujourd'hui par une espèce de m par une espèce de sédimentation. Voilà, je devrais le dire comme ça, par une forme de sédimentation. On a ajouté des contrepouvoirs.
Un libéral tel que moi ne peut-être qu'eureux lorsqueon ajoute un contrepouvoir au pouvoir. Mais l'addition de ces contrepouvoirs, l'addition des processus avant de prendre des décisions a assez largement amoindri la capacité et ce qui faisait le cel d'une certaine façon de la 5e bien publique de l'exécutif de prendre des décisions à la hauteur des enjeux et à la hauteur des difficultés. Je voudrais bien que je voudrais commencer par ça parce que la 5e République dont on parle aujourd'hui est une 5e République dans laquelle la capacité pour un exécutif, même soutenu par une majorité puissante de transformer significativement le cadre juridique ou la société dans le sens de ce qui peut être souhaité par les Français est limité.
Peut-être est-ce une bonne chose lorsqu'il s'agit de principes fondamentaux bien entendu. Mais ne négligions pas cela lorsque la société boue et qu'elle demande des choses et que une forme d'impuissance publique qui n'est pas seulement juridique, qui peut-être financière, qui peut résulter d'autres contraintes, mais qu'une forme d'impuissance juridique est ressentie, il y a quelque chose d'insatisfaisant. Je fais termine cette première parenthèse.
La deuxième chose sur laquelle je veux insister, c'est le jeu politique tel qu'il s'est déroulé de 2000, on pourrait remonter beaucoup plus loin, mais je le dis, de 2022 à aujourd'hui. Il me semble que c'est un un journaliste qui s'appelle Ludovic Vigon qui avait publié un livre qui est intéressant mais dont le le la meilleure page est le titre. Euh non, le livre est intéressant, mais la meilleure page et le titre, ça s'appelle les 100 jours SS.
Et ça raconte la période qui va de grosso modo février 2022. Donc le lancement effectif et en tout cas spectaculaire de la spectaculaire façon de parler mais de la campagne présidentielle de 22 et puis l'élection législative avec une une lecture par ce journaliste que je partage à ses volontiers d'un moment où les choses ne se passent pas comme elles devraient se passer. Et si je devais résumer, je dirais que la campagne de 2022 n'est pas une campagne présidentielle au sens où elle n'est pas le moment où s'exprime et on peut très bien en expliquer les raisons, où s'exprime une vision et un projet.
De fait, il faut bien reconnaître que le président de la République est élu au deuxème tour dans les conditions que Bernard et Emmanuel Valérie Ber sont ont évoqué tout à l'heure, mais en plus il n'est pas élu sur un programme de premier tour dont on pourrait dire qu'il est explicite. Le programme, c'est le candidat et c'est la situation extrêmement tendue liée à la sortie du Covid et à la guerre en Ukraine. Quand il y a pas de débat public, quand il y a pas d'option, en fait le le système démocratique ne marche pas.
Le principe de la démocratie, c'est qu'elle doit être prise au sérieux et qu'elle doit permettre de trancher des choses. Et si on ne les tranche pas parce qu'il n'y a pas de proposition et qu'il n'y a pas d'une certaine façon une vision, alors elle est bien démunie au moment d'exercer le pouvoir. Premier problème.
Deè problème, il n'y a pas de campagne législative non plus. de fait et je dirais même quand on regarde avec attention ce qui se passe que du côté de la majorité dans laquelle je m'inclus à l'époque il n'y a pas véritablement de volonté de faire campagne. Moi, j'ai fait activement campagne mais je constate que les ministres sont nommés à la toute fin de la période à la toute fin de la période qui leur permet de faire campagne parce qu'ensuite on est dans la période de réserve.
Et donc je ne vois pas une campagne législative d'une d'une d'une très grande intensité. là où en 2017, Jean-Michel peut en témoigner, euh il y avait une campagne législative après l'élection présidentielle où on avait annoncé un certain nombre de choses, y compris assez dur, notamment sur la réforme du marché du travail. Euh troisème chose et incompréhension totale pour ma part, enfin plus exactement à mon avis, erreur fondamentale.
Les résultats de l'élection de 2022 donnent une majorité relative. On va la qualifier à 250. C'est la première fois sous la 5e République.
Michel Rocard avait une majorité relative mais il y avait elle était elle était elle était relative mais presque absolu. Il manquait se ou h8 voix. Ça se trouve.
Je dis pas que c'est toujours glorieux mais ça se trouve. Là on est à 250 il y a pas de majorité. On sait qu'on a un problème.
La logique plus exactement la grammaire institutionnelle la logique démocratique voudrait aurait voulu que le premier ministre sortant ou nommé se tourne vers le groupe parlementaire permettant d'obtenir la majorité pour discuter d'un contrat de coalition en constatant qu'on avait pas la majorité tout seul. Ce qui n'est pas honteux et en se disant après tout à l'époque les LR ont 60 députés. Bah, il y a 60 députés LR, 250 députés du bloc de l'époque.
Parlons-nous, regardons ce qui est possible, ce qui ne sera pas possible. Entendons-nous sur ce que nous pouvons faire. Je dis pas que ça aurait enchanté tout le monde.
Je ne dis pas qu'on aurait obtenu, mais on aurait obtenu un bloc stable, coalisé qui pouvait gouverner le pays. Et puis on aurait eu en face des gens qui étaient pas d'accord et qui l'auraient critiqué. Et c'est très simple pour la démocratie.
Mais personne n'a voulu de cette coalition. Personne n'a voulu de cette coalition. Le président de la République n'en a pas voulu.
Les LR n'en ont pas voulu et je dois dire que la majorité n'en a pas voulu non plus. Moyen en quoi on s'est retrouvé dans un système très fragile avec un bloc de loin le plus élevé tout seul 250 mais incapable de résister à la conjonction des oppositions. Arrive la décision funeste de dissoudre en 2024 et une situation qui est encore pire puisque des trois blocs dont aucun n'est totalement homogène, le bloc de gauche n'est pas totalement homogène.
Heureusement, il est sous la domination de la LFI mais il n'est pas homogène. Le bloc central pas du tout homogène et le bloc de droite est peut-être moins homogène ou plus exactement à mon avis traversé peut-être par des débuts de dissension dont on on les devine aujourd'hui, on les verra peut-être plus tard. dans un système à 3 où aucun n'a la majorité et où aucun ne veut s'associer à l'autre, sauf pour désinguer le troisème, il ne peut pas y avoir de mesures d'importance, il ne peut pas y avoir de mesures difficiles.
Il peut y avoir de la distribution d'argent, il peut y avoir des tentatives de réforme, mais il ne peut pas y avoir de gouvernement efficace. Je ne le crois pas. À partir de là, comment on fait ?
Comment est-ce que on se sort de ce pas délicat ? On le fait en ayant conscience qu'on n'est pas dans une situation idéale, qu'on n pas dans le monde merveilleux où on aurait un mandat clair et une majorité puissante et qu'on doit veiller non pas à faire ce qu'on aimerait faire pour que la France aille mieux mais veiller à rassembler les gens suffisamment responsables pour prendre les mesures nécessaires à ce qu'elle aille ou en tout cas à ce qu'elle n'aille pas plus mal. Et je pense que l'enjeu du moment, si je peux terminer cette trop longue péroraison, l'enjeu du moment, c'est de convaincre toutes celles et ceux qui ont une culture de gouvernement, qu'ils peuvent ou plus exactement qu'ils doivent s'entendre sur des mesures qui permettent à la France de ne pas aller plus mal.
Ça me semble redoutablement difficile. Aujourd'hui, le premier ministre a demandé un vote de confiance. Le terme est le terme est terrible parce que accorder sa confiance c'est quelque chose.
Euh c'est difficile de faire un chèque en blanc ou d'accorder la confiance à quelqu'un avec lequel on s'est disputé, avec lequel on est en désaccord profond. Je le dis euh en me tournant vers Bernard, non pas pour le désigner lui, mais parce que je pense euh au groupe socialiste. Néanmoins, il me semble que si on ne construit pas cette confiance pour prendre des mesures qui permettent à la France de ne pas aller plus mal, c'està-dire de ne pas descendre encore plus vite sur le toboggan en étant parfaitement conscient que ces mesures ne régleront pas les questions de la France, mais qu'au moins elles lui éviteront de glisser plus vite, qu'elles permettront ensuite de réparer, qu'au fond nous trouvons dans la situation d'un médecin confronté à un malade qui va mal et qui ne peut à ce stade que ne pas nuir.
C'est pas beaucoup hein, monsieur le membre de l'académie de médecine. Il ne peut que pas nuire. Alors au moins qu'il ne nuisse pas non de non.
Et ensuite ensuite se pose la question la troisème question de ce qui se peut se passer après une élection présidentielle. Comme j'ai été long, je veux pas aller trop loin mais comme tu ne m'interromps pas, je continue. Euh non mais je je je termine pardon.
Je je j'essaie d'aller vite. Nous avons connu trois fois une situation où un président de la République a été élu après un second tour qui mettait en place un candidat du Rassemblement national et donc une réaction de de de rejet qui lui permettait d'être élu. La première fois, c'est Jacques Chirac.
Le la réaction est d'une incroyable intensité. La deuxième fois, c'était Emmanuel Macron en 2017. La réaction est d'une grande intensité.
La troisème fois, c'est Emmanuel Macron en 2022. la réaction est d'une certaine intensité. On voit que l'intensité faiblit.
Bon euh les trois présidents de la République, si j'ose dire, si je dédoule le le dernier, les trois présidents de la République ont été confrontés à à l'équation terriblement complexe que nous avons posé que Bernard a posé au début. Comment faire pour gouverner lorsque votre élection résulte d'un nombre tout à fait considérable de gens qui ne vous ont pas choisi ? La réaction qui a été celle de Jacques Chirac en 2002 a été une réaction politiquement audacieuse et gouvernementalement extrêmement prudente.
Politiquement, il crée l'UMP, c'est-à-dire qu'il refonde totalement une formation politique pour lui donner une assise extrêmement large. C'est assez audacieux. Et gouvernementalement, il faut bien reconnaître qu'en 2002, on n'est pas et je le dis avec toute l'amitié que j'ai pour Rafarin, on n'est pas dans le gouvernement de l'ultaréformisme parce que mais c'est c'est parfaitement pensé parce que on ne veut pas brutaliser la société compte tenu du vote qui s'est passé.
Et là où les Allemands réforment à fond les manettes entre 2002 et 2007, la France est assez prudente dans ces transformations et manque, me semble-t-il, un certain nombre de transformations. En 2017, la réponse à l'équation d'Emmanuel Macron, c'est de dire "Écoutez, j'ai été élu et mon programme au premier tour a été clair. Donc, j'obtiens la validation.
J'ai obtenu d'une certaine façon la validation et d'ailleurs, l'élection législative qui me donne une majorité confirme cela. Je fais ce sur quoi je me suis engagé au premier tour. C'est la c'est une façon très différente, me semble-t-il, de répondre à l'équation.
La troisème fois en 2022, c'est un peu plus mystérieux. Il semblerait que la façon de répondre à l'équation a été de dire "Je ne vais rien dire avant et on verra après." Et de fait, on voit et c'est un problème.
Qu'est-ce qui se passera ? D'abord, je ne suis pas sûr que l'équation continue indéfiniment. Je pense que nous en sommes à un point où un candidat du Rassembl national peut gagner l'élection présidentielle.
Je le dis pas pour chercher à faire, je le pense très sincèrement et je ne suis pas très loin de penser que dans la prochaine élection présidentielle, ce sera le candidat ou la candidate du Rassembl national qui sera favorie. Mais comment est-ce qu'on répond à cette équation si elle se pose ? À cette question si elle se pose la possibilité de la coalition ou d'une forme de coalition.
Elle est délicate à mettre en œuvre. Je pense qu'elle est nécessaire. elle sera encore plus difficile à mettre en œuvre en 27 compte tenu de de la compte tenu de la parodie de de coalition dont nous parlons aujourd'hui.
Nous vivons, nous faisons comme si nous étions dans une coalition mais nous ne sommes pas dans une coalition. Il y a pas de contrat de coalition. Il y a même pas les partis n'assument même pas l'idée qu'ils sont dans une coalition.
Ils ne veulent d'ailleurs même pas utiliser le terme quand même en général un signe. Bon mais on fait du mal à l'idée de coalition. parce qu'elle va être assimilée, elle va être assimilée à l'inaction et donc on rend encore plus compliquée la résolution de l'équation la prochaine fois.
Alors, il y a d'autres idées. L'idée de l'utilisation du référendum immédiatement après l'élection présidentielle pour essayer de faire trancher par le peuple par référendum après l'élection présidentielle un certain nombre de choses qui sont compliquées dans la Constitution. Mais je je le dis, nous avons collectivement à penser à la façon dont nous devons sortir du marasme actuel.
Mais nous avons également à penser au-delà des mesures à prendre pour la France à la façon dont nous allons répondre ou dont nous pourrions répondre à cette équation en 2027. J'ai été trop long et je m'interrom. [Applaudissements] Merci Édouard.
Je ne t'interromperai jamais comme j'interrompreis jamais Bernard. le c'est précisément ce que nous voulons faire, c'est de prendre le temps. Euh nous nous plaignons suffisamment de la culture de l'immédiateté qui traduit le le l'espace public aujourd'hui pour ici illustrer le fait qu'il faut dérouler des raisonnements et essayer d'être un peu méthodique aussi dans dans l'approche politique.
Et là, avec ce que vous avez dit l'un et l'autre en prenant tout le temps nécessaire, on a entendu un diagnostic, un diagnostic qui parfois a commencé aller vers un pronostic voire des préconisations. Mais au moins, il y a là quelque chose de clair. Et si je vous ai bien entendu l'un et l'autre sur la partie diagnostique, vous êtes quand même assez proche, notamment dans vos analyses institutionnelles, non seulement sur les règles du jeu constitutionnell, mais sur l'esprit des institutions. et vous avez utilisé des expressions comme la grammaire des institutions, autrement dit, la façon dont on doit mener le pays pour aller de l'avant en faisant que les institutions de la 5e République qui sont faites pour permettre l'efficacité en même temps que la légitimité ne sombre pas dans les logiques de la 4e République contre lesquelles elles avaient été justement élaborées.
Donc ce retour, si je puis dire, à l'esprit de la 5e République dans le meilleur sens du terme était sous-jacent à vos propos et je pense que ça peut déjà être le socle de ce qu'on va se dire maintenant. Donc notre la première partie que j'annonçais a bien été posée par vous deux. Euh allons à la deuxième partie qui est si je peux dire la plus chaude, même si vous avez commencé à à y entrer, qui est sur cette base là, comment est-ce qu'on peut en sortir ?
Comment ce moindre mal ? Édouard vient de dire surtout ne pas nuire vieill adage médical et comment réussir à passer cette étape. Ce qui vous permettra ensuite aussi d'aller quand même sur vos grandes priorités à l'un et à l'autre lorsqu'on va parler des réformes structurelles dont la France a besoin.
Mais déjà sur ce sur ce deuxième aspect qui est le plus chaud, que souhaitez-vous dire dans le contexte actuel d'un et l'autre qui va être entendu et qui peut contribuer à sortir de l'ornière. D'abord, il faut corriger dans l'urgence ce qui ne marche pas. Et ce qui ne marche pas, c'est une pratique du pouvoir dont on voit les limite auxquel elle conduit aujourd'hui et la crise profonde qu'elle engendre.
Euh j'ai entendu ce qu'a dit euh Édouard sur la nécessité euh pour euh ceux qui exercent le pouvoir de pouvoir l'exercer pleinement sans être empêché par toute une série euh d'obstacles qui ont résulté pour partie de de l'évolution des institutions. Mais moi, je pense aussi que euh on doit interroger une pratique du pouvoir dont les limites nous apparaissent clairement aujourd'hui. Est-ce que la verticalité dont j'ai vu qu'elle était évoquée à plusieurs reprises dans le dernier livre desdouard dont je vous conseille grandement la lecture est une manière de régler le problème de l'inifficacité du pouvoir ?
Ce que je constate aujourd'hui, c'est que la plupart des décisions que nous commentons et que nous subissons et qui sont à l'origine des limites du système auquel nous sommes confrontés sont le résultat de la verticalité. La dissolution, c'est une décision totalement verticale. La décision de susciter la confiance de de solliciter la confiance du Parlement lorsqu'on est chef du gouvernement alors même que toutes les formations politiques présentes au Parlement ont exprimé leur volonté de matérialiser leur défiance.
C'est une décision verticale. Et lorsque l'on engage des processus de réforme de la société, on a tout à fait intérêt, si on veut les faire aboutir, à s'appuyer sur les forces corps intermédiaires réformistes qui peuvent accompagner le mouvement. Et c'est quand même très surprenant quand on veut être identifié comme l'un des gouvernements ou l'un des régimes les plus réformistes qui est connu notre pays que de ne pas s'appuyer sur le principal syndicat réformiste et même de tenter de le marginaliser au moment où il faut conduire des réformes importantes.
Donc moi, je ne suis pas du tout hostile à ceux qui sont à ce que ceux qui sont investis de la responsabilité du pouvoir l'exercent pleinement. Je dis simplement que la verticalité sans délibération, la méthode qui consiste à ne pas chercher le compromis pour aller plus vite vers l'efficacité, c'est-à-dire le retour de la culture d'une délibération efficace dans l'intérêt du pays est un problème majeur si on va atteindre les objectifs de réforme dont le pays a besoin. Et ce cette période qui vient de s'écouler doit être aussi réexaminée à l'ône d'un certain nombre de pratiques que je viens de façon trop rapide d'essayer de décrire.
Premier élément. Deuxème élément, nous savons quel est l'agenda des problèmes comme un certain nombre de personnes ici, je suis pas sûr qu'elles soient majoritaires, mais j'appartiens au camp de la gauche et je suis toujours socialiste. Et si j'ai quitté le Parti socialiste, c'est parce pas du tout parce que j'avais cessé de l'être, mais c'est pour vous pour pouvoir continuer à le demeurer compte tenu des alliances qu'il avait noué avec des formations politiques tournant le dos à tout ce que nous représentions de valeurs, de principes qui ont été exprimés dans le débat précédent.
Et bien que socialiste et parce que je suis socialiste, je considère que sur la question des finances publiques, on ne peut pas mettre la poussière sous le tapis parce qu'à un moment vient où la poussière est plus épaisse que le tapis et ça se voit. Donc moi, je ne critique pas François Berou pour avoir fait une déclaration dont la première partie en forme de constat disait ce qu'est l'état des finances publiques. Je peux éventuellement lui reprocher de ne pas avoir établi les raisons pour lesquelles nous en sommes là et d'avoir dans une globalisation des responsabilité ne pas rendu hommage à l'action de ceux qui avaient ramené les déficits de 48 en 2012 à presque 3 de 46 en 2007 à presque 3 en 2012.
Je salue l'action d'ailleurs de Manuel Val qui a été un premier ministre ayant duré longtemps, ce qui n'a pas été mon cas, ce qui me permet de lui rendre l'hommage qu'il mérite en raison de l'action qu'il a pu conduire pendant cette période où j'étais aussi ministre du budget. Bon voilà, donc on sait qu'on coupera pas à cela à l'effort budgétaire. On sait queon ne fera pas l'effort budgétaire en minorant l'importance de l'effort.
C'estàd que je ne je ne suis pas de ceux qui pensent qu'on peut faire 20 milliards plutôt que 44 milliards. L'effort doit être fait. Je pense en revanche que on peut dans un accord sur l'importance de l'effort à consentir trouver un compromis qui permette à la France de ne pas décrocher avant l'élection présidentielle et de ne pas connaître un processus d'affaissement politique, industriel, économique qui serait très préjudiciable à l'avenir de de nos enfants et des jeunes générations Et donc comment le faire ?
Bien dès lors que le risque de décrochage important est important, que la nation est en danger, que le premier ministre après avoir fait le constat des choses, prend une décision incompréhensible. Il y a deux hypothèses. Soit on profite de la décision incompréhensible annoncée pour jouer la politique du pire et créer les conditions de l'avènement du pire qui ne manquera pas d'advenir.
C'est-à-dire comme cela a été évoqué tout à l'heure, si nous ne trouvons pas une solution avant quelques jours dans les semaines qui viennent, nous aurons la dissolution, nous aurons un risque de chaos institutionnel et nous aurons peut-être le pire. Donc la responsabilité des partis de gouvernement, c'est pas de se comporter comme des partis de non assistance à à nation en danger. C'est au contraire de tout faire, y compris lorsque des décisions incompréhensibles ont été prises pour que la trajectoire soit corrigée.
Moi, je souhaite que dans le contexte extrêmement grave auquel le pays est confronté, toutes les forces de gouvernement non seulement aille discuté, fasse des propositions, pousse le premier ministre à aller plus loin encore qu'il ne pouvait l'imaginer dans la dynamique de discussion, non pas pour soutenir sa politique ni sa personne. Chacun peut avoir bien entendu sur ce sujet son opinion et par conséquent sa stratégie, mais pour sauver la nation d'un gouffre dans lequel on peut la précipiter si nous ne sommes pas capables de faire montre d'une responsabilité collective. Parce que et je termine par là, ce qui caractérise les institutions de la 5e République et l'héritage que nous laisse le général de Gaulle, c'est que dans l'esprit du général de Gaulle, et je réalisais en venant ici le discours de Bailleux, comme on prend une petite pastie de prosac, ça fait du bien de relire le discours de Bailleux dans les circonstances.
À aucun moment, on utilise la première personne du singulier dans le discours. Il n'y est question que de la France. Et ce qui ressort de ce discours avant toute chose quand on le lit, c'est que celui qui a inspiré nos institutions et qui a joué un rôle historique si déterminant pour faire en sorte que la France dans les moments les plus difficiles, parmi les plus difficiles de son histoire ne sombre pas, considérer que la France était plus grande que lui alors que tout ce qui lui avait apporté aurait pu le conduire à considérer qu'il était au moins aussi grand qu'elle.
Non, lui considérait que la France était plus grande que lui. Alors vous me direz, vous vous avez sans doute moins de difficultés. Le général de Gaulle a considéré que la France est plus grande que vous compte toute votre taille ce qui est juste.
Et j'invite tous ceux qui aujourd'hui sont dans le calcul politique, dans les combinaisons en vue d'élection présidentielle, dans la recherche d'une satisfaction à court terme soit pour l'organisation soit pour eux-mêmes à intégrer ce message parce que lorsque le temps sera passé de la crise et que nous serons jugés en raison du rôle que nous avons joué pour contribuer à ce qu'on en sorte, les Français sont extrêm sont extrêmement sévères. Et donc, il faut que nous ayons intégré cette idée que l'effort que nous devons faire en nous élevant au-dessus de nous-même, c'est un effort pour la nation dans un contexte de crise et dans un moment historique particulier pour faire en sorte que nous en sortions. Et je suis convaincu que si dans les jours qui viennent chacun plutôt que de refuser d'aller discuter va autour de la table essaie de faire en sorte que le contenu de la copie soit différent alors nous éviterons que la crise politique à laquelle nous sommes confrontés ne se transforme en une crise de régime.
Et c'est ce que j'appelle de mes vœux. Et par ailleurs, quel que soit le résultat de cette crise, donc vous avez compris que je ne souhaite pas qu'elle s'amplifie, qu'elle aboutisse à des désordres politiques plus importants que ce auquel nous sommes confrontés. Nous pouvions aller plus loin encore en tirant de cette crise politique d'enseignement utiles pour faire en sorte que la culture du compromis, la culture de la coalition, la culture du dépassement pour faire en sorte que ce qui doit être fait pour notre pays en matière de redressement des comptes, en matière d'investissement productif, en matière d'investissement écologique, en matière de réarmement de notre pays pour assurer la sécurité de l'Europe et faire en sorte que lorsque nous parlons en Europe, nous puissions être entendu et compté davantage que tout cela puisse être fait pour que la nation retrouve sa puissance parce que parler de la puissance et de la grandeur de la France si nous ne sommes pas capables de faire les efforts nécessaires pour que la puissance et la grandeur ne soi pas qu'un concept et ne se réduisent pas à des mots mais deviennent une réalité qui nous permett de réinstaurer un rapport de force à l'égard de ceux qui nous regardent et qui parfois sont nos partenaires, alors nous impuissantons les mots, nous affaiblissons notre capacité à convaincre et nous donnons la possibilité à tous les dégagistes dans une simplification des objectifs, des enjeux, des méthodes, de tout balayer de ce à quoi nous tenons et qui fait le substrat et la pierre angulaire de la République.
Merci. Ce que vient de dire Bernard Casneuve dans les circonstances actuelles est quand même de la plus haute importance. Chaque mot avait son importance tant par l'esprit qui est celui que nous avons vu régner d'ailleurs, c'est depuis hier, c'est-à-dire la bonté d'aller de se ici à la hauteur des des événements, c'est-à-dire la France au-dessus de nous.
La c'est donc très important maintenant d'entendre Édouard Philippe sur ce sur ce sujet puisque cet appel à ce que les responsables politiques qui ont encore la main sur le cours des choses puissent s'élever à ces à cette question du compromis immédiat pour arriver à à passer le cap. Édouard, comment tu réagis par rapport à ça ? au risque de gêner Bernard, je suis je crois tout à fait d'accord.
Non, je je je c'est-à-dire je vais le dire avec mes mots. Comme je le disais tout à l'heure, notre objectif n'est pas d'imposer à nos partenaires de faire ce que nous croyons nécessaire pour aller dans le bon sens. Euh aucune force politique susceptible de pouvoir se livrer à l'exercice qu'évoquait Bernard n'est en mesure de l'imposer aux autres.
Mais nous devons être en mesure de nous mettre d'accord sur des choses qui permettent d'éviter d'aller beaucoup plus mal. Ça c'est la responsabilité des forces politiques en général et de ceux qui les dirigent ou qui les animent en particulier. Et donc euh puisque le premier ministre nous a invité à un vote de confiance, je serais assez partisan comme l'a dit Bernard de considérer que au fond ça n'est pas un vote de confiance en lui ou dans le plan qu'il a formulé, mais qu'il faut travailler à une forme de confiance en nous, c'est-à-dire à nous faire suffisamment confiance pour nous dire "Nous ne renonçons pas à ce que nous croyons nécessaire demain, mais nous faisons aujourd'hui, ce qui nous permettra peut-être demain de proposer aux Français ce que nous croyons nécessaire.
Et ça, c'est facile à dire, c'est pas totalement simple à faire. Alors, un mot pour dire pourquoi est-ce que c'est nécessaire aussi de le faire ? Parce que qu'est-ce qui se passe si on ne le fait pas ?
Encore une fois, j'ai dit clairement que je pensais que c'était la le bon objectif qu'on devait se fixer. Moi, je suis prêt à y participer. Mais qu'est-ce qui se passe si nous n'y arrivons pas ?
Ça me paraît assez simple de décrire la ligne si nous n'y arrivons pas. Si nous n'y arrivons pas, alors dans cette assemblée ingouvernable qui n'est pas capable de déterminer une majorité, je crains, je l'ai dit publiquement, non pas que je le souhaite, mais je crains que la dissolution ne finisse par devenir inéluctable. C'est pas très réjouissant, mais si on n'est pas capable de trancher les choses en se parlant, alors c'est les Français qui trancheront les choses en votant.
C'est comme ça. Qu'est-ce qui se passe si une nouvelle dissolution est prononcée ? D'abord, on peut espérer que le débat public sera de meilleure qualité que celui qui est intervenu en 24.
Je rappelle que les délais, c'est une des raisons pour laquelles j'ai trouvé que cette dissolution et cette décision était funeste, c'est qu'on a imposé au débat public de se contracter entre le 7 juin et le 3 juillet. C'est-à-dire, c'est-à-dire en fait, on n' pas laissé la possibilité au débat public de prospérer. Ça prend du temps le débat public.
Euh si on a une nouvelle dissolution, il y a deux possibilités. Soit elle donne lieu à une majorité, laquelle ? Soit elle ne donne pas lieu à une majorité.
Et là, on est dans la crise de régime, enfin, on est tout prêt. Donc, je je crois qu'il faut bien mesurer que pour tous ceux qui veulent que le pays avance, les autres hypothèses que celles qu'a développé Bernard et que à laquelle je souscris, c'est-à-dire d'une discussion permettant à ceux qui ont une culture de gouvernement d'éviter que la France n'aille plus mal sont infiniment pires. Est-ce que cet appel à la raison ou à la participation, à la bonne volonté, à la confiance entre nous est susceptible d'être entendu et comment le mettre en œuvre ?
Je comprends que le Premier ministre a invité les responsables des formations politiques à venir le voir. Très bien. Ça me paraît ça me paraît une bonne chose.
Est-ce qu'il devra un moment ou un autre leur proposer de se parler ? Peut-être. Est-ce qu'ils peuvent le faire sans que le premier ministre leur propose ? sans doute, mais s'il ne se parle pas et s'il n'envoie pas les messages consistant à dire "Vous savez ce que je pense, je vais prendre un exemple, je suis contre l'augmentation de la fiscalité viscéralement.
Le niveau de prélèvement obligatoire dans le pays est trop élevé. Je suis contre. Je Et il se trouve que quand j'étais premier ministre, je me permet de le souligner, j'ai baissé avec le Parlement de l'époque la fiscalité et le déficit.
Je le rappelle Jean-Michel, on y était. Bon, donc je suis contre l'augmentation de la fiscalité, compte tenu du niveau où elle se trouve. Mais vous comprenez bien que le premier qui va sortir ses lignes rouges, il tue l'affaire.
La pire façon d'aller dans cette discussion nécessaire, c'est d'y aller en disant voilà ma ligne rouge, si possible très très rouge pour les autres et voilà ma deuxième et ensuite vous dessinez un espace qui est tellement contraint bah qui peut rien se passer. Je pense que la responsabilité aujourd'hui, c'est de dire "J'entends cet appel à la responsabilité à se faire confiance et je suis prêt à discuter." Aller très au-delà me paraître déjà dans une forme de définition euh de quelque chose qui n'arrivera pas.
Voilà. Je sais pas si je suis clair mais juste un petit peu non pas de enfin de désaccord peut-être sur sur la méthode et sur le constat avec Édouard. Il en faut bien dans cet échange et il en existe des points de désaccord ou de nuance.
Euh bon, d'abord ce que je dis sur l'esprit de responsabilité ne doit pas être interprété, je tiens à le préciser, comme une approbation de la méthode gouvernementale car quand même il y a beaucoup à dire. La situation budgétaire du pays est connue depuis maintenant de nombreux mois pour ne pas dire de nombreuses années. On en connaît la dégradation et la pente.
Et à partir du moment où on dit vouloir réduire les déficits et créer les conditions d'un retour des marges de manœuvre permettant au pays de définir souverainement ses choix, il faut travailler très en amont du moment où le temps est venu de présenter le budget au parlement. Donc moi, je ne comprends pas que pendant l'été, il ne se soit rien passé et que rien n été scénarisé de la discussion nécessaire, indispensable entre les forces politiques pour aboutir à un accord. Je ne comprends pas que alors que la situation à la gravité que l'on sait, on n pas créé les conditions très en amont de la discussion budgétaire de discussion entre Ber et l'ensemble des acteurs politiques pour préparer une négociation se tenant sous l'égierre et permettant d'aboutir un accord.
Et je comprends encore moins qu'on demande la confiance alors même que ce contrat n'a pas été préparé parce que en politique et en démocratie, il y a pas de confiance là où il y a pas de contrat. Bon et demander la confiance alors même que le contrat n'a pas été préparé et bâti et pour quiconque est soucieux de voir la crise jugulée et la crise de régime évité incompréhensible. Donc la situation dans laquelle on est n'est pas une situation qui consiste à appeler ceux qui n'ont pas été consultés ou qui subissent cette situation à la responsabilité motif qui ne serait pas responsable, même si un certain nombre d'entre eux ne le sont pas, c'est de créer les conditions de la correction de ce qui n'a pas été fait et qui doit être regretté comme n'ayant pas été fait pour éviter le pire.
C'est le premier élément. Le deuxième élément, Édouard dit, il faut pas de ligne rouge. Non, il faut pas de ligne rouge, actons-le.
Mais à partir du moment où on dit à la télévision, je suis fermement déterminé à atteindre l'objectif d'économie. Ce que je peux comprendre, la fermeté pour atteindre l'objectif ne peut pas signifier la fermeture à l'égard des propositions des autres. C'est pas possible.
Donc il y a un volume d'économie à faire, on le connaît. Mais à partir du moment où ce volume d'économie doit être atteint, il y a ceux qui détestent les économies en dépenses et il y a ceux qui détestent la fiscalité. Mais quand on regarde l'équation telle qu'elle est aujourd'hui, pour être très précis, il y avait 1693 milliards d'euros de dépenses dans le budget précédent.
Au terme des économies préconisées par le gouvernement s'il le faisait toutes, il y aurait 7722 milliards que malgré tout la dépense augmentera de 29 milliards à la fin de la journée. Bon et dans cet effort il y a déjà 30 milliards d'économies en dépenses. Bon donc la part de la fiscalité dans les 44 euh est moindre que la part des économies en dépenses, ce que je considère comme souhaitable.
Mais malgré tout, dès lors que l'effort en dépense sera subi par beaucoup de Français qui sont modestes, il faut bien que ce que nous ferons en matière de fiscalité matérialise la volonté que nous avons de faire en sorte que l'effort soit réparti. de façon juste et sans que ce qui sera fait sans la pour la justice sociale et fiscale n'auber les capacités d'un appareil productif déjà très en difficulté. C'est donc cet équilibre là qu'il faut trouver.
Et moi, je suis convaincu que cet équilibre là, on peut le trouver dès lors que un nombre suffisant d'acteurs politiques sont déterminés à faire en sorte que la France soit gouvernée en oubliant que dès lors qu'ils veulent présider, elle pourrait au seul motif qu'ils veulent présider pour un certain nombre d'entre eux, ne pas être gouverné avant 202. car je suis quand même frappé du nombre de ceux qui veulent présider et pas gouverner parce que présider ça consiste quand même à gouverner un pays. Or il y a beaucoup de gens qui veulent présider de moins en moins de gens qui veulent gouverner pour le cas d'ailleurs où ça nous aurait échappé collectivement.
Il y a maintenant presque autant de gens qui veulent présider qu'il y a citoyens pour voter pour eux. Donc les Français voi cela. Ils se rend compte de ce jeu politique, il s'en exaspère grandement et c'est la raison pour laquelle moi je suis convaincu que dès lors qu'on a qualifié la méthode et ses échecs et qu'on a essayé de déterminer les conditions d'une sortie possible, il faut pour y arriver que la la fermeté sur la nécessité de redresser les comptes ne signifie pas la fermeture à l'égard de ceux qui peuvent faire des propositions dès lors que le climat change et que cet issue s'ouvre à nous et rend possible une solution. [Applaudissements] Très bien.
Donc le risque d'être un peu surligneur, ce deuxième point était essentiel. C'est très important de dans les circonstances actuelles de l'entendre, de le comprendre et cette question aussi de la capacité à faire un pas d'un des différents groupes parlementaires et des différents partis vers la solution est évidemment essentiel et ce qu'on a entendu à l'instant sur le fait que la bonne méthode n'était pas de mettre des lignes rouges mais plutôt de de partager déjà l'objectif de réduction des déficits et d'équilibre budgétaires pour ensuite juste être très ouvert sur les solutions et sortir sur un sur le consensus de base dont on a besoin pour aller de l'avant. Je crois que c'est des paroles qu'il est extrêmement important d'entendre cette semaine pour que les prochains jours aillent le moins mal possible et nous permettent de de passer le cap.
Donc vraiment de ce point de vue-là, j'insiste sur l'importance de ce que vous avez dit. J'insiste aussi sur le fait que vous avez dit l'un et l'autre même si on a entendu quelques nuances à l'instant. euh votre partage du diagnostic et votre partage de l'esprit dans lequel on doit aller les uns vers les autres.
Espérons donc que cet esprit républicain l'emporte ces prochains jours, même si on peut parfois avoir un pessimisme de l'intelligence et un optimisme de la volonté sur sur ces questions. Nous arrivons donc au troisème temps qui est non moins important que les autres et à la limite plus important qui est de celui des priorités qu'on peut se fixer pour la durée et notamment normalement pour les élections de de 2027, c'est-à-dire les grands thèmes qui sont structurants. Ce sujet rétroagissant sur les points que nous avons vu précédemment.
Évidemment, c'est parce que nous savons aussi dresser des perspectives de long terme que le court terme et les difficultés du court terme et notre capacité à faire les efforts nécessaires prend du prend du sens. On ne peut pas aujourd'hui dire aux français que on va sans arrêt avancer comme ça comme un moteur qui crapote dans une montée. On a besoin de de sentir des grandes perspectives, des grands des grands boulevards, des grandes troué d'air, une capacité à à à aller de l'avant et avoir aussi un avenir positif.
J'insiste aussi un tout petit peu sur cela. Euh la tonalité du de l'espace public actuellement est extrêmement grise. Les discours tenus sont invariablement pessimistes.
Il est absolument indispensable si même si on est obligé de faire des constats lucides sur le court terme, d'être encore plus capable de d'ouvrir des horizons euh sur sur le long terme. Et donc je vais euh maintenant donner la parole à Édouard cette fois-ci sur disons ce qu'on pourrait appeler la partie programmatique. Euh à la lumière de non seulement de ton expérience mais aussi du travail programmatique que tu fais aujourd'hui.
Quels sont les grands thèmes que tu as envie de mettre au centre du débat public pour que dès maintenant d'une certaine façon se structure la discussion démocratique autour de ce qui pourrait changer les choses en France dans les temps à venir ? Si je devais essayer de le faire, alors la question est assez vaste et et assez tôt et tu as raison, elle n'est pas en lien avec le moment que nous vivons, mais il faut pas non plus qu'elle perturbe complètement le moment que nous vivons et les chances que nous pourrions avoir. Si je devais le dire rapidement, je dirais que nous voyons nous nous nous voyons tous un monde en transformation rapide et dans l'ensemble dangereux à la fois par l'appétit de puissance d'un certain nombre de voisins, par la dérégulation de l'ordre mondial, politique, économique, juridique dans lequel nous avons cru et des menaces qu'elles soient environnementales parfois technologiques auquel il est soupis.
Donc je pars du principe que nous vivons un moment dans lequel le danger ou la menace est réelle. Je cherche pas à faire peur à qui que ce soit. Je Il suffit de regarder l'état du monde pour avoir beaucoup de mal à se rassurer.
On va le dire comme ça. Euh qu'est-ce que ça veut dire vivre dans un monde dangereux ou en tout cas vivre mieux dans un monde dangereux ? Ça veut probablement dire être plus puissant.
Qu'est-ce que ça veut dire être plus puissant ? Ça veut dire être plus influent, plus prospère. plus intelligent, plus préparé.
Euh bref, ça veut ça veut pas simplement parler dire parler de la grandeur, aimer se raconter une France qui a pu exister, qui est d'ailleurs parfois fantasmée euh et qui aurait vocation à faire ou à faire cela, à dire ceci ou à dire cela, c'est véritablement se poser la question de savoir comment est-ce qu'on peut résister à des menaces. Moi, je vois au enfin entre 3 et 5 champs absolument indispensables et et prioritaire, ce qui veut pas dire que les autres sont pas importants, mais par définition, quand vous définissez des priorités, et ben il faut choisir et après tout, que ce soit présidé ou gouverné, il faut bien choisir. Pour moi, la première de ces priorités, la première sur laquelle j'aimerais qu'on puisse un jour discuter et s'entendre, c'est l'école.
Je le dis pas parce que je suis à côté de Jean-Michel, je le dis parce que de toute évidence à la fois dans une société qui ne sait plus très bien où elle va, qui est crispé et où l'intelligence est notre ressource première, si j'ose dire, pour faire la compétition avec les autres, nous avons besoin d'une école qui fonctionne mieux qu'elle ne fonctionne. Tout ne fonctionne pas mal dans l'école. Bien sûr que non.
Euh il y a encore des des actifs extraordinaires, il y a encore des des individus, des personnalités, des organisations, des compétences extraordinaires. Mais mon point de vue assez clairement détaillé dans quelques ouvrages que j'ai pu commettre, c'est que notre école ne fonctionne pas comme elle devrait fonctionner. C'est la première priorité.
On ne résout rien si on n pas réglé cette question d'une école qui fonctionne mieux. Première priorité. Deuxième priorité, le financement du modèle social parce que nous vieillissons, plus exactement parce que la démographie est ce qu'elle est.
Parce que comme le disait tout à l'heure le professeur Aguillon, nous avons un modèle social euh de riches dans un pays qui s'appauvrit. Euh nous ne sommes plus en mesure de tenir durablement ce modèle social et nous en faisons supporter le coût au présent trop puissamment sur le travail et en dynamique trop puissamment sur les générations futures, lesquelles sont confrontées à des difficultés considérables. Ça n'est ni juste, ni durable, ni satisfaisant.
On ne peut pas être prospère avec le modèle social, plus exactement avec le financement du modèle social tel qu'il existe aujourd'hui. Comprenez-moi bien, j'ai pas du tout envie de de détruire le modèle social français. Je veux simplement qu'il soit finançable de façon à ne pas peser trop fortement ni sur le travail ni sur la suite. 3è priorité, la justice.
La justice, c'est le maillon faible de notre organisation régalienne. Aujourd'hui, quand on interroge les Français, quand on leur parle et qu'ils vous parlent d'insécurité, ils ne disent plus ce qu'ils ont dit pendant longtemps, c'est un problème de police. Ils disent c'est un problème de justice.
Est-ce que ça veut dire qu'ils ont raison ? On peut en discuter, mais je crois qu'ils ont raison. En tout cas, c'est l'analyse que je fais.
Le maillon faible de la sécurité en France me paraître la justice. Là encore, entendez-moi bien, je ne suis pas en train de dire que la la justice dans son ensemble serait quelque chose qui qui ne fonctionne pas du tout et qui serait critiquable. Je dis que si on ne remet pas une justice qui donne la confiance au Français, qui est capable de traiter plus rapidement des affaires, qui est capable d'être plus crédible aux yeux de nos concitoyens, on ne changera rien dans le modèle régalien.
Donc école, financement du modèle social, justice. J'en ajoute deux, l'adaptation, la lutte mais surtout l'adaptation à tous les enjeux climatiques qui vont pas disparaître dans le désordre politique, qui vont pas disparaître dans l'espèce de retour de balancier auquel on assiste, que ce soit aux États-Unis ou ailleurs à cause des crispations liées aux politiques peut-être malhabiles environnementalistes qui ont été mises en œuvre. reste que la question existe, qu'elle est là, si on la traite pas, elle va nous péter à la gueule si vous me passez cette expression.
C'est la 4e priorité et peut-être une 5è qui est pas très populaire mais enfin qui est d'actualité qui est la question de notre sécurité globale, c'est-àdire de notre appareil de défense. Je crois sincèrement que notre monde est dangereux. Je pense que les menaces à l'est sont considérables.
Je pense que les menaces au sud sont sous-estimées. Je crois donc que nous avons un effort considérable à faire. il a commencé à certains égards mais un effort qui n'est pas simplement financier, budgétaire, technique mais un effort intellectuel de repenser une défense qui intègre la dissuasion nucléaire mais qui ne s'y résume pas.
Euh et et c'est pas très réjouissant et pas très populaire, mais je pense que il y a là quelque chose qui si il n'est pas fait, si nous ne le faisons pas, pardon, nous nous exposons à des déconvenus qui seront probablement brutales et violentes le moment venu. Donc pour moi, il y a beaucoup d'autres sujets qui comptent mais si je devais dire les thèmes sur lesquels il faut porter l'accent et très fortement l'accent, le débat puis l'accent, école, financement du modèle social, justice, adaptation et transformation climatique et environnementale et enfin question de défense. [Applaudissements] J'ai évidemment non, j'ai évidemment envie de poser la même question à Bernard Casneu.
Peut-être en y ajoutant qu'est-ce donc la cette question là directement. peut-être en y ajoutant une question sur euh qu'y a-t-il dans ce que vient de dire Édouard Philippe qui pourrait être une sorte de de socle en tout cas de points commun de et aussi qu'est-ce sur l'ensemble de ces points ? Il y a-t-il aussi des éléments de différenciation qui euh et donc quels sont je pense que vous avez tous compris la suite de la phrase à partir de ces débuts là.
Qu'est-ce qu'il y a comme élément de ressemblance et de différence et quels sont d'éventuels points à ajouter aussi ? Bon, nous nous sommes euh retrouvés, je sais pas si si certains d'entre vous ont vu cette séquence il y a de cela presque 8 ans avec Édouard Philippe au moment de la passion de pouvoir où euh j'étais heureux que ce soit lui qui euh me succède et nous sommes dit l'un et l'autre en quelques minutes. C'était l'époque où les passations de pouvoir duraient peu de temps.
Ce qui nous différenciait l'un de l'autre. l'un étant plutôt à droite, l'autre étant plutôt à gauche. Bon, en 8 ans, ça ne s'est pas fondamentalement modifié et même si vous avez pu constater aujourd'hui qu'il y avait un souci de la nation qui pouvait sur bien des sujets nous rassembler, même vraisemblablement nous conduire avec d'autres à pouvoir contribuer à ce que le pays sorte de la difficulté, il existe des différences.
Donc, quel est le message que j'aimerais envoyer après que Eddouard s exprimé ? Mon idée c'est qu'il faut renou avec une certaine idée de la France au sens où le général de Gaulle l'entendait et renou avec une certaine idée de la France, c'est articuler notre démarche et notre projet à quatre éléments. Premier élément, réarmer la République pour redonner sens à la nation. lui redonner la possibilité de retrouver son unité, son indivisibilité à travers l'affirmation, sans jamais avoir la main qui tremble, d'un certain nombre de valeurs que nous avons en partage et que parfois, notamment à gauche, certains ont oublié de défendre et dont ils se sont parfois irrémédiablement éloignés.
La laïcité, le refus du communautarisme, le respect des principes de l'état de droit. Parce que quand j'entends un responsable politique français dire au préfet nous vous mettrons en prison responsable politique français qui prétend dominer la gauche dans son ensemble et lui imposer son magistère intellectuel. J'ai quelques inquiétudes parce que outre le fait que pour avoir été ministre de l'intérieur, j'ai pu mesurer ce qu'est l'engagement des préfets lorsque tout vac République précisément ne perde pas son unité et son indivisibilité, je ne souhaite absolument pas que nous voyons advenir un régime dans lequel ce sont ceux qui ont la responsabilité politique qui décident de qui va en prison et qui n'y va pas.
Alors, je sais que ce sont des grands admirateurs de Robespèpierre qui voulit qu'on coupea la tête à tous ceux qui s'étaient prononcé contre la révolution mais aussi à tous ceux qui n'avaient rien fait pour elle, ce qui à la fin de la journée fait beaucoup de monde mais c'est quand même pas le modèle auquel j'aspire. donc affirmer avec force les principes républicains, l'ordre républicain, les principes de l'état de droit, lutter en contrepartie et en même temps et avec force contre toutes les formes d'inégalité de discrimination dans la République. Parce que contrairement à ce que prétendent ceux qui entretiennent le communautarisme et essayent de dresser une partie de la société contre les institution, il n'y a pas une consubstantialité de la violence à la police dans notre République.
Les policiers ne sont pas racistes par construction et par essence. et rappeler les principes de l'état de droit et ce que sont les valeurs déontologiques qui président à l'action des grands services publics et le faire avec une fermeté absolue est nécessaire dans le contexte particulier où nous nous trouvons et réarmer la République sur le plan du sens et des valeurs. aussi et je partage là bien entendu l'orientation définie par Éloir Philippe tout à l'heure donner à notre défense nationale en faisant les effort nécessaire la possibilité de faire en sorte que nous puissions dans un contexte international extraordinairement dangereux faire face à des conflits de haute intensité en ayant fait l'effort nécessaire de réorganisation de notre défense de sorte que au plan national comme en Europe nous puissions accomplir notre devoir.
Ça c'est le premier point, c'est-à-dire la réaffirmation des principes, des valeurs, de l'attachement à ce que nous sommes en tant que nation et le réarmement de la République. Deuxièmement, rendre compatible la modernisation de l'économie et la justice sociale. Tout ce qui peut être fait en faveur des entreprises dans un pays qui a encore beaucoup à faire pour réconcilier son corps social avec les entreprises ne peut pas être fait au détriment de la justice sociale.
Et je ne partage pas la vision de ceux qui considèrent que il suffit de faire des efforts pour désévraer les contraintes qui pèent sur l'offre pour créer les conditions d'un réolement qui a lui seul suffirait à faire l'égalité. Je pense que s'il n'y a pas des politiques publiques destinées à réduire les inégalités pour faire en sorte que l'égalité réelle puisse progresser, pour faire en sorte que les injustices soient combattues, que nos services publics soient préservés, que notre système de protection sociale soit préservé, nous n'y arriverons pas. rendre compatible la modernisation de l'économie, le soutien aux entreprises avec la justice sociale, c'est-à-dire conditionner davantage les soutiens à la politique de l'offre et moderniser notre système de protection sociale pour le rendre soutenable sur la question par exemple des retraites à la fois la durée de l'allongement de la durée de cotisation mais aussi en contrepartie le maintien de la possibilité pour ceux qui ont été dans les métiers les plus pénibles de partir tôt en retraite et la possibilité offerte à ceux qui ne sont pas dans ces métiers de pouvoir partir plus tard s'ils le souhaitent constitue des manières nouvelles d'aborder ce sujet et je préfère nettement cette manière d'aborder le sujet plutôt que 67 ans pour tout le monde sans autre considération.
Bon euh 3e sujet, 3e thème, réussir la transition écologique sans décroissance. Je vois beaucoup de mes amis euh politiques à gauche vouloir beaucoup de redistribution, en même temps préconiser la décroissance. Moi, je ne sais pas ce que l'on redistribue si l'on ne produit pas. et nous avons un travail considérable de faire de redressement de notre appareil productif, ce qui veut dire des choix écologiques et industriel extrêmement lourd.
Si on veut électrifier tous les usages, il faut passer d'une production électrique d'à peu près 400 TW à 800. Ça ne se fait pas sans planification. sans planification au sens où on l'entendait au début de la 5e République lorsqu'il a fallu conduire des mutations extrêmement lourdes et importante.
Nous le ferons pas sans le concours des collectivités territoriales. Nous ne le ferons pas sans la mobilisation des entreprises. Et ce travail considérable implique un réarmement de la puissance publique, une relation de confiance avec les entreprises, un accompagnement des entreprises dans leur efforts de recherche et de développement.
C'est le troisème chantier qu'il nous faut conduire. Et puis le 4e chantier, et il n'est pas le plus simple, c'est que dans un contexte international où la guerre rôe et la menace est plus grande chaque jour davantage et partout. réaffirmer les principes du droit international et faire en sorte que la France sans arrogance puisse faire entendre sa voix singulière en Europe au côté de ses principaux partenaires européens à travers le monde pour faire en sorte que les peuples du monde réapprennent à entendre le message qu'ils ont appris à aimer de la France pour reprendre l'expression de François Mitteran c'estàdire être à la pointe de la défense des principes du droit international de la défense des droits humains.
Ne pas confondre les dictatures avec les démocraties, être bien parmi les nations qui défendent les valeurs du monde libre et de la démocratie est un enjeu considérable. D'abord parce que la démocratie recule, y compris dans les pays qui furent à la tête du monde libre et du monde démocratique pendant des décennies, je pense notamment et depuis toujours, je pense aux États-Unis, mais aussi parce qu'il existe à l'intérieur même de nos démocraties des forces politiques qui considèrent que la démocratie pourrait être aisémentée de l'état de droit sans cesser d'être une démocratie, que la démocratie peut-être dans ses principes et dans son fonctionnement un obstacle à l'efficacité des politiques publiques et moi je souhaite que nous soyons un pays dans lequel les forces politiques affirment leur attachement euh au principe de l'état de droit, au principe du droit international, au multilatéralisme quit à réinventer un certain nombre de ces notions, à les remettre en perspective parce que la France dans le temps long de son histoire est étroitement liée à la défense de ses principes et de ses valeurs. [Applaudissements] Merci beaucoup.
On arrive à la à la conclusion de de votre échange à tous les deux. C'est je demandais donc l'un l'un et l'autre de conclure euh en vous demandant de de conclure et de dire ce que vous souhaitez là encore pour affirmer votre vision et aussi la manière dont vous récapitulez un peu les éléments. J'ai aussi envie de vous demander ce que vous avez envie de dire aux jeunes aujourd'hui.
Euh quelle quelle perspective nous pouvons ouvrir aux jeunes aujourd'hui à la fois sur l'avenir collectif mais aussi sur les avenirs individuels. comment aujourd'hui dans le cadre de futures échéances très importantes pour le pays, on peut s'adresser à la jeunesse en lui donnant de l'espoir et et le sens de l'engagement. [Applaudissements] Alors, d'abord, je je voudrais dire avant de répondre à la question posée par Jean-Michel, peut-être un mot sur l'état d'esprit dans lequel au fond je je invite à prospérer.
Euh, il me semble qu'il est utile que nous soyons lucides à court terme et optimistes à long terme. Il y a un pari car la lucidité c'est difficile et l'optimisme c'est pas facile mais je ne vois pas trop de solution. Donc je crois que si on doit être lucide sur les difficultés que nous connaissons et elles sont nombreuses et sur la pente qui n'est pas une bonne pente dans laquelle le pays est engagé, nous devons être parfaitement lucides sur ce qui se passe et extrêmement optimiste sur notre capacité de redresser cette pente, de répondre à ces défis.
Je pense que euh toutes celles et ceux qui s'intéressent aux idées, toutes celles et ceux qui s'engagent dans la vie publique et particulièrement dans la vie politique le font parce que très profondément enracinés au fond d'eux-même, ils ont la conviction qu'on peut faire mieux. Non pas du tout parce qu'ils seraient meilleurs que ceux qui ont précédé, pas du tout. Et quand on pense ça, en général, on est déjà à côté de la plaque.
Mais parce qu'ils ont le sentiment que on peut par l'action collective faire mieux, apporter quelque chose à son pays, le faire repartir quand il est en Lisée, le faire briller quand il est en LI. Je je cette conviction là et je pense que d'ailleurs je suis pas le seul à l' voir, quelque chose me dit qu'elle est assez largement partagée dans cette salle et en tout cas chez tous ceux quel que soient les camps politiques qui s'engagent. Donc lucidité à court terme sur la nous sommes arrivés au terme de ce de ce débat et au terme des piles aussi je crois euh sur la sur la jeunesse.
Écoutez, soit soit vous dites soit vous parlez à la jeunesse sur TikTok en lui disant ce qu'elle a envie d'entendre, soit vous constatez que et de ce point de vue là, premier ministre a dit des choses fortes et et assez assez juste euh sur la jeunesse. Nous avons construit, quand je dis nous, je ne me sens pas totalement responsable, mais je j'accepte une part de responsabilité. Nous sommes en train de construire un système qui est incroyablement injuste pour la jeunesse.
Il est il est impossible, me semble-t-il, de laisser durablement des perspectives réjouissantes à la jeunesse lorsque la dette s'acroit, lorsque l'accès au logement est devenu incroyablement plus difficile ou l'accès à l'acquisition d'un logement, je parle même pas de l'accès l'accès à l'acquisition d'un logement et l'accès à un logement est devenu incroyablement plus difficile aujourd'hui qu'il de l'était il y a 15 ans, il y a 20 ans ou il y a 30 ans. Nous avons au moment de la crise sanitaire le modèle de réponse de la crise sanitaire, c'est un modèle de protection des plus fragiles. Les plus fragiles, c'était les plus âgés.
Et parce qu'il nous semblait nécessaire de le faire, et je ne renonce en rien à dire que c'était nécessaire, nous avons fait peser sur la jeunesse une contrainte incroyablement lourde sur son équilibre personnel. On ne dira jamais à combien lorsque nous avons pris la décision de confiner et je l'assume, nous avons mis toute une série de jeunes gens euh d'enfants dans une situation qui n'était pas facile parce que la déscolarisation n'était pas facile, la désocialisation n'était pas facile, l'exposition aux écrans a produit des choses qui ne sont pas faciles à mesurer mais dont on voit bien qu'elles ne sont pas très bonnes. Bref, la seule façon de parler rég jeunesse me semble-t-il, c'est de dessiner la France qu'on veut en 2050 et d'essayer de montrer que ce que l'on peut faire maintenant permet d'atteindre cette France en 2050.
Euh je je ne je vois une un appétit immense dans la jeunesse sur les questions politiques et je crois pas une seconde à l'idée que la jeunesse se se désintéresserait de la politique. C'est tout le contraire que je constate. Je vois un intérêt immense au questionnement politique, à la question de l'identité, à la question de la transformation environnementale, à la à l'angoisse qui est liée à ça.
Je vois un appétit mais absolument considérable et un désintérêt total pour la vie partisane ou quasi total pour la vie partisane et pour l'actualité politique. On ne répondra pas à cette jeunesse en en autrement qu'en dessinant ce que nous voulons pour 2050 et en démontrant que c'est possible de le réaliser. [Applaudissements] Je me concentre sur le le message de la jeunesse.
Je dirai trois choses sur le message adressé à la jeunesse. Premier point euh nous appartenons à une génération qui s'est beaucoup battu pour que la vie soit meilleure. Je souviens du slogan de François Mitteran qui mobilisait ceux qui à l'époque étaient jeunes et à gauche changaient la vie.
Aujourd'hui, les jeunes générations ne se battent pas pour que la vie soit changée. Ils se battent pour que la vie soit possible sur la planète. C'est un tout autre combat qui engendre d'ailleurs à la politique une relation d'une autre nature.
Si la jeunesse est parfois pétrie de radicalité et si elle s'engage souvent dans des actions qui témoignent de la radicalité dont elle est imprée, c'est précisément parce que le combat dans lequel elle est engagée est un combat qui touche à l'essentiel et c'est très nouveau dans l'histoire de l'humanité que de voir les générations nouvelles se battre pour que la vie soit possible. pour eux et pour leurs enfants. Ça ne sera pas d'ailleurs sans conséquence sur le taux de fécondité de notre société.
Édard parle souvent des problèmes démographiques. La relation de la jeunesse à la vie possible pour elle et les générations suivantes n'est pas en lien avec le choc démographique que nous subissons. Notre devoir à nous, c'est euh de rendre la transition écologique ambitieuse, d'en faire un instrument d'espérance, non pas en faire d'en faire un instrument de désespérance des classes les plus défavorisées qu'on culpabilise en donnant le sentiment que la cause écologiste est une cause des villes et dans les villes de ceux qui sont les plus aisés.
Et pour cela, il faut cette mobilisation que j'appelais tout à l'heure de mes vœux pour faire en sorte que production et lutte contre le réchauffement climatique ne soit pas antinomique et que l'État fasse l'investissement qui va bien. Deuxème message envoyé à la jeunesse, toute politique publique et c'est pas en lien sur les questions budgétaires ne doit pas sacrifier les générations nouvelles pour protéger des rentes déjà établies dans la société. Parce que si nous faisons cela, nous perpétions des injustices et nous rendons inaccessible à l'entendement des citoyens et du plus grand nombre d'entre eux les évolutions qui doivent être faites pour permettre le rééquilibrage de nos comptes et l'investissement de l'argent public dans les priorités de demain.
Puis a un troisème message que je voudrais envoyer à la jeunesse qui résulte de la fréquentation très rare par moi des des réseaux sociaux mais de l'effroi que suscite le plus souvent chez moi la fréquentation de ces réseaux. Je vois une espèce de haine abjecte diffusé sur les réseaux sociaux à leur contre de responsables publics de français en raison leur appartenance religieuse. Je vois l'antisémitisme déferlé des haines euh parfois animé simplement parce que la nature humaine peut produire de pire lorsqu'elle se laisse aller à faire parler ses instincts ou ses mauvais ces mauvais penchants.
Ce qui s'est passé avec un réseau social récemment et la mort d'une personne témoigne de cette pente là. Bon, il n'y a aucun avenir pour la jeunesse. Il n'y a aucun avenir pour l'humanité. et il n'y a aucun avenir pour la paix si il n'y a pas suffisamment de responsables publics et de citoyens pour dire que ce qui domine la relation humaine, c'est l'altérité, c'estàdire la capacité de se mettre à la place d'autrui et de refuser de faire subir à autrui ce qu'on ne supporterait pas qu'on nous fasse subir à nous-même comme être humain.
Si ce travail de substitution de soi-même à l'autre ne se fait plus parce que nous sommes enfermés dans des identités, que nous acceptons l'essentialisation de catégorie de français ou que nous contribuons à cette essentialisation parce que nous les considérons comme des clientèles à conquérir, alors tout est possible. Il ne restera plus rien de l'humanité et il n'y a pas d'humanisme sans altérité. Et donc ce que j'ai envie d'envoyer comme message à la jeunesse, c'est ne vous laissez pas aller aux facilités de l'époque.
N'oubliez jamais qu'il n'y a pas d'avenir si ces principes ne sont pas défendus, transmis. Et le rôle de l'école évoqué par Jean-Michel de ce point de vue-là par Édouard et Jean-Michel est fondamental parce que l'école est bien la pierre angulaire de ce qui permet de de par les humanités de former des esprits qui résisteront à cette aire du temps, sauf à vouloir que cette terre du temps emporte tout de ce qui de ce que nous sommes comme être humain. Donc ça c'est un troisème message qu'il faut faire passer parce que nous vivons des choses absolument incroyables et que nous n'aurions pas considéré comme concevable il y a de cela quelques temps.
Et cette espèce de de haine de méchanceté gratuite de dégradation des relations humaines est une considérable menace qui pèse sur la démocratie sur nos sociétés. [Applaudissements]
Édouard Philippe