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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 23 août 2015 12 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Christian Paul, député PS de la Nièvres

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Pourquoi n'allez-vous pas à la fête de la Rose cette année ?

  • 1:37OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'Arnaud Montebourg fait du chaud ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Vous aurez votre entrée à Marraine en fin de semaine prochaine, ça fait beaucoup de rentrées politiques pour le PS ?

  • 4:38RelanceRéponse directe

    Où est le PS dans tout ça ?

  • 5:28OuverteRéponse directe

    Le président de la République a parlé de stabilité et de cohérence, vous avez l'impression d'être entendu ?

  • 6:18OuverteRéponse directe

    François Hollande a promis une baisse des impôts pour 2016, vous répondez quoi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « ce déficit de démocratie dont on a vu avec la Grèce en payer le prix plusieurs mois »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « on ne cédera plus jamais aux caprices des marchés, à la logique folle du capitalisme »
  • 3:43Invité politiqueChiffre
    « C'est 40 milliards d'euros qui sont accordés aux entreprises sans contrepartie »
  • 3:48Invité politiqueFait
    « Ce deal improbable qui a été passé avec Pierre Gattaz et le MEDEF, il y a quelques années, qui ne produit aujourd'hui ni croissance ni emploi »
  • 6:59Invité politiquePromesse
    « Mais ça doit passer aussi en 2016 par la baisse de la CSG, au moins jusqu'à deux fois le SMIC »
  • 7:56Invité politiqueFait
    « Est-ce que la gauche a encore une ambition pour la France ? »

Temps de parole

  • Christian Paul81 %
  • Présentateur19 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

8h18 sur France Inter, l'invité de la rédaction ce matin, Christian Paul, député socialiste de la Nièvre. Bonjour monsieur.

0:13
Christian Paul

Bonjour.

0:14
Présentateur

La fête de la Rose a lieu aujourd'hui à Frangie-en-Bresse. L'an dernier, elle avait scellé le départ d'Arnaud Montebourg du gouvernement. Cette année, celui qui est désormais vice-président du groupe Habitat a décidé d'inviter Yanis Varoufakis, l'ancien ministre grec des finances. Vous, Christian Paul, vous étiez à Frangie l'an dernier. Pourquoi n'y allez-vous pas cette année ?

0:32
Christian Paul

A défaut de pouvoir y aller cette année, je serais très attentif à ce qu'il va s'y dire. Parce que je pense qu'il est plus qu'urgent de relancer le débat sur l'avenir de l'Europe, sur la façon dont les décisions se prennent en matière économique. Donc ce déficit de démocratie dont on a vu avec la Grèce en payer le prix plusieurs mois. Et puis aussi une remise en cause de politique. Il s'est fait la croissance en Europe. Vous savez, après 2008, tout le monde faisait des grands serments en disant « on ne cédera plus jamais aux caprices des marchés, à la logique folle du capitalisme ».

Et force est de constater sept ans après que, non seulement rien n'a changé, mais en Europe, la situation s'est aggravée. Donc qu'il y ait des voix puissantes, avec des témoignages de deux hommes qui ont vécu de l'intérieur, l'un au sein du gouvernement français, l'autre, dans la déconcession européenne. L'état réel de l'Europe, je pense que c'est très important de les entendre.

1:31
Présentateur

Christian Paul, Arnaud Montebourg l'a bien dit, il y aura du fond avec Yanis Varoufakis, il veut parler de l'Europe. Mais je reviens juste sur cette précision, vous n'êtes pas le seul député PS dit « frondeur » à ne pas vous y rendre. Est-ce que vous êtes d'accord avec ceux qui disent dans vos rangs « Montebourg ne fait plus de politique, il fait du chaud ». D'où Varoufakis et l'invitation plutôt de Yanis Varoufakis ?

1:52
Christian Paul

D'abord, je trouve que l'invitation faite à Varoufakis n'est pas illégitime un instant. Il considère qu'il est très important de ne pas lâcher Alexis Tsipras, mais je respecte totalement la parole de quelqu'un qui a amené une résistance en Europe qui était nécessaire, au nom du peuple grec. Et pour la question… Est-ce qu'Arnaud Montebourg fait du chaud ? Arnaud Montebourg a fait un choix que j'ai trouvé courageux par ma part, qui est d'avoir une autre expérience, d'avoir une autre façon de participer aux débats publics sans être directement engagé dans la vie politique.

Moi, j'ai choisi, avec d'autres, d'animer un courant au sein du Parti Socialiste qui s'efforce de construire une alternative crédible à la politique qui est menée depuis trois ans. Arnaud Montebourg a fait un choix différent, mais pour autant, nous partageons beaucoup de causes, de combats communs dans le passé.

2:51
Présentateur

Christian-Paul, vous le dites, vous aurez vous aussi votre entrée à Marraine en fin de semaine prochaine, à la veille de l'université d'été du PS de La Rochelle. Dis donc, ça fait beaucoup de rentrées politiques pour le PS, non ?

3:03
Christian Paul

J'observe que depuis plusieurs années, la rentrée se fait au lendemain du 15 août. D'ailleurs, le président de la République s'est exprimé sur des sujets importants. Et là aussi, nous avons besoin d'avoir, avec le président de la République, avec le gouvernement, un dialogue soutenu, parfois musclé, c'est vrai, à la veille de la rentrée. Parce que la rentrée effective au mois de septembre, c'est le moment des choix. Et nous voulons, c'est vrai, peser sur les choix qui seront faits, en particulier pour le budget 2016. Vous savez, le PS a enfin pris position pour réorienter ce qui ne marche pas aujourd'hui en France, c'est-à-dire le pacte de responsabilité.

C'est 40 milliards d'euros qui sont accordés aux entreprises sans contrepartie et surtout, aujourd'hui, sans résultat. Ce deal improbable qui a été passé avec Pierre Gattaz et le MEDEF, il y a quelques années, qui ne produit aujourd'hui ni croissance ni emploi. Donc c'est assez naturel qu'à la veille des arbitrages budgétaires, à la veille des grands choix, des décisions se prennent et qu'il y ait un débat. Et vous savez, pour la gauche, qui est au pouvoir depuis 2012, et nous sommes à 20 mois d'élection présidentielle, c'est la rentrée de la dernière chance.

Ce qui ne sera pas engagé, là, dans les prochains mois, ne pourra pas être irréversible et avoir des effets positifs, en particulier pour l'économie française, pour les salariés, dans le temps qui est imparti, aujourd'hui, à notre majorité.

4:27
Présentateur

On l'a bien entendu, Christian Paul, mais en même temps, Frangy-en-Bresse, Marraine, La Rochelle, la rentrée du gouvernement, on se demande où est le PS, là-dedans ?

4:38
Christian Paul

Il faut poser la question à tous ceux qui ont, aujourd'hui...

4:42
Présentateur

C'est à vous que je la pose, en l'occurrence.

4:44
Christian Paul

...le premier parti de la majorité, et nous avons, collectivement, Jean-Christophe Cambadélis, et nous tous, nous avons un test important dans cette rentrée. Est-ce que les propositions qui ont été adoptées très majoritairement au sein du Parti Socialiste... Parce qu'il y a une panne de consommation qui a un impact très dur sur les entreprises. Il faut rallumer l'investissement des collectivités locales. Il faut soutenir les entreprises, oui, mais de façon ciblée, quand elles investissent ou quand elles se battent dans la compétition internationale. C'est les propositions qui ont été adoptées par le PS au mois de juillet. Est-ce que le gouvernement les entend ?

Est-ce qu'au contraire, Manuel Valls continue sur une pente qui conduit notre pays à l'échec ?

5:26
Présentateur

Et en même temps, c'est la question que je vous pose, Christian-Paul. Le président de la République, lors de la rentrée du gouvernement, a parlé de stabilité et de cohérence dans les choix. Vous avez l'impression vraiment d'être entendu ?

5:35
Christian Paul

Je pense que les semaines qui viennent sont le moment d'un débat et de choix qui seront les derniers grands moments de décision collective de ce quinquennat. de ce premier quinquennat de François Hollande. Et donc, je crois qu'aujourd'hui, le courage, l'audace, ça n'est pas de persister dans une politique qui a marqué ses limites et qui a même sur beaucoup de plans échoué. C'est d'avoir le courage d'évaluer, de faire le bilan, en particulier du pacte de responsabilité, et de réorienter ce qui doit l'être. Voilà ce qui est pour moi le courage dans cette rentrée.

6:12
Présentateur

A ce propos, Christian-Paul, François Hollande a aussi promis une baisse des impôts pour 2016. Quoi qu'il arrive, ce sont ses mots. Alors, l'opposition dénonce un opportunisme électoral à la veille des élections régionales. Vous, vous répondez quoi ?

6:23
Christian Paul

D'abord, je salue, parce que je l'ai voté, la baisse d'impôts que vous... Ça, c'est pour 2015. Pour 2016, je crois que ce qui est très important, c'est qu'il n'y ait pas des annonces de baisse d'impôts au fil de l'eau. Mais que le président de la République tienne l'engagement qu'il avait pris avec nous en 2012 d'une profonde réforme fiscale. Il faut la rendre irréversible. Il faut l'engager dès maintenant. Vous en faites comment ? Ça commence avec la retenue à la source qui est préparée aujourd'hui par le ministère des Finances. Mais ça doit passer aussi en 2016 par la baisse de la CSG, au moins jusqu'à deux fois le SMIC.

C'est comme ça qu'on va remettre de la progressivité, c'est-à-dire la justice fiscale. Donc moi, je suis favorable à des baisses d'impôts pour deux raisons. Davantage de justice fiscale et redonner du pouvoir d'achat par des baisses d'impôts à des familles qui ont beaucoup terminé les fins de mois. Je pense que c'est aussi utile pour relancer l'activité et la croissance.

7:26
Présentateur

Et en même temps, Christian Paul, vous reconnaîtrez qu'il y a eu l'annonce, mais c'est floude sur la mise en œuvre.

7:31
Christian Paul

Très bien. Et ayons, avec le gouvernement, une fois dépassé les résistances de Bercy ou parfois l'aveuglement de ceux qui pensent qu'on parviendra, par le dialogue, à orienter les choix qui vont être faits. Vous savez, la question que se pose beaucoup de France, est-ce que la gauche a encore une ambition pour la France ? Y compris une ambition de réforme, relance de l'activité, bien sûr, mais aussi transformation d'une fiscalité qui est très injuste, la sécurité sociale professionnelle. Si on n'engage pas cette réforme dès maintenant, qui peut croire qu'elle sera là aussi rendue irréversible avant 2017 ?

Donc voilà les enjeux de cette rentrée, c'est pas seulement une affaire de déplacement de quelques milliards d'euros dans le budget 2016, c'est vraiment de se redonner une ambition. Donc le quinquennat n'est pas terminé, il y a 20 mois pendant lesquels, c'est vrai, il va y avoir beaucoup d'événements, beaucoup de difficultés quotidiennes. On voit la menace terroriste, on voit la crise de l'élevage, mais moi je plaide pour que la gauche ne renonce jamais à son ambition de transformation.

8:36
Présentateur

Le projet de loi de finances, Christian Paul, sera présenté fin septembre, vous le voterez ?

8:42
Christian Paul

S'il est conforme aux orientations qui ont été adoptées, je le voterez. Mais j'imagine mal le groupe parlementaire majoritaire adopter un budget qui serait à 180 degrés des choix que collectivement, majoritairement, nous avons fait au mois de juillet.

Et donc c'est tout l'enjeu de cette rentrée, et je pense que ce qui correspond à ce que nous demandions depuis plus d'un an, c'est-à-dire davantage de soutien à la consommation, les collectivités locales qui aujourd'hui sont asphyxées dans leurs investissements doivent être soutenues, parce que c'est très utile pour des filières qui créent beaucoup d'entreprises, je le redis, nous y sommes favorables dès lors qu'il y a de l'investissement, des embauches, de la formation. Une passion à la compétition internationale, c'est le cas, c'est vrai, de gaspiller l'argent public.

9:45
Présentateur

François Hollande fait-il preuve de courage politique selon vous ? Et d'ailleurs pour vous, c'est quoi le courage politique ?

9:49
Christian Paul

Je crois qu'en ce moment, le courage politique, ça serait de parvenir à faire aimer l'Europe. Je reviens à la question de, tout à l'heure, de l'avenir de l'Europe. Parce que pour notre génération, c'est vrai, l'Europe est aujourd'hui écartelée entre les faux remèdes des néolibéraux et nationalistes. Et donc il y a un enjeu qui est aujourd'hui de prendre son courage à deux mains, c'est vrai, de parler fort en Europe. Puis le courage politique, c'est de parvenir à faire comprendre aux Français européens que, sans solidarité, la construction européenne n'est pas seulement en panne, elle est clairement menacée.

10:43
Présentateur

Christian-Paul, est-ce que le courage en politique ou le courage du gouvernement serait de faire venir Jean-Marc Germain pour remplacer François Repsamem au ministère du Travail ?

10:52
Christian Paul

Je pense que c'est probablement le meilleur choix que pourrait faire le président de la République. Parce qu'au-delà de la compétence, il y a des convictions. Mais encore une fois, un bon ministre n'était...

11:06
Présentateur

Et en même temps, vous savez qu'il devra suivre ce que lui dit le gouvernement, Emmanuel Valls ?

11:10
Christian Paul

Mais pour moi, un gouvernement, c'est aussi un lieu de débat. Ce n'est pas une caserne. C'est un lieu où l'intelligence collective d'une équipe doit se manifester. Il n'y a pas de pensée unique. Je pense que s'enfermer, comme le fait d'ailleurs souvent, dans lequel aucune alternative n'est possible, ce n'est pas simplement de mener le pays à l'échec. Donc qu'il y ait des femmes et des hommes de grande qualité. Il y en a déjà, d'ailleurs, au sein du gouvernement, capables de mener le débat. Peut-être davantage encore que ça n'a été le cas depuis un an.

11:50
Présentateur

Merci Christian Paul, député socialiste de la Nièvre, d'avoir été l'invité de la rédaction de France Inter. 8h29 sur Inter.