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InterviewC à vous (sur YouTube)· 13 novembre 2024 12 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & famille

À partir de 2027, le brevet obligatoire pour entrer au lycée : explications de Anne Genetet-C à Vous

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteÉludée

    Pourquoi avoir tardé à soutenir les enseignants après les propos de Sarkozy ?

  • 0:45RelanceRéponse partielle

    Les enseignants subissent des attaques, pourquoi la ministre ne réagit-elle pas plus vite ?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    La France a-t-elle les moyens d'avoir près d'un million d'enseignants ?

  • 2:30RelanceRéponse partielle

    Les résultats Pisa ne cessent de baisser, que faire ?

  • 3:30RelanceRéponse directe

    Vous maintenez les classes de 6e et 5e malgré les levées de boucliers ?

  • 4:30OuverteRéponse partielle

    L'Éducation nationale ne mérite-t-elle pas plus de stabilité avec 5 ministres en 2 ans ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00A.GenetetChiffre
    « On est à 35 % qui choisissent de faire l'heure et demie ajoutée en maths. »
  • 5:00A.GenetetChiffre
    « On a à peu près 120 000 élèves en échec du brevet sur 800 000 et quelques qui le réussissent. »
  • 9:00A.GenetetFait
    « Ces chiffres sont inquiétants et inacceptables. J'apporte tout mon soutien aux personnels de direction, aux professeurs. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- P.Cohen: Vous aviez une occasion en or d'endosser le costume ou la robe de ministre des Enseignants. Pourquoi avoir tardé à les soutenir après la déclaration de l'ancien président? - A.Genetet: Je n'ai pas pour habitude de réagir brutalement.

J'ai apporté mon plein soutien. Je suis en désaccord avec ce qu'a dit monsieur Sarkozy. Ses propos m'étonnent.

Je suis allée sur le terrain et j'ai vu des enseignants très engagés, déterminés, qui ont un gros volume d'heures. Ils sont parfois menacés dans leurs enseignements, contestés. Ils font un boulot difficile.

Je suis en complet soutien. - A.-E.Lemoine: Quand les policiers sont visés, le ministre de l'Intérieur se positionne tout de suite pour les défendre.

Les enseignants subissent une attaque en règle et la ministre ne dit rien...

C'est les propos d'un syndicat d'enseignants. L'AFP vous a interrogée dès lundi sur ce sujet. - A.Genetet: Ce n'est pas ma manière de faire.

Nous sommes mercredi. J'ai réagi dès hier aux questions au gouvernement. Ce n'est pas ma manière de faire.

Je vais dans le dialogue, l'écoute. J'ai l'occasion de m'exprimer devant les enseignants. Chaque fois qu'ils seront menacés verbalement, physiquement, ils auront mon soutien.

J'aimerais que tout le monde les soutienne. - A.-E.Lemoine: La France n'a pas les moyens d'avoir près d'un million d'enseignants? - A.Genetet: Nous avons 851 000 enseignants.

Disons la vérité aux Français. On a 2 enjeux: une baisse démographique et un enjeu territorial avec des inégalités territoriales. En 10 ans, ans, on a perdu 750 000 élèves.

Ca nécessite des ajustements. Il faut dire la vérité. On a beaucoup d'enseignants, des enseignants qui peuvent manquer par endroits, mais on a une école qui s'engage, avec des profs qui font un boulot hyper engagé, très important.

Derrière, les élèves progressent. Vous avez évoqué nos évaluations. En maths, on n'est pas bons. - A.-E.Lemoine: Ca ne cesse de baisser. - A.Genetet: Le résultat Pisa n'est pas bon.

On fait des évaluations et on voit qu'aujourd'hui, il y a des résultats encourageants. Je vous dis ce qui va et ce qui ne va pas. Ce qui est vrai, c'est qu'il y a des résultats encourageants en école primaire, jusqu'en 6e.

Au collège, ça stagne. Au bout du compte, on voit des profs qui mettent en place des groupes de la taille qui va bien, en fonction de ce qu'ils choisissent. Je fais confiance aux enseignants.

Ce n'est pas moi, rue de Grenelle, qui vais leur dire de faire des groupes partout de 18 et demi. - A.-E.Lemoine: Vous les maintenez en 6e et en 5e malgré les levées de boucliers alors qu'un bilan n'a pas encore été fait. - A.Genetet: Il est en cours.

La mesure vient de se mettre en place. Certains l'ont mise en place à la rentrée des congés d'automne. J'aurai un 1er retour en mars et un 2e en juin.

L'évaluation est importante. Les chefs d'établissement...

Les emplois du temps étaient compliqués. Ils ont réussi à le mettre en place. Dans beaucoup d'établissements, ce n'était pas facile.

Il faut aller voir les groupes sur le terrain. J'avais encore ce matin un collègue instituteur qui m'a dit qu'il avait vu des collègues réticents et qu'une fois que ça a été mis en place, il y avait un soutien plus proche et plus individualisé et que ça marchait. Il y avait la rentrée scolaire et certains le mettent en place seulement maintenant. - A.-E.Lemoine: Pensez-vous que les enseignants et les élèves comprennent quelque chose à ce qui se passe depuis la rue de Grenelle, depuis le ministère de l'Education nationale?

Il y a eu 5 ministres en 2 ans et demi. Vous êtes la 5e depuis le 20 mai 2022. L'Education nationale ne mériterait-elle pas un peu de stabilité?

Vous êtes là pour combien de temps? - A.Genetet: C'est une institution qui fonctionne très bien.

Je ne crois pas que les élèves attendent un ministre pour travailler. Ils travaillent sans se soucier de qui est ministre. Les réformes sont cohérentes depuis 2017.

On est là pour travailler sur des fondamentaux. C'est l'ADN de ce qu'on porte avec le président de la République depuis 2017. On veut des élèves qui sachent lire, écrire, compter, qui maîtrisent ces fondamentaux et qui pourront s'emparer des autres disciplines.

Comment faire de l'histoire-géo si on ne sait pas lire? Comment faire de la physique si on ne fait pas de maths? On est à 35 % qui choisissent de faire l'heure et demie ajoutée en maths. 65 % sont restés dans un parcours Maths spécialité et s'engagent souvent en maths expert en terminale.

Rappelez-vous qu'à l'époque, on disait que les maths, c'était le seul sésame pour continuer. J.-M.Blanquer a souhaité donner la possibilité à des élèves de ne pas passer uniquement par les maths.

On a juste un problème en France qui est frappant...

Il y a soi-disant des bons et des mauvais en maths. On est capables d'avoir une épreuve anticipée de français. Pourquoi on n'est pas capables de le faire en maths?

On a mis 1 heure 30 de tronc commun de mathématiques en première. Je ne vois pas pourquoi on ne ferait pas une épreuve anticipée de maths, comme en français. On pourra évaluer nos élèves dans les 2 disciplines.

C'est pour le bac 2027, épreuve anticipée 2026. Le décret sera publié. Ceux qui ne voudront pas faire de maths en terminale n'en feront pas.

C'est de la cohérence. On a des fondamentaux: maths et français. Je ne vois pas pourquoi la France poursuivrait ce mythe selon lequel on n'est pas bons en maths.

Il y a un tronc commun sur lequel on peut emmener tout le monde. - E.Tran Nguyen: L'autre mesure, c'est qu'en juin 2027, il faudra avoir son brevet pour pouvoir passer en seconde.

Cette mesure a beaucoup fait réagir les syndicats. - Faire du brevet une obligation pour passer en seconde, ça veut dire que le brevet peut potentiellement devenir un barrage à la poursuite d'études. C'est un recul très important en termes de démocratisation du système éducatif.

Ca veut dire qu'il y a des élèves qui ne pourraient pas poursuivre leurs études, aller au lycée. Or, on a besoin que les élèves poursuivent leurs études avec un haut niveau de qualification. Il y a besoin d'aider les élèves à surmonter leurs difficultés, certainement pas de les trier en les empêchant de poursuivre leurs études. - E.Tran Nguyen: Un syndicat parle de couperet qui va empêcher l'entrée de certains élèves au lycée.

Patrick se demandait ce que vous alliez faire des élèves qui n'auraient pas le brevet. Ils vont devoir forcément se diriger vers un CAP ou une classe prépa à la seconde? N'est-ce pas un tri des élèves qui ne dit pas son nom? - A.Genetet: Le tri existe.

On a des élèves en échec et qui n'ont pas de solution. L'étude Pisa le dit. L'école de la République n'est pas prévue comme ça.

Je veux que les élèves puissent tous progresser et arriver à ces épreuves anticipées. C'est l'objectif des groupes qui travaillent sur les fondamentaux sur la totalité du volume horaire en 6e et 5e, en maths et français, avec encore un soutien...

On est sur un soutien différent en 4e et 3e. Quand vous mettez le brevet obligatoire, ça devient beaucoup plus motivant. - A.-E.Lemoine: C'est stressant. - A.Genetet: J'ai vu un collège en réseau d'éducation prioritaire avec un faible taux de réussite au brevet, de l'ordre de 72 %.

Ils ont mis en place un tas d'ateliers qui permettent aux élèves de se préparer spécifiquement au brevet. Ils ont augmenté de 4 points leur taux de réussite. - A.-E.Lemoine: Il y aura toujours du contrôle continu dans le brevet? - A.Genetet: Oui, pour 40 %, et 60 % pour la note finale.

On a à peu près 120 000 élèves en échec du brevet sur 800 000 et quelques qui le réussissent. Ce que ne dit pas la syndicaliste que nous avons entendue, c'est ce que deviennent les élèves en échec du brevet. On les met en échec au lycée.

Ils ont 3 ans de lycée en échec aujourd'hui. Le brevet n'est pas pour une interdiction de passer en seconde si on échoue. C'est pour permettre de rentrer directement en seconde.

Il y aura 2 options. Il y a ceux qui s'orientent vers une voie professionnalisante, un CAP en alternance ou un CAP scolaire. Il y a aussi une classe prépa seconde pour les préparer.

Ces élèves pourront aller vers le lycée. On ne parle plus de brevet. Ils feront un parcours de réussite en lycée en 4 ans au lieu de faire un parcours d'échec en 3 ans. - A.-E.Lemoine: Une enquête a été conduite par un syndicat sur les relations entre les parents d'élèves et les chefs d'établissement.

V.Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, veut mettre les parents à l'amende. - V.Pécresse: Les parents doivent surveiller leurs enfants.

Un enfant ne peut pas agresser ou insulter un professeur. C'est inacceptable. Il faut des amendes dissuasives.

On trouvera le montant. - A.-E.Lemoine: Faut-il une nouvelle loi?

C'est ce que demande V.Pécresse. - A.Genetet: Ces chiffres sont inquiétants et inacceptables.

J'apporte tout mon soutien aux personnels de direction, aux professeurs. Les professeurs sont aussi contestés par les parents, parfois. On ne peut pas contester un enseignant. - A.-E.Lemoine: Quelle sanction? - A.Genetet: Avant la sanction, il y a un travail à faire.

Je ne suis pas fan de la sanction. J'entends ce que dit V.Pécresse.

Je comprends ce qu'elle veut dire. Mais élever des enfants aujourd'hui, ce n'est pas la chose la plus simple qui soit. Ce n'est pas forcément en punissant les parents qu'on va forcément les faire venir dans un dialogue.

Je préfère créer les conditions d'un dialogue de qualité avec les parents. Je souhaite engager un chantier sur ce qu'est l'autorité d'un professeur, d'un personnel de direction. Comment peut-on travailler sur le respect?

C'est le vrai travail. Ce qui m'obsède, c'est la réussite de nos élèves. Je veux défendre nos professeurs, les soutenir.

Quand un prof ou un directeur est contesté, ce n'est pas seulement moi qui vais le soutenir. Ca ne suffit pas. Je veux que la société tout entière les soutienne.

Pas un soutien ne doit leur manquer, y compris de la part des parents d'élèves. Que les parents d'élèves entendent aussi la difficulté du métier d'enseignant.

À partir de 2027, le brevet obligatoire pour entrer au lycée : explications de Anne Genetet-C à Vous — Anne Genetet · Pourquijevote