TRAVAILLER SOUS LA CANICULE : COMMENT NOUS POUVONS DÉFENDRE NOS DROITS
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il y a une injustice fondamentale dans cette situation des travailleurs qui subissent des fortes chaleurs et qui pèsent sur leur santé c'est que ce réchauffement climatique il est causé par la surexploitation de la planète et en particulier des énergies fossiles par des grandes entreprises capitalistes ce système dans lequel on vit qui encourage certains à exploiter à la fois les travailleurs les travailleuses mais aussi les ressources de la planète pour s'enrichir eux-mêmes ce système là il cause cette grande injustice qui fait que ceux qui travaillent et donc qui souffrent de ces conditions et de ses chaleurs qui augmentent ne sont pas les responsables de ce réchauffement climatique [Musique] je suis Adèle Thérèse de la CGT Paris on lance donc une campagne qui s'appelle arrêt du boulot quand il fait trop chaud parce que ben on observe des augmentations de température et chaque année des fortes chaleurs l'été avec des épisodes même caniculaires certaines années et la chaleur c'est un élément de danger sur la sécurité au travail c'est évidemment un élément qui peut causer des problèmes de santé dans la vie de tous les jours mais en particulier au travail et du coup nous on souhaite alerter sur ce sujet outiller les équipes syndicales dans les entreprises sur ce thème faire de la prévention et proposer des solutions ces dernières années il y a eu régulièrement l'été des débrayages et des droits de retrait liés à des températures trop élevées sur les lieux de travail je pense par exemple à plusieurs magasins à Monoprix à Paris où les salariés depuis plusieurs années quand il fait trop chaud bah tout simplement oppose leur droit de retrait ou bien du travail mais on pense aussi et c'est pour ça qu'on mène cette campagne pas seulement vers l'extérieur mais aussi vers nos équipes syndicales que beaucoup d'équipes ne sont pas encore outillés à la fois sur l'aspect de la santé et sur l'aspect de comment réagir pour imposer dans l'entreprise ce rapport de force qui impose à la fois la mise en place des mesures de prévention nécessaires mais aussi l'arrêt du travail quand ils le font je suis jardinière dans les jardins municipaux et c'est vrai que quand il fait très chaud le travail devient assez insupportable on essaye d'aménager un petit peu comme on peut on a souvent quand dans les cas vraiment caniculaires des consignes de notre direction pour faire les travaux les plus physiques le matin pour travailler à l'ombre etc on a parfois des réductions d'horaires mais la situation elle est très lourde à gérer parce que on a aussi des impératifs c'est à dire que quand il faut réaliser des plantations avant telle date ou bien avoir taillé tel-air avant telle date et bah ça c'est des impératifs de travaux très physiques qu'il faut qu'on réalise et donc on est face à des injonctions assez contradictoires et voilà on pense que ce serait possible aussi de réduire encore plus nos horaires de travail pour s'en tenir aux travaux vraiment strictement nécessaires et surtout un autre élément qui est indispensable c'est que c'est sur la question des pauses il faut que dans les quatre forts de chaleur les travailleurs et puissent prendre la pause quand ils en ressentent le besoin et pas quand c'est l'heure de la pose dicter par le chef parce que c'est quand on en ressent le besoin que notre corps en a besoin et qu'on a besoin de boire de se reposer d'aller à l'ombre etc le code du travail doit s'adapter au changement climatique aujourd'hui c'est très peu le cas à part finalement l'obligation de fournir de l'eau aux salariés il y a très très peu d'éléments dans le code du travail pour pallier c'est forte chaleur donc nous ce qu'on pense c'est qu'il faut qu'il y ait des éléments de prévention bien plus importants et surtout on a une revendication centrale c'est qu'il y ait une température maximale de travail c'est à dire qu'il y a une température qui soit inscrite dans la loi dans le code du travail au-delà de laquelle et bien le travail s'arrête tout simplement et cette température c'est 28 degrés pour les travails physiques et 30 degrés pour le travail sédentaire ces chiffres ils viennent de l'INRS c'est l'Institut national de recherche et de sécurité donc le l'institut de recherche qui travaille sur les conditions de travail etc etc et qui indique que ce sont les températures à partir desquelles il peut y avoir un danger pour les salariés l'OMS considère que les températures idéales de travail en fonction des activités qu'on réalise c'est entre 16 degrés et 24 degrés les dangers qui a on le sait tous hein quand on quand il fait chaud on commence par avoir de la transpiration c'est ce qui permet à notre corps de réguler sa température mais arriver à un certain extrême c'est aussi ce qui va mener à une déshydratation du corps c'est ce qui va mener à des pertes de connaissances il peut y avoir des vomissements également tout ça ça concourt à premièrement une baisse de la vigilance ce qui dans la plupart des métiers est extrêmement dangereux d'avoir une baisse de la vigilance mais si on va plus loin dans les cas les plus extrêmes quand on est régulièrement soumis à des coups de chaleur ou à des états de déshydratation ça peut mener à des insuffisances rénales chroniques et ça ça s'est vu chez des ouvriers du bâtiment chez des travailleurs dans les plantations et c'est des c'est des maladies qu'on ne peut pas soigner en fait et donc qui mène à des décès précoces des travailleurs en question on pense que c'est important d'imposer dans le débat public cette idée vraiment de l'arrêt du travail à partir d'une certaine température pour admettre entériné le fait que oui il y a une température au delà de laquelle il faut arrêter d'essayer d'aménager le travail mais vraiment l'arrêter c'est une revendication historique du mouvement ouvrier la baisse du temps de travail c'est aussi une revendication de la CGT les 32 heures par semaine on pense que c'est possible de travailler moins y compris pour travailler toutes et tous et pour travailler de manière beaucoup plus sécurisée donc non on pense pas que ça pose de problème de travailler moins et sur les entreprises qui seraient en difficulté faut quand même rappeler que en 2022 les entreprises du CAC 40 on distribué 67,5 milliards de dividendes à leurs actionnaires donc de l'argent il y en a autant aller le chercher là où il existe plutôt que de faire peser sur la santé des salariés c'est forte chaleur on salue le fait que des groupes parlementaires s'intéressent à cette question et veulent porter le débat à l'Assemblée nationale parce que c'est un sujet qui est en train véritablement d'exploser sur les lieux de travail et qui reste trop confiné au lieu de travail justement et ça doit devenir un sujet de société donc on salue tout à fait cela et on pense qu'il faut vraiment céder à la fois de la recherche scientifique sur le sujet et de l'ingéniosité des travailleurs et des travailleurs elle-même et des équipes syndicales sur le terrain pour vraiment bien comprendre qu'est-ce qu'il faut qu'on mette en place je vais vous donner un exemple sur ce sujet dans le secteur du BTP par exemple souvent il y a des modifications d'horaires c'est à dire qu'on va demander aux ouvriers du chantier de venir très tôt le matin par exemple à 5 heures ou à 6h du matin quand il fait très chaud et bah ça ça pose un souci parce que les horaires pendant lesquels on se repose le mieux par tant caniculaire c'est entre 1h et 6h du matin donc il faut absolument que l'ouvrier puisse se reposer chez lui entre 1h et 6h du matin et qu'ensuite il est le temps de se lever et de rejoindre son lieu de travail donc le décalage des horaires tout simplement n'est pas suff il faut vraiment réduire les horaires c'est un exemple où les remontées de terrain sont vraiment indispensables c'est un sujet qui est éminemment politique parce que c'est un sujet de santé publique tout simplement les employeurs ont une responsabilité gigantesque déjà parce que c'est eux qui font du profit sur ce travail et puis dans la loi ils ont une obligation de santé de sécurité au travail des salariés mais c'est un sujet qui doit bien sûr dépasser largement et qui doit interpeller absolument les gouvernants parce que on a eu déjà au moins 7 morts au travail du fait des chaleurs en 2022 en France uniquement on sait qu'au cours des années à venir ça va ça va augmenter et on pense que dans le monde entier il y a des centaines et des centaines de personnes qui meurent de la chaleur chaque année donc c'est évidemment un sujet d'intérêt public un sujet hautement politique le dérèglement climatique est dû à ce système mortifère le capitalisme qui exploite à la fois les hommes et les femmes et les ressources de la planète c'est absolument insupportable l'injustice dans laquelle on est que ceux qui sont les plus victimes du dérèglement climatique ne sont pas les principaux responsables aujourd'hui il faut que ce sujet soit porté sur la place publique et en particulier sur la question du travail nous c'est pour ça qu'on mène aujourd'hui cette campagne pour protéger les travailleurs et accepter que quand il fait trop chaud il faut tout simplement arrêter de bosser
Mathilde Panot