Nicolas Dupont-Aignan invité du débat de "Politique matin" sur LCP
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteRéponse directe
Je vous propose de commencer à parler de la Grèce.
- 0:56RelanceRéponse directe
Et vous le respectez ?
- 2:19RelanceRéponse partielle
Il n'y a pas d'accord possible avec les créanciers ?
- 2:31RelanceRéponse directe
Donc c'est ce qui pourrait lui arriver de mieux pour vous ?
- 3:34OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites, Julien ?
- 4:56RelanceRéponse directe
Alors répondez Nicolas Dupont-Aignan.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51PrésentateurChiffre
« Le FMI qui met la pression aussi en disant la Grèce a besoin de 36 milliards dans trois ans. »
- 2:43Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que l'économie grecque a un excédent primaire de son budget, ce que n'a pas la France, c'est-à-dire avant remboursement de la dette. »
- 2:50Invité politiqueFait
« Et que deuxièmement, les comptes de la Grèce, la balance des paiements, sont équilibrés. »
- 4:29Invité politiqueFait
« « Nous avons sous-estimé l'impact récessif des politiques d'austérité » »
- 6:48Invité politiqueFait
« Il y a dix pays de l'Union Européenne qui ne sont pas dans la zone euro, Danemark, Suède, Portugais, Pologne, Angleterre, qui, c'est curieux, ont une bien meilleure performance économique. »
- 11:02Invité politiqueFait
« M. Macron et M. Valls ont vendu l'aéroport de Toulouse aux Chinois pour une bouchée de pain contre l'avis de tous les experts, notamment des collectivités locales. »
- 11:23Invité politiqueChiffre
« promesse d'achat à 51%. »
- 12:09Invité politiqueFait
« une usine qui était une usine de fabrication d'un moteur avec une coopération franco-chinoise dans le secteur de l'aéronautique. »
- 12:42Invité politiqueFait
« Boeing n'a pas voulu donner ses secrets de fabrication à la Chine. »
- 13:43Invité politiqueFait
« Le Rafale est un succès d'exportation. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan38 %
- Nicolas Dupont-Aignan 236 %
- ?14 %
- Présentateur12 %
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8h45, c'est donc le débat politique dans Politique Matin. J'accueille Juliette Méadelle, bonjour. Vous êtes porte-parole du Parti Socialiste. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Bonjour. Vous êtes président de Debout la France. Je vous propose de commencer à parler de la Grèce. Nous sommes à deux jours d'un référendum décisif. Les journaux titrent ce matin sur un éventuel Grexit, une sortie de la Grèce de la zone euro. Et ce sondage, les Grecs qui voteraient oui à 44,8% contre 43,4%. Les Grecs qui voudraient donc rester dans la zone euro. Il y a une sorte de dramatisation qui se met en route, Juliette Méadelle.
On a vu François Hollande qui disait mais si jamais ils votent non, on sera dans l'inconnu demain. Le FMI qui met la pression aussi en disant la Grèce a besoin de 36 milliards dans trois ans. On fait monter la pression jusqu'à dimanche ?
Mais on ne la fait pas monter de façon artificielle. Il y a réellement une situation qui suscite de l'inquiétude. Parce que d'abord le référendum n'était pas prévu dans le processus des négociations. Il a lieu très bien. C'est au moins une façon pour la Grèce d'amorcer un processus démocratique.
Et vous le respectez ?
Bien entendu. Vous savez, je crois qu'à la place des Grecs qui subissent des politiques d'austérité terribles, il est bon qu'ils puissent maintenant... Ils sont face à leur destin. Alors ils vont dire, est-ce que nous voulons continuer à faire des efforts avec une perspective de nous en sortir ?
En
restant dans la zone euro ? Bien, est-ce que nous choisissons un autre chemin ? Cet autre chemin, il ne
faut
pas en dramatiser les effets, mais cet autre chemin qui consisterait à dire non, nous ne sommes pas d'accord avec cette proposition de négociation qui nous est faite, car c'est à peu près ça la question qui leur est posée, cet autre chemin conduirait probablement à ce qu'ils sortent de la zone euro. Et attention, moi je ne dis pas que ça serait le chaos, je dis simplement que c'est un saut dans l'inconnu. C
'est la politique
du pire pour vous Nicolas Dupont-Aignan, on joue à se faire
peur
?
Je crois qu
'il
y a beaucoup de manipulations. D'abord votre sondage me fait rire parce que...
C
'est un sondage du journal grec Etnos.
Tout à fait, à un mi-point de différence, compte tenu des marges d'erreur des sondages, en vérité personne ne sait aujourd'hui ce que vont voter les Grecs. Moi ce que je dis c'est que de toute façon, quel que soit le vote, la Grèce sortira de la zone euro, parce qu'on ne peut pas indéfiniment...
Il n'y a pas
d'accord possible avec les créanciers ?
Mais demandez à l'Allemagne, à madame Merkel. De toute façon, le problème de fond de la Grèce, c'est qu'avec l'euro, elle ne peut pas s'en sortir. C'est tout. Le problème de fond...
Donc c'est ce qui
pourrait lui arriver de mieux pour vous ?
Bien
évidemment, puisque ça lui permettrait de restaurer sa capacité de compétitivité. D'ailleurs, je remarque, j'entendais quelqu'un avant sur votre plateau qui disait que la Grèce, l'économie grecque, était catastrophique. Je rappelle que l'économie grecque a un excédent primaire de son budget, ce que n'a pas la France, c'est-à-dire avant remboursement de la dette. Et que deuxièmement, les comptes de la Grèce, la balance des paiements, sont équilibrés.
La Grèce est
sous perfusion depuis 2010,
non
?
Ce que n'a pas la France,
bien sûr. Mais ce que je veux dire, sa structure compétitive a besoin d'être renforcée par une dévaluation. Elle ne peut pas supporter
la... Je peux finir la France,
madame
?
Je vous en prie.
Ça ne serait plus correct. La Grèce n'a pas la compétitivité pour supporter l'euro, qui est une monnaie trop chère. Les Allemands l'ont compris. Le gouvernement français est inexistant et vanescent. Le président Hollande s'en fiche complètement. Il est parti et il laisse la France muette.
Et au
contraire, plutôt que d'accabler les Grecs qui ont des torts, comme les Européens, on devrait plutôt organiser la sortie de l'euro en douceur. Ce qu'a proposé Giscard d'Estaing, ce que proposent Stiglitz, ce que proposent tous les prix Nobel d'économie.
Qu'est
-ce que vous dites,
Julien ? Je crois qu'il ne
faut
pas jouer en considérant que si la Grèce sort de la zone euro, tout continuera comme avant et qu'après tout, la zone euro continuera à avoir un fonctionnement.
Mais je ne crois pas.
Je crois qu'en réalité, une sortie de la Grèce de la zone euro aurait évidemment un impact sur la façon dont nous, nous qui sommes endettés, comme l'ensemble des pays de la zone euro, la façon dont nous, nous finançons. C'est-à-dire que nous, la France, chaque jour, va sur les marchés financiers et se fait prêter de l'argent pour payer ses fonctionnaires et pour payer un certain nombre de dépenses. Et voyez-vous, elle le fait à un taux qui est extrêmement bas. Pourquoi ? Car l'euro nous en a protégés. Alors après,
il
y a un autre sujet qui est le pilotage politique de la zone euro. Et c'est vrai que nous avons des progrès à faire. Et c'est vrai que les politiques qui ont été imposées à la Grèce, avec l'intervention du FMI, dont on peut considérer qu'au fond, il eût été préférable que nous nous débrouillions entre Européens, mais le FMI est intervenu avec ses critères assez stricts, avec des politiques d'austérité qu'il a lui-même remises en cause, par la voix notamment d'Olivier Blanchard, qui a dit il
y
a quelques mois « Nous avons sous-estimé l'impact récessif des politiques d'austérité ». Tout ça pour vous dire la chose suivante. Aujourd'hui, nous avons besoin de stabilité. Nous avons aussi besoin que la Grèce s'en tire. C'est-à-dire qu'en termes économiques, contrairement à ce que vous dites, la Grèce a détruit 25 points de
type.
Ce ne
serait pas
le
chaos
?
Alors répondez Nicolas Dubon-Aignan. Ce
que je trouve extraordinaire,
c
'est que vous êtes porte-parole du Parti Socialiste.
Je
crois.
Non
? Je m'interroge. Non,
non, vous êtes bien porte-parole du Parti
Socialiste. Vous êtes bien porte-parole du Parti Socialiste. Je ne vois pas bien le
rapport avec la
question de la Grèce.
C'est que
vous parliez
comme si vous n'étiez pas aux responsabilités depuis trois ans. J'ai le vague souvenir que François Hollande s
'est fait réélire. Non, mais il y a une question... Si je peux finir, je ne vous ai
pas interrompu quand même. Je peux peut-être parler dix secondes dans l'émission. Si j'ai le vague souvenir que François Hollande a été élu président de la République pour réorienter l'Europe et éviter ses politiques d'austérité, et ce qui est extravagant, c'est que le Parti Socialiste est au pouvoir depuis trois ans, a laissé faire n'importe quoi. C'est mis à genoux devant Mme Merkel et le caniche de Mme Merkel. François Hollande, il est même absent.
Et
après, des porte-parole du Parti Socialiste viennent se plaindre, disant trop d'austérité, ce n
'est
pas bien, etc. Vous êtes au pouvoir depuis trois ans, vous avez cautionné cette politique d'austérité scandaleuse, vous avez mis à genoux un peuple qui ne peut même plus nous rembourser tellement vous l'avez mis à genoux. Aujourd'hui, la vraie question est de savoir comment il pourra nous rembourser une partie de la dette. Parce que ce sont les contribuables qui, à la fin, risquent de payer à
cause du Parti Socialiste et de l'UMP qui ont transféré les risques des banques.
Bien évidemment, c'est la seule solution. Et deuxièmement, c'est de permettre enfin aux différents peuples de se libérer de ce carcan. Car la vraie question, et ce sera l'Italie, le Portugal, l'Espagne et j'espère la France ensuite, la vraie question, c'est que cette zone euro impose une cure d'austérité monstrueuse, des souffrances, parce qu'on a une monnaie qui ne correspond pas
à notre compétitivité. Mais alors, si l'agresse sort, ça peut
donner des idées
à d'autres aussi. Mais bien évidemment, et c'est
ce qui gêne les dirigeants. Je
vais vous dire, madame. On disloque la zone euro. On va s'apercevoir
que finalement, quand un pays n'est pas dans la zone euro, il s'en sort mieux.
Il
y a dix pays de l'Union Européenne qui ne sont pas dans la zone euro, Danemark, Suède, Portugais, Pologne, Angleterre, qui, c'est curieux, ont une bien meilleure performance économique.
Et quand on va s'apercevoir que l
'agresse sort et que
ça
va mieux, ah oui, ça va donner des idées aux autres peuples. Et ça, ça gêne les dirigeants qui
vont nous enfermer dans ce système. La négociation du traité
sur la place de François Hollande, c'est vrai que c'est intéressant ?
Là, depuis le début, la France joue un rôle de go-between, peut-être, entre deux tendances.
Il
y a, laissez-moi terminer, il y a effectivement l'Allemagne qui est une économie forte, qui n'a pas la même conception de la négociation effectivement qu'un certain nombre de pays. Et en même temps, l'Allemagne, elle défend aussi sa propre vision. Nous sommes un partenaire de l'Allemagne. Nous ne sommes pas, comme vous le dites, un féodé. Voyez-vous, moi, je n'ai pas une conception de l'Europe où chacun est le caniche de l'autre. Moi, je crois
que l'Europe...
Mais laissez-moi finir. Je crois que l'Europe, c'est d'abord de la négociation, c'est du consensus. Et ce qui se joue, c'est la capacité des États, de la France et de l'Allemagne et des autres pays à créer du compromis. Si nous ne sommes pas capables de créer du compromis ensemble, nous ne pouvons pas... Non, je termine. Deuxième point. Vous faites une démonstration sur la Grèce qui est totalement incohérente. Vous dites d'un côté, il faut que la Grèce nous rembourse. Car elle doit nous rembourser. Vous
dites de l'autre,
il faut que la Grèce sorte de la zone euro. Sinon, elle ne s'en sortira pas. Mais
voyez-vous, alors elle va nous rembourser comment ?
Mais excusez-moi, pour que la Grèce s'en sorte, il faut qu'elle puisse produire, avoir des touristes... Mais vous avez remarqué
qu'elle a détruit de la valeur. Non, mais je vous réponds. Moi, je ne peux pas
vous interrompre, vous le devez.
Allez
-y, allez-y Nicolas Dumoyne.
Quand la Grèce a une monnaie trop chère, elle ne produit pas assez, elle n'exporte pas assez. Quand on connaît ces pays, je connais bien ce pays, la Turquie a dévalué de 40% sa monnaie. Les activités sont parties en Turquie. Quand vous regardez même l'Angleterre de Cameroun, qui est le seul chef d'État qui a été réélu, quand même, ça, ça devrait vous interpeller. Il a dévalué sa monnaie, la livre au démarrage, de 25% pour redémarrer. Tous les pays qui réussissent dans la mondialisation... On
ne
peut
pas dévaluer ensemble ?
Mais dévaluer ensemble, excusez-moi. Si vous dévaluez ensemble, vous n'allez pas exporter vos produits en Europe, puisque tout le monde l
'a baissé. On va exporter ailleurs. Oui, mais c'est en Europe que le principal commerce se fait de la Grèce. On a bien compris que vous êtes
contre la zone euro.
On a bien compris que vous êtes contre l'Europe.
Si je peux finir, c'est que ça fait 5 ans qu
'on
voit les dégâts, 10 ans qu
'on
voit le chômage augmenter. Vous allez être balayés politiquement, parce que les chômeurs n'en peuvent plus de votre politique. D
'ailleurs,
M. Mélenchon le dit très bien. Vos frondeurs le disent très bien. Vous êtes
dans
une espèce de religion de la zone euro qui tue notre pays, qui tue les pays du Sud. Et vous ne voulez pas comprendre qu'il
y a
une cause au chômage de masse. Donc, vous pouvez continuer éternellement comme ça. Vous finirez comme le
PASOC. D'ailleurs, vous l'avez dit au Congrès socialiste, le PASOC, 3% des voix. Votre réponse, j'ai admis Adèle, on passe à un
autre
thème.
Il y a une crise économique qui nous vient des États
-Unis, qui
est une crise financière, dont nous subissons encore les effets. L'euro a permis de protéger un certain nombre de pays européens, et d'ailleurs, y compris la Grèce. Car voyez-vous, contrairement à ce que vous
dites, la
Grèce,
certes,
a un léger excédent primaire, mais la Grèce a du mal à créer de la valeur économique. Et c'est là tout l'enjeu. C'est-à-dire que si demain, nous cessons de fournir la BCE, cesse de fournir des liquidités à la Grèce, la Grèce ferme ses banques et n'a même plus les moyens d'honorer les retraits de ceux qui viendront, comme ça s'est vu la semaine passée,
ceux qui sont
venus chercher des liquidités sont arrivés. Et les banques, légitimement, on dit, attendez, nous, si on permet à chaque Grec de retirer ses économies de nos banques, c'est simple, il n'y a plus de liquidités, nous n'avons pas
les moyens. Mais
savez-vous qui permet ce taux de liquidité ? Qu'est-ce qui
permet qu'on
puisse aller retirer de l'argent à la banque
?
La
Banque Centrale Européenne. C'est de la cistana. Mais
vous,
c'est l'économie magique. Non, c'est l'économie magique. Du point que M. Dubon-Dégnan, vous, c'est la pensée magique. Je crois qu'on ne mettra pas d'accord sur ce bladon. On va passer à un autre sujet.
qui s'en sortent très bien sans l'euro et qui ont des performances, c'est curieux, bien meilleures que celles
de la France. Mais vous n'avez... Alors, regardez ce qui se passe ailleurs. Vous n
'avez aucune solution économique crédible pour en sortir.
On passe à un autre sujet et je pense que là, vous allez aussi vous opposer. C'est Toulouse. Il y
a
eu un accord hier important qui a été signé entre la France et la Chine pour l'assemblage et la livraison d'A330. Vous avez, dans un communiqué, dénoncé un scandale d'État. Pourquoi ?
Oui, parce que M. Macron et M. Valls ont vendu l'aéroport de Toulouse aux Chinois pour une bouchée de pain contre l'avis de tous les experts, notamment des collectivités locales. On sait très bien pourquoi les Chinois achètent l'aéroport de Toulouse.
C
'est la piste d'essai des Airbus. On est en train de voir une mainmise de la Chine
sur cette région. Ils ont vendu
49%, donc pas
la majorité. Avec une
promesse d'achat à 51%. Le patron de cette société est en fuite pour corruption. Ce sont des sociétés dans les paradis fiscaux. Et le pouvoir socialiste, encore une fois, brade les intérêts du pays. Mais c'est scandaleux.
On a bien fait l'aéroport. Alors on laisse répondre à M. Valls.
Tout le monde est scandalisé de ce qui se passe. Allez voir à Toulouse. C'est un scandale d'État.
Toulouse sous pavillon chinois ? Non, mais attendez. D'abord, je
crois que vous
mélangez. Vous mélangez,
malheureusement,
vous
mélangez un peu tous les sujets. D'abord,
l
'essentiel, c'était que l'État garde la main,
c
'est-à-dire l'essentiel du capital.
Le deuxième
sujet. Il
y
a
un accord
secret, vous le savez
très bien. Oui, mais alors
les accords... Non,
il
est public. L'accord
secret. Désormais, il a été éventé. Les
fantasmes de
M. Ducontinant. C'est pas un fantasme, madame. Demandez à M. Ma mère, il l'a publié à l'Assemblée nationale.
Le deuxième sujet, c'est qu'est-ce que ça crée en termes de croissance ? Voyez-vous, moi, j'ai visité en Chine une usine qui était une usine de fabrication d'un moteur avec une coopération franco-chinoise dans le secteur de l'aéronautique. Et ça crée quoi ?
Ça
fait de la création d'emplois nets. Ça fait de la création d'activités nets. Vous avez parlé de compétitivité tout à l'heure. Mais vous croyez que la compétitivité, c'est en se claque-murant derrière nos frontières ? C
'est en donnant tous les brevets aux Chinois qui sont en train de préparer l'avion qu'on peut en derrière.
En disant d'ailleurs aux Chinois qu
'ils
s'intéressent à ce qu'on produit car nous
sommes excellents dans
le secteur de l'aéronautique,
vous croyez qu'on va leur dire «
Ah non, nous,
on
ne vous vend rien du tout.
»
Le transfert de la
technologie, ce n'est pas obligatoire aujourd'hui. Ah oui, sauf que Boeing a refusé
parce que Boeing n'a pas voulu donner ses secrets de fabrication
à la Chine. Et on fait une erreur
stratégique majeure.
D
'ailleurs, la preuve, c'est que les Chinois sont en train de préparer l'avion concurrent d'Airbus. On est en train de leur donner
tous les brevets par une attitude d'une naïveté incroyable. Mais c'est vous qui êtes naïf. Vous croyez que si la France refuse,
vous croyez
que
si la France refuse aujourd'hui, la Chine, dans cinq ans, n'aura pas rattrapé
son retard technologique ? Non. On lâche
tout. Au contraire,
qu'est-ce qu
'on est en train de créer ? On est en train de créer des partenariats, on est en train de créer de l'échange, on est
en train de créer
de la valeur
ajoutée économique. Je vois que vous êtes convertis à l'ultra-libéralisme, c'est bien. On est en train
de créer de la valeur
ajoutée
économique. Cette valeur ajoutée va nous permettre d'investir et d'être encore meilleure en termes de technologie. C
'est extraordinaire de voir les socialistes vendre
les... Vous préférez
rester claque-muré dans vos petits fonds. Il est en train de passer. Vous allez
fabriquer quoi
? Vous caricaturer, madame, excusez-moi. Une minute. Le Rafale. Vous pouvez faire...
Excusez-moi, je peux répondre.
Vous n'avez
cessé de répondre. Ah ben, ça vous gêne.
Alors allez-y, allez-y. Le
Rafale, on nous a dit que
ce
n
'est
pas bien, c'est claque-muré, c'est une production française, il faut coopérer. L'avion européen, il n'est toujours pas vendu. Le Rafale est un succès d'exportation. Ça veut dire quoi
? Depuis quelques mois. Ça veut dire,
oui, alors, ça veut dire quoi ? Que quand on est capable d'investir, quand on est capable de défendre nos intérêts, on s'en sort. Et les Américains, pourquoi ils refusent de donner les transferts de technologies ? Et pourquoi le gouvernement français cède l'aéroport de Toulouse qui sera une base d'espionnage considérable pour
la Chine ? Je
vais essayer de vous mettre d'accord sur ce plateau avec les guignols de l'info. Est-ce que vous voulez les défendre, ces guignols ? Cette émission pourrait s'arrêter ? En tout cas, il y a un comité d'entreprise qui doit en décider aujourd'hui.
Mais évidemment que je veux les défendre. Mais surtout, ce qui m'étonne, c'est que de la part de M. Bolloré,
qui
est quand même un président de groupe, il est patron d'une chaîne.
Alors,
il croit qu'on va gérer une chaîne comme on gère une entreprise qui fabrique, je ne
sais
pas, des yaourts ou autre chose. Une chaîne,
c'est-à-dire un média.
Certes, mais quand on est le patron d'un média, on accepte, parce que c'est la règle du jeu, que ce média soit libre de s'exprimer. Et alors, ce qui est assez extraordinaire, c'est qu'on se dit quand même, un patron à ce niveau-là, il a confiance en lui, il est sûr de lui, et il a le sens de l'humour.
Et
en réalité, non. Et il dit, c'est ça qui est terrible, c'est qu'il dit, j'aime pas trop les guignols, en fait, ça me gêne, alors je vais les supprimer. Mais qui
l'investisseur dans ce secteur
? Écoute, j'en sais rien, mais je trouve que c'est déjà assez ridicule comme ça, quand on est le patron de Canal+, de dire, je supprime, parce que j'aime pas me faire attaquer. Nicolas Dupont-Aignan. Moi,
je
vais vous dire ce qui est un peu ridicule, les guignols ne me gênent pas du tout, et au contraire, ils sont très amusants, mais c'est qu'il y a plus d'émotion dans notre pays pour la suppression des guignols que pour le martyr des chrétiens d'Orient depuis des mois. Et je trouve que ça montre l'état de décomposition du petit milieu parisien.
C
'était donc le dernier mot, celui de Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. Merci d'avoir accepté de débattre avec Juliette Méadelle. Merci d'être venue porte-parole du Parti Socialiste.
Je
vous souhaite une excellente journée à tous les deux.
Nicolas Dupont-Aignan