Qui va gouverner la France ? - C à vous - 08/07/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 35 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Le RN s'est-il fait voler la victoire par des alliances contre-nature, comme il le rappelle?
- 4:00OuverteRéponse directe
Qu'ont voulu les Français hier?
- 6:00OuverteRéponse directe
M.Le Pen et J.Bardella disent que leur victoire n'est que différée. Ont-ils raison?
- 8:00OuverteRéponse directe
Il faut faire des compromis?
- 10:00OuverteRéponse directe
Sur le pourcentage des votes exprimés pour le RN, qui reste en tête, D.Reynié?
- 12:00OuverteRéponse directe
La fameuse victoire différée dont parle M.Le Pen.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00P.CohenFait
« Seul précédent: 1978, quand la droite gaulliste et giscardienne avait sauvé sa majorité alors que la gauche était donnée gagnante. »
- 6:00J.GuedjFait
« Le refus du RN, c'est clair. Pas de reconduction de l'ancienne majorité présidentielle relative. »
- 7:00J.GuedjFait
« Il y a eu un front républicain. La responsabilité oblige à ne pas l'enjamber, le taire, l'oublier aussi rapidement qu'il a été prononcé. »
- 8:00J.GuedjFait
« Ce sera un gouvernement minoritaire qui sera aux responsabilités. Minoritaire comme jamais on n'en a connu dans la Ve République. »
- 9:00J.GuedjFait
« Ces aspirations majoritaires, à partir de l'orientation portée par le programme des gauches, il faut mettre chacun devant sa responsabilité. »
- 11:00D.ReyniéChiffre
« Si on regarde les extrêmes droites au sens du ministère de l'Intérieur, c'est un peu plus de 37 %. Si on regarde toutes les gauches, c'est 27 %. »
- 12:00D.ReyniéChiffre
« On a une droite électorale qui est de 20 points de plus que la gauche électorale. »
- 13:00D.ReyniéFait
« Ce n'est pas quelque chose de durable. Ce n'est pas possible. »
- 14:00F.RuffinFait
« Ce soir, mon sentiment, c'est que les électeurs nous laissent une dernière chance pour la France. »
- 15:00J.GuedjFait
« Je suis socialiste, écologiste, féministe, européen. »
- 17:00D.ReyniéChiffre
« On ne fait pas une politique avec 17 % d'inscrits. »
- 18:00D.ReyniéChiffre
« Un déficit de 54 milliards. On réduit les dépenses. On se contente d'imaginer qu'on peut augmenter les impôts et répondre à ce déficit. »
- 19:00J.GuedjChiffre
« Il suffit de revenir sur tout ou partie des allégements d'impôts décidés depuis 2017. C'est 50 milliards d'euros. »
- 20:00C.VautrinFait
« Ce n'est pas moi qui vais le fixer. »
- 21:00C.VautrinFait
« La vie continue. Il y avait un dossier en chantier, la convention d'organisation et de gestion des accidents du travail et des maladies professionnelles. »
- 23:00C.VautrinFait
« La réforme devait prendre effet le 1er décembre. »
- 24:00C.VautrinFait
« Si celui-là avait été mis en application le 1er juillet, il aurait été mis en vigueur en décembre pour des raisons informatiques. »
- 26:00C.VautrinFait
« On ne connaît pas ce système. La situation où nous sommes nécessite un peu de temps, ne serait-ce que parce que les députés ont été élus hier soir. »
- 27:00C.VautrinChiffre
« Il y a près de 29 millions de Français qui sont allés voter hier soir. »
- 29:00D.ReyniéFait
« Les intentions se manifestent. J'ai une partie un peu amère. »
- 31:00D.ReyniéFait
« On ne peut pas avoir un système qui fait du chef de l'Etat élu au suffrage universel direct le centre de tout et espérer que de cela va naître une culture parlementaire du compromis. »
- 35:00D.ReyniéFait
« Le Nouveau Front populaire est une idée ingénieuse fabriquée dans la précipitation de la dissolution. Je la crois artificielle. »
- 37:00D.ReyniéFait
« Sous la Ve République, aucune période d'expédition des affaires courantes n'a duré plus de 9 jours après des législatives. »
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... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Nous sommes en direct jusqu'à 20h. Nous sommes avec D.Reynié, directeur de la Fondation pour l'innovation politique, J.Guedj, député PS réélu, C.Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités.
Beaucoup de questions au lendemain de ce 2e tour qui a vu la France dire non au RN. La suite est encore à écrire. Qui pour gouverner?
Autant de questions qu'on posera à nos invités dans un instant. D'abord, le retour en images sur une soirée électorale stupéfiante et cette immense surprise: la 3e place seulement pour le RN, parti pourtant favori du scrutin. - L.Sénéchal: Les militants RN étaient optimistes avant l'annonce des résultats. - On est assez confiants.
On espère avoir une majorité. - On n'a jamais été aussi proches du pouvoir. - On sent qu'on est dans un moment historiquement important. - L.Sénéchal: Mais le scénario devient caduc. - On découvre la nouvelle Assemblée.
Ce n'est pas le tiercé attendu à l'issue du 1er tour. - L.Sénéchal: La déception se lit sur les visages.
Décompte. Cris de déception. Déception des électeurs et des dirigeants.
J.Bardella accuse tous les autres de lui avoir fait perdre Matignon. - J.Bardella: L'alliance du déshonneur et les arrangements électoraux dangereux passés par E.Macron et G.Attal avec les formations d'extrême gauche privent ce soir les Français d'une politique de redressement qu'ils ont pourtant plébiscitée largement. - L.Sénéchal: Les militants RN désertent rapidement la grande fête qui était prévue. - On sent un sentiment d'abattement.
La soirée est en train de se terminer bien plus tôt que le RN l'aurait espéré. Les quelques militants qui restent sont encore sonnés. Ils sont en train de remballer leurs affaires. - L.Sénéchal: Le contraste est saisissant entre la mine déconfite au RN et la joie de la gauche arrivée en tête. - Je n'y crois pas! - Je suis trop contente! - C'est un grand soulagement. - L.Sénéchal: Cette joie se fait entendre depuis les toits de Paris.
La gauche exulte, pas seulement dans la capitale. A Lyon ou à Nantes, des manifestations spontanées s'organisent. Même les joueurs de l'équipe de France disent leur soulagement ou saluent la victoire du peuple.
A Paris, les sympathisants font la chenille dans le métro et réactualisent les vieux slogans anti-FN, avant de converger vers la place de la République où la fête va se prolonger une partie de la nuit avec même des feux d'artifice. Sur le plateau télé, il y a un vainqueur, à gauche, et un vaincu, le RN. - M.Tondelier: Il y a 4 semaines, j'apprenais la dissolution.
Je souffre en vous écoutant. Je vais vous ajouter à mon compte-pénibilité si on n'abroge pas la réforme. - L.Sénéchal: Le risque apparaît présomptueux.
J.-L.Mélenchon parle en premier et refuse déjà toute concession. - J.-L.Mélenchon: Le Nouveau Front populaire respectera le mandat que lui ont donné les votes pour ses candidats.
La parole donnée sera tenue. Le Nouveau Front populaire appliquera son programme, rien que son programme mais tout son programme. - L.Sénéchal: Ni la gauche ni le centre ne peuvent gouverner seuls.
Il faudra donc des alliances inédites. - R.Glucksmann: Il va falloir parler.
Il va falloir accepter que l'Assemblée nationale devienne le coeur du pouvoir. - F.Bayrou: Il va falloir qu'on parle, qu'on cherche des gens de bonne volonté.
Ca ne pourra pas avancer autrement. - A.-E.Lemoine: Vos réactions dans un instant après l'édito de P.Cohen.
Rien ne s'est donc passé comme prévu. - P.Cohen: On a rarement vu un 2d tour de législatives inverser les résultats du 1er.
Seul précédent: 1978, quand la droite gaulliste et giscardienne avait sauvé sa majorité alors que la gauche était donnée gagnante. Là, c'est le RN qui subit un reflux inattendu, un retour de flamme d'autant plus brutal qu'en voix, le RN a encore progressé. Il attend 37 % des voix.
En tout, 10 millions de voix. C'est beaucoup moins que le 41,5 % et 13 millions de voix de M.Le Pen au 2d tour de la dernière présidentielle. - A.-E.Lemoine: Le RN s'est-il fait voler la victoire par des alliances contre-nature, comme il le rappelle? - P.Cohen: Non.
Toute la campagne a tourné autour de ça: voulez-vous que J.Bardella gouverne le pays? C'était l'enjeu de la dissolution.
C'était le 1er thème de campagne du RN. Bardella Premier ministre sur toutes les professions de foi. C'est la question qui a permis de ressouder la gauche puis de ressusciter le front républicain.
Les adversaires se sont organisés pour que ce soit soit aussi binaire que radical: pour ou contre, comme pour un référendum. Face aux 37 % de "pour", les "contre" ont été de 63 %. Personne n'a empêché le RN de candidater.
Personne ne les a forcés à présenter des candidats imprésentables. Le RN ne peut pas maudire ses adversaires de la crainte qu'il suscite encore. Le rejet explique la réussite de ce front républicain auquel pas grand monde ne croyait.
Bardella pensait que ces alliances contre-nature nourriraient le RN. Enfin, il y a eu des niveaux de participation spectaculaires, inattendus dans certains endroits. Preuve que le RN exerce encore un effet repoussoir bien plus puissant que celui de la gauche ou du centre macroniste.
Il a réactivé l'image d'un parti extrémiste et pas au niveau pour gouverner. Nous sommes dans une configuration parlementaire inédite depuis 1958. Il n'y a ni majorité ni opposition mais 3 blocs.
Le premier, de gauche, a besoin d'une centaine de sièges en plus pour atteindre la majorité. Le RN va camper dans l'opposition. Tout ou partie de la gauche et du centre sont condamnés sur le papier à s'entendre.
Hier soir, personne à gauche, sauf peut-être R.Glucksmann, ne voulait ouvrir la porte à des discussions, surtout pas J.-L.Mélenchon.
Il a rejeté par avance, dès 20h05, tout arrangement qui viendrait...
Il veut rester dans l'opposition. Il n'est pourtant pas assez armé pour former une majorité de blocage avec l'extrême droite. LFI et le RN n'auront que 215 à 220 députés, loin des 289 qui leur permettraient de renverser un éventuel gouvernement de compromis.
Aux côtés des insoumis désormais, des partenaires qui vont devoir choisir entre la fidélité au Front populaire et le credo de Mélenchon, et la fidélité à l'esprit du front républicain: l'acceptation du compromis dans la configuration qui les a fait élire. - A.-E.Lemoine: Qu'ont voulu les Français hier? - P.Cohen: Rien du tout.
La seule expression majoritaire est celle d'un refus d'un gouvernement RN. Pour le reste, la volonté collective est une fiction. L'opinion publique n'est qu'un agrégat de votes et d'opinions individuelles qui forment parfois des majorités mais où chacun n'est comptable que de son propre vote.
Aucun électeur n'a écrit sur son bulletin qu'il souhaitait une alliance de gauche et du centre. Le vote d'hier oblige la gauche et le centre. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen et J.Bardella disent que leur victoire n'est que différée.
Ont-ils raison? - J.Guedj: Le rappel de 1978 doit être notre fil à plomb.
On est passés pas loin. Il faut considérer qu'aujourd'hui, on est au mieux dans une forme de sursis. L'interprétation des résultats oblige chacun.
Le refus du RN, c'est clair. Pas de reconduction de l'ancienne majorité présidentielle relative. 3e chose: une préférence, pas une majorité donnée à la gauche, avec ce message subliminal pour dire: "C'est à vous qu'on confie la responsabilité de voir si vous pouvez organiser une réponse aux attentes et aux colères qui se sont exprimées." 4e élément: il y a eu un front républicain.
La responsabilité oblige à ne pas l'enjamber, le taire, l'oublier aussi rapidement qu'il a été prononcé. J'ai été élu à 74 % dans ma circonscription. Parmi eux, il y a des électeurs de gauche mais aussi des électeurs du centre et de la droite républicaine. - A.-E.Lemoine: Il faut faire des compromis? - J.Guedj: Je ne crois pas à l'argument qui dit: nous sommes arrivés en tête, donc nous appliquons l'intégralité de notre programme. "C'est une erreur.
Dans les 2 dernières années, qu'avons-nous fait face à E.Macron? Nous avons fait barrage en 2022 à la présidentielle pour empêcher l'arrivée de M.Le Pen.
Derrière, E.Macron a considéré que ce vote de barrage était un vote d'adhésion à son programme. Raison pour laquelle il a présenté sa réforme des retraites.
J'essaye d'être cohérent. Je ne peux pas, demain, faire ce que j'ai reproché hier. Ce serait une erreur de dire que nous appliquons seuls et contre tous le programme.
Le front républicain nous oblige. Il faut des gens lucides. Il y a une orientation préférentielle qui est donnée à la gauche.
A charge pour elle de prendre sa responsabilité. Nous devons prendre nos responsabilités dans un contexte particulier. Ce sera un gouvernement minoritaire qui sera aux responsabilités.
Minoritaire comme jamais on n'en a connu dans la Ve République, mais ce gouvernement ne pourra tenir que s'il est capable, dans la durée, de répondre aux aspirations majoritaires qu'ont exprimées les Français: le pouvoir d'achat, les services publics, la question de la sécurité, du logement...
Ces sujets du quotidien qui étaient sous les radars trop longtemps. Ces aspirations majoritaires, à partir de l'orientation portée par le programme des gauches, il faut mettre chacun devant sa responsabilité. Etes-vous en capacité de soutenir telle proposition ou vous abstenir de vous opposer?
C'est ce qui va être nouveau. Certains vont devoir prendre leurs responsabilités en disant: "Je ne vais pas soutenir la mesure mais je m'abstiens de tout renverser et de provoquer le chaos que certains appellent de leurs voeux." J.-L.Mélenchon fait à 20h02 la déclaration qu'il fait hier.
Il n'est pas dans une logique de prise de conscience de cette responsabilité. Il aurait dû dire: "La gauche est devant. Elle a une responsabilité imminente mais elle ne peut pas être une nouvelle hégémonie." Elle va gouverner à coups de 49-3?
On a condamné le 49-3 dans la période précédente. - A.-E.Lemoine: Sur le pourcentage des votes exprimés pour le RN, qui reste en tête, D.Reynié? - D.Reynié: Si on regarde les extrêmes droites au sens du ministère de l'Intérieur, c'est un peu plus de 37 %.
Si on regarde toutes les gauches, c'est 27 %. Si je fais un total de toutes les droites, je suis à 47 %. On a une droite électorale qui est de 20 points de plus que la gauche électorale.
Cela débouche sur "la victoire" du Nouveau Front populaire. Il va y avoir dans l'opinion une sorte de réveil lent. Un réveil qui sera plus lent. - P.Cohen: Un ressentiment? - D.Reynié: Non.
Ca peut être un ressentiment si les conditions dans lesquelles se mettent en place un gouvernement et des politiques publiques sont de nature à les décevoir. J'étais très impressionné par la puissance et l'efficacité du barrage républicain. Mais ça m'effraie. - A.-E.Lemoine: Pourquoi? - D.Reynié: Il faut mettre de côté des tas de choses et se dire que notre système politique s'est organisé, toutes forces confondues à l'exception d'une force, pour l'empêcher de gagner.
Ce n'est pas quelque chose de durable. Ce n'est pas possible. - A.-E.Lemoine: La fameuse victoire différée dont parle M.Le Pen. - D.Reynié: Si, par exemple, sur les sujets qui nourrissent la colère...
Quand ils sont très hauts, on fait barrage. Ca devient un système antidémocratique où on ne pourra pas se plaindre de certains manquements de la politique publique. C'est un problème fondamental qui pourrait faire que finalement, à un moment donné, on assimilerait le vote RN à un vote démocratique contre les élites.
C'est une situation très périlleuse qui ne termine rien et qui commence tout. Il faudra le sens de la mesure et de leurs responsabilités. - P.Cohen: Le système majoritaire a beaucoup de défauts, mais dans notre système, pour que quelqu'un accède au pouvoir, il faut qu'une majorité de citoyens y consentent.
Ce ne sera pas le cas, car le RN échoue à franchir cette barre des 50 %. Il y a plus de consentement, y compris par abstention pour la gauche, que pour le RN. - D.Reynié: La gauche fait 17 %.
Vous voyez l'immense désert. On ne fait pas une politique avec 17 % d'inscrits. Il va falloir trouver une façon de faire venir des personnes qui n'ont pas simplement voulu venir pour le front républicain, mais qui sont capables d'être converties sur la base des décisions qui seront prises. - A.-E.Lemoine: Ne pas brutaliser, c'est le message qu'a fait passer hier F.Ruffin, réélu avec presque 53 % des voix. - F.Ruffin: Ce soir, c'est avec gravité, malgré la victoire, que je parle.
Ce soir, mon sentiment, c'est que les électeurs nous laissent une dernière chance pour la France. A nous de transformer la colère en espérance, de réunir la France des bourgs et la France des tours. Nous devons apaiser et non brutaliser.
Si nous gouvernons, nous ne devons pas le faire comme E.Macron. Nous devons le faire avec conscience que dans l'Hémicycle, nous n'aurons qu'une majorité très relative et une minorité dans le pays.
Nous devons gouverner avec respect, tendresse pour les Françaises et les Français. - A.-E.Lemoine: Gouverner avec tendresse et respect, mais avec qui? - J.Guedj: Je suis très content que F.Ruffin soit dans l'Hémicycle.
Comme C.Autain, A.Corbière et d'autres. - A.-E.Lemoine: Les LFistes dissidents. - J.Guedj: C'est l'illustration...
J'ai assumé des divergences avec la direction de LFI. Ils en ont été victimes. François a raison de dire qu'il faudrait introduire cette notion de respect.
J'essaie d'incarner cette gauche républicaine, universaliste, laïque. Je suis socialiste, écologiste, féministe, européen. On qualifie parfois cette gauche de responsable.
Elle doit demeurer désirable. Elle doit concilier la radicalité, au sens de venir aux racines des maux de la société et concilier la solennité et la gravité du moment. Autant de choses qu'on a ratées dans la période précédente.
Aujourd'hui, c'est cette cohérence qu'on met au pot commun et qu'on propose à l'ensemble des autres au nom de quelque chose qui s'appelle l'intérêt général du pays. Quand on aime la France, dans un tel moment, on ne se dit pas qu'on va la laisser sans gouvernement. Dire ça, ce n'est pas un renoncement à ses convictions.
On a besoin d'avoir des convictions bien trempées pour convaincre d'autres. On ne le fait pas dans la brutalisation, l'hystérisation des débats, mais dans la dispute apaisée. Cela fait la noblesse du débat politique.
Je le redis, sans renoncement, sans compromission. Le compromis qui n'est pas la compromission, ce n'est pas un gros mot en politique. Il va falloir apprendre à le faire.
Je vous parlais tout à l'heure des aspirations majoritaires dans le pays. Il y a un an, les Français s'opposaient majoritairement à la réforme des retraites. A l'Assemblée nationale, à la fin, c'était à coups de 49-3.
Si on envoie ce signal qu'on a entendu l'aspiration majoritaire, peut-être qu'on retissera un lien dans le rapport à la politique. - A.-E.Lemoine: Il faut d'abord s'entendre sur les mesures avant de proposer un casting. - D.Reynié: On parle beaucoup d'additions et de listes de noms.
On a compris que les additions, ça ne marcherait pas. Ce qui me frappe, c'est que ça doit modifier la culture politique de chacun des partis. Il n'y a plus de place pour des réformes en profondeur.
Vous ne faites pas de réforme en profondeur avec 17 % des voix. Ca ne passera pas. Pourtant, nous avons des rendez-vous que chacun connaît...
Un déficit de 54 milliards. On réduit les dépenses. On se contente d'imaginer qu'on peut augmenter les impôts et répondre à ce déficit.
Le déficit, c'est à peu près 2 fois l'impôt sur le revenu. Il faut y aller, en imposition, pour le combler comme ça. - J.Guedj: Il suffit de revenir sur tout ou partie des allégements d'impôts décidés depuis 2017.
C'est 50 milliards d'euros. Il faut remettre à plat toute une série de choses. J'ai travaillé sur les allégements de cotisations au-dessus d'un certain niveau.
C'est presque 1,5 milliard d'euros. Ca n'a aucun impact sur l'emploi. Il faut sortir d'une forme de doxa.
Je suis pour la conciliation d'une politique de l'offre et d'une politique de la demande. Le patron de PME et de TPE qui paye 25 % d'impôts...
En face, Starbucks ne paie que 6 ou 7 %. Il faut élargir... - D.Reynié: C'est le prélèvement obligatoire. - J.Guedj: Quand les Gafam sont capables, par l'optimisation fiscale, d'échapper à cette juste contribution...
Je reprends l'exemple du patron de PMU qui va payer 25 % d'impôts quand le patron du Starbucks ne va payer que 3 ou 5 %. Ce n'est pas la justice fiscale. Il y a une masse d'argent que l'on doit mieux répartir.
C'est à portée de main. Ne diabolisons pas un programme de redistribution. - E.Tran Nguyen: Je vais vous parler de dédiabolisation du RN qui a obtenu 143 sièges.
Il y a au moins 25 brebis galeuses parmi eux. Quelques exemples: un élu qui conteste le réchauffement climatique. Il avait affirmé que le vaccin contre le covid provoquait le cancer.
Un autre élu déclarait que les Maghrébins binationaux n'avaient pas leur place comme élus. - J.Bardella: Il y a des efforts à faire sur la professionnalisation des élus locaux, peut-être sur le choix d'un certain nombre de candidats.
Je prends ma part de responsabilité aussi. Les gens qui ont tenu des propos qui ne sont pas conformes à ma vision et à ce que nous défendons ne siégeront pas dans le groupe du RN. - E.Tran Nguyen: La plupart ont été battus.
Il en reste 25. C'est une manière de commencer à poursuivre le ménage? - D.Reynié: C'est la perspective.
Si je peux me permettre, au risque de choquer, je trouve que les phénomènes agrégés sont de nature différente. Contester le réchauffement climatique, ce n'est pas un délit. On peut penser que ça n'existe pas.
Ceux qui travaillent dessus vont vous dire que vous vous trompez. Mais ce n'est pas comme un propos ou un comportement raciste. Même les vaccins...
Je trouve ça stupide de contester ça. On peut admettre que ça fait partie de la liberté d'opinion. - J.Guedj: Je vous trouve indulgent avec ce qui est révélateur d'un degré d'impréparation. - D.Reynié: Tous les programmes ont manifesté un niveau d'impréparation stupéfiant.
C'est le résultat de la dissolution. - J.Guedj: Ils disaient qu'ils étaient prêts pour Matignon depuis plusieurs mois. - A.-E.Lemoine: Merci, J.Guedj.
Dans un instant, à votre place, C.Vautrin, ministre de la Santé, du Travail et des Solidarités. Tout de suite, Mohamed, retour sur les 24 dernières heures du Premier ministre G.Attal. - M.Bouhafsi: C'est avec le sourire qu'il a quitté sa 10e circonscription où il a été réélu. 2 heures avant, il a annoncé sa démission. - G.Attal: La formation politique j'ai représenté dans cette campagne a réalisé un score 3 fois supérieur à ce qui était prédit mais elle ne dispose pas d'une majorité.
Je remettrai demain matin ma démission au président de la République. - M.Bouhafsi: 30 minutes avant sa rencontre avec le président de la République, il poste une photo de son équipe sur un réseau social prisé par les jeunes. - G.Attal se trouve dans une de ces 2 voitures.
Il va à l'Elysée. Le cortège s'éloigne. - G.Attal a pris un peu plus de temps que prévu.
La circulation est plus compliquée à Paris, avec les JO. - M.Bouhafsi: G.Darmanin, largement réélu dans le Nord, quitte Beauvau pour rejoindre l'Elysée. - G.Attal: Je n'ai pas choisi cette dissolution, mais j'ai refusé de la subir. - M.Bouhafsi: Le président a refusé la démission du Premier ministre. - E.Macron demande à G.Attal de rester Premier ministre. - Le chef de l'Etat lui a demandé de rester Premier ministre pour le moment. - On sait quel est le cap fixé pour les prochaines semaines. - M.Bouhafsi: Hier, G.Attal s'était préparé à ce refus et à la gestion des affaires courantes, notamment dans le contexte des JO. - G.Attal: Notre pays connaît une situation politique sans précédent et se prépare à accueillir le monde dans quelques semaines.
J'assumerai mes fonctions aussi longtemps que le devoir l'exigera. Il ne peut en être autrement à la veille d'échéances si importantes pour notre pays. Sens du devoir, respect de la souveraineté du peuple, voilà l'image que je me fais des fonctions de Premier ministre. - M.Bouhafsi: Alors qu'il était poursuivi par une nuée de journalistes toute la journée, il a souhaité rester discret. - Le cortège du Premier ministre a à nouveau passé les portes de l'hôtel de Matignon après près de 2 heures en dehors de Matignon. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, C.Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités du gouvernement de G.Attal.
Vous nous direz combien de temps une telle situation peut tenir. Juste un mot sur la façon dont G.Attal a rompu en direct avec le président de la République, en rappelant qu'il n'avait ni choisi ni soutenu la dissolution.
Il a souligné que dès aujourd'hui, le centre de gravité du pouvoir ne serait plus à l'Elysée mais à l'Assemblée nationale. C'est le devoir qui vous fait rester aux commandes du ministère du Travail. - C.Vautrin: C'est quand même le président de la République qui décide.
G.Attal lui a donné sa démission. Le président de la République l'a refusée.
Les institutions sont claires. Il y a une signature du président de la République. Nous sommes à 18 jours d'un événement mondial qui arrive une fois par siècle.
On nous demande d'être au travail au sens propre du terme, notamment pour préparer les JO et être prêts à accueillir le monde. - A.-E.Lemoine: Combien de temps ça peut durer? - C.Vautrin: Ce n'est pas moi qui vais le fixer. - A.-E.Lemoine: On en parle après l'édito de P.Cohen.
L'été politique risque d'être long. - P.Cohen: Très long.
Le gouvernement est démissionnaire mais gère les affaires courantes. La gauche revendique Matignon mais n'a pas encore proposé un nom de Premier ministre. L'un des chefs de l'ancienne majorité, S.Maillard, explique que trouver une coalition de majorité relative sans le RN ni LFI va prendre plusieurs semaines.
G.Attal n'est pas près de quitter son bureau. - A.-E.Lemoine: Ca va durer longtemps? - P.Cohen: Ce n'est limité par aucun texte.
C'est même facilité par un article du Code électoral qui permet aux députés de rester ministres et inversement tant que le gouvernement est démissionnaire et expédie les affaires courantes. G.Attal, G.Darmanin, A.Pannier-Runacher pourront, si rien ne bouge, participer à l'élection du président de l'Assemblée nationale le 18 juillet, échéance importante et très incertaine compte tenu de l'absence de majorité.
Ca nécessitera sans doute un 1er compromis entre républicains au sens large. On a aussi les JO de Paris qui démarrent une semaine plus tard. - A.-E.Lemoine: C'est quoi, les affaires courantes? - P.Cohen: C'est balisé.
Ce sont les affaires qui relèvent de l'activité quotidienne et continue de l'administration, les décisions préparées par les bureaux sur lesquels les ministres se bornent habituellement à exercer un simple contrôle et à apposer leur signature. Il y a aussi des questions urgentes qui ne peuvent pas être renvoyées à plus tard, les catastrophes naturelles, le maintien de l'ordre. On gère, mais on ne réforme pas.
Après, on entre dans l'inconnu. Sous la Ve République, aucune période d'expédition des affaires courantes n'a duré plus de 9 jours après des législatives. C'était sous le gouvernement Rocard en 88.
Sous la IVe République, le record est détenu par E.Faure. Il a été remplacé par G.Mollet. 64 jours de battement ou de crise. - A.-E.Lemoine: Vous êtes partis pour au moins 64 jours? - C.Vautrin: L'avenir nous le dira. - A.-E.Lemoine: Vous avez expédié des affaires courantes, aujourd'hui? - C.Vautrin: On le fait tous les jours.
La vie continue. Il y avait un dossier en chantier, la convention d'organisation et de gestion des accidents du travail et des maladies professionnelles. C'est un dossier qui nécessitait une signature.
J'ai signé cette convention. Si on prend un autre exemple, aujourd'hui, je n'ai pas eu l'occasion de le signer, mais dans le cadre des JO...
Je suis ministre de la Santé. L'organisation de la santé pendant les JO, c'est la mise en place des services nécessitant l'accueil des urgences dans les hôpitaux. Ca peut conduire à apposer une signature.
Ce qui est important, c'est que je ne vais pas préparer de projet de loi. - A.-E.Lemoine: La réforme de l'assurance-chômage reste en suspens. - C.Vautrin: Elle est effectivement en suspens, mais le décret...
Il n'y avait pas eu d'accord avec les partenaires sociaux. Le dispositif s'arrêtait le 30 juin. Au 1er juillet, un décret a été pris.
Je l'ai signé il y a 8 jours pour qu'il prenne effet à partir du 1er juillet jusqu'au 31 juillet, qui est la prolongation du décret actuel. Si, au 31 juillet, il n'y a pas eu d'évolution, peut-être faudra-t-il prolonger. - P.Cohen: La réforme devait prendre effet le 1er décembre. - C.Vautrin: Ce n'est pas le même décret.
J'ai pris la continuité de ce qui existait au 30 juin. Le projet de réforme tel qu'il a été préparé, le Premier ministre a décidé de le suspendre. Il n'est pas en application.
Mais vous avez raison. Si celui-là avait été mis en application le 1er juillet, il aurait été mis en vigueur en décembre pour des raisons informatiques. - A.-E.Lemoine: Les choses vont être reportées.
Ca peut tenir combien de temps? Cette situation est tenable? - C.Vautrin: Si vous regardez l'UE, sur 27 pays, 23 pays fonctionnent avec des coalitions.
Pour nous, c'est nouveau. On ne connaît pas ce système. La situation où nous sommes nécessite un peu de temps, ne serait-ce que parce que les députés ont été élus hier soir.
Ils vont aller à l'Assemblée. J'ai été élue 3 fois. Une des premières choses qu'on fait quand on arrive à l'Assemblée, c'est s'inscrire à un groupe pour être rattaché.
C'est ce qui va déterminer les membres de chaque groupe. - A.-E.Lemoine: Vers qui allez-vous vous tourner en priorité pour construire cette coalition?
Vers Les Républicains? - C.Vautrin: Il y a un point important.
Il y a près de 29 millions de Français qui sont allés voter hier soir. Notre réponse, c'est l'attente exprimée par ces 29 millions de Français. Jusqu'au 11 janvier, je présidais une communauté urbaine avec 143 communes.
Il y a des gens de tous les horizons politiques. Autour de projets, on a la capacité de trouver des réponses et d'avancer. - A.-E.Lemoine: Vous y croyez, à cette coalition? - C.Vautrin: Il y a une nécessité de répondre aux attentes des Français.
Tous ceux qui ont fait campagne ont entendu ces attentes. Je peux citer la notion des services publics en ruralité. C'est très attendu.
On a beaucoup entendu parler du pouvoir d'achat. Derrière tout ça, il y a une cohérence qu'on doit retrouver dans l'action gouvernementale. Autour du président de la République, rester debout... 143 députés ont été élus.
Derrière, il faut travailler dans un arc démocrate républicain pour avancer sur des projets qui permettent de répondre aux attentes de nos concitoyens. Pour moi, l'enjeu, c'est qu'ils attendent des réponses très concrètes. - A.-E.Lemoine: Vous allez vous mettre d'accord sur un programme et des mesures avant de former et de proposer une coalition? - C.Vautrin: Avant de dire qui, il est important de dire pourquoi. - A.-E.Lemoine: D.Reynié, sur les chances de coalition? - D.Reynié: Les intentions se manifestent.
J'ai une partie un peu amère. C'est tellement probable que les acteurs...
Ils sont en train de penser à leur propre parcours dans les mois à venir. Il y a les municipales en 2026, qui empêchent largement le PS d'avancer sans le soutien de LFI pour ne pas risquer d'avoir des candidats LFI en concurrence aux municipales pour le PS. C'est dans très peu de temps.
Le nombre de personnes qui voudront prendre le risque de s'impliquer dans des décisions qui pourraient être impopulaires sera très limité. On ne connaît pas les décisions populaires. Même sur le pouvoir d'achat...
Je ne vais pas faire un exposé là-dessus, mais on sait que nous n'avons pas les ressources. - E.Tran Nguyen: Les autres pays y arrivent. - D.Reynié: Ils ont un système différent.
Ils n'ont pas une élection présidentielle et un système comme le nôtre. On a un rendez-vous...
On doit régler cet élément de cohérence chez nous. On ne peut pas avoir un système qui fait du chef de l'Etat élu au suffrage universel direct le centre de tout et espérer que de cela va naître une culture parlementaire du compromis. C'est antinomique. - C.Vautrin: Il y a des concitoyens qui attendent de nous que les choses changent.
Il va y avoir des élections municipales. - A.-E.Lemoine: Il ne va pas y avoir un Premier ministre Renaissance. - C.Vautrin: Il y a des attentes auxquelles il faut apporter des réponses.
On a des gens qui considèrent qu'ils n'en ont jamais assez quand il s'est agi de ne pas compter mais toujours trop quand il s'agit d'être aidés. Je suis élue dans la Marne. Je vois les départements autour.
Quand vous voyez carton plein pour le RN...
On ne peut pas dire qu'il n'y a que des fachos dans ces départements. Il y a par contre des gens inquiets sur leur avenir et celui de leurs enfants. C'est à ça que je veux répondre.
C'est le sujet de notre pays. On a un sujet ruralité. On a encore un sujet quartiers et je pense qu'on a un sujet décentralisation.
Vous parliez des maires. Vous parlez de la République des maires, mais est-ce que c'est déconcentration ou décentralisation? Il faut être au niveau local.
Pendant le covid, l'Etat nous a aidés, mais c'est localement qu'on a aussi trouvé des solutions. Faisons confiance à celles et ceux qui sont sur le terrain. Ils sont à proximité de nos concitoyens. - M.Bouhafsi: Malgré le refus d'E.Macron de la démission proposée par G.Attal, plusieurs ministres auraient en tête de maintenir une démission globale dans les prochains jours.
Ca pourrait être votre cas? - C.Vautrin: Je n'en ai pas entendu parler.
Quand on a l'honneur de servir son pays, on est là jusqu'au bout. - A.-E.Lemoine: Une partie des 577 députés sont arrivés à l'Assemblée nationale. - G.Darmanin: La gauche et le Nouveau Front populaire n'ont pas gagné les élections.
Il n'y a pas de majorité pour personne. - S.Maillard: On va devoir inventer la culture de la coalition, très répandue partout en Europe, sauf chez nous. - D.Magnier: Un peu amère. - D.Guiraud: On a pas mal de défis qui s'annoncent.
On n'a pas de majorité absolue. Beaucoup de combats à venir. - R.Ramos: On doit travailler ensemble.
Je vous assure que vous allez avoir beaucoup de commentaires à faire. Ce ne sera pas simple. - P.Lescure: A l'Assemblée, il y a le retour de grands ou moyens fauves de la politique, comme L.Wauquiez ou D.Voynet.
Une image d'un autre retour attendu demain, celle de l'ancien président de la République F.Hollande, redevenu simple député de Corrèze. La 1re fois qu'il a porté cette écharpe, c'était en 1988.
On le voit arriver en compagnie de S.Royal. Un ancien président qui revient à l'Assemblée, c'est arrivé en 84 avec V.Giscard d'Estaing. - V.Giscard d'Estaing est entré côté présidence à l'Assemblée nationale.
Ses impressions, voire ses confidences, V.Giscard d'Estaing les réservera à ses amis de l'opposition avec une primeur remarquée pour J.Chirac.
Le parlementaire auvergnat a été installé à la droite de J.-C.Gaudin, devant R.Barre.
Il sera chaleureusement applaudi par les parlementaires UDF et UDI. - P.Lescure: F.Hollande a dit qu'il ne serait pas un député comme les autres.
Il sera donc un député pas tout à fait normal? - D.Reynié: Je l'ai entendu dire qu'il serait le garant du respect des prérogatives du chef de l'Etat.
Ca m'a frappé. - C.Vautrin: Comme parlementaire? - D.Reynié: C'est curieux.
On évoquait la possible pression pour la démission du président. Il a réagi en ce sens entre hier et aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Donc un député pas tout à fait comme les autres et respectueux de la Constitution. - D.Reynié: En même temps, ça me faisait l'effet d'être une sorte de 1er syndicat des anciens présidents. - A.-E.Lemoine: Sur l'ingouvernabilité de cette Assemblée nationale...
C'est ce à quoi on va assister? - D.Reynié: Je le crains.
Le Nouveau Front populaire est une idée ingénieuse fabriquée dans la précipitation de la dissolution. Je la crois artificielle et j'imagine qu'elle ne tiendra pas sur des sujets comme la sécurité ou l'immigration. Sur des sujets économiques, ce sera compliqué.
Même si, au centre, il y a encore de beaux restes, il n'y a pas assez pour avoir une majorité relativement solide et une doctrine pour développer un programme. Les Français vont faire une expérience. Je crois qu'ils ne vont pas l'aimer et que ce sera une aubaine pour ceux qui sont restés en dehors. - A.-E.Lemoine: C.Vautrin acquiescait. - C.Vautrin: Les Français sont inquiets.
A nous de relever le défi et de regarder qui a la capacité de travailler autour du président de la République pour répondre aux attentes de nos concitoyens. - A.-E.Lemoine: Merci.
Le jour d'après vu par B.Chameroy et ses actualités. - B.Chameroy: Nous sommes le 8 juillet et nous ne sommes pas privatisés. - Du stress, de la joie, des larmes. - Ce n'est pas le tiercé attendu à l'issue du 1er tour. - Bonsoir.
Ca va? - Un pur bonheur! - Matignon en ligne droite pour J.Bardella.
Patatras. ... - G.Attal: Je remettrai demain matin ma démission au président de la République. - Les camions de déménagement préparent le départ de G.Attal. - G.Attal: J'assumerai mes fonctions aussi longtemps que le devoir l'exigera. - Je pars mais je reste...
Je pars mais je reste. - Y.Jadot: Le pays est soulagé, ce soir.
Il est inquiet, incontestablement. Putain...
C'est fatigant. - B.Chameroy: On est tous fatigués.
Hier, les politiques ont rempli leur devoir de citoyen. Au Touquet pour E.Macron... ... - B.Chameroy: A Tulle, "Tournez manège!" et le Lido.
De quoi parlent les gens qui croisent F.Hollande? Un dimanche bien rempli pour l'ancien président élu député.
Sur 4 isoloirs, qui a choisi le seul réservé aux personnes handicapées? C'est L.Wauquiez.
A Tourcoing, c'était détente pour G.Darmanin. Soirée spéciale sur toutes les chaînes.
Grosse ambiance chez Les Républicains. Plan fixe sur la porte bleue sans personne car Rico possède toujours les clés. Chez O.Faure, tout le monde voulait être sur la photo.
A Nice, E.Ciotti était venu avec sa doublure officielle, au cas où. J.-P.Tanguy a tenté une approche avec A.-S.Lapix.
Les antennes régionales de France 3 ont proposé leur soirée spéciale. - A soirée exceptionnelle dispositif exceptionnel. - B.Chameroy: Il faut foncer, même si l'invité est en pleine discussion. - Il est derrière moi.
On va lui poser la question. - B.Chameroy: R.Hassan habilement dissimulée.
Le direct pendant que quelqu'un est déjà en train de parler. - On n'a pas de résultats officiels dans la 3e circonscription du Calvados. A Lisieux... - B.Chameroy: On a croisé le monsieur qui voulait absolument passer à la télé. "J'ai un truc à dire sur les résultats...
Donne-moi ton micro." Le RN a obtenu moins de sièges que prévu. La candidate de Meurthe-et-Moselle n'ira pas à l'Assemblée.
C'est dommage. Elle aurait pu amener de la clarté dans l'Hémicycle. - Je me demande comment monsieur Bazin va pouvoir arriver à...
A faire...
A faire des votes concrets...
Pour par exemple LFI. - B.Chameroy: C'est dommage.
On se retrouve après cet interlude offert par P.Praud qui a besoin de vacances. - P.Praud: Trop, c'est trop... ... - B.Chameroy: Le 2d tour des législatives passionne nos voisins belges.
Ils ont balancé les estimations avant 20h. - Pour les résultats officiels, il faut attendre 20h mais en Belgique, nous pouvons vous donner les 1res estimations. - B.Chameroy: Ne vous gênez pas. - Selon les 1res estimations sorties des urnes, le RN serait le 1er parti de France. - B.Chameroy: Bien vu!
J'espère que CNews ne regardait pas la RTBF. C'est très compliqué de reboucher du champagne qu'on vient d'ouvrir. - Le Nouveau Front populaire obtient 172 à 192 sièges... ...
On s'y perd. - B.Chameroy: Quelle sera votre 1re mesure et votre 1re action en tant que député?
Réponse du LR allié d'E.Ciotti. - Votre action en tant que nouveau député de la Creuse? - Le Tour de France arrive dans quelques jours.
Mon premier acte sera d'aller voir le Tour de France. - B.Chameroy: On ne va pas s'ennuyer! - A.-E.Lemoine: Bravo.
Dans un instant, "Nus et culottés". On prolonge le direct jusqu'à vendredi. A demain.
Ce sera sans Patrick. - P.Cohen: Je ne prolonge pas.
Catherine Vautrin