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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 4 décembre 2022 17 min

Risques de coupures d'électricité cet hiver, titres de séjour et "métiers en tension", présidence de LR : ce qu'il faut retenir de l'interview de Marion Maréchal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour Marion Maréchal. Double prise de parole du président de la République, Emmanuel Macron, ces dernières heures. Ce matin dans les colonnes du journal Le Parisien Aujourd'hui en France, un peu plus tôt à la télévision sur TF1. Emmanuel Macron qui nous dit que dans la crise actuelle, notamment avec la guerre en Ukraine, on s'en sort mieux que nos voisins, forme de satisfaits sites. Est-ce que vous attribuez quelques mérites à l'action de l'exécutif et du gouvernement dans cette crise ?

0:22
Marion Maréchal

Le seul mérite que je lui accorde, notamment en ce qui concerne l'inflation et le pouvoir d'achat, c'est de distribuer des chèques à outrance pour compenser les mauvaises décisions qu'il a prises par le passé, notamment sur le nucléaire. Parce que ce qu'il faut quand même rappeler, c'est que si l'ensemble de nos réacteurs nucléaires avaient été correctement entretenus parce qu'ils avaient eu un investissement digne de ce nom, aujourd'hui nous passerions l'hiver tranquillement alors qu'à l'inverse, on nous dit aujourd'hui, on nous fait comprendre que nous subirons pudiquement des délestages, ce qui signifie probablement des coupures de courant durant l'hiver.

0:50
Intervenant

Là aussi, message rassurant, il ne dit pas de panique, c'est le pire des scénarios auxquels on se prépare, mais le pire n'est jamais certain, il faut être sobre en matière de consommation.

0:56
Marion Maréchal

Quand on se penche un petit peu en détail sur les données, j'en ai parlé à un certain nombre de spécialistes, il semble quand même que l'hypothèse d'une coupure de courant soit quelque chose de vraisemblable. Vous, vous paniquez ? Je ne panique pas, on panique, mais enfin c'est quelque chose de vraisemblable, même en cas divers, on va dire, classiques. Donc malheureusement, je pense que s'ils en sont à faire des tests de cet ordre, c'est que, semble-t-il... Qu'importe les efforts, pour vous, il y aura des coupures.

Mais pour une raison simple, c'est que depuis le départ, on nous explique que la sobriété va nous permettre de passer l'hiver, que si nous sommes sages et disciplinés, les meubles seront sauvés. Le souci, c'est que ce que le gouvernement ne dit pas, c'est que pour arriver aux objectifs de sobriété, comme il le dit, c'est-à-dire de réduction de consommation d'énergie entre 5%, qu'on a même parfois entendu, 8% de réduction, il faudrait non pas seulement des efforts individuels considérables, c'est-à-dire 19 degrés, prendre une minute de moins sous sa douche, il faudrait qu'il y ait des pans entiers de l'industrie qui s'arrêtent.

Pour vous donner un exemple, au moment de la crise du Covid, nous avions à peu près atteint moins de 10% de récession, et nous avions eu, comme vous vous souvenez, un quasi-arrêt de l'économie. Donc, pour vous faire un parallèle en termes de proportion. Donc, tout ça pour dire qu'il est peu probable qu'il suffise simplement que les Français fassent un effort individuel pour que nous arrivions aux objectifs et que donc nous arrivions à passer l'hiver totalement sereinement.

2:16
Présentateur

Autre sujet d'une prise de parole d'Emmanuel Macron sur l'immigration, la construction de notre pays et notamment les bienfaits économiques de l'immigration. La France a toujours été une terre d'immigration, dit Emmanuel Macron, ça fait partie de notre ADN, on a toujours eu besoin pour notre économie. Dans l'actualité, on sait qu'il va y avoir une augmentation des titres de séjour sur certains métiers en tension. Thierry Marx, le chef étoilé, qui dit que c'est tellement dur de recruter aujourd'hui qu'il faut régulariser les travailleurs étrangers dans notre secteur. Est-ce qu'il faut miser sur l'immigration pour notre économie aujourd'hui ? Est-ce que c'est indispensable ?

2:46
Marion Maréchal

Alors déjà, moi, ça fait des années, si ce n'est des décennies, que j'entends ce discours qui explique que finalement, sur les métiers en tension, il n'y a pas d'autre alternative que de faire venir l'immigration. C'est ce que nous faisons d'ailleurs depuis un certain nombre d'années, sans que manifestement, les problèmes de recrutement aient été parfaitement réglés dans ces secteurs. Donc c'est quand même, semble-t-il, une vue de l'esprit qui se positionne plus sur des questions, enfin sur un pan idéologique, pour une raison simple.

3:08
Présentateur

Mais Thierry Marx, il s'y connaît, ce grand chef qui préside l'UMI, le syndicat des restaurateurs. Lui, il voit une solution très nette. On a besoin de moi, ça pourrait entraîner...

3:15
Marion Maréchal

Je trouve ça scandaleux qu'on en appelle à l'immigration pour une raison simple. Mais en ce qui concerne, je vais répondre sur ce monsieur, mais en ce qui concerne Emmanuel Macron, je pense qu'on est vraiment sur une posture idéologique. Je rappelle quand même rapidement son bilan à Emmanuel Macron, c'est l'homme du record absolu de l'immigration. Sous son quinquennat précédent, on était, j'ai les chiffres sous les yeux, à 250 000 titres de séjour accordés par an. C'est plus 35% que si Nicolas Sarkozy, c'est absolument considérable. On était à 135 demandeurs d'asile en 2021, plus 100 000 par rapport aux années 2000.

Et on est à chaque année plus de régularisation de personnes que d'expulsion. Donc c'est quelqu'un qui considère en effet que l'immigration est une chance pour la France. Il le dit, ce qu'il ne dit pas en revanche...

3:53
Présentateur

Oui, il l'assume, il l'aurait dit encore hier.

3:54
Marion Maréchal

Il l'assume et il le dit. Ce qu'il ne dit pas en revanche, c'est que cette immigration de travail ne vient pas en substitution des autres filières d'immigration. Elle vient en addition, notamment de l'immigration familiale que nous connaissons aujourd'hui, qui est le premier levier d'immigration.

4:07
Présentateur

Ça voudrait dire qu'on pourrait accepter cette immigration-là si le reste était mieux maîtrisé pour vous ?

4:13
Marion Maréchal

Alors non, je vais vous dire pourquoi. Parce que j'entends, je vais tordre le cou aujourd'hui à une espèce de slogan qui est lancé comme ça et qui expliquerait que finalement, il faudrait absolument faire venir de nouvelles personnes de l'extérieur parce qu'il y aurait des métiers que les Français ne veulent pas faire. Je me suis penchée sur les chiffres de la Dares, donc peu contestables, dans un certain nombre de secteurs dont on sait qu'ils sont en tout cas imaginés comme premièrement en tension et premièrement assumés par les personnes immigrées. Et on se rend compte que dans le BTP, par exemple, il y a plus de 70% de ces métiers qui sont assurés par des Français.

Dans les travaux publics, c'est près de 80%. Même dans les métiers de gardiennage et de sécurité, c'est plus de 70% qui sont assumés par des Français. Donc on se voit bien qu'en réalité, cette idée que finalement cette immigration serait absolument indispensable est une vue de l'esprit puisque factuellement, quand on regarde les chiffres, ça n'est pas le cas.

5:04
Intervenant

Par ailleurs, j'ajouterais... Ça ferait quand même 30% par exemple, dans le cas du bâtiment que vous évoquez, de main-d'oeuvre.

5:09
Marion Maréchal

Donc ça veut dire que ça n'est pas quelque chose d'un dépassable. C'est-à-dire que ce n'est pas le principe même de faire ce métier qui bloque les Français.

5:14
Présentateur

Ce que disent les professionnels de ces filières, c'est qu'aujourd'hui, si quand même, parce que c'est très très dur de recruter et qu'on pourrait trouver ici la main-d'oeuvre.

5:21
Marion Maréchal

Et peut-être se pose en effet la question dans ce cas-là des salaires, notamment des salaires qui ne sont pas forcément à la mesure, en effet, de la pénibilité de ces métiers. Mais au-delà de ça, ce que ne disent pas et ce que ne prennent pas en compte ces personnes dans leurs déclarations, c'est que cette immigration, elle vient aussi, contrairement à ce qu'on pense, alimenter une fois qu'elle arrive le chômage en franche. Et ça, pareil, ce sont des chiffres du ministère de l'Intérieur, c'est quand même intéressant, de 2020, qui expliquent que le taux d'inactivité est deux fois plus élevé chez les personnes de nationalité étrangère résidante en France que chez les Français.

5:51
Intervenant

Mais la réflexion d'Emmanuel Macron, c'est de dire que sectoriellement, il y a certains secteurs, pas globalement, mais certains secteurs, où l'apport de l'immigration économique peut être bénéfique.

6:01
Marion Maréchal

Mais ce que ne dit pas, en revanche, Emmanuel Macron, c'est toutes les conséquences, ensuite, sociales, économiques, j'ai envie de dire culturelles aussi, qui pèsent sur le pays. Pour vous, ce n'est pas qu'un enjeu économique ? Ce n'est pas qu'un enjeu économique. Non, je pense que les personnes, quoi qu'on en pense, ne sont pas des marchandises. Voilà, contrairement à ce que pense Emmanuel Macron, ils arrivent avec une culture, des mœurs, une langue, des habitudes, un rapport aux autres.

Et que quand on voit aujourd'hui la disharmonie, j'ai envie de dire, qu'il y a dans notre société, la violence même qui peut être entraînée par le multiculturalisme, vouloir encore ajouter une immigration à celle que nous n'arrivons déjà pas à assimiler et à intégrer, je trouve que c'est une erreur.

6:36
Intervenant

Vos chiffres veulent pour aujourd'hui. Il y a aussi le défi du vieillissement des populations qui se pose pour le coup à l'ensemble des pays d'Europe, qui, eux aussi, réfléchissent à un apport accru de l'immigration économique. Je pense à l'Allemagne, je pense au Royaume-Uni, je pense à l'Italie, qui a des quotas de migrants économiques, de travailleurs étrangers. Est-ce que vous souhaitez un système équivalent en France qui ait des quotas votés chaque année d'immigration économique ?

6:59
Marion Maréchal

Alors déjà, moi, je ne serais pas hostile à ce que le Parlement ait de nouveau, on va dire, une réflexion, une main sur la politique d'immigration qui est menée, parce qu'aujourd'hui, c'est vrai que c'est l'exécutif qui est à la main, principalement sur les titres de séjour, qui sont accordés. Des quotas votés par le Parlement ? Mais une fois de plus, je ne crois pas qu'il faut raisonner nécessairement en quotas. Ce qui est sûr, c'est que je pense que c'est une forme de facilité pour ne pas avoir à se poser les questions des réformes nécessaires dans le pays pour faire en sorte que le travail paie correctement et que donc les Français aillent vers ce travail.

Et en parallèle, c'est vrai, le travail qui ne paie pas assez et la Sestana qui paie trop, parce qu'on a aussi ce double problème. Donc je trouve que c'est une forme de facilité.

Et si je ne suis pas contre sur le principe que dans certains secteurs, ponctuellement, par exemple, même sur les métiers, d'ailleurs, à haute valeur ajoutée, je pense des ingénieurs, ce genre de choses, on puisse évidemment, médecin ponctuellement, y recourir, mais faire en sorte que l'immigration soit utilisée massivement dans des secteurs à bas niveau professionnel pour tirer en plus à la baisse sur les salaires, parce que c'est ça la mécanique que ça entraîne et que donc, mécaniquement, on est de moins en moins de personnes qui veulent y aller, donc on est de plus en plus besoin de l'immigration.

Ça fait 30 ans, 40 ans, 50 ans qu'on utilise cette technique et on en voit les conséquences aujourd'hui. C'est dramatique.

8:03
Présentateur

Mario Maréchal, on se retrouve dans une minute. Le temps de dérouler le fil info, l'essentiel de l'actualité en ce dimanche avec Marie Maheu.

8:09
Invité

Cette fois, ça passe ou ça casse. Les Bleus affrontent la Pologne cet après-midi au Qatar en huitième de finale. Match à suivre en intégralité avec nous sur France Info. Coup d'envoi à 16h. Juste après, c'est le Sénégal qui fera face à l'Angleterre à 20h. Seul pays d'Afrique encore qualifié avec le Maroc. Nous faisons face à un trafic très lucratif, croissant et qui finance la grande criminalité. Gabriel Talc s'attaque aux trafiquants de cigarettes. Dans le journal du dimanche, il donne les grandes lignes d'un plan de lutte dévoilé demain. 300 postes doivent notamment être créés au service des douanes dans les trois prochaines années.

Selon leurs statistiques, 400 tonnes de tabac de contrebande ont été saisies l'année dernière, déjà plus de 600 cette année. Au lendemain d'une interview sur TF1, Emmanuel Macron répète la nécessité d'une réforme des retraites. Selon lui, elle doit servir à réindustrialiser et tenir les engagements climatiques de la France sur le chef de l'État dans le journal Le Parisien, aujourd'hui en France. Et Radio France Internationale n'émet plus au Burkina Faso depuis hier, décision prise par le gouvernement pour qui RFI a relayé un message d'intimidation attribué à un chef terroriste. Le Mali a pris la même décision il y a huit mois.

9:22
Présentateur

Marion Maréchal, vice-présidente du parti Reconquête est l'invité de France Info ce matin.

9:25
Intervenant

Votre parti fête son premier anniversaire ce dimanche, Marion Maréchal, avec un meeting à Paris. Après une première défaite à la présidentielle et une seconde aux législatives, est-ce que l'enjeu, c'est la survie ?

9:37
Marion Maréchal

Ça n'est plus la survie, j'ai envie de vous dire, parce que beaucoup ont imaginé, voire même espéré que Reconquête ne serait qu'un feu de paille qui s'effondrerait au lendemain des présidentielles. Et force est de constater que ce n'est pas le cas. C'est-à-dire que non seulement nous avons encore des équipes mobilisées, mais nous avons même enregistré plusieurs milliers de nouvelles adhésions depuis ces élections, notamment législatives. Nous sommes face à une dynamique de réadhésion sur décembre, qui est un enjeu important pour nous, puisque c'est là où la masse, on va dire, des adhérents sont arrivés, qui est au-delà de nos espérances.

Je pense qu'il y a eu une rentrée quand même avec une succession de thèmes sur lesquels Reconquête a réussi à s'imposer, à s'imposer dans le débat. Je pense bien sûr à cette sordide et terrible affaire Lola. Je pense à l'Océane Viking. Je pense même à l'affaire de Calak et de la répartition des migrants. Je pense à l'offensive islamique à l'école, sur laquelle nous avons été très en pointe, avec notamment le lancement...

10:22
Intervenant

Mais on voit que le débat se fait aussi beaucoup à l'Assemblée nationale. C'est beaucoup les députés qui portent ces débats et forcent de constater qu'à l'Assemblée nationale, Reconquête n'a pas de députés.

10:33
Marion Maréchal

Nous avons près de 400 élus quand même avec nous, y compris d'ailleurs deux parlementaires et des sénateurs. Donc ça n'est pas rien. Ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, évidemment, la vie politique se fait aussi à l'Assemblée, mais elle ne se fait pas qu'à l'Assemblée. Preuve en est, d'ailleurs. Nous avons notre utilité dans le débat public pour une raison simple, c'est que nous incarnons aujourd'hui une ligne que personne d'autre n'incarne. Vous ne vous retrouvez pas dans les Républicains ou dans le Rassemblement national ? Il peut y avoir parfois des convergences, bien sûr.

Mais néanmoins, la ligne qui est la nôtre, qui est une ligne singulière, celle de ce qu'on appelle la droite civilisationnelle, qui met la question civilisationnelle au premier plan, qui est attachée aux libertés économiques, probablement moins étatistes, d'ailleurs, que ne l'est le Rassemblement national, par exemple, plus conservatrice aussi sur un certain nombre de sujets. Ça, personne d'autre ne l'incarne, si ce n'est nous.

11:13
Présentateur

Et donc, meeting, tout à l'heure, meeting d'anniversaire à Paris dans l'après-midi. Éric Zemmour, bien sûr, en veut être. C'est le leader incontesté du mouvement Reconquête, malgré les échecs. Il a aussi été défait au législatif. C'est le grand leader de cette formation politique ?

11:27
Marion Maréchal

Bien sûr. C'est le chef du parti. C'est celui qui a porté ce combat.

11:31
Présentateur

C'est lui qui mènera la campagne pour les européennes, par exemple ?

11:34
Marion Maréchal

Alors ça, ça n'a pas été décidé à l'heure où on parle, puisque tout simplement, aucun parti politique n'a décidé quelle était sa tête de liste. Donc, il n'y a pas eu de débat en interne sur le sujet. Ça viendra le moment venu de façon opportune, bien sûr.

11:45
Présentateur

C'est un scrutin qui intéresse Reconquête les européennes ?

11:48
Marion Maréchal

Bien sûr, puisque tout simplement, c'est le grand rendez-vous, l'un des seuls grands rendez-vous nationaux avant les prochaines élections présidentielles. Donc, j'ai envie de dire une élection test. Ce n'est pas pour l'Europe que ça vous intéresse ? Pour nous, non, mais c'est aussi, ne serait-ce déjà pour porter ce projet, bien sûr, mais c'est aussi une élection test. Est-ce que, justement, le projet que nous portons peut vivre au niveau national, peut vivre au niveau européen ?

Ce serait, une fois de plus, la démonstration que Reconquête est un jeune parti de droite qui a de l'avenir devant lui, ce qui n'est pas le cas, je le crois, d'autres formations politiques, et notamment, je pense, au LR, qui joue leur élection ce week-end.

12:18
Intervenant

On va parler dans un instant, juste, sur les européennes. C'est un scrutin qui, vous, personnellement, vous intéresse ? Ou, plus globalement, on se souvient qu'aux législatives, vous aviez fait l'impasse sur l'élection pour des raisons personnelles. Est-ce que vous souhaitez retrouver un rôle plus actif, faire campagne et être candidat ? C'est un scrutin qui m'intéresse.

12:32
Marion Maréchal

C'est un scrutin qui m'intéresse d'autant plus que tout, dans l'actualité, nous rappelle quand même que beaucoup de choses se jouent au niveau de la Commission et du Parlement européen. Je prends un exemple tout récent que dans l'interview d'Emmanuel Macron, qui est allé expliquer qu'il est allé donner des leçons aux Américains, ce qui fait quand même rire tout le monde, pour expliquer à Joe Biden que, allez, ça suffit, il fallait que les États-Unis arrêtent de défendre les intérêts américains parce que la loi est passée...

12:53
Intervenant

L'Europe, voilà.

12:56
Marion Maréchal

Typiquement, là, on se rend compte que plutôt que d'aller essayer de convaincre les Américains d'arrêter de défendre leurs intérêts, il ferait mieux d'aller convaincre la Commission, notamment de changer sa politique commerciale extérieure, de faire en sorte peut-être que les budgets colossaux de la transition énergétique soient davantage orientés vers l'industrie européenne, ce que fait d'ailleurs Joe Biden avec des bonus écologiques, par exemple, qui sont d'abord réservés aux voitures fabriquées aux États-Unis, avec des marchés publics réservés aux entreprises américaines. Ça, c'est des exemples.

Mais pour ça, il faut être capable de construire une coalition européenne avec des pays qui ont des intérêts communs, de sortir de ce fameux couple franco-allemand dont nous avons vu aujourd'hui toutes les limites. Le souci, c'est que typiquement, l'un des alliés les plus naturels qui aurait dû être celui de la France, c'est l'Italie. Et ça fait trois semaines que le gouvernement français passe son temps à l'insulter. Donc ça, typiquement, c'est un enjeu européen fondamental et c'est une des choses que nous aimerions porter à Reconquête au niveau européen.

13:41
Intervenant

Vous évoquiez le Congrès des Républicains, le vote interne à ce parti de droite avec trois candidats, Éric Ciotti, Aurélien Pradier, Bruno Retailleau, votent jusqu'à ce soir 18h pour le premier tour. Est-ce que l'un de ces trois candidats vous semble plus à même, plus à l'an, pour saisir la main tendue par Reconquête et faire l'union des droites ?

13:58
Marion Maréchal

Alors déjà, j'ai envie de dire plus largement sur l'élection en tant que telle. Moi, ce que je crois, c'est que l'avenir de la droite ne passera pas par le Congrès des Républicains ou par même ce mouvement. Ce qui ne veut pas dire que des personnes issues de ce mouvement ne participeront pas à l'avenir de la droite. Attention, je m'entends et je vais vous répondre à l'instant sur mes préférences éventuelles. Pourquoi ça ne passera pas par ce parti ? Pour une raison simple, c'est que tous parlent de refondation, donc tous ont conscience. Il y a quand même un large désamour, d'ailleurs, qui est conforté par toutes les enquêtes d'opinion sur le sujet à l'égard des LR.

Et tous ont accepté l'idée que pour reconstruire, il fallait rompre avec le sarkozisme. Le problème, c'est que le déclin, selon moi, des Républicains, il ne date pas de Nicolas Sarkozy. Il date d'ores et déjà de Jacques Chirac. Or, la rupture avec Jacques Chirac et l'héritage de Jacques Chirac, je pense que, malheureusement pour eux, il y a quand même une partie significative des cadres des Républicains qui ne veulent pas la faire.

14:48
Intervenant

Ils sont quelques-uns à dire qu'il ne faudrait faire l'union de la droite et du centre. Ils sont quelques-uns à dire qu'il ne faut plus faire l'union de la droite et du centre, mais assumer une droite forte.

14:58
Marion Maréchal

En effet. Donc, maintenant, la question, ça va être de savoir. Et ça n'est pas très clair aujourd'hui dans les Républicains. C'est que soit ils font une alliance avec Macron, ce qui manifestement est refusé partout, soit ils font une alliance avec nous et avec Reconquête, ce qui, pour l'instant, est refusé aussi. Donc, le risque, c'est l'isolement. Moi, ce que je constate dans cette élection, j'ai suivi un peu de loin, je ne suis pas adhérente Républicain, c'est que j'ai trouvé, si je devais donner un avis, que sur cette fin de campagne, Bruno Retailleau avait fait un certain nombre d'interviews que j'ai trouvées bien posées, construites, réfléchies et vraiment intéressantes.

Vous êtes prêtes à discuter avec lui ? Donc, quand je lis cela, je me dis qu'en effet, il y a des choses à faire ensemble, ne serait-ce parce qu'il y a des points de convergence idéologiques. Au-delà de la question des personnes et des égaux et des partis, c'est d'abord la question des idées, bien sûr.

15:36
Présentateur

Dernière question, Marion Maréchal. Vous vous étiez mobilisé avec le parti Reconquête, mais aussi des syndicats de policiers, d'autres partis politiques, contre la sortie d'un jeu de société, un jeu de rôle, Antifa, qui avait été commercialisé notamment à la FNAC pour qu'il soit déréférencé. Il a ensuite été remis en rayon. Rupture de stock, on va le trouver sous plein de sapins français. Est-ce que finalement, vous n'avez pas fait la meilleure pub qui soit pour ce jeu-là ?

15:59
Marion Maréchal

Alors, je ne sais pas. Moi, je n'ai pas pris position personnellement sur cette affaire pour une raison simple. C'est que je pense qu'on aurait davantage dû prendre ça à la dérision que de manière extrêmement sérieuse. Reste un jeu, il ne fallait pas prendre ça trop au sérieux. Ce jeu est absolument grotesque. Je ne sais pas si vous vous êtes penché sur le contenu de ces cartes. Mais ces gens vivent dans un monde parallèle. On a l'impression qu'il y a des skins au crase rasé avec des croix gammées qui se baladent dans les rues et qui tapent sur tout le monde avec des coups de barre de fer. C'est absolument grotesque.

Donc, c'est vrai que, de mon point de vue, je trouve qu'on aurait dû prendre ça à la dérision. C'est souvent l'humour, vous savez, la meilleure arme politique par rapport aux polémiques.

16:33
Présentateur

Merci à vous, Marion Maréchal. Merci pour votre invitation. Il est 8h50 et c'est donc l'heure du Filinfo. Merci.

16:41
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.

Risques de coupures d'électricité cet hiver, titres de séjour et "métiers en tension", présidence de LR : ce qu'il faut retenir de l'interview de Marion Maréchal — Marion Maréchal · Pourquijevote