Syrie : Trump et Macron prêts à frapper - Vos questions SMS #cdanslair 10.04.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:26FerméeRéponse directe
Si Macron frappait en Syrie dans les 24h, a-t-il besoin d'un vote au Parlement ?
- 3:10OuverteRéponse directe
Si Macron se retrouve seul face à la Syrie, avec quels moyens Paris pourrait riposter ?
- 4:51OuverteRéponse directe
Pourquoi la Russie protège-t-elle la Syrie ? Quels sont ses intérêts ?
- 6:07OuverteRéponse directe
Après une frappe, que se passe-t-il ?
- 6:58OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas bombarder les lieux de pouvoir en Syrie ?
- 7:44OuverteRéponse directe
Dans quel pays les interventions militaires américaines ou françaises ont-elles établi un régime stable et démocratique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32InvitéChiffre
« Le budget militaire des États-Unis, c'est 600 milliards de dollars l'an. »
- 0:37InvitéChiffre
« La Russie, c'est 10 fois moins. »
- 2:35InvitéFait
« Le vote du Parlement en France, c'est l'article 35 de la Constitution pour la déclaration de guerre. »
- 2:45InvitéFait
« Sur l'engagement d'une opération extérieure, c'est une des grandes libertés du président de la République, monarque électif sous la Vème République, d'engager ses forces. »
- 3:26InvitéChiffre
« La France n'aurait pas, à mon avis, la possibilité d'envoyer 60 missiles de croisière sur une seule frappe. »
- 7:47InvitéFait
« Dans quel pays du monde des interventions militaires américaines ou françaises ont-elles établi un régime stable, durable et démocratique ? »
- 7:55InvitéChiffre
« Les Américains ont 45 en Allemagne. »
Temps de parole
- Invité35 %
- Présentateur21 %
- Invité 216 %
- Invité 311 %
- Invité 49 %
- ?8 %
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Et
si Moscou réplique et défend la Syrie, on va vers une guerre mondiale. Trump, Macron, May, Netanyahou, tous dingues.
Je
ne
sais
pas si on peut tous les mettre dans le même sac, en tout cas moi je ne le fais pas. Les risques sont sérieux, mais encore une fois, la Russie a un objectif stratégique et politique qui est renforcer sa présence en Méditerranée, trouver une solution politique en Syrie. La Russie ne veut pas rentrer en guerre et par ailleurs elle n'a pas les moyens militaires. Il faut quand même rappeler des choses très simples. Le budget militaire des États-Unis, c'est 600 milliards de dollars l'an. La Russie, c'est 10 fois moins. Il y a aussi ces balances-là. Personne n'a envie de rentrer dans une guerre mondiale.
C'est d'ailleurs pour ça aussi que les Russes mesurent leurs effets militaires pour récupérer des choses. Ceci dit, l'un des problèmes,
c
'est au-delà de la rationalité, c
'est
l'enchaînement, c'est des
conséquences. Ce sont les
égaux
? Non,
pas à ce niveau-là ? Si,
si, bien sûr. Énorme. Énorme.
Les égaux comptent énormément dans la décision politique, bien sûr. Tous se prennent pour les maîtres du monde. En tout cas, les maîtres, voilà, ils sont tous persuadés de porter un message. Ce sont des personnalités. Le système politique contemporain privilégie l'arrivée au pouvoir de ce genre de personnalités excessives. Alors, dans des styles très différents, mais Netanyahou, Macron, Trump, Poutine, voilà, Theresa May, enfin, non, la malheureuse. Elle
est moins en situation, là, désormais. Mais vous voyez,
ça privilégie ça, parce que, voilà, et donc oui, les égaux jouent malheureusement beaucoup et ils n'écoutent en général pas toujours très bien leurs conseillers. Mais bon, ça c'est... Merci de nous rappeler pourquoi Obama a renoncé à intervenir en Syrie en 2013.
Obama voulait s'assurer d'avoir le soutien de l'opinion et du Congrès
avant
de pouvoir frapper. Et puis, quand il s'est aperçu qu'il risquait de ne pas avoir le soutien du Congrès, il faut rappeler que juste avant, la Chambre des communes n'avait pas donné son autorisation, à l'époque, au Premier ministre David Cameron, pour frapper. Il s'est dit, si ces frappes manquent de soutien populaire chez mon allié britannique, et y compris chez moi, c'est une affaire qui est mal partie. En même temps, on ne peut pas dire non plus qu'il ait essayé de convaincre son opinion publique de changer d'opinion, et y compris ses propres élus.
On aurait besoin de passer devant le Parlement ? Si Emmanuel Macron décidait dans les 24 heures et les 48 heures, comme l'a dit Donald Trump, de frapper en Syrie, est-ce qu'il a besoin d'un vote au Parlement ? Non. Il
fait ce qu'il veut.
Le vote du Parlement en France, c'est l'article 35 de la Constitution pour la déclaration de guerre. Il faudrait déclarer la guerre. Paris déclare la guerre à Damas. Là, il faut un vote du Parlement pour déclarer la guerre. Sur l'engagement d'une opération extérieure, c'est une des grandes libertés du président de la République, monarque électif sous la Vème République, d'engager ses forces. Mais depuis Nicolas Sarkozy, au bout de 4 mois, s'il y avait une opération qui durait, on n'est pas dans ce scénario-là, au bout de 4 mois, le Parlement doit valider par un vote la poursuite de l'OPEX. Mais la France a cette capacité à s'engager d'emblée sur une opération extérieure.
– Supposons une volte-face de Trump et que Macron se retrouve seul en première ligne, avec quels moyens Paris pourrait-il riposter ?
On
a les moyens. – On a les moyens militaires. Alors, évidemment, l'année dernière, Trump a envoyé une soixantaine de missiles de croisière. C'est quand même, c'est significatif. Bon, la France n'aurait pas, à mon avis, la possibilité d'envoyer 60 missiles de croisière sur une seule frappe. On aurait la possibilité de frapper. Mais encore une fois, je pense que ça serait très utile d'avoir un deuxième pays membre permanent du Conseil de sécurité, à la fois pour la lisibilité de la frappe et la force politique.
–
Non, je voulais juste quand même nuancer, qu'on a l'air de,
à
juste titre probablement, d'affirmer que cette frappe est imminente, et je le saura, etc. Si jamais il y a une hésitation d'un côté ou de l'autre, une réticence, comme tous les cas de figure dont vous parlez,
il
y a encore une porte sortie, y compris ce soir à l'ONU, de dire qu'on a besoin d'enquêter,
qu
'une commission sérieuse internationale, etc., envoyée sur place…
– Ça, ça voudra dire qu'on a fait
machine arrière.
–
Ça veut dire qu
'on fait machine arrière, ou
qu'on reporte les choses pendant deux ou trois semaines. Il ne faut pas écarter complètement cette ouverture ou cette éventualité.
– La mission, elle est déjà partie, la mission de l'Organisation internationale sur les armes chimiques. Elle est en route vers Douma. Admettons qu'elle arrive sans encombre et qu'elle puisse travailler 48 heures, 72 heures, sans aucune entrave de la part de l'armée syrienne ou de la part
des russes sur place. – Ce qui serait
très étonnant.
– Ce qui serait
incroyablement étonnant. On a vu par le passé à quel point c'était compliqué. Là, effectivement, le prétexte, à ce moment-là, est tout trouvé pour dire l'équipe, elle revient et puis cette
fois-ci, on frappe. –
Pourquoi la Russie protège-t-elle la Syrie
? Quels sont les intérêts à la Russie ?
–
On
n'a pas arrêté d'en parler.
– Visiblement, ce n'était pas clair, pour commencer. – C
'est comme ça que la Russie est devenue le maître du monde aujourd'hui, ou du moins en apparence.
–
C'est une continuité par rapport à l'époque soviétique, qui avait des liens importants avec la Syrie. Et c'est vraiment cette stratégie de pouvoir de Poutine, avec l'égo poutinien, Jean-Luc Percher a parlé, en tout cas, il a évoqué un des égaux, que de venir en Méditerranée, d'une certaine façon aussi d'essayer d'en chasser les Américains. C'est très ambitieux, mais en tout cas, c'est le retour. Et votre carte, tout à l'heure, montrait deux bases. Tartus, qui est une base navale, et l'autre base aérienne qui est près de l'attaquer, elle n'existait pas avant 2015.
Et quand on étudiait les plans de développement russes sur la base navale de Tartus, qui était un projet d'extension de cette base considérable, la guerre a offert la possibilité à Poutine, non seulement de développer cette base navale, mais en plus de construire une base aérienne. Donc évidemment,
il a des
intérêts stratégiques, ça le met comme acteur principal
de ce qu'on a fait.
– On pourrait rajouter que Vladimir Poutine a voulu mettre fin au changement de régime décidé par les Occidentaux. C'est là que ça se manifeste.
Il
a dit, voilà, dans sa vision…
– Ce n'est pas à vous de décider. –
Ce n
'est
pas à vous de décider qui dirige les pays. Donc c'est non. –
On
frappe, et après ? Et après, on ne sait pas bien, François Clémenceau ?
– Après, comme dans toutes les frappes, on va regarder les dégâts, voir si ça a été efficace ou pas. On regarde l'attitude de la partie qu'on a frappée. Est-ce qu'elle se tait ? Est-ce qu'elle recule ? Est-ce qu'elle réagit
?
Et si jamais
c
'était le cas, en l'occurrence, si jamais l'armée syrienne recommençait à frapper, non plus forcément sur la route à orientale, mais sur Idlib, qui à mon avis est le point central des prochaines semaines, parce que c'est là, dans ce bastion-là, qu'aujourd'hui sont réunis tous les rebelles qui ont fui les villes assiégées et reconquises par Damas, et pas tout seuls, avec leurs familles. Il y a là des dizaines et des dizaines de milliers de personnes, et c'est la dernière bataille. C'est la dernière bataille de Syrie.
– Mais pourquoi ne peut-on pas bombarder les dieux de pouvoir ?
–
Alors c'est certainement tout étudié, si vous voulez, dans un état majeur occidental, selon les modèles otaniens, vous avez des J, c'est les anciens bureaux qui existaient en France, le B2,
le
renseignement, aujourd'hui c'est le J2, vous avez la planification, les opérations. Dans la planification,
vous
avez des tas d'objectifs qui sont étudiés.
– Là, ce que
suggère cette question, c'est de se débarrasser de Bachar Al-Assad,
c'est
clair.
– Oui, mais
on n'est
pas… – Non mais pourquoi
ne pas
bombarder les dieux de pouvoir ?
– On ne tue pas les dirigeants des pays comme ça, au nom de quoi ? Quelle est la légalité ? Parce qu'après tout, pourquoi après on ne viendrait pas frapper
?
– De
la même manière. – On ne va pas frapper l
'Elysée, Buckingham,
Palace… – Mais c'était peut-être bien de le rappeler. Allez, dans quel pays
du monde des interventions militaires américaines ou françaises ont-elles établi un régime stable, durable
et
démocratique ?
– Les Américains
ont 45 en Allemagne. Depuis lors, il y a assez peu d'exemples. – Au Japon aussi ?
–
Au Japon,
oui. –
Au Japon, oui.
– Mais depuis
45,
en tout cas au cours des 15 dernières années, toutes
les
interventions
militaires
américaines,
toutes les interventions américaines au Moyen-Orient ont été des catastrophes. – La poste de l'Herzégovine.
–
Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25. On se retrouve demain à 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air. Tout de suite,
c
'est à vous. Belle soirée sur France 5.