Les vœux d'Emmanuel Macron : détail des enjeux de politique intérieure et des dossiers internatio
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Celui qui va traditionnellement donner le top départ de cette soirée, c'est toujours le président de la République, pour des traditionnels voeux à la nation.
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Est-ce que ce sont des voeux dans un trou de souris ?
- 2:06RelanceÉludée
Alors, ce qui était déjà une promesse l'année dernière, qui n'a pas été tenue cette année.
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Est-ce que Michel Fayad, il y a une volonté, malgré tout, de laisser une trace ?
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Duquel, dites-nous ?
- 8:09ComplaisanteÉludée
On va vous laisser répondre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« il a battu son corps d'impopularité au mois d'octobre, de novembre, à 16% d'opinions favorables dans le JDD, qui est un baromètre historique. »
- 3:18InvitéChiffre
« il y a une dette qui va atteindre 120% du PIB en 2027. »
- 3:31InvitéChiffre
« les dépenses publiques représentent aujourd'hui 57% du PIB. Juste à titre de comparaison, à l'époque du Front populaire, c'était 26%. »
- 4:50InvitéChiffre
« l'impôt sur les sociétés a baissé massivement sous Emmanuel Macron, comme elle ne l'avait jamais baissé dans les carcénats précédents. »
- 5:22InvitéChiffre
« le chômage aujourd'hui est autour de 7,5%, 7,7% si on rajoute les territoires d'Outre-mer. »
- 9:52InvitéFait
« Emmanuel Macron avait réussi une réforme sur la retraite et il est revenu dessus. »
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Alors, celui qui va traditionnellement donner le top départ de cette soirée, c'est toujours le président de la République, pour des traditionnels voeux à la nation. Alors, affaibli depuis la dissolution, raté, contesté même dans son propre camp, Emmanuel Macron va tenter, on nous l'a dit du côté de l'Elysée, de se concentrer sur le positif, d'être sobre. Antonin André, on a l'impression qu'année après année, le champ des possibles et des promesses possibles se restreint pour le président. Est-ce que ce sont des voeux dans un trou de souris ?
Oui, en fait, elles se restreignent parce que c'est son deuxième quinquennat, il ne pourra pas se représenter. L'épisode de la dissolution a brisé d'une certaine façon le peu de liens qui lui restent avec les Français. Il a battu son corps d'impopularité au mois d'octobre, de novembre, à 16% d'opinions favorables dans le JDD, qui est un baromètre historique. Et c'est vraiment son plus bas, et seul François Hollande avait fait pire. Mais François Hollande, il y avait de l'indifférence, du mépris, il n'y avait pas de rejet comme il y a pour Emmanuel Macron. Donc aujourd'hui, son lien avec les Français est très ténu.
Ce qui sera intéressant de regarder demain, ce sont les chiffres d'audience de ses voeux, qui, je pense, seront assez en baisse par rapport à l'année dernière.
Ces audiences sont en baisse constante.
Oui, sont en baisse constante. Et évidemment que sa marge de manœuvre est très réduite, et que sa parole porte peu. Néanmoins, que peut-il faire d'autre que d'essayer de se projeter dans une forme de positivisme et d'envoyer des messages positifs ? Donc il va effectivement essayer de basher le French bashing, en disant que l'économie française ne va pas si mal. On a presque 1% de croissance cette année, ce qui n'est pas si mal. Nous sommes plutôt bien classés dans le classement des économistes, devant l'Allemagne, devant la Grande-Bretagne. Ça peut paraître surprenant, mais quand on prend un peu de champ, la situation de la France n'est peut-être pas si catastrophique qu'on lit.
Et c'est vrai que nous, Français, on a une tendance à s'autoflageller de façon excessive, sans doute. Et puis, il va annoncer quelques chantiers qu'il peut encore mener cette année, et sur lesquels il veut se projeter, la fin de vie, qu'il doit terminer son trajet à l'Assemblée nationale. Il n'est pas exclu qu'il reparle de référendum, selon mes informations.
Alors, ce qui était déjà une promesse l'année dernière, qui n'a pas été tenue cette année.
Voilà. Sur la fin de vie, si jamais le processus s'embourbe dans les Assemblées, il n'est pas exclu qu'il y ait un référendum sur la fin de vie. Est-ce que ce serait la seule question qu'il poserait aux Français ? Oui, oui, je pense. Parce que c'est la seule, en fait, question que vous pouvez déconnecter de la personne du Président de la République. C'est une question tellement intime, le rapport à la fin de vie, que vous pouvez gager que les Français répondent en leur conscience et en leur intimité propre, en le déconnectant de la personne du Président. Il parlera également du service volontaire national.
Et puis, il parlera de la régulation des réseaux sociaux, qui est un de ses grands sujets. Voilà, ce sont des sujets de société qui ne sont pas forcément structurants, quoique, parce qu'en réalité, on se souvient tous de la fin du service militaire sous Jacques Chirac. Peut-être qu'on se souviendra du rétablissement du service volontaire national, si ça fonctionne, sous Emmanuel Macron. Donc, il va se concentrer sur des sujets de long terme, j'allais dire, de société et de mentalité de long terme, parce que sur le reste, il n'a plus aucune prise.
Est-ce que Michel Fayad, il y a une volonté, malgré tout, de laisser une trace ?
Oui, bien sûr, il cherche cette trace depuis le début de son premier mandat. Mais pour le moment, effectivement, les traces ne sont pas tellement bonnes, que ce soit en termes de politique étrangère, en politique nationale, et même d'un point de vue économique. Parce que, quoi qu'on dise économiste, il y a une dette qui va atteindre 120% du PIB en 2027. Et il y a aujourd'hui 57... En fait, les dépenses publiques représentent aujourd'hui 57% du PIB. Juste à titre de comparaison, à l'époque du Front populaire, c'était 26%. Donc, on a atteint, en fait, un niveau de socialisme jamais inégalé dans l'histoire de la République française.
Et donc, tout ça, ça pèse, parce qu'à ce rythme-là, on va droit dans le mur. Vous savez, la Grèce a fait faillite, et le FMI et la Banque mondiale sont intervenus lorsque la dette a représenté 120% du PIB. Donc, c'est exactement la France qu'Emmanuel Macron va nous laisser. Donc, c'est assez dangereux. Je t'emparerai un tout petit peu votre diagnostic d'abord. J'espère. De façon générale, les présidents de la République, de façon générale, s'intéressent assez peu au déficit public. Et c'est un sujet qui les agace et dont ils se préoccupent peu. Et en réalité, certes, Emmanuel Macron a fait croître le déficit public, mais ça a été le cas d'à peu près tous ses prédécesseurs.
C'est-à-dire que sur leur mandat, la dette a accru de façon continue. Sauf que lui, elle a augmenté d'un tiers. Ça, c'est sans précédent. Oui, mais il y a eu la crise Covid, il y a eu la crise inflationniste. Donc, il faut savoir ce qu'on veut. Est-ce qu'on veut protéger les Français de la crise inflationniste et du Covid, quitte à en payer le prix, ou est-ce qu'on n'aurait dû rien faire ? Et à ce moment-là, on lui aurait aussi reproché d'abandonner les Français dans des moments de crise. Donc, c'est très compliqué de juger. Et par ailleurs, les fondamentaux de l'économie française ne sont pas aussi noirs qu'on veut bien le dire.
Et on peut lui faire beaucoup de reproches, et je suis le premier à lui faire énormément de reproches sur bien des sujets. En matière d'économie, c'est quand même le premier président qui a pris le virage de la politique de l'offre. C'est-à-dire qui a admis le fait que ceux qui créaient les emplois, c'était les entreprises, et que donc, dans la mesure du possible, il fallait alléger la fiscalité sur les entreprises. Or, l'impôt sur les sociétés a baissé massivement sous Emmanuel Macron, comme elle ne l'avait jamais baissé dans les carcénats précédents.
Le chômage, certes, est à un niveau élevé, mais qui tout de même, moi, j'ai connu, je suis né en 74 ans, je n'ai connu que la hausse du chômage pendant toute mon existence, avec des présidents de la République qui disaient « on a tout essayé ». Bon, force est de constater que le chômage aujourd'hui est autour de 7,5%, 7,7% si on rajoute les territoires d'Outre-mer.
Mais le phénomène est le même en Europe aussi.
Le Macron bashing, le Macron bashing. Non, mais il n'y a pas de Macron bashing là-dedans, ce que je voulais dire. Mais je pense qu'il faut quand même apporter un peu de nuance, et ne pas être trop excessif dans la critique, même si les critiques, ils les méritent. En fait, moi, je n'ai pas fait du tout de bashing, je suis allé très factuel, en fait, j'ai cité des chiffres qui sont en fait incontestables, et factuellement, aujourd'hui, l'agriculture est à terre, l'industrie est à terre, et un pays dont le secteur productif est à terre est un pays qui se meurt malheureusement.
La solution, l'agriculture française, la pauvre, elle était la deuxième agriculture au monde, aujourd'hui, elle est devenue la cinquième, et pour la première fois de toute l'histoire de France, eh bien, on va devenir importateur et non exportateur. C'est donc un désastre, et ça, c'est factuel. En fait, ce qui compte en économie, moi, j'ai été conseiller du ministre de l'Économie, ce qui compte en économie... Duquel, dites-nous ? On est au Liban. Ah ! C'est qui... Pardon, mais l'économie du Liban... Et on a travaillé avec la Banque mondiale et l'FMI. L'économie du Liban ne se pend pas extrêmement bien. Je ne sais pas si on doit avoir du crédit.
Mais justement, en fait, j'ai été nommé pour gérer le plan avec l'AFMI et la Banque mondiale. Donc, on a fait appel à moi quand ça allait mal, justement. Donc, je sais de quoi je parle, et malheureusement, la situation de la France se retrouve très similaire à ce qui est aujourd'hui au Liban, et c'est ça qui est catastrophique. Parce qu'un niveau d'endettement surélevé, un niveau de l'agriculture au plus bas, un niveau d'industrie au plus bas, ça conduit à la restructuration. Et c'est tout ce qu'on ne veut pas. Vous parliez de protéger les Français. On ne protège pas les Français en créant de la dette. Parce qu'en créant de la dette, on fait perdre la souveraineté de la France.
On crée de la dette sur nos enfants, sur nos petits-enfants. Et donc, on est en train de détruire notre avenir. Aujourd'hui, on n'a plus de souveraineté alimentaire. Parce qu'aujourd'hui, notre agriculture est en train d'être détruite. Donc, s'il n'y a plus de souveraineté alimentaire, comment est-ce qu'on va se défendre en tant que France ? On n'a même plus de souveraineté industrielle. Parce que même au niveau énergétique, on a fait des choix qui sont des mauvais choix. Et même en termes de services, je vais vous donner un exemple.
Vous savez, après le Brexit qui a eu lieu sous Emmanuel Macron, au lieu d'attirer les banques qui étaient à Londres vers Paris, vous savez où sont parties toutes ces banques ? Elles sont parties à Milan. Non, elles sont parties à Milan. Donc, si l'Italie, qui était un pays qui était encore plus bas que la France, a réussi à... Non, mais elles sont parties à Milan parce qu'il y a un régime fiscal qui a été mis en place à Milan. Non, non, non, c'était juste après. Parce que justement, quand Mme Meloni est arrivée, elle a décidé de faire cette mesure fiscale sur Milan. Mais avant même qu'elle ait pris cette mesure fiscale sur Milan, déjà, il y avait Goldman Sachs, Morgan Stanley, J.P.
Morgan, qui avaient déjà déplacé leur siège à Milan. Donc, quand nous, on se fait dépasser par l'Italie pour attirer le secteur bancaire qui n'avait qu'à traverser la Manche, en réalité, pour aller chez nous, quand notre agriculture n'est plus la deuxième au monde, mais la cinquième au monde, et qui est devenue importatrice, non plus exportatrice, quand l'industrie est à terre, quand l'énergie, qui était notre force... Je veux dire, à un moment donné, les faits et les chiffres d'Emmanuel Macron sont atteints de désastre. On va vous laisser répondre. J'entends bien ce que vous dites, mais tout mettre sur le dos d'Emmanuel Macron, à mon avis, est excessif et un peu facile.
Le modèle agricole français mérite d'être réformé. Il a des ressources et les moyens de se réformer. Simplement, il faut regarder les choses en face. C'est-à-dire que le modèle de l'exploitation familiale, qui est centré sur un type de culture et qui n'a pas d'adaptation, lui faire croire, en l'illusionnant qu'elle va pouvoir préserver son modèle, ne pas évoluer et rester bénéficiaire pour ses producteurs et bénéficiaire pour l'économie française, c'est lui mentir.
Donc, les torts sont partagés parce qu'il y a aussi une forme d'aveuglement, y compris parfois, il faut le dire, chez les professionnels eux-mêmes, chez les agriculteurs qui n'ont pas forcément toujours envie de changer leur modèle et de s'adapter à l'évolution des marchés, et qui ne tient pas seulement de la responsabilité du président de la République. C'est une responsabilité, je trouve, qui est un peu collective aussi. Je trouve que la classe politique dans son ensemble n'est pas très responsable et on le voit bien sur les discussions budgétaires. Le sujet numéro un pour moi, vous qui êtes économistes, le sujet numéro un de la France pour moi, c'est sa démographie.
Et c'est le fait qu'aujourd'hui, on surinvestit financièrement sur les vieilles générations, en indexant les retraites sur l'inflation, en les préservant à outrance parce que c'est un électorat important, et on n'investit pas sur sa jeunesse et sur l'économie productive. Ça, c'est un sujet démographique, à mon avis, de grande ampleur. Mais pas plus Emmanuel Macron que les autres forces politiques ne regardent les choses en face et ne proposent une solution pour changer, d'une certaine façon, les orientations budgétaires de ce pays. Ça, c'est un drame, je trouve, beaucoup plus lourd que la responsabilité du seul Emmanuel Macron. Et c'est une responsabilité qui est quand même très collective.
En quelques secondes. Oui, je suis d'accord avec ce que vous venez d'exposer. La seule chose, c'est qu'Emmanuel Macron avait réussi une réforme sur la retraite et il est revenu dessus. Et ça, c'est vraiment dommage parce que le système de retraite doit être changé. C'est une pyramide de Ponzi, si on veut rester dans l'économie de finances. Et ce système mérite d'être changé. Et là, c'est quand même sa responsabilité. C'est lui qui s'était engagé là-dessus. Mais à un moment, il n'avait pas forcément le choix. Oui, et là, on revient à la responsabilité de tous les partis. Ça ne s'est jamais vu qu'on revienne sur une réforme des retraites.
Une réforme des retraites, c'est toujours impopulaire, par définition, parce qu'on demande aux gens de travailler plus. Mais qu'on revienne sur une réforme des retraites qui a été digérée, parce qu'elle a été digérée par les partenaires sociaux deux ans après, ça, effectivement, c'est à mettre à son discrédit.