Budget/retraites: l'interview de Mathilde Panot (LFI) en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'invité du jour, c'est Mathilde Panot, la présidente des députés de la France Insoumise qui est en train de s'installer à mes côtés. Bonsoir Mathilde Panot. Merci d'être avec nous ce soir. On est ravis de vous recevoir. Mais pourquoi vous êtes là ?
Comment ça ? Pourquoi suis-je là ?
Pourquoi vous n'êtes pas à Matignon avec vos camarades socialistes en train de discuter avec votre ministre ?
Bien parce que nous, nous défendons un principe. Et ce principe, c'est que le gouvernement de ce pays ne peut pas être le fait du prince. Le gouvernement ne peut pas être un gouvernement de perdant aux élections qui continue une politique qui a été battue trois fois dans les urnes. Et donc nous demandons à ce gouvernement Bayrou de se présenter devant l'Assemblée nationale et de demander un vote de confiance à l'Assemblée, comme ça se fait dans l'ensemble des démocraties. Donc en attendant qu'il se présente devant l'Assemblée nationale, nous ne discutons pas avec ce gouvernement.
Le fait de voir les socialistes ce soir à Matignon, vous dites quoi ?
Eh bien que nous verrons ce qui se passera lors, non pas du vote de confiance, qu'ils ne demanderont probablement pas, mais lors du coup de la motion de censure qui fera office de vote de confiance pour savoir qui est dans la majorité, donc qui soutient ce gouvernement et qui est dans l'opposition. Nous verrons ce que feront les uns et les autres, mais je suis assez persuadée qu'à la fin, l'ensemble des forces du nouveau Front populaire se retrouvera dans la censure, parce que je crois qu'il est difficile de faire autrement quand vous voyez un gouvernement avec M.
Retailleau qui parle des belles heures de la colonisation, des Français de papier, qui parle de régression ethnique vers les origines ethniques en parlant des habitants des quartiers populaires, que c'est difficile de faire autrement avec M. Valls qui avait fait notamment la loi travail et la déchéance de nationalité, avec Mme Borne qui a fait le 49-3 sur la question des retraites, et surtout avec un gouvernement qui assume de faire un budget encore pire que celui que proposait M. Barthes.
Mais Mathilde Panot, depuis plus de deux ans, vous vous battez contre cette réforme des retraites. Vous avez défilé, je ne sais pas, des dizaines de fois dans la rue contre cette réforme des retraites. Et au moment où cette réforme des retraites, cet âge de départ à 64 ans, va peut-être être remis en cause, vous faites la politique de la chaise vide. Ça ne vous intéresse plus la fin de la retraite à 64 ans ?
Mais si, justement. Mais lorsque vous avez une réforme de la retraite, il faut repartir du départ, qui est passée en force contre l'Assemblée nationale, contre l'ensemble des syndicats, contre une immense majorité du peuple avec le plus grand mouvement social qu'on ait vu dans ce pays depuis 50 ans. Lorsque vous avez ensuite le vote de juillet avec une dissolution décidée par Emmanuel Macron où l'abrogation de la retraite à 64 ans arrive immensément en tête des scrutins avec une majorité absolue à l'Assemblée nationale pour abroger cette réforme de la retraite à 64 ans.
Eh bien, à ce moment-là, au moment où nous pouvons abroger cette réforme de la retraite à 64 ans qui va dans le corps et dans le corps directement des gens, eh bien, ce n'est pas le moment de l'amender, de le suspendre, ce qui ne veut rien dire. C'est le moment, justement, de l'abroger.
Mais ceux qui nous écoutent, il y a sûrement vos électeurs qui se disent, là, ils sont en train de discuter d'une suspension qui pourrait peut-être, on ne le sait pas, tirer à une abrogation. Et vous n'êtes pas dans ces discussions volontairement.
Vous pensez qu'ils vous comprennent, vos électeurs ? Nous défendons un principe qui s'appelle la démocratie, le respect du scrutin qui s'est fait.
Mais aller discuter avec le gouvernement, ce n'est pas la démocratie ?
Si, mais nous discuterons avec le gouvernement s'il tient après le vote de la motion de censure. Parce que d'abord, un gouvernement, ce n'est pas le fait du prince d'Emmanuel Macron, d'un homme tout seul qui décide que M. Bayrou est maintenant le chef du gouvernement avec différents ministres qui sont tous un gouvernement de défait et de défaite, qui décide. C'est ce qu'on appelle la représentation nationale qui doit avoir le gouvernement en face.
Mais la suspension, s'il y avait suspension demain de la réforme des retraites, ça aurait un impact direct dans la vie de vos électeurs ?
Mais nous ne voulons pas d'une suspension, nous voulons d'une abrogation. C'est quand même assez clair.
Peut-être que ça pourrait aboutir à cela ?
Non, qu'est-ce que... Eh bien nous, nous voulons l'abrogation. Si nous avons l'abrogation, c'est très bien. Mais je vais vous dire, qu'est-ce que ça veut dire suspendre la réforme des retraites ? Ça veut dire que nous allons suspendre la réforme des retraites. Ça n'existe pas, je ne sais même pas, par exemple, si vous regardez les travaux de Michael Zemmour, il expliquait qu'il était impossible de suspendre une réforme pour six mois, puisque c'est selon l'année de naissance de ceux qui, justement, se voient petit à petit voler deux ans de vie. Donc, si nous faisions une suspension, ce qui, encore une fois, n'a aucun sens, ça veut dire quoi ? Qu'on abrogerait après ?
Pourquoi est-ce qu'on n'abroge pas maintenant ? Enfin, ça n'a aucun sens, d'autant plus avec un gouvernement...
À force de radicalité, vous craignez pas de passer à côté d'avancées très concrètes pour la vie des gens qui pourraient, dans un premier temps, leur permettre de ne pas travailler davantage ?
Vous savez, nous avons un gouvernement qui vient de mettre un décret, là, au début de ce mois-ci, au 1er janvier, un décret qui force les allocataires du RSA à travailler 15 heures pour pouvoir toucher le RSA. Nous avons un gouvernement qui a d'ores et déjà annoncé qu'il ferait 50 milliards d'économies sur les dépenses. Ça veut dire un budget encore pire que celui que proposait M. Barnier, qui était déjà le budget le plus austéritaire qui avait été présenté sous la Vème République.
La réalité, c'est que nous sommes dans un monde de malheur absolu, créé par les politiques macronistes, et que nous, nous faisons ce que je crois en politique, nous respectons ce sur quoi nous avons été élus, le programme sur lequel ont été élus l'ensemble des députés du Nouveau Front Populaire, c'est-à-dire l'abrogation des réformes des retraites.
Mais le fait que vous ayez aujourd'hui, Mathilde Panot, le fait que vous ayez aujourd'hui, par exemple, des ministres, des responsables du camp présidentiel, qui disent qu'ils sont ouverts à un mouvement sur la réforme des retraites. Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale Renaissance, qui explique qu'elle n'est pas opposée, je cite, à arrêter la réforme pour rediscuter. Vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas des choses qui ont évolué. Ça ne change rien, ça, pour vous ?
Mais quelle est la réalité concrète ? Qu'est-ce qu'on a obtenu ? Dites-moi. Nous n'avons rien obtenu. La discussion est en cours. Oui, d'accord.
Si demain, François Bayrou prononce le mot « suspension », est-ce que vous considérerez que c'est un premier pas ?
Vous vous rendez compte que le budget arrive fin janvier, puisque c'est le budget qui est repris du Sénat. Ce n'est pas un nouveau budget qui est refait, pour que tout le monde comprenne bien ce que je suis en train de dire. Ce qui veut dire que, de nouveau, le budget va devoir être passé par 49-3. Ça veut dire que vous avez un gouvernement qui va tenir, soit jusqu'à la fin de cette semaine, la motion de censure, soit peut-être deux semaines supplémentaires. Rendez-vous compte que nous sommes dans un moment où nous avons un gouvernement qui nous fait perdre du temps. Donc suspension... Il y a une majorité à l'Assemblée nationale et dans le pays pour abroger la retraite à 64 ans.
Donc ce serait une mauvaise nouvelle demain pour vous que François Bayrou annonce la suspension de la réforme des retraites.
Mais ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas ce pour quoi les gens ont voté. Je vais vous dire, le 8 juin 2023, nous avons fait une promesse, tous ensemble, avec le groupe communiste, le groupe écologiste, le groupe socialiste et le groupe insoumis. Et cette promesse était de tout faire, par tous les moyens que nous avions institutionnels pour abroger la réforme des retraites. Eh bien nous continuons à tenir cette promesse et nous continuons à ne pas trahir la parole qui a été faite aux électeurs et aux électrices.
La gauche du tout ou rien, c'est la gauche du rien, dit Olivier Faure. Vous êtes la gauche du rien ?
Oui, je crains qu'à la fin, ce soit les socialistes qui vont dans ces différentes négociations qui n'aient absolument rien. Donc nous, encore une fois, nous n'en pouvons plus d'avoir des élections qui se tiennent il y a juste 6 mois, sur lesquelles nous nous engageons sur des promesses et qui ne sont ensuite pas tenues. Je vais vous dire, il y a un risque de dégoût de la politique des gens. Et comme je le dis souvent, quand les dégoûtés partent de la politique, il ne reste que les dégoûtants. Et ce que nous faisons, c'est que nous ne voulons pas laisser les dégoûtants décider pour nous. Ce que le peuple français veut, c'est pouvoir reprendre la main sur son avenir.
Les dégoûtants, c'est qui ?
C'est Olivier Faure qui va discuter ? Je vais vous dire. Attendez, attendez. Les dégoûtants, ce sont qui ? C'est selon les socialistes ?
Non, ça s'appelle Emmanuel Macron, ça s'appelle M. Bayrou, M. Barnier, tous ceux qui sont en train de nier la souveraineté du peuple. Et à la fin...
Le Premier ministre et le Président, les dégoûtants...
En République, seul... Vous comprenez la formule que je suis en train de dire ? Dégouter des gens, vous comprenez ce que ça veut dire ? Oui, ils dégoûtent des gens de la politique. Ça ne vous inquiète pas, vous, qu'il y ait de plus en plus d'abstentions dans ce pays ? Bien moi, ça m'inquiète. Vous les trouvez dégoûtants de la politique ? Ça s'appelle une formule. D'accord. Et est-ce que vos amis socialistes, vous les associent à cela ? Je vais vous dire. Mais ce n'est pas ça la question. Moi, je leur dis de revenir à la raison, de revenir au programme sur lequel ils ont été élus. Je vais vous dire.
Au moment où le gouvernement Bayrou va tomber, parce que ce gouvernement va tomber, soit cette semaine, soit dans deux semaines. C'est à peu près ça l'horizon qui lui est donné.
Sauf si les socialistes ne votent pas votre motion de censure.
On verra, mais ils n'ont rien obtenu. Donc je ne crois pas à un seul instant que la motion de censure...
On verra demain si François Bayrou prononce un autre mot.
Bon, quand ce gouvernement tombera, nous serons déjà à la deuxième censure. Gouvernement Barnier, gouvernement Bayrou. Celui qui est responsable du chaos et du blocage dans notre pays s'appelle le président de la République, s'appelle Emmanuel Macron. Et tout le monde comprend qu'aujourd'hui, la France a un problème, et que ce problème s'appelle Emmanuel Macron. Et donc arrivera le moment où, quand vous avez un blocage comme cela dans un pays, la seule solution que je connais spacifique pour sortir par le haut d'une situation de crise dans laquelle le président a enfermé le pays s'appelle les élections.
Et donc Emmanuel Macron va devoir partir et laisser le peuple français trancher par les urnes quelle grande orientation il veut prendre avec une présidentielle anticipée. Ce soir, à nouveau, vous vous appelez à la démission d'Emmanuel Macron ? Évidemment. Évidemment. Regardez, vous avez un président de la République. Je ne sais pas si vous réalisez que le président de la République s'est assis sur le vote des Français et des Françaises du 30 juin et du 7 juillet dernier. Rendez-vous compte qu'il y a eu une mobilisation massive des électeurs et des électrices pour priver l'extrême droite du pouvoir et que nous avons M. Rotaillot qui parle peu ou prou comme Mme Le Pen dans ce gouvernement.
Que les électeurs ont voté massivement pour mettre fin aux politiques de malheur d'Emmanuel Macron et qu'on se retrouve avec une politique macroniste qui continue. Donc tous ceux qui ne voteront pas la censure seront ceux qui permettront à Emmanuel Macron de continuer cette politique. Et je voudrais attirer votre attention sur un dernier point qui me paraît comme un symbole de cette politique. Peut-être avez-vous vu que pendant la pause que nous avons eue en fin d'année a été publiée une étude qui montre que le scorbut revient dans notre pays.
Le scorbut, vous savez, c'est une maladie qui était disparue dans notre pays qui est liée au manque de vitamine C, au manque de produits frais et qui atteint des centaines d'enfants dans ce pays. C'est une maladie politique qui est directement liée à la précarité alimentaire. Voilà l'indignité dans laquelle a placé Emmanuel Macron notre pays et notre peuple.
Donc vous, actuellement, pour être très clair, vous n'avez aucun contact avec des membres du gouvernement, vous ne discutez avec personne.
Non, mais quand on m'a proposé les rendez-vous, je leur ai expliqué que j'attendais qu'ils se présentent devant l'Assemblée nationale.
Quels sont les mots néanmoins que vous attendez demain dans la bouche de François Bayrou lors de sa déclaration de politique générale ?
Eh bien, il y a un scénario dans lequel nous ne censurons pas ce gouvernement.
Lequel ?
Ce scénario, c'est je demande un vote de confiance à l'Assemblée nationale. Voilà. Voilà ce que nous demandons à M. Bayrou de revenir à la démocratie, de retrouver le goût de la démocratie. Et je le dis d'autant plus fermement que nous sommes dans un moment où nous n'avons plus le temps d'attendre. Vous avez vu ce qui se passe à la fois à Mayotte, ce qui se passe en Californie. Nous sommes en train de perdre du temps face au plus grand enjeu du XXIe siècle, c'est-à-dire la crise écologique.
Pour l'instant, il a exclu de demander ce vote de confiance. S'il ne change pas d'avis d'ici demain, est-ce que vous nous confirmez ce soir que vous déposerez une motion de censure ?
Mais évidemment. S'il n'y a pas de vote de confiance, alors nous lui imposerons un vote de défiance. Et ce sera la motion de censure qui sera probablement, dans ce cas-là, présentée jeudi. Est-ce que vous appelez le Rassemblement national
à voter cette motion de censure ?
Non, je n'appelle à rien du tout auprès du Rassemblement national.
Je veux juste dire que je trouve très étonnant que sur l'ensemble des plateaux de télé, on ne parle absolument pas du fait que, par exemple, il y a deux groupes Facebook, ça a été révélé par vos confrères des jours, les jours, qui s'appellent, deux groupes Facebook sur lequel se trouve un, 15 députés, et sur l'autre, un député du Rassemblement national, qui appellent juste à assassiner Emmanuel Macron, à assassiner des migrants, à faire des attentats contre des mosquées, qui disent sur une photo d'une femme voilée, que Hitler a dû se tromper d'ethnie à exterminer, et que personne n'en parle, ce qui montre bien que le Rassemblement national n'a pas changé.
De même, je m'étonne, juste, je termine dessus, que l'amphi de Sciences Po a été renommé par la cocarde syndicat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen, que personne n'en s'en a été ému, alors que lorsqu'il avait été renommé Gaza, en soutien au peuple de Gaza, qui est génocidé, il a été traité pendant trois jours d'affilée.
Ce soir, regardez, en tout cas, s'il y a bien une chose qu'ont montré les déclarations de ces dernières semaines, c'est les tensions croissantes quand même au sein du nouveau Front populaire. Alors, est-ce que ça marque ou pas la fin de ce NFP ? Avant d'en parler avec vous, Mathilde Panot, les images et les déclarations les plus fortes, c'est avec Fanny Regnaud et Simon Terassier.
Que va annoncer François Bayrou sur la réforme des retraites ? C'est son avenir et celui de son gouvernement qui le joue. Ce qui sera le plus important, au fond, ce sont surtout les rendez-vous qui ne sont pas inscrits à l'agenda du Premier ministre et qui pourraient intervenir notamment avec les patrons, les chefs de partis d'opposition de gauche. La position la plus simple déjà, c'est les filles qui sortent des négociations, qui n'attendent rien de ce gouvernement. Est-ce que vous, vous accepteriez de vous mettre autour de la table avec quelqu'un qui vous a menti dix fois ? Nous, de toute manière, on va proposer une motion de censure.
Ce n'est pas parce qu'on est dans l'opposition que l'on refuse toute discussion. Jean-Luc Mélenchon est dans l'injure permanente, dans la provocation et ça devient pénible. Moi, mon sujet, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. Je défends les Françaises et les Français les plus vulnérables qui n'ont pas le luxe d'attendre le grand soir. Ce que je vois, c'est qu'il y a aujourd'hui un parti, celui de Jean-Luc Mélenchon qui fait bande à part. Jean-Luc Mélenchon a fait un pas de côté et qu'il est déjà en train de préparer une élection présidentielle. J'ai déjà terrorisé, moi, qu'il y avait dans le passé des gauches irréconciliables.
En tout cas, il y a une gauche qui est responsable et qui veut gouverner. Ce qui se passe en ce moment va laisser des traces entre le Parti socialiste et la France insoumise.
Mathilde Panot, question simple, réponse simple, est-ce que le nouveau Front populaire est mort ?
Non, je ne crois pas. Le nouveau Front populaire continue puisque le nouveau Front populaire, c'est à la fois un programme et un accord pour des candidatures communes dans les élections. Eh bien, nous verrons cela lors de la motion de censure. J'entends beaucoup que la France insoumise est isolée dans ce que nous sommes en train de faire. Je crois que nous tenons une position cohérente qui est pour le coup comprise sur ce que nous sommes en train de faire et que cette position cohérente est encore une fois ce qui correspond au scrutin de juillet dernier où nous avons tous et toutes été élus pour tourner la page de la Macronie et de son monde de malheurs.
Ça veut dire que vous dites pas pour laisser Emmanuel Macron continuer sa politique.
Ceux qui ne voteront pas votre motion de censure ne feront plus partie du nouveau Front populaire ?
Je crois que ceux qui ne voteront pas la motion de censure pardon, excusez-moi, se mettront de côté par rapport au programme sur lequel ils ont toutes et tous été élus effectivement.
Vous avez un message pour vos alliés ou vos anciens alliés ce soir ?
Je leur dis encore une fois qu'il est possible, vous pouvez avoir des stratégies différentes d'aller dire les choses directement, de ne pas aller les dire. Nous, nous avons choisi une manière de faire de la clarté, de ne pas entraîner une confusion supplémentaire par rapport à ce qui est en train de se passer pour le pays dans un moment très difficile. Mais l'heure de vérité, c'est le moment de cette motion de censure. Donc tous ceux qui ne voteront pas la motion de censure, encore une fois, seront de fait des soutiens du gouvernement Bayrou et de la politique d'Emmanuel Macron.
Et je crois que ce n'est pas l'heure de renforcer Emmanuel Macron, mais au contraire de faire en sorte qu'il s'arrête. Et puis je voudrais juste dire une deuxième chose sur votre reportage. Parce qu'il y a une impression qui est faite avec des petites phrases sur Jean-Luc Mélenchon que nous serions en train de demander une présidentielle anticipée pour que M. Jean-Luc Mélenchon soit le candidat. Bon, ça n'a rien à voir avec ça.
Alors attendez, je vais vous laisser répondre mais je vous arrête juste une seconde. Est-ce que vous confirmez quand même, oui ou non, que la France insoumise est en train de se lancer dans une collègue de signatures, des signatures nécessaires des maires pour se présenter à l'élection présidentielle ? Est-ce que c'est vrai ou est-ce que ce n'est pas vrai ?
Mais bien sûr que c'est vrai. Mais vous savez, nous sommes en train de nous préparer au fait que le président de la République qui a 18% d'opinion positive dans ce pays, qui ne cesse de nous faire honte à l'international. Je parlais tout à l'heure de ce qui était dit sur les pays africains à qui le chef de l'État a dit, les chefs d'État africains ont oublié de nous dire merci, ce qui est d'un colonialisme absurde. Donc vous êtes en train
de collecter les 500 signatures de maires
actuellement ? Oui, mais parce que nous sommes organisés. Je vais vous expliquer. Lorsque vous avez, en cas de départ d'Emmanuel Macron, vous avez entre 20 et 35 jours pour une présidentielle anticipée. Ce qui veut dire que c'est extrêmement court. Et nous, nous voulons gouverner ce pays, non pas pour nous-mêmes, pour avoir le pouvoir, mais parce que nous pensons que nous avons de bonnes solutions et un bon programme à proposer au pays.
Donc Olivier Faure a raison quand il dit que la priorité des Insoumises, ce n'est pas de résoudre les problèmes des Français, mais c'est de préparer la présidentielle ?
Mais si j'étais taquine, je pourrais dire à Olivier Faure que peut-être sa priorité est de garder trois ans de plus de politique macroniste pour le peuple français avec une souffrance immense, plutôt que d'aller à une clarification par le vote. Et encore une fois, ce n'est pas la personne de Jean-Luc Mélenchon qui est en cause dans cette histoire et je vais insister dessus. Nous défendons un principe et ce principe, c'est la démocratie. Parce que tout le monde a l'air de trouver normal qu'on s'assoie et qu'on renie la souveraineté du peuple et ce qui s'est passé lors des élections. Si vous êtes à la fin du projet démocratique, qu'est-ce qui se passe dans un pays ?
Comment vous réglez les différences s'il n'y a plus de démocratie ? Voilà ce qui est en train de se passer actuellement. Il n'y a plus de démocratie en France aujourd'hui ? Quand ? Non. Quand ? Je suis en train d'expliquer quand vous ne respectez plus le résultat des élections, ce qui s'est passé en juillet, comment réglez-vous les différences ? Voilà ce que je suis en train de dire. Donc ce que nous défendons, ce n'est pas, contrairement à ce qui est dit par les uns et les autres, la candidature de Jean-Luc Mélenchon à tout prix, même si je pense qu'il serait excellent comme président et comme candidat, mais c'est un principe et ce principe, c'est la défense de la démocratie.
Vous parlez quand même encore avec les socialistes, les écologistes, les communistes ?
Oui, notamment parce que nous allons demander aux uns et aux autres qui souhaitent co-signer la motion de censure.
Alors on a entendu les phrases effectivement de certains de vos encore partenaires, disons. On ne peut pas dire que Jean-Luc Mélenchon n'ait pas été combattif aussi ces derniers jours. Regardez ces différents tweets ou ces différents processus de position justement sur ces réseaux sociaux. La petite gauche traditionnelle n'a rien à offrir et ces négociateurs sont juste ridicules de servilité. Ça, c'est un message adressé aux écologistes, aux socialistes et aux communistes. Olivier Fort dit vouloir négocier pour abroger non la réforme à 64 ans mais changer de système. Il accepte la négociation sur le système à point stupeur.
Il y a eu plusieurs tweets comme ça qui se sont enchaînés de la part de Jean-Luc Mélenchon. Le PS remplace-t-il les organisations syndicales ? Est-ce qu'on peut discuter avec des partenaires si on passe son temps peut-être pas à les insulter mais à leur cogner dessus ?
Écoutez, là, c'est un point fondamental dont on est en train de parler. Ce n'est pas une insulte que fait Jean-Luc Mélenchon. Il parle de la question de la retraite à point. Je rappelle que la retraite à point, c'est ce qu'Emmanuel Macron avait voulu mettre en place entre 2019 et 2020 et que nous avions réussi à combattre notamment avec une mobilisation très forte de l'ensemble des syndicats et du peuple français.
Ridicule et servile, ce n'est pas particulièrement sympathique.
Oui, enfin, d'accord, vous avez entendu les autres mots qui ont été dits mais là, vous entendez qu'on fait une alerte sur un point qui est précis. Si c'est une suspension de la réforme des retraites comme il disait mal dire quand nous, nous voulons l'abrogation de la retraite à 64 ans fidèle à la promesse que nous avons faite. Si c'est une suspension pour permettre que la retraite à point se mette en place qui est le meilleur moyen de faire baisser les pensions c'est d'ailleurs Fillon qui le disait à l'époque la retraite à point c'est super parce que ça permet de faire baisser les pensions.
Il faut comprendre pour que tout le monde comprenne que la retraite à point vous ne savez pas du coup combien vaudra votre point à la fin de votre retraite donc vous ne savez pas de combien sera votre pension à la fin. Donc c'est la retraite loterie. Eh bien nous ne sommes pas d'accord avec cela. Et je le dis dans le serment que nous avions fait avec la NUPES à l'époque c'était non seulement abrogation de la retraite à 64 ans mais aussi retour à la retraite à 60 ans et nous allons y arriver.
Merci beaucoup Mathilde Panot d'avoir été notre invitée ce soir sur BFM TV.
Mathilde Panot