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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 octobre 2022 17 min

Grève chez TotalEnergies, marche contre la vie chère, vote du budget, hommages à Samuel Paty… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Mathilde Panot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Mathilde Panot, vous marchez avec toute la gauche à 14h à Paris contre la vie chère et l'inaction climatique. Quels critères vous permettent de dire ce soir si cet événement est un succès ?

0:11
Mathilde Panot

Alors c'est déjà un succès parce que nous sommes 25 organisations qui appelons à cette marche et je crois que le nombre d'associations, de syndicalistes, 700 syndicalistes qui appellent à cette marche...

0:21
Présentateur

Pas la CGT, pas la CFDT, enfin pas les centrales principales, je le précise.

0:24
Mathilde Panot

Mais ne vous inquiétez pas qu'il y aura beaucoup de syndicalistes, la preuve c'est cet appel de 700 syndicalistes, de personnalités qui ont appelé à cette marche, dont une de nos fiertés quand même, Annie Ernaud, qui est devenue prix Nobel de littérature pour notre plus grand bonheur. Eh bien je crois que rien que l'appel de cette marche montre que déjà nous avons fait quelque chose qui est assez historique et donc j'espère que nous serons très nombreux et nombreuses à nous retrouver à 14h place de la nation.

0:48
Invité

C'est-à-dire que les chiffres ne comptent pas ? En mars dernier par exemple vous revendiquez 100 000 personnes à Paris lors d'un meeting parisien de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que ça peut être autant ?

0:56
Mathilde Panot

Je pense même que ça peut être plus. Je vous explique pourquoi on a des indicateurs quand même, notamment le nombre de gens qui s'inscrivent dans les bus et donc qui viennent des différents endroits du pays. 80 bus. Aujourd'hui, non, même plus, je crois qu'on est à 120 si je ne me trompe pas. Mais nous avons aujourd'hui plus de personnes qui sont inscrites dans les bus pour venir à cette marche que ce que nous avions lors de la présidentielle qui est quand même un indicateur de la présence et du nombre que nous pourrions être. Et je crois qu'on a vraiment besoin d'avoir un grand rapport de force populaire face à la politique de maltraitance sociale et écologique de ce gouvernement.

1:28
Présentateur

Les services de renseignement attendent plutôt 30 000 personnes et surtout quelques centaines de black blocs ou de casseurs potentiels. Est-ce que c'est une crainte que vous avez d'être débordée en quelque sorte par...

1:39
Mathilde Panot

Non, on l'a toujours dit, on veut des manifestations qui soient non violentes, notamment pour que les familles puissent venir. Nous, on aime les manifestations, on peut venir avec ces enfants, avec les poussettes qui donnent aussi une ambiance festive et déterminée à la marche que nous voulons faire. Je l'ai dit plusieurs fois, ce sont souvent les ordres qui sont donnés à la police et les techniques de maintien de l'ordre qui créent des problèmes dans les manifestations. Bon, la France a été pointée plusieurs fois sur la question du maintien de l'ordre.

Je pense notamment à ce qui s'est passé avec les Gilets jaunes, donc j'ose espérer que cette fois-ci, les ordres seront de faire en sorte que la manifestation se passe bien.

2:13
Présentateur

C'est le même préfet de police, pardon, qu'à l'époque des Gilets jaunes, c'était Didier Lallement, maintenant c'est Laurent Nunez. Il y a un changement dans le rapport que vous avez avec lui ?

2:22
Mathilde Panot

J'ose espérer les organisateurs de la marche l'ont rencontré et en tout cas, on a l'air de ne pas être sur la même technique de brutalité que ce qu'avait M. Lallement dont nous avions demandé maintes fois la démission. Mais vous dites que s'il y a de la casse, c'est la responsabilité de la préfecture ? Écoutez, nous on a souvent reproché à la France de ne pas participer à un groupe en Europe qui est un groupe de réflexion sur les gestions pacifiques de foule. On sait très bien faire, y compris même lorsqu'il y a des personnes qui sont violentes.

Dans beaucoup de pays, on sait très bien faire pour qu'on puisse écarter les personnes violentes sans gazer indistinctement tout le monde, sans matraquer indistinctement tout le monde. Donc si le maintien de l'ordre est bien fait, oui, normalement la police sait faire pour que des manifestations ne soient pas impactées et ne puissent pas aboutir à des drames, comme on l'a vu notamment avec des personnes éborgnées ou des personnes qui perdaient leurs mains, ce qui est quand même la honte dans notre pays.

3:15
Invité

120 bus à fretter, du covoiturage aussi, tout le monde arrive à trouver de l'essence ?

3:19
Mathilde Panot

On espère qu'on puisse arriver de toutes les manières possibles, mais généralement les gens s'organisent, oui, pour pouvoir y arriver.

3:26
Invité

Vous comprenez d'ailleurs que la grève se poursuive, que la CGT continue à appeler à la grève, alors même qu'il y a un accord sur la table, que les deux syndicats majoritaires chez Total Energy le signent et que la direction a fait des propositions, 5 à 7% d'augmentation, ce qui est bien plus que dans tout un tas d'entreprises et notamment dans le service public, l'État là-dessus n'est pas le meilleur employeur en la matière. Non seulement je comprends, mais je salue...

3:49
Mathilde Panot

Vous dites qu'ils doivent continuer ? Je salue le fait que si les grévistes le souhaitent, qu'ils continuent cette grève. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ce pourquoi se battent les grévistes aujourd'hui des raffineries, c'est pour des questions d'augmentation de salaire. Et encore, quand je dis augmentation de salaire, je suis gentille parce que quand vous regardez une inflation à 6, 7, 10%, en fait, ils se battent pour ne pas perdre du salaire.

4:10
Présentateur

On n'est pas à 10% en France, je précise.

4:12
Mathilde Panot

Non, non, pas pour l'instant. Mais je le dis pourquoi ? Parce que vous avez vu que ce mouvement est en train de faire tâche d'huile. Vous avez vu dans le secteur nucléaire, les transporteurs routiers qui annoncent un mouvement mardi et beaucoup d'autres secteurs qui commencent à s'y mettre, la RATP, la SNCF. Si à TotalEnergie, où le patron n'a attendu personne, le PDG, M. Pouyanné, pour s'augmenter de 52% son salaire, c'est-à-dire arriver à 6 millions de rémunérations, soit 312 années de SMIC. Si à Total, ils n'obtiennent pas des augmentations de salaire, qui les obtiendra dans le pays ?

4:43
Invité

Ils les ont 5 à 7% d'augmentation. Oui, mais si la rémunération de Patrick Pouyanné, je vous arrête et comme ça, on peut avancer aussi sur le débat. Il avait renoncé à sa part variable en 2020, il avait baissé son salaire en année de crise, il avait réaugmenté en 2021 et c'est voté par les actionnaires. Est-ce que vous souhaitez, par exemple, que les salariés aient leur mot à dire, quand un patron s'augmente, qu'à l'inverse, comme un patron augmente ses salariés, que les salariés votent les rémunérations des dirigeants ?

5:09
Mathilde Panot

Nous, on souhaite même que la rémunération des dirigeants soit liée à celle des ouvriers. On ne va pas me faire pleurer sur quelqu'un qui gagne 6 millions par an et qui, en plus, refuse des augmentations de salaire aussi fortes. Ils demandent 10%. Ce n'est pas quand même extraordinaire de donner 10% dans une entreprise qui a fait 16 milliards de bénéfices en 6 mois. Donc, je le redis, si les ouvriers de Total n'arrivent pas à obtenir des augmentations de salaire, personne ne les aura dans le pays. Ils se battent pour les autres. Donc, c'est une grève d'intérêt général. Ils se battent pour les autres. Je vais vous alerter sur un fait qui est quand même passé un peu sous les radars.

Moi, j'ai été soutenir des ouvriers d'une raffinerie qui me disaient, nous, avec les fumées qu'on inhale, on a 7 ans d'espérance de vie en moins. Et l'ouvrier me l'a dit comme ça. Ça vaut combien, cette année de vie en moins ? Ça vaut combien ? Je pense que c'est quand même une question qu'il faut se poser. Ils se battent pour les autres ? Bien sûr.

5:55
Invité

Vous souhaitez que les salaires soient augmentés dans d'autres entreprises de 5 à 7% ?

5:59
Mathilde Panot

Si Emmanuel Macron et son gouvernement avaient accepté nos amendements sur la hausse du SMIC et donc la hausse de l'ensemble des salaires dans ce pays en juillet, on n'en serait pas à cette situation de chaos.

6:08
Invité

Le gouvernement dit entreprise par entreprise ou branche par branche ?

6:12
Mathilde Panot

Oui, à la fin, on arrive au seul moyen de faire, c'est-à-dire un rapport de force puisqu'il refuse l'augmentation du SMIC pour l'ensemble des salariés de ce pays. Il y a une grève chez EDF.

6:20
Invité

L'entreprise, bientôt publique, a annoncé que le calendrier de maintenance était notamment retardé. 5 réacteurs qui ouvriront plus tard. Est-ce que c'est raisonnable ? Alors que les Français s'inquiètent, ne savent pas comment ils vont pouvoir passer l'hiver.

6:32
Mathilde Panot

Mais comment faire autrement ? Comment faire autrement lorsque ce gouvernement n'entend rien ni personne ? Je veux dire, des augmentations de salaire, c'est des demandes qu'on fait depuis extrêmement longtemps. Une des revendications de notre marge d'aujourd'hui, c'est justement ces augmentations de salaire qui permettent, et je me permets de vous alerter dessus, de relancer la consommation populaire. On en a besoin impérativement en ce moment. Et quand certains sont en train de se gaver comme jamais, c'est indécent que d'autres soient plongés dans la pauvreté, y compris en travaillant.

6:58
Présentateur

Ça veut dire qu'il fallait quoi ? Une conférence sur les salaires ? Oui, c'est ce que nous demandions. Le RN le demande également.

7:03
Mathilde Panot

Oui, écoutez, ce n'est pas parce que le RN dit qu'il pleut qu'il ne pleut pas. Mais nous, on le demande et on l'a demandé à l'Assemblée. Et je rappelle juste que le Rassemblement National a voté contre l'augmentation du SMIC avec les Macronis. Donc c'est bien qu'ils demandent des choses, c'est mieux de faire les actes avec.

7:17
Présentateur

Mathilde Pano, présidente du groupe France Insoumise à l'Assemblée, invité du 8.30. On s'interrompt juste le temps du fil d'info. 8h40, voici Diane Ferschit. La première ministre Elisabeth Borne s'exprimera ce soir à la télévision au sujet de la pénurie de carburant. La situation qui est un petit peu mieux ce matin au niveau national. C'est désormais un peu plus d'une station sur quatre qui manque d'au moins carburant. Alors que cinq sites du groupe Total Energy sont toujours en grève. Une mobilisation conséquente des forces de l'ordre cet après-midi à Paris pour encadrer la marche contre la vie chère et l'inaction climatique organisée par la NUP.

Les services de police craignent la présence de manifestants de l'ultra-gauche. De mille policiers et gendarmes seront déployés. Une jeune femme d'une vingtaine d'années principale suspecte dans l'enquête sur le meurtre d'une adolescente de 12 ans. Son corps a été découvert dans une malle au bas de son immeuble à Paris. Vendredi soir, cinq personnes au total sont en garde à vue. Dans la région russe de Belgorod, région frontalière avec l'Ukraine, au moins onze personnes sont mortes, quinze autres blessés lors d'une fusillade sur un terrain militaire russe. Les autorités russes dénoncent un attentat. France Info

8:21
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info, Néhile à la trousse, Laurent Sénéchal.

8:26
Présentateur

Toujours avec Mathilde Panot, présidente du groupe France Insoumise à l'Assemblée. Vous marcherez donc avec vos partenaires de gauche cet après-midi à Paris. Est-ce que, on parlait tout à l'heure du succès éventuel de cette marche, est-ce que ça va vous permettre aussi peut-être de tourner la page des affaires caténins, etc., qui ont un peu pollué votre débat ?

8:46
Mathilde Panot

En fait, ce n'est pas une question de tourner la page. Nous, contrairement à beaucoup d'autres, et peut-être est-ce pour ça aussi qu'on en parle, nous, nous prenons au sérieux la question des violences sexistes et sexuelles. Nous avons une cellule à la France Insoumise, qui est une cellule qui accompagne et qui écoute les femmes. Elle n'est pas parfaite, mais nous essayons toujours de faire mieux. Donc, ce n'est pas que ça nous permet de tourner la page, puisque c'est quelque chose, les violences sexistes et sexuelles, qui traversent la société, que nous continuons à regarder en face avec sérieux.

Mais je pense que nous sommes dans un moment où des millions de gens dans le pays vont se demander comment est-ce qu'ils vont devoir choisir entre remplir leur frigo, payer leur loyer, payer leur facture d'énergie, ou payer la cantine à leurs enfants. Et donc, que c'est important face à l'offensive que mène Emmanuel Macron, qu'il y ait une réponse forte et qui emporte dedans aussi, y compris les droits des femmes, évidemment.

9:40
Présentateur

Ma question s'adresse aussi indirectement à Jean-Luc Mélenchon, en quelque sorte, parce que c'est lui qui est revenu sur cette affaire à chaque fois. Est-ce que vous lui dites aussi à Jean-Luc Mélenchon ? Parlons d'autre chose maintenant.

9:49
Mathilde Panot

Eh bien, c'est notamment Jean-Luc Mélenchon qui avait proposé cette marche, même si cette marche appartient maintenant à l'ensemble des organisations qui y appellent, et même au peuple. Donc non, je ne pense pas que Jean-Luc Mélenchon parle que de ça. Et d'ailleurs, j'aimerais bien qu'on écoute Jean-Luc Mélenchon aussi sur ce qu'il demande depuis des mois, par exemple, le blocage des prix à la baisse, qui permettrait de retrouver de l'air pour des millions de personnes, l'augmentation des salaires, la taxe sur les super profits, et oui, mais qui n'a amené à aucun débat, et qui, aujourd'hui, restent des sujets qui sont toujours sur la table.

10:20
Invité

J'imagine, feront partie du contre-budget que vous présenterez avec la France Info mise à l'Assemblée nationale. Reprise des débats lundi, justement, sur le budget. Plusieurs amendements adoptés jusqu'ici contre l'avis du gouvernement. Une exit taxe pour les chefs d'entreprise qui quittent la France. Un autre amendement pour taxer les surdividendes. Et des débats à venir, a priori lundi, sur le rétablissement de l'ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune, et sur une taxe sur les super profits. Bon, si tout ça est adopté, vous votez le budget.

10:46
Mathilde Panot

Bon, je ne suis pas sûre, parce qu'il reste quand même des mesures austéritaires, mais c'est intéressant, ce qu'on gagne. D'abord, c'est intéressant, parce que ça montre un état de la Macronie façon puzzle. Vous avez, sur la question des super dividendes ou de l'exic taxe, des députés Renaissance qui l'ont voté, et ça a été proposé souvent par des alliés.

11:03
Présentateur

C'est un député Modem, par exemple, qui a proposé la taxe sur les super profits.

11:06
Mathilde Panot

Exactement, sur les super dividendes. Voilà. Donc, qui sont des alliés, normalement, des macronistes. Donc, ça montre quand même, bon, le fait qu'ils sont complètement divisés sur cette question-là, et qu'ils ont un problème sur cette question. Mais alors, pourquoi il n'y a pas de majorité pour voter le budget ? Deuxième chose, sur l'ISF, on verra si on en discute lundi. Il se trouve que la Première Ministre va parler dimanche, ça ne vous a pas échappé. Ce soir, oui. Dimanche aujourd'hui. C'est aujourd'hui. Et qu'elle brandit la menace depuis plusieurs semaines d'un 49-3.

Et ce qui s'est passé à l'Assemblée vendredi soir me fait penser que peut-être nous n'en discuterons pas et qu'ils ne veulent pas, justement, qu'on gagne sur cette question.

11:41
Présentateur

C'est-à-dire ?

11:41
Mathilde Panot

Que s'est-il passé vendredi soir ? Des débats qui se prolongent ? Il y avait l'amendement qui allait arriver sur l'impôt de solidarité sur la fortune. Il se trouve que d'un coup, dans les 20 dernières minutes de séance, il y a deux suspensions de séance qui sont demandées par les macronistes et ensuite des explications extrêmement longues du ministre qui avait en quelque sorte... On avait un peu l'impression qu'il gagnait du temps. J'ai demandé un prolongé des débats pour pouvoir terminer un article, ce qui se fait assez régulièrement, d'autant plus lorsqu'on veut avancer sur un texte. Ça m'a été refusé.

Notamment parce que je pense qu'il craignait que nous rétablissions l'impôt de solidarité sur la fortune.

12:22
Invité

C'est-à-dire que le gouvernement ne veut pas que l'ISF soit rétabli et qu'il ait à réécrire un texte à présenter en 49.3 dans lequel il resupprime, en quelque sorte, symboliquement, cet impôt de solidarité sur la fortune.

12:31
Mathilde Panot

C'est le symbole de leur politique pour les riches.

12:33
Invité

Cela dit, le gouvernement n'a pas d'autre choix que d'aller vers le 49.3 puisque vous nous dites qu'en l'état du texte, ça reste un budget austéritaire, vous ne le votez pas. Hier, Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée RN, ne le vote pas non plus. Donc il n'y a pas de majorité pour faire voter ce budget, même amendé par les oppositions. Le gouvernement n'a de toute façon pas d'autre choix que de proposer un autre texte, via le 49.3, pour essayer de le faire adopter.

12:55
Mathilde Panot

Si, par exemple, avec les LR, ils s'étaient entendus ou s'ils avaient pris des amendements des uns et des autres au lieu de faire comme d'habitude, c'est-à-dire de passer en force de manière extrêmement autoritaire... Dites quoi ? Les débats ont lieu, mais ils ne vous écoutent pas. Il y aurait pu avoir autre chose. En fait, quel est le problème ? Le problème, c'est que la Macronie fait toujours comme si elle était majoritaire absolue à l'Assemblée nationale, qui continuent à n'écouter ni rien ni personne, eh bien, ça ne fonctionne plus.

Et notamment, le vote des Français et des Françaises a été de donner cette Assemblée nationale qui leur supprime cette majorité et qui leur enlève, en fait, la confiance dans le programme présidentiel qu'ils portaient. Donc, ils doivent acter le résultat des élections et faire en sorte qu'on ne gouverne pas ce pays à coup de 49.3.

13:39
Invité

Il n'y a pas de majorité alternative à ce stade, donc le 49.3...

13:41
Mathilde Panot

Non, il n'y a pas de majorité alternative à ce stade, mais c'est à eux qu'ils doivent s'en prendre, à eux-mêmes.

13:47
Invité

Jean-Luc Mélenchon lance un défi ce matin à Emmanuel Macron, en quelque sorte, dans les colonnes de Ouest-France. Qu'est-ce qui le retient de dissoudre, dit-il ? Vous voulez la dissolution de l'Assemblée ? C'est ce que vous jouez.

13:57
Mathilde Panot

Ce n'est pas ce qu'on veut, mais à un moment, quand on se retrouve dans une impasse, on ne va pas avoir 49.3 sur le budget, 49.3 sur le budget de la Sécurité sociale, qui est le plus gros budget français quand même, je le rappelle, 49.3 sur les retraites sur lesquelles réformes des retraites, sur lesquelles 8 Français sur 10 sont opposés. On ne va pas avoir des 49.3 et des passages en force à tout va. À un moment, lorsqu'on est dans une impasse, moi j'avais dit, le temps politique est devenu un compte à rebours de la dissolution. Lorsqu'on est dans une impasse, la seule solution, c'est de revenir devant les électeurs et les électrices.

14:29
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, il annonce toujours dans Ouest-France que dès demain, les dirigeurs de la NUP discuteront de la suite de la marche de cet après-midi. C'est quoi la suite ? Est-ce que par exemple, vous pourriez venir soutenir le mouvement de grève interprofessionnelle d'après-demain ?

14:42
Mathilde Panot

Ça, évidemment, on ira le soutenir.

14:45
Présentateur

Vous marcherez aussi après-demain ?

14:46
Mathilde Panot

Oui, mais comme on le fait à chaque fois, vous nous avez vu le 22, le 29, nous étions à chaque fois à ces marches organisées par les syndicats. Je pense que c'est important.

Nous, ce qu'on va proposer pour la suite, alors on va en discuter, donc je ne peux pas vous dire maintenant, mais nous, on prend une place qui est une place, je crois, importante, qui est celle de dire notamment, il faut aussi organiser des choses le week-end pour celles et ceux qui ne peuvent pas faire grève, pour tous ceux qui ne peuvent pas s'absenter la semaine, notamment parce qu'ils sont étudiants ou pour plein d'autres raisons, et donc qui permettent d'avoir des temps de mobilisation qui sont importants, justement, lors de ces week-ends.

15:21
Présentateur

On dirait que vous répondez presque à Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, qui a été écouté sur ce plateau avant-hier.

15:30
Invité

Ça n'a rien à voir. Vous avez remarqué que les slogans ne sont pas tout à fait les mêmes. Nous, ce n'est pas contre la vie chère, c'est pour l'augmentation des salaires. Cette nuance, elle est importante. Augmenter les salaires, ce n'est pas la même chose que la lutte contre la vie chère. Le gouvernement, avec son texte sur le pouvoir d'achat, prétendait lutter contre la vie chère aussi.

15:46
Présentateur

Philippe Martinez, voilà, qui trouve qu'il n'y a aucun rapport, donc ça n'a rien à voir, il le dit quatre fois, entre cette marche de cet après-midi et sa grève d'après-demain.

15:53
Mathilde Panot

— Pourtant, l'augmentation des salaires fait partie des revendications de la marche aujourd'hui. Et puis je pense que cette marche d'aujourd'hui et le mouvement qui en a mis en commun ont un profond dégoût contre la politique des riches. Et surtout, on tient un fil de l'histoire, parce que comme en 1947, nous allons dire « Union populaire contre la vie chère », comme en 1973, nous allons dire « Abat l'inflation, effrayer les patrons ».

16:17
Invité

Mathilde Panot, en sortant de ce studio, vous irez à Paris, Square Samuel Paty, pour un dépôt de gerbe en hommage à Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie assassiné il y a deux ans, pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Il y a eu une montée en puissance des signalements pour portes de tenues religieuses à l'école, et votre collègue Éric Ciotti à l'Assemblée propose, par une loi, d'interdire les vêtements religieux à l'école. Est-ce que votre groupe a la moindre chance de voter cette loi ?

16:42
Mathilde Panot

Non, en fait, bon, je pense qu'on fait un hommage à Samuel Paty, parce qu'il faut ne rien oublier, ne rien céder sur la question des libertés, et rappeler toujours inlassablement que les professeurs dans son pays sont ceux qui œuvrent pour l'émancipation, notamment des plus jeunes de notre pays. Mais je pense qu'une des choses qu'on ne doit jamais rien céder aux actes terroristes, c'est la question de la division. Et donc, je ne pense pas que ce soit les propositions de M. Sotti, qui régleront des questions. Donc, nous devons travailler à l'unité du pays. Voilà ce que nous voulons.

17:12
Présentateur

La loi actuelle suffit, c'est ce que vous dites, la loi de 2004 notamment. Merci beaucoup Mathilde Panot, présidente du groupe France Insoumise à l'Assemblée, invitée du 8.30.