#Direct 🔴 Macron sur Gaza : des paroles fortes, et après ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 23 %Attaque 54 %Défensif 24 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:40OuverteRéponse directe
Votre avis sur le discours d'Emmanuel Macron devant l'Assemblée générale des Nations Unies ?
- 5:43OuverteRéponse directe
Quel mot vous choisissez pour qualifier le discours du président français ?
- 7:27OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a dit que le Hamas n'est pas actif en Cisjordanie. Est-ce une erreur ?
- 8:51OuverteRéponse directe
Quelle est la place du Hamas en Cisjordanie ?
- 9:54OuverteRéponse directe
Quelle est la stratégie des colons palestiniens et leur soutien par le gouvernement Netanyahou ?
- 10:48OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a beaucoup de colons israéliens qui sont visés ou tués par des Palestiniens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32PrésentateurChiffre
« les frappes israéliennes y ont fait près de 1400 morts en un an »
- 2:09InvitéFait
« Mais quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? »
- 2:45PrésentateurFait
« Le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie. »
- 3:30InvitéPromesse
« Pour le 28 novembre 2026 pour les élections législatives et pour le premier trimestre 2027 pour les élections présidentielles, elles doivent impérativement se tenir. »
- 7:30InvitéFait
« Oui, factuellement, c'est une erreur, une erreur que je déplore, parce qu'il était évident, dès l'origine, que la rhétorique pro-Netanyahou allait s'engouffrer dans cette brèche. »
- 8:25InvitéFait
« En revanche, ce qui est parfaitement clair, et que personne ne conteste, c'est que vous avez des cellules du Hamas, un réseau de sympathisants et de militants, cellules qui sont actives et qui s'en prennent à des civils et à des militaires. »
- 10:37InvitéChiffre
« Pour l'année 2026, on recense déjà 275 communautés palestiniennes qui ont été affectées. On recense à peu près 7 attaques par jour en Cisjordanie. »
- 11:24InvitéChiffre
« Je crois que la proportion, c'est que 95% des Palestiniens voient leur demande rejetée, quand plus de 70% des Israéliens voient leur demande approuvée. »
- 26:04PrésentateurChiffre
« près de 1 400 morts, 4 822 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza, ce qui porte depuis octobre 2023 le nombre de morts à près de 74 000 »
- 26:36InvitéPromesse
« Nous allons certainement apprendre quelques éléments, mais nous faisons tout pour atteindre notre objectif, désarmer le Hamas et démilitariser Gaza. »
- 30:52InvitéChiffre
« 84% des infrastructures de la bande de Gaza ont été détruites ou endommagées. Vous avez 2000 immeubles qui sont en phase d'effondrement imminent. »
- 32:33PrésentateurChiffre
« 21 000 camions d'aide humanitaire ont été acheminés »
- 34:22PrésentateurChiffre
« le programme alimentaire mondial des Nations Unies, dans les six mois à venir, a besoin de 386 millions de dollars supplémentaires pour poursuivre son action à Gaza. »
- 38:33InvitéFait
« auront été les faux soyeurs de la partie, je dirais, humaniste des idéaux du sionisme originel. »
- 38:42InvitéFait
« par le mensonge qui est devenu la norme de la communication politique de Netanyahou »
- 38:45InvitéFait
« par la corruption »
- 39:13InvitéFait
« il parle de la langue que comprennent les organisations terroristes, djihadistes à Gaza comme au Liban »
- 39:17InvitéFait
« c'est aussi une langue que nous parlons, évacuer la population, détruire les infrastructures et prendre le territoire. »
- 40:13InvitéFait
« Il n'y a pas meilleur moyen pour le peuple palestinien d'empêcher l'annexion, de se débarrasser du Hamas et d'accéder à l'autodétermination que celui-ci, le bulletin de vote. »
- 40:22InvitéFait
« Un bulletin de vote est plus fort qu'une balle et le peuple palestinien a le droit de s'exprimer et de voter. »
- 42:10InvitéFait
« ces déclarations je les trouve caricaturales parce que c'est aussi une façon de se dédouaner »
- 42:22InvitéFait
« une population aille exercer son droit de vote quand les familles en réalité n'ont pas trois repas par jour, voire ne mangent pas un jour sur deux »
- 45:08InvitéFait
« Je n'ai aucune porosité avec le RN et l'UDR pour moi c'est une ligne rouge qui est infranchissable »
- 45:20InvitéFait
« aujourd'hui je conduis une liste en dehors de l'UDR et du RN »
- 51:40InvitéFait
« Michel Debré dit bien que le Sénat est là pour contrebalancer l'Assemblée nationale mais il le pense aussi comme plutôt un allié du gouvernement et du président de la République »
- 52:11InvitéFait
« sur la réforme des retraites on a vu des accords tentés de se faire sur le budget on a vu des discussions sur l'immigration en essayant de s'attirer les faveurs de la majorité de la droite et du centre »
- 1:10:45PrésentateurFait
« Le Sénat a bloqué le vote des femmes alors que l'Assemblée nationale avait voté pour. »
- 1:18:04InvitéFait
« McKinsey n'avait payé aucun impôt sur les sociétés en France. »
Temps de parole
- Présentateur52 %
- Invité12 %
- Invité 211 %
- Invité 39 %
- Invité 49 %
- ?3 %
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Bonjour,
bonjour à toutes et à tous. Bienvenue.
C
'est Sens Public, votre rendez-vous quotidien de débats, chroniques et reportages. 90 minutes, deux grands thèmes seulement pour donner à nos experts le temps de donner du sens à l'actualité. Et voici le sommaire de ce 23 septembre. Pour son dernier discours devant l'Assemblée Générale des Nations Unies, Emmanuel Macron a dénoncé l'action du gouvernement Netanyahou à Gaza en fustigeant, je cite, un spectacle qui nous fait honte à tous. Comment parler d'un cessez-le-feu quand les frappes israéliennes y ont fait près de 1400 morts en un an ? L'aide humanitaire peut-elle être distribuée sur place
?
Qui a le pouvoir à Gaza ? Le président français s'est-il trompé en disant que le Hamas n'est pas actif en Cisjordanie ? On répond à toutes ces questions dans une minute. Et puis dans la seconde partie de ce Sens Public, à quatre jours des élections sénatoriales, c'est un gros plan sur les pouvoirs de la Chambre haute que je vous propose.
Que
serait notre démocratie
sans
le bicamérisme,
sans
une deuxième Chambre qui ne procède pas de l'élection présidentielle,
sans
ce contre-pouvoir institutionnel
? Il
y a le vote de la loi, mais il y a aussi et peut-être surtout les commissions d'enquête qui ont rythmé les deux quinquennats d'Emmanuel Macron. Affaire Benalla, cabinet de conseil, aide aux entreprises, à quoi ont-elles servi, ont-elles abouti ? A des réformes législatives ou à des condamnations judiciaires ?
On
part à la découverte de ce contre-pouvoir sénatorial dans trois quarts d'heure. Et comme tous les jours, n'hésitez pas à participer à l'émission en scannant, en flashant ce QR code. Je poserai vos questions à nos invités. On commence par cette tribune de l'ONU, choisie par le président de la République pour attaquer la politique de Benyamin Netanyahou. Jérôme Rabier.
Un
an, jour pour jour, après la reconnaissance de l'état de Palestine par la France à l'ONU, Emmanuel Macron repart à l'offensive sur le dossier israélo-palestinien. La première charge du président français concerne la bande de Gaza, quasiment coupée du monde depuis octobre 2023.
Mais quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? Certains sont flats d'une paix
prétendue.
Mais
cette paix n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires. Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous
?
Jamais.
Un
appel à ouvrir plus largement l'aide humanitaire dans l'enclave palestinienne, suivi d'une vive critique de la politique israélienne en Cisjordanie.
Où
chaque jour des violations
sont
faites
au
nom de quoi
? Le
Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie.
C
'est
construire chaque jour l'impossibilité d'un projet
qui
est le respect des droits légitimes du peuple palestinien.
Des propos immédiatement dénoncés par le bureau du premier ministre israélien dans un message sur X.
L
'absurdité grotesque de la déclaration d'Emmanuel Macron est stupéfiante. Les terroristes du Hamas mènent des attaques contre les juifs presque tous les jours. Ils ont assassiné d'innombrables civils israéliens en Jude et Samarie. L'ignorance n'est pas une excuse pour effacer leur sang.
Jean-Noël Barraud a repris aujourd'hui un ton plus diplomatique rappelant qu'Israéliens et Palestiniens doivent tenir leurs engagements, notamment en matière de démocratie côté autorité palestinienne.
Pour le 28 novembre 2026 pour les élections législatives et pour le premier trimestre 2027 pour les élections présidentielles, elles doivent impérativement se tenir. C'est une manière pour le peuple palestinien d'exprimer son aspiration légitime à l'autodétermination.
La
réponse de Benyamin Netanyahou au propos d'Emmanuel Macron pourrait intervenir aujourd'hui dans la soirée pour sa prise de parole à la tribune de l'ONU.
Emmanuel
Macron sur Gaza, des paroles fortes. Et après, voilà le titre de notre débat.
J
'accueille Julia Grignon. Bonsoir, bienvenue. Vous êtes professeur à
l
'Université Paris-Panthéon-Assas, président de la Commission nationale de mise en œuvre du droit international humanitaire. Karim-Emile Bittard, bonsoir. Bienvenue. A vous aussi, vous êtes professeur de sciences politiques
à
Sciences Po Paris, à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, spécialiste du Proche et du Moyen-Orient. Vincent Hugeux, bonsoir. Bonsoir, bienvenue. Grand reporter, essayiste, enseignant à Sciences Po. Et vous publiez
«
Les fer et le feu, histoire raisonnée de l'esclavage » aux éditions Perrin. Et j'accueille Tam Tranuil. Bonsoir, Tam.
Bonsoir,
Thomas. Directrice adjointe de la formation de Public Sénat. Éditorialiste pour sens public. Question très générale. Votre avis sur le discours d'Emmanuel Macron devant l'Assemblée générale des Nations Unies, Julia Grignot. Est-ce qu'il a su trouver les mots
? Alors,
les mots sont forts. Oui, il y a certains mots qu'on peut retenir. La honte, par exemple. En revanche, au-delà des mots, ce qu'on recherche, c'est les actes. C'est très bien, un an après avoir emmené une reconnaissance de plusieurs États, de l'État palestinien. En revanche, ce qu'on constate ensuite sur le terrain, c'est qu'est-ce qu'on peut reconnaître aujourd'hui, à part des ruines, d'un côté, à Gaza, et de l'autre côté, un morcellement, un grignotement du territoire, notamment en raison de l'expansion des colonies. Par ailleurs, je retiens aussi le mot « spectacle ». Celui-là, je ne
le
trouve pas très bien choisi, parce que je ne crois pas que ce soit un spectacle auquel on assiste, en tout cas depuis la riposte 7 octobre 2023, mais c'est une catastrophe humanitaire, comme rarement on en a connu.
On
y viendra, on fera un focus sur le déploiement ou le non-déploiement, d'ailleurs, de l'aide humanitaire, ou en tout cas le déploiement freiné de l'aide humanitaire à Gaza. Carmine Bittard, comment vous le qualifiez ? Quel mot vous choisissez, vous, pour qualifier le discours du président français ? Alors, c'est un discours de très belle facture, en tant que discours.
Il
s'inscrit dans la tradition diplomatique française, la tradition gaulo-mitterrandienne. De temps en temps, on élève le ton, on montre qu'on est une voix dissonante parmi les pays occidentaux. Mais, je rejoins ce qui a été dit, on a l'impression qu'Emmanuel Macron se sert des seules armes qui lui restent, cette magie du verbe, ce magistère de la parole, la fonction tribunicienne, comme on dit en sciences politiques, pour cacher son impuissance sur son incapacité à conduire Israël à changer de politique. Il a en effet eu des mots très justes et très forts. Le monde est en train de devenir régi par une loi de la jungle. On va vers une sorte de barbarie généralisée.
Il s'est inscrit donc en contrepoids au discours de Donald Trump. Mais le drame, c'est que le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui est plutôt un monde régi par cette loi de la jungle, et plutôt celui de Trump que celui d'Emmanuel Macron. Donc, c'est formidable que la France fasse encore entendre cette boussole morale, la voix du droit international, etc. Mais ce discours peut être perçu comme tout aussi décalé que celui de Trump, précisément parce qu'il n'est pas suivi d'action. On pourrait dire à Emmanuel Macron, ton diagnostic est parfait, qu'en est-il des sanctions ? Qu'en est-il du consulat à Tel Aviv qui continue de servir des colons en Cisjordanie ?
Donc, tant qu'on n'a pas le courage d'aller au bout, ça restera un peu comme les discours de Barack Obama, de très beaux discours qui ne sont pas sur le terrain, qui ne trouvent aucun écho sur le terrain. – Emmanuel Macron a dit que le Hamas n'est pas actif en Cisjordanie. Là aussi, on s'appuie vraiment sur le
verbatim. Est-ce que c'est une erreur, Vincent ? – Oui, factuellement, c'est une erreur, une erreur que je déplore, parce qu'il était évident, dès l'origine, que la rhétorique pro-Netanyahou allait s'engouffrer dans cette brèche. C'est un couac malheureux, parce que je trouve pour le reste que l'argumentaire était implacable. Bon, il avait une vigueur testamentaire, on en a tous conscience. – Oui, c'est son dernier
discours du chef d
'État à l'Oigny. – Le constat était d'une fermeté absolue. Dans la tradition qui vient d'être rappelée. Je le déplore, parce que je serais quand même très surpris que les experts de la NMO, la direction Afrique du Nord-Moyen-Orient du Quai d'Orsay, n'aient pas préparé une fiche qui explique que, si, le Hamas est actif en Cisjordanie. Alors certes, il ne l'administre pas. Il n'est pas comme à Gaza, en théorie, porté par les urnes, on sait dans quelles circonstances, chargé de gérer le territoire.
En revanche, ce qui est parfaitement clair, et que personne ne conteste, c'est que vous avez des cellules du Hamas, un réseau de sympathisants et de militants, cellules qui sont actives et qui s'en prennent à des civils et à des militaires. D'ailleurs, il y a 48 heures, un citoyen israélo-français qui s'appelle Nathalie Choukron a été assassiné. Alors évidemment, Israël affirme que c'est par un militant du Hamas, qui d'ailleurs a été arrêté dans un hôpital de El Biré. Est-ce la vérité ? Je n'en sais rien. Mais il est dommage que, en quelque sorte, ce couac-là fragilise la force de l'édifice rhétorique qui a été le sien.
Alors votre avis peut-être, Karim El-Bittar, sur effectivement la place, la forme que le Hamas peut prendre en Cisjordanie ? Alors le triste paradoxe, c'est que lorsque vous regardez les sondages d'opinion, le Hamas est plus populaire en Cisjordanie qu'il ne l'est à Gaza. Et au-delà des diplomates de la direction ANMO, tous les téléspectateurs de la série israélienne Fouda savent qu'il y a en effet une certaine action du Hamas en Cisjordanie. Mais ce qu'Emmanuel Macron voulait dire dans son discours, c'est tout simplement qu'Israël ne peut pas prétendre là-bas, où il y a quand même une autorité palestinienne qui coopère et qui va au-delà d'une simple coopération avec Israël.
Certains palestiniens la perçoivent comme une autorité plutôt supplétive des forces israéliennes. On ne peut pas prétendre qu'on est en lutte contre le Hamas et contre le Hezbollah. On est dans une logique d'épuration ethnique. Ce terme est employé par Alain Finkielkraut, par beaucoup d'autres. Ce n'est plus quelque chose de controversé. Donc il y a un processus, une annexation de facto de la Cisjordanie. On ne peut pas mettre ça sur le dos du Hamas, quand bien même il aurait, cela est vrai, une présence en Cisjordanie. Julia Grignon, quelle est la stratégie des colons palestiniens ?
Et
peut-être au-delà de ça, comment ils sont soutenus par le gouvernement Netanyahou, par l'armée peut-être aussi ?
Alors leur stratégie, en fait, c
'est
de grignoter le plus possible de territoire, soit en s'établissant sur certaines portions du territoire, soit en chassant les personnes qui s'y trouvent, donc des Palestiniens. C'est effectivement la définition de ce qu'est une épuration ethnique,
c
'est-à-dire de nettoyer un territoire de sa population pour pouvoir s'y installer. Et concrètement, comment ils s
'y
prennent ? Eh bien, notamment en menant des attaques au moment, par exemple, de la récolte des olives. Là, il y a eu un très grand nombre, des milliers d'attaques et des arbres qui ont été arrachés au moment de la récolte des olives. Et puis c'est aussi des attaques quotidiennes contre les Palestiniens. Pour l'année 2026, on recense déjà 275 communautés palestiniennes qui ont été affectées. On recense à peu près 7 attaques par jour en Cisjordanie.
Et
est-ce qu'il
y a
beaucoup de colons israéliens qui, effectivement, sont visés, parfois tués par... Alors,
il
y a des affrontements, mais dans le rapport de force, pour le coup, c'est les colons israéliens qui dominent. Et pour répondre à votre question sur le volet juridique, en réalité, ils sont soutenus par les autorités israéliennes parce qu'il y a des lois discriminatoires qui favorisent l'établissement des colonies. Tout ça, évidemment, en parfaite contradiction avec le droit international. Mais pour vous donner un exemple, pour obtenir des permis de résidence, par exemple, à Jérusalem-Est, les Palestiniens sont considérés comme des étrangers, doivent obtenir des permis de résidence pour s'établir, qu'ils ont beaucoup de difficultés à obtenir.
Je crois que la proportion, c'est que 95% des Palestiniens voient leur demande rejetée, quand plus de 70% des Israéliens voient leur demande approuvée. De la même manière,
il
y
a
des démolitions de certaines habitations, au prétexte que ces habitations n'auraient pas été construites selon la réglementation, sauf que pour les Palestiniens, c'est impossible d'accéder à la propriété dans le territoire.
Vincent Hugeux, pour bien comprendre comment la société israélienne a évolué depuis, je ne
sais
pas, peut-être une dizaine ou une quinzaine d'années, il y a l'attitude de l'armée. C
'est intéressant de
témoigner de ça. Oui, ça illustre parfaitement le glissement funeste des paradigmes locaux. J'ai eu le doute au privilège de couvrir le conflit israélo-palestinien pendant une quinzaine d'années pour la donnée de l'Express.
Je
suis allé des dizaines de fois. Et j'ai eu des conversations interminables avec des jeunes conscrits appelés militaires de Tzahal qui me disaient à quel point ils étaient exaspérés de devoir couvrir les initiatives pourtant moins criminelles à l'époque qu'aujourd'hui de colons qui allaient planter leur caravane, etc. En dépit non seulement du droit international, mais de la loi israélienne au passage.
Eh bien, depuis, le travail d'infiltration méthodique, systématique qui a été mené par les milieux à la fois ultra-nationalistes et, pour certains d'entre eux, fascisants et ultra-orthodoxes a fait que même la hiérarchie militaire a été contaminée et qu'aujourd'hui, dans le meilleur des cas, les militaires regardent ailleurs lorsque ces exactions infâmes sont conduites et parfois même ils sont complices. J'ajoute un autre élément, puisqu'on se prévaut beaucoup en Israël du respect du droit, que, sauf exception, dont on fait d'ailleurs des gorges chaudes pendant trois semaines là-bas, aucun des meurtriers ou des assassins colons n'a été véritablement traduit en justice. Donc là, il y
a
un déni absolu. Et, dernière remarque, on parlait du processus d'épuration ethnique, identitaire et communautaire. On pourrait aussi parler d'un processus colonial à une danse près, pour avoir beaucoup travaillé sur les phénomènes de colonisation en Afrique et au Moyen-Orient, et notamment la colonisation française. Il y avait au moins une prétention chémérique à apporter quelque chose de l'ordre de la civilisation. Là, c'est un travail de décivilisation, c'est-à-dire de déni du droit à exister de l'autre.
Donc, tout ça conduit, évidemment, à un constat qui est assez désolant et que partagent les éditorialistes israéliens qui restent l'honneur de ce pays et puis les rares intellectuels qui osent s'inscrire en faux. Il y a quelque chose qui est de
l
'ordre d'un naufrage moral, non pas des Israéliens ni, a fortiori, des communautés juives, mais de l'exécutif israélien d'aujourd'hui. Pour moi, c'est absolument imparable.
On se pose dans ce débat la question des paroles présidentielles d'Emmanuel Macron, mais surtout des actes. Et pour ça, Tam, je me tourne vers vous, parce que ça va être intéressant d'analyser les relations entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou qui n
'ont
peut-être jamais été aussi mauvaises.
Oui, il est loin le temps où Emmanuel Macron exprimait sa solidarité totale à l'égard d'Israël, partageait son deuil, soutenait son droit à se défendre lors de ce voyage dans l'État hébreu deux semaines après les attaques terroristes du 7 octobre 2023, cette époque où il prenait le monde par surprise, rappelez-vous, en proposant que la coalition internationale contre Daesh se mobilise contre l'État islamique pour lutter contre le Hamas. Mais notez qu'à l'époque, déjà, il tentait de préserver une forme de position d'équilibre dans son déplacement et dans ses prises de parole.
Et d'ailleurs, il s'était rendu en Cisjordanie lors de ce voyage.
Un déplacement qui avait déjà des airs de en même temps. À Ramallah, en Cisjordanie occupé,
et
aux côtés du président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, il déclarait alors, je le cite, que rien ne saurait justifier les souffrances des civils à Gaza, à Tel Aviv, à côté de Benjamin Netanyahou. Il avait eu aussi ces phrases qui ne pouvaient guère plaire à Bibi. Un plaidoyer en faveur, je cite, du droit légitime des Palestiniens à disposer d'un territoire et d'un État en paix et en sécurité aux côtés d'Israël. Bref, déjà, la solution à deux États était présente dans son discours. Position qui s'est officialisée véritablement il y a exactement un an à la tribune de l'ONU avec la reconnaissance de l'État de Palestine.
C'était exactement le 22 septembre 2025 avec dix autres pays parmi lesquels de grandes puissances du G7, le Canada et le Royaume-Uni. Et
puis donc, si on revient à ces relations entre Netanyahou et Macron, le ton depuis n'a fait que monter.
Et oui, entre-temps, Emmanuel Macron a multiplié les appels au cessez-le-feu, critiqué à plusieurs reprises la stratégie militaire et l'obstination de Netanyahou. En mars 2024, lors d'un entretien téléphonique, il n'a pas mâché ses mots quand il a mis en garde le Premier ministre israélien contre une offensive israélienne à Rafa. Je le cite, un transfert forcé de population qui constituerait un crime de guerre. Et puis, vous avez cité ces mots lorsqu'hier Emmanuel Macron a fustigé à la tribune de l'ONU un spectacle qui nous fait honte à Gaza. Il a repris les mêmes mots que ceux qu'il employait sur TF1 en mai 2025 en parlant déjà de la situation à Gaza.
Il n'utilisait pas le mot spectacle, mais il disait déjà ce qui est fait, c'est une honte. Et dès le lendemain, d'ailleurs, Benjamin Netanyahou a accusé Emmanuel Macron de se ranger du côté d'une organisation terroriste.
On
peut trouver donc une certaine constance dans les propos d'Emmanuel Macron, mais les actes. Voilà.
Pas de façon très claire en réalité. Alors, vous avez commencé à citer un certain nombre de moments où les actes n'ont pas véritablement suivi les paroles. En novembre 2025, les entreprises, par exemple, israéliennes qui le souhaitaient ont pu participer au salon de la sécurité intérieure Millipol, alors que quelques mois plus tard, changement de braquet, en juin dernier, les entreprises israéliennes se sont vues interdire d'exposer leur système d'armes offensives lors du salon Eurosatory. Sur l'accord d'association entre Israël et l'Union européenne, Emmanuel Macron, il y a quelques mois, au printemps dernier, a reconnu, je le cite, une interrogation légitime, mais sans plus se prononcer.
Depuis, la France a interdit les produits des colonies israéliennes de Cisjordanie. C'est déjà beaucoup pour certains, c'est bien trop peu pour d'autres. Enfin, dernière polémique en cours. La gauche reproche aujourd'hui à Emmanuel Macron d'avoir autorisé le survol de la France à Benjamin Netanyahou malgré le mandat d'arrêt émis contre lui par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité à Gaza, et alors qu'il prononçait donc ce discours très offensif à Gaza, moins de panache donc par les actes que par les mots.
Merci Tam, c'est justement la réflexion d'un de nos téléspectateurs, Laurent, qui nous écrit d'épinal au moment où Macron prononçait son discours, l'avion de Netanyahou survolait la France, les paroles ne peuvent pas remplacer les actes. Alors si on essaye les uns et les autres de dire ce que pourrait faire de plus le président français, je commence avec vous, Karim Huminbita. Alors déjà, ça a été dit deux fois, lorsqu'il parle de spectacle ou lorsqu'il dit ce qui se passe, c'est précisément pour éviter de les qualifier, de les qualifier politiquement, juridiquement.
Il ne veut pas utiliser le mot génocide, c'est compréhensible, mais pourquoi ne pas utiliser dans ce cas crime contre l'humanité, crime de guerre, il y a plusieurs possibilités. Donc c'est une façon de maintenir un certain en même temps en politique étrangère. C'est tout à fait vrai que tous ceux qui ont apprécié ce discours auraient peut-être apprécié encore plus une position française interdisant à M.
Netanyahou de continuer à utiliser l'espace aérien français, à imposer à certains colons d'éviter du moins qu'ils ne continuent d'avoir des avantages économiques totalement indus, de rappeler aux Français binationaux qui sont en train de combattre dans cette guerre qu'ils pourraient en subir certaines conséquences juridiques. Rien de tout cela n'a été fait. Il faut quand même rappeler que l'action franco-saoudienne menée depuis un an a conduit à ce que 160 pays dans le monde aujourd'hui reconnaissent cet État palestinien.
Symboliquement, c'est important, mais encore une fois, cela arrive trop tard et la situation sur le terrain est telle que cette solution à deux États est devenue de plus en plus utopique. Alors justement, ce que disait notre téléspectateur,
je
veux bien qu'on s'intéresse, qu'on s'arrête un peu sur le survol de l'espace aérien français. En fait, Benjamin Netanyahou, effectivement, pour aller à l'ONU, il va prononcer un discours a priori dans la soirée, il survole le territoire français. On peut lui interdire ? Qu'est-ce qu'on peut faire exactement ?
Oui,
oui,
et cette question, elle s'est posée en France, elle se pose aussi au Canada, où il y
a
eu des réactions, et pas simplement, je dirais, de la gauche, ce n
'est
pas une question politisée, en fait, c'est une question d'obligation internationale de la France, qui est partie au statut de Rome, qui crée la Cour pénale internationale. En étant membre de cette Cour pénale internationale, la France a l'obligation de coopérer avec elle. Parce que ce qu'il faut comprendre, c'est que les juridictions internationales n'ont pas de police, comme c'est le cas au plan national, pour arrêter des dirigeants en exercice qui font l'objet de mandats d'arrêt, et donc elle a besoin de la collaboration de tous les États qui sont partis au statut.
Et donc, si un chef d'État frappé d'un mandat d'arrêt, par exemple, se rend en France, ou dans un autre pays parti au statut de Rome, ce pays a l'obligation de l'arrêter et de le remettre à la Cour pénale internationale. Ici, le fait qu'on survole l'espace aérien, ça peut paraître symbolique, mais la France a le contrôle de toutes ses frontières, et notamment de ses frontières aériennes. Et donc, elle pourrait imposer à l'avion de Benjamin Netanyahou de faire un détour
et de ne pas survoler l'espace. Elle ne l'arrêterait pas
pour autant, mais en tout cas, il n'y aurait pas de survolage.
Absolument. Donc, cette mesure, elle est symbolique, mais je crois qu'elle est importante, parce qu'elle montre aussi, justement, qu'on ne peut pas appliquer un deux poids deux mesures.
C
'est-à
-dire
qu
'on
ne peut pas, à la fois dans le discours, soutenir les juridictions internationales. Hier, Emmanuel Macron a mentionné la Cour internationale de justice, notamment, qui d'ailleurs fait une liste d'obligations, positive comme négative, le 29 juillet 2024, les mesures que peuvent prendre les États pour ne pas contribuer à l'illéciité de l'occupation israélienne, etc. Et dans le même temps, ne pas utiliser de tous les moyens, qu'ils soient diplomatiques, politiques, économiques, pour ne pas contribuer à ce genre de phénomène.
Très intéressant. Vincent Ugeux, et ensuite, je reviens vers le table.
Oui, alors, d'abord, je pense que la décision française, ou la non-décision, en l'occurrence, résulte d'une sorte de calcul coût-avantage. C
'est
-à
-dire
qu'il est parfaitement clair que si la France avait interdit son espace aérien à l'avion de Benjamin Netanyahou, bon, ça aurait conduit à un détour de peut-être deux heures, et qu'à
l
'arrivée,
ça
aurait alimenté, encore une fois, la mécanique infernale du procès perpétuel qui fait à la France sa complaisance pour les ennemis de l'État d'Israël, etc. Vous observez au passage, sur le même registre, entre protocoles et politiques, que Mahmoud Abbas, le président, très faible au demeurant, de la vérité palestinienne, n'a pas reçu l'autorisation de venir à New York.
Oui, c'est-à
-dire
qu
'il
fait son discours en visioconférence.
Et
que, dans le même temps, Massoud Pézechian, président d'un État avec lequel les États-Unis sont en guerre ouverte, lui, a eu le droit de venir parader à New York. C'est président iranien, je le rappelle. Absolument. Qui décide
?
C'est l'administration américaine.
Ça s'est joué
dans le bureau ovale, dont on sait depuis un certain temps qu'il ne tourne pas rond. J'ajoute un autre élément qui dit beaucoup aussi de l'impuissance française, quelle que soit la fidélité qu'on ait à des engagements historiques. Je pense qu'on surestime beaucoup, dans l'hexagone, le magistère moral de la France en la matière. Il y
a
eu parfois des initiatives d'Emmanuel Macron assez louables sur le front, par exemple au Liban, mais qui nous rappelaient peut-être qu'il était nécessaire de dire que la période mandataire est terminée, le levant, c'est fini. Donc il y a une sorte de surestimation du poids de la France sur ce terrain-là.
D
'ailleurs, la France qui est traitée par le mépris et par Israël et par les États-Unis. Et puis, dernier mot sur la reconnaissance, puisqu'on l'a évoqué. Moi, je me souviens très bien qu'il
y
a un an, dans des débats de cette nature, j'allais pouvoir dire que ce n
'est
pas parce que vous reconnaissez une fiction que vous en ferez une réalité. Et comme le disait Karim El-Bittar à l'instant, quand vous regardez simplement une carte, quand vous regardez le tronçonnage systématique et méthodique de ce qui reste de Cisjordanie, vous avez pensé que même si demain matin, tous ces personnages étaient touchés par la grâce et décidaient de se mettre autour d'une table et de pactiser pour une solution à deux États, elles seraient simplement pratiquement, pragmatiquement impossibles. – Tame, vous vouliez intervenir.
–
Oui, je voulais poser une question un peu sur le fait que cette question du survol du territoire français, ça s'est posé peut-être cinq fois au moins. On a vu dans un premier temps les vols israéliens qui contournaient la France. Là, on le voit quand même survoler désormais la France. Est-ce à dire que la menace paraît de moins en moins sérieuse quand on voit la position française
?
– Alors bon, sur le survol en tant que tel du territoire, je ne
sais
pas si ça a été pris au sérieux et pourquoi il y
a
eu des détours, pourquoi il n
'y
en
a pas… – Aujourd'hui, mais en tout cas, ce qu'on
peut voir, c
'est
vraiment l'alimentation d'un deux poids,
deux
mesures au moment de l'émission des mandats d'arrêt. Lorsque Vladimir Poutine a été mis en cause par cette même cour pénale internationale, on a eu des belles déclarations des autorités françaises et pour dire très solennellement que si Vladimir Poutine se rendait dans un des pays partis au statut de Rome, alors cette personne serait arrêtée.
À l'inverse, en novembre 2024, quand Netanyahou est frappée et Yoav Galante de mandat d'arrêt, la France fait une déclaration pour dire qu'il pourrait y avoir des immunités qui s'appliquent, ce qui est contraire au droit international et ce qui est très grave, parce qu'on est face à deux chefs d'État qui sont inculpés pour des crimes internationaux devant la même juridiction, on ne peut pas appliquer un deux poids deux mesures. Ça, ça
contribue… – C'est vrai que c'est compliqué
de défendre l'ONU, de défendre le droit
international, comme Emmanuel Macron
l
'a
fait, et heureusement, hier soir, et de ne pas appliquer les règles…
– Et il parle de crédibilité, et ça, ça décrédibilise le droit
international. – Il y a encore
un mot, Vincent
Jus. –
Oui, très rapidement, rien n'est pire en ces circonstances que de brandir son sabre de bois. Quand Zoran Mabdani, le maire de New York, explique qu'il va procéder à l'arrestation de Benjamin Netanyahou sur le territoire de la ville qu'il administre, avant de s'apercevoir qu'il n'y a aucun fondement juridique à ce genre d'initiative, il affaiblit bien davantage la thématique qu'il croit défendre, qu'il ne la renforce. C'est désolant.
–
Alors, on va faire le bilan de ce qui se passe à Gaza depuis le cessez-le-feu, depuis un an, et je vous propose d'écouter le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme. Alors, c'était en juillet dernier, et il dénonçait l'intensité des attaques israéliennes à Gaza.
–
L'armée israélienne a intensifié ces attaques à Gaza ces derniers jours, tuant et blessant des dizaines de Palestiniens, enfants, femmes et hommes. Ces attaques ont
visé des immeubles d'habitation, au moins une tente abritant des personnes déplacées à l'intérieur du territoire, ainsi que d'autres zones très fréquentées. Neuf mois après l'annonce d'un cessez-le-feu, aucun endroit n'est encore sûr pour les Palestiniens à Gaza.
–
Donc,
on
était neuf mois après l'annonce d'un cessez-le-feu, c
'est
un an maintenant, et voici ce bilan, près de 1 400 morts, 4 822 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza, ce qui porte depuis octobre 2023 le nombre de morts à près de 74 000, 73 910, selon ce macabre décompte. Le Premier ministre israélien, alors on va regarder d'abord, je ne
vais
pas trop vite, ce décompte des morts, le Premier ministre israélien, il justifie toujours ces frappes par la menace du Hamas. Écoutons Netanyah.
–
Nous allons certainement apprendre quelques éléments, mais nous faisons tout pour atteindre notre objectif, désarmer le Hamas et démilitariser Gaza. Gaza ne représentera plus une menace pour Israël. Cet objectif a, dans une large mesure, déjà été atteint. Mais il reste encore du travail à accomplir et nous l'achèverons. –
Donc
voilà pour la justification du Premier ministre israélien. Que reste-t-il, Karim Emil Bittar, du Hamas à Gaza ? Concentre-nous un peu sur Gaza.
–
Le Hamas est considérablement affaibli militairement. Cela ne veut pas dire que s'il y a des élections, il ne pourrait pas réapparaître avec des casquettes différentes, en s'appelant différemment. Le sentiment de rejet de la présence israélienne demeure très fort. Mais il est certain que le Hamas a perdu tout crédit moral qu'il ait pu avoir à un moment donné, si tenté qu'il en ait eu. Et il faut rappeler également que M. Netanyahou, qui est en campagne électorale et qui parle de la menace du Hamas du matin au soir, porte une très lourde responsabilité dans la montée en puissance du Hamas.
Il suffit de googler ça et on tombe sur des vidéos où il assume avoir financé le Hamas pour vouloir précisément tuer cette idée d'un État palestinien. Donc on ne peut pas s'en sortir systématiquement chaque fois que quelqu'un critique Israël en parlant de Hamas. Et la violence des réactions israéliennes, absurdité, grotesque, stupéfiante, pour un discours qui est, somme toute, frappé au coin du bon sens. – Ça,
c'est
la réaction israélienne au
discours de Macron. – Au discours de Macron,
qui était un discours factuel. Et ça rappelle qu'il y a une francophobie en Israël assez violente, qui remonte à loin. Le général de Gaulle aussi s'était fait traiter de tous les noms en 1967. Valéry Giscard d'Estaing, qui n'avait pas visité Israël, s'est vu accusé d'antisémitisme. Même François Mitterrand avait été accusé d'antisémitisme à la fin de son second mandat. Et puis le président le plus pro-israélien, Nicolas Sarkozy, a lui-même reconnu, dès il y a 20 ans, que Gaza était une prison à ciel ouvert. Donc il y a quand même un problème qu'on ne peut pas ramener à celui d'une lutte contre le Hamas. Il y a un processus colonial.
C'est révélateur ce qui a été dit sur le fait qu'aucun colon n'a été traduit en justice. C'est précisément ce qu'on avait reproché à Albert Camus quand il avait écrit « L'étranger » où Meursault se retrouve devant des juges. Or, dans l'Algérie de l'époque, aucun blanc français n'ayant tué un arabe ne s'était retrouvé devant un juge. Donc il y a une logique coloniale qui était au départ assumée par les pères fondateurs de l'État d'Israël. Mais comme le colonialisme est un peu passé de mode aujourd'hui, ça devient de plus en plus difficile. Et ce qui est effrayant, c'est que ce colonialisme prend de plus en plus, il est teinté de messianisme religieux. Ça, ce n'était pas le cas avant 1967.
Aujourd'hui, ça devient très frappant. Et cette combinaison est un cocktail explosif. –
C
'est vrai que le curseur médiatique, et je peux en prendre ma part, s'est détourné de Gaza depuis plusieurs mois avec cette idée d'un cessez-le-feu. On vient de voir à quel point elle était combattue par les faits, tout simplement, et malheureusement par ces chiffres. C'est quoi la… Quelle est la vie… Qu'est-ce qu'on peut dire de la vie quotidienne des Gazaouis aujourd'hui ?
–
D'abord, merci de remettre le focus sur Gaza. Je pense qu'effectivement, on est tombé un petit peu dans l'idée qu'il y avait eu un supposé plan de paix, qu'il n'y a de plan de paix que le nom. Vous avez mentionné un cessez-le-feu. En réalité, il n
'y a
pas de cessez-le-feu. Il y
a
des frappes israéliennes sur le territoire de Gaza quotidiennement. La situation aujourd'hui à Gaza, c'est une situation d'urgence absolue. C'est une situation humanitaire dramatique. Alors évidemment, il y
a
eu quelques améliorations parce qu'il y a certaines cliniques qui peuvent fonctionner, mais on est très en dessous des standards humanitaires habituels. On est toujours sur… Autour de 150 camions qui aujourd'hui rentrent dans la bande de Gaza, là où il en faudrait 600. Donc on est face à une population qui n'a pas accès aux soins, qui vit dans des abris de fortune. Personne ne vit dans des abris en dur, qui vivent parfois dans des habitations qui sont détruites, qui s'écroulent. Vous avez mentionné le nombre de morts. Il faut ajouter toutes les personnes qui se trouvent sous les décombres et qui n'ont pas pu être sorties ou identifiées ou comptabilisées parmi le nombre de morts.
Et puis il y a aussi une situation de malnutrition qui
perdure. Alors ça, on y vient, si vous voulez bien. Je vous poserai la question un petit peu
plus tard. Un mot, Vincent Hugeot, sans entrer trop dans le détail. On a Alexandre Poussard qui arrive pour nous parler.
Juste, sans
assommer nos téléspectateurs de chiffres,
quand
même deux données statistiques intéressantes. 84% des infrastructures de la bande de Gaza ont été détruites ou endommagées. Vous avez 2000 immeubles qui sont en phase d'effondrement imminent. Et voilà moins d'une semaine. Il y a eu 21 morts dans l'effondrement, non pas sur un bombardement direct, mais l'effondrement d'un immeuble 21 dont 12 enfants. Et puis une dernière donnée quand même par rapport à ce qui entre, à ce qui n'entre pas, indépendamment du médical et de l'alimentaire, les Israéliens interdisent tout ce qui pourrait avoir un usage dual, comme on dit, donc qui pourrait être récupéré pour un usage de nature militaire. Donc les engins de chantier pour déblayer, pas question.
Le lubrifiant ne peut pas entrer pour les machines, outils, etc. Et idem pour les pièces détachées. Il
y a
une telle suspicion que tous ces éléments qui sont vraiment le B à bas pour amorcer quelque chose qui ressemble à l'esquisse d'une reconstruction, au moins d'un déblayage, ne puissent être acheminés.
Alors justement, sur cette aide humanitaire et sur l'alimentation, je vous propose de voir ces chiffres. 1,4 million de personnes en insécurité alimentaire à Gaza, ça représente 67% de la population, ce qui pose évidemment cette question de la distribution de l'aide humanitaire.
C
'est le thème de la chronique d'Alexandre Poussard, tout de suite. Et donc on va faire tout de suite le bilan de cet acheminement. Bonsoir Alexandre. Bonsoir Thomas.
Depuis la
trêve de l'an dernier, quel bilan peut-on faire de l'aide humanitaire à Gaza ? Eh bien ce bilan est mitigé. Regardons les chiffres publiés par l'ONU en juin dernier sur l'aide apportée dans la bande de Gaza. 1 million de repas chauds distribués par jour, ce qui a fait baisser fortement les prix de l'alimentation. 21 000 camions d'aide humanitaire ont été acheminés, mais cette aide humanitaire n'est pas suffisante selon l'ONU.
Ces améliorations fragiles représentent le strict minimum de ce dont les Palestiniens ont besoin, de ce que nous pouvons fournir et de ce qu'exige le droit international. Aujourd'hui, les Palestiniens restent privés des besoins fondamentaux que vous exigez tous pour vos propres
familles, sécurité, abris, aux propres, soins, éducation. Et les Nations Unies dénoncent les entraves à l'acheminement de cette aide humanitaire à Gaza ? Oui, une aide humanitaire d'abord entravée par le Hamas dans certains territoires de la bande de Gaza. Cet été, l'ONU assurait que des combattants islamistes avaient agressé des travailleurs humanitaires et perturbé certaines opérations essentielles. Et puis l'armée israélienne entrave également cette aide humanitaire. Certaines associations humanitaires sont interdites, des points de passage sont fermés, des restrictions sont instaurées par les Israéliens dans l'acheminement de matériel médical avec des conséquences.
Par exemple, en juillet, seulement 12% des 4 600 personnes amputées à Gaza à cause de la guerre avaient reçu une prothèse acheminée par la Croix-Rouge. Et puis certains chauffeurs humanitaires acheminent cette aide au péril de leur vie. Cet été, l'un d'entre eux a été tué par un soldat israélien sur un point de passage, provoquant la colère de ses proches et de ses collègues transporteurs.
Oui, nous acheminons de l'aide, mais j'envoie un chauffeur pour acheminer cette aide au prix de sa vie. En tant qu'entreprise de transport, j'envoie un chauffeur pour acheminer des denrées alimentaires ou de l'aide humanitaire à Gaza, et en échange, je le perds. Non, il faut trouver une solution à cela.
On termine cette chronique sur l'inquiétude sur le financement de cette aide
humanitaire. Oui,
le programme alimentaire mondial des Nations Unies, dans les six mois à venir, a besoin de 386 millions de dollars supplémentaires pour poursuivre son action à Gaza. L'alimentation d'1,5 million de Gaza, oui, dépend de ce programme. Merci beaucoup Alexandre pour toutes ces informations. Je ne sais pas quel terme employer, Julia Grignon, est-ce que c'est une forme de mort lente en fait ? On parlait des morts sous les frappes israéliennes. Là, il y
a
une autre façon de se débarrasser d'une population.
Oui, absolument. D'ailleurs, je ne dirais pas que le bilan est mitigé, je dirais que le bilan est épouvantable. Et peut-être pour revenir sur ce qui
a été dit... Oui, mais il y a quand
même un peu plus d'aide humanitaire qui rentre qu'il y a un
peu d'un nombre.
On se satisfait de bien peu, je suis d'accord avec vous.
Mais dans ce que vous venez de dire, si je reparte de là, ce qui est très préoccupant, c'est qu'en fait, on maintient un filet d'aide humanitaire. Donc on maintient une population dans un état de survie et on peut dire, vous voyez, en fait, on laisse rentrer de l'aide, la population survit. Alors qu'il y a des suspicions de l'utilisation de la famine comme méthode de guerre, qui est évidemment interdit en droit international humanitaire et qui est un crime de guerre. Or, quand on regarde tous les éléments à l'œuvre depuis la réponse au massacre du 7 octobre par l'armée israélienne, en réalité, c'est bien ça qui est à l'œuvre.
C'est-à-dire que tous les biens indispensables à la survie de la population ont été détruits. Donc c'est l'eau, l'assainissement, les minoteries, c'est également tous les commerces. Il n
'y a
plus de commerce possible dans la bande de Gaza. Et puis par ailleurs, au-delà des attaques contre ces biens, c'est l'entrave à l'accès humanitaire. Je le disais, c'est autour de 150 camions qui rentrent dans la bande de Gaza. Avant le 7 octobre, c'était 600 camions. Je ne
vois
pas très bien ce qui justifie aujourd'hui qu'on ne puisse pas faire rentrer des camions dans la bande de Gaza. Et c'est ça que je voulais aussi souligner. C'est ce qui est insupportable dans cette situation. C'est que c'est Israël qui détient, parce que c'est la puissance occupante, le contrôle de ce qui peut entrer ou sortir dans la bande de Gaza. Quand on est au Soudan, dans des hostilités actives, avec des conditions de sécurité très volatives, on peut comprendre que ce soit difficile, et encore c'est difficile à comprendre, que des camions rentrent sur le territoire.
Mais Israël dispose aujourd'hui des moyens de créer les conditions de sécurité suffisantes pour que cette aide humanitaire puisse rentrer sur le territoire.
Il y a des élections en Israël, le 27 octobre, Karim Emil Bittar. Est-ce que les opposants à Benjamin Netanyahou proposent une autre politique
?
Non. À Gaza et en Cisjordanie ? Non, justement.
C
'est bien là le problème. Au-delà de la suspicion d'utilisation d'une famine comme arme de guerre, il y a des déclarations quasi quotidiennes d'une grande partie de l'échiquier politique qui assume cette politique de vouloir vider Gaza de ses habitants. Donc, il y a aujourd'hui une surenchère dans cette campagne électorale. On a discuté la dernière fois du fait que M. Gadi Eisenkot était en tête dans les sondages. Eh bien, il a replongé. Pourquoi il a replongé ? Parce qu'on a dit qu'on lui a attribué une déclaration selon laquelle il serait prêt à gouverner avec quelques élus palestiniens d'Israël. Et ça suffit à effrayer une partie de son électorat. Donc, nous en sommes là.
Un pays qui se présentait comme la seule démocratie du Moyen-Orient refuse qu'un arabe fasse partie de ce gouvernement, fût-ce à un rang très secondaire. Donc, aujourd'hui, il y a de nouveau une montée aux extrêmes. M. Smotrich va pouvoir être candidat, va pouvoir passer le seuil des 3,25 % parce qu'il s'est allié avec un candidat, ce qui, avec le scrutin proportionnel, lui garantit de revenir. Ben Gvir également. M. Netanyahou n'a pas dit son dernier mot. Il pourrait revenir soit comme par intérim, soit pour de bon, s'il a une majorité. Et à part le parti de Yair Golan, les démocrates, qui est l'ancien parti mérette de centre-gauche laïque, il
n
'y
a
pas grand monde qui soutient encore l'idée d'un processus. Vincent Ugeot, en préparant l'émission, vous nous disiez que Netanyahou et ses alliés s'éloignent du sionisme originel. Est-ce que vous pouvez nous
expliquer
cette
idée
?
Oui,
c'est-à-dire que
je pense qu
'un jour viendra, ou dans les manuels d'histoire, si ça existe toujours, on constatera que l'équipe de Netanyahou et son orchestre, dont Itamar Benvir, qui d'ailleurs
annonce
qu'il va briller, le poste de ministre de la Défense, en cas de victoire, auront été les faux soyeurs de la partie, je dirais, humaniste des idéaux du sionisme originel. C
'est
-à
-dire
que par le mensonge qui est devenu la norme de la communication politique de Netanyahou, par la corruption, il y a quelque chose qui doit faire se retourner dans leur tombe certains de ceux qui ont été les penseurs de l'idéal originel. Au passage, il y a un élément très intéressant aussi,
c
'est que dans la normalisation de ce qui passait hier pour un discours ultra-radical, extrémiste, outrancier, vous avez par exemple l'actuel titulaire de la Défense qui s'appelle Israël Katz, je cite,
c
'est très bref, il parle de la langue que comprennent les organisations terroristes, djihadistes à Gaza comme au Liban, et c'est aussi une langue que nous parlons, évacuer la population, détruire les infrastructures et prendre le territoire. On est dans une logique non seulement coloniale, mais en fait, ce rêve à peine éveillé d'une banque de Gaza et d'une cithé
d
'Organis sans palestiniens, et le même dit d'ailleurs que si d'aventure des terroristes palestiniens prenaient à nouveau des citoyens israéliens en otage,
eh
bien la reconquête de la ville de Gaza, vous avez aujourd'hui à peu près un million, cent mille civils à la dérive, serait tout à fait envisageable. Donc tout ce qui passait pour encore une fois radical et excessif, aujourd'hui est en train de s'inscrire dans la norme du discours politique.
Alors on va terminer, il
nous
reste 3-4 minutes pour parler effectivement on parlait des élections israéliennes, mais aussi de l'hypothèse d'élections palestiniennes. Écoutez le ministre français des Affaires étrangères en marge de cette Assemblée générale des Nations Unies lors d'une conférence de presse.
Il n'y a pas meilleur moyen pour le peuple palestinien d'empêcher l'annexion, de se débarrasser du Hamas et d'accéder à l'autodétermination que celui-ci, le bulletin de vote. Un bulletin de vote est plus fort qu'une balle et le peuple palestinien a le droit de s'exprimer et de voter. Engageons-nous donc tous en faveur de cet objectif des élections palestiniennes maintenant.
Alors là aussi, Karim El-Bida, est-ce chimérique ? On parlait de la solution à deux États tout à l'heure. Un, peut-être est-ce chimérique ? Et puis deux, vous parliez du Hamas, de sa popularité en Cisjordanie. Est-ce que le Hamas ne fait pas tout pour qu
'il n'y
ait pas d'élection d'une certaine façon
?
Peut-être, mais Israël ne semble pas non plus très enthousiaste. Il a créé aujourd'hui que parmi ceux qu'on interdisait de produits, ne serait-ce que l'encre dont on a besoin pour imprimer ces bulletins de vote n'est pas en train d'arriver. Or, ces élections sont quand même prévues en fin novembre, si je ne me trompe pas. Et Mahmoud Abbas non plus n'est pas très enthousiaste. Il faut rappeler que son mandat a expiré en 2008. On a trouvé des artifices juridiques pour le maintenir au pouvoir. Et à Gaza, il n
'y a
pas eu d'élection depuis ? De 2006. où le Hamas l'avait emporté. Jimmy Carter et sa fondation avaient reconnu que ces élections étaient légitimes, du moins dans leur fait. Mais le fait qu'elles aient été remportées par le Hamas a conduit les États-Unis à ne pas accepter le résultat de ces élections.
Par contre, il y a une société civile en Palestine très active, énormément de figures jeunes, dynamiques, plutôt libérales, progressistes qui souhaitent s'engager en politique et qui espèrent avoir une chance de faire entendre une troisième voix palestinienne qui ne soit ni celle du Fatah corrompu jusqu'à la moelle ni celle du Hamas qui a mené ces crimes contre l'humanité avec les conséquences que l'on connaît. Dernière minute dans le débat et Julien Grignon,
je
vous propose de conclure sur effectivement la capacité d'organiser des élections au milieu de ces ruines que l'on voit derrière vous dans nos écrans.
Oui, ces déclarations je les trouve caricaturales parce que c'est aussi une façon de se dédouaner effectivement comment voulez-vous qu'une population aille exercer son droit de vote quand les familles en réalité n'ont pas trois repas par jour voire ne mangent pas un jour sur deux donc ça me semble totalement irréaliste et ce n
'est
pas ce qui va améliorer la situation des Palestiniens ce que je préférerais moi c'est voir M. Barraud défendre les ONG humanitaires qui doivent rentrer sur le territoire plutôt que de les attaquer et également de défendre les mécanismes des Nations Unies toutes ces personnes là sont à New York en train de nous dire que les Nations Unies c'est fantastique qu'il faut réinventer le multilatéralisme et de l'autre côté dès lors qu'il y a des rapports qui ne leur conviennent pas on attaque les mécanismes existants des Nations Unies je trouve qu'il faudrait remettre un peu de cohérence
on terminera là-dessus merci beaucoup merci à tous à toutes d'avoir participé à notre débat je rappelle Vincent Ugeux le titre de votre livre Les fer et le feu histoire raisonnée de l'esclavage publié aux éditions Perrin je vous dis à bientôt sur Public Sénat
C'est
l'heure du second débat de ce sens public consacré aux élections sénatoriales à 4 jours du scrutin au rôle essentiel de contre-pouvoir de la Chambre haute dans les institutions de la 5ème République c'est particulièrement vrai depuis 10 ans sous Emmanuel Macron ça le sera peut-être encore après la présidentielle avant d'en débattre notre reportage dans l'un des départements les plus scrutés ce dimanche les Alpes-Maritimes Clémentine-Louise Stéphane Duguay
Sur
le port de Nice un candidat est particulièrement confiant et plein d'ambition
l
'eurodéputé et professeur de médecine Laurent Castillot entend poursuivre l'oeuvre entreprise par son mentor Eric Ciotti
le
candidat est chargé de poursuivre la conquête de l'extrême droite dans un département historiquement aux mains de la droite
Cette élection nous est favorable mais cette élection est dans la continuité de ce qui se passe à Nice où nous avons mené une campagne avec Eric Ciotti derrière Eric Ciotti et nous voulons continuer dans cette lancée de mise en phase pour qu'il y ait une majorité d'élus d'élus UDR de notre famille politique demain au Sénat
Le
parti espère remporter trois sièges et mis sur la division des LR
Deux
listes sont investies par la droite D'un côté une figure emblématique sénatrice depuis 12 ans Dominique Estrosi Sasson
Elle
se présente comme la seule candidate de droite n'ayant aucune accointance avec l'extrême droite
Je
n'ai aucune porosité avec le RN et l'UDR pour moi c'est une ligne rouge qui est infranchissable et je pense que là-dessus je suis la seule à porter cette clarté parce que la liste qui est concurrente ou la liste qui est parallèle si vous voulez est une liste qui est beaucoup moins claire sur son positionnement politique Bonjour monsieur le maire Sa concurrente c'est elle Alexandra Borkio-Fontain La sénatrice sortante se défend de ses accusations de proximité avec l'UDR
En
fait je ne peux pas être plus claire puisque aujourd'hui je conduis une liste en dehors de l'UDR et du RN Si j'avais souhaité rejoindre certains élus des Alpes-Maritimes je l'aurais fait il y a deux ans quand il y a eu la création de
l
'UDR où là j'avais l'opportunité évidemment puisqu'ils ne font que me tendre la main de les rejoindre je ne
peux
pas être plus claire en conduisant ma propre liste je ne peux pas exprimer plus de clarté que celle-là puisque du coup je les affronte comme l'ensemble des autres listes
Alexandra
Borkio-Fontain s'appuie sur des soutiens puissants comme les maires de Grasse d'Antibes et de Cannes
Elle
espère remporter deux sièges au palais du Luxembourg
Et
si la bataille se joue majoritairement à droite un irréductible maire communiste a tenu à proposer une alternative Francis Tujag maire de Comte est soutenu par le parti socialiste et les écologistes Quand il y a une domination de cette importance on ne
va
pas fuir il faut au contraire affronter et les seuls qui peuvent affronter la droite et l'extrême droite ce sont les élus de gauche discutant avec des élus
notamment
de la montagne du moyen pays des ailes maritimes il y a parmi eux des gens qui n'ont pas d'étiquette politique particulière et qui sont sensibles
aux propositions que nous faisons
Trois
autres listes ont été déposées dans le département une liste de la France insoumise une liste écologiste dissidente et une dernière sans étiquette
C
'est la dernière élection avant la présidentielle les sénatoriales au menu de ce second débat avec Antoine Edgul Bonsoir Bienvenue Vous êtes sénatrice écologiste de Paris vice-présidente de la commission des affaires économiques Dominique Rousseau Bonsoir Vous êtes professeur émérite de droit public à l'université Paris un panthéon Sorbonne et spécialiste de droit constitutionnel David Bellany Bonsoir
Et
bienvenue Vous êtes maître de conférence en histoire contemporaine à l'université d'Amiens Etam Tranuy restée à mes côtés directrice adjointe de l'information de public Sénat la mémoire celle qui connaît peut-être le mieux les arcanes du Sénat C
'est pour dire que
je ne
suis
pas trop vieille
Non, non
c'était une façon de me rattraper et vous êtes éditorialiste pour ce sens public merci d'être là et à mes côtés aussi pour la soirée électorale la
journée électorale
ça commencera des midis avec Alexandre Poussard ensuite avec Steve
Jourdain
on se retrouvera à partir de 20h30 et toutes nos équipes évidemment mobilisées pour cette soirée Allez, un peu de pédagogie la date vous l'avez compris c'est le 27 c'est ce dimanche 348 sénateurs 178 sièges renouvelés tous les 3 ans Qu'est-ce que vous attendez une petite question un peu générale Antoine Lugule qu'est-ce que vous en attendez de ces élections est
-ce
que vous craignez de voir l'influence des écologistes se réduire on peut faire des prévisions à quelques jours au scrutin
Je
vais dire quand même qu'il est possible que nous ayons quelques surprises pour le Sénat je veux dire par rapport à notre groupe puisque bien sûr les élections sénatoriales dépendant des élections municipales il y a quelques villes effectivement qui ont changé de bord et donc nous allons voir mais globalement nous allons rester un groupe relativement stable si bien entendu les grands électeurs confirment les votes que l'on peut attendre donc en ce qui concerne les écologistes je pense que nous n
'aurons
pas de grands changements dans cette rentrée sénatoriale
Dominique Rousseau sur le rôle du Sénat notamment depuis deux ans depuis la dissolution d'Emmanuel Macron est-ce que ce choix politique raté d'Emmanuel Macron a renforcé et à quel point l'influence du Sénat d'après
vous ? à
partir du moment où il n'y avait pas de majorité à l'Assemblée nationale évidemment le Sénat a retrouvé un rôle dans l'élaboration des lois ou dans l'exercice de son pouvoir de contrôle par l'intermédiaire des commissions d'enquête chaque fois que l'Assemblée nationale n'a pas eu de majorité on a vu le Sénat prendre de l'importance mais y compris au début de la Ve République il ne faut pas oublier que de 58 à 62 il n'y avait pas de majorité à l'Assemblée nationale et que c'est le Sénat qui a joué un rôle assez important puisque c'est lui-même qui a traité le général de Gaulle de forfaiture et qui a saisi le Conseil constitutionnel pour empêcher le référendum sur l'élection populaire du chef de l'État donc tout au long de la Ve République on voit que le Sénat a été dans une position de pouvoir gêner empêcher retarder la majorité de l'Assemblée nationale on reviendra sur les mots qu'on a choisis de contre-pouvoir vous n'êtes peut
-être
pas fortement d'accord
je ne suis pas d'accord on est bien un peu
plus tard si vous le voulez bien il faut remonter jusqu'où peut-être jusqu'à la Troisième République David Vellamy pour bien expliquer pourquoi le Sénat comment il a été créé quand on prend un peu de recul historique qu'on peut même remonter au-delà puisque le Sénat est apparu en plusieurs moments lorsque le bicamérisme est apparu en 1795 le but était bien de stabiliser de
servir de contre-pouvoir
à une Assemblée la Convention qui avait montré au moment de la terreur qu'elle pouvait être inquiétante pour le pays et donc il s'agissait de contrebalancer l'influence d'une Assemblée unique
et
puis lorsqu'en 1875 les députés ont discuté puis voté les lois constitutionnelles qui ont servi de constitution à la Troisième République
on
a célébré l'an dernier les 150 ans de la naissance du Sénat il s'agissait bien là aussi de contrebalancer ce sont les monarchistes qui ont exigé
qu
'il y eut un Sénat dans cette République parce qu'ils espéraient bien que si la Chambre des députés c'était prévisible basculait du côté républicain ils pourraient eux garder contrebalancer encore le pouvoir des républicains mal leur en a pris Gambetta avait bien compris que c'était au contraire un lieu où pouvait s'enraciner la République et dès 1879 donc très rapidement le Sénat est devenu républicain donc dans les gènes même du Sénat
il
y a cette idée de créer un pôle qui contrebalance l'autre et qui stabilise les institutions du pays et on le voit bien depuis deux ans instabilité de l'exécutif instabilité de l'Assemblée nationale et au contraire cela met
en
évidence encore plus nettement la stabilité que représente le Sénat
un mot sur le fait qu'en 1958 Michel Debré dit bien que le Sénat est là pour contrebalancer l'Assemblée nationale mais il le pense aussi comme plutôt un allié du gouvernement et du président de la République ce qui va s'avérer être beaucoup plus compliqué que cela moi il me semble qu'en 2022 au moment où il y
a
eu la perte de la majorité absolue mais plutôt la première mouture avant la dissolution il y
a
eu la vraie tentation de passer par le Sénat pour essayer de faire passer un certain nombre de textes on l'a vu bien sûr notamment par exemple sur la réforme des retraites on a vu des accords tentés de se faire sur le budget on a vu des discussions sur l'immigration en essayant de s'attirer les faveurs de la majorité de la droite et du centre mais on a vu aussi les limites de tout cela Michel Barnier d'ailleurs avait essayé d'aimanter un certain nombre de sénateurs lorsqu'il
a des
membres de son gouvernement mais on a vu que finalement ça n'a pas survécu et que finalement le Sénat a retrouvé quand même cette position davantage de contre-pouvoir
alors
justement sur ces mots contre-pouvoir est-ce que vous l'employez et dans quel cadre vous l'exercez
?
alors moi je l'emploie et je trouve effectivement que c'est un lieu d'exercice du contre-pouvoir alors je vais essayer de l'expliquer et de le dire c'est aussi un lieu d'exercice du pouvoir mais aussi du contre-pouvoir bien entendu puisqu'une de nos missions et ça vous le savez très bien c'est le contrôle du gouvernement et donc dans ce contrôle-là nous exerçons notre rôle de contre-pouvoir mais pas uniquement de contre-pouvoir politique c'est de contre-pouvoir partout où il y a je dirais des déséquilibres de pouvoir pourquoi j'évoque ça ?
parce que moi je viens de faire une commission d'enquête sur les marges de la grande distribution et des industriels et là je dois dire que je note qu'il y a un pouvoir économique qui est en place et qui est très très fort lié aussi à une forme d'oligopole et que notre rôle aussi c'est de c'est de les repérer et de pouvoir j'allais dire amoindrir ou en tout cas permettre de rééquilibrer les pouvoirs lorsque nous constatons qu'il y a
sur le plan économique à combien de
commissions d'enquête ces dernières
années ?
Alors
moi je suis élue depuis trois ans puisque je suis à mi-mandat et j'ai participé à quatre commissions d'enquête et une mission d'information donc cinq en tout dont deux sur lesquelles j'étais présidente donc c'est vrai que j'ai utilisé j'allais dire cet outil pour exercer ce contre-pouvoir et c'était effectivement la première sur Nestlé Waters là aussi un contre-pouvoir politique puisque là les ministres et même l'Elysée étaient informés de la fraude et étaient complices pour les ministres c'est ce qu'a montré la commission d'enquête et donc sur Perrier oui oui tout à fait pardon quand je dis Nestlé Waters c'est sur les eaux Perrier et le fait que les eaux étaient polluées notamment aux matières fécales aux plastiques et aux pesticides donc là on exerce notre rôle là qui était plus un rôle de contre-pouvoir politique
mais
ça peut également et
qui
peut aussi être économique ce que j'ai bien compris alors Dominique Rousseau en préparant l'émission vous disiez non non moi je dis pas contre-pouvoir pourquoi ? je ne dis pas contre-pouvoir parce que le Sénat
est
une assemblée législative et qui appartient donc au pouvoir législatif si vous prenez excusez moi je vais reprendre de Montesquieu non pas Montesquieu la séparation des pouvoirs mais Montesquieu qui distingue la faculté de statuer et la faculté d'empêcher
la
faculté de statuer c'est le pouvoir législatif vous l'avez rappelé il y a deux assemblées l'Assemblée nationale et le Sénat il ne
vous
viendrait jamais à l'esprit de dire l'Assemblée nationale est un contre-pouvoir
le
Sénat est un pouvoir c'est un élément du pouvoir législatif il intervient dans la fabrication des lois il
y
a la navette etc donc c'est pas un contre-pouvoir
il
n'a pas la faculté d'empêcher
il
a la faculté de statuer avec l'Assemblée nationale en déposant des amendements les commissions mixtes paritaires etc je reviendrai sur les commissions d'enquête la faculté d'empêcher c'est quoi ?
c'est
la presse
c
'est le Conseil constitutionnel qui peuvent empêcher le pouvoir législatif Sénat
Assemblée
nationale compris de prendre des lois qui seraient contraires à la Constitution donc pour moi le Sénat est un élément du pouvoir de statuer ce n'est pas un contre-pouvoir le contre-pouvoir c'est la presse et le juge constitutionnel si vous avez un article de Badinter par exemple après l'affaire de la décision du Conseil constitutionnel de 93 sur le droit d'asile qui fait un grand article dans le monde sur le Conseil constitutionnel est un contre-pouvoir oui le Sénat n'est pas un contre-pouvoir il
y
a une polémique par exemple on dit le Sénat empêche les révisions de la Constitution il n'empêche pas les révisions de la Constitution le Sénat est un pouvoir est un élément du pouvoir constituant donc il joue son rôle dans l'élaboration des lois j'entends l'argument alors c'est quand même ce terme un contre-pouvoir même contre-pouvoir institutionnel c'est celui que Gérard Larcher a employé lors de son discours lors de sa réélection à la présidente du Sénat c'était en octobre 2020 il nous rappelle que c'était l'idée des fondateurs de la 5ème République
que
serait notre démocratie
sur
le bicamérisme
sans
une deuxième chambre qui ne procède pas de l'élection
présidentielle
sans
ce contre-pouvoir institutionnel
pour
la Constitution de la 5ème République
ce
contre-pouvoir puisse son origine
dans
le discours de Bayeux
du
général de Gaulle
je
cite
il
faut donc attribuer à une deuxième assemblée
élue
et composée d'une autre manière
la
fonction d'examiner publiquement ce que la première a pris en considération
de
formuler des amendements de proposer des projets
tout
nous conduit donc à instituer une deuxième chambre dont pour l'essentiel
nos
conseils généraux et municipaux éliront les membres
fin
de
citation
David
Bellamy pourtant le Sénat il a aussi contribué ou résisté au général de Gaulle il ne
faut
pas l'oublier absolument mais on le disait à l'instant Michel Debré quand il est un des principaux rédacteurs de la Constitution est un ancien membre alors non pas du Sénat ça s'appelait à l'époque le Conseil de la République mais c'est quelqu'un qui a siégé ici et qui connaît cette enceinte alors effectivement le Sénat a essayé d'utiliser son pouvoir
pour
empêcher en particulier la proposition de réforme de l'élection du président de la République au suffrage universel
la
grande crise de l'automne 1962 il a été extrêmement dur
le
président Monerville qualifiant Georges Pompidou d'auteur d'une forfaiture et qualifiant ainsi le général de Gaulle d'auteur d'une forfaiture
et
le Sénat n'y parvient pas le Sénat n'y parvient pas néanmoins le pouvoir du Sénat reste considérable même si de Gaulle
essaye
de le mettre de côté de ne plus y envoyer ses ministres
le
Sénat
parvient
quand même à obtenir le départ du général de Gaulle en avril 1969 cette fois-ci c'est Alain Poher qui s'oppose à cette réforme
et
les Français montrent là alors il y a des circonstances politiques qui expliquent la victoire du non mais montrent là leur attachement finalement à cette forme traditionnelle du Sénat que de Gaulle voulait profondément renouvelé et d'ailleurs qu'il annonce dès le discours de Bayer puisqu'il prévoit que les sénateurs seront en partie élus aussi par des organismes professionnels comme il le propose en 1969 donc le Sénat a un véritable pouvoir d'avoir fait tomber le général de Gaulle ça n'est quand même pas rien alors évidemment si cette élection dimanche nous passionne tant c'est parce qu'on va essayer de se projeter aussi sur ce que pourrait devenir ce nouveau Sénat et le rôle qu'il pourrait avoir notamment après la présidentielle c'est pour ça qu'on a titré dernière élection avant la présidentielle on va tout de suite esquisser le futur décor avec Alexandre Poussard chronique
musique
à retardement on
va
être transparent la musique elle démarre un peu plus vite normalement mais Alexandre Poussard est arrivé alors les enjeux politiques de ce scrutin dimanche on le rappelle c'est dimanche soir la moitié du Sénat qui est renouvelée lors de ces élections 178 sièges de sénateurs sur 348 des sénateurs qui sont élus dans chaque département par un collège de grands électeurs composés en grande majorité 95% de conseillers municipaux cela signifie que le résultat des élections municipales de mars dernier donne une indication sur ce qui va se passer dans ces élections sénatoriales et sur l'évolution de la haute assemblée alors est-ce qu'on s'attend à de grandes évolutions dans les rapports de force politique alors pas de suspense il n'y aura pas de révolution de grands basculements politiques au Sénat la majorité sénatoriale devrait rester à droite et au centre mais il y a quand même des enjeux intéressants à observer d'abord le groupe Les Républicains en bleu le premier groupe du Sénat avec 131 sénateurs il pourrait perdre quelques sièges et voir son poids diminuer au sein de la majorité sénatoriale face à l'autre pilier de cette majorité le groupe centriste en orange qui est composé actuellement de 59 sénateurs et qui compte bien grappiller quelques sièges devenir le deuxième plus grand groupe du Sénat dépasser les socialistes en tout cas c'est l'objectif pour les centristes et puis former un bloc central important au sein de la Haute Assemblée aux côtés des sénateurs du parti Horizon d'Edouard Philippe le groupe Les Indépendants en rose et puis aux côtés également des sénateurs macronistes du groupe RDPI donc la taille de ce bloc central au Sénat sera intéressante à observer à gauche l'enjeu c'est de limiter la casse pour les socialistes et les écologistes en rose et en vert le but c'est de ne pas perdre de siège c'est pour ça que ces deux familles politiques ont fait des listes d'union dans ces sénatoriales face à des
listes
de la France insoumise la France insoumise
qui espère l'élection d'un premier sénateur insoumis mais ce sera compliqué et puis le plus gros enjeu politique c'est le score du Rassemblement national et de ses alliés de l'UDR d'Éric Ciotti actuellement l'URN a trois sénateurs qui sont non inscrits mais après les bons résultats d'URN et de l'UDR aux dernières municipales notamment dans le sud de la France il serait probable que cette famille politique ait plus de dix sénateurs et puisse donc former un groupe politique au Sénat et ça change quoi d'avoir un groupe au Sénat politiquement qu'est-ce que ça changerait pour le RN ?
alors c'est très important au-delà du symbole avoir un groupe politique au Sénat donne des moyens financiers supplémentaires davantage de temps de parole pour le Rassemblement national au Sénat autre point crucial un futur groupe RN-UDR pourrait lancer une commission d'enquête et on sait l'importance des commissions d'enquête il disposera aussi d'un temps de débat parlementaire réservé dans lequel il pourra mettre à l'ordre du jour ses textes de loi ses propositions de loi et puis si jamais à dimanche soir le RN et l'UDR font un bon score par rapport aux prévisions c'est-à-dire avoir plus de 15 sénateurs il pourra entrer au bureau du Sénat le bureau du Sénat c'est l'instance qui prend les décisions importantes dans le fonctionnement de la Haute Assemblée Merci beaucoup Alexandre Poussard Antoine Elgul est-ce que ce n
'est
pas finalement normal
qu
'il y
ait
un groupe RN au Sénat vu les scrutins les scores du parti le péniste au précédent scrutin
J'interroge le terme normal si vous me dites que c'est logique je pense qu'effectivement si nous avons eu des municipales qui sont ce qu'elles sont et donc probablement que nous aurons un groupe du Rassemblement national moi je dis que les urnes vont parler et elles parleront et on acceptera de toute façon le verdict des urnes c'est notre rôle je dis également que nous affronterons démocratiquement et dans l'hémicycle ces sénateurs du Rassemblement national pour les idées qu'ils portent parce que rien ne nous rien ne nous lie et rien ne nous allie dans notre corpus idéologique donc nous ne les accueillerons pas les bras ouverts et avec bienveillance bien entendu
c'est vrai que ça peut sembler incongru Dominique Rousseau qui n
'est
pas eu de groupe Rassemblement national plutôt au Sénat je sais bien qu'il y a cette stabilité il y a ce décalage dans le temps et c'est aussi pour ça qu'il
y
a ce mode de scrutin mais quand même même dans l'image du Sénat dans une partie de l'opinion publique
c
'est pas incongru dans la mesure où vous le rappelez les élections sénatoriales c'est en quelque sorte le troisième tour des élections municipales donc jusqu'à présent l'implantation du RN dans les communes était relativement faible ils gagnaient évidemment aux législatives à l'Assemblée nationale puisque là le scrutin est direct mais c'était plus difficile parce qu'ils n'avaient pas de communes pas de départements pas de régions là ils en ont donc ils vont rentrer dans le Sénat c'est effectivement comment dire la réplique
au
niveau sénatorial du résultat des élections aux municipales aux départementales et aux régionales et ils rentrent au Sénat comme en Allemagne l'AFD rentre dans le parlement régional de deux
régions du nord-est en ancienne région de la région
Sachs, Annal et d'autres la Pomeranie je crois oui donc voilà ils remportent les élections ils rentrent dans les institutions vous me dites c'est logique par rapport aux résultats qu'ils obtiennent dans les municipalités avec quand même un enjeu Tam puisque on l'a vu dans notre reportage d'ouverture notamment ces départements du Sud et en l'occurrence c'était les Alpes-Maritimes l'UDR d'Éric Ciotti peut être pour arrêt peut-être aussi puissant que le Rassemblement National donc ce serait un groupe commun avec un enjeu de présidence qu'est-ce qu'on peut en dire ?
Oui il
y
a de fortes chances pour que ce soit le groupe Rassemblement National et ses alliés de l'UDR et que ce ne sera peut-être pas le nom Rassemblement National qui sera choisi alors très majoritairement les candidats sont Rassemblement National il y
a
seulement 7 têtes de liste UDR mais parmi ces têtes de liste certains ont vraiment de fortes chances et même ça peut aller plus loin dans la liste on l
'a
vu le cas dans les Alpes-Maritimes où ils espèrent faire 2, 3 sièges donc 3 sièges c'est quand même très important on a rappelé qu'il y
a
seulement 3 élus Rassemblement National aujourd'hui et d'ailleurs l'une des questions qui se pose c'est selon la place de l'UDR au sein de ce groupe est-ce qu'on va se retrouver plutôt avec un président de groupe UDR ou un président de groupe Rassemblement National il y a beaucoup de questions qui se posent là-dessus ça peut faire moins peur aussi pour pouvoir aimanter peut-être un certain nombre de personnes des hésitants qui pourraient aussi changer de Kazakh du côté de LR par exemple et aller vers ce nouveau groupe
alors n'hésitez pas à participer à l'émission à poser vos questions à nos invités à nos experts et une première question qui nous vient de Cachan c'est Flavien qui se projette si le Rassemblement National arrive à l'Élysée le Sénat pourra-t-il jouer un rôle de contre-pouvoir David Bellamy c'est vrai que dans ce cas de figure il y
en
a beaucoup d'autres on est à 7 mois du premier tour de la présidentielle mais dans ce cas de figure le Sénat qui sera élu dimanche
ce
sera le même dans les 2 ans qui suivent l'élection du futur ou de la future locataire d'Élysée bref donc il y aura un rôle du Sénat qui
sera
intéressant à analyser comme historien je suis plutôt tourné vers le passé
que
vers le rôle de Mme Irma mais effectivement ça permet de dire que le Sénat il a aussi un rôle très important dans le domaine de la protection des libertés on l'a vu assez souvent dans son histoire si je remonte un peu en arrière à l'époque où la République avait été menacée par que pour certains historiens ce qui a été l'origine du populisme en France je veux dire le danger du général Boulanger dans les années 1885 le Sénat a eu un rôle important et les républicains ont compté sur le Sénat pour défendre la République si les boulangistes emportaient la Chambre des députés et d'ailleurs c'est à ce moment-là que les plus radicaux des républicains se sont ralliés et ont accepté l'existence définitive d'un Sénat on l'a vu en 1971 lorsque il y a eu cette saisine du Conseil constitutionnel par le président Poher qui a abouti à cette grande décision qui a élargi la base sur laquelle se base le Conseil constitutionnel pour juger de la validité ou pas des lois le fameux bloc de constitutionnalité le Sénat peut avoir un rôle à jouer dans ce cas-là et là encore un rôle de pouvoir de stabilisation et de protection des libertés
et
ça n'est pas rien dans l'hypothèse que vous présentez à l'instant jusqu'alors le Sénat par le fait qu'il ait une autre représentation de la France que l'Assemblée nationale il représente les collectivités le grand conseil des communes de France
avait
été protégé en quelque sorte des radicalités alors des radicalités populistes aujourd'hui il n'y a pas d'élus de la France insoumise il y a très peu trois élus du Rassemblement national ce qu'on appelle le bloc central à l'Assemblée nationale c'est 90% des sénateurs donc cette autre manière de représenter le pays peut être aussi un moyen de protéger les libertés si jamais elles étaient attaquées Dominique Rousseau je vous vois un peu dubitatif je serai un peu un peu nuancé alors vous avez raison dans l'histoire effectivement sous Boulanger la troisième république je suis d'accord dire que sous la et même que le le Sénat dans la période récente sous la cinquième et même sous la quatrième
et
même sous la troisième c'est quand même lui qui a fait tomber Blum sous la cinquième république c'est quand même le Sénat qui a été excusez-moi de parler ça à public sénat mais qui a quand même favorisé des lois qui portaient atteinte aux libertés les lois sur l'immigration les lois du plomb etc donc
et
c'est le conseil constitutionnel
qui
est intervenu pour défendre le droit à la santé pour défendre l'égalité entre les hommes quelles que soient leurs origines donc le Sénat veut se donner ce rôle de défenseur des libertés mais on voit que chaque fois quand le Sénat est intervenu comme pouvoir dans la fabrication de la loi et non pas comme contre-pouvoir chaque fois qu'il est intervenu après l'Assemblée nationale pour élaborer la loi ça a toujours été pour restreindre les libertés il suffit de rappeler par exemple que je ne sais plus exactement les dates mais dans 1900 enfin vous me le direz mais le Sénat a bloqué le vote des femmes alors que l'Assemblée nationale avait voté pour et le Sénat à plusieurs reprises a voté contre on ne
peut
pas dire
que le Sénat soit qui ne peut pas être conservateur d'ailleurs
conservateur
de nature d'ailleurs je vais prendre la même
question qui est la question de notre téléspectateur pardon de vous demander de vous projeter de faire un peu de politique fiction mais comment vous imaginez le rôle du Sénat celui qui sera élu dimanche après la présidentielle
alors
tout va dépendre évidemment de quatre figures rassemblement national Marine Le Pen écoutez il sera comme il est actuellement c'est à dire il essaiera de faire des compromis et si effectivement il y a un rôle important il y a un groupe pardon important du RN si les LR aussi certains qui sont assez mouvants vers l'UDR et le RN le Sénat ne serait pas me semble-t-il une gêne pour une présidence
de la candidature alors Antoine Dénigle d'abord
et ça ensuite Antoine Dénigle
moi
je voudrais dire parce que nous venons publier aujourd'hui même avec les écologistes je ne sais pas si vous l'avez vu un rapport qui a été réalisé et qui pose une question très simple si un pouvoir autocratique aujourd'hui était élu enfin aujourd'hui dans quelques mois est élu comment nos institutions pourraient résister à ce pouvoir autocratique et nos institutions dans un sens large du terme pour se rendre compte en fait que notre constitution comporte des failles importantes et vous le savez sans doute j'allais dire plus précisément que moi qui pourraient permettre à la fois de contourner le Parlement et donc de nous enlever tout pouvoir et y compris j'allais dire le pouvoir d'être un contre-pouvoir qui nous permettrait d'affaiblir l'indépendance de la justice et de prendre le contrôle des médias
et
donc ce rapport là est sorti aujourd'hui et il lance effectivement un certain nombre de pistes de travail aujourd'hui pour renforcer les contre-pouvoirs et réussir à éviter que cela ne se produise aussi facilement car ce qu'a montré ce rapport c'est que c'est la durée nécessaire pour pouvoir prendre un contrôle total à la fois des institutions et des contre-pouvoirs en France cette durée est très très faible par rapport à l'ensemble des pays européens qui ont eu droit à cette même étude et en France on est à 18 à 24 mois quand les autres sont plutôt à 3 ou
4 mois un mot de réponse et je
tape
je reviens vers vous juste après c'est promis un mot de réponse alors directement à la question si Marine Le Pen remporte les élections elle l'a dit Rotaillot aussi d'ailleurs l'a dit c'est pour ça qu'il y
a
des connexions possibles
ils
ne passeront pas par le Parlement
l
'Assemblée nationale ou le Sénat ils passeront par le référendum pour contourner le Parlement et l'Assemblée nationale et le Sénat et on va trouver qui alors là comme vrai contre-pouvoirs de blocage le Conseil constitutionnel on y revient le Conseil c'est pour ça que je dis que le contre-pouvoir il est dans la presse et il est au juge constitutionnel parce que dans la configuration actuelle et de l'Assemblée nationale et du Sénat même si Marine Le Pen en tant que présidente pourrait jouer de toute façon ils ont prévu de contourner
le Parlement je reprends la main parce que le temps
a filé c'est ce
qui prouve que ce débat est passionnant et
on n'a pas encore vraiment parlé en détail des commissions d'enquête et de ce rôle donc on va zoomer maintenant sur les commissions d'enquête alors il y
en
a eu beaucoup mais l'une des plus frappantes concernait l'usage immodéré par le pouvoir macroniste des cabinets de conseil ce qui amenait à l'époque la sénatrice communiste Eliane Assassi à questionner l'influence de ces entreprises privées et souvent anglo-saxonnes sur la politique publique écoutez
qui
décide des politiques publiques qui
décide des politiques publiques
dans notre pays est-ce qu'on laisse la main au privé ou est-ce que c'est notre gouvernement l'État et notre administration qui tracent les lignes de nos politiques publiques or on s'aperçoit que là aussi il y
a
une ligne de crête c'est-à
-dire
qu'on passe facilement
de
l'autre côté
2022 ça nous rappelle une période Covid bref plusieurs commissions d'enquête parlementaires Tam ont abouti récemment à des lois on va
commencer par là on va être très clair ce n'est pas une constante ce n'est pas une règle loin de là d'ailleurs la commission d'enquête la plus célèbre récemment celle sur Alexandre Benalla en 2018 n'a donné lieu à aucune loi et pour cause c'était pas du tout l'objectif elle était là pour éclaircir des situations pointer des responsabilités et même finir par saisir la justice mais tout de même récemment on a pu observer une forme d'emmêlement d'entremêlement de la fonction de contrôle donc la fonction de la commission d'enquête et de la fonction législative celle de la fabrique de la loi je pense notamment à la loi de juin 2025 sur le narcotrafic qui a émané des travaux de la commission d'enquête transpartisane LR socialiste qui avait rendu ses conclusions un an plus tôt actuellement on a aussi par exemple le travail qui est en train d'être fait par la commission d'enquête sur les agences qui s'est transformée attention jargon en commission spéciale sur l'agentification c'est-à-dire que cette commission spéciale travaille à l'élaboration d'une loi qui suit les conclusions de cette commission d'enquête qui a rendu ses conclusions elle-même à l'été de 2025 en clair on a pris les mêmes sénateurs on recommence avec l'objectif d'aboutir à une loi pour fusionner regrouper les agences dégraisser le mammouth comme dirait l'autre bref les rapports des commissions d'enquête ne servent donc pas toujours à caler des armoires nous
voilà rassurés donc tant elles permettent aussi alors ça c'est très intéressant de construire de produire du consensus qui
aurait pu dire que LR et PS en l'espèce Etienne Blanc LR tendance union des droites et le socialiste Jérôme Durin devenu depuis président de région pourrait s'entendre sur un sujet régalien comme le trafic de drogue imaginez que la commission d'enquête sur Total Énergie a tout de même permis de mettre d'accord le LR Roger Carucci et l'écologiste Yannick Jadot on peut vous dire que c'était pas du tout gagné d'avance leurs relations ont été très tendues même Roger Carucci a été nommé presque pour mettre des bâtons dans les roues et cela s'est finalement terminé tout miel cela vient donc illustrer l'une des caractéristiques des commissions d'enquête leur dimension pluraliste qui est un principe qui est une règle le groupe qui demande la commission d'enquête a soit le poste de président soit le poste de rapporteur et l'autre poste phare est forcément occupé par quelqu'un d'une couleur politique opposée et c'est la plupart du temps une force quand ça n'implose pas ce pluralisme et cela permet de bâtir du consensus et c'est un consensus aujourd'hui d'autant plus précieux d'autant plus recherché que la machine de la fabrique de la loi aujourd'hui est complètement grippée toutes les réformes d'ampleur les projets de loi donc gouvernementaux sont bloqués à l'Assemblée depuis la dissolution de 2024 en l'absence de majorité donc si vous avez fait une partie du chemin via une commission d'enquête
c
'est toujours ça de fait
Oui
mais alors pour arriver au bout du chemin législatif c'est loin d'être un long fleuve tranquille
Et oui les obstacles peuvent être nombreux avant d'arriver au graal de la promulgation de la loi par exemple actuellement on en parlait la proposition de loi sur les cabinets de conseil la proposition de loi McKinsey elle est bloquée dans la navette parlementaire
petit
rappel la commission d'enquête constituée à
l
'initiative du groupe communiste on a vu sa présidente son ex-présidente Eliane Assassi avait permis à un tandem LR communiste de travailler main dans la main ils avaient conclu que le recours gouvernemental à des cabinets de conseil était je cite un phénomène tentaculaire ça avait révélé que l'état avait dépensé en 2021 plus d'un milliard d'euros en prestations de cabinet de conseil et que dans le même temps McKinsey n'avait payé aucun impôt sur les sociétés en France
la
loi qui en découle a donc pour objectif simplement d'encadrer le recours par l'état aux consultants elle a été adoptée tenez-vous bien deux fois au Sénat une fois à
l
'Assemblée elle dort depuis 800 jours dans les cartons par contraste la justice a finalement avancé plus vite puisque le parquet national financier a lui annoncé une saisie de 65 millions d'euros dans l'enquête pour fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey rappelons que les investigations du PNF elles avaient débuté à la suite des travaux de la commission d'enquête
Effectivement merci beaucoup Tam est-ce que vous mâchez parfois le travail des juges Antoinette Alors
c'est possible tout à fait alors moi pour avoir travaillé sur l'affaire Nestlé Waters et pour avoir sur à la fois une mission d'information et une commission d'enquête travaillée j'allais dire presque en même temps que la procédure judiciaire puisque ça a été le cas pour Nestlé Waters dans les Vosges avec Vittel Contrex et Épargne Contrex et Épargne pardon et c'est le cas maintenant pour Vergès puisqu'il y a bien aujourd'hui une enquête en cours une enquête judiciaire en cours sur Est
-ce que vous le faites dans cet esprit-là
?
Alors non l'esprit d'une commission d'enquête enfin il peut y en avoir plusieurs mais une des motivations c'est effectivement de faire un travail de transparence et de recherche de vérité lorsqu'on est dans des là par exemple dans un cas de fraude ou dans d'autres cas dans des systèmes qui sont opaques ou qui ne sont pas bien connus du grand public ou de nous-mêmes parlementaires et bien la commission d'enquête sert justement à faire ce travail de transparence et quand ce travail de transparence amène à voir une fraude un délit un problème un problème en lien avec la loi et bien effectivement ça peut donner lieu à une question enfin à une poursuite judiciaire mais ça n'est pas l'objectif initial
l'objectif
initial c'est vraiment de nous permettre de pouvoir après légiférer correctement sur tel ou tel sujet
allez-y non non pardon vous
voulez
intervenir allez-y je
n'ai pas obligé
de passer par ma question non mais pour aller dans votre sens avec peut-être une question de vocabulaire ça s'appelle commission d'enquête et c
'est
là que ça pose peut-être un problème le public que vous avez posé les juges qui font des enquêtes les juges ou les journalistes d'investigation qui font des enquêtes j'aurais préféré commission de contrôle
parce
que le rôle de l'Assemblée nationale enfin je parle sous votre contrôle mais Walter Bageo qui a été un des grands penseurs du régime parlementaire disait que la première fonction du parlement c'est la fonction de contrôler on pense toujours que la première fonction du parlement c'est de faire les lois mais les parlements ont été inventés pour contrôler l'usage par le roi à l'époque des données publiques et pas pour faire la loi je pense que la dénomination commission de contrôle permettrait d'éviter ce chevroissement avec le
juge
mais
là il faudrait modifier la constitution
mais ça montre ça montre quoi
?
ça montre que le travail que vous faites
est
un travail de pouvoir législatif on y revient puisque tout ce que vous faites conduit à l'élaboration de loi vous l'avez démontré je repense ce que Tam nous disait sur la fabrique du consensus David Bellamy est-ce que c'est plus simple ici au Sénat qu'à l'Assemblée nationale ? l'histoire l'histoire le montre alors ça n'est pas toujours l'histoire récente mais même l'histoire un peu plus ancienne oui oui c'est beaucoup plus c'est beaucoup plus facile parce que
le
Sénat est un endroit habituellement où les idéologies sont moins brutalement exprimées même dans la forme il
y a
une courtoisie qui est dans les gènes là aussi du Sénat les débats sont plus clairs en général moins biaisés par des sous-entendus politiques
puis
il
y a
un autre point aussi à souligner au sujet des commissions d'enquête qui gagneraient à devenir des commissions de contrôle comme vous dites
et
là il faut rendre à Public Sénat ce qui revient à Public Sénat c'est le rôle de la médiatisation de ces commissions d'enquête parce que qui connaissait avant 2017 et la trentaine de commissions qui a eu lieu depuis 2017 qui connaissait le travail de commissions d'enquête et donc cette forme de contrôle du gouvernement le grand public pas vraiment et il faut on sait le succès alors en particulier pour au moment de l'affaire Benalla mais pas seulement d'autres commissions d'enquête plus récentes grâce à votre chaîne beaucoup beaucoup de français qui ne sont pas forcément des gens qui sont très politisés ont pu suivre les débats et voir la complexité du travail du parlementaire au quotidien avec quand même un petit risque Antoine Edgul c'est qu'il
y ait
une condamnation médiatique avant que la justice fasse son travail
alors
il est intéressant l'impact médiatique mais c'est aussi parce que les sujets sont des sujets qui concernent le quotidien des citoyens ou en tout cas un sujet qui amènent les citoyens à pouvoir l'approfondir puisque la plupart des commissions d'enquête sont publiques parce que vous faites aussi ce travail d'information et ça permet en fait aux citoyennes et aux citoyens de pouvoir s'approprier des sujets et des sujets importants que ce soit sur le financement alors là moi je pense par exemple à la commission d'enquête de Fabien Guay sur les aides publiques aux grandes entreprises
on a
mis six mois alors moi j'étais dans cette commission d'enquête mais on a mis six mois pour pouvoir et comme le chiffre n'existait pas et que personne n'était capable de
dire à Bercy personne n'était capable
de vous dire voilà combien
d'argent l'État
chaque année distribue aux
entités de différentes formes
les premières réunions les premières auditions de cette commission d'enquête ont montré que personne n'était capable de fournir le même chiffre si bien qu'il a été décidé je pense que c'est Fabien Guay et son président M. Rittmann qui ont décidé de faire établir ce chiffre par le Sénat de manière incontestable et maintenant nous pouvons dire que ce chiffre est de 211 milliards de manière absolument certaine et c'est un chiffre qui a été validé donc c'est ça aussi c'est d'apporter de la clarté dans un débat qui est complexe et les commissions d'enquête elles vont servir à ça elles servent à ça aussi
Alors avec soyons pas angéliques non plus il
y
a aussi un objectif il peut y avoir aussi un objectif politique Dominique Rousseau dans le choix d'une commission d'enquête pour fragiliser le pouvoir en place le gouvernement en place etc. Bien
sûr
si vous voulez les commissions d'enquête sont faites effectivement pour permettre au Sénat de remplir son rôle de contrôle contrôle de la gestion des services publics contrôle des dysfonctionnements etc. Mais évidemment la médiatisation nécessaire de ces commissions d'enquête conduit à une instrumentalisation par les partis d'opposition c'est inévitable donc on ne
va
pas supprimer les commissions d
'enquête le rôle de contrôle du
Sénat parce qu'il y a une utilisation qui en est faite par les hommes politiques c'est pour ça que le mot le mot enquête peut gêner peut gêner mais vous l'avez la première réaction la première question que vous avez posée c'est celle-là c'est les juges est-ce que vous ne
faites
pas le travail des juges et toujours lorsqu'il
y a
une commission d'enquête c'est la question qui est posée une
seconde
je veux dire que nous avons des pouvoirs d'enquête lorsque nous avons une commission
d'enquête et donc
je ne suis pas tout à fait certaine que ce terme soit mal choisi puisqu'on nous en a même donné le pouvoir celui qui est de pouvoir auditionner qui nous souhaitons et de pouvoir obtenir les documents que nous souhaitons avec des réponses sous serment et donc c'est bien une enquête
Merci beaucoup merci à toutes et à tous d'avoir participé à ce débat je vous dis à très bientôt sur l'antenne de Public Sénat voilà c'est la fin de ce sens public rendez-vous demain 18h 22h pour une nouvelle émission elles sont disponibles nos émissions nos débats sont disponibles sur publicsénat.fr ou à réécouter à découvrir en podcast et notez que demain le sociologue Jean Viard sera l'invité d'Oriane Mancini dans la matinale de la chaîne belle soirée
c
'était le sens public avec la banque postale la banque pour avoir un temps d'avance sur le développement de votre territoire la banque postale citoyenne
c
'est très très bien que chacun donne son avis c'est la liberté d'expression mais tous les avis ne se valent pas c'est ça le problème l'égalité de droit dérive insidieusement en égalitarisme parce que nous sommes tous égaux en droit nous serions équivalents en tout et pourquoi mes jugements vaudraient moins que les vôtres puisque nous sommes égaux en droit elle est une philosophe
ancrée
dans le réel elle bouscule le prêt-à-penser et refuse toutes les formes de conformisme se libérer des carcans identitaires managériaux et idéologiques c'est son mot d
'ordre
Julia Dufines et c'est notre invité dans un monde un regard
un
monde un regard vendredi à 17h30 sur publicsénat et sur publicsénat.fr
Éric Schwamm juif autrichien est arrivé au Chambon en 1943 avec son père et sa mère il lègue la totalité de son héritage à la commune française du Chambon-sur-Lignon
bonjour
à tous le montant de la donation de monsieur Schwamm serait de 3 475 000 euros
je
ne pensais pas que ce monsieur était riche comme ça
ce
que l'on sait c'est qu'ils
sont autrichiens ma mère m
'a
expliqué que la famille Schwamm était au grenier
c
'était l'entreprise
le
Chambon-sur-Lignon un lègue pour l'histoire vendredi à 22h sur publicsénat et sur publicsénat.fr
publicsénat se mobilise pour vous faire vivre en direct les élections sénatoriales ce dimanche 27 septembre
dès midi et jusqu'au soir avec Thomas Steve Jourdin Alexandre Poussard et nos envoyés spéciaux nous vous donnerons tous les résultats des 63 départements concernés par ce scrutin
et
les enjeux ils sont nombreux vous allez le voir la droite et le centre vont-ils conserver la majorité le rassemblement national et ses alliés vont-ils passer ce cap des 10 sénateurs créés pour la première fois un groupe parlementaire
les
socialistes resteront-ils la deuxième force politique du Sénat un sénateur la France insoumise peut-il faire son entrée dans la chambre haute
et
puis autre question ce nouveau Sénat quel sera son rôle de contre-pouvoir face au futur ou à la future locataire de l'Elysée
vous
le voyez les enjeux sont riches et passionnants on vous attend donc nombreux ce dimanche à partir de midi sur Public Sénat
soyez là