Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 7 février 2026 63 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéEurope & international

Cargo russe : Trump défie Poutine - C dans l’air - 08.01.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse directe

    Quels sont les derniers développements sur la saisie des cargos par les États-Unis ?

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Que sait-on de l'incident impliquant l'ICE à Minneapolis ?

  • 7:49OuverteRéponse directe

    Comment les Américains réagissent-ils à ces images ?

  • 18:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que Trump tient ses objectifs en termes d'expulsions d'immigrés ?

  • 19:20OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a une Amérique qui se réveille face à ces images ?

  • 22:59OuverteRéponse directe

    Peut-on faire un lien entre la saisie des cargos et la volonté de Trump de tourner la page sur l'affaire Epstein ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:29R.WerlyFait
    « On a un cas très clair. C'est pour ça que mon article est intitulé "vous pouvez être tué en pleine rue". »
  • 4:12V.JollyFait
    « On se souvient de toutes ces histoires, G.Floyd, évidemment. »
  • 6:20A.DeysineFait
    « La droite dit que ce sont des terroristes intérieurs. Ca n'existe pas, en droit pénal. »
  • 14:10J.FreyFait
    « C'est de votre faute. C'est à vous de partir. »
  • 14:54Chiffre
    « Depuis son retour au pouvoir, D.Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'une de ses priorités. 70 millions de dollars dépensés, recrutements massifs... Objectif: expulser 1 million d'immigrés par an. »
  • 17:07R.WerlyFait
    « C'est une agence fédérale, une agence du gouvernement américain. La qualifier de "milice" n'est pas approprié. »
  • 18:36R.WerlyChiffre
    « J'ai vu des chiffres beaucoup moins importants que ça en termes d'arrestations et d'incarcérations. »
  • 29:28R.WerlyFait
    « Ces gens sont en train de s'esclaffer quand D.Trump dit qu'il va régler le compte au Groenland. »
  • 30:48Fait
    « Le Marinera, un cargo sous sanction depuis 2024 pour ses liens avec le Hezbollah libanais. »
  • 32:15A.DeysineFait
    « Il peut faire ce qu'il veut, mais il faudra que D.Trump se rende compte qu'il y a une Constitution aux États-Unis... »
  • 33:42Fait
    « La Chine, qui utilise l'essentiel du pétrole vénézuélien, s'indigne: "Cela constitue un acte d'intimidation caractérisée, une violation grave du droit international et une atteinte à la souveraineté du Venezuela." »
  • 36:25A.DeysineFait
    « Est-ce que le fait que S.Witkoff était à la réunion de la Coalition des volontaires, c'est un signe pour montrer que Trump va finalement changer de posture vis-à-vis de V.Poutine ? »
  • 41:20R.WerlyFait
    « Pour la Chine, c'est très différent de la Russie. La Chine a besoin du pétrole vénézuélien, mais elle a beaucoup d'autres sources de pétrole. »
  • 57:07A.DeysineFait
    « Des chercheurs ont été mis dans l'équivalent de centres de rétention parce qu'ils ont critiqué la politique de Trump. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Mais l'idée est de donner du sens. ... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue dans "C dans l'air". Ce matin, devant les ambassadeurs, E.Macron a dénoncé la dérive américaine, en quelque sorte, évoquant une "agressivité néocoloniale et un nouvel impérialisme". Washington s'affranchit des règles internationales. Le dernier épisode en date témoigne de la dernière offensive de la Maison-Blanche. Les forces armées américaines ont saisi 2 cargos pétroliers, dont un russe, en mer des Caraïbes. Moscou a dénoncé l'usage de la force par les Etats-Unis, mais l'Amérique de Trump revendique désormais clairement la mainmise totale sur le pétrole vénézuélien, où que ce soit dans le monde. C'est une stratégie de prédation et de domination, quitte à tenter le bras de fer avec les autres empires. Avec nous pour en parler, N.Bacharan. Vous êtes historienne et politologue, spécialiste des Etats-Unis. Je rappelle votre livre, "Requiem pour le monde libre". V.Jolly, vous êtes grand reporter au "Figaro".

1:22

Votre dernier article est à propos de Trump et du Venezuela. R.Werly, vous êtes éditorialiste international pour le média suisse Blick. Je cite votre article: "Aux Etats-Unis, les agents de Trump peuvent vous tuer dans la rue." Voici votre livre: "Cette Amérique qui nous déteste". A.Deysine, vous êtes juriste et politologue, spécialiste des Etats-Unis. Ce soir, nous sommes en direct du Colorado avec A.Bauer. Vous êtes professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers. Vous enseignez à Paris et à New York sur les questions

2:05

de sécurité, de défense et de renseignement. Je cite votre livre, "Déclinocène". Merci de participer à ce "C dans l'air". Nous allons revenir sur la tension entre Washington et Moscou sur cette affaire de cargos, mais revenons sur ces images. Elles ont choqué l'Amérique. Une mère de famille de 37 ans abattue alors qu'elle tentait de s'opposer à l'intervention des agents anti-immigration de l'ICE. ... Coups de feu. - C.Roux: Ces images ont une partie de l'Amérique. Que sait-on de ce qu'il s'est passé? - R.Werly: On sait ce qu'il y a sur les images. Il y a clairement un refus d'obtempérer de cette dame. Il n'y a, à aucun moment, de mise en danger des agents qui sont autour d'elle. Ils l'arrêtaient dans le cadre de cette opération déclenchée à Minneapolis il y a quelques jours, toujours la même chose. Les agents de l'ICE viennent en masse pour rafler,

3:29

littéralement, les migrants supposés illégaux. Vous avez des activistes qui essaient de s'interposer, soit en conseillant ces migrants, soit en les cachant ou en essayant d'empêcher la progression des agents. Là, on a un cas très clair. C'est pour ça que mon article est intitulé "vous pouvez être tué en pleine rue". Il est évident qu'ils voient dans le pare-brise qu'elle est seule au volant, et ils tirent quand même et l'abattent. - V.Jolly: C'est un drame. C'est un pays où il y a 40 000 morts par balles par an, entre 600 et 1000 abattus par la police chaque année.

4:12

On se souvient de toutes ces histoires, G.Floyd, évidemment. Ce qui est sidérant, c'est la justification par le président et le vice-président de ces images. Images à l'appui, ils disent: "Non, pas du tout. Elle est en tort." On lui met 3 balles, apparemment, dans la tête. Un médecin s'est porté volontaire pour lui porter secours. Les agents de ICE ont refusé qu'il s'approche. Même avec tout ça, avec l'éloquence de ces images, le président et le vice-président de la 1re puissance mondiale le justifient. - N.Bacharan: C'est glaçant.

4:55

Le président, le vice-président et la ministre de la Sécurité nationale, de la Sécurité domestique, qui dit que c'est du terrorisme. D.Trump, face aux images, dit qu'elle a foncé sur les agents. Les images disent le contraire. Je ne sais pas si, pour vous, Richard, le refus d'obtempérer n'est pas totalement clair. Elle ouvre sa portière, fait signe aux agents de passer. Elle n'a pas l'intention de les bloquer absolument. Il y a un mouvement des roues qui peut indiquer qu'elle va partir, mais elle n'en aura pas le temps.

5:38

A un moment, ce n'est plus elle qui conduit. Elle s'est pris 3 balles dans la tête et ne contrôle plus son véhicule. On a affaire à des agents de ICE qui ont un sentiment de toute-puissance. - A.Deysine: Il y a un nouveau slogan: "Ce que vous croyez, c'est ce que vous voyez". On a un bon exemple. La droite dit que ce sont des terroristes intérieurs. Ca n'existe pas, en droit pénal. Aucune loi ne sanctionne le terrorisme intérieur et considère que cette dame a mis en danger la personne. J'ai vu d'autres vidéos. Il semblerait qu'il n'y ait pas photo, si j'ose dire. Pourtant, toute la droite est vent debout. La justice, théoriquement, n'est pas censée infléchir le cours de la justice.

6:20

Or, cette présentation mensongère a immédiatement été répercutée par les réseaux sociaux. Ca rend très difficile un procès. On n'en est pas là. Il va y avoir une enquête, dans un monde normal, du service ICE pour voir si c'était légitime de tirer, si les agents sont suffisamment formés, ce qui n'est sans doute pas le cas. Grâce aux milliards de dollars votés pour augmenter ICE, ils recrutent à peu près n'importe qui et la formation semble accélérée et insuffisante. Dans ces cas-là, il y a une enquête avec le FBI et le procureur. Là, compte tenu de la politisation de ces services, est-ce qu'il y aura une vraie enquête? On sait que les services de l'Etat vont porter l'affaire en justice devant la justice de l'Etat.

7:04

Mais ils ne peuvent pas poursuivre au pénal. Ils pourront poursuivre en vertu de la loi sur les droits civiques, de manière à obtenir un dédommagement. C'est pas ça, le problème. La vérité est déjà entachée par cet énorme mensonge répercuté avant même qu'on voie les vidéos, avant même que le type de ICE ait une caméra. Si ça se trouve, on va le voir tirer à bout portant sur la conductrice. - C.Roux: Le maire de Minneapolis dit à ICE: "Cassez-vous de Minneapolis." A.Bauer est en direct du Colorado. Comment les Américains ont réagi? Ca se passe à Minneapolis. On se souvient de ce qui s'était passé

7:49

après la mort de G.Floyd. Quelles ont été les réactions? Il y a une onde de choc aux Etats-Unis, ou on finit par trouver ça normal? - A.Bauer: Je vais commencer par ne pas répondre à votre question, mais commenter ce que vos 4 invités ont dit. Je voudrais les mettre en garde contre le fait de commenter trop rapidement des images qu'ils n'ont pas bien vues. Je les renvoie sur les 3 vidéos de CNN, qui n'est pas suspecté d'être pro-trumpiste ou pro-droite radicale. Ces images sont vues sous 3 angles différents. Un angle que vous avez vu et 2 autres, dont un où on voit

8:32

cette voiture toucher, je ne dis pas percuter, mais bien toucher, le 3e agent, celui qui tire. Même CNN dit qu'il faut nuancer la vision que nous avons de ce qui s'est produit. C'est un refus d'obtempérer clair et net. Les agents lui demandent de s'arrêter, de mettre la main sur la portière et à l'intérieur du véhicule. Elle redémarre. Les agents d'ICE n'ont pas le droit de tirer sur la voiture qui part. Il y a faute majeure des agents, mais elle ne porte pas sur l'interprétation faite

9:04

de ce drame, mais sur autre chose. Prudence. Attendons de voir la 4e vidéo, celle prise par l'agent de l'ICE, comme ça a été justement indiqué par ma collègue professeure. C'est sur le point technique. Un agent du FBI... Nous avons fait une analyse détaillée, milliseconde par milliseconde. Il faut relativiser les images en fonction de l'angle. - C.Roux: Je vous coupe... Vous avez raison d'appeler à la prudence dans le cadre du traitement de ces images. Prudence qu'on n'a pas eue au sommet de l'Etat, de la part de l'administration américaine. - A.Bauer: Ca, c'est certain. Ils sont partis sur leur interprétation.

9:49

Comme je l'indique, CNN, qui est un élément de neutralité relatif dans la situation actuelle... - C.Roux: Sur la réaction aux Etats-Unis et à Minneapolis... J'ajoute une question en plus. En sachant que les agents de l'ICE et leurs méthodes sont d'ores et déjà contestés dans certaines grandes villes américaines. - A.Bauer: Partout où ils interviennent, il y a des contre-manifestations. En général, ils sont cagoulés avec des véhicules non sérigraphiés. Ils ont déjà commis à plusieurs reprises des actes contestés par les citoyens ou par les autorités locales.

10:33

En général, tout ceci se passe dans des villes démocrates qui ne veulent pas d'agents de l'ICE ou d'agents de la garde nationale importés d'Etats eux-mêmes républicains. Par ailleurs, le gouvernement fédéral américain a lourdement attaqué le gouvernement du Minnesota, dont le gouverneur est l'ancien colistier de madame Harris. G.Floyd, je rappelle qu'il a été étouffé et pas tué par balles en mai 2020. Celui qui l'a tué a été condamné à 22 ans de prison. On peut, malgré tout, arriver à poursuivre des agents fédéraux quand ils commettent des actes illégaux.

11:16

Beaucoup de contre-manifestations ont commencé, y compris très tôt dans la nuit et depuis ce matin. Il y a eu quelques affrontements à Minneapolis, qui ont été résolus sans tirs. - C.Roux: Sur la réaction que ça pourrait susciter dans le pays, ces images... Une mère de famille âgée de 37 ans. - N.Bacharan: Il y a une question de proportionnalité. On peut prendre les images par plusieurs angles, a volontairement ouvert sa vitre, donc elle leur a parlé et a fait un signe pour montrer qu'ils passent. Elle avait 2 agents qui la voyaient. Visiblement, ils n'ont pas vu une arme à feu

12:00

qu'elle aurait dégainée. Elle avait les mains sur le volant. - C.Roux: Qu'est-ce que cela raconte de la manière d'intervenir de l'ICE? - N.Bacharan: Il y a beaucoup de policiers tués aux Etats-Unis, tués par balles. Les gens sont très fréquemment armés et les policiers ont très peur de ça. Mais rien n'indique, à aucun moment, que leurs vies étaient menacées. - C.Roux: Les images tournent en boucle sur les réseaux sociaux, pas uniquement aux Etats-Unis. Une femme américaine abattue au volant de sa voiture...

12:45

Refus d'obtempérer, disent les autorités. A Minneapolis, dans cette ville traumatisée par la mort de G.Floyd en 2020, les manifestations s'organisent contre la police de l'immigration. Attention, certaines images peuvent choquer. - La scène violente est filmée sous tous les angles. - Ils viennent de tirer sur quelqu'un! Cette voiture a eu un accident! Vous êtes des criminels! - Minneapolis, hier matin. Lors d'une opération de la police fédérale de l'immigration, un agent tire sur une femme au volant de son véhicule. - Comment voulez-vous que je me calme? Mais, putain, vous avez tiré sur ma voisine! Une balle sur sa putain de tête!

13:26

Comment pouvez-vous aller au travail chaque jour? - La victime est une Américaine de 37 ans, mère d'un enfant de 6 ans. Elle décède juste après ces tirs. Le maire démocrate s'indigne. - J.Frey: A la police de l'immigration, je dis: "Foutez le camp de Minneapolis. Nous ne voulons pas de vous ici. Vous prétendez être dans cette ville pour assurer la sécurité. Or, vous faites exactement le contraire." Des gens sont blessés, des familles sont déchirées, des résidents de longue date de Minneapolis qui ont tant contribué à notre ville, à notre culture et à notre économie sont terrorisés. Maintenant, quelqu'un est mort.

14:10

C'est de votre faute. C'est à vous de partir. - Rapidement, le drame fait la une des journaux américains. - L'information nous vient de Minneapolis, où un agent de la police de l'immigration a abattu une femme. - Ca s'est produit lors d'une opération liée à l'immigration. Une vidéo effrayante circule. - Pour D.Trump, les agents de police étaient en situation de légitime défense. Son administration argumente. - K.Noem: Une femme les a attaqués, eux et les personnes qui les entouraient. Elle a tenté de les percuter et de les écraser avec son véhicule. L'un de nos agents a tiré en légitime défense pour se protéger et protéger les personnes qui l'entouraient. Ca montre bien les agressions auxquelles nos agents de la police

14:54

de l'immigration et nos forces de l'ordre sont confrontés chaque jour. Ces attaques à la voiture-bélier sont des actes de terrorisme intérieur. - Depuis son retour au pouvoir, D.Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'une de ses priorités. 70 millions de dollars dépensés, recrutements massifs... Objectif: expulser 1 million d'immigrés par an. Les méthodes employées sont brutales. Hier, à Minneapolis, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur le lieu des coups de feu pour dénoncer ces opérations. - Nous devons tous être ici pour faire savoir à tout le monde qu'au bout du compte, nous n'allons pas partir parce que vous nous tuez.

15:39

Nous n'allons pas partir. Nous allons rester ici. - Un rassemblement qui rappelle les mobilisations populaires partout dans le pays après la mort de G.Floyd, en 2020. ... - Cet Afro-Américain de 46 ans avait été tué lors de son interpellation par la police. ... -5 ans plus tard, le gouverneur démocrate du Minnesota pointe la responsabilité du président américain. - Ce à quoi nous assistons, ce sont les conséquences d'une gouvernance conçue pour générer la peur, les gros titres et les conflits. C'est une gouvernance par les téléréalités. A partir de là, mon message est simple:

16:22

nous n'avons plus besoin de l'aide du gouvernement fédéral. D.Trump et K.Noem, vous en avez fait assez. - L'Américaine abattue hier est la 5e personne tuée lors d'opérations anti-immigration depuis 2024. La plupart sont mortes accidentellement en cherchant à échapper au contrôle. - C.Roux: Pour ceux qui nous rejoignent, nous allons revenir sur les tensions entre la Russie et les Etats-Unis après la capture d'un cargo russe. Nous souhaitions débuter cette émission avec les images que vous venez de voir et avec cette mère de famille de 37 ans abattue par l'ICE. Question. - R.Werly: Oui.

17:07

C'est une agence fédérale, une agence du gouvernement américain. La qualifier de "milice" n'est pas approprié. Elle est dirigée par cette femme qu'on a vue avec le chapeau, K.Noem. C'est une agence gouvernementale qui mène une chasse à l'homme. Il faut dire les choses comme elles sont. C'est une chasse à l'homme à travers les Etats-Unis pour débusquer les migrants illégaux, pour les parquer dans des prisons qui, bien souvent, il y en a une dans le Colorado, sont des prisons privées, possédées par un groupe privé coté en Bourse. C'est aussi du business. Ensuite, on transporte ces gens dans d'autres Etats. Ils ne savent souvent pas où ils sont

17:52

dans les premiers jours. La Louisiane en est un. Comme par hasard, le gouverneur de Louisiane a été nommé émissaire pour le Groenland. De là, on les envoie dans les Etats qui veulent bien les accueillir. Aujourd'hui, le gouvernement américain envoie des gens au Sud-Soudan. - C.Roux: Est-ce qu'il tient ses objectifs? C'est un peu cynique... Cet objectif est soutenu par la base Maga. Il tient ses objectifs en termes d'expulsion d'immigrés illégaux? J'ai trouvé des chiffres. Le département de sécurité intérieure annonce 400 000 personnes expulsées en moins de 250 jours et 600 000 avant la fin de l'année. C'était avant le début du mois de janvier. - R.Werly: J'ai vu des chiffres beaucoup moins importants que ça

18:36

en termes d'arrestations et d'incarcérations. Ca, c'est le volume des interpellations, les gens qu'on interpelle. Une fois passé ce sas de 2 ou 3 jours où ils ne savent pas où ils sont, des avocats s'emparent de leur cas, à cause de tous ces réseaux d'activistes. Aux Etats-Unis, ces réseaux n'ont pas arrêté de travailler, malgré la peur que fait régner l'administration. - C.Roux: Question. On a beaucoup parlé de la brutalité sur la scène internationale, évoquée par le président Macron ce matin devant les ambassadeurs. La brutalité à l'endroit des juges, des immigrés... Est-ce qu'il y a une Amérique

19:20

qui se réveille face à des images comme celles-ci? - A.Deysine: C'est très difficile à évaluer. Les sondages ne disent pas grand-chose, mais via mes amis juristes... Beaucoup sont impliqués nuit et jour. Ils aident les immigrés. Certains portent les affaires en justice lorsqu'il y a des violations de la loi ou de la Constitution. Sur le plan juridique et judiciaire, il y a un mouvement de fond. Quand on voit les manifestations, on voit que beaucoup de personnes étaient pour un resserrement de la politique de l'immigration. Biden n'a rien fait pendant 4 ans. En revanche, ils n'étaient pas prêts à ce qu'on maltraite leurs voisins. La femme qui criait dit qu'ils ont tué sa voisine. C'est ça, sans preuve, sans sommation.

20:03

Il y a un mouvement. Sur cette politique de... On ne peut même plus l'appeler de l'immigration. C'est une politique de rafles tous azimuts. Il a perdu beaucoup de soutien et il y a une vraie mobilisation. - N.Bacharan: Sur les protestations possibles... Je me souviens d'une interview de B.Dylan, qui a grandi à Minneapolis et qui disait qu'il fait tellement froid l'hiver, que ce n'est pas un pays où on peut faire la révolution l'hiver. On verra si les manifestations prennent de l'ampleur ou non. Une chose est sûre en matière de l'autre Amérique.

20:46

La situation du gouverneur, T.Walz, est très faible. C'est l'ancien colistier de K.Harris, mais tout l'Etat est pris dans une grande enquête pour la fraude par des immigrés somaliens, notamment. C'est la cible privilégiée de D.Trump. C'est une enquête pour fraude à l'aide sociale. Ca ne veut pas dire que T.Walz en est responsable, mais l'incompétence, au minimum, est là. Ce gouverneur qui, je pense, est un homme honnête, est très faible pour incarner l'opposition à D.Trump. - A.Bauer: La politique de lutte contre l'immigration, comme ceci vient d'être rappelé, est très largement soutenue.

21:30

Il y a 13,5 millions d'immigrés estimés aux Etats-Unis. C'est beaucoup. Les méthodes sont massivement décriées. C'est assez curieux. A la fin, on ne sait pas ce que ça donne. Il vient d'y avoir une mini-élection aux Etats-Unis. C'est pas les midterms, mais les demi-midterms. Les républicains ont perdu des sièges qu'ils conservaient depuis 1800. Non seulement les indépendants, mais les hommes latinos, qui avaient massivement voté pour D.Trump, en tout cas beaucoup plus que d'habitude, ont cessé d'aller voter ou revoter contre lui à cause des méthodes de l'ICE, mais pas à cause

22:14

de la politique d'immigration. Il faut le comprendre. Il y a 2 sujets. La lutte contre l'immigration massive reste majoritairement soutenue aux Etats-Unis. - C.Roux: La méthode est contestée. Question. La réponse, je vais la laisser à J.Fallon, la star des late shows américains, qui s'en est amusé. - J.Fallon: La grande nouvelle, c'est que le président Trump a envoyé des troupes au Venezuela pour capturer N.Maduro. La nouvelle a pris tout le monde par surprise. Quand j'ai entendu dire qu'il y avait une opération pour extraire un président, je me suis dit que Trump était resté coincé dans sa cabine UV.

22:59

"Aidez-moi!" En fait, la nouvelle résolution du Nouvel An de Trump, c'est de distraire tout le monde de l'affaire Epstein. - C.Roux: On peut faire un lien entre ce qui s'est passé au Venezuela et la volonté du président américain, comme le dit J.Fallon, de tourner la page d'un dossier très compliqué à gérer pour lui, et qui reste compliqué? - R.Werly: Tout le monde y pense. - V.Jolly: Il perd le ballon sur la politique intérieure, qui était son point fort. La politique migratoire est soutenue, mais le vrai succès qu'il a sur la politique migratoire, c'est d'avoir limité les entrées. Sur les expulsions, il est même plus nul qu'Obama.

23:42

En termes de chiffres, c'est désastreux. Il a joué le ballon à l'international pour s'offrir ce moment de gloire avec Maduro. Là, la politique intérieure revient lui coller aux chaussures avec l'affaire Epstein, qui ne va nulle part. - C.Roux: Pourquoi vous dites ça? - V.Jolly: Une des égéries du 6 janvier 2021, le fameux chaman, crie sur tous les toits que l'affaire Epstein est... Une partie de sa base ne lui laissera pas oublier l'affaire Epstein. La fusillade à Minneapolis est une question de politique intérieure. Chicago a dit qu'elle ne voulait plus de l'ICE chez elle.

24:26

Un demi-ballon bien joué pour D.Trump en début d'année. - C.Roux: Sur l'affaire Epstein, plus de 2 millions de documents sont à différentes étapes de leur examen et de leur publication. - N.Bacharan: Je partage l'opinion de Vincent. Il va se passer tellement de choses... Il y a beaucoup de jours où on n'en parlera pas, mais ça ne va pas disparaître. - C.Roux: Je voudrais vous montrer la une des hebdomadaires français "Le Nouvel Obs", "Marianne" et "Le Point". On voit que D.Trump s'en prend régulièrement au président français. C'est une référence à ce qui s'est passé au Venezuela. D.Trump a singé une éventuelle conversation avec E.Macron. ... - C.Roux: C'est du Trump... Est-ce qu'on s'habitue? - N.Bacharan: Il ne rapporte pas une vraie conversation. C'est un sketch extrêmement humiliant

25:51

pour un chef d'Etat étranger. - R.Werly: Ca a été dit, c'est le monde de la téléréalité de D.Trump où tout n'est que moqueries, exagérations, caricatures et spectacle. Cela dit, j'ai entendu dire des Américains que, peut-être, c'est un signe d'affection de la part de D.Trump de traiter E.Macron comme ça. - N.Bacharan: L'amour vache! - R.Werly: Tout paramètre habituel de jugement avec D.Trump ne fonctionne plus. Tout dépend des circonstances, de son humeur, de son envie, simplement, de prendre la lumière

26:34

devant les caméras. La réalité, c'est que les Etats ont des intérêts, mais lui, en plus des intérêts, il a la volonté d'humilier. - V.Jolly: Je dis qu'il est jaloux. En France, on a toujours cette tendance à s'automutiler, à s'autoflageller. Je trouve que quand un président étranger humilie le nôtre, au-delà de si on aime ou pas Macron, on devrait se sentir aussi humiliés. Il est jaloux de la France. Il a copié notre défilé du 14-Juillet. Il veut notre Arc de Triomphe. Dans sa moquerie, je ne vois pas... La meilleure moquerie est d'ignorer quelqu'un. Le fait qu'il s'en prenne à la France, et c'est pas la 1re fois...

27:17

Est-ce que c'est de l'affection et un peu de jalousie? Peut-être un peu des deux. - C.Roux: Puisque nous allons parler du cargo et de la tension internationale depuis la capture de Maduro au Venezuela et la mainmise sur les ressources pétrolières du Venezuela, qui crée des tensions avec la Russie et avec la Chine... Il y a eu une réponse d'E.Macron ce matin au contexte international. Il dit: "Les Etats-Unis se détournent progressivement de certains alliés et s'affranchissent des règles internationales." Il évoque, avec une expression assez brutale de la part du président français, "une agressivité néocoloniale".

28:00

- A.Deysine: E.Macron a été critiqué pour sa 1re réaction après le kidnapping du président Maduro. On peut considérer qu'il a fait preuve de réalisme en ne rajoutant pas d'huile sur le feu, mais on lui a beaucoup reproché de ne pas rappeler que c'était une violation, sans doute du droit interne, mais aussi du droit international, de la charte de l'ONU, de la violation de la souveraineté d'un autre Etat. A sa décharge, le lendemain ou le surlendemain, il avait la réunion en Ukraine. Il ne voulait pas fâcher D.Trump. On sait qu'il réagit très vite. Ce qu'il dit est une façon de rejoindre ce qu'avait dit le ministre des Affaires étrangères,

28:45

c'est-à-dire que c'est quand même une violation du droit international. - R.Werly: D.Trump est dans une phase où la capture réussie de Maduro à Caracas lui fait penser que tout va lui réussir. - C.Roux: Il est galvanisé? - R.Werly: Absolument. C'est l'hubris. Il y a cette scène dans l'avion où il part et vous voyez le sénateur Lindsey Graham, pourtant considéré comme quelqu'un de sage en matière internationale... Il y a le secrétaire au Commerce, également. Ces gens sont en train de s'esclaffer quand D.Trump dit qu'il va régler le compte au Groenland.

29:28

Cette équipe est en roue libre, littéralement. La difficulté, c'est que cette équipe est la 1re équipe du monde. C'est la plus puissante. S'il engrangeait encore des succès, D.Trump... Il intercepte le pétrolier. - C.Roux: On y va. On a besoin d'explications sur ce qui s'est passé et les conséquences que ça pourrait avoir. C'est une expédition qui en dit long sur les ambitions de D.Trump. Hier, les Etats-Unis ont annoncé la saisie de deux pétroliers. Moscou accuse Washington d'accentuer les tensions militaires

30:05

et politiques. - C'est une opération impressionnante menée par les garde-côtes américains en mer des Caraïbes: descente en rappel depuis un hélicoptère puis déploiement des militaires sur un pétrolier accusé de mener des activités illicites. L'opération est un succès. "Cours toujours, tu ne pourras pas te cacher", se vante la Maison-Blanche sur Twitter. Au même moment, ou presque, un autre cargo fait la une des JT américains. - Des sources viennent de confirmer que les Etats-Unis ont saisi un pétrolier dans l'Atlantique nord,

30:48

qui est lié au Venezuela. - Les Etats-Unis suivaient le Bella-1 depuis décembre. Le navire est maintenant connu sous le nom de Marinera et prétend naviguer sous pavillon russe. - Ils ont pris un pot de peinture, ont peint un drapeau et déclaré qu'il n'était plus vénézuélien. - Le Marinera, un cargo sous sanction depuis 2024 pour ses liens avec le Hezbollah libanais. Il était en route sous faux pavillon vers le Venezuela. Le 1er janvier, sa position est de nouveau détectée. Les Etats-Unis décident d'intervenir. Le 24 décembre, le cargo avait demandé

31:31

à être placé sous protection de la Russie. Requête acceptée par Moscou, non valable pour les Etats-Unis. - Ce navire a été identifié comme étant sans pavillon après avoir navigué sous un faux drapeau. Il était visé par une ordonnance judiciaire de saisie. L'équipage sera poursuivi. - Une intervention, sans surprise, pas du goût du Kremlin. La Russie se contente d'un communiqué du ministère des Transports. ... Poutine aurait-il pris conscience de la détermination

32:15

à toute épreuve du président américain? Le coup de force de D.Trump au Venezuela serait-il en train de rebattre les cartes? La Maison-Blanche ne se prive pas, en tout cas, de faire passer le message, photo de D.Trump à l'appui, assortie de l'acronyme "Fafo", traduction en français de "déconne et tu verras ce qui se passera". Persuadé de régner en toute puissance sur le Venezuela et son pétrole... - D.Trump: Ne me demandez pas qui est aux commandes parce que je vous donnerai une réponse très controversée. Ca veut dire que nous sommes aux commandes.

32:59

- Le président américain espère porter un coup fatal à ses ennemis, au premier rang la Chine et l'Iran. C'est le secrétaire d'Etat américain qui l'explique. - M.Rubio: Pourquoi la Chine ou la Russie auraient besoin de ce pétrole? Pourquoi l'Iran en aurait besoin? Ils ne sont pas situés sur ce continent. Ici, c'est l'hémisphère occidental, là où nous vivons. Nous permettrons pas que ça devienne une base d'opération pour les adversaires des Etats-Unis. - La Chine, qui utilise l'essentiel du pétrole vénézuélien, s'indigne. - Cela constitue un acte d'intimidation caractérisée, une violation grave du droit international

33:42

et une atteinte à la souveraineté du Venezuela. - Mais qui pour arrêter D.Trump? Le président américain a annoncé vouloir augmenter de 50 % du budget militaire des Etats-Unis, et il est difficile de ne pas y voir un avertissement supplémentaire au reste du monde. - C.Roux: Question. - V.Jolly: C'est le cas de le dire. - C.Roux: Il y a eu des allers-retours dans leur relation, qui est un peu complexe. C'est vrai que ça ressemble... Certains éditorialistes spécialistes de la géopolitique considèrent que c'est une humiliation pour V.Poutine, ce qui s'est passé. - V.Jolly: Ils ont quand même braqué le 1er allié des Russes, comme on braque une supérette, avec 2 hélicoptères.

34:25

Mais tout ça est l'oeuvre d'un homme, M.Rubio. Dès novembre, au moment où J.D.Vance voulait brader la paix en Ukraine, M.Rubio a saboté ça et a sabordé les négociations. Là, avec le Venezuela et maintenant le cargo russe, on imagine mal V.Poutine accepter les conditions, déjà un peu border pour lui, que les Américains et les Ukrainiens voulaient lui imposer sur l'Ukraine. - C.Roux: Là, on attaque un cargo russe... - V.Jolly: L'humiliation est totale. Cette opération est un coup de chance? J'imagine qu'il y a toujours une dose de chance dans une opération militaire. Le mutisme de V.Poutine... La réaction est timorée. - C.Roux: A.Deysine disait que c'était marrant que V.Poutine invoque le droit international. Il s'est retranché derrière le droit en disant que l'Amérique ne pouvait pas faire main basse

35:41

sur l'un de ses pétroliers. - A.Deysine: Il peut faire ce qu'il veut, mais il faudra que D.Trump se rende compte qu'il y a une Constitution aux Etats-Unis... Non. J'aimerais bien que l'aile atlantiste reprenne du poil de la bête, car tous les matins, ils disent à Trump: "Poutine se moque de vous." Et Poutine téléphone à Trump et il y a un retournement de situation. Est-ce que le fait que S.Witkoff était à la réunion de la Coalition des volontaires, c'est un signe pour montrer que Trump va finalement changer de posture vis-à-vis de V.Poutine? - C.Roux: La question est posée. La question qu'on se pose, c'est si ça dérape. Quand des empires avec des prétentions et des démarches de prédateur commencent à monter en tension... - R.Werly: Je serais moins catégorique. D.Trump veut toujours un deal avec la Russie. C'est sa priorité. C'est clair. Il a toujours pensé que dans ce deal, c'est lui le plus fort, le patron, et que Poutine, à un moment donné, qu'il aime bien, doit ménager les intérêts des Etats-Unis. On est dans une position assez conforme

37:06

à ce que veut D.Trump: démontrer qu'il est le plus fort. Mais il n'a pour l'instant pas fermé la porte à Poutine. Dans ce moment ukrainien, où tout le monde se félicite que les Etats-Unis... Il y a une convergence entre les Etats-Unis et l'Europe sur l'Ukraine. Mais on n'a pas encore signé au bas de la page sur les fameuses garanties de sécurité, dont je rappelle qu'elles n'interviendront pour l'Ukraine qu'une fois un accord signé. - C.Roux: Si on met de côté l'Ukraine... Vous avez raison, c'est très difficile de les dissocier. Mais sur cette affaire de cargo... La Chine et la Russie vont dire que c'est D.Trump, qu'il a capturé Maduro... Il a dit clairement qu'il voulait faire main basse

37:50

sur le pétrole vénézuélien. Les choses sont assumées. Maintenant, il y a un blocus mondial sur le pétrole vénézuélien. La Chine et la Russie vont dire: "Comme c'est D.Trump, on laisse faire"? - N.Bacharan: Ils vont en partie laisser faire. Cette affaire du pétrole vénézuélien... Quand D.Trump dit que c'est son pétrole, c'est choquant. Mais la réalité du commerce du pétrole du Venezuela sous Maduro, c'est des trafics avec les Gardiens de la révolution iraniens, le Hezbollah libanais, le pétrole vendu à bas prix à la Chine... Le fameux navire... L'affaire du cargo, ça ne me dérange en rien. Ce sont des navires sous sanctions américaines ou européennes.

38:33

Le Marinera est une espèce de vieille caisse en train de rouiller... On n'a même pas vu un seul marin. On se demande s'ils sont encore là. - C.Roux: La Russie a demandé le rapatriement de l'équipage. - N.Bacharan: Ils ont peint vaguement un drapeau russe à la hâte. - C.Roux: Ils ont peint un drapeau russe en pensant que ça les protégeait. - N.Bacharan: Exactement. Ils ont reconnu "on est la flotte fantôme russe". Poursuivre son plan de navigation dans les eaux arctiques, en tout cas autour de l'Europe...

39:18

Cette démarche de D.Trump fait partie des sanctions contre la Russie. Mais pour ce qui est de V.Poutine, si son vocabulaire est très calme aujourd'hui, c'est que son intérêt est de ne pas rompre la discussion avec D.Trump, qui lui permet de gagner du temps tout en bombardant à fond l'Ukraine. Il n'acceptera pas les conditions européens et américaines qui sont en train de... - C.Roux: C'est déjà soldé, pour Poutine... - N.Bacharan: En 2019, il y avait quasiment une proposition de deal Poutine-Trump en disant: "Je te laisse le Venezuela et tu me laisses l'Ukraine."

40:01

- C.Roux: Pareil sur l'Iran... L'expansionnisme américain et l'interventionnisme de D.Trump pourraient aller jusqu'à l'Iran, avec le motif de soutenir des opposants au régime? J'imagine qu'il n'a pas que ça comme arrière-pensée. - N.Bacharan: Ce qu'il veut, c'est la chute du régime. Et il n'est pas le seul. Il y a une révolte iranienne très forte. Israël est dans le coup. - C.Roux: On sait qu'il y a des enjeux pour les Russes en Iran, aussi. - N.Bacharan: Les Russes perdent tous leurs copains, qui se retrouvent en exil à Moscou. - C.Roux: On a bien compris qu'il y avait un nouvel impérialisme, avec 3 empires. Nous, on est au milieu et on cherche une voie à 27.

40:42

A un moment, il peut y avoir des crispations? On peut parler du Groenland, de l'appétit de D.Trump... Est-ce qu'il rencontre l'appétit de Xi Jinping ou de Poutine? - R.Werly: Pour la Chine, c'est très différent de la Russie. La Chine a besoin du pétrole vénézuélien, mais elle a beaucoup d'autres sources de pétrole. Par ailleurs, ce qu'elle ne veut pas, c'est de l'instabilité sur les marchés mondiaux. C'est ce que la Chine redoute. Il faut que ce soit calme. La Chine a intérêt à calmer le jeu. Elle ne va rien faire qui puisse enflammer.

41:20

Par ailleurs, elle a toujours un terrible fer au feu: Taïwan. A un moment donné, elle fera payer à tout le monde les agissements de D.Trump vis-à-vis de Taïwan. Pour la Russie, on est dans ce jeu entre D.Trump et V.Poutine... Trump dit à Poutine: "A un moment donné, tu vas devoir passer sous les fourches caudines. Tu vas devoir accepter certaines conditions." Si les conditions que Poutine accepte ne sont pas celles des Européens, vous verrez Trump se désolidariser des Européens. Trump veut que Poutine cède certaines choses, mais il ne veut pas que Poutine cède tout aux Européens. - C.Roux: Quand D.Trump parle d'acheter le Groenland...

42:02

- V.Jolly: Cette espèce de bataille dans l'Arctique... C'est un mirage. Acheter le Groenland, pour quoi faire? Les Américains sont déjà là-bas. La seule raison pour laquelle il n'y a plus que 150 soldats au Groenland, c'est parce que les Américains les ont retirés. Ils avaient une base jusqu'en 1992, qu'ils ont retirée. Ils peuvent se déployer à peu près autant qu'ils veulent et où ils veulent grâce à l'accord de 51. Avec "Le Figaro", on a été déployés avec eux pour un entraînement là-bas. S'ils mettent sur la table...

42:45

Aujourd'hui, les Groenlandais peuvent décider de leur destin. Ils ne veulent pas, pour l'instant, des Etats-Unis. Si, d'un coup, D.Trump arrive et dit que les Groenlandais ont 1 million de dollars chacun s'ils votent, et qu'ils votent... C'est une décision souveraine. Est-ce que c'est un achat, une annexion? Je ne sais pas. - C.Roux: Ca a été évoqué par la porte-parole de la Maison-Blanche. Elle dit: "Le président et son équipe regardent diverses options. Le recours à l'armée américaine est toujours une option." - V.Jolly: C'est un glaçon! - A.Deysine: Ce sont eux qui ont fermé les bases, qui ont retiré leurs troupes.

43:29

La Première ministre du Danemark, dès l'automne, le disait bien: "On peut parler. Vous pouvez remettre des bases, faire des choses. Pas besoin de nous menacer." L'achat, c'est intéressant quand on pense à l'histoire des Etats-Unis. Nous, ça nous paraît aberrant d'acheter un Etat, mais ils ont acheté la Louisiane et l'Alaska... Pourquoi pas le Groenland? - V.Jolly: Truman avait 100 millions en or pour le Groenland. - A.Deysine: Ca permet de resituer, quand même. Pour nous, Européens, acheter un pays, ça nous paraît ahurissant, mais pas dans l'histoire des Etats-Unis. - C.Roux: On parlait des liens entre V.Poutine et D.Trump. On imagine que V.Poutine savoure, lorsqu'il entend les tensions

44:14

au sein de plusieurs pays de l'Otan, lorsque le Danemark dit qu'ils ne vont pas annexer un territoire alors qu'ils sont partenaires dans l'Otan... Cette nuit, D.Trump a eu cette phrase sur les réseaux sociaux: "Je doute que l'Otan soit là pour nous si nous avons besoin." C'est dire l'image qu'il a de l'Otan. - N.Bacharan: Il a considérablement affaibli l'Otan. Il a dit à tout le monde: "Si vous ne contribuez pas assez, je ne vous protège pas." L'article 5, c'est déjà du passé. La Première ministre danoise a dit que, si les Etats-Unis attaquaient le Groenland... C'est encore de la science-fiction. Si les Etats-Unis attaquent le Groenland,

44:54

c'est la fin de l'Otan. Si un membre de l'Otan attaque un autre membre de l'Otan, il n'y a plus d'Otan. C'est le rêve de V.Poutine depuis qu'il est au pouvoir: la fin de l'Otan et de l'UE. - C.Roux: Est-ce qu'il y a une contestation, de l'élite américaine, des oppositions ou d'une partie des républicains, de cette stratégie impérialiste à la Trump sur la scène internationale? Est-ce que l'ensemble de la classe politique américaine se réjouit d'imaginer une carte avec l'hémisphère

45:38

qui irait du Groenland, en passant par le Canada, le Mexique, la Colombie, sous les couleurs de l'Amérique? - R.Werly: Au Congrès, tous les élus démocrates sont vent debout contre cette option. Il y a un certain nombre d'élus républicains qui ont fait savoir publiquement que ça n'avait aucun sens et que le danger qui résulterait d'une opération quelconque au Groenland, précisément parce que ça mettrait à mal l'Otan, est que ça coûterait beaucoup trop cher aux Etats-Unis. Mais c'est toujours pareil. Les élus républicains ont des élections qui arrivent. Ils savent que c'est une question d'investiture. Est-ce qu'ils tiendront...

46:17

Pour l'instant, il y a ce front anti-intervention au Groenland. Est-ce qu'il tiendra si Trump hausse encore le ton? - C.Roux: Est-ce que c'est la même chose vis-à-vis de l'Amérique latine, de ses prétentions sur Cuba, ou vis-à-vis de la Colombie? Est-ce qu'il y a un débat là-dessus aux Etats-Unis? Nous, on regarde ça en tant que spectateurs. On se dit qu'il a la 1re armée du monde, que c'est la 1re puissance du monde... C'est un shérif et il fait ce qu'il veut. Aux Etats-Unis, il y a une contestation de cette stratégie? - A.Deysine: Une petite contestation. Parmi les élus républicains, certains ne se représentent pas. Ca leur permet de critiquer Trump. Les autres ont trop peur de l'élection primaire.

47:01

C'est la première idée. Ensuite, il y a une division selon les zones. Trump a ressorti la doctrine Monroe et le corollaire Roosevelt. Ca a été invoqué par le "New York Post" et ça a été repris par "The Economist" cette semaine. C'est-à-dire que les Etats-Unis contrôlent les hémisphères continentaux, les 2 Amériques. Là, il y a davantage de tolérance. Ce n'est pas normal que les Etats-Unis puissent faire ce qu'ils veulent dans leur arrière-cour. Mais le mouvement de résistance critique est plus grand lorsque Trump sort de ces zones. Là, certains disent que c'est la zone de Poutine ou de Xi Jinping... Si les intérêts vitaux des Etats-Unis... Il veut un monopole dans sa zone, mais il n'accepte pas un monopole total que les autres auraient sur leur zone. - C.Roux: L'objectif, c'est l'influence, d'accroître le territoire, ce qui est assez nouveau dans la diplomatie de la part des Etats-Unis, et imposer une domination énergétique. C'est comme ça qu'il faut lire... - R.Werly: Pas dans le cadre de l'Amérique latine. Il n'y a pas de volonté de conquérir

48:29

ou d'annexer un territoire, à part le canal de Panama, dont il a dit qu'il voulait reprendre le contrôle... L'Amérique latine, c'est installer des hommes forts qui lui sont favorables. Je dis bien des hommes forts, car il ne s'agit pas d'installer des démocrates accomplis. Il faut installer des semi-potentats qui lui sont favorables ou qui seront favorables aux Etats-Unis et qui obéiront aux Etats-Unis. C'est l'objectif. - C.Roux: Le Venezuela et le nouvel impérialisme à la Trump semblent redorer l'image du chef de la Maison-Blanche auprès de ses troupes et de ses plus fidèles. En Géorgie, la lutte contre l'immigration et la promesse d'une Amérique qui fait plier le monde séduisent les supporters de D.Trump. - Dans les plaines du sud de la Géorgie, c'est ici que l'on prépare

49:13

les futures générations de cow-boys et cow-girls. Dans les écuries de ce concours agricole, des électeurs satisfaits du début de 2d mandat de leur président. - J'aimerais qu'il puisse rempiler pour un 3e. - Ryan est éleveur bovin, en pleins préparatifs. - On taille le poil pour mettre en valeur ses qualités et cacher ses petits défauts, comme on le ferait pour nous. Je pense que le pays va mieux. On vend nos cultures à l'export et on commence à voir la lumière au bout du tunnel grâce aux droits de douane et aux accords commerciaux qu'il a signés. Je soutiens celui qui améliore ma situation. Pour l'instant, c'est lui.

49:58

C'est notre président, donc je le soutiens. - Juste derrière lui, John bichonne également sa protégée, qui s'apprête à défiler. - C'est une Black Angus. Elle pèse 520 kg. - Ses plus grandes satisfactions: la lutte anti-immigration et la guerre contre le narcotrafic au Venezuela. - Si vous choisissez d'importer de la drogue, c'est à vos risques et périls. Si vous prenez une frappe, tant pis pour vous. Si vous étiez resté tranquille à élever vos vaches, il ne vous serait rien arrivé. Rires. Trump empêche les personnes dangereuses d'entrer ici,

50:41

alors que Biden reste assis dans son fauteuil. Il ne se passait rien. Pour moi, c'est une réussite. - A l'heure d'entrer dans l'arène, le stress monte pour Dylan, venu accompagner sa fille. - C'est elle, là-bas, avec la vache au pelage doré. - Il ne comprend pas les près de 60 % d'Américains insatisfaits du locataire de la Maison-Blanche. Inflation et hausse persistante du chômage restent pour cet éleveur l'héritage de J.Biden. - Ca va prendre encore un an pour redresser le pays comme il faudrait. Mais Trump va dans la bonne direction. Il a fait 90 % du travail. Il en reste encore un peu.

51:22

- Un président sur la bonne voie, c'est aussi ce que pensent les électeurs de Buchanan, au nord-ouest de la Géorgie. Comme cet homme, ils ont voté pour D.Trump à près de 90 % en 2024. - On est clairement une ville Trump. On a fait le plus gros score de toute la Géorgie à la dernière présidentielle. Je suis heureux qu'il essaye de sauver notre pays, notre liberté d'expression. Les démocrates ont essayé de nous enlever ça. - Démocrates qu'il combat avec les autres membres de la section locale du Parti républicain. - On va leur montrer comment Trump gagne! - Autour de la table, personne ne tient rigueur au président de consacrer une grande partie de son temps

52:05

à des sujets lointains: Iran, Venezuela ou Groenland. Ils sont ravis de le voir mettre au pas le reste du monde, y compris ses alliés. - Le problème de l'Otan, c'est que c'est nous qui payons tout. Le peuple américain paye, mais grâce aux droits de douane et à d'autres mesures, le reste du monde fait enfin des efforts. - Ce n'est pas qu'on vous déteste et qu'on ne veut plus vous aider, mais il faut bien comprendre que nous devons prendre soin de nous-mêmes d'abord. - On nous traite de nationalistes blancs. Qu'est-ce que ça veut dire? J'en suis un. On est prêts à mourir pour nos valeurs, pour ce qui rend ce pays si grand. C'est à cette place que D.Trump nous ramène. C'est ça qu'on veut.

52:49

C'est pour ça que je porte cette casquette partout où je vais. C'est le message que je veux faire passer, quoi qu'il en coûte. - Malgré l'enthousiasme, tous le savent: au vu des enquêtes d'opinion, les élections de mi-mandat à l'automne seront difficiles. - Je fais confiance au Seigneur pour nous sauver du péril démocrate une nouvelle fois. Je crois en Trump et je le soutiendrai aussi longtemps que je le peux. - Des fidèles en croisade pour conserver leur trinité politique: le contrôle par leur parti de la Maison-Blanche, du Sénat et de la Chambre des représentants. - C.Roux: Question. - V.Jolly: Les sondages aux Etats-Unis, il faut faire attention, ils peuvent se tromper.

53:31

En vérité, non. Déjà, il n'a jamais été aussi bas dans les sondages, dans plusieurs sondages. J'en lisais un dernier où il n'y avait que 1 Américain sur 3 qui approuvait son intervention au Venezuela. Les Etats-Unis sont un pays fondé sur la croyance des gens, qui ont un rapport quasiment religieux à leur pays, à ses institutions et qui aiment qu'on fasse montre de cette puissance. L'armée, aux Etats-Unis, c'est 900 milliards de dollars de budget. C'est une industrie aussi qui vend des armes... - C.Roux: Quand l'Amérique démontre sa puissance, ça plaît?

54:13

- V.Jolly: Ca plaît à une partie des Américains. J'ai toujours du mal à voir la base Maga comme une espèce de... 170 millions d'électeurs pour Trump en 2024, c'est difficile à prendre en bloc. - C.Roux: Dans ce reportage, on voit que l'aventurisme de D.Trump sur la scène internationale n'est pas pour déplaire si ça débouche sur une forme de puissance. - V.Jolly: Mais c'est toujours drapé dans une forme de morale et de virtuosité. C'est pour ça que l'invasion de l'Irak en 2003, ils mettent un an pour construire la machine du mensonge. Pour Maduro, ils disaient qu'il nous met en danger. Pour le Groenland, il va invoquer quoi? Il n'y a pas de méchant dictateur ou de trafiquants de drogue. Cette Amérique marche toujours un peu avec cette canne de la morale. Ces électeurs qu'on voit dans votre reportage ont beau ne pas forcément le dire, ils seront toujours attachés à une forme de morale civilisationnelle, presque. - C.Roux: Nous revenons à vos questions. Question. Ca fait référence au début de notre émission.

55:40

- N.Bacharan: Je ne pense pas qu'il l'accepte facilement. Ca va faire beaucoup de débats, beaucoup d'analyses des images et beaucoup de discussions sur le rôle réel de ICE. - A.Deysine: Il y a eu des grandes manifestations. Le gouverneur a pris le soin de dire: "Surtout, pacifique." - C.Roux: Question. Les mots ont un sens. Je me tourne vers la juriste. - A.Deysine: Il y a beaucoup de définitions. Si on pense aux atteintes aux libertés, il est clair qu'il y a à la fois atteinte au système de freins et contrepoids, puisque le Congrès est laissé de côté, les juges et les médias sont critiqués... Avec mes amis, nous ne parlons pas de façon aussi ouverte au téléphone. Nous faisons attention à nos messages. C'était intéressant dans le sujet... - C.Roux: Pourquoi? Il y a des sujets qu'on doit éviter si on veut retourner aux Etats-Unis, aller aux Etats-Unis ou y rester? - A.Deysine: Je ne suis pas franco-américaine, mais j'y vais depuis toujours. Mon ESTA a été renouvelé en 20 secondes. Là, il a expiré. Peut-être qu'on va me le refuser. Des chercheurs ont été mis dans l'équivalent de centres de rétention parce qu'ils ont critiqué

57:07

la politique de Trump. Nicolas Guillou, que je connais bien, avec qui j'ai travaillé à l'Ecole de magistrature... Ces sanctions sont insupportables. C'est le résultat d'un décret pris en février par Trump contre la Cour pénale internationale qui permet des sanctions. On a 3 juges... On avait eu des procureurs qui ne pouvaient plus entrer sur le territoire américain, n'ont plus accès à leurs moyens de paiement et qui sont totalement isolés de tout ce qui touche aux Etats-Unis. - C.Roux: Qu'est-ce qu'on leur reproche? - A.Deysine: N.Guillou est par exemple en charge

58:21

de l'inculpation de B.Nétanyahou. On lui reproche de mettre en danger la démocratie... Là aussi, c'est un renversement... On a une administration qui tue la démocratie à tours de bras. Je ne sais pas si ce qu'a écrit le "Spiegel", mais si l'administration Trump envisage de sanctionner les juges français qui ont condamné M.Le Pen, c'est une instrumentalisation d'autre chose. Bill Browder a obtenu du Congrès américain cette loi. C'est en vertu de la loi que les juges qui ont condamné M.Le Pen seraient peut-être aussi privés de visa, de moyens de paiement... - C.Roux: Il y a eu un appel à la prudence. On rappelle qu'il y a un ancien commissaire européen, T.Breton, qui ne peut pas retourner aux Etats-Unis. C'est du jamais-vu. Question.

59:39

A.Bauer est revenu avec nous. On avait un problème de liaison. Vous souhaitez répondre à cette question? - A.Bauer: D.Trump utilise les moyens de la puissance que démocrates et républicains lui ont confiée par la loi. Le détournement ou l'expansion ou l'interprétation des textes, c'est le 4e pilier du pouvoir républicain. La Maison-Blanche, le Sénat et le Congrès, et la Cour suprême. L'interprétation de la Cour suprême donne au président des Etats-Unis des pouvoirs extraordinaires qui restent dans le cas de la légalité, même si on peut les considérer comme moralement discutables, à juste titre. Le président des Etats-Unis utilise tous les moyens qui sont à sa disposition de par la loi. De temps en temps, très rarement, il perd. Il gagne quasiment toujours en appel, surtout

1:00:17

à la Cour suprême. - C.Roux: La Cour suprême qui est à sa main. Question. - R.Werly: C'est l'objectif affiché de D.Trump. Comment? C'est de garder sur place pour l'instant le régime vénézuélien en espérant que celui-ci lui obéisse. Ce n'est pas du tout acquis, quand on connaît le régime bolivarien du Venezuela, qui s'est construit contre les Etats-Unis. Pour l'instant, c'est son pari. Si ce gouvernement ne lui obéissait pas, peut-être passerait-il à une phase plus active. C'est là où ce serait compliqué. Changer le gouvernement au Venezuela après ce qui s'est passé... Vous imaginez bien que les Vénézuéliens se protègent encore plus. Ca supposerait peut-être d'envoyer des soldats américains.

1:00:56

- C.Roux: Question. Un sénateur et un président de la commission des Affaires étrangères disent à propos de la Guyane française: "Nous avons une très forte inquiétude. De quelle force disposons-nous si la doctrine Monroe des Américains s'étend demain?" - N.Bacharan: La question se pose, effectivement. D.Trump a listé, dans son avion, outre le Venezuela, la Colombie, Cuba et même le Mexique. Est-ce qu'il va jeter un coup d'oeil sur les Antilles françaises? La négociation est quand même possible. Il voulait convaincre Maduro de quitter le pouvoir sans l'enlever,

1:01:41

et Maduro n'a pas voulu croire que ça allait arriver. Là, on sait que le président colombien est invité à la Maison-Blanche. Pourquoi? Pour réaligner certainement ses méthodes de gouvernement avec quelque chose de plus compatible avec les Etats-Unis. Donc je ne pense pas que les Antilles soient à conquérir demain. - C.Roux: Question. Est-ce qu'on se couche, en ce moment, devant D.Trump? - R.Werly: Je ne pense pas. Je pense que l'Europe a pris conscience du fait qu'il n'est plus possible de faire confiance aux Etats-Unis, y compris des pays très atlantistes comme l'Allemagne ou les Pays-Bas. La difficulté, c'est qu'on a un problème de calendrier.

1:02:23

On essaie de tirer encore le maximum d'une relation qui est détériorée, en espérant que la corde ne cassera pas avant. - C.Roux: Question. - V.Jolly: Oui, mais c'est surtout qu'on ne peut plus faire confiance à D.Trump, mais on peut encore faire confiance aux Etats-Unis. - C.Roux: Merci. Question. Ca ressemblait un peu à ça, cette émission, ce soir. Merci à tous. Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine et toute l'équipe de "C à vous". Bonsoir. Au programme? - A.-E.Lemoine: Après la neige, la tempête Goretti, qualifiée

1:03:07

de bombe météorologique, avec des rafales de vent jusqu'à 160 km/h et des vagues jusqu'à 9 m de haut. La Manche est en vigilance rouge. 32 autres départements sont en vigilance orange. A quoi faut-il s'attendre? On fait le point. - C.Roux: Bonne émission à vous. Demain, vous retrouvez A.Casse en direct