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interviewC à vous· 5 septembre 2024 52 min

Barnier à Matignon : les coulisses d’une nomination - C à vous - 05/09/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - M.Barnier: Je suis déterminé à être le président d'une France réconciliée.

Je suis quelqu'un de sérieux, même si j'ai des progrès à faire en terme d'humour...

Mon seul souci, c'est de permettre le rassemblement. Il n'y a pas de journée où je n'apprenne pas quelque chose en écoutant les gens. Et souvent ce sont les gens les plus simples, qui vous disent les choses les plus fortes.

Je respecterai les Français et je ferai respecter la France. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, ravie de vous retrouver.

Tout est allé très vite! "C à vous" a fait sa rentrée lundi et 3 jours plus tard seulement, la France a un nouveau Premier ministre. On n'a pas attendu tant que ça et on a bien fait de revenir de vacances lundi.

Même si on ne s'attendait pas à voir M.Barnier sur le perron de Matignon, alors que la passation de pouvoir entre G.Attal et M.Barnier est en ce moment même en cours.

Le portrait du nouveau locataire de la rue de Varennes, le plus âgé à ce poste qui succède au plus jeune. Nos invités sont R.Bachelot et P.Duhamel.

Nous aurons aussi les réactions politiques du patron du PS, O.Faure, et de J.-P.Tanguy pour le RN.

La dernière journée pour G.Attal à Matignon et la première de son successeur, avec M.Bouhafsi.

Le calendrier à venir avec Emilie et Pierre. Si la nomination de M.Barnier est une surprise, c'est parce qu'elle met un terme à un feuilleton qui semblait sans fin? - L.Sénéchal: Il y a 2 jours, on nous parlait d'un duel. - B.Cazeneuve, X.Bertrand, l'un d'eux sera à Matignon demain? - L.Sénéchal: Avec T.Beaudet, le match était devenu un match à 3, une "impasse mexicaine", comme on dit au cinéma, avant carrément "l'armée mexicaine". - Ceux qui ne veulent pas voir X.Bertrand à Matignon disent que le maire de Cannes, ça pourrait passer. - L.Sénéchal: Rien de très sérieux et de très crédible.

Tous nous ramenait au match Cazeneuve-Bertrand. - Il devrait y avoir un communiqué, une annonce du successeur de G.Attal en fin d'après-midi. - L.Sénéchal: Sauf qu'après 17h, on n'était plus très sûrs... - C'est un peu le film "Un jour sans fin", ici... - L.Sénéchal: Et quand l'info du matin est démentie quand l'info est démentie le soir, il n'y a pas d'info.

Le problème vient aussi des oppositions. Tout le monde promet la censure, a priori. - Nous voterons la censure contre X.Bertrand. - Monsieur Cazeneuve, c'est monsieur Macron, monsieur Bertrand...

C'est pareil. - Nous allons censurer ce gouvernement. - L.Sénéchal: Mais à croire que la nuit porte conseil puisqu'avec la pluie du matin arrive une ultime option. - Un nouveau nom sort du chapeau, celui de M.Barnier. - Ce matin, c'est M.Barnier, ancien ministre Les Républicains. - L.Sénéchal: Et tout à l'heure, cette fois-ci, c'est la bonne.

La France a bien un nouveau Premier ministre. Voilà, tout à l'heure, passation de pouvoir et frustration de G.Attal. - G.Attal: 8 mois, c'est court, trop court.

Je ne le cache pas, il y a évidemment une frustration à quitter mes fonctions au bout de 8 mois seulement. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, R.Bachelot.

Merci de votre présence. Vous avez côtoyé M.Barnier dans le gouvernement de F.Fillon en 2017.

Il était alors ministre de l'Agriculture et de la Pêche. P.Duhamel, à l'exception du général de Gaulle, vous avez connu tous les présidents et les Premiers ministres de la Ve République.

Vous avez analysé à de nombreuses reprises le tandem parfois improbable que constituent un président et un Premier ministre. Vos réactions dans un instant, juste après L'Edito de Patrick. - P.Cohen: M.Barnier, c'est d'abord le CV le plus long et le plus épais des personnages politiques de sa génération. 50 ans de vie publique, 4 fois ministre, 2 fois commissaire européen, négociateur en chef du Brexit, il a été député et sénateur, gaulliste, à droite et écologiste, avant d'être vieux. 73 ans aujourd'hui, soit le plus ancien Premier ministre de la Ve République.

Il était encore étudiant, mais déjà engagé en politique quand il a interpellé le socialiste G.Defferre à la télévision. Il n'a même pas 20 ans. - Question de monsieur Barnier, responsable du Mouvement des jeunes gaullistes. - M.Barnier: Monsieur le président... - G.Defferre: Le seul titre que j'aime, c'est "monsieur le maire". - M.Barnier: N'y a-t-il pas une contradiction avec l'accord global et la démarche... - P.Cohen: Voilà la première intervention de M.Barnier.

C'est sérieux, pas très détendu. Conseiller général de Bourg-Saint-Maurice, puis député de Savoie. En 1978, J.Chirac vient le soutenir sur ses terres.

En plein meeting, une femme se dresse et interpelle vivement les orateurs. Chirac se tourne vers Barnier et lui demande: "Tu connais cette emmerdeuse?" Barnier répond: "C'est ma mère." On retrouve M.Barnier quelques jours plus tard dans l'Hémicycle. -27 ans, benjamin de l'Assemblée nationale, député RPR de la 2e circonscription de Savoie. - M.Barnier: C'est vrai que je suis le benjamin, mais je ne suis pas le seul jeune de cet Hémicycle.

Pas de sentiment particulier, si ce n'est d'avoir plus que les autres des choses à apprendre. - P.Cohen: Il n'était pas un fervent chiraquien.

En 89, il faisait partie des rénovateurs qui voulaient en finir avec Chirac et Giscard. En 95, il a d'ailleurs choisi Balladur. Chirac le surnommait "le moniteur de ski".

Cela tient aussi à son premier fait d'armes: l'organisation des JO d'Albertville en 1992. Le 2e, c'est la longue et difficile négociation du Brexit. Il a fallu réconcilier les contraires, rapprocher des points de vue très opposés.

C'est là qu'il a forgé sa réputation d'homme de compromis, qualité qui lui sera indispensable pour gouverner dans cette Assemblée particulièrement morcelée. Il y a 3 ans, il était le vétéran de la primaire des Républicains à la présidentielle. Il avait terminé 3e, derrière E.Ciotti et V.Pécresse.

Il avait alors proposé un moratoire sur l'immigration. Tout le monde avait constaté à quel point il semblait se droitiser dans cette campagne interne. Il n'avait pas eu des mots aimables pour celui qui vient de le nommer et avec qui il va travailler.

Il disait: "Il a gouverné notre pays à l'intérieur et à l'extérieur de manière solitaire et arrogante. C'est bien un opposant qui a été nommé, quelqu'un qui va réellement prendre les commandes du pays. C'est l'article 20 de la Constitution, le gouvernement conduit la politique de la nation pour une sorte de collaboration, de coexistence exigeante.

Je ne sais pas si l'expression passera à la postérité, mais voilà comment l'Elysée voit les mois et les années à venir. - A.-E.Lemoine: Votre première réaction à cette nomination de M.Barnier?

C'est une surprise ou c'est un choix par défaut? - R.Bachelot: Il y a plusieurs jours que le nom de M.Barnier circule dans certains cercles.

J'ai bu un verre avec lui bien avant l'affaire de la dissolution et de ces nouvelles élections législatives. - P.Cohen: Donc il boit des verres, c'est une première information! - R.Bachelot: C'est ça.

Je pense que c'est utile de se réhydrater. - A.-E.Lemoine: Il vous perturbe? - R.Bachelot: Oui!

Je l'avais senti à l'époque, non pas dans une stratégie de spectateur, mais dans une stratégie d'attente et d'acteur qui se prépare. J'en avais fait l'observation aux gens qui m'accompagnaient. Michel, je le connais très bien.

C'est un ami de 30 ans. On a rappelé que j'avais été au gouvernement de F.Fillon, lui était à l'Agriculture et moi à la Santé.

Mais depuis 30 ans...

Il est à l'Assemblée nationale. A l'époque où je suis arrivée, il était dans le mouvement des rénovateurs. Il y avait Fillon, Séguin...

Toujours est-il que je vais l'avoir aussi comme successeur, quand je suis ministre de l'Environnement. Il n'est pas au gouvernement Raffarin avec moi, mais ce qu'il a fait, de porter dans le code de l'environnement les principes fondateurs, en particulier le principe de précaution qui a suscité beaucoup d'oppositions...

Je vais travailler à les inscrire dans la Constitution. Et comme conseillère régionale, présidente de commission au conseil régional, il est aussi commissaire aux politiques régionales. M.Barnier, c'est un gars...

Pardon, c'est un homme politique qui m'a accompagnée dans ma vie politique. Je n'ai pas de mauvais souvenirs avec lui. C'est quelqu'un de loyal.

Quand il dit qu'il fait quelque chose, il le fait. Il ne fait pas de coups tordus. Ce n'est pas un faible.

Il est capable, contrairement à ce qu'on dit, d'un peu de sens de l'humour. Il est capable de se moquer de lui-même. - A.-E.Lemoine: Est-ce que c'est un choix par défaut?

En début de semaine, E.Macron a reçu B.Cazeneuve et X.Bertrand, qui semblaient des pistes sérieuses. - P.Duhamel: Ou des leurres.

C'est le sujet. De ce que l'on sait, il a été appelé il y a 2 ou 3 jours par A.Kohler, le secrétaire général de l'Elysée.

Il faudrait peut-être parler un jour du rôle politique qu'il joue. Ca me semble poser un problème démocratique. Sur le plan politique, il joue un rôle trop important. - A.-E.Lemoine: Vous dites que c'est lui qui a choisi M.Barnier? - P.Duhamel: Pas du tout, mais il a une influence énorme. - R.Bachelot: Vous pensez que D.de Villepin n'avait pas une influence aussi terrible? - P.Duhamel: A la fin, peut-être.

A l'arrivée, compte tenu du paysage politique, c'était peut-être la seule solution possible, réaliste, raisonnable, pour le président de la République. - A.-E.Lemoine: Pourquoi? - P.Duhamel: Ca ne pouvait pas être quelqu'un de son ancienne majorité.

C'était impossible, il a connu 3 échecs aux élections. Ca ne pouvait pas être quelqu'un du NFP, compte tenu de ce qui s'est passé. C'était impossible que ce soit quelqu'un du RN.

Il ne restait que les LR...

Avec un virage à 180 degrés, plus ou moins piloté par N.Sarkozy. - A.-E.Lemoine: Donc c'est un choix d'A.Kohler, d'E.Macron et de N.Sarkozy, si on vous écoute.

L'Elysée a essayé d'expliquer comment on en arrive à cette solution? - P.Cohen: Oui.

Les discussions se sont faites très en amont, notamment avec B.Cazeneuve et X.Bertrand dès la fin juillet.

Les leurres, ça ne dure pas des semaines. Le choix s'est fait par élimination. Vous avez parlé de choix par défaut, mais on peut le tourner dans l'autre sens.

Une personnalité de la société civile...

On a cité T.Beaudet et tout le monde a dit non. A l'Elysée, il y a eu un consensus parmi les consultations qui ont pu avoir lieu, parmi les chefs de partis, pour que le Premier ministre soit une personnalité politique.

Un des ministres démissionnaires? Impossible. Les Français ont voté pour le changement.

Ca a été dit très tôt par l'Elysée. C'était inconcevable d'avoir un Premier ministre venant du bloc central, de l'ex-majorité. La gauche, le NFP, les proches d'E.Macron répètent qu'il y a, contre la gauche, une majorité de blocage à l'Assemblée.

Ca aurait entraîné une censure automatique. Pour preuve, l'échec du communiste A.Chassaigne, qui était le candidat de gauche pour la présidence de l'Assemblée nationale en juillet.

Reste des opposants qui auraient pu rassembler au-delà du bloc central et sans être renversés d'emblée...

Les positions du RN ont montré qu'avec B.Cazeneuve et X.Bertrand, ça n'aurait pas marché.

On dit que M.Barnier coche beaucoup de cases: opposant, capacité à rassembler, esprit de compromis...

Il a aussi connu tous les étages de la vie locale. Président du conseil général, c'est important dans le vote des Français fin juin et début juillet. Il a été député et sénateur, il connaît les rouages de la vie parlementaire.

Dernière case, importante: il n'a aucune intention d'être candidat en 2027! - A.-E.Lemoine: Ah bon? - P.Duhamel: Juste, sur le leurre...

J'ai parlé il y a quelques jours, la semaine dernière, à la fois avec X.Bertrand et B.Cazeneuve.

Ils m'ont dit tous les deux: "On sait que le président ne nous nommera pas." J'appelle ça un leurre! - A.-E.Lemoine: Comment ils savaient? - P.Duhamel: Il y avait des calculs mathématiques.

Le fond du problème, c'est qu'on a à l'Elysée un président et son secrétaire général qui n'ont pas envie de partager le pouvoir. Avec B.Cazeneuve ou X.Bertrand, ce serait une cohabitation sans doute plus dure qu'avec M.Bernier. - A.-E.Lemoine: Là, on parle plutôt de collaboration, de coexistence? - R.Bachelot: Oui.

Je crois qu'E.Macron était extrêmement inquiet de voir des personnes qui voulaient remettre sur l'établi la question de la réforme des retraites. Pour lui, c'était vraiment la ligne rouge de son action.

Il pense d'ailleurs, à juste titre, que la réforme des retraites est la mère de toutes les batailles, pour reprendre une expression bien connue. On peut même juger que cette réforme était globalement insuffisante. - P.Duhamel: M.Barnier était pour 65 ans! - R.Bachelot: Je trouve quand même merveilleux que, dans ces dernières élections législatives, il y a quand même un parti qui s'est pris une raclée phénoménale, ce sont Les Républicains, et on choisit un Premier ministre qui est Républicains.

Je trouve quand même qu'il y a une sorte de résilience de mon ancienne famille politique qu'il faut saluer! - A.-E.Lemoine: Justement, quelles peuvent être les relations entre M.Barnier et E.Macron?

En novembre 2021, il était sur le plateau de "C à vous". - M.Barnier: Il a parfois été...

Comment dirais-je? Arrogant et distant. Vous ne m'entendrez jamais dire, le jour où je serai président de la République, qu'il y a des gens "qui ne sont rien".

Vous ne m'entendrez jamais parler des "premiers de cordée". En Savoie, dans une cordée, tout le monde est important. C'est chacun pour tous. - A.-E.Lemoine: Un président solidaire dans l'exercice du pouvoir, arrogant...

Ca risque d'être feutré ou orageux, dans cette collaboration de coexistence? - R.Bachelot: Il n'y aura pas d'éclats de voix, mais... - P.Duhamel: Ce sera plus une coalition qu'une cohabitation.

Il va y avoir une coalition entre le bloc central...

Je pense qu'il ne faut plus parler de macroniens. - R.Bachelot: Ils sont dispersés façon puzzle! - P.Duhamel: C'est une coalition minoritaire.

Ca fait à peu près 180. - R.Bachelot: Non, un peu plus. - P.Cohen: Environ 200. - P.Duhamel: Mais il manque quand même 90 voix.

Je pense que le choix de M.Barnier, et c'est pour ça que je disais que c'était sans doute la seule solution possible...

Dans l'urgence absolue des affaires européennes, il a une grande connaissance de Bruxelles. Vous avez vu comment il a été salué aujourd'hui? Tout le monde boit le champagne, à Bruxelles.

Il a d'ailleurs un contentieux personnel avec le président de la République. Il comptait beaucoup sur Macron pour être président de la Commission européenne et Macron lui a préféré U.von der Leyen. - R.Bachelot: Déjà, je lui conseille de ne prendre aucun ministre du gouvernement sortant.

Ce n'est pas une question de personnes. Il faut faire table rase. S'il fait un tant soit peu un recyclage...

Je sais bien que c'est un ancien ministre de l'Environnement, mais s'il fait un recyclage de sortants, ça va être une catastrophe. - P.Cohen: Il y a 30 candidats à leur maintien! - R.Bachelot: Evidemment! - P.Duhamel: Il ne va pas prendre des ministres que dans la haute fonction publique... - A.-E.Lemoine: On en reparlera.

Je parlais de la relation entre les deux hommes? - P.Duhamel: Courtoise. - R.Bachelot: M.Barnier n'est pas un type qui fera des éclats de voix. - A.-E.Lemoine: Il n'est pas lisse? - P.Duhamel: Je le connais depuis près de 50 ans.

Il a l'image de quelqu'un de lisse, mais ce n'est pas à Roselyne que je vais apprendre que la réalité des responsables politiques, ce n'est pas ce qu'on voit à la télé et ce qu'on entend à l'Assemblée. C'est un faux gentil. Il est très dur dans la négociation.

C'est quelqu'un de très exigeant avec ses équipes. - R.Bachelot: Sur le plan technique, il n'aime pas du tout les gens qui n'ont pas bossé leurs dossiers. - P.Duhamel: Quand il négocie, il est ouvert, mais quand la décision est prise, il ne faut plus en bouger.

C'est d'ailleurs pour ça qu'il a réussi la négociation avec B.Johnson. - A.-E.Lemoine: Vous avez remarqué un geste paternaliste à l'égard de G.Attal à son arrivée à Matignon tout à l'heure? - R.Bachelot: Tout de suite, il met la main...

Il lui dit: "Gamin, c'est mon tour." - A.-E.Lemoine: Quel rôle aura donc E.Macron dans cette collaboration de coexistence? - P.Cohen: L'Elysée affirme que le président laissera le Premier ministre gouverner, dans la plénitude de la Constitution.

Il pourra proposer les ministres qu'il souhaite pour son futur gouvernement. Le rôle d'E.Macron, après 7 ans de présidence toute-puissante, sera radicalement différent.

Il va lâcher les manettes. Il n'impulsera plus les décisions publiques tel qu'il a pu le faire depuis le début de sa première présidence. Ca reste évidemment à démontrer.

Mais c'est le message envoyé. - R.Bachelot: Je pense que c'est le pacte qu'il a passé avec M.Barnier. - P.Duhamel: Ce n'est pas dans sa nature... - R.Bachelot: Mais il y a la force des choses. - P.Duhamel: Il ne veut pas qu'on touche à la réforme des retraites. - R.Bachelot: Ca n'empêche pas...

Il savait aussi que M.Barnier était de cet avis. Il n'y avait pas de difficultés entre eux sur ce sujet. - P.Cohen: Je ne jurerais pas que la réforme des retraites ne sera pas remise, d'une façon ou d'une autre, sur le métier. - P.Duhamel: Mais ce ne sera pas sur la colonne vertébrale, sur l'âge pivot, etc. - E.Tran Nguyen: Sur les questions de société, notamment, on voit depuis quelques heures des votes passés de M.Bernier remonter à la surface.

Ils sont exhumés depuis cet après-midi. Le 20 décembre 1981, il avait voté avec d'autres députés de droite contre la dépénalisation de l'homosexualité pour les mineurs de plus de 15 ans. En 1982, il avait voté pour le remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale.

C'est un conservateur? - P.Duhamel: Il faut se remettre dans le contexte de l'époque. - R.Bachelot: C'était le côté godillot.

On votait pareil. - P.Duhamel: Sauf pour certains, sur la peine de mort. - E.Tran Nguyen: Donc vous diriez que c'est un progressiste? - R.Bachelot: Alors...

Je n'aime pas ces catégorisations. Est-ce qu'on est progressiste quand on veut, par exemple, une Europe plus forte? On peut considérer que c'est une forme de progressisme.

Ca ne s'évalue pas seulement sur les questions de société. - P.Cohen: Il y a aussi son bilan en matière d'environnement.

C'est lui qui a introduit le principe de précaution dans la loi. - R.Bachelot: Il a aussi créé la Commission nationale du débat public, une instance particulièrement importante sur les questions environnementales.

Elle est consultée, amenée à travailler sur tous les grands projets d'infrastructures, autoroutiers ou autres, aéroports...

C'était aussi un souci de concertation qu'il a acté dans la loi. Il a fait des choses très importantes. La taxe Barnier, sur les bateaux qui vont vers des endroits touristiques...

La taxe Barnier sur les contrats d'assurance, qui permet de faire des politiques de prévention des inondations...

Il a fait un travail environnementaliste, pendant ses 2 ans sous le gouvernement d'E.Balladur, avec des choses de fond sur les questions environnementales. - P.Lescure: Et en ces temps de Paris 2024, faut rappeler le fait d'armes: en 1992, il présidait le Comité d'organisation des Jeux d'hiver d'Albertville. - R.Bachelot: Avec J.-C.Killy! - F.Mitterrand: Je proclame l'ouverture des Jeux olympiques d'Albertville, célébrant les 16es Jeux olympiques d'hiver. - M.Barnier: A vous tous de jouer maintenant, mais aussi à vous de rêver.

Il est en effet des rêves que l'on peut construire. Quels qu'aient été les difficultés de cette construction, et de nos efforts communs, jamais nous ne regretterons d'avoir mis tout notre enthousiasme au service d'une certaine idée de la France, et en même temps au service de l'idéal olympique. - P.Lescure: Les Jeux paralympiques et Paris 2024 se terminent dimanche.

C'est une belle pirouette du destin qu'il soit dimanche l'homme qui accompagnera cette clôture de Jeux magnifiques. - P.Duhamel: Pendant un an ou un an et demi, il ne parlait que de ça.

Il était devenu très lié avec J.-C.Killy, comme T.Estanguet avec ses équipes. - A.-E.Lemoine: Le T.Estanguet de l'époque? - P.Lescure: Et ça a été un grand succès. - A.-E.Lemoine: Cette nomination s'accompagne évidemment d'une montagne de réactions et de défis? - L.Sénéchal: Premier constat: M.Barnier souffre d'un déficit de notoriété. - Connaissez-vous M.Barnier? - Non. - Absolument pas. - Pas du tout. - Non. - L.Sénéchal: Avoir un Premier ministre, c'est quand même une forme de soulagement. - Il était temps. - Ca permet de savoir où on va. - Personne à la tête du gouvernement, c'était un peu le bazar. - Il fallait prendre une décision. - L.Sénéchal: Une certitude, en revanche, M.Barnier est soutenu par son camp.

Les Républicains jubilent. - C'est un homme des montagnes. Il persévère.

Il a aussi une certaine hauteur de vue. Et comme il a travaillé beaucoup au sein des institutions européennes, c'est un homme de compromis. - L.Sénéchal: Beau joueur, B.Cazeneuve salue le nouveau Premier ministre. - B.Cazeneuve: C'est un homme de qualité, qui a de l'expérience.

Le seul commentaire doit être dicté par le sens de l'intérêt général. - L.Sénéchal: Mais cette nomination fait bondir l'ensemble de la gauche parlementaire. - M.Tondelier: De qui se moque-t-on?

C'est un vrai scandale. On dit que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. - J.-L.Mélenchon: Le président vient de décider de nier officiellement le résultat des élections législatives. - C'est un coup de force, un déni démocratique vis-à-vis des Français. - L.Sénéchal: Le RN a donné quitus à la nomination de M.Barnier, estime F.Hollande.

En tout cas, à ce stade, l'extrême droite et ses 142 députés ne s'opposent pas à son installation à Matignon. - M.Le Pen: M.Barnier semble répondre au moins aux premiers critères que nous avions réclamés, c'est-à-dire un homme respectueux des différentes forces politiques et capable de pouvoir s'adresser au RN. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, J.-P.Tanguy.

Vous êtes député RN de la Somme. O.Faure, vous êtes premier secrétaire du PS, député de la 11e circonscription de Seine-et-Marne.

Merci de votre présence. Vous avez déjà réagi sur X en parlant de déni de démocratie. Vous faites le même constat que J.-L.Mélenchon ce soir? - O.Faure: Toutes celles et ceux qui sont des observateurs attentifs ne peuvent pas faire un autre diagnostic.

C'est une trahison démocratique. Aujourd'hui, vous avez quelqu'un qui n'appartient pas au NFP, qui est arrivé en tête de l'élection, et qui n'a même pas participé au front républicain du 2d tour. C'est un parti qui a fait 5 % de l'élection législative qui va maintenant diriger la France.

Comment voulez-vous qu'on le prenne autrement? C'est un déni démocratique. Imaginez ces Français qui sont venus au secours de la République, à qui on a dit de venir voter, y compris des élus de droite voire de droite dure.

On leur a dit d'aller voter car il fallait battre le RN. La réalité, c'est que ces gens-là, on leur dit que quoi qu'ils votent, quoi qu'ils fassent, en réalité rien ne change. - A.-E.Lemoine: Même quand une personnalité socialiste émergeait, on voyait l'opposition immédiate du NFP. - O.Faure: On a simplement posé des exigences.

On a dit qu'il fallait qu'il y ait un certain nombre de points. - A.-E.Lemoine: Vous parliez d'anomalies. - O.Faure: B.Cazeneuve était le seul homme de gauche qui n'a pas soutenu le NFP.

Il y avait une forme d'anomalie. Ca ne veut pas dire que nous l'aurions censuré. Nous avions des exigences par rapport à celui qui pouvait rentrer à Matignon.

Que personne ne s'y trompe, même X.Bertrand était considéré comme trop à gauche. - P.Cohen: Qui a dit ça? - O.Faure: Les 2 finalistes présumés de cette campagne pour Matignon... - P.Cohen: Trop à gauche pour le RN. - O.Faure: Pour le président.

Il aurait pu choisir X.Bertrand. - P.Cohen: Non, la censure du RN. - O.Faure: Donc c'est mon voisin qui décide qui peut être Premier ministre? - P.Cohen: Face à un bloc de gauche qui n'accepte aucun autre candidat, vous donniez la main au RN. - O.Faure: Est-ce que ce serait logique que le bloc de gauche, qui est arrivé en tête, accepte que l'on nomme quelqu'un d'autre qui n'est pas issu du bloc de gauche?

C'est la raison pour laquelle nous sommes aujourd'hui dans une vraie crise de régime. Le vote ne permet plus de choisir ceux qui nous gouvernent. - P.Duhamel: Vous n'avez pas voulu un Premier ministre: B.Cazeneuve, un homme de gauche sincère, un social-démocrate.

Vous avez refusé, il y a eu un vote dans vos instances. Après ça, vous vous retrouvez avec quelqu'un qui représente la droite républicaine. Ce n'est pas un triomphe tactique. - O.Faure: Relisez ce que nous avons adopté.

Nous avons dit que nous étions favorables à un certain nombre de points, et que nous jugerions le Premier ministre en fonction des points. - P.Cohen: Vos opposants voulaient vous faire dire que vous ne censureriez pas B.Cazeneuve s'il était nommé. - O.Faure: Comment peut-on...

Arrêtez avec cette fable, ce n'est pas le cas. Comment pouvez-vous penser un seul instant que c'est la décision des socialistes qui aurait guidé le choix du président de la République? La réalité, le vrai choix appartenait au président de la République et à lui seul.

Il a fait un choix simple: se placer sous la tutelle du RN. En choisissant M.Barnier, il a choisi quelqu'un qui est au barycentre des droites et de l'extrême droite. - A.-E.Lemoine: Il a inspiré ces mots à J.-P.Tanguy: "On fait du "Jurassic Park" en ajoutant M.Barnier, un fossile." Maintenant qu'il est Premier ministre, il a entendu M.Le Pen dire qu'il était respectueux des forces politiques. - J.-P.Tanguy: Ce n'est pas parce qu'il est Premier ministre que je vais lui porter du respect.

Mais c'est vrai, ce matin, je me suis exprimé de manière incorrecte. Je m'en excuse. - P.Duhamel: Vous avez été rappelé à l'ordre par M.Le Pen. - O.Faure: Non. - J.-P.Tanguy: Je m'y suis pris de manière incorrecte.

Néanmoins, je suis élu d'une terre, la Somme, d'une région, les Hauts-de-France, qui a souffert de la politique de M.Barnier. Je n'aurais pas dû m'exprimer comme ça. - A.-E.Lemoine: C'est un nom que le RN n'a pas récusé.

C'est une sorte de "oui, mais". - J.-P.Tanguy: Non.

C'est un point de départ. X.Bertrand avait dit qu'il avait cassé la mâchoire du RN. - P.Cohen: Il a gagné les élections 2 fois... - J.-P.Tanguy: Vous pouvez gagner des élections sans utiliser ce genre de métaphores.

Il ne s'est pas excusé. C'est la réalité, c'est un point de départ. Il y avait une chambre introuvable.

La gauche n'a pas gagné les élections, contrairement à ce qu'elle dit. Nous les avons gagnées en suffrages, nous ne les avons pas gagnées en sièges. C'est un point de départ.

Qu'est-ce que monsieur Barnier va proposer aux Françaises et aux Français? - A.-E.Lemoine: En fonction de ce que monsieur Barnier propose, comment allez-vous réagir?

Allez-vous censurer son gouvernement, O.Faure? - O.Faure: Bien sûr. - A.-E.Lemoine: Sans même savoir ce qu'il va vous proposer? - O.Faure: On le lit.

Il ne vient pas de nulle part. Il a une vie politique suffisamment longue pour qu'on puisse la juger. Il s'est exprimé en 2022 de manière très forte sur un certain nombre de questions.

Je ne suis pas pour la suppression de l'aide médicale d'Etat, je ne suis pas pour un moratoire sur le regroupement familial, je ne suis pas pour les mesures qu'il propose, qu'il a suggérées. Ce sont des clins d'oeil à monsieur Tanguy et madame Le Pen. J'ai été de ceux qui ont appelé au front républicain.

Vous n'imaginez pas un seul instant que, maintenant, je vais me retrouver à dire que le front républicain, c'était juste pour rire et que je vais accepter une politique... - A.-E.Lemoine: Dont on ne sait encore rien. - O.Faure: Qui sera sous la houlette de l'extrême droite.

C'est l'extrême droite qui décide qui peut être Premier ministre ou pas. Bien évidemment, nous allons censurer. - A.-E.Lemoine: Que va faire le RN?

Vous attendez de voir? - J.-P.Tanguy: Bien évidemment.

La France est à la croisée des chemins. Nous avons la plus grave crise budgétaire. Il y a 110 milliards d'euros à trouver pour combler les failles que monsieur Macron laisse béantes.

Les Français et les Françaises s'étaient exprimés sur la politique européenne, c'était avant les élections législati pour un changement total. Monsieur Barnier, s'il veut être à la hauteur du moment historique, il va devoir changer son logiciel. Toutes les vertus que j'ai entendues avant de venir sur ce plateau n'ont pas satisfait les Français.

Le comportement qu'il a eu avec les électeurs qui ont voté pour le Brexit, considérer que des gens votent mal ou bien...

Les Anglais se sont exprimés souverainement pour une autre politique européenne. Va-t-il être capable, avec son expérience, de prendre de la hauteur et de dire que tout ce qu'ils ont fait jusqu'à présent, ça n'a pas marché, que le RN est le seul qui propose des choses qui font avancer. - R.Bachelot: M.Barnier n'a pas dit que les électeurs anglais avaient mal voté.

Il a mené les négociations de sortie du Brexit. Visiblement, ce dossier n'avait pas été préparé par le gouvernement anglais de l'époque, le gouvernement qui avait gagné ce référendum. M.Barnier a mis les personnes devant leurs responsabilités.

Il a mené des négociations qui ont permis au Royaume-Uni d'affronter le Brexit. La 2e question que j'ai à poser...

J'entendais hier une responsable de votre mouvement, le RN, dire que bien entendu, si le cartel des gauches présentait une motion de censure, vous la voteriez. Est-ce qu'aujourd'hui, vous maintenez cette position qui était défendue par madame Diaz hier soir sur un plateau de télévision? - J.-P.Tanguy: Je n'ai pas vu cet extrait.

Nous, on va juger ce que va annoncer monsieur Barnier. S'il annonce des réformes qui vont dans notre sens, y compris les mesures sur l'immigration...

Les mesures que monsieur Barnier propose, ce sont des mesures issues du programme de madame Le Pen. S'il n'y a pas une défense du pouvoir d'achat, une défense sur la justice fiscale, un redressement de la perspective européenne, la défense de nos agriculteurs...

Nous avons des agriculteurs qui ont eu une chute de leurs récoltes dramatique. S'il n'y a pas de propositions... - E.Tran Nguyen: S'il ne propose pas tout le programme du RN? - J.-P.Tanguy: Non.

Le tout ou rien, c'est le NFP. - O.Faure: C'est un gouvernement très à droite, mais qui est sous la contrainte du RN.

Vous voyez bien ce qu'il se passe, ils vont faire danser M.Barnier. Il va être obligé de se plier ou il sera censuré.

Ils vont faire pression en permanence... - A.-E.Lemoine: A moins de pouvoir se tourner vers la gauche, trouver des compromis avec certains des députés du NFP. - O.Faure: Ce n'est pas le choix qui a été envisagé. - A.-E.Lemoine: Vous êtes dogmatique. - O.Faure: Non.

Je dis que dans le moment que nous traversons, il y a une vraie crise de régime. Nous avons aujourd'hui des Français qui peuvent se demander légitimement quelles sont les raisons pour lesquelles on les appelle à voter? Ce n'est pas moi qui a dissous l'Assemblée, c'est le président.

Il a demandé une clarification. Certes, personne n'a obtenu une majorité absolue, mais dans toutes les démocraties européennes, on commence par appeler le groupe qui est arrivé en tête quitte à ce que ce groupe se fasse censurer. Quitte a ce que ce groupe ne trouve pas de majorité. - A.-E.Lemoine: Cela aurait rajouté de la crise à la crise. - O.Faure: Vous pensez que ce n'est pas la crise, là?

On a perdu 2 mois et on se retrouve avec M.Barnier à Matignon. - R.Bachelot: Dans tous les pays, il y a une recherche de majorité.

On met un certain temps à constituer quelque chose qui tienne debout au niveau du Parlement. espagnols, est arrivé en tête de l'élection espagnole. Que s'est-il passé?

Le roi a appelé le PPE...

Parce que le PPE n'arrivait pas à constituer de majorité, ils ont ensuite appelé P.Sanchez. Les choses se sont passées dans l'ordre.

Il aurait fallu que les choses se passent dans l'ordre en France. On aurait réussi à faire autrement. L.Castets, pendant plusieurs semaines, a dit qu'elle était prête à des compromis texte par texte. - R.Bachelot: Elle se faisait ramasser par monsieur Mélenchon dès qu'elle ouvrait la bouche.

Et par madame Panot... - O.Faure: Monsieur Mélenchon a admis qu'il ne serait pas au gouvernement.

Il y avait des volontés de trouver des compromis. - P.Duhamel: Qu'il y ait une crise politique, tout le monde est d'accord.

Une crise de régime, c'est un régime qui ne peut plus fonctionner. Ca voudrait dire que dès qu'un Premier ministre est nommé, il est censuré, que le suivant est censuré, etc. C'est ça, une crise de régime.

En 58, il y a eu une crise de régime. C'est une crise grave, politique, mais ce n'est pas une crise de régime. - O.Faure: La confiance dans les institutions est déjà rompue. - J.-P.Tanguy: Elle était rompue avant, monsieur Faure.

En permanence, vous votez pour des gens avec qui vous n'êtes pas d'accord. Je suis sur un territoire de gauche. Je pense aux classes populaires qui ont sincèrement voté pour le NFP en pensant avoir le Smic à 1600 euros.

Ils ne vont pas avoir d'avancées sociales. - A.-E.Lemoine: Nous avons d'autres questions... - J.-P.Tanguy: Vous avez fait élire une cinquantaine de députés macronistes, ce n'est pas nous.

Vous contestez les conséquences des actions que vous avez vous-même commencées. - A.-E.Lemoine: La Story de M.Bouhafsi, tout de suite. - Est-ce que M.Barnier sera Premier ministre plus de 51 jours? - Les gouvernements tombent et se défont toutes les semaines... - On peut être là avant Noël, c'est sûr. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une journée particulière pour G.Attal, M.Barnier et les journalistes.

Alors que M.Barnier démarrait le 1er jour du reste de sa vie, G.Attal mettait fin à un règne de 241 jours à Matignon.

Pour les journalistes, ce jeudi commençait comme tous les autres jours d'une semaine qui semble interminable. - M.Bouhafsi: Vers 13h25, la lumière fut.

Par communiqué, l'Elysée met fin à plus de 7 semaines de doute. Une attente qui semblait éternelle pour les Français et les journalistes. - M.Bouhafsi: Devant l'Elysée, les journalistes ont créé un petit village.

De quoi égayer 51 jours d'expectative...

Chez les suiveurs de la présidence de la République, on sent une pointe de soulagement. - Il fallait que ça se termine, on en avait ras le bol. On en avait marre. - On ressemble à une Zad depuis une dizaine de jours. - J'aime ces moments d'attente. 51 jours qu'on a vécu ces consultations.

Cycle 1, cycle 2, cycle 3...

Elle a écarté l'hypothèse B.Cazeneuve, elle a écarté l'hypothèse T.Beaudet... - On passe par toutes les émotions, les informations qui se contredisent.

Il était temps que la France ait un Premier ministre. - M.Bouhafsi: G.Attal participe à son dernier déplacement en tant que Premier ministre en hommage au jeune Nicolas, cet adolescent qui s'est suicidé l'année dernière.

En même temps, les camions de déménagement sont arrivés à Paris. Les tractations politiques continuent. Il y en a un qui se fait discret.

M.Barnier a quitté l'Elysée après son entretien avec Macron, par la porte arrière. Personne n'a su le localiser.

A 2 km de là, à Matignon, le Premier ministre démissionnaire revient à 14h49. - L'ancien Premier ministre rentre pour la dernière fois à Matignon. - M.Bouhafsi: A 17h54, on retrouve la trace de M.Barnier.

A 6 minutes de la passation, il quitte son domicile. - M.Barnier vient de sortir de chez lui. - Je crois qu'il est a à peine 10 minutes de l'hôtel de Matignon. - 10 minutes à pied. - Ce n'est pas très écologiste. - A moins que la voiture Soit hybride. - Il va d'abord tourner à droite... - J'espère que ça n'a pas une connotation politique. - M.Bouhafsi: Une passation avec bienveillance et sourire, mais parfois teintée d'ironie. - G.Attal: Nous avons beaucoup travaillé ces 8 derniers mois.

Des mesures devaient être présentées cet été, elles sont sur votre bureau, monsieur le Premier ministre. Ce plan national devait être présenté cet été. Il est sur votre bureau, monsieur le Premier ministre.

Il est sur votre bureau, monsieur le Premier ministre. Ce projet de loi devait être présenté cet été. Il est sur votre bureau, monsieur le Premier ministre. - M.Barnier: J'ai compris qu'il y avait des tas de projets de loi en suspens, qui n'avaient pas pu être menés à bien.

J'ai bien aimé la manière dont vous m'avez donné, non pas des leçons, enfin, des enseignements, même si ça n'a duré que 8 mois, que l'on apprend quand on est Premier ministre. - M.Bouhafsi: La seule question Qui se pose: combien de temps l'ancien ministre des Affaires étrangères va rester à Matignon avant une éventuelle motion de censure?

Une hypothèse qui inquiète les journalistes. - Est-ce que M.Barnier sera Premier ministre plus de 51 jours? - Ca ressemble un peu à la IVe République, l'instabilité gouvernementale.

Franchement, à la 1re session à l'Assemblée, le gouvernement Barnier peut tomber. - A.-E.Lemoine: C'est un scénario envisageable? - R.Bachelot: Evidemment.

Je pense que le déficit de notoriété peut jouer pour M.Barnier. Une dame dans la rue m'a dit: "C'est lui qui joue dans 'La Stagiaire'?" - A.-E.Lemoine: Avec M.Bernier?

Emilie, petite conclusion? - E.Tran Nguyen: M.Barnier va devoir s'atteler à la composition de son gouvernement.

O.Faure, quelles sont les premières mesures que vous attendez? Il faudrait lancer le chantier de la proportionnelle comme le demande le RN? - O.Faure: Je ne suis pas sûr que ce soit le 1er sujet qu'il faut aborder.

Les Français ont exprimé très clairement lors de l'élection, leur volonté qu'on avance sur 2 sujets centraux: leur retraite et leur pouvoir d'achat. La logique voudrait que le Premier ministre entende ce qu'ont dit les Français. Il est dans un parti qui était très minoritaire.

Il ne peut pas venir pour appliquer le projet qu'il a lui-même défendu lors de ces législatives. J'attends que le Premier ministre comprenne, qu'il soit de ceux qui débloquent la situation pour les Français. C'est à eux qu'il faut penser.

Est-ce que j'ai confiance dans ce qu'il fera? La réponse est non. Je ne crois pas un seul instant qu'il ait été nommé pour faire ce pourquoi les Français ont voté. - E.Tran Nguyen: J.-P.Tanguy, quelle est la priorité, selon vous? - J.-P.Tanguy: La priorité s'impose d'elle-même, c'est le budget.

Nous sommes déjà très en retard. La situation est catastrophique. La Cour des comptes dit que c'est le plus grand effort budgétaire que la France ait à faire depuis 1945.

La Cour dit que le gouvernement sortant est incapable de justifier ce budget. Il y a des mesures de justice sur le pouvoir d'achat. Il faut s'attaquer au désordre migratoire, notre contribution excessive financièrement à l'UE, le problème des fraudes...

La sur-réglementation. Si monsieur Barnier doit s'attaquer à des chantiers titanesques, ce sont ceux que J.Bardella aurait faits s'il avait été Premier ministre. - P.Duhamel: Pour les téléspectateurs, quel est le point qui fera que vous censurerez ou pas M.Barnier?

C'est la proportionnelle? - J.-P.Tanguy: Sera-t-il en rupture avec le macronisme et 50 ans de dérive?

Il y aura pas un point.