🟠 Union de la gauche, budget : Clémentine Autain invitée de Franceinfo !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Bonsoir Clémentine, vous allez bien ?
- 2:00ComplaisanteRéponse directe
Cette colère de Yel Bron Pivet, elle fait du bien ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez reconnu ce titre d'abonn ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Cette pause forcée donc imposée par Sébastien Lecnu, est-ce que ça vous a mise en colère ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Il y avait un rassemblement ce weekend à Trappes, vous y étiez ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Vous évoquez tout à l'heure le Rassemblement national, comment reconquérir les classes populaires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Clémentine AutainFait
« Cette pause forcée donc imposée par Sébastien Lecnu, est-ce que vous aussi elle vous a mise en colère ? »
- 8:00Clémentine AutainFait
« On voit bien et on a vu toute la semaine dernière le gouvernement en particulier prendre beaucoup de temps pour répondre à toutes les questions posées par les députés et à gagner du temps d'une certaine manière. »
- 9:00Clémentine AutainFait
« Il y a un enjeu à finir l'étude du budget tout simplement pour que les députés puissent se prononcer sur ce budget. »
- 10:00Clémentine AutainFait
« On est face à un gouvernement qui n'est pas légitime qui n'est pas légitime à construire ce budget. »
- 11:00Clémentine AutainChiffre
« Quand on regarde la ceux qui sont favorables à ce gouvernement, c'est-à-dire à la Macronie, c'est 14 % des Français. »
- 12:00Clémentine AutainFait
« Il y a un an, on a eu un vote par une élection législative et la sanction a été très violente à l'égard de cette politique. »
- 13:00Clémentine AutainFait
« La fameuse politique de l'offre, c'est-à-dire celle qui vise à donner de l'argent aux grands groupes économiques, à ne pas faire en sorte que les ultra riches, les milliardaires payent autant d'impôts que la majorité des Français au nom du fait que ça va ruisseler. »
- 14:00Clémentine AutainFait
« Tout le monde sait aujourd'hui que ça ne ruisselle pas. »
- 17:00Clémentine AutainFait
« Nous sommes arrivés en tête. Donc ça veut dire que cette proposition politique qui fédère les gauches et les écologistes autour d'une proposition de transformation en profondeur du pays et ben au fond ça correspond non seulement à l'attente du peuple de gauche. »
- 18:00Clémentine AutainChiffre
« 72 % des électeurs du Nouveau Front populaire veulent une candidature unique en 2027. »
- 20:00Clémentine AutainChiffre
« 54 % des ouvriers ont voté pour le Rassemblement national aux élections européennes. »
- 22:00Clémentine AutainChiffre
« Un français sur deux ne s'alimente pas comme il le souhaite. »
- 25:00Clémentine AutainFait
« Ma mère est morte à 33 ans dans la baignoire. »
- 30:00Clémentine AutainFait
« Tu étais quand même cette femme qui avait jeté son verre à la tête d'Alain Delon dans une soirée. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir Clémentine, [musique] bonsoir. Vous allez bien ? Allez, on se retrouve ici.
Bienvenue sur France info dans le pour et le compte. Avant de rejoindre le plateau, je voudrais vous inviter à regarder cette petite vidéo qu'on vous a préparé. Oui, [musique] exactement.
Alors, je ne bouge pas. Voilà, c'est un coup de gueule. C'était une séquence à l'Assemblée nationale.
Coup de gueule de Yel Bron Pivet contre le député Gér Verni. On l'écoute. On va la réécouter.
On va la réécouter. Attendez, ça va revenir. On va écouter ce coup de gueule de Yelborn Pivet.
C'est fini. C'est fini. [applaudissements] Il y a pas la suite.
C'est pas possible. Voilà ce qu'elle dit Yel Bron Pivet, c'est que le sexisme dans l'hémicycle, elle est en aral, c'est terminé. Et ce coup de gueule, pourquoi elle le pose ?
Parce que le député Géroverni s'est adressé à Sandrine Rousseau en disant "Madame Rousseau, est-ce que vous pourriez éviter de hurler quand vous prenez la parole ? Vous nous cassez les oreilles. On vous voit là sur l'image, vous venez d'applaudir, vous êtes souriante.
Est-ce que cette colère de Yel Bron pivet, elle fait du bien ? Oui, c'est vraindre le plateau. Venez avec moi.
Vous savez comme je peux être en désaccord régulièrement avec elle moine pivé, mais sur ce point, il y a aucun doute qu'elle a eu une réaction juste, une réaction. Vous avez pu sentir une de solidarité quand même. Oui, c'est au-delà de la solidarité. [musique] C'est-à-dire qu'il y a quand même un ralbol à l'Assemblée nationale de voir les voix de femmes [musique] couvertes, d'être moqué moqué de critiquer aussi [musique] quand on hausse le ton quand les hommes hurlent.
On leur disent pas mais on leur dit pas vous hurlez. C'est c'est spécifique aux femmes. Alors Clémentine Notin, je vous présente [musique] Nathan de Vert et Paul Melin.
Je rappelle que vous êtes députant de Sindi, élu sous la bannière LFI, parti que vous avez quitté en 2024 pour siéger désormais au sein du groupe écologiste et social ce petite terre, ce commence avec fait exprès. Est-ce que vous avez reconnu ce titre d'abonn ? Oui.
Alors, je crois que vous connaissez très bien ce groupe parce que on va y revenir tout à l'heure. C'est un clin d'œil. C'est un 10h pour la suite de l'é parce quand on dit une femme de gauche money mon quand même paraître il y a un double sens parce que déjà on va parler du budget qui est au cœur de l'actualité politique.
Les débats ont été interrompus ce weekend en plein en plein examen de la partie recette du budget. Regardez cette pause forcée qui a mis beaucoup de députés en colère. Il reste quand même plus de 1500 amendements à examiner.
Il est 55. Avant et plutôt que de d'aborder une nouvelle discussion commune qui est assez longue, je vous propose de vous souhaiter un bon weekend avec une prochaine séance le lundi 17 novembre à 9h. Suite de la première partie du projet de loi de finance pour 2026.
La séance est levée. Cette pause forcée donc imposée par Sébastien Lecnu, est-ce que vous aussi elle vous a mise en colère ? Est-ce que vous avez l'impression que ça va laisser plus de terrain au Sénat la semaine prochaine ?
Évidemment, ça fait 2 jours en moins de débat parlementaire. Or, nous savons qu'il y a un enjeu à finir l'étude du budget tout simplement pour que les députés puissent se prononcer sur ce budget. Et donc, on voit bien et on a vu toute la semaine dernière le gouvernement en particulier prendre beaucoup de temps pour répondre à toutes les questions posées par les députés et à gagner du temps d'une certaine manière.
Donc bien sûr que je fais partie de celles et ceux qui s'interrogent sur la volonté du gouvernement d'aller au vote. Et le plus probable c'est qu'il souhaite éviter que ce budget soit rejeté. Ce qui voudrait dire bien sûr que c'est une sanction à l'égard du gouvernement.
Et alors la suite c'est que quelle méthode ont-ils utilisé pour imposer ce budget ? Vous savez, on est face à un gouvernement qui n'est pas légitime qui n'est pas légitime à construire ce budget. Euh aujourd'hui, quand on regarde la ceux qui sont favorables à ce gouvernement, c'est-à-dire à la Macronie, c'est 14 % des Français.
Il y a un an, on a eu un vote par une élection législative et la sanction a été très violente à l'égard de cette politique et on voit les ministres les uns après les autres venir nous euh reproposer toujours les mêmes soupes, toujours la même politique, vous savez, la fameuse politique de l'offre, c'est-à-dire celle qui vise à donner de l'argent aux grands groupes économiques, à ne pas faire en sorte que les ultra riches, les milliardaires payent autant d'impôts que la majorité des Français au nom du fait que ça va ruisseler. Tout le monde sait aujourd'hui que ça ne ruisselle pas. Et si on veut investir dans nos services publics, si on veut que le travail pai, si on veut que nos sécurités collectives s'accroient, et bien il faut au contraire investir dans le commun.
C'est la société des communs que je propose, que je veux porter et qui est évidemment en tout point opposé à ce que nous avons comme politique depuis malheureusement plusieurs décennies en réalité. Alors justement en parlant de d'opposition et de société des communs, il y avait un rassemblement ce weekend à Trappe. Je crois que vous y étiez.
Il y avait aussi plusieurs leader de la gauche de la gauche hors Léfi de ce que j'ai vu. Il y avait notamment Lucy Casté, il y avait Olivier Fort, il y avait beaucoup de représentants. On a le sentiment Tonelier François Ruffin.
Voilà. et on avait l'impression qu'il y avait une volonté d'organisation avec euh l'idée de proposer un contre-récit euh au macronisme dont on sait que il a une date de péremption en tout cas qui sera à 2027 et de s'organiser. Est-ce que vous pourriez nous en dire quelques mots de cette initiative et puis plus généralement de ce que ça charit comme projet politique parce que je crois que vous êtes pas une fan de l'expression des gauche irréconciliable que vous entendez au contraire essayer de travailler avec plusieurs partenaires de gauche sur quel fondement sur quelle base programmatique on peut travailler avec des horizons divers avec des gens qui viennent de l'écologie politique des gens qui viennent du socialisme des gens comme vous qui ont un parcours un peu différent comment on arrive à faire ça ensemble vous avez vu d'abord qu'on y est arrivé deux fois nous avons fait la NUPES en 2022 et le nouveau nouveau Front populaire qui a eu quand même un succès assez inattendu en 2024 où tous les sondages prédisaient la victoire de l'extrême droite quasiment sans partage et nous sommes arrivés en tête.
Donc ça veut dire que cette proposition politique qui fédère les gauches et les écologistes autour d'une proposition de transformation en profondeur du pays et ben au fond ça correspond non seulement à l'attente du peuple de gauche comme on l'a vu y compris il y a quelques jours avec un sondage qui dit que 72 % des électeurs du Nouveau Front populaire veulent une candidature unique en 2027. Donc cette aspiration à l'Union, elle est plébiliscitée par le peuple de gauche et elle est nécessaire dans la situation politique actuelle. Et je vais en dire deux mots parce que euh il faut bien qu'on se comprenne pourquoi l'Union aujourd'hui elle est indispensable.
D'abord euh nous avons une tripartition du champ politique. On a vécu au 20e siècle, toute la 2e moitié du 20e siècle avec une habitude, un coup c'était la droite, un coup c'était la gauche. Euh il y avait euh euh l'extrême gauche, il y avait de l'autre côté le parti communiste et le et le Parti socialiste.
Mais je dirais que les choses étaient assez simples. On savait qui serait au deuxième tour, un candidat gauche et un candidat parce que le PS était beaucoup plus fort que les autres aussi. Le Parti communiste a été très fort aussi.
Voilà. Mais ce que ce que je veux dire, c'est que c'était la droite et la gauche qui s'opposaient au second tour. Aujourd'hui, on est dans une autre configuration.
L'extrême droite semble en passe d'être au premier tour euh en tête et d'arriver au second. Mais qui va faire face à l'extrême droite ? Les deux dernières fois, la gauche a été absente.
Et donc le sujet, c'est comment faire en sorte d'être présent au second tour puisque maintenant il y a trois pôles. Alors, comment faire justement ? Et ben s'unir, c'est une c'est une c'est c'est un élément décisif.
C'est un élément décisif. L'Union nous permet euh à coup quasi, je dis pas que c'est sûr, rien n'est jamais sûr, mais je veux dire c'est en tout cas la meilleure garantie. Ça c'est sûr.
Mais encore faut-il y parvenir ? Enfin c'est comment il par [rires] et c'est type très précisément l'initiative qui a pris Lucy Castet le 2 juillet dernier où elle a invité toutes les formations du Nouveau Front populaire et sont venus les écologistes l'après debout Génération le Parti socialiste et qui a décidé de ne pas venir la France insoumise. C'est son choix c'est un choix d'isolement et je pense que c'est un choix qui n'est pas à la hauteur de nos responsabilités. vous avez une vague néofasciste qui est planétaire.
Euh, il faut se rendre compte dans quelle situation on est. Donc, je ne doute pas et je le sais et je le vis et je et je je le comprends. Enfin, pour moi-même avoir des divergences avec des camarades de gauche, des partenaires avec lesquels par exemple sur la séquence budgétaire, j'ai eu des désaccords avec le Parti socialiste, important.
Mais quand on regarde ce que signifie l'extrême droite au pouvoir, je pense qu'à un moment donné, il faut se ressaisir et comprendre que ce qui nous rassemble à gauche est infiniment supérieur et décisif surtout si l'on veut battre l'extrême droite, arriver au second tour et battre l'extrême droite. Donc c'est cette dynamique que nous voulons enclencher qui doit être populaire. on veut une primaire, ça a été dit, qui permettrait à tout le monde de bah voilà d'être enfin tout à des personnalités différentes qui incarne des lignes, des profils différents de pouvoir candidater.
Et moi je souhaite que euh de cette primaire, il y a à la fois une logique de débordement, c'est-à-dire que les 72 % dont je vous parlais se manifestent. et je lance un appel à celles et ceux qui nous regardent. Je veux dire, il faut pas euh être devant ce spectacle de la division où on nous dit c'est Gluxman Mélenchon et donc nos futurs.
Euh mais au contraire s'emparer de cet espace que nous sommes en train de de créer pour euh manifester cette enthousiasme, ce soutien et dire maintenant tout le monde ensemble parce que c'est la condition pour gagner. Justement, Clémentin vous avez fait paraître récemment un ouvrage que j'ai trouvé absolument passionnant qui s'appelle l'avenir, c'est l'esprit public. Vous faites d'abord le constat d'un sentiment de dépossession généralisé qui vise la société française presque une forme de d'impasse dans laquelle on est en train d'arriver selon vous parce que on a appliqué le même logiciel intellectuel et idéologique.
Il faut toujours tout privatiser. La privatisation est le le le le l'exemple, l'horizon auquel on doit on doit tendre. Et puis le marché, c'est la liberté, c'est formidable et cetera.
Vous faites une description que j'ai trouvé extrêmement juste d'un état où où globalement tout tout se casse la gueule pour le dire vulgairement. Des professeurs, il y a il y a un passage qui m'a particulièrement marqué où vous mentionnez des professeurs dans un lycée un peu sensible. Vous dites que chaque nouveau titulaire pleure en arrivant à son poste dans la salle des profs la première semaine.
Et je crois qu'il faut se poser la question. Et face à ça, vous faites un un diagnostic qui m'a beaucoup marqué. Vous dites "Notre est malade du nous".
Je crois que c'est une phrase qu'on devrait méditer. C'est pas le moi qui est malade, c'est le nous. Mais vous remarquez que il y a deux types de nous.
Il y a le nous identitaire qui est en train de prendre du terrain et le nous le vôtre solidaire égalitaire le nous de gauche. Si cette grande bataille arrive, comment on crée un nou de gauche qui sera plus fort que le nous identitaire ? H je pense que c'est vraiment la bataille qui est devant nous.
C'est-à-dire que le nous qui est pas vraiment un nous en réalité, mais on va dire que c'est un nous. Euh en tout cas, il est présenté comme tel à l'extrême droite, c'est le on est chez nous et c'est un nous qui est par exclusion des autres euh et qui est fondé sur l'identité. Mais vous savez euh l'identité c'est ça pose question à la fin parce que l'identité il y a pas d'issue contrairement à l'égalité.
L'identité vous pouvez être dans des guerres d'identité infernale. Ça veut pas dire qu'on n pas à chacun une identité mais elle peut être mouvante, vous voyez ce que je veux dire ? Et si vous figez un collectif dans une identité, elle se crée à l'exclusion d'autres.
Et d'où le on est chez nous qui se termine par on met les immigrés dehors, on fait la chasse aux musulmans et on prétend qu'avec ça on va régler les problèmes de l'hôpital, de l'emploi, de l'école. C'est faux. C'est absolument faux.
Et ce vers quoi on va, c'est euh au contraire des logiques de haine et de guerre civile. Moi, je propose exactement l'inverse, c'est-à-dire que ce nous soit rempli du commun. Et c'est pour ça que je parle de la société des communs, c'est-à-dire que ce qu'il faut aujourd'hui euh solidifier, conforter, développer, ce sont tous les espaces qui échappent à la logique du profit et à la marchandisation et qui nous permettent d'avoir une vie meilleure.
Et donc ça veut dire investir dans l'hôpital, ça veut dire investir dans l'école, ça veut dire faire en sorte qu'on puisse manger sainement de façon sécurisée. Ça veut dire que quand on a un emploi, on peut en vivre, que la qualité de l'emploi fait sens et que ce qui prime, c'est pas la concurrence généralisée, c'est pas le le les uns contre les autres, mais c'est au contraire ce commun qui va permettre à chaque individu de s'émanciper et de se développer. Parce qu'en fait euh on on ne peut devenir véritablement libre que si on a un lien avec un collectif qui nous aide.
Et on le voit en ce moment, on le voit bien que s'il y a pas les solidarités, les sécurités collectives, bah les gens ils sont dans la dans la dans la très grande difficulté. Ils vont dans dans des situations de de précarité, d'angoisse très grande. Et c'est ça le problème de nos sociétés aujourd'hui, c'est qu'elles insécurisent profondément les gens.
Alors, avec la vie chère, je dirais que ça a pris une dimension très grande, l'explosion de la pauvreté, des précarités sur tous les domaines, le logement, l'école qui va très mal. ce que vous disiez parfaitement juste des des enseignants. Non, mais vous repreniez ce que ce que j'ai observé en scène Saint-Denis, hein, des dans les salle de classe.
En la première semaine, les profs pleurent non pas chez eux mais dans la salle de classe. Et ça, c'est absolument nouveau. Je l'avais déjà remarqué chez les hospitaliers, ça fait un moment que l'état de de détresse est très grande, la perte de sens des personnels soignants et donc à force d'avoir atomisé tout, on a tout atomisé.
Quand vous prenez par exemple l'hôpital, la tarification à l'acte, oui, c'est l'obsession de la rentabilité dans un espace qui ne devrait pas du tout être lié à la rentabilité parce que c'est un service public. Donc ce qu'on veut c'est des droits universels pour tout le monde, que chacun soit accueilli en fonction de ses besoins. Et pour financer et bien c'est chacun en fonction de ses moyens.
D'accord ? Euh ça c'est une logique de bien commun. Et moi, j'estime que cet esprit public, c'est-à-dire que cette quête de bien commun qui permet de sécuriser nos vies, elle a quitté le sommet de l'État.
Et le sommet de l'État depuis des décennies est en fait complètement BA devant les normes néolibérales, la concurrence généralisée, la logique du profit de devant laquelle on ne pourrait rien faire. Et on le voit énormément dans le débat budgétaire hein, vous savez sur à peu près tous les sujets, on nous dit c'est pas possible taxe duman 2 % sur les ultra riches pour qu'ils payent autant d'impôts en proportion de leur revenu que la majorité des Français. On lui dit "Ah bah non, ah non, ça c'est pas possible, c'est trop, c'est beaucoup trop." Même une taxe light, le gouvernement n'en a pas voulu.
Même le projet réaménager, retravaillé ce projet, ce texte a été rejeté. Comment avez-vous vécu ? Mais je trouve ça incroyable.
C'est-à-dire comment voulez-vous qu'on fasse société si vous avez un séparatisme fiscal et une minorité d'ultra riches qui font ces sessions ? C'est ça qui se passe aujourd'hui. Mais c'est impossible. h il y a pas on peut pas et c'est pour ça que je dis qu'il faut réinvestir le nous le commun partage le partage des richesses le partage des pouvoirs le partage des savoirs et aussi le partage des temps de la vie c'est ça la société des communs que je propose et c'est c'est ce nous-là c'est-à-dire le nous qui protège le nous qui met en commun et non pas le nous qui atomise encore plus et qui crée de la haine de la division de l'exclusion surtout que ça marche pas vous savez c'est c'est c'est pas enfin les solutions qui n'en sont pas à proposé par l'extrême droite, c'est vraiment du discours.
Euh c'est un discours qui a pour colonne vertébrale, cette obsession de l'identité mais qui ne va résoudre aucun des problèmes auxquels on est confronté. D'ailleurs, on a qu'à voir dans le budget. Il propose de supprimer 100 milliards d'euros dans le budget.
Donc c'est pas la peine que les députés ensuite aillent dans les manifestations pour sauver les hôpitaux parce qu'une fois que vous aurez enlevé 100 milliards dans le budget, vous n'aurez plus rien pour les hôpitaux. Alors sur les solutions, on peut vous retrouver et d'ailleurs, je suis d'accord avec Nathan dans ce livre, l'avenir c'est l'esprit public. Vous donnez vraiment un cadre de réflexion qui s'inscrit dans euh l'idéal de gauche, ce partage, ce commun et cetera.
Et je trouve que c'est en cela réussi. Et puis il y a une phrase que vous avez écrite que j'aime bien. Vous dites et ça me faisait penser d'ailleurs à la phrase, vous savez, de François Ruffin, réconcilier les bours et les Tours.
Vous écrivez "Fédérer les classes populaires rurales et urbaines pour rassembler à gauche dans le pays." Et je trouve que là, on est vraiment au cœur quand même d'un grand défi. Vous évoquez tout à l'heure le Rassemblement national quand aujourd'hui 54 % des ouvriers ont voté pour le Rassemblement national aux élections européennes.
On se dit que malgré tout, même si on entend votre discours social sur l'hôpital, sur l'éducation, qu'on l'a lu dans votre livre et que personnellement je trouve que vous posez les bons diagnostics, pourquoi vous expliquez malgré tout que une bonne partie des classes populaires et ne faisons pas la réponse classique du genre le premier c'est des classes populaires, c'est l'abstention. C'est vrai, mais globalement le RN a quand même engrangé sur des anciens bastions communistes et cetera beaucoup de votes. Comment vous expliquez que une partie du peuple, vous disz tout à l'heure la gauche populaire et j'aime bien ce mot, populaire et non populiste et et cette gauche populaire, comment vous expliquez qu'aujourd'hui elle parle peut-être un peu moins que le Rassemblement national aux Français justement des catégories populaires et comment reconquérir peut-être ces Français avec un discours de gauche en l'occurrence celui que vous tenez ce soir ?
Euh d'abord, je pense quand même que le le bilan de la gauche au pouvoir de ces dernières décennies a fait énormément de mal euh dans la relation entre la gauche et les classes populaires. Moi, j'ai un souvenir euh euh à la fin du quinquena Hollande, euh je suis chez moi à Sevran et je fais campagne pour Jean-Luc Mélenchon et à un moment donné, il y a une dame qui me dit "Ah oui, monsieur Mélenchon, oui, oui, mais mais c'est pas la gauche, hein, on est d'accord he ? Moi, il me plaît bien mais c'est pas la gauche.
Et en fait parce que cette dame pour elle la gauche c'était le Kakena Hollande et Mélenchon ça lui plaisait bien mais mais pas mais pas François Hollande. Donc vous voyez a il y a eu un trouble profond dans les repères. Donc je pense que partout en Europe et même à travers le monde, cette gauche qui s'est moulée dans les normes néolibérales, c'est-à-dire qui a accompagné en fait la logique du profit, cette globalisation qui met la compé la compétitivité à cœur et qui elle aussi fait cette fameuse politique où on va donner aux grandes entreprises de l'argent en espérant que ça va bien se passer en bas. en réalité ça ne fonctionne pas et ça a tué l'idée même euh de enfin le fondement même de ce que porte la gauche.
Donc je pense qu'on on part aussi avec cette difficulté et après vous aurez remarqué qu'il y a un phénomène qui est planétaire qui dépasse enfin qui n'est pas que français hein. Et donc je ce que je ressens c'est que l'extrême droite a une longueur d'avance à l'échelle internationale et en France aussi il faut bien le dire. Néanmoins, quand on regarde euh les enquêtes d'opinion, on se rend compte que les thèmes qu'on portent, la taxation des ultra riches, la taxation des multinationales, duman que ne veut pas l'extrême droite, la défense des services publics qui est au cœur de notre discours et qui va permettre aussi de fédérer les classes populaires des villes et des campagnes parce qu'en réalité les problèmes sont quand même très proches que ce soit le commerce de proximité dans lequel il faut investir, les tris placent des enjeux pour les municipales nous dit l'OP aujourd'h Oui, mais j'aimerais qu'on s'entende sur la sécurité.
Euh je je pense que le sentiment d'insécurité que ressentent les Français, il est euh général. C'est-à-dire que c'est l'insécurité parce qu'on a du mal à se projeter dans l'avenir. On a déjà parfois du mal à finir son moi avec les revenus qu'on a.
On a du mal à à emprunter par exemple de l'argent pour investir, partir en vacances, faire des choses. On a du mal à savoir si nos enfants vont vivre mieux que nous. Donc l'insécurité euh elle elle est il y a une insécurité politique.
L'insécurité, on a l'impression qu'elle est absolument partout. Donc elle est aussi euh une insécurité au sens de la sécurité telle qu'on l'entend traditionnellement. Euh même si parfois je la trouve très mal posée parce que la première des insécurités par exemple, ce sont les violences faites aux femmes.
Et c'est les violences faites aux femmes, malheureusement elles sont d'abord à la maison, hein. Donc on va pas pouvoir mettre un policier derrière chaque appartement. Et donc il va bien falloir trouver des solutions qui protègent mais qui ne sont pas de nature comme on dit sécuritaire et pourtant qui peuvent protéger et sécuriser les Français.
Donc moi je prends très au sérieux cette ce sentiment d'insécurité mais je pense qu'il faut le prendre dans sa globalité. Je vous donner un exemple qui me tient à cœur, l'alimentation. Hm hm h dire quand vous vous rendez compte que un français sur deux ne s'alimente pas comme il le souhaite et et que tant de français et vous en faites partie, je suis sûre maintenant on mange et on a peur de ce qu'on mange.
C'est c'est quand même fou et ça vaut pas s'améliorer avec le mercosour et avec certains traités qui vont peut-être nous ramener des produits. Il faut arrêter, il faut arrêter ces traités. Il faut c'est ce grand déménagement du monde, le fait qu'on met en concurrence des pays qui n'ont pas des normes sociales et environnementales identiques.
Si on décide que on ouvre tout ça, euh alors on va abaisser nos propres normes. Euh et ça c'est pas acceptable. C'est pas acceptable.
Donc moi, je suis pour que nous soyons fiers des normes environnementales et sociales que nous nous avons en France et que nous devons encore développer en France et et de et de protéger de ce point de vue-là à la fois ses normes et notre économie. Et je pense que c'est quelque chose qui n'est pas pour du repli. Vous voyez ce que je dire ?
C'est pas quelque chose de l'ordre du repli. Moi, je suis pour la coopération internationale et je suis pour que les échanges, ils se fassent dans euh un état d'esprit de relocalisation de l'économie partout et ce sera favorable pour nous mais aussi favorable pour les autres. Clémentine Notin, le 3 décembre prochain sortira en salle le film de Roman Boringer.
Dites-lui que je l'aime. C'est l'adaptation du livre que vous avez consacré à votre maman l'actrice Dominique Lafin. Vous y jouez dans ce film qui sortira donc le 3 décembre votre propre rôle.
Tout comme Roman Bringer joue le sien, ce film c'est le croisement de vos deux histoires respectives. Vous dites que vous étiez en totale confiance avec Roman Boringer. Peut-être parce que vous avez eu un parcours en tous les cas une jeunesse similaire.
Vous parlez d'une sororité avec Roman Bringer. Oui, on parle même souvent de gémélité. Oui, on a l'impression d'avoir et c'est pas qu'une impression, on a des histoires qui sont très proches et du coup je suis très touchée par le film qu' a réalisé Roman parce que il parle de mon histoire, de mon livre, mais aussi de la sienne.
Mais on arrive très vite à son histoire et les deux histoires sont entremêlées et je trouve que ça donne une dimension encore plus universelle à au propos qu'on veut tenir sur des mamans qui n'ont pas pu nous élever en nous protégeant. on en revient à la question de de la protection et de la du sentiment de de sécurité parce qu'elles parce qu'elles n'y arrivaient pas, parce qu'elles allaient mal, parce qu'elles étaient en souffrance, parce qu'elles étaient ma mère très alcoolique. La mère de Romane euh elle était elle prenait de la drogue.
Et donc ce sont des situations similaires de ces mamans qui au fond nous ont de fait un peu abandonné, maltraité mais elles étaient en souffrance ou parfois l'enfant prend la place du parent. Dominique Laf actrice votre maman donc qui avait un caractère bien trempé. Vous dites euh quand vous vous adressez, vous parlez d'elle dans votre livre et vous dites "Tu étais quand même cette femme qui avait jeté son verre à la tête d'Alain Delon dans une soirée.
Il avait tenu un propos sexiste. Tu lui avais balancé le verre à la tête." Oui.
Alors pas seulement le liquide, tu sais quoi ? le vert lui-même. Le vert lui-même.
Ce qui quand même dans la tête d'Alain Delon était peu prudent parce qu'il imaginait que le verre se soit cassé et que son visage était votre maman. Voilà, c'était un peu ça faisait désordre mais il avait il avait eu un propos sexiste et ma mère n'avait pas supporté. Est-ce que c'était est-ce que ça a pu être un modèle justement ce genre de réaction parce qu'on connaît votre combat féministe aussi.
Alors faut le faire balancer un verre à la tête d'Alain Delon à cette époque là. Alors il faut il faut être honnête. Tout toute l'histoire de de mon livre et de ce parcours, c'est aussi d'expliquer et Roman a fait pareil.
C'est-à-dire qu'on s'est construite en contreemodèle en ne voulant pas euh leur ressembler parce que comme moi je dis souvent, j'avais pas envie de finir euh échouer dans ma baignoire à 33 ans. Ma mère est morte à 33 ans dans la baignoire. Donc je j'avais envie de de d'avoir une vie euh évidemment aux antipodes de la sienne.
Et donc je me suis plutôt construite contre elle. Mais en écrivant ce livre, je peux reconnaître aujourd'hui plus facilement, en m'étant d'une certaine manière un peu réconcilié avec elle et en acceptant de regarder sa propre souffrance et sa propre incapacité et me dire que effectivement il y a des choses d'elles qui ont été transmis mais mais j'ai mis beaucoup de temps à m'en rendre compte et sans doute le féminisme en faisait partie. Et quand j'ai fait mes recherches, j'ai fait des études d'histoire et que je me suis retrouvée à à chercher sur la période du mouvement de libération des femmes, je suis tombée sur des dessins qu'elle avait fait de revue féministe de l'époque et ça m'a énormément touché effectivement et les chiens ne font pas des chats comme on dit à certains à certains sur certains certaines choses, je suis bien obligée de reconnaître que je lui ressemble.
Clémentine Notin, l'un des rendez-vous de cette émission, c'est de retrouver les premières télé de nos invités. Alors vous vous avez côtoyé les caméras très jeunes 26 novembre 1983 pour ça on va comprendre un petit peu le le le fond sonore du début de l'émission 26 novembre 1983 donc vous faites partie d'une chorale qui chante chez Michel Drucker un petit groupe de quatre enfants dont vous faites partie qui revisite le tube d'abaas Fernando dans la célèbre émission Champs-Éllysée et déjà regardez vous ne passez pas inaperçu. [applaudissements] Voilà peut-être un nouveau groupe Abacadabra.
Alors, on va être galant, hein. Comment t'appelles-tu ? Clémentine.
Et dire, tu peux faire un gros plan de la petite Clémentine. Regarde bien. Regardez bien celle-là.
Celle jour elle sera grande. Moi, elle a pas la langue dans sa poche. Elle a pas la langue dans sa poche.
La petite Clémentine dit Michel Drucker en 1983. Il a du pich, on peut le dire. En tout cas, je me souviens que j'étais à l'époque très étonnée qu'il dise ça.
Euh parce que je suis pas sûre que je me rende toujours compte que je n'ai pas ma langue dans ma poche, mais c'est sans doute vrai. Il avait voilà, il avait vu juste Michel Drucker. La dernière rubrique de cette émission avant de se quitter pour ou contre.
Allez, on y va. Dernier rendez-vous. Moi, j'avais plein d'autres questions à vous poser sur plein de sujets et plein d'écrit.
Alors juste une en écho à votre livre les fausses aères de la République contre les gens qui instrumentalisaient cette notion. Pour ou contre dire la République c'est moi quand on en est un élu. Ah contre contre oui oui.
Non je ici il faut répondre simplement. [rires] Voilà si c'est pour ou contre non. Je sais pourquoi, enfin la référence, faites référence à Jean-Luc Mélenchon qui à ce moment-là dit ça, il veut le dire au sens où nous représentons nous représentons la République.
Il a son écharpe et il parle du droit en tant que parlementaire de Mais cette expression non, je la reprendrai pas. La République, c'est nous. [rires] Vous revenez au nous.
Alors moi, j'ai un autre pour ou contre, on n' pas eu le temps d'en parler, mais on avait lu aussi dans le grand continent, vous avez écrit une longue tribune qui s'appelle Male America Great Again, donc les M et l'Amérique d'abord, on va dire, puisque c'est la tendance aujourd'hui avec les Trump, les Bolsonaro et cetera. Livre dans le texte dans lequel vous parlez du privilège des hommes. Et j'aurais voulu vous interroger sur cette notion que personnellement je désapprouve.
Je pense pas qu'il y a de privilège des hommes, pas plus que de privilèges blancs ou autre dans l'histoire. Donc je voulais juste vous dire pour ou contre cette idée, cette notion de privilège pour que vous puissiez Oui, il y a un privilège masculin au sens où il y a de par l'histoire, de par la culture un une hiérarchie entre les sexes et elle est malheureusement très ancienne. Et donc cette hiérarchie fait que il y a un privilège masculin.
C'est c'est je suis au bord de du factuel quand même en vous disant ça. [rires] Je vous aurais rétorqué les poilus dans les tranchées, les mines et le fait que voilà, il y avait beaucoup de gens qui étaient surtout dans les combats de la gauche pas privilégiés que ce soit des hommes, des femmes ou parfois des enfants qui cont non mais que ce ne soit pas que un privilège au sens enfin que que qu'il y ait des revers de médailles. C'est d'ailleurs ce que je dis y compris dans ce texte-là hein que c'est pas que joie et bonheur d'avoir le virilisme à signer quand on est un un garçon.
Et ça, je suis tout à fait d'accord avec vous. Euh et c'est pour ça que j'appelle toujours à déconstruire les les deux, c'est-à-dire à penser euh comment euh un individu peut ne pas être enfermé dans un destin. Et ça vaut pour les femmes quand comme ça vaut pour les hommes.
Mais aussi bien euh le masculin et le féminin ont ses attributs et et les attributs euh bon voilà, ils ont euh leur part sympathique ou moins sympathique pour chacun des deux. Mais il y a bien un dominant et un dominé dans l'histoire. C'est ce que vous dites et vous pointez, vous dénoncez la montée en puissance du masculinisme dans ce fameux artiste dernière question masculinisme.
Est-ce qu' substantiel de l'extrême droit ? J'ai une dernière question pour contre une carrière [musique] d'actrice. Allez, en parallèle.
Pour pour qui ? Pour ou contre une carrière pour moi. Oui.
Non, j'ai pas fait ce choix. Voilà, je suis une femme parce que je rappelle que le film Dites-lui que je l'aime sort donc le 3 décembre. Vous restez.
Merci beaucoup Clément d'avoir été notre invité. Merci Paul. Merci Nathan. vendredi prochain.
Clémentine Autain