Coupes budgétaires, nouvelle menace de censure... Le "8h30 franceinfo" d'Amélie de Montchalin
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Bonjour Amélie de Montchalin. Bonjour. Hier, le Sénat a approuvé le projet de loi de finances pour 2025. L'objectif, c'est un déficit à 5,4% du PIB, 50 milliards d'efforts budgétaires, dont 30 milliards d'économies. C'est moins ambitieux que le budget Barnier. Est-ce que ça l'est assez ?
Alors, c'est un budget qui nous permet de reprendre notre destin budgétaire en main, d'une certaine manière. C'est un budget qui est absolument nécessaire. Il est nécessaire à deux titres. D'abord parce que, je pourrais y revenir, la censure a un coût pour les Français, elle a un coût pour les finances publiques. Vous l'avez mesuré ? C'est un coût de 12 milliards. Le 1er janvier, ceux qui ont voté la censure, ils ont fait que, au fond, notre réveillon à tous nous a coûté 6 milliards. Parce que le 1er janvier, plein de mesures qui devaient s'appliquer ne s'appliquent pas. Et depuis, c'est 100 millions par jour.
Au total, là, sur deux mois, c'est 12 milliards d'euros de gâchis, d'une certaine manière. C'est plein de politiques publiques qui ne s'appliquent pas. C'est la prime rénov' qui n'est pas versée. C'est des places en EHPAD qui ne sont pas créées. C'est des mesures pour les Outre-mer qui ne sont pas prises. Donc, on est dans une situation très difficile. Et donc, on a besoin d'un budget. Et on a besoin d'un budget. Au fond, moi, je suis rentrée avec le Premier ministre et Éric Lombard dans cette discussion vis-à-vis des Français et des sénateurs. Avec trois convictions. Un, il nous faut réduire le déficit. Pas parce que c'est un totem.
Moins que ce que souhaitait Michel Barnier.
Le déficit, il est autour de 6% en 2024. Il faut qu'on vise d'être à 3% de déficit en 2029. Et la marche, vous voyez, l'effort pour 2025, c'est d'arriver à ce 5,4% déficit. Pourquoi ? Parce que si nous ne réduisons pas ce déficit, si nous avons une nouvelle crise, nous serons en très grande difficulté pour soutenir de nouveau les emplois et l'économie. Et par ailleurs, un pays qui n'a pas de budget bien financé, c'est un pays qui, à terme, ne sait plus financer les politiques sociales. On va rentrer dans le détail de ce budget, Amélie Mochard. La deuxième conviction, après réduire le déficit, c'est de ne pas augmenter les impôts des classes moyennes. Et donc, il faut faire des économies.
Et la troisième conviction, c'est que vu le moment politique dans lequel on est, il faut que la méthode qu'on suive permette de trouver un accord.
Alors, rentrons dans le vif, Amélie Monchalin. Dans ce budget, il y a aussi des coupes budgétaires. Vous dites qu'il faut faire des économies. Il y en a dans le domaine de la culture, la recherche. Il y en a dans l'enseignement supérieur, dans la transition écologique. Est-ce que c'est ça, votre méthode ? C'est-à-dire faire un grand rabot général plutôt que des économies durables, des réformes structurantes ?
Alors, la première chose, c'est que je le redis ici, le plus grand rabot dans le dos des Français qui a eu lieu, c'est la censure. C'est la mise à l'arrêt du pays, la mise à l'arrêt des politiques publiques. Et ça, ça coûte 12 milliards. Ce que vous appelez rabot, moi j'appelle ça d'abord des efforts courageux que chaque ministre a proposés. Et ces efforts portent, et je tiens vraiment à le dire ici ce matin, non pas sur les politiques publiques. On n'est pas en train de dire, vous savez, on arrête la politique familiale ou on arrête la politique de la recherche. Les efforts qu'on porte sont des efforts sur les dépenses de fonctionnement de l'État.
Ça veut dire qu'on va faire des efforts sur les achats. On va faire des efforts sur les recrutements. On va faire des efforts, vous voyez, dans les opérateurs, on a mis tout le monde avec un objectif de moins 5%, mais on ne détruit pas les politiques publiques. Et puis surtout, c'est pas l'austérité générale. On n'est pas en train de faire du rabot aveugle. Il y a des politiques publiques, je pense par exemple à l'hôpital, à la justice, à la sécurité, aux outre-mer.
Sur le sport, on en est où ? Il y a une coupe ou il n'y a pas de coupe ? Sur le sport. Les 425 sportifs qui ont dénoncé cette coupe budgétaire dans l'équipe, eh bien, ils ont quand même trouvé un allié de choix. Emmanuel Macron, donc, ça sera ardoise magique où vous allez conserver la coupe budgétaire de 100 millions.
Alors, là aussi, un élément de fond, un élément de méthode. Sur le fond, quand vous avez tous les parlementaires de tous les bords, toute la société civile qui vous dit, c'est pas le bon équilibre, il faut l'entendre. Élément de méthode. Nous entrons dans une phase où, dans une semaine, jeudi prochain, 7 députés et 7 sénateurs se réunissent pour trouver le compromis. Le compromis, c'est pas l'unanimité. Le compromis, c'est pas un truc naïf où on se dit, tiens, les gens vont miraculeusement tomber d'accord. Le compromis, c'est de dire, nous avons besoin d'un budget. Chacun a des priorités. Certains vont dire, voilà, et d'ailleurs, on l'a entendu.
Le gouvernement, d'ailleurs, a soutenu le fait que, pour les enseignants, il y ait 4000 postes sur lesquels on imaginait revenir, sur lesquels on ne revient pas. Mais ce compromis, il va se faire dans une pièce où le gouvernement n'est pas. Je ne suis pas...
Donc ça veut dire quoi concrètement pour le sport ? Sur le sport, les parlementaires trancheront.
Et je pense qu'ils ont entendu tout le pays et probablement que la coupe de 100 millions n'est pas le point d'arrivée du compromis.
Vous remettez ça entre les mains des parlementaires, mais sur d'autres sujets, on sait qu'il y a aussi des négociations en cours avec les socialistes. Elles continuent ces négociations. Ils vous demandent de revenir sur une certaine partie de ces coupes.
C'est important que les Français comprennent. jeudi prochain dans la pièce, il n'y a pas le gouvernement.
On a bien compris, mais on sait que les choses se passent aussi avant cette réunion, forcément.
Exactement. Ce qui se passe à partir d'aujourd'hui avec Éric Lombard, c'est que nous rencontrons les parlementaires, nous nous mettons à leur entière disposition, nous leur donnons tous les éléments, nous éclairons leurs réflexions, leurs points de convergence, nous donnons toutes nos chances et toute sa chance au compromis. parce que dans mon pays, je pense que si nous n'arrivons pas à donner toute la chance à la démocratie représentative, à la démocratie sociale, de trouver des compromis dans un moment politique où nous sommes fragmentés, alors il n'y a plus que les extrêmes à la fin.
Vous donnez aussi vos lignes rouges et j'imagine qu'ils vous donnent les leurs pour éviter une censure parce qu'on sait que c'est ça aussi l'objectif.
On a changé depuis qu'on a commencé avec Éric Lombard à la demande du Premier ministre de rencontrer les 17 groupes politiques et parlementaires qui existent dans notre pays. On est d'accord et tous d'accord et ça c'est déjà en soi une victoire que nous sortions de la logique de ligne rouge. Les gens ne rentrent plus dans la pièce en disant c'est ça où je pars. Ils rentrent dans la pièce en disant j'ai des priorités, pas pour moi.
Ah mais mon chalin, ils veulent des concessions les socialistes, ils en veulent encore plus. Est-ce que vous avez encore des choses à leur donner ? Et d'ailleurs, combien en coûtaient d'ailleurs les concessions que vous leur avez déjà faites ?
Le coût du compromis qui rentre dans le cadre, au fond c'est le contrat qu'on a posé, des 5,4% de déficit, il est infiniment inférieur ce coût du compromis au coût de la censure.
Donc 12 milliards, c'est la censure. Donc combien le coût du compromis ? Le coût du compromis c'est de se dire Ok, je chiffre là combien ?
Puisque vous êtes précis sur la censure, soyons précis sur le coût du compromis. Je ne vais pas vous faire ici l'arithmétique. Derrière les 4000 postes d'enseignants, c'est un élément important, il est dans le budget, mais il est dans un budget dont on ne dégrade pas l'objectif. Ça veut dire qu'on fait des équilibres, ça veut dire que si on fait plus quelque part, il faut faire moins ailleurs. Et c'est ça qu'on construit.
Mais à nouveau, nous, le gouvernement aujourd'hui, nous sommes dans un moment où nous devons accompagner, favoriser, donner ces chances à un compromis qui se tiendra lors de la commission mixte paritaire où les 7 députés, les 7 sénateurs jeudi prochains vont travailler pour le pays.
Michel Barnier était quand même sous la coupe du Rassemblement National. Est-ce que vous, vous n'êtes pas sous celles, mais on peut le dire aussi clairement que ça, des socialistes ?
On est sortis de cette logique de ligne rouge et surtout, moi, je crois à une chose, c'est qu'on peut dans notre pays s'opposer sans censurer. On peut dans notre pays s'opposer sans tout bloquer. Et les socialistes resteront dans l'opposition. Simplement qu'aujourd'hui, ils ont, et de manière tout à fait sincère, comme beaucoup d'autres forces politiques, compris et surtout, ils se sont engagés pour que nous ayons un budget parce que ce qui coûte le plus cher, c'est que nous soyons dans cette instabilité. Ce qui coûte le plus cher, c'est que le pays est à l'arrêt. Ce qui coûte le plus cher, c'est que sur des grandes politiques publiques qui sont leurs priorités et qui sont les miennes aussi.
À la fin, les Français, aujourd'hui, ils payent la facture de cette censure. Et je tiens à dire autre chose. Si jamais il y avait une nouvelle censure, moi, je veux ce matin vous dire, il y a une immense hypocrisie d'une partie de l'extrême-gauche sur le fameux pouvoir d'achat. Je suis, nous sommes tous, avec le gouvernement, très engagés, évidemment, pour protéger le pouvoir d'achat des Français. Si jamais il y avait une nouvelle censure la semaine prochaine, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il y a 600 000 Français qui vont, le 15 mars ou le 15 mai, devoir payer un impôt sur le revenu que le gouvernement, et personne, je crois, dans le pays, ne veut leur imposer.
Ça veut dire qu'il y aurait 18 millions de Français qui vont voir leur impôt augmenter. Ça, c'était déjà la petite musique du temps de Michel Marigny. C'est pas une musique, vous savez, c'est pas un hauchet, c'est pas pour faire peur aux Français. S'il n'y a pas de budget, je peux vous dire qu'en tant que ministre des Comptes publics, je ne sais pas, sans budget, protéger les 600 000 Français en question de la hausse d'impôt. Je ne sais pas protéger les 18 millions, alors que notre objectif, avec François Bayrou, c'était, un, on réduit le déficit, deux, on n'augmente pas les impôts pour les Français. Donc vous dites que les opposants seront responsables de cela.
Chacun est responsable aujourd'hui. Chacun est responsable. La censure a eu un coût énorme. La recensure aurait un coût massif. Et le point de compromis, à nouveau, c'est pas l'unanimité. On ne force personne à rejoindre le gouvernement ou à rejoindre la majorité. C'est pas pour eux, c'est pas pour les sénateurs ou les députés qu'on travaille, c'est pour les Français. Et ce moment, on veut vraiment, vraiment lui donner sa chance parce que c'est comme ça, dans ce moment politique, qu'on peut essayer de trouver le point d'équilibre pour remettre le pays en route.
On entend ce que vous dites, Éric Lombard, le ministre de l'Économie, semble lui aussi, vouloir aussi rassurer les entreprises. Alors donc, certes, il va y avoir une surtaxe sur les profits des grands groupes, mais elle ne sera pas renouvelée en 2026. Est-ce que ça, ça ne peut pas contrarier les socialistes ?
Le but, ce n'est pas de contrarier les uns ou les autres, c'est à nouveau trouver la manière de remettre le pays en route. Nous sommes dans un moment de très grande fragilité, d'immenses incertitudes. C'est un budget, au fond, d'urgence. C'est un budget qui sera le budget à la fin ni de la droite, ni de la gauche, ni du centre. Ce n'est pas mon budget, c'est le budget du pays.
Et pour que le pays retrouve confiance, nous nous sommes dit que nous étions en train de construire un budget pour 2025, qui concernait 2025, et qu'ensuite, et le Premier ministre, vous l'avez entendu, a évidemment déjà fixé la méthode pour la suite, pour ensuite, pour 2026, pour 2027, eh bien, on reprendrait une copie avec des économies structurelles, méthodiques, avec, on l'a dit, un travail sur comment on réorganise l'État, comment on sort d'une vision où la dépense publique, elle est automatique.
Je prends ma question, cette surtaxe, elle ne sera pas renouvelée, quoi qu'il arrive en 2025. Parce que là,
aujourd'hui, on cherche le budget de 2025. On s'est dit, en méthode, on a intérêt de ne parler que de 2025, de trouver le compromis pour cette année, et ensuite, l'année prochaine, on reprendra les choses, en fait, dès le mois de mars, pour préparer l'année suivante, mais le faire dans un cadre, année après année, là, aujourd'hui, on a besoin de résoudre cette... Mais justement,
ce manque de vision à long terme, est-ce qu'il ne va pas inquiéter un peu plus ces chefs d'entreprise ?
Moi, je ne me serais jamais engagée dans ce rôle si je n'avais pas entendu par ailleurs François Bayrou extrêmement clair sur le risque du surendettement, sur le fait que nous n'étions pas là, juste là, pour gérer les urgences, mais pour nous donner un cap, et qu'il avait une méthode que je pense extrêmement importante pour le pays. Que la dépense publique, on sort de la vision où, au fond, elle est là par habitude. La dépense publique, elle est là parce qu'il y a des besoins, il y a des priorités. Il faut qu'on puisse, d'ailleurs, remettre des choses sur le métier, qu'on le fasse de manière... avec une grande écoute, aussi, du coup, de la priorité face à un monde qui change.
Mais on avance à petits pas pour éviter les obstacles, en gros.
Il y a deux moments. Il y a le moment de 2025. Moi, je suis ici depuis un mois dans mon bureau. Depuis un mois, ma seule obsession, mon seul objectif, c'est que nous ayons un budget le plus vite possible. On va briculer des budgets
jusqu'en 2027.
Non, et justement, une fois qu'on est sorti de l'ornière du désordre d'aujourd'hui, une fois que le compromis pour 2025 est trouvé, alors la méthode pour 2026, 2027, 2028, c'est avec les collectivités de leur donner de la prévisibilité, âge et les Français, avec les agents publics, avec toutes ces agences. Qu'est-ce qu'on fusionne ? Qu'est-ce qu'on rapproche ? Qu'est-ce qu'on réforme ? Mais ce travail-là, vous imaginez bien qu'on ne peut pas le faire en 15 jours. Ça nécessite quelques mois qu'on va se donner à fond à partir du moment où on aura un budget. Mais donc, vous voyez, cette étape-là, elle est essentielle d'abord.
Et on continue cette discussion avec vous, Amélie de Montchalin, ministre en charge des comptes publics. Dans un instant, sur France Info, après le fil Info à 8h45 avec Magali Homo.
Serge Atlaoui doit sortir du couloir de la mort. Ce Français condamné en Indonésie pour trafic de drogue il y a 17 ans va rentrer en France le 4 février, annonce le gouvernement indonésien. Un accord doit encore être signé aujourd'hui. 10 personnes en garde à vue, soupçonnées d'être impliquées dans le kidnapping et la séquestration en début de semaine dans le chair de David Balanco, fondateur d'une société spécialisée dans la crypto-monnaie valorisée à plus d'un milliard d'euros et de sa femme. Il a fallu l'intervention du GIGN pour les libérer. Des dossiers classés top secret aux Etats-Unis bientôt publics se concernant notamment les assassinats du président John F.
Kennedy ou encore de Martin Luther King. Donald Trump a signé un décret hier pour les déclassifier. Rudy Garcia a nommé sélectionneur de la Belgique. C'est la fédération qui l'annonce. Le français ancien entraîneur de l'OM aura la lourde tâche de relancer les Diables Rouges en crise éliminée dès les huitièmes de finale lors du dernier Euro. Bercy plein a craqué hier soir. Les fans des Spurs sont venus en masse applaudir le chouchou français du basket. Victor Wambanyama, son équipe les San Antonio ont battu les Pacers d'Indiana. 140-110 une seconde rencontre de NBA dans la capitale est prévue demain. France Info
Le 830 France Info Alex Boulaguet Benjamin Fontaine
Nous sommes toujours avec Emelie de Montchalin ministre chargée des Comptes Publics. Le trou de la sécurité sociale approcherait les 25 milliards cette année. Or, vous avez multiplié les concessions aux socialistes sur des mesures qui visaient justement à combler le déficit. Vous avez aussi rouvert les concertations sur la réforme des retraites. Est-ce que ce n'est pas tout simplement irresponsable ?
Je crois que c'est tout l'inverse. Je crois que c'est tout l'inverse parce qu'aujourd'hui prenons le sujet des retraites. Depuis deux ans il y avait des affrontements il y avait énormément d'incompréhension sur une réforme qui est pourtant absolument vitale et nécessaire parce qu'un système des retraites pas financé à la fin c'est l'absence de système de retraite. C'est chacun se débrouille chacun pour soi c'est les inégalités sociales et c'est l'angoisse de beaucoup de français sur comment ils vont vivre une fois qu'ils auront atteint l'âge de la retraite.
Mais regardez ce qu'a fait le Premier ministre parce qu'au fond on croit profondément que dans notre pays nous pouvons faire confiance à la démocratie sociale à la démocratie représentative. On a réussi vendredi dernier et ça n'a pas été beaucoup commenté à mettre dans la même pièce des gens qui ne sont pas d'accord sur tout mais qui sont d'accord pour trouver un accord qui sont d'accord pour reprendre le chantier. Mais le Premier ministre il a fixé une condition. tout ce qui doit se passer dans cette pièce doit être du plus pour les français sans dégrader les comptes publics.
Oui mais c'est le Parlement qui aura le dernier mot ici et finalement engagé. Ça veut dire que vous parlez du coût de la censure le coût du compromis il y a le coût de cette réforme que vous allez remettre sur la table ça va coûter combien ?
Sur les retraites le Premier ministre l'a dit plusieurs fois. D'abord nous faisons vraiment confiance aux partenaires sociaux aux patronats aux syndicats pour que dans un cadre budgétaire et c'est la seule limite c'est qu'on ne doit pas dégrader encore plus le déficit tous les paramètres soient discutés. Soit ils ont un accord global le Parlement aura son rôle de transposition il y aura une nouvelle loi.
Soit il y a des accords partiels des choses qu'on peut faire qui ne changent pas tout le système mais qui sont un plus sur la pénibilité sur les femmes sur les carrières longues le Parlement pourra là aussi voter avec toujours le fait que la contrainte de la non-dégradation des comptes publics est posée.
Et s'il n'y a pas d'accord
le Premier ministre
l'a dit
s'il n'y a pas d'accord on ne va pas sauter dans l'inconnu s'il n'y a pas d'accord ce qui existe continue de s'appliquer pourquoi cette méthode elle est essentielle parce que c'est au fond de dire que dans notre pays il y a capacité avec des forces dans le cas présent social de trouver des accords l'exercice que nous faisons sur le budget c'est la même chose nous faisons confiance à la démocratie représentative pour trouver dans un cadre défini
5,4% de déficit Donc si ça se trouve il faut un tour de piste pour rien si vous dites s'ils ne tombent pas d'accord ça ne reviendra pas au Parlement ça veut dire qu'ils vont discuter dans ce fameux conclave peut-être pour rien vous gagnez du temps
moi j'entends il y a des gens qui disent à quoi bon de toute façon il n'y aura pas d'accord si on rentre dans cette logique là je peux vous dire une chose à la fin c'est les extrêmes si on pense que dans notre pays jamais personne n'est capable de trouver pour le bénéfice des français des modalités nouvelles des idées nouvelles des solutions nouvelles alors dans ce cas là c'est le découragement
c'est le cynisme syndicaliste patronat si vous ne vous mettez pas d'accord le risque c'est le rassemblement national non c'est pas ce que je vous dis la question c'est les extrêmes
pas du tout la question qu'on pose c'est pourquoi vous vous faites confiance des gens pourquoi vous pensez qu'ils vont trouver une solution et parce que je fais confiance à la démocratie sociale tout comme je fais confiance la semaine prochaine aux parlementaires si nous les politiques on considère qu'au fond rien n'est possible il n'y a que l'affrontement c'est au fond un peu presque naïf de penser qu'on peut trouver des solutions par le compromis et le dialogue alors oui il y aura les extrêmes donc moi je fais une immense confiance moi je pense qu'il y aura un accord sur les retraites je pense qu'il y aura des progrès je prépare vous voyez depuis un mois les conditions pour qu'il y ait un accord sur le budget pour qu'il y ait un compromis et c'est pas de la naïveté c'est tout l'inverse c'est si on rentre dans les débats sans cette confiance dans notre pays alors je pense que c'est très grave parce que ça veut dire qu'il n'y a que ceux qui surfent sur les peurs sans avoir de solution qui à la fin vont gagner
Sur ce budget de la sécurité sociale Amélie de Monchalin est-ce que vous êtes favorable vous à l'idée de faire travailler les français 7 heures de plus par an Catherine Vautrin la ministre du travail a mis cette proposition sur la table
moi je sais une chose c'est que depuis 80 ans la sécurité sociale a été créée avec l'idée que c'est le travail qui paye la protection sociale donc quand on a un vieillissement qui s'accélère quand on a des dépenses sociales qui augmentent il n'y a pas de miracle notre système nous dit il faut travailler plus il faut travailler en plus d'heures il faut travailler plus dans la vie il faut qu'il y ait plus de gens qui travaillent mais ce que je vois aussi et j'y reviens c'est que cette méthode il faut qu'on soit très précautionneux parce que si tout ne repose que sur le travail on voit aussi la conséquence perte de compétitivité des entreprises perte de pouvoir d'achat pour les salariés donc le bon débat c'est comment on crée plus de travail vous savez il y a eu 2 millions d'emplois créés depuis 2017 et ça c'est une très bonne nouvelle aujourd'hui on a un vieillissement le grand âge l'autonomie crée des dépenses comment on le finance notre système il est fondé sur le travail comment on a donc plus de travail qui finance mais je tiens à le dire qu'elles sont aussi au-delà des seuls actifs les autres moyens de contribuer et ça je vous ramène à la question
est-ce que c'est la position officielle du gouvernement c'est-à-dire faire travailler 7 heures de plus les français est-ce que votre philosophie c'est le travail gratuit
ma philosophie c'est absolument pas le travail gratuit c'est le travail qui paye et qui paye plus c'est d'ailleurs pour ça et j'y reviens que le premier ministre a annoncé une conférence sur le travail et les salaires pour qu'on puisse mettre exactement cette question comment on finance la protection sociale sur qui repose l'effort comment ça peut être aussi d'autres secteurs qui contribuent c'est pour ça que la ministre Panossian vous a dit qu'est-ce que peuvent faire par exemple les retraités aisés moi je peux vous dire aussi est-ce qu'on a le bon modèle d'impôt pas pour augmenter les impôts mais est-ce qu'ils sont bien répartis et donc évidemment que notre but c'est pas que le travail soit gratuit le but c'est que le travail paye mais le but aussi c'est que si la sécurité sociale après avoir eu un déficit de 18 milliards l'année dernière si elle a un déficit de 25 milliards l'an prochain et qu'il n'y a jamais de retour à l'équilibre vous savez ce qu'il y aura à la fin plus de sécurité sociale donc vous soutenez plutôt cette proposition c'est les sénateurs qui l'ont votée nous à nouveau on est dans une position le texte qui sort du sénat sur le projet de loi sur la sécurité sociale il y a cette mesure dedans ce que dit Catherine Vautrin c'est vous voyez dans l'équation où on est il faut que cette mesure puisse être regardée si c'est pas cette mesure il n'y a pas de miracle il faudra trouver d'autres sources de financement il faudra trouver des économies il faudra trouver peut-être des politiques publiques qu'on ne pourra pas faire donc à un moment donné c'est des arbitrages c'est des choix et à nouveau nous sommes dans une situation où ce n'est pas le gouvernement qui impose c'est les parlementaires qui dans les commissions mixtes paritaires trouvent les compromis trouvent les points d'équilibre et donc nous on a obligation vis-à-vis des français vis-à-vis des parlementaires de faire toute la vérité de montrer où sont les milliards possibles et ensuite le parlementaire aura le dernier mot le parlement tranchera
vous avez évoqué la proposition d'Astrid Panosian Bouvet justement de faire porter une partie du financement de la sécurité sociale de la protection sociale sur les 40% des retraités les plus aisés ça a été balayé par la porte-parole du gouvernement vous êtes pour vous
ce que je vous dis c'est qu'en 2025 là on parle de 2025 en 2025 ce qui est certain c'est qu'on a dit notre boussole c'est pas d'augmentation des impôts pas d'augmentation de l'impôt sur le revenu pas d'augmentation de l'impôt sur l'épargne le fameux préaliment conféter unique donc en 2025 c'est pas le moment de le faire
c'est une boulette
mais c'est pas que la ministre du travail ouvre un débat comme je vous l'ai dit tout à fait légitime sur à la fin si tout est payé par les seuls actifs par les seuls travailleurs il n'y aura plus de travail c'est un bon débat la question c'est que je vous dis pour 2025 là on est dans le budget qu'on est en train de faire cette mesure n'est pas prévue on ne peut même pas l'introduire parce qu'elle n'est pas dans les débats donc c'est pas un débat pour aujourd'hui donc peut-être plus tard
donc c'est l'écarté
ce que je redis pour 2025 c'est l'écarté pour la suite je pense que c'est un bon débat et c'est le débat que le premier ministre a souhaité mettre sur la table avec cette conférence sur le travail et les salaires comment dans notre pays le travail paye plus et comment le travail et pas que le travail paye la protection sociale
sur la méthode on a quand même le sentiment que chaque ministre il fait un peu à sa sauce il dit un peu ce qu'il a d'ailleurs ils disent souvent c'est mon avis personnel est-ce que cette parole libre c'est ça la méthode Bayrou finalement créer une forme de flou de confusion parfois
c'est ni le flou ni la confusion la méthode du premier ministre et dans laquelle je me retrouve à 100% c'est la réconciliation des français c'est de dire à un moment donné si nous sommes toujours tous campés sur des positions rigides si nous n'ouvrons aucun débat si nous nous autorisons à ne parler avec personne si nous restons chacun dans nos certitudes le pays est divisé il n'y a pas le risque
de la cacophonie à l'arrêt
et rien n'avance les débats que nous évoquons les questions que nous venons d'ouvrir sont des questions très profondes le pays aujourd'hui n'a pas de solution qu'il y ait dans notre pays avec les forces syndicales avec les forces patronales avec les forces parlementaires des lieux de dialogue vous savez moi j'étais très rassurée d'une chose c'est qu'avec Éric Lombard on a réussi à réunir 17 groupes politiques et parlementaires pendant une semaine dans un cadre où nous étions dans un travail sincère il n'y a pas eu de fuite il n'y a pas eu de polémique pourquoi ?
parce que dans le pays il y a des gens qui veulent réfléchir et travailler ensemble on n'est pas d'accord sur tout mais on est d'accord sur le fait qu'il faut que nous puissions avancer et donc oui avoir des débats qu'on ouvre sans certitude sans rigidité
et avec du compromis on l'a compris
et des compromis
Bruno Retailleau fait justement partie des ministres dont la parole est assez libre dans ce gouvernement avec des propositions assez fermes il durcit la ligne ce matin sur la régularisation des sans-papiers qui doit désormais se faire au compte-gouttes il demande au préfet d'assortir systématiquement le refus de séjour d'une occupation de quitter le territoire français vous êtes à l'aise avec ça vous ?
là aussi la ligne fixée par le Premier ministre elle est très claire nous avons dans notre sujet dans notre pays un enjeu d'immigration illégale et le sujet n'est pas de lutter contre l'immigration en général nous avons des hommes et des femmes qui viennent rejoindre la France pour des raisons légitimes nous devons bien les intégrer et il est nécessaire qu'ils trouvent toute leur place nous avons ensuite un problème d'immigration illégale que nous soyons fermes sur ce sujet que nous appliquions d'ailleurs des règlements qui sont aussi des règlements européens que nous réformions nos règles et que ce qui n'est pas légal soit effectivement et bien qu'il y ait une politique qui corresponde au fait que l'immigration illégale doit être réduite je n'ai aucun problème avec ça
7 ans en France pour être assimilé c'est pas un peu trop long
on parle de personnes qui ne sont venues de manière illégale donc il faut quand même que les règles
qui participent aussi à l'économie française pour certains et qui travaillent dans des secteurs
voilà attention si vous ce que vous essayez de dire c'est qu'au fond il faudrait qu'on ait une immigration illégale parce qu'on n'est pas capable d'organiser des filières légales pour le travail là où on a besoin alors là aussi c'est qu'on a un énorme problème collectif je pense que c'est tout à fait sain que dans notre pays il y ait des règles c'est tout à fait sain que notre objectif soit l'intégration de ceux qui vivent dans notre pays et en respectent les lois et trouvent leur place mais c'est tout à fait nécessaire que si on parle d'immigration illégale nous nous donnions les moyens de la faire baisser parce que derrière l'immigration illégale il y a du trafic humain il y a de la très grande exploitation des plus faibles il y a énormément de souffrance humaine et donc c'est aussi je crois de notre devoir de trouver la fermeté contre les passeurs les trafiquants et effectivement les voies illégales d'immigration qui sont partout dans le monde
cette proposition de Bruno Retailleux qui doit justement en dire plus aujourd'hui sur cette circulaire merci beaucoup Amélie de Montchalin d'avoir été l'invité ce matin de France Info
Amélie de Montchalin