Emmanuel Macron se déplace en Algérie cet après-midi, le point de vue de Nicolas Poincaré
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Qu'est-ce qu'on attend de ce voyage historique qui se veut un voyage de réconciliation ?
- 2:14RelanceRéponse directe
Le fait d'avoir parlé de la colonisation comme d'un crime contre l'humanité, ça n'était pas suffisant ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Mais pourquoi est-ce qu'à chaque fois on dit que c'est une visite historique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:32Invité politiqueFait
« Il s'était rendu en Algérie, il avait parlé de la colonisation comme d'un crime contre l'humanité. »
- 1:46Invité politiqueFait
« Il a rendu hommage à un certain nombre de manifestants algériens qui ont été tués par la police française à Paris dans les années 60. »
- 1:54Invité politiqueFait
« Il a reconnu que c'est bien l'armée française qui avait assassiné un mathématicien communiste, Odin, pro-indépendance, un avocat qui a également été assassiné. »
- 2:19Invité politiqueFait
« Il fallait le mot... Nous nous excusons. »
Temps de parole
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Et vous le savez, à 14h tout à l'heure, Emmanuel Macron décollera en direction de l'Algérie. C'est une visite historique. On le disait hier, on parlait aussi de la venue de Chaim Korsira en Algérie, le grand rabbin de France. C'était un des visiteurs les plus symboliques dans l'ensemble de l'entourage d'Emmanuel Macron à partir en Algérie. Finalement, le grand rabbin ne partira pas. On vous le révélait ce matin sur RMC. Il devait d'ailleurs être mon invité à 7h40. Il ne partira pas puisqu'il a eu les résultats de son test PCR à l'instant. Ce résultat est positif. Raim Korsira qui ne pourra donc pas participer définitivement, décidément.
C'est compliqué qu'il ne pourra donc pas participer à ce voyage en Algérie. Avant de vous entendre aussi, vous au 32-16, je voulais faire un point avec vous, Nicolas Poincaré, sur les enjeux. Qu'est-ce qu'on attend de ce voyage historique qui se veut, dit Emmanuel Macron, un voyage de réconciliation ?
Oui, et on va voir tout à l'heure la rencontre entre deux présidents. Le vieux président Temoun, qui a quand même 76 ans, et le président Macron, qui sont l'un et l'autre obsédés par cette question de la mémoire de la guerre. De façon radicalement différente, le président Temoun évoque très souvent les crimes de la France et surtout les excuses qu'il exige de la France et qu'il n'a pas reçues. Parce que, pour lui, c'est quelque chose de très fédérateur en Algérie. Encore aujourd'hui, 60 ans après la fin de la guerre, dire que la France a commis des crimes, c'est quelque chose qui rassemble. Et puis Emmanuel Macron, il a aussi cette obsession qui est très très frappante.
Le nombre de gestes qu'il a pu faire avant même son élection. Il s'était rendu en Algérie, il avait parlé de la colonisation comme d'un crime contre l'humanité. Et puis depuis qu'il a été élu, on ne peut pas faire la liste. Ce serait trop long, mais il a nommé la commission Stora pour réfléchir justement à toutes ces questions de mémoire. Il a rendu hommage à un certain nombre de manifestants algériens qui ont été tués par la police française à Paris dans les années 60. Il a reconnu que c'est bien l'armée française qui avait assassiné un mathématicien communiste, Odin, pro-indépendance, un avocat qui a également été assassiné.
Mais rien de tout ça n'a convaincu pour l'instant les Algériens.
Non, non, les Algériens en voudraient toujours plus. Ils voudraient au sens propre des excuses. Le président Théboune...
Le fait d'avoir parlé de la colonisation comme d'un crime contre l'humanité, ça n'était pas suffisant ? Il fallait le mot...
Il fallait le mot, nous nous excusons. On a un peu le même débat sur le Rwanda, ce sont sur ces drames des questions de mots. Et chaque mot est très important. Macron, le président Macron, lui, dit que oui à la reconnaissance des fautes, non à la repentance. Donc non à ce terme d'excuses. Alors ça va sûrement être un sujet de discussion tout à l'heure entre ces deux présidents qui se connaissent à peine, puisque Emmanuel Macron, depuis son élection, s'est rendu une fois en Algérie, mais il était resté une dizaine d'heures.
Mais c'était déjà historique, c'était déjà considéré comme historique, parce qu'avant lui, les présidents n'y avaient pas été.
Ah si, si, tous les présidents français depuis Giscard d'Estaing, qui a été le premier, se sont rendus en Algérie. Le président Sarkozy avait aussi avancé dans la reconnaissance.
Mais pourquoi est-ce qu'à chaque fois on dit que c'est une visite historique ?
Parce que ces deux peuples, le peuple français et le peuple algérien, c'est une histoire, pardonnez-moi, j'allais dire indémerdable. Il y a eu trop de sang, il y a eu trop de drame depuis les années 1830, depuis le début de la colonisation, 132 ans de colonisation. Et puis une guerre qui est la dernière guerre qu'on a vécue sur le sol français, puisqu'à l'époque, l'Algérie, dans les années 50, début des années 60, c'était encore la France et c'était la guerre avec des appelés du contingent qui sont allés se battre, qui ont commis des crimes, mais qui sont morts aussi. Donc tout ça n'est pas refermé. Et puis une...