Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC à vous· 7 novembre 2024 52 min

Trump élu : l’Europe a-t-elle été naïve ? - C à vous : l’intégral - 07/11/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec Emilie, Mohamed, Patrick et Lorrain. Emilie? - E.Tran Nguyen: Pour la Journée nationale contre le harcèlement scolaire, le témoignage de Noémie. - A.-E.Lemoine: "Noémie est en vie", c'est le titre de ce récit en librairie, qui témoigne du nombre d'enfants qui tentent de mettre un terme à leurs jours, victimes de harcèlement.

Mohamed? - M.Bouhafsi: La Ligue des champions a un nouveau nom, "la Ligue des Bretons".

Brest a encore gagné en Ligue des champions. - A.-E.Lemoine: Brest est sur un nuage européen, mais l'Europe n'est pas sur un nuage depuis l'élection de D.Trump. - P.Cohen: Face à Trump, l'Europe va-t-elle se réveiller?

Elle s'est réveillée ce matin à Budapest, chez le meilleur ami européen de Trump, V.Orban. C'est pour un grand sommet. - A.-E.Lemoine: R.Lescure, vous êtes député des Français d'Amérique du Nord, vice-président de l'Assemblée nationale et ancien ministre de l'Industrie et de l'Energie.

Vous étiez encore hier à New York pour suivre ce scrutin avec les électeurs de votre circonscription. Lorrain? à l'intérieur d'un domaine national français.

C'était en marge de la visite de J.-N.Barrot. - A.-E.Lemoine: C'est la dernière compagne de S.Gainsbourg, restée très discrète dans les médias.

Elle publie le récit de sa vie, douloureuse, et des 13 années qu'elle a passées aux côtés de S.Gainsbourg. Bambou est notre invitée.

C.Lelouch présente mercredi son 51e film, à l'affiche duquel on retrouve K.Merad et M.Boujenah.

Ils seront nos invités du dîner. - B.Chameroy: J'allais faire un lien entre le Super 8 et un looping de saveurs.

Ca sent divinement bon. - G.Mairui: Ce soir, une fricassée de champignons avec de la mimolette, du potimarron et un oeuf coulant de plein air. - A.-E.Lemoine: "Collant"? - G.Mairui: Coulant. - A.-E.Lemoine: Merci.

Tout de suite, l'édito de P.Cohen. Face au retour de Trump, l'Europe tente de faire bloc. - P.Cohen: Les mauvaises langues diront qu'elle fait semblant.

Trump ne nous veut aucun bien. C'est le plus grand soutien de Trump en Europe, V.Orban, qui accueille chez lui, à Budapest, la plupart des grands dirigeants du continent.

Un pays qui en est parti: le Royaume-Uni. Un pays qui n'est pas près d'y entrer: la Turquie. E.Macron avait imaginé ce format élargi de CPE, Communauté politique européenne. - A.-E.Lemoine: La riposte à Trump se prépare chez l'un de ses amis. - P.Cohen: V.Orban a été hier matin le 1er dirigeant européen à saluer le retour de celui sur lequel il avait tout misé.

Près de lui, un siège resté vide aujourd'hui, celui d'O.Scholz, le chancelier allemand, confronté à l'éclatement de sa coalition, pressé de démissionner et de convoquer des élections. Il est à Berlin.

E.Macron était là, mais il est aussi affaibli sur la scène intérieure. Le président français voudrait que les agneaux européens ne se laissent pas dévorer par le loup américain. - E.Macron: Le monde est fait de carnivores et d'herbivores.

Si on décide de rester herbivores, les carnivores gagneront. Ce ne serait pas mal d'être omnivores. Je ne veux pas être agressif, juste qu'on sache se défendre. - P.Cohen: Est-il possible de changer aussi vite de régime alimentaire?

Concrètement, ça veut dire riposter par les mêmes armes à la hausse des droits de douane annoncée par D.Trump, hausse massive pour financer les baisses d'impôts. Le danger, face à ce choc, c'est que l'Europe se désunisse et que chacun aille défendre ses propres intérêts à Washington.

Il a aussi été question de l'Ukraine en présence de V.Zelensky qui a fait le voyage de Budapest. "Certains d'entre vous, ici présents, ont vivement recommandé à l'Ukraine de faire des concessions à Poutine.

C'est inacceptable pour l'Ukraine et suicidaire pour toute l'Europe." Voilà le discours ukrainien dans la perspective d'un possible désengagement américain dans les mois à venir. C'est une perspective ouverte par la victoire de Trump.

L'Europe pourrait-elle rester unie sur tous ces enjeux? L'ancien commissaire européen T.Breton en doute. - T.Breton: L'Europe va être divisée.

Derrière V.Orban, il y a G.Meloni, le Slovaque Fico, les Suédois.

Il y aura bientôt peut-être les Slovènes et les Tchèques. Pour tout ça, il va falloir un leadership extrême, avoir dans nos institutions des personnalités qui vont devoir tenir tout ça. - P.Cohen: Un leadership extrême dont on ne voit pas la silhouette.

J'ai parlé de l'affaiblissement du couple franco-allemand. Il y a aussi U.von der Leyen.

Un mot sur le cadre de ce sommet. On voit le magnifique stade Puskas Arena, du nom du légendaire footballeur Ferenc Puskas, le meilleur attaquant des années 50. C'est un endroit où il est possible de marquer des buts contre son camp. - A.-E.Lemoine: C'est un drôle de signal envoyé par l'Europe: organiser la riposte à l'élection de D.Trump... - P.Cohen: C'était prévu avant. - A.-E.Lemoine: Le symbole est terrible. - P.Lescure: Jouer à l'extérieur, ça peut être possible.

V.Orban préside l'UE jusqu'à la fin de l'année. C'est pourquoi le sommet européen est organisé chez lui demain.

La CPE a été organisée la veille. D.Trump ne s'embarrasse pas de symboles.

Il va agir et il va falloir réagir. L'Europe, en général, avance plutôt dos au mur. Là, elle va sans doute être dos au mur. - A.-E.Lemoine: Parce qu'elle ne s'est pas préparée? - P.Lescure: Les chancelleries s'étaient préparées.

Je ne suis pas sûr que quiconque s'attendait à une telle victoire. Là, il a tout gagné. Il a la Cour suprême.

Il est majoritaire à la Cour suprême. Il a sans doute remporté le Congrès. Il a emporté le Sénat et le vote populaire.

Il y a plus de 50 % des Américains qui votent pour lui. - P.Cohen: S'il avait gagné de justesse, il aurait eu les manettes de la même façon. - R.Lescure: Il aura sans doute plus les manettes qu'il y a 8 ans.

Il a pris la main sur le Parti républicain. Tous les élus de la Chambre lui doivent leur élection. J'ai connu ça en 2017.

En général, on suivait le chef. Concernant l'Ukraine, il a dit qu'il réglerait la guerre en 24 heures. La régler en 24 heures, c'est donner les clés à V.Poutine.

Il ne le fera pas. Son image serait entachée. Quand il s'agira de faire voter des budgets en baisse pour le soutien à l'Ukraine, ils feront ce qu'il demandera.

Le risque est que le soutien américain s'étiole. La nécessité, c'est que l'Europe soit au rendez-vous et qu'on y mette plus d'argent. - A.-E.Lemoine: Elle n'est pas tétanisée? - R.Lescure: Quand on est tétanisé, il n'y a rien de tel qu'un bon coup de taser pour vous réveiller.

Là, on a été tasé assez fortement. Je l'ai senti sur place. Les Français qui vivent à New York votent tous démocrate.

Juste avant le sommet de Biarritz, le G7 en août 2019, la veille, D.Trump a annoncé de manière unilatérale que les visas des Français entrepreneurs aux Etats-Unis passent de 5 ans à un an et demi, comme ça. C'est pour montrer que c'est lui qui tient les rênes.

Le risque, c'est qu'ils prennent des décisions très rapides sur l'immigration. Tous mes électeurs sont des immigrés. Il y a une vraie inquiétude des gens qui seront directement concernés.

Ca veut dire que l'Europe a perdu d'avance? Non. Elle n'avance que quand elle est dos au mur.

On est dos au mur. Peut-être qu'on a des leaders affaiblis. - A.-E.Lemoine: Qui va prendre le leadership de cette riposte? - R.Lescure: En général, elle avance quand elle est dos au mur et quand la France et l'Allemagne s'entendent.

O.Scholz est affaibli. - A.-E.Lemoine: E.Macron aussi. - R.Lescure: Peut-être moins fort qu'il ne l'était il y a 7 ans.

Il est sur un sujet sur lequel la France est assez unie. Vous avez entendu la réaction de M.Le Pen hier.

Elle a complètement tourné casaque sur l'Europe. Elle dit que c'est une occasion en or pour qu'on soit plus souverains et plus unis. C'est quelqu'un qui disait qu'on allait sortir de l'Europe, de l'euro, qu'on allait faire des référendums.

On a gagné ce combat idéologique en France. - A.-E.Lemoine: Pour l'instant. - R.Lescure: Maintenant, il faut agir. - A.-E.Lemoine: Comment on riposte aux tarifs douaniers que D.Trump veut imposer aux produits européens dès qu'il arrivera à la Maison-Blanche? - P.Cohen: Entre 10 et 20 %.

Il veut financer avec ça des baisses massives d'impôts. On baisse les impôts aux Etats-Unis en augmentant massivement les tarifs douaniers. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'on doit taxer les produits américains? - R.Lescure: Il faut réagir.

Ce qu'on n'avait pas fait en 2018, quand il avait taxé dans un 1er temps l'Airbus et le vin. A l'époque, il avait taxé le vin français et le vin espagnol mais pas le vin italien. Du jour au lendemain, s'il applique des tarifs, il faut qu'on réagisse et qu'on en applique autant. - P.Cohen: Tout le monde est perdant, à ce moment-là.

Si le commerce mondial s'effondre... - R.Lescure: C'est pour ça que le programme économique de Trump, America First, n'est pas bon. - A.-E.Lemoine: Pas dans une économie mondialisée. - R.Lescure: Même dans une économie qui l'est de moins en moins, on peut faire des subventions à l'industrie américaine.

J.Biden l'a fait. Il a investi massivement dans l'industrie américaine avec déjà du protectionnisme.

Si vous ajoutez des tarifs douaniers là-dessus, on a un vrai sujet. On peut réagir. Il faut qu'on investisse.

Il faut qu'on fasse nous-mêmes ce qu'ils font et ce qu'ils ne faisaient plus. La Chine était l'atelier du monde pendant des années. Il faut que l'Europe soit l'atelier de l'Europe.

Ca ne va pas se faire avec 3 euros. M.Draghi, ancien gouverneur de la Banque centrale, ancien homme politique italien, a publié un rapport.

On a une recette de ce qu'il faut faire. 600 milliards d'euros. Un autre dirigeant italien a expliqué comment il fallait que le marché européen soit beaucoup plus ramassé.

Aujourd'hui, aux Etats-Unis, il y a quelques opérateurs téléphoniques. En Europe, il y en a 100. Il dit qu'il faut faire un vrai marché des télécoms pour avoir une quinzaine ou une vingtaine d'opérateurs européens pour qu'ils soient plus efficaces et qu'on paie moins nos communications.

On a des banques dans tous les pays. Si on rassemble les marchés de capitaux européens, on pourra financer la transition écologique qu'on doit mettre en oeuvre. - A.-E.Lemoine: 600 milliards.

La France va donner combien, elle qui cherche à faire des économies? - R.Lescure: C'est un des messages que je fais passer au gouvernement dans le cadre de ce budget.

Economiser sur les dépenses, oui, économiser sur les investissements, non. On a une des plus grandes aciéries d'Europe, à Dunkerque, opérée par Arcelor. Elle est très carbonée.

Demain, on pourra faire de l'acier à partir de l'hydrogène. Ca coûte 2 milliards de décarboner Arcelor à Dunkerque. Aux Etats-Unis, ils décarbonent les aciéries.

Il faut qu'on fasse ça aussi. Sinon, monsieur Mittal ira faire son acier aux Etats-Unis. Comment on le finance?

On peut le faire comme au moment de la covid, par un financement européen, de l'endettement européen qui finance les investissements de demain, qui financent surtout les emplois de demain, à Dunkerque et ailleurs, et qui nous permettent de répondre de manière offensive à l'attaque américaine. - A.-E.Lemoine: Si on n'est pas offensifs, on risque un choc économique? - R.Lescure: On va devenir des herbivores.

Ce sont des consommateurs. On est le plus grand marché de consommateurs au monde. On va continuer à consommer.

On continuera à mettre de l'acier dans nos voitures. L'acier sera fait aux Etats-Unis et les voitures au Maroc. Les téléphones, c'est déjà le cas.

Si on n'investit pas dans l'innovation, l'IA sera totalement américaine, on la paiera et on l'importera. - A.-E.Lemoine: La victoire de D.Trump est très nette.

Hier soir, K.Harris a tardé avant de concéder sa défaite. Il y a 2 heures, J.Biden s'est adressé aux Américains. - A.-E.Lemoine: K.Harris, dont la campagne a été marquée par des attaques en direction de D.Trump.

Ca été l'essentiel de son axe de campagne. C'était une erreur? C'était une leçon à retenir? - R.Lescure: On ne combat plus les populistes en les diabolisant.

C'est même contre-productif. Quand vous insultez D.Trump, ceux qui envisagent de voter pour lui se sentent aussi insultés. - A.-E.Lemoine: Lui ne se gênait pas pour insulter K.Harris. - R.Lescure: C'est la différence entre les populistes et les démocrates.

C'est pour ça que c'est compliqué. C'est compliqué de combattre les populistes. Le président et la vice-présidente des Etats-Unis donnent comme une nouvelle le fait qu'on va faire une transition pacifique.

La dernière ne l'a pas été. Ca s'est traduit par une invasion du Congrès. La démocratie en est là.

Elle est en danger aux Etats-Unis. Il a tous les pouvoirs. Elle l'est aussi ailleurs dans le monde.

V.Orban, ça fait des années qu'il joue avec les institutions hongroises. Ce risque est présent.

Il y a à peu près 4 milliards de gens sur la planète gouvernés aujourd'hui par des autocrates. Ils ne sont pas tous heureux de l'être mais ils le sont. Notre combat doit être d'éviter de le faire.

Il faut convaincre les électeurs qu'on les entend. Derrière, il y a des colères et des angoisses réelles. Il faut leur proposer des solutions j'espère plus efficaces que celles que propose D.Trump à l'emporte-pièce. - E.Tran Nguyen: Une partie de l'Amérique a peur, au point qu'hier soir, l'animateur J.Kimmel a ouvert son talk show en ne cachant pas son émotion.

Applaudissements. - E.Tran Nguyen: Il est au bord des larmes.

Hier matin, en se déclarant vainqueur, D.Trump a promis d'aider le pays à guérir. En est-il vraiment capable? - R.Lescure: C'est l'un de ses discours les plus apaisés qu'on a eus.

Il était un peu improbable. Par rapport à tout ce qu'il a fait pendant la campagne, il avait un ton apaisé. - P.Cohen: C'était complètement décousu. - R.Lescure: On a beaucoup parlé de Fox News.

Il y a aussi Twitter...

Je ne suis pas sûr qu'il en soit capable. C'est la victoire de la peur contre l'espoir, cette élection. Je vais rester dans le camp de l'espoir jusqu'au bout.

Ayant gagné de manière flagrante, ayant pris une revanche énorme sur les événements et sur ses adversaires, qu'il se calme un peu et qu'il savoure sa victoire... - P.Cohen: Qu'il soit assouvi... - R.Lescure: Exactement.

Le problème avec ça, c'est qu'il n'est pas aussi bien entouré qu'il y a 8 ans. - A.-E.Lemoine: Il n'y a plus les fameux adultes dans la pièce. - R.Lescure: Je ne vais pas dire que c'est la cour d'école.

C'est quelqu'un de très intelligent. C'est quelqu'un qui prend des décisions très impulsives, qui peut changer d'avis très régulièrement. Je me souviens de la visite d'Etat en 2018 avec le président.

C'était l'époque des fameux tarifs. Pendant 2 jours, on a eu l'impression qu'on arrivait à les convaincre de surseoir, de ne pas mettre ces tarifs sur le vin. 10 jours après, il a annoncé de manière unilatérale Airbus et le vin.

C'est quelqu'un d'imprévisible. - P.Cohen: Le type qu'il veut nommer comme secrétaire d'Etat est à son image, l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, qui a multiplié les scandales quand il était en poste à Berlin.

Un mot sur la fermeture annoncée par Michelin des 2 usines de Vannes et de Cholet: 1254 emplois. Vous avez vu venir ces annonces? Michelin avait adressé des avertissements sur l'effondrement des ventes de pneus pour camions et camionnettes? - R.Lescure: Michelin est une entreprise innovante qui fait des pneus de 8e génération qui se vendent dans le monde entier et de pneus traditionnels de camions et de camionnettes qui se vendent de moins en moins.

Malheureusement, les entreprises ferment. Je le regrette. Le défi majeur des politiques est de s'assurer que les travailleurs et travailleuses de ces usines retrouvent des jobs.

On a annoncé 3 nouvelles usines au Havre qui vont faire des produits modernes. Il faut mettre le paquet sur la requalification. Il faut que les industries soient responsables.

Michelin est une entreprise exemplaire. - P.Cohen: Vous les croyez quand ils disent qu'on ne pouvait pas faire autrement. - A.-E.Lemoine: On ne va pas relocaliser ces emplois ailleurs. - R.Lescure: Je connais bien F.Menegaux.

Ils avaient des alertes sur la compétitivité de l'activité traditionnelle. Je ne connais pas beaucoup de chefs d'entreprise aujourd'hui, qui ferment des usines pour se faire plaisir. On l'a fait pendant des décennies.

On envoyait la production au bout du monde car c'était moins cher. C'est terminé. Pour avoir travaillé avec beaucoup de chefs d'entreprise responsables pendant mon mandat au ministère de l'Industrie, on est beaucoup plus dans l'industrie du contrat entre des acteurs publics qui doivent accompagner l'industrie et les industriels qui doivent le faire.

On a ouvert plus d'usines qu'on en a fermé tous les ans depuis 5 ans. On n'avait pas fait ça depuis 5 ans. Mais on a fermé des usines.

Il faut en ouvrir plus et qu'on s'assure que ceux qui sont dans les usines d'hier puissent aller travailler dans les usines de demain. Aux Etats-Unis, des usines ferment tous les jours. On s'occupe des salariés qui perdent leur job.

On a l'assurance-chômage, de la formation, de l'apprentissage. L'industrie de demain n'est pas celle d'hier. Il faut accompagner les hommes.

Michelin est connu dans le monde entier comme l'entreprise la plus innovante dans le pneu. Il faut continuer à développer Michelin. Malheureusement, à Vannes et à Cholet, il y a des salariés qu'il va falloir accompagner.

J'espère que Michelin va le faire. - A.-E.Lemoine: Merci.

Restez avec nous. On va aborder beaucoup de sujets d'actualité, notamment dans la Story de M.Bouhafsi. ... - M.Bouhafsi: C'est l'histoire de la Ligue des champions qui découvre le tonnerre de Brest.

Les Brestois se sont imposés hier sur la pelouse du Sparta Prague. 3 victoires et 1 nul en 4 matchs. Ce matin, Brest est 4e de la compétition devant Manchester City, le Real Madrid ou le FC Barcelone.

Ca méritait une ambiance de dingo dans les vestiaires. ... - M.Bouhafsi: Nous nous sommes rendus dans le Finistère pour constater la ferveur.

C'était le décrassage pour les Brestois. Séance ouverte au public. On a rencontré l'entraîneur du club, E.Roy.

Brest est invaincu pour sa 1re saison dans la compétition. - Quand le résultat est au bout, il y a beaucoup de satisfaction. C'est important de profiter.

Le championnat vient très vite derrière. Il faut se remobiliser. Il y a un mélange entre garder sa concentration et profiter du moment.

Ce sont des choses qui sont pratiquement inaccessibles pour des clubs comme nous. Continuer l'aventure plus loin que prévu, c'est notre ambition. - M.Bouhafsi: Plusieurs dizaines de supporters assistaient à l'entraînement.

Pour la plupart, la nuit a été courte, mais pas de regrets. - Ils nous font rêver. - Se qualifier pour les 16es, ce serait énorme.

Ca va être incroyable au niveau émotionnel. - On disait que ce serait la honte du foot français en Ligue des champions. Finalement, on est loin d'être ridicules. - J'ai parié 50 euros comme quoi Brest allait gagner la Ligue des champions.

C'est un peu fou, mais sur un malentendu, pourquoi pas? - Sauvages et fiers de l'être...

Nos chants résonneront comme le tonnerre de Brest. - M.Bouhafsi: Certains n'ont pas dormi du tout.

Plus de 1200 supporters ont fait le déplacement jusqu'à Prague. Ils ont mis une ambiance de fou. Pourtant, le déplacement était complexe.

Un vol a été annulé au dernier moment. Qu'à cela ne tienne: 34 heures de route aller-retour. - On a appris à 19h mardi soir que l'avion était annulé.

Mon père a dit: "Chaud pour la voiture". On est partis quand même. On s'est demandé si on n'était pas fous.

Une fois arrivés, c'était fou, l'ambiance. La fatigue est partie toute seule. J'ai zéro regret.

On le refera si on doit le refaire. - M.Bouhafsi: Un supporter avait fait le déplacement depuis l'Australie. 32 heures de vol.

Depuis plus de 50 ans, c'est l'âme du club. Pourtant, la légende de Brest tient à un miracle il y a 30 ans. - Il y a un peu plus de 30 ans, le Brest Armorique était liquidé.

Il repartait à zéro en division 4. De voir qu'aujourd'hui, c'est le 4e club d'Europe, c'est hallucinant. Quelle équipe française est invaincue au bout de 4 matchs en Ligue des champions?

C'est exceptionnel. Il n'y a pas de stars, ici. Il n'y a que des joueurs qui ont envie de jouer ensemble.

Si tu mouilles ton maillot un peu plus que la pluie, tu ne seras jamais sifflé ici. - M.Bouhafsi: Brest a 99 % de chances de se qualifier en barrages.

Ils visent les 8es de finale. Brest est devant le PSG. - Il n'y a pas seulement la bonne nouvelle de la victoire de Brest, il y a aussi la défaite de l'équipe de Paris.

Ce collectif nous fait rêver et fait la nique au plus gros budget de la Ligue 1. Ca voudra dire beaucoup sur le sens du sport si ça arrive. - M.Bouhafsi: Le PSG n'a pas brillé en perdant 2-1 contre l'Atlético Madrid.

Le club est au coeur d'une polémique avec ce tifo. Le ministre de l'Intérieur a demandé des explications au PSG. Est-ce que ce tifo vous a choqué? - R.Lescure: Ce qui m'a choqué dans ce tifo, c'est que le I de la Palestine, c'est une carte d'Israël drapée d'un keffieh.

On ne peut pas être à la fois pour la libération de la Palestine et celle d'Israël. Dans ce conflit qui nous concerne tous, parce qu'on a tous des amis directement concernés par l'un ou l'autre des camps, on n'est pas capables de porter ce discours...

Il faut que la Palestine puisse vivre dans un Etat indépendant. Ca ne doit se faire en aucun cas au détriment de la sécurité d'Israël. On aimerait dire: "Pas de politique en sport"...

Le foot est politique. A Madrid, il y a un club royaliste, un club républicain. A Glasgow, il y a un club catholique et un club protestant.

Je ne fais pas partie des gens qui pensent que le foot devrait être déconnecté. On sait que la tribune Auteuil... - M.Bouhafsi: Est-ce nécessaire que B.Retailleau convoque les dirigeants du football français? - R.Lescure: On a aujourd'hui un ministre de l'Intérieur...

On voit ce qu'il fait. C'est un fait divers, une prise de parole. Ce n'est pas comme ça qu'on juge de l'action... - P.Cohen: C'est le modèle Sarkozy. - R.Lescure: Evidemment.

Je jugerai le ministre de l'Intérieur, et il y a des enjeux importants...

Il y a des enjeux importants autour de la sécurité et du narcotrafic. Mais c'est par des actions, pas par des paroles, qu'on va faire. Il a une mission importante.

C'est la 1re fois qu'il est membre d'un gouvernement. Je le jugerai sur les résultats concrets. On parle du conflit israélo-palestinien.

Est-ce que la sécurité des lieux de culte est assurée? Est-ce que ceux qui souffrent d'antisémitisme, qui a fortement monté en France depuis un an, mais aussi parfois de racisme, se sentent protégés? Je ne suis pas sûr que ça ait contribué à l'apaisement ou au résultat. - A.-E.Lemoine: Le 30 18 est ouvert de 9h à 23h.

Une vingtaine d'écoutants reçoivent parfois jusqu'à 900 appels. Au téléphone, des enfants très jeunes. Plus souvent, des collégiens, qui trouvent ici une oreille enfin attentive. ... - Aujourd'hui, c'est assez rare de prendre en charge une situation de harcèlement scolaire sans qu'il n'y ait de cyberharcèlement. ... - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Noémie.

Merci de votre présence ce soir aux côtés de votre père, à l'occasion de la parution d'un ouvrage. C'est toute une famille qui a été impliquée dans l'enfer du harcèlement scolaire. Votre histoire résonne avec le témoignage que l'on vient d'entendre et que l'on retrouvera en partie ce soir sur France 2 dans un documentaire.

Pour vous, tout a commencé sur les réseaux sociaux. Vous êtes victime d'une vengeance, celle d'un garçon avec lequel vous conversiez. Vous ne le connaissiez pas.

Il n'a pas supporté que vous arrêtiez de lui parler. Qu'est-ce qu'il a fait? - N.Ejnès: Comme vous l'avez très bien dit, il n'a pas apprécié le fait que je coupe contact avec lui.

Il a décidé de chercher des photos de femmes nues. Il a voulu les faire tourner dans mon collège sous mon nom. - A.-E.Lemoine: Il a dit que c'était vous. "Noémie est une grosse pute." Sur le moment, vous n'imaginez pas que vos camarades vont prendre cette vidéo au sérieux.

C'est le début de l'enfer. Vous racontez à quel point votre fille est la cible d'insultes au collège et partout où elle allait. - G.Ejnès: Bien sûr.

Les collégiens vivent également en dehors du collège. Noémie croisait dans la rue certains de ses harceleurs. Elle rentrait à la maison en nous disant les insultes qu'elle venait de recevoir.

Je ne vais pas les répéter. C'est insupportable, pour des parents. On savait dès le début qu'il ne s'agissait pas du corps de Noémie sur ces vidéos.

On n'a jamais eu le moindre doute là-dessus, mais on ne peut pas le mettre dans la tête des adolescents. - A.-E.Lemoine: Vous voyez votre fille littéralement décliner. - G.Ejnès: S'effondrer totalement.

Elle ne mangeait plus, elle a perdu 5 kg. Elle ne parle plus. Elle vit dans sa chambre, dans le noir, quasiment 24h/24.

Elle refuse d'aller au collège. Elle y va de façon erratique. Nous, on sait ce qui peut se passer dans certains cas comme ça.

Très vite, la peur du suicide nous habite. C'est un sentiment terrible, qui nous rend impuissants. Même si Noémie vit sous notre toit, la nuit, on n'est pas dans la même chambre.

Elle peut passer à l'acte. Ce sont des moments de terreur. - A.-E.Lemoine: Vous avez eu le soutien d'une femme, la CPE du collège, qui se rend compte que ça ne va pas bien.

Vous lui parlez. Rien ne change? - N.Ejnès: J'en ai très vite parlé avec la CPE.

Comme c'est expliqué dans le livre, j'ai vécu aussi du harcèlement en 6e. Je n'ai jamais parlé de ce harcèlement. Cette année, en 3e, j'ai appris des choses.

Je n'ai pas hésité à en parler. Elle m'a tout de suite soutenue et aidée. - A.-E.Lemoine: C'est vous qui avez dû alerter l'académie de la situation de votre fille. - G.Ejnès: Ce n'est pas nous.

C'est une histoire assez caricaturale. C'est l'exemple même de tout ce qu'il ne faut pas faire de la part de l'administration scolaire, dans un cas de harcèlement. Rien n'est fait de ce qui devait être fait.

Aucune alerte n'a été lancée, ni par le 30 18 que nous avions contacté, ni par la principale. Ils ont l'un et l'autre l'obligation, quand ils découvrent un cas de harcèlement, de le signaler dans les 48 heures à l'académie. Il a fallu que nous passions par notre député, plusieurs mois après. - A.-E.Lemoine: Il a alerté la ministre. - G.Ejnès: La ministre a envoyé un courrier à l'académie concernée, l'académie de Versailles.

Une dame nous a appelés le 30 mai. L'affaire a commencé fin novembre. Elle nous a demandé de quoi il s'agissait. "Je découvre par une lettre de la ministre le cas de Noémie." Quelques étapes ont été totalement ratées entre-temps. - A.-E.Lemoine: Vous avez changé de collège, mais les rumeurs vous ont suivie.

Il a fallu carrément changer de secteur. Ce qui ajoute à l'indignation devant votre histoire, c'est que vous avez dû changer votre vie quotidienne. Les harceleurs restent dans le même collège, ils n'ont rien changé à leur vie, ils n'ont même pas été convoqués. - G.Ejnès: C'est le plus dur pour Noémie.

Ses harceleurs n'ont jamais été sanctionnés. Le seul problème pour eux, c'est que nous avons déposé une plainte nominative. - A.-E.Lemoine: Ce sont des enfants de 14 ans. - G.Ejnès: C'est très difficile d'aller déposer une plainte contre des enfants.

Ils ont tous été convoqués, les uns après les autres. Le temps de la justice n'est pas le même que le temps de la vie quotidienne. La gendarmerie n'a pas baissé les bras.

Elle continue son travail d'enquête. Ce qui aurait pu aider Noémie, ce sont des sanctions. Elles n'ont jamais eu lieu. - A.-E.Lemoine: Noémie, est-ce qu'aujourd'hui, en témoignant, vous ne craignez pas une nouvelle vague de harcèlement? - N.Ejnès: Je m'y prépare.

On ne sait pas comment les gens peuvent réagir. Partout en France, les gens ne me connaissent pas. Ils vont me voir avec un oeil de spectateurs.

Les gens de ma ville peuvent me reconnaître. Pour moi, c'est devenu de simples inconnus. - A.-E.Lemoine: Vous croisez encore vos harceleurs? - N.Ejnès: Ca peut m'arriver, dans la rue.

Ils ne me harcèlent plus comme avant. Il y a eu un changement de camp. Maintenant, c'est eux qui ont honte de me voir.

Je les vois comme de simples inconnus dans la rue. - E.Tran Nguyen: Chaque année, environ 700 000 jeunes se disent victimes de harcèlement.

Il y aura un avant et un après, selon G.Attal. Il a réitéré son engagement hier soir. - Si on vous traite de Quasimodo tous les jours, matin et soir...

Je n'en peux plus. - G.Attal: Je comprends, vraiment.

Ca s'appelle du harcèlement. C'est totalement inadmissible. - Peut-être, mais ce n'est pas ça qui va les faire arrêter.

Je ne dors plus. Je ne mange plus. Si je pouvais ne plus venir au collège, je ne viendrais plus. - G.Attal: C'est normal que tu souffres dans une situation pareille.

Il faut que tu gardes une chose en tête: ça va s'arrêter. Je te le promets. - E.Tran Nguyen: Le ministre joue son propre rôle dans une fiction.

G.Attal lance aujourd'hui sa fondation pour lutter contre le harcèlement scolaire. Avez-vous l'impression que tout est mis en oeuvre aujourd'hui pour lutter contre le harcèlement scolaire ou est-ce qu'on peut encore mieux faire? - G.Ejnès: Bien sûr, tout est mis en oeuvre.

On n'en veut pas du tout aux politiques. Ils jouent leur rôle. Ils sont actifs sur ce problème.

Mais comme toujours, en matière de lois et de décrets, il faut que certaines personnes appliquent ces directives. Dans notre cas, rien n'a été appliqué. - A.-E.Lemoine: Alors que vous avez déclenché tout ce qu'il fallait. - G.Ejnès: On a écrit à tout le monde.

J'ai la collection de tous les accusés de réception. On n'a pas eu de réponse. C'est embêtant.

On n'en a pas eu parce que c'est le "pas de vagues". Ne pas faire de vagues, ça met juste des gens, des enfants en danger. Des suicides, il y en a eu.

Ca a souvent été à cause du "pas de vagues". - A.-E.Lemoine: Vous expliquez à quel point vous regrettez d'avoir offert un téléphone à Noémie.

Les jeunes harceleurs ont des parents. Est-ce qu'au moins, les parents ont été alertés sur le comportement de leurs enfants? Qu'aimeriez-vous leur dire? - G.Ejnès: Ils ont été alertés à partir du moment où des enfants ont été convoqués par la gendarmerie.

De fait, ils ont été alertés. J'ai eu l'occasion de croiser la maman d'un garçon harceleur. Ce que je voudrais dire, c'est qu'il y a 700 000 cas en moyenne de harcèlement par an dans le monde scolaire, sur 10 millions d'élèves concernés.

On ne prend pas les petites classes. Les harceleurs n'agissent jamais seuls. Ils agissent en bande.

Imaginons qu'il y en ait 5 à chaque fois. Ca fait 5 millions de parents de harceleurs. C'est à eux aussi qu'on veut s'adresser.

C'est aussi pour eux qu'on a écrit ce livre. Il ne faut pas croire que ce sont des gens très heureux. Souvent, ils ne le savent pas.

Ils voient le comportement de leur enfant qui change et ne savent pas pourquoi. - A.-E.Lemoine: Il faut appeler à la vigilance. - G.Ejnès: Il faut parler, quand on est harcelé. - A.-E.Lemoine: C'est ce que fait Noémie dans ce livre, "Noémie est en vie".

Voilà votre lutte contre le harcèlement. C'est disponible depuis aujourd'hui. Merci d'être venus ce soir.

C'est l'heure du 5/5 de Lorrain. Des gendarmes français arrêtés par la police israélienne sur un site géré par la France à Jérusalem. - L.Sénéchal: C'était en marge de la visite de J.-N.Barrot.

Un gendarme français est embarqué par la police israélienne. J.-N.Barrot devait se rendre dans l'Eleona, un site de pèlerinage géré par la France.

La police israélienne est entrée avant la visite du ministre des Armées et son autorisation. Elle a arrêté les gendarmes français qui s'interposaient. Tout cela a été filmé par le correspondant de RFI sur place. - Ne me touche pas!

Ne me touche pas! - L.Sénéchal: Ca se passe à l'intérieur du site.

Les 2 gendarmes ont depuis été relâchés, mais c'est un incident diplomatique majeur. La France convoque l'ambassadeur d'Israël à Paris. Condamnation immédiate de J.-N.Barrot. - J.-N.Barrot: Cette situation est inacceptable.

Cette atteinte à l'intégrité d'un domaine placé sous la responsabilité de la France est de nature à fragiliser les liens que j'étais pourtant venu cultiver avec Israël dans un moment où nous avons tous besoin de faire progresser la région sur le chemin de la paix. - L.Sénéchal: J.-N.Barrot disait ce matin espérer une solution diplomatique ces prochaines semaines pour mettre fin à la guerre.

Jusqu'où doit aller la France après cet incident diplomatique? Des policiers israéliens qui entrent dans un territoire géré par la France et qui arrêtent un gendarme français. - R.Lescure: La question, c'est jusqu'où doit aller Israël.

Ca mérite évidemment des excuses. C'est peut-être une erreur individuelle mais les images sont violentes. Il n'y a pas d'ambiguïté sur le fait que la personne arrêtée est bien un gendarme français sur un territoire français.

Evidemment, il faut convoquer l'ambassadeur. Il sera convoqué demain. Il faut que le gouvernement d'Israël réagisse, plutôt qu'en mettant de l'huile sur le feu, en reconnaissant une erreur manifeste.

C'est un territoire français avec des gendarmes français. Des soldats étrangers entrent armés et arrêtent les gendarmes. On ne va pas prononcer des mots qu'il ne faut pas prononcer dans cette région.

On ne va pas ajouter de l'huile sur le feu. Ca peut sembler un peu spécial d'avoir des enclaves françaises en territoire d'Israël. C'est la France qui a été littéralement envahie par des militaires armés.

Ca mérite au moins des excuses. - A.-E.Lemoine: B.Le Maire charge le gouvernement Barnier sur le dérapage budgétaire. - L.Sénéchal: Le déficit a été réévalué à 5,1 % au printemps.

Il sera finalement de 6,1 %. Ce n'est pas de sa faute, selon B.Le Maire.

Il était ce matin auditionné au Sénat. - B.Le Maire: Si toutes les mesures que nous avions promises avaient été mises en oeuvre...

Le chiffre de déficit de plus de 6 % pour 2024 annoncé par le nouveau gouvernement est biaisé. Il résulte de son choix et de son seul choix. - L.Sénéchal: Comment expliquer un tel glissement si ce n'est pas de la faute de B.Le Maire?

Il plaide la faute technique de service. Le rapporteur n'a pas été convaincu par les explications de l'ancien ministre. - Ce qui n'est ni entendable ni acceptable, c'est le fait de dire qu'aujourd'hui, le déficit à 6,1 est de la seule responsabilité du nouveau gouvernement.

C'est méprisant. Tout cela n'est que la résultante de ce qui n'a pas été fait auparavant. - L.Sénéchal: R.Lescure, vous étiez à Bercy dans le gouvernement précédent.

Pourquoi ne pas avoir prévenu le Parlement dès décembre quand des alertes ont commencé à remonter? B.Le Maire a transmis à Matignon des pistes pour faire face au tarissement des recettes. - R.Lescure: D'abord, j'ai été ministre.

Quand on est ministre, il faut assumer, y compris les erreurs de son administration. Il en est responsable et il l'a dit. - A.-E.Lemoine: Les prévisions étaient trop optimistes? - R.Lescure: On s'est trompés sur les prévisions de recettes. - L.Sénéchal: Dès décembre, il aurait pu alerter le Parlement. - R.Lescure: Il y a eu des propositions de gel des dépenses qui ont été mises en oeuvre. 30 milliards en tout, c'est là qu'il interpelle le gouvernement actuel.

Le gouvernement aurait pu décider de les annuler. Il ne l'a pas fait. Quand il y a une alternance, c'est de bonne guerre que le gouvernement qui entre charge le gouvernement qui sort.

On n'est pas tout à fait dans une alternance normale. Ce gouvernement a été nommé par le président de la République. On a sans doute chargé un peu la barque en 2024.

C'est de bonne guerre quand on est en alternance. - A.-E.Lemoine: Vous dites que c'est exagéré. - R.Lescure: B.Le Maire, T.Cazenave...

Ils ont fait de leur mieux. Ils n'ont pas cherché à mentir à qui que ce soit. On a été vraiment très surpris par la baisse des rentrées fiscales.

On aurait pu réagir plus, peut-être, mais on a réagi. Le gouvernement a décidé de ne pas annuler les dépenses et de se concentrer sur 2025, en chargeant un peu la barque sur 2024. - P.Cohen: B.Le Maire a réaffirmé ce qu'on savait: il a proposé un projet de loi de finances rectificatif au printemps à Matignon et à l'Elysée.

Il a dit que l'arbitrage avait été perdu. Clairement, G.Attal et E.Macron ont refusé les propositions d'économies de B.Le Maire. - R.Lescure: Non.

Le sujet, ce n'est pas ça. On fait un budget rectificatif qu'on soumet au vote. - A.-E.Lemoine: Ca n'a pas été fait. - R.Lescure: Il se traduit par une censure de gouvernement très probable.

Ce ne sont pas des histoires...

Vous imaginez un gouvernement qui tombe en mai? Je pense que le président de la République et le Premier ministre... - P.Cohen: Ils ont préféré le trou à la chute. - R.Lescure: Non.

Ils ont repoussé le trou. - A.-E.Lemoine: Le trou est maintenant plus gros. - R.Lescure: En plus, il y a une majorité aujourd'hui plus réduite qu'à l'époque. - A.-E.Lemoine: 3 nouvelles cloches ont rejoint Notre-Dame de Paris. - R.Lescure: La transition est réussie... - L.Sénéchal: Ce sont de vraies cloches.

Une des trois a une particularité. - Peut-être une cloche récupérée de Notre-Dame, avant l'incendie? - Non.

Je ne sais pas. - La refonte d'une ancienne cloche? - Un bout de tour Eiffel? - L.Sénéchal: C'est la cloche qui se trouvait pendant les JO au Stade de France.

Chaque athlète la faisait sonner après une victoire. T.Estanguet était tout à l'heure présent à Notre-Dame pour une forme de passation entre les Jeux et l'Eglise. - T.Estanguet: Pour nous, c'est une fierté.

On a toujours voulu célébrer le patrimoine français. C'était très important pour nous qu'à l'issue des Jeux, on puisse laisser en héritage un objet symbolique pour Paris 2024. - L.Sénéchal: La cloche a sonné à nouveau au pied de Notre-Dame après une cérémonie religieuse.

La cathédrale est presque prête pour la réouverture, dans un mois. - A.-E.Lemoine: On finit avec une partie de ping-pong à l'Elysée. - L.Sénéchal: A.Lebrun, médaillé de bronze à Paris, reçu en marge de la visite du président kazakh, ancien pongiste.

Il y a eu un petit match. A votre avis, qui a gagné? Le smash revers du président bat un médaillé de bronze olympique.

Je crois qu'A.Lebrun l'a laissé gagner. - A.-E.Lemoine: Il fallait qu'A.Lebrun joue sans raquette!

Merci, monsieur le vice-président de l'Assemblée nationale, d'être venu sur notre plateau. Merci Noémie et merci à votre papa. Saluez votre maman.

Je rappelle votre ouvrage: "Noémie est en vie". Bambou est notre invitée après 20h. Nous recevons aussi C.Lelouch, K.Merad et M.Boujenah