Comment fonctionnent les marges en grande distribution ? - Interview d'Antoinette Guhl
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Pour en parler, j'accueille ici Antonette Gul. Bonjour. Bonjour.
C'est la sénatrice écologiste de Paris, rapporteur de cette commission d'enquête. Vous receviez donc cette semaine les représentants d'Auchamp coopérative U aussi de Leclerc. C'était une semaine importante pour votre commission.
Qu'est-ce que vous cherchez à savoir en les recevant ? C'est une semaine importante puisque comme vous le savez, nous travaillons sur les marges des industriels et de la grande distribution pour comprendre comment les prix sont formés, ce qu'on paye en caisse quand on va dans un supermarché et ben comment ce prix est euh réellement euh est réellement fait. Ça c'est notre objectif.
Et donc interroger les les la grande distribution, c'est bien sûr un passage important et c'est cette semaine le sujet est parfois technique. Les négociations commerciales sont parfois compliquées. La loi égalime est aussi difficile à comprendre.
Pour le grand public, comment expliquer ce qui se joue avec ces négociations commerciales ? C'est un bras de fer chaque année entre chaque rouage de la chaîne de production. C'est ça.
C'est un bras de fer et c'est un bras de fer qui est tout de même malheureux. Pourquoi je dis malheureux ? Parce que à un bout de la chaîne, nous avons les agriculteurs, à l'autre bout de la chaîne, nous avons les consommateurs qui veulent les prix bas.
Les consommateurs veulent veulent les prix bas et donc il faut défendre le pouvoir d'achat des consommateurs et les agriculteurs veulent avoir un pouvoir de vivre grâce à la vente de leurs produits. Et donc ce que nous essayons de comprendre, c'est pourquoi les agriculteurs nous expliquent qu'ils ne sont pas assez payés. Les consommateurs nous expliquent qu'ils payent trop cher.
Et [raclement de gorge] donc qu'est-ce qui se passe entre les deux ? Qui est-ce qui gagne de l'argent entre ces deux extrémités de chaînne ? Alors, allons-y hein, c'est exactement au cœur de mes questions.
Lors des auditions, Dominique Chelcher, le PDG de coopérative U, s'est défendu d'être la cause principale des déséquilibres de la chaîne agroalimentaire. On nivent, il a détaillé devant vous les marges qu'il restent à un magasin standard. Est-ce qu'il vous a convaincu ?
Est-ce qu'ils sont à l'os ? Alors, les marges, c'est justement ce qu'on essaie d'étudier, c'est-à-dire comment sont constituées les marges de la grande distribution. Donc ils vont nous expliquer qu'ils ont un 2 3 % de marge.
Ça va dépendre des des uns et des autres. Mais d'ailleurs, certains ne vont pas bien, on l'a vu, il y a des il y a des chaînes qui ferment des magasins. Donc ça veut bien dire en centre-ville, ça veut bien dire que on se retrouve dans pour certains dans une situation qui est délicate.
Nous ce qu'on essaie de comprendre c'est comment en payant finalement pas si cher que ça au producteur puisqu'il n'arrive pas à en vivre et bien on se retrouve avec ces margesl qui sont des marges j'allais dire somme toutes pas qui ne semblent pas être des marges abusives. Donc est-ce qu'il y a à d'autres moments des éléments qui sont financés qui ne sont pas comptabilisés dans les marges ? On cherche, on investigue.
Et question aussi la différence entre les rayons, le taux de marche qui ne sont pas les mêmes entre par exemple le rayon fruits et légumes et l'épicerie. C'est lié au fait que les pertes et cases sont bien plus importantes dans le rayon fruits et légumes a dit hier Dominique Schelcher et aussi c'est pas la même quantité d'employés mobilisés pour leur gestion. Je vois que vous faisiez bou de la tête.
Ça ça oui ça parce que ben non parce que en fait c'est une si vous voulez c'est une politique de distribution à un moment donné quand on met des marches très faibles sur des produits qui sont gras qui sont sucrés qui sont ultra transformés et des marges beaucoup plus fortes sur des produits frais et bien oui c'est un choix moi je préférerais mais bon là il y une question de santé publique derrière voilà il y a une question de santé publique. Qu'est-ce que c'est au distributeur de définir ce que nous devons manger en priorité par le jeu des prix ? Bah, je crois que là, ils ont aussi une responsabilité à avoir et donc ils ont aussi à mettre des produits sains à des prix et avec des marges enfin des prix et des marges basses.
Est-ce qu'il faut aussi revoir le cadre des négociations commerciales que j'évoquais tout à l'heure parce que Dominique Schelcher semblait demander à développer des contrats pluriannuels. Faut-il revoir le système ? Alors le système termine toujours du son agriculture et les tensions agriculteurs, c'est chaque année, c'est la colère.
Le système est revu, hein, il est revu d'année en année. Donc enfin, il y a eu égalime, égalim 1 2 3 4. Il y en a eu des lois qui et d'ailleurs qui protège he qui ont pour objectif de protéger de protéger les agriculteurs et de protéger les producteurs.
Donc ça c'est une c'est bien le travail le travail a été fait et commence à porter ses fruits. Toutefois, il y a dans cette péréquation des marges et dans ce jeu de négociation très très tendu, le fait de devoir absolument respecter la matière première agricole. Et ça, c'est vraiment un sujet important.
Et ce qu'on investigue dans cette commission d'enquête, c'est comment le jeu des services, des promotions et cetera va aller amputer. Alors, quand je dis des promotions, c'est pas qu'il ne faut pas qu'il y ait des promotions, mais est-ce que les promotions doivent être supportées par euh les producteurs ? Est-ce que il y a pas un partage là aussi des frais qui pourraient être fait ?
On arrive à la fin de cette interview. Est-ce que vous direz que les regards se tournent maintenant vers les industriels ? Alors, le rouage du milieu, c'est ça.
Nous allons maintenant, une fois que nous aurons terminé ce travail auprès de la grande distribution et que nous aurons vu l'ensemble des grands distributeurs, et quand je dis l'ensemble, c'est pas que les grands patrons parce que nous voyons les directeurs des achats, nous voyons des directeurs de magasin et puis nous voyons aussi les grands patrons, ben nous verrons également les industriels pour comprendre, je ne sais pas moi si dans des produits un peu stars, je tout le monde va citer Coca, Nutella peut-être Danette et cetera. Ben effectivement dans ces produits très connus du grand public et bien on n'a pas tendance à faire des marges plus faibles que dans des produits qui seraient des produits par exemple je sais pas moi les rayons fromage les rayons charcuterie les rayons le rayon fruits et légumes voilà et donc c'est cette péréquation là que nous que nous allons examiner et bien merci et on suivra donc les travaux de cette commission d'enquête qui doit rendre son rapport autour du mois de ma mi-maai où vous viendrez nous présenter ce que vous avez trouvé mais avec grand plaisir.
Antoinette Guhl