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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 3 septembre 2022 18 min

Présidence du parti Les Républicains, Conseil national de la refondation... Le "8h30 franceinfo" d'Aurélien Pradié

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur non identifié

Le 14 juillet 2016, à Nice, juste après le feu d'artifice, un poids lourd fonce sur la promenade des Anglais et tue 86 personnes, dont 15 mineurs. La particularité de cette attaque terroriste, c'est d'avoir visé les familles et notamment les enfants présents ce soir-là. Alors que s'ouvre le procès, France Info est allé à la rencontre de ceux dont la vie a été bouleversée par cette soirée. Attentat de Nice, les enfants du 14 juillet, un podcast original France Info, à retrouver sur l'application Radio France.

0:28
Présentateur

Bonjour Aurélien Pradié, il y a un nouveau candidat dans la course à la présidence des Républicains, Bruno Retailleau qui s'est déclaré officiellement hier soir, après déjà Éric Ciotti. Vous, vous n'êtes pas encore candidat officiellement, mais franchement c'est un secret de polichinelle, non ?

0:46
Aurélien Pradié

Non, c'est pas un secret de polichinelle, j'ai dit que je prenais l'été pour mûrir ma réflexion des trois potentiels candidats. Finalement, celui qui aura pris le plus de temps pour maturer sa décision, c'est le plus jeune.

0:58
Présentateur

Bon, vous mettez dans la liste là, j'entends, trois potentiels candidats.

1:00
Aurélien Pradié

Oui, en tout cas, dans les potentiels candidats, oui, donc j'ai dit que je prenais l'été pour y réfléchir. C'est pas du tout une coquetterie, c'est simplement que je suis convaincu que c'est une décision grave, qui n'est pas à prendre à la légère, que l'idée c'est pas d'aller occuper un poste pour le plaisir d'occuper un poste, que c'est pas une guerre des chefs qui doit s'installer, et que ça doit être un moment de refondation totale, et que j'ai sûrement une responsabilité à prendre, je vous l'annoncerai dans quelques jours, après que j'ai pu consulter toutes celles et ceux qui fondent notre famille politique sur le terrain.

Moi, je suis pas là pour décider tout seul, je suis pas là pour dans mon coin me dire c'est mon ambition, c'est mon destin, pas du tout. J'ai voulu consacrer cet été à discuter avec toutes celles et ceux qui veulent que la droite se refonde. Et puis vous savez, je suis secrétaire général de cette famille politique depuis maintenant quelques années, je suis probablement celui qui mesure le plus l'ampleur de la tâche.

1:45
Locuteur non identifié

Mais vous avez encore des doutes ? Votre décision est prise à ce stade ou vous avez encore des doutes sur quelle sera votre réponse dans quelques jours ?

1:52
Aurélien Pradié

Je n'ai pas de doute parce que dans mon parcours politique et dans mon tempérament, j'ai toujours fait preuve, je crois, de courage et de volontarisme.

1:59
Locuteur non identifié

Et vous disiez refondez le parti, à l'instant, vous disiez que c'était l'objectif.

2:01
Aurélien Pradié

Oui, refondez totalement, il faut absolument tout changer. Le nom ? Le nom, le lieu où nous sommes, le message politique que nous adressons aux Français, nous ne parlons plus aux personnes. Je parle du siège, de notre lieu de vie et de fonctionnement. Il faut absolument tout changer. Et je crois que pour pouvoir tout changer, il ne faut avoir aucun fil à la patte. La vérité, c'est que pour tourner la page du sarkozyisme, pour tourner la page de nos échecs successifs depuis des années, il faut avoir une certaine liberté. Alors, avoir cette liberté, ça veut dire aussi avoir du tempérament.

Et c'est vrai que ça peut paraître perturbant dans une famille politique comme celle des égolistes, qu'un jeune candidat, quand je dis jeune, ce n'est pas une question d'âge, c'est une question de date d'arrivée dans la vie politique, parte à la conquête d'un parti. C'est toujours perturbant. Je n'ai pas un tempérament très simple, je ne suis pas extrêmement docile, sûrement. Mais sauf que nous sommes à un moment où nous n'avons pas besoin de nous endormir, nous avons besoin de nous réveiller.

2:58
Locuteur non identifié

Et vous évoquez les échecs successifs, trois échecs successifs à la présidentielle. Est-ce que ce n'est pas mettre un peu la charrue avant les bœufs de se choisir un nouveau chef, avant même d'avoir compris pourquoi votre parti a perdu trois élections présidentielles à la suite ?

3:11
Aurélien Pradié

Ce sera précisément le rôle du président du parti, de remettre tout sur la table.

3:15
Locuteur non identifié

Il faudra faire un diagnostic complet.

3:17
Aurélien Pradié

Absolument complet et absolument courageux. Le drame de la droite française aujourd'hui, c'est qu'elle ne parle plus à personne. On a fait une croix sur les fonctionnaires. Depuis des années, on s'est dit que la droite n'a plus rien à dire aux fonctionnaires. Alors qu'ils sont les serviteurs de l'État et que nous devons parler à nos enseignants parce qu'ils sont, par exemple, parmi les fonctionnaires, celles et ceux qui portent la grande idée de la République. Nous ne parlons plus d'écologie. Nous ne parlons plus de tous ces enjeux essentiels qui font les fractures du quotidien pour nos concitoyens.

Et vous le voyez dans mon engagement, à chaque fois que j'ai mené des batailles autour du handicap, autour des violences conjugales, on a parfois considéré que c'était un peu secondaire. Pas du tout. C'est essentiel parce que c'est ce qui permet de redonner confiance à nos concitoyens. C'est tout ce chantier qui nous attend. Et je vous assure, si j'ai voulu prendre du temps pour affiner ma décision avant de l'annoncer, c'est parce que je mesure l'ampleur de la tâche et puis que je sais aussi qu'il me fallait discuter avec mes amis.

Parce que c'est vrai que depuis quelques années, moi, le député que je suis, j'ai parfois été un peu expéditif dans mes rapports avec mes collègues parce que je pense qu'il faut gagner du temps de temps en temps.

4:20
Présentateur

Et vous le reproche beaucoup.

4:21
Aurélien Pradié

Oui, mais vous savez, il me semble franchement, et je crois que ceux qui nous écoutent en conviendront, il y a assez de faux cul en politique. Je n'ai pas besoin de rajouter la liste. Et donc oui, j'ai un tempérament qui n'est pas tout à fait celui des autres. Mais à un moment où nous avons besoin de nous reconstruire, nous avons aussi besoin de tempérament.

4:35
Présentateur

Simplement, un mot de Bruno Retailleau qui a donc annoncé officiellement sa candidature hier soir, qui veut donc tout revoir du sol plafond. Comme vous, qu'est-ce qui vous différencie de quelqu'un comme Bruno Retailleau ?

4:46
Aurélien Pradié

Nous aurons l'occasion, si la campagne se déroule, de le démontrer. Je ne voudrais pas que la guerre des chefs se réinstalle.

4:52
Présentateur

Non, mais sur le contenu de ce que vous voulez, lui, il veut plus de sécurité, moins d'impôts et d'immigration. Vous n'êtes pas d'accord, finalement ?

4:59
Aurélien Pradié

Si je suis candidat, j'aurai l'occasion de m'exprimer. Nous avons évidemment l'ensemble des candidats, des points communs, sur les questions régaliennes, sur les questions d'autorité. Nous appartenons à la même famille politique et donc n'allez pas chercher des différences qui n'existent pas. En revanche, nous avons des incarnations différentes. Moi, je pense qu'il faut que le président des Républicains, demain, il se projette vers l'avenir, devant les Français. Il faut que les Français se disent « Tiens, il y a quelque chose qui va durer longtemps, une reconstruction qui va s'inscrire dans le temps long. » Bruno Retailleau est un excellent président du groupe sénatorial.

Il faut qu'il le reste. Et je pense que c'est une tâche... Oui, il a raison. J'ai compris s'il en porte en... Il faut y consacrer beaucoup de temps. Éric Ciotti est un excellent caisseur à l'Assemblée nationale. Il est un excellent président de la Commission nationale d'investiture. Il faut qu'il y consacre beaucoup de temps. La reconstruction des Républicains, demain, pour le prochain président, c'est une tâche à temps plein.

5:49
Locuteur non identifié

Et est-ce que le prochain président doit dire, comme Christian Jacob, qui occupait le poste jusqu'aux législatives de juin, « Ma charge, ma responsabilité, c'est le parti. Je ne serai pas candidat à la présidentielle. »

5:59
Aurélien Pradié

La première responsabilité, c'est de rebâtir une maison qui s'est effondrée. Mais est-ce qu'il doit prendre l'engagement aussi clairement que Christian Jacob, le prochain président ? Je ne sais pas s'il doit prendre cet engagement maintenant. Dans la vie politique, vous savez, il vaut mieux éviter de prendre des engagements trop tôt. Mais surtout, sur cette question de l'élection présidentielle, pour ce qui me concerne, je n'ai pas grandi avec un papa et une maman qui, à tous mes anniversaires, m'expliquaient que j'allais devenir président de la République. J'ai une santé mentale qui, pour l'instant, est à peu près saine, à peu près normale.

Je sais simplement qu'il faut faire les choses les unes après les autres. Le président du parti, demain, il aura besoin de tout rebâtir. Et c'est une fois que nous aurons tout rebâti. Une fois que nous aurons reparlé à la France populaire, que nous pourrons envisager d'aller vers l'élection présidentielle. Je ne pense pas que le président du parti, il soit là pour chauffer la place de qui que ce soit. On n'a pas à être le petit télégraphiste des uns ou des autres. On a à rebâtir une droite.

6:46
Locuteur non identifié

C'est ce qu'il se dit d'Éric Chautier. Je décrypte pour nos auditeurs. Il dit qu'il y a un pacte avec Laurent Wauquiez, a eu le parti, il y a Laurent Wauquiez.

6:53
Aurélien Pradié

C'est plutôt bien, Laurent Wauquiez a d'immenses qualités. Il se prépare à l'élection présidentielle, comme d'autres le font. Et ce n'est pas un problème, c'est même une chance pour notre famille politique. Je dis simplement que le président des Républicains, s'il veut avoir la force de tout rebâtir, il doit être libre.

7:07
Présentateur

Et c'est d'ailleurs ce qui rendra le plus simple, si jamais il l'a emporté. Il faudrait qu'il démissionne de la présidence du groupe au Sénat. Vous l'appelleriez à ça.

7:15
Aurélien Pradié

C'est à lui de prendre cette décision. Et je le redis, vous voyez, mes rapports avec Bruno Rotaillot et Éric Ciotti depuis plusieurs mois sont extrêmement apaisés parce que nous savons que nous avons une vraie grande responsabilité et que nous ferons les choses ensemble. Et dans le cas où je serai candidat d'ailleurs, je leur proposerai en effet que nous puissions rebâtir ensemble.

7:33
Présentateur

Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains, quasi-candidat à la présidence du parti. Tout à fait encore. Vous restez avec nous. Le Filinfo, 8h40, Diane Farchit. Le gazoduc Nord Stream reste à l'arrêt. Pas de reprise des livraisons de gaz vers l'Europe aujourd'hui. Comme c'était initialement prévu, le géant russe Gazprom évoque une turbine à réparer. On ignore combien de temps les opérations vont prendre. Après 8 jours de cavale, c'est en Belgique que le britannique de 51 ans a été interpellé, soupçonné d'avoir foncé sur des gendarmes dans la Creuse la semaine dernière avant de prendre la fuite.

Un escroc notoire en Angleterre, il va être à présent présenté un magistrat belge avant d'être remis à la justice française. Les obsèques de Mirail Gorbatchev ce matin à Moscou. Le dernier dirigeant de l'Union soviétique est mort mardi à l'âge de 91 ans. Mirail Gorbatchev qui ne bénéficie pas de funérailles nationales dans son pays. Et aucun dirigeant étranger ne sera présent. Vladimir Poutine lui-même n'y assistera pas. Elle vient sans doute de mettre un point final à sa carrière. Serena Williams, éliminée du tournoi de tennis de l'US Open, déclare qu'elle ne pense pas revenir sur sa décision d'arrêter le tennis. Mais on ne sait jamais, ajoute-t-elle.

Dimanche, championnager de 40 ans, a déjà annoncé son intention d'arrêter la compétition après avoir remporté 23 titres du Grand Chelem.

8:50
Locuteur non identifié

France Info Toujours avec Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains, qui sera tout à l'heure, vous serez tout à l'heure à Angers pour l'université de rentrée des jeunes républicains. Vous allez parler notamment de pouvoir d'achat des jeunes. Que leur propose la droite ? Que leur proposez-vous les jeunes en matière de pouvoir d'achat ?

9:06
Aurélien Pradié

Voilà un sujet absolument essentiel. Et tout à l'heure, devant la rentrée des jeunes, je dirais à quel point la droite républicaine, si elle veut reconquérir le cœur et l'attention des Françaises et des Français, elle doit parler de sujets dont elle ne parle plus. Le pouvoir d'achat en fait partie, l'écologie en fait partie, les violences conjugales, le handicap dont je parlais tout à l'heure, le rétablissement de l'autorité, l'éducation. Qu'avons-nous fait de notre éducation ? Là, vous parlez de tout sauf de pouvoir d'achat. Je vais y venir, parce que j'aurai l'occasion d'en reparler tout à l'heure.

Le sujet aujourd'hui, c'est comment dans notre société, nous rétablissons la valeur du travail. La valeur du travail, c'est celle du salaire. Vous vous souvenez des premiers confinements que nous avons eus, de ces métiers invisibles qui sont apparus tout à coup essentiels à notre pays. À ce moment-là, on s'est dit, comment demain va-t-on redonner du sens et de la valeur au salaire d'une infirmière, au salaire d'un enseignant, au salaire d'une caissière ? Qu'est-ce que nous avons fait depuis ? Absolument rien. Et que propose la droite ? Ce qu'il y a de dramatique dans notre pays aujourd'hui, c'est que le salaire n'a plus de sens. Il n'a plus de signification.

Vous pouvez gagner beaucoup, beaucoup d'argent sans forcément faire beaucoup, beaucoup d'efforts. Et celui qui va faire beaucoup d'efforts n'est pas forcément celui qui va obtenir un salaire à la hauteur. C'est ce sujet que nous devons refonder. Comment rétablissons-nous aujourd'hui un lien entre l'effort et le salaire ? Ça vaut pour la fonction publique. Je souhaite que nous travaillons à l'augmentation des salaires pour nos enseignants, en contrepartie d'un changement profond de leur métier. Que demain, nos enseignants puissent enseigner de matière. Mais on n'est pas encore sur le pouvoir d'achat des jeunes.

Nous sommes sur le pouvoir d'achat parce que beaucoup de nos jeunes aujourd'hui qui deviennent enseignants sont dans cette situation.

10:41
Présentateur

Donc on pourrait être prof de maths et prof d'espagnol en même temps.

10:43
Aurélien Pradié

Oui, c'est ce que font d'autres pays européens. Ce qui permet d'éviter d'avoir des petites matières et des grandes matières. Nous avons aussi des enseignants à qui nous devons davantage donner de responsabilité, qui doivent être davantage libres d'organiser leur classe, à qui nous devons redonner de l'autorité. Et dès lors que ce métier-là comportera davantage de responsabilité qu'aujourd'hui, alors le salaire devra être à la hauteur. Ça vaut pour les jeunes, mais pour les plus jeunes encore. Notamment pour nos étudiants et pour celles et ceux qui vont rentrer sur le marché du travail.

Nous avons aujourd'hui un sujet essentiel qui est celui de notre éducation, qui doit permettre d'aller vers l'emploi. Moi, je suis un enfant de la République. J'ai grandi dans un milieu modeste. Mes parents ne faisaient pas de politique. J'ai eu la chance de devenir député de mon pays. C'est l'école de la République qui me l'a permis. J'ai eu la chance d'avoir trouvé une mission.

11:28
Locuteur non identifié

Donc une meilleure adéquation entre la formation et le marché de l'emploi ?

11:31
Aurélien Pradié

Oui, c'est essentiel, mais nous ne l'avons pas aujourd'hui. Et je pense que tous ces sujets dont nous allons débattre cet après-midi, ils sont absolument fondamentaux.

11:38
Locuteur non identifié

Cet été, vous vous êtes aussi prononcé pour une taxe sur les super-profits pour permettre de réorienter une partie de la somme, de la création de richesses vers d'autres projets. Pourquoi pas l'augmentation des professeurs comme vous venez de l'évoquer. C'est un sujet auquel vous tenez encore ?

11:52
Aurélien Pradié

C'est un sujet sur lequel j'ai pris du temps pour arrêter une décision. J'ai deux inquiétudes. La première, c'est que la course folle à la taxe dans notre pays ne peut pas durer. Et que je vois bien que si on met le doigt dans la taxe des super-profits, on risque de se dire, au fond, on va augmenter la taxation sur nos entreprises globalement. Et ça, il n'en est pas question, parce que c'est aujourd'hui un des sujets de crispation, de blocage de notre économie. Ça, je n'en veux pas. La deuxième limite, c'est que beaucoup des super-profits dont on parle sont faits à l'étranger, sont fiscalisés à l'étranger.

Et donc, nous aurions, au fond, dans notre propre pays, une taxation de forme qui ne serait pas effective. Mais ce que je sais aussi, et c'est ce que j'ai voulu dire, c'est que nous ne pouvons pas laisser s'installer dans le pays un sentiment d'injustice.

12:34
Présentateur

Donc, c'est une taxe qui serait là uniquement pour des questions politiques.

12:39
Aurélien Pradié

Mais ce n'est pas un détail. Ce n'est pas un détail. À un moment où notre pays met dans la taxation, il y a à la fois une valeur symbolique, un message politique et une valeur opérationnelle. Il faut que les deux soient en corrélation. Et donc, lorsque j'ouvre ce débat avec d'autres, je ne le fais pas parce que j'ai une obsession de la taxe. Au contraire, je sais toutes les limites de l'exercice. Je dis juste que quand on est un vrai libéral, quand on est très attentif à l'équilibre de notre système économique, on veille à ce que ne s'installe pas dans le pays une défiance généralisée à l'égard des entreprises.

Et il me semble que la meilleure piste, c'est que les entreprises qui aujourd'hui font des super-profits d'elles-mêmes apportent une contribution. Pas seulement en remettant dans le pouvoir d'achat, puisque certaines d'entre elles ne peuvent pas le faire. Elles ne sont pas en lien direct avec le consommateur. Mais qu'elles remettent dans une contribution volontaire au service du pays. Ce que je vous dis là, c'est ce que Philippe Séguin aurait sûrement dit. Et c'est ce que des grandes figures gaullistes de ma famille politique auraient sûrement dit par le passé.

13:38
Présentateur

Bruno Retailleau veut un référendum sur l'immigration. Vous, vous voulez un référendum d'initiative partagée sur cette question de taxes sur les super-profits, comme le réclame la gauche ?

13:47
Aurélien Pradié

Moi, je pense que c'est au pouvoir politique de prendre la décision. Pas besoin d'en concher ce type de processus ? Non, le référendum, il a une vocation dès lors que le pouvoir politique, le débat parlementaire est difficile à avoir. Mais sur des sujets comme ça, on doit pouvoir sereinement avoir ce débat-là, sans se cacher. Il ne faut pas abuser du référendum. Sur la question de l'immigration, nous pourrions l'avoir, à la condition de savoir ce que nous voulons demander aux Français.

14:10
Locuteur non identifié

Vous parliez d'écologie. Un des sujets où, effectivement, la droite peine à se faire entendre. D'ailleurs, le ministre de la Transition écologique actuelle, Christophe Béchut, il était dans vos rangs il y a cinq ans. Il prend la parole ce matin dans le Figaro, en disant que la sobriété, ce n'est pas que pour l'hiver 2023. Sa collègue de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, dit que la sobriété choisit plutôt que subit. Est-ce que vous partagez cette vision de l'écologie ?

14:32
Aurélien Pradié

Tout ça, c'est du baratin. Excusez-moi, mais je ne m'habitue pas à cette... Ce n'est pas votre vision de l'écologie ? Mais ces mots-là sont fatigants, pardonnez-moi. Mais personne ne met la même définition derrière le mot sobriété. Vous n'allez pas la définir de la même manière que moi. On a eu droit à la résilience pendant des mois.

14:48
Présentateur

Là, il y a quand même des objectifs chiffrés.

14:49
Aurélien Pradié

Quand est-ce que nous passons aux actes sur les questions environnementales ? Et je vais, avec vous, évoquer deux défis. Premier défi, c'est la ressource. Et nous avons un sujet avec la ressource. Et avec une ressource en particulier, qui est l'eau. Personne n'en parle. L'accès à l'eau est un sujet absolument stratégique. Dans notre pays, l'accès à l'eau potable, le non-gaspillage de l'eau potable, qui aujourd'hui est un gaspillage dans des volumes impressionnants, est un sujet essentiel. Nous avons des réseaux d'accès à l'eau potable qui sont épuisés, que nous avons besoin de transformer.

D'autres pays d'Europe ont lancé des chantiers d'innovation colossaux pour faire en sorte qu'on ne gaspille pas l'eau potable. La question des retenues d'eau, sur lesquelles nous avons des innovations essentielles...

15:27
Présentateur

Ce sont parfois controversées. Les grands bassins peuvent aussi avoir des conséquences sur la biodiversité.

15:33
Aurélien Pradié

Nous n'avons pas que la solution des grands bassins. Nous avons aussi les retenues plus individuelles, les petites retenues d'eau qui permettent de mieux gérer la ressource et la consommation. Sur cette question de l'eau, en France comme dans le monde, le sujet est absolument essentiel. Et voilà une question sur laquelle je pense que notre famille politique devrait aller considérablement. Je veux aller au-delà, pardon, sur la question de l'écologie. Avec l'évocation de la sobriété, je veux vous parler de la société de surconsommation. Je pense que c'est un sujet sur lequel la droite républicaine doit s'exprimer.

Je refuse que ce soit les extrémistes de gauche qui soient les seuls à en parler. Moi, l'idée qu'aujourd'hui nous puissions consommer, acheter des textiles dans des volumes colossaux, des vêtements que nous ne porterons jamais, ça me pose un problème. Ça me pose un problème économique parce que je pense que ça tue notre modèle économique. Ça me pose un problème écologique et ça me pose aussi un problème philosophique parce que je ne pense pas que l'homme puisse se réduire à une course folle à la consommation. Mais c'est aux politiques de réguler l'achat de textiles ? C'est aux politiques de réfléchir à la maîtrise de notre souveraineté.

Si nous produisons davantage de textiles dans notre propre pays, alors nous en consommerons moins et nous le consommerons mieux. Ce que je vous dis là, c'est un vrai discours de droite. Et je pense que ça fait longtemps qu'on ne l'a pas dit.

16:41
Présentateur

Toute dernière chose, rapidement Aurélien Pradié, voilà que les régions, les départements, l'association des maires de France refusent à leur tour de participer au conseil national de la refondation qui doit être lancée la semaine prochaine par Emmanuel Macron. Est-ce que vous êtes surpris de cette avalanche de refus ? Tous les partis de droite comme de gauche sont aussi refusés.

17:01
Aurélien Pradié

Je ne suis pas surpris par l'avalanche de refus. Je suis surpris par la manière dont Emmanuel Macron depuis désormais quelques années prend de grandes libertés avec notre organisation démocratique. Et je pense qu'il faut désormais le dire. Mais là, il s'agit juste

17:11
Présentateur

de discuter ensemble. Pourquoi ne pas le faire ?

17:13
Aurélien Pradié

Vous voyez que c'est beaucoup plus que ça. Nous avons un Parlement. Nous avons une Assemblée nationale qui est la représentation du peuple.

17:20
Présentateur

Ça, c'est pour les élus. Mais les syndicats, par exemple, ne discutent pas forcément avec les élus au Parlement.

17:24
Aurélien Pradié

Il n'y a pas besoin de créer des bidules supplémentaires. Mais au-delà des outils de communication, parce qu'il s'agit principalement de cela, je le redis, de conseil de défense en conseil national de refondation. Je pense qu'Emmanuel Macron prend des libertés avec notre organisation institutionnelle et donc peut-être même avec notre organisation démocratique. C'est une alerte que je lance.

17:45
Présentateur

Aurélien Pradier, merci beaucoup, invité du 8.30 de France Info ce matin. Merci.