Face à Face : Laurent Nuñez - 21/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:40OuverteRéponse directe
Est-ce que les dispositifs policiers que vous avez ordonnés vont rester en place dans les prochains jours dans la ville ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous évoquiez les propos de parlementaires, notamment de la France Insoumise. Que répondez-vous à ces accusations ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Que pensez-vous des propos de Jordan Bardella sur la garde à vue du policier ?
- 4:50OuverteRéponse directe
Que répondez-vous aux accusations d'un recul de l'état de droit avec cette nouvelle loi pour les policiers ?
- 8:14OuverteRéponse directe
Que répondez-vous à Amnesty International sur le tir ayant tué Naël ?
- 9:40OuverteRéponse directe
Comment qualifiez-vous les appels à des barricades de Fabien Roussel ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46Invité politiqueFait
« Oui bien sûr. D'abord je voudrais dénoncer évidemment ces violences urbaines qui ont eu lieu dans la nuit avant-hier suite à un accident entre un véhicule de police et un jeune motorisé. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Quand j'entends des parlementaires, notamment hier lors de manifestations, des parlementaires de la France Insoumise, parler de choc volontaire, de mise au sol de ce jeune, c'est absolument inacceptable. »
- 1:31Invité politiqueFait
« En lien très étroit avec le préfet d'Indre-et-Loire, j'ai immédiatement fait renforcer les effectifs pour ramener le calme très vite dans la nuit. »
- 1:41Invité politiqueFait
« On déplore malheureusement un jet de mortier sur un véhicule de police. Mais les incidents d'avant hier soir ont été très graves. On a deux véhicules de police qui ont été incendiés. »
- 2:19Invité politiqueFait
« C'est une prise en charge dans le cadre de refus d'obtempérer. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Moi-même, je le regrette comme ministre de l'Intérieur. Évidemment, j'ai toujours beaucoup de mal à voir un policier placé en garde à vue. »
- 5:44Invité politiqueFait
« Il y a eu, conformément aux instructions que j'avais passées, des interventions systématiques pour y mettre un terme. »
- 6:17Invité politiqueFait
« Et qui vise à instaurer une présomption d'usage légitime des armes pour les forces de l'ordre. »
- 6:25Invité politiqueFait
« C'est simplement un texte qui considère que quand un policier fait usage de son arme administrative, on présuppose, on suppose, on présume qu'il est dans des cas autorisés par la loi. »
- 7:12Invité politiqueChiffre
« Les chiffres sont stables, voire en baisse, d'une part. »
- 8:45Invité politiqueChiffre
« Il y a eu 10 policiers blessés. Un gendarme blessé. »
- 8:50Invité politiqueChiffre
« Cette nuit, il y a eu des prises à partie à Vernon. Il y a eu 3 policiers blessés. »
- 8:55Invité politiqueChiffre
« Hier, en fin de journée, à Colombes, refus d'obtempérer, poursuite. Il y a eu 3 policiers blessés. »
- 10:58Invité politiqueFait
« Le Premier ministre a demandé au ministre de les prolonger jusqu'à la fin de l'année et au 30 septembre pour l'aide aux grands rouleurs. »
- 17:12Invité politiqueChiffre
« il y en aura environ 13 000 chaque jour à Paris »
- 17:16Invité politiqueChiffre
« 7 000 à Lourdes 5 000 policiers et gendarmes qui seront mobilisés »
Temps de parole
- Laurent Nuñez62 %
- Présentateur34 %
- ?4 %
≈ 14,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez RMC,
face
à face, Marie Centret.
Il
est 8h29 et vous êtes bien sur BFM TV et RMC. Bonjour Laurent
Nunez.
Merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation ce matin. Vous êtes le ministre de l'Intérieur. Nuit calme cette nuit donc à Saint-Pierre-des-Cors près de Tours qui tranche très clairement avec les événements très violents de ce week-end, des affrontements qui se sont déroulés après la collision entre une voiture de police et une moto en plein rodéo urbain. J'imagine que vous vous satisfaisez avec prudence de cette nuit, de ce retour au calme. Mais est-ce que les dispositifs policiers que vous avez en partie ordonnés vont rester en place dans les prochains jours dans la ville ?
Oui bien sûr. D'abord je voudrais dénoncer évidemment ces violences urbaines qui ont eu lieu dans la nuit avant-hier suite à un accident entre un véhicule de police et un jeune motorisé. Dans un secteur de Saint-Pierre-des-Cors, il s'appelle la Rabatterie, où il y
a
énormément de rodéo urbain, qui crée énormément de désagréments.
C'était connu.
C'était connu et les policiers interviennent régulièrement pour faire cesser ces rodéos urbains. C'est quand même dans ce cadre-là que ça s'est passé. Quand j'entends des parlementaires, notamment hier lors de manifestations, des parlementaires de la France Insoumise, parler de choc volontaire, de mise au sol de ce jeune, c'est absolument inacceptable. Il
y a
une enquête judiciaire qui fera toute la lumière évidemment sur cette affaire, mais il y a surtout des rodéos urbains qui perturbent la vie de nos concitoyens, des forces de l'ordre qui font leur travail, qui interviennent. Il y
a
eu cet accident, il y
a
eu des violences urbaines. En lien très étroit avec le préfet d'Indre-et-Loire, j'ai immédiatement fait renforcer les effectifs pour ramener le calme très vite dans la nuit.
L'arrivée
notamment de la CRS 8.
Il y a des CRS qui sont arrivés et qui étaient encore présents hier soir. Et le calme, la nuit a été plutôt calme. On déplore malheureusement un jet de mortier sur un véhicule de police. Mais les incidents d'avant hier soir ont été très graves. On a deux véhicules de police qui ont été incendiés. Et donc une vingtaine de véhicules qui ont été incendiés entre Saint-Pierre-des-Cors jouaient les tours. Pourtour dans le quartier Sanitas.
Et on entendait d'ailleurs le témoignage de ces habitants dont leur voiture en effet a été incendiée. Vous évoquiez les propos de parlementaires, notamment de la France Insoumise. Le député notamment Thomas Porte dit, une fois de plus, je le cite, une voiture de police a tamponné, tamponné un jeune homme à moto des méthodes d'intervention qui tuent. La police de ce pays doit être rénovée de la cave au grenier. Que vous
inspirez
?
C'est totalement irresponsable de sa part.
Il ne
connaît rien à cette affaire. C'est une prise en charge dans le cadre de refus d'obtempérer. Je veux rassurer M. Porte, les refus d'obtempérer continueront d'être pris en charge par les forces de sécurité. On continuera d'essayer d'interpeller les auteurs. Il crée des nuisances qui sont insupportables pour nos concitoyens. Il n
'y a
pas du tout de choc volontaire. Encore une fois, il y
a
une enquête judiciaire. Il ferait bien d'attendre le résultat de cette enquête judiciaire avant de se prononcer. Tout ce qu'il fait, c'est de mettre de l'huile sur le feu, d'une part. Et d'autre part, c'est vraiment jeter le discrédit total sur les policiers. Et on sait le peu d'intérêt vraiment que porte la France insoumise à nos policiers, à nos gendarmes dans ce pays.
Et on reviendra d'ailleurs sur la manifestation à laquelle ils ont participé hier, notamment dans les rues de Paris. Juste, Laurent Nunez, vous évoquez, et j'évoquais les propos des insoumis, de l'autre côté du spectre politique aussi. À chaque fois, ces événements suscitent des commentaires politiques. Je pense là au président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Parce qu'en effet, le policier conducteur du véhicule a été placé en garde à vue. Selon nos informations, il a été déféré, placé sous statut de témoin assisté. Il parle, lui, d'une garde à vue qui n'avait pas lieu d'être. Une mesure de vexatoire inutilement. Là aussi, vous dites, finalement, la justice fait son travail.
Et le fait que ce policier soit mis en garde à vue, c'est la procédure normale. Et il faut que cela aboutisse à peut-être à
une
enquête un peu plus longue.
Il y a
une procédure
normale qu'il faut respecter dans un certain nombre de circonstances. Moi-même, je le regrette comme ministre de l'Intérieur. Évidemment, j'ai toujours beaucoup de mal à voir un policier placé en garde à vue. Mais c'est aussi un moment où il peut s'expliquer, expliquer le contexte de l'intervention. Je crois savoir que les choses se sont quand même bien passées. Il a pu s'exprimer. Ce qu'il faut vraiment condamner, ce qu'il faut que M. Bardella condamne, et je
pense qu
'une grande partie de la classe politique le fait, ce sont ces violences urbaines. Et rien qui justifie qu'on brûle les véhicules, qu'on prenne la partie des policiers, qu'on se réunisse à plus de 200 jeunes et qu'on s'en prenne aux forces de l'ordre. Il n
'y
a rien qui justifie ça dès lors qu'elles ne font que leur travail, qui est de mettre un terme à des rôles des urbains. J'insiste qu'ils sont insupportables pour nos concitoyens.
Insupportables pour les citoyens. En effet, vous nous confirmez ce matin que ce dispositif policier va continuer d'être mis en place
dans les prochains jours à Saint-Pierre-des-Cores. On va rester extrêmement
vigilants dans les prochains jours à Saint-Pierre-des-Cores. J'ajoute que les jours de ce jeune garçon qui se livra des rôles urbains, sans casque, ils étaient plusieurs, il y avait plusieurs motos en même temps dans
le quartier de la Rabat-de-de-Core-là.
Voilà, ces jours ne sont absolument pas en danger. Je tiens vraiment à le préciser. Et on me disait hier, mais le procureur le confirmera ou pas, qu'il ne souffre d'aucune fracture par ailleurs.
Le
procureur le confirmera ou pas, mais ce sont les informations qui m'ont été remontées.
Parlons à présent de ce qui s'est passé ce week-end. Également dans les rues de Paris, je le disais, mais aussi un peu partout en France, des appels à se rassembler pour manifester contre cette loi instituant une présomption d'usage légitime des armes, renommée par certains de vos opposants politiques et évidemment, je pense à la France insoumise, permis de tuer. Une centaine de rassemblements a été organisés. Vous aviez demandé une violence toute particulière au préfet. Des débordements minimes ont été observés.
Je tiens à préciser, et BFM TV le condamne avec la plus grande vigueur, une de nos équipes a été menacée verbalement et ont dû être exfiltrés du rassemblement pour des raisons de sécurité. Que répondez-vous, Laurent Nunez, à ces accusations d'un recul de l'état de droit avec cette nouvelle loi pour les policiers ?
D'abord, je voudrais remercier l'ensemble des préfets, des forces de sécurité intérieure qui ont encadré ces manifestations qui n'étaient pas simples à encadrer. Il y
a
eu, dans pas mal d'entre elles, une infiltration de la mouvance d'ultra-gauche qui visait à commettre des dégradations. Il y
a
eu des incidents limités, vous l'avez souligné, à Paris, à Rennes, à Toulouse et à Nantes, systématiquement...
En fin de cortège
à la fin.
Parfois pendant. Il y a eu, conformément aux instructions que j'avais passées, des interventions systématiques pour y mettre un terme. Ces manifestations avaient pour but de dénoncer une proposition de loi qui est en cours de discussion au Parlement, qui a le soutien du gouvernement, que j'ai soutenu, que j'ai même amendé.
Qui a été voté à l'Assemblée. Qui doit être désormais étudié au Sénat.
Et qui vise à instaurer une présomption d'usage légitime des armes pour les forces de l'ordre. Ce n
'est
pas une présomption de légitime défense, contrairement à ce qu'on raconte ici ou là, à
ce
que raconte la France insoumise. Ça n'est absolument pas un permis de tuer. C'est simplement un texte qui considère que quand un policier fait usage de son arme administrative, on présuppose, on suppose, on présume qu'il est dans des cas autorisés par la loi. C'est une présomption simple qui peut être renversée très rapidement et qui évite, ce qu'on a constaté à Saint-Pierre-des-Cores, que des policiers se retrouvent placés en garde à vue quand ils n'ont fait que leur travail
et qu'un usage
légitime de l'arme, comme ils le font systématiquement. Quand j'entends la France insoumise dire que cet usage légitime des armes, il est autorisé depuis 2017, accessoirement. Moi, je ne fais que créer une présomption qu'il existe depuis 2017.
Mais les contrôles
vont continuer de subsister encore une fois,
notamment avec des enquêtes de l'UJPN, la saisine du parquet. La
France insoumise vous explique que les tirs d'armes, les morts par arme à feu du fait de la police ou de la gendarmerie ont explosé, c'est faux. Les chiffres sont stables, voire en baisse, d'une part. D'autre part, il y aura évidemment toujours des contrôles, à commencer par le contrôle de la hiérarchie. Les premiers qui regardent ce qui se passe dans ce genre d'incident quand il
y
a un usage d'armes, c'est la hiérarchie. Et c'est nous qui demanderons à voir un certain nombre de choses. Et si la présomption doit être levée, elle sera levée. Il y aura évidemment le parquet qui peut la lever, mais il
y a
aussi la hiérarchie, tout simplement. Vous
savez,
quand
il se passe ce qui s'est passé
à Saint-Pierre-des-Corts, la hiérarchie de ce policier, auquel d'ailleurs j'apporte mon soutien, qui a été placé en garde à vue, la hiérarchie de ce policier, regarde tout de suite les faits, vérifie les circonstances. Voilà, on fait notre travail. On n'est pas dans une logique de couverture absolue et totale des forces de l'ordre, comme le dit Mme Pannot quand elle parle de moi, du ministre de l
'Intérieur. Et si
des policiers doivent être condamnés, ils le seront.
S
'il y a un usage disproportionné
de
leur arme. Juste, il y a la France insoumise. Il y avait d'autres associations qui appelaient à manifester hier.
Je pense
notamment à Amnesty International qui soutient notamment que sans vidéo, le tir ayant tué le jeune Naël il y a quelques années aurait pu être jugé légal. Que répondez-vous là-dessus ?
Il y aurait eu une enquête. La vidéo est sortie très vite. Il y aurait eu une enquête, l'angle de tir. Il y a énormément de choses qui sont regardées. Donc voilà, je conteste moi fermement cela. Tout cela, ça traduit quand même un espèce de discrédit, une défiance même vis-à-vis des forces de sécurité intérieure dans notre pays. Des différentes structures et groupuscules qui manifestent.
Qui ne le supportent plus et qui vous en fait,
je crois, l'écho ces derniers jours. Vous savez, les policiers
sont blessés régulièrement quand ils interviennent. Ça a été le cas à Saint-Pierre-des-Corps. Il y a eu 10 policiers blessés. Un gendarme blessé. Cette nuit, il y a eu des prises à partie à Vernon. Il y a eu 3 policiers blessés. Hier, en fin de journée, à Colombes, refus d'obtempérer, poursuite. Il y a eu 3 policiers blessés. Donc voilà, je crois que les policiers payent un lourd tribut. Et il est légitime de leur accorder par anticipation notre confiance quand ils doivent faire usage de leur arme. Et les premiers, évidemment, à déplorer l'usage des armes, ce sont les policiers et les gendarmes.
Vous croyez que c'est facile pour un policier ou un gendarme d'avoir à faire l'usage de son arme dans des conditions qui sont tellement, tellement encadrées qu'il sait qu'il devra de toute façon rendre des comptes sur la proportionnalité et la nécessité de cet usage ?
Laurent Nunez, vous participez dans, je crois, un peu plus de 2 heures maintenant, à une réunion à Matignon. Deux réunions, précisément. Deux volets sur un éventuel prolongement des aides pour les rouleurs, pour les foyers modestes. C'est sur la table. Cela vous concerne moins. Mais ce qui vous concerne plus, c'est l'approvisionnement. L'approvisionnement, et on l'a vu dans nos journaux encore ce matin, combien, dans certaines stations-service, il est difficile de se procurer du carburant. Des dépôts pétroliers ont été bloqués quelques heures la semaine dernière.
Le spectre d'une colère sociale n'a jamais été aussi grand quand vous entendez certains responsables politiques encourager ces blocages. Je pense récemment à Fabien Roussel, le patron du Parti communiste français, appelant à des barricades. Comment qualifiez-vous ces appels
?
Je trouve que ce sont des appels qui sont très graves et qui font... Ce sont des appels qui sont déconnectés du monde réel en réalité.
Mais vous entendez également cette colère montée ?
Je vais vous dire, le monde réel, c'est que nous sommes confrontés à un choc géopolitique qui est exogène à la volonté de la France. Ce n
'est
pas la France qui a attaqué l'Iran, elle n
'est
pas responsable de cette guerre. Donc nous avons des données exogènes qui font que nous avons cette tension, évidemment le blocage du Trois-Dormouze, cette montée des prix. Et donc ce sont des éléments exogènes. Et le gouvernement français a prévu tout un tas d'aides, d'aides ciblées, qui seront effectivement discutées aujourd'hui, plutôt cet après-midi de ce que j'ai compris. Moi je serai plutôt à la Réunion sur la sécurité des approvisionnements.
Avec des aides donc prolongées, là aussi ?
Le Premier ministre
a demandé au ministre de les prolonger jusqu'à la fin de l'année et au 30 septembre pour l'aide aux grands rouleurs. Mais donc voilà, ce sont des appels qui sont irresponsables. Et quant à la colère sociale,
il
y a effectivement un certain nombre d'appels à manifester. D'abord, il n
'y
a pas de tensions sur les stations de service. Il y
a
des tensions ponctuelles,
il
n
'y a
pas de problème de logistique, d'acheminement. Il peut y avoir des problèmes ici ou là qui sont très ponctuels.
Mais quand vous voyez
des dépôts
pétroliers
la semaine dernière
qui ont été bloqués... Il
y a notamment la frécutation accrue des stations totales et qui créent parfois des manques d'approvisionnement très ponctuels. Il n
'y a
pas de problème à ce stade.
Le ministre de l
'Intérieur que vous êtes dit qu
'il
n'y a pas d'inquiétude particulière sur l'approvisionnement.
À date, il n
'y
a pas d'inquiétude, mais il faut y veiller,
il
faut rester attentif. Tout ça est très ponctuel. Après, vous me parlez de la colère sociale, il
y a
effectivement un certain nombre d'appels à manifester. Il y
a
des appels sectoriels. On a vu les pêcheurs qui ont bloqué un certain nombre de ports la semaine dernière. Il y
a
les agriculteurs qui mènent un certain nombre d'actions. Et puis,
il
y a des appels plus populaires à des manifestations qui, pour l'instant, mobilisent assez peu de personnes. Je pense qu'une partie de nos compatriotes ont aussi intégré cette dimension exogène du conflit, d'une part. Mais on va évidemment rester très attentifs aux appels à mobilisation sur la voie publique.
On le sait, vous êtes attentifs.
Il y en a un notamment pour le 17 octobre.
Avec cette
résurgence du mouvement des Gilets jaunes, il y
a
le 29 septembre, je crois, l'appel des fonctionnaires. Encore une fois, les renseignements territoriaux qui travaillent en direct avec vous, vous font des remontées d'informations. Est-ce qu'aujourd'hui,
vous
dites inquiets des nébuleuses, des mouvements par qui on ne sait pas
ils
sont totalement pilotés ou vous dites c'est totalement sous contrôle
?
Il y a des appels auxquels ne se joignent pas forcément les grandes organisations syndicales. Ce sont des appels plutôt sur les réseaux sociaux qu'on observe
avec beaucoup d
'attention qui pour
l
'instant, je le redis, ne rassemblent pas énormément de monde. Il y
a
eu des appels pour le 19 septembre,
il
y avait des appels samedi, le samedi précédent. Il y
en
aura pour ce week-end qui pour l'instant réunissent quelques dizaines de personnes, mais on va rester évidemment très attentifs. Il
y a
un appel qui semble un peu plus important pour la journée du 17 octobre. Voilà, on va rester extrêmement attentifs.
Attentifs, mais pas forcément
inquiets ?
Pas forcément inquiets, toujours très sereins et très déterminés. Voilà, moi je suis le ministre de l'Intérieur, je ne suis pas là pour encadrer les mouvements quand ils se déroulent, éviter qu'ils débordent, procéder à des déblocages quand il y a des déblocages, c'est ce qui s'est passé sur certains ports la semaine dernière dans d'excellentes conditions d'ailleurs, ou des pots pétroliers, et ça s'est passé
d
'excellentes
conditions
après des images où on peut aussi heurter, choquer des CRS qui face à des pêcheurs et aux arches de leur matraque. Là vous dites aussi attention à la ligne de crête.
Quand je dis que ça se passe dans d'excellentes conditions, c'est qu'il n'y
a
pas énormément de débordements. Les choses se sont bien passées pour l'instant et on va veiller à ce que ce soit le cas et que ça continue.
Laurent Nunes, revenons à présent sur cette réunion majeure qui s'est tenue en fin de semaine, vendredi précisément, à l'Elysée avec le président et les chefs de parti et les candidats à
la
présidentielle. Il a insisté, Emmanuel Macron, sur ces risques d'intensification de la guerre hybride russe en France. Nul n'est à l'abri et le gouvernement qui est appelé à préparer un plan de protection, je le cite, de nos infrastructures critiques ainsi que des sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense contre les attaques de drones et les attaques cyber. De quoi parle-t-on précisément, Laurent Nunes, quand on parle de ces infrastructures critiques ? De quoi est-il question ?
D'abord, on parle d'une menace qui est réelle, qui est une menace qui est documentée, qui est la menace de guerre hybride que livre la Russie. J'entends ici ou là certains responsables politiques qui disent que le président surestime,
exagère. C
'est de la com' ? C'était Éric
Suetti
sur notre plateau hier. Ce
n'est pas
de la com' ? M. Suetti, il devrait savoir encore que ces choses sont couvertes par le secret, mais il devrait savoir que
la
majorité des services de renseignement de tous les pays européens et bien évidemment nos services français ont pointé, ont caractérisé cette menace de guerre hybride russe. l'attaque qui a eu lieu à Leipzig en Allemagne n'a pas été inventée. Les survols autour de certains aéroports européens ne sont pas inventés. Il y en a encore eu ce week-end pour lesquels d'ailleurs nous sommes souvent appelés à contribution en matière de lutte anti-droite.
Ces
survols ont-ils
été constatés en France ? Les actes de sabotage
ne sont pas inventés. Il n
'y
en a pas eu de constatés en France. On n'a pas eu de sabotage majeur. Maintenant, des attaques cyber, nous en avons et ce qui se passe en Europe nous interpelle également. Cette menace elle est réelle. Elle est documentée et l'ensemble des services de renseignement européens convergent tous dans le même sens de ce point de vue-là.
Il est
irresponsable de minimiser cette menace. Ensuite,
ce
que l'on fait c'est qu'on décline le plan de protection de nos infrastructures.
C
'est-à-dire qu'on sait que la guerre hybride et notamment celle qui est venée par les Russes vise à s'attaquer à nos réseaux d'infrastructures à notre base industrielle de défense. Celle-là même qui vient au soutien de l'Ukraine et donc les plans que nous déclinons sur les territoires c'est-à-dire pour cela que j'ai réuni la semaine dernière à la demande du Président de la République et du Premier ministre l'ensemble des préfets de zone des officiers généraux de défense avec Mme Catherine Vautrin
nous
déclinons bien sûr
avec
des sites déterminés à protéger
il y a une
cartographie des sites à protéger il y
a
des mesures de protection qui sont prises par les opérateurs eux-mêmes il y a des rondes et patrouilles par les forces de sécurité intérieures il y
a
des contacts qui sont établis entre les services de renseignement et ces opérateurs
mais il y a un vrai virage quand même on peut parler d
'attaques cyber là on parle d'attaques possibles de sites stratégiques juste une question rapide un TER reliant Caen à Rouen a déraillé la semaine dernière un morceau de rail aurait été déposé sur les voies est-ce que vous excluez totalement aujourd'hui la piste justement d'une attaque hybride ruste ou ça reste encore
une question posée
?
L
'enquête est toujours en cours là-dessus donc voilà il n
'y a
aucune piste qui n'est exclue et le procureur de la République de Seine-Maritime communiquera le moment venu
La visite du pape un événement majeur cette semaine à partir de vendredi pour vos services de sécurité là aussi
c
'est un défi je le disais combien d'hommes et de femmes sont mobilisés sur le terrain pour cette visite qui va durer 4 jours à Paris mais hier en France aussi je pense notamment la ville de Metz
C'est 4 jours on va avoir au total énormément de policiers et de gendarmes qui sont mobilisés il y en aura environ 13 000 chaque jour à Paris ce sera ensuite 7 000 à Lourdes 5 000 policiers et gendarmes qui seront mobilisés donc à Metz oui c'est un très gros dispositif de protection du public de fidèles des périmètres et puis évidemment de protection rapprochée du pape bien évidemment et
pour vous tout va
se passer dans les meilleures circonstances pas d'inquiétude
majeure et particulière la France a
l'habitude d'organiser ce genre de grands événements il y a des vérifications qui sont faites il
y a
des moyens spéciaux qui sont déployés au-delà des policiers des gendarmes qui sont là pour sécuriser le public vous avez des tireurs point haut des vols de drones des vols d'hélicoptères des équipes de déminage des équipes fluviales voilà on mobilise énormément de monde et c'est bien normal pour assurer la sécurité de cette visite importante
pas de remontée particulière de grève de vos effectifs parce qu'on le sait ils sont aussi remontés les policiers parce qu'ils demandent des primes supplémentaires de ce point de vue là tout le monde sera au rendez-vous
tout
le monde sera au rendez-vous je n'en doute pas vous savez j'ai une grande confiance dans les policiers et
les
gendarmes de notre pays il
y
a effectivement des demandes catégorielles vous avez raison de le dire
et
vous reviendrez heureux sur ce point
nous avons veillé à appliquer le protocole de 2022 dans le contexte budgétaire très contraint soit 54 milliards d'économies le budget de
l
'intérieur continue à progresser on continue à investir dans l'immobilier dans les véhicules dans les hélicoptères dans les moyens aériens pour la sécurité civile donc on continue à investir on applique d'ailleurs un certain nombre de mesures du protocole pour les ressources humaines effectivement les policiers me demandent un effort supplémentaire
Laurent Nunez le 3 avril dernier vous étiez à cette même place face à moi je vous interrogeais sur la garde à vue terminée de Rima Hassan l'eurodéputé de la France Insoumise à l'époque à ce même micro vous déploriez les fuites dans cette affaire sauf que selon nos confrères de France 2 du magazine complément d'enquête vous auriez contribué à ces fuites le ministre de l'intérieur que vous êtes en personne a en partie contribué à la diffusion d'une fausse information voilà ce qu'expliquent nos confrères sur une supposée détention de drogue qui en fait n'a jamais existé Rima Hassan porte plainte contre vous devant la CGR la Cour de République de la Justice de la République pour violation du secret de l'enquête lui présentez-vous vos excuses et répondrez-vous à la Cour de Justice de la République
non non d'abord je me suis exprimé là-dessus à l'Assemblée Nationale interrogée
auditionnée
au moment de la commission spéciale sur la proposition de loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants donc je me suis exprimé j'ai expliqué le contexte donc de cette intervention où j'ai été interrogé par des journalistes donc que j'ai invité à la plus grande prudence des journalistes qui avaient un certain nombre d'informations qui étaient quand même je trouve assez troublantes je note d'ailleurs dans cette affaire qu'au début la France Insoumise m'accusait suite à cette diffusion de ce documentaire de complément d'enquête d'avoir organisé ces fuites puis après d'y avoir participé maintenant c'est de les avoir commentées donc j'attends le moment où la France Insoumise va me présenter des excuses pour ce procès qui m'est fait et cette polémique totalement stérile
je pense qu'on en est loin on en
est
très loin je pense
quant
à ce qu'il y ait de la plainte évidemment moi je répondrai je réponds à la justice de mon pays pour laquelle je suis très respectueux
à ce moment-là aucune demande d'audition n'a été formulée non,
non,
non non, voilà donc on me prête des propos que je n
'ai
pas tenus j'ai insisté j'ai incité à la prudence comme toujours sur ce genre d'affaires qui touchent au secret des enquêtes
Laurent Nunez dernière question êtes-vous personnel on grinta sur l'antenne de CNews avec vos propos suite à l'expulsion de Xenia Federova
j
'ai effectivement enfin cette information est sortie pas de mon fait je le regrette mais je devais effectivement aller commenter le mouvement des policiers puisque j'avais reçu les policiers la veille et aller commenter ce qu'on s'était dit les avancées qu'il y avait eues et effectivement j'avais été annoncé j'ai été déprogrammé me dit-on parce qu'il y avait un programme présidentiel il y avait un candidat il y avait un engagement qui avait été pris par la chaîne je regrette évidemment d'avoir été annoncé déprogrammé bon c'est comme ça je ne veux quand même je
ne peux
pas croire que c'est parce que le ministre de l'Intérieur que je suis il lutte et protège les intérêts fondamentaux de son pays qu'un média me déprogramme je ne
veux
pas l'imaginer 30 secondes je ne veux pas l'imaginer 30
secondes tout
le monde est très attaché à la protection à la défense des intérêts fondamentaux de notre pays
merci beaucoup Laurent Nunez d'avoir été l'invité du Face à Face Merci
Laurent Nuñez