Catherine Vautrin, ministre des Armées, annonce de nouvelles évacuations pour les Français bloqués au Moyen-Orient
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RTL Matin.
Et à 7h43, c'est donc la ministre des Armées, Catherine Vautrin, qui est l'invitée d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Catherine Vautrin.
Bonjour Thomas Soto.
Il y a eu un nouveau conseil de défense hier soir à l'Elysée, autour du chef de l'État. On a le sentiment que la France fait un pas de plus vers la guerre chaque jour. Madame la ministre, êtes-vous en train de préparer nos armées à faire concrètement la guerre ?
Vous le savez, le Président de la République l'a dit dans son adresse aux Français mardi soir. La France est mobilisée sur la protection de nos ressortissants, sur la protection de nos emprises et sur l'accompagnement que nous apportons aux pays avec lesquels nous avons des accords de défense. Ce qui veut dire que la position de la France est une position strictement défensive.
Défensive pour l'instant, mais est-ce qu'on n'est pas en train d'être inspiré par la guerre comme le titre de l'opinion ce matin ? Ce n'est pas ça la réalité ?
Non, la réalité c'est que la France est dans une position strictement défensive. Nous avons, si je prends l'exemple du Moyen-Orient, nous avons 400 000 personnes qui vivent dans le golfe Persique par exemple. Donc évidemment, nous sommes très concernés par la situation de nos ressortissants et par nos emprises.
Est-ce qu'ils sont en sécurité ces ressortissants ou est-ce que c'est précaire pour eux ?
Ces ressortissants sont, pour beaucoup d'entre eux, pour les touristes dans des hôtels, pour ceux qui vivent évidemment là où ils sont, ils sont mis à l'abri. Il y a des alertes régulières. C'est une situation très tendue bien évidemment, mais c'est la raison pour laquelle nos postes sont en lien avec eux, avec notamment des consignes de prudence, des liens avec le fil d'Ariane pour les touristes, pour organiser les évacuations. Il y a de nouvelles évacuations prévues aujourd'hui ? Il y a des évacuations. Combien on sait ? Alors je ne sais pas vous donner le nom, mais oui, il y a des évacuations. Il y a des avions qui partiront aujourd'hui, notamment des Émirats arabes unis.
Donc il y en a eu également hier.
Est-ce que vous allez mobiliser des moyens militaires pour les rapatrier ?
Nous n'en sommes pas aujourd'hui à mobiliser des moyens militaires, puisqu'il y a des créneaux avec des avions civils, notamment les compagnies émiriennes. Vous savez, après ce que je dis ce matin, je le dis au vu de la situation d'aujourd'hui. Tout peut évoluer à tout moment. Tout évolue, mais la volonté, c'est très clairement que nous puissions, avec les autorités locales, avoir des créneaux pour que des avions puissent décoller et accompagner nos ressortissants vers la France.
On sait combien de temps il faudra pour ramener tous ceux qui veulent... Ils ne veulent pas rentrer les 400 000, mais tous ceux qui veulent rentrer...
Alors vous savez, c'est ça qui est compliqué, parce que vous avez des gens qui ont pris contact pour être rassurés, vous en avez d'autres qui, effectivement, souhaitent être ramenés. Donc ça, c'est tenu au jour le jour par nos équipes et par nos postes. Je voudrais souligner la mobilisation aussi bien localement qu'au Quai d'Orsay, puisque vous avez aussi des familles, vous avez des gens qui appellent directement Paris. Et l'objectif, c'est de faire au plus vite. Maintenant, on sait tous que dans un contexte comme celui-là, il y a une organisation à mettre en place. Il y a un ordre de priorité. Très concrètement, nous commençons par les gens les plus...
Les personnes fragiles, les personnes âgées, les enfants.
Les mineurs non accompagnés, enfin tous ces sujets.
Emmanuel Macron a dit que deux de nos bases avaient été visées en début de semaine par des tirs iraniens. Est-ce que vous avez depuis déjoué d'autres attaques qui ont visé nos intérêts ?
Alors pour nos intérêts, il n'y a au moment où je vous parle que ces deux bases. Pour être clair, nous n'avons pas de certitude que c'était des bases françaises. Est-ce qualité de bases françaises qui étaient visées pour une raison très simple ? C'est que ces bases qui sont donc aux Émirats arabes sont dans des emprises qui sont des emprises émiriennes. Très vastes, très grandes. Est-ce que c'était réellement la France qui était visée ? Ça n'est pas aujourd'hui écrit. En tout cas, ce qui est important à retenir, aucun blessé. Et les bases sont parfaitement en état d'activité.
Et on doit faire face à une guerre un peu nouvelle, même si on a connu ça. Et on connaît ça en Ukraine et en Russie. C'est la guerre des drones. Est-ce qu'on est équipé pour faire face à cette pluie de drones ? Est-ce qu'on sait faire ? Ou est-ce que ça vous inquiète ?
Il faut aller beaucoup plus loin. Pourquoi ? Parce qu'on le voit bien, les drones, ce sont des masses de drones qui arrivent. Et donc la lutte anti-drone aujourd'hui nécessite qu'on aille... On ne peut pas mettre un missile par drone. D'où la nécessité d'aller plus loin sur la lutte anti-drone. Et il faut augmenter nos productions. On avait déjà commencé, parce que l'exemple ukrainien était déjà un exemple. 79% des destructions en Ukraine sont faites avec des drones. Donc on voit bien que dans ces conflits, on tire aussi des leçons en termes d'armement. Et qu'aller plus loin sur les drones, c'est une des grandes priorités de la France actuellement. On a des entreprises très engagées.
Vous avez entendu parler d'Armatan, d'Al-Taray, je ne vais pas vous faire la liste. Mais qui sont des gens dont on a besoin du savoir-faire.
Catherine Vautrin, on apprend à l'instant que votre collègue des affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, s'est entretenu avec son homologue iranien. Vous savez ce qu'ils se sont dit ou pas du tout ? Pas du tout, parce que je ne savais pas qu'ils...
C'est bien qu'on se parle entre France et Iran. Mais vous savez, on ne parle pas qu'avec ses amis. C'est toujours important de pouvoir garder des contacts.
Ce sont nos ennemis, les Iraniens, aujourd'hui ?
En tout cas, quand des gens font la guerre, en général, c'est plutôt des adversaires. Ceci étant, la France n'est pas en guerre aujourd'hui. La France est dans une position défensive. Maintenant, ce qui est très...
On a quand même l'impression qu'on fait la guerre sans le dire, comme M. Jourdain, c'est de la prose sans le savoir. En fait, on ne sait pas trop où tout ça va nous mener. Non, je pense que c'est très important.
Nous, nous sommes dans une position de protection. Nous n'attaquons pas. C'est ça, la différence. Quand vous faites la guerre, vous êtes offensif, vous attaquez. Nous, nous sommes aujourd'hui dans une position défensive.
Mais on sait que Charles de Gaulle va aller dans la zone. Pardon, je vous interromps. Si les Iraniens décidaient d'attaquer le Charles de Gaulle, j'imagine qu'on va se défendre.
Pour l'instant, vous avez entendu, mardi, le président de la République sur deux points. Le premier, c'est que je souhaite que les négociations diplomatiques continuent. Acte 20. Acte 2, le Charles de Gaulle, il fait route vers la Méditerranée. Il arrivera quand ? Il arrivera fin de semaine. Fin de cette semaine, là ? Oui, fin de cette semaine, début de semaine prochaine. Il va stationner où ? Ce n'est pas encore déterminé. Par définition, un bateau, c'est mouvant. Donc, sa destination, au moment où je vous parle, c'est la Méditerranée.
Et il va protéger le détroit d'Ormous ? C'est quoi sa mission ?
Pardonnez-moi, mais le détroit d'Ormous, ce n'est pas la Méditerranée. Et donc, il est aujourd'hui... Par ailleurs. Je vais faire un peu de géographie ce matin. Aujourd'hui, il va être en Méditerranée.
Et il va faire quoi ? Quelle est sa mission ?
Le Charles de Gaulle, c'est un navire de combat qui est escorté de frégates. Ça, je sais. Il va donc sécuriser la zone, la Méditerranée, qui peut être aussi bien la Méditerranée orientale, par exemple.
Bon. Combien de rafales sont déjà sur place ? Il paraît que nos avions sont déjà là-bas. On en a combien qui sont opérationnels en ce moment ?
Alors, nous avions des rafales qui étaient déjà aux Émirats. Et dans le cadre de notre accord, six rafales sont parties en supplément vers les Émirats. Et ils sont arrivés.
Bon. En tant que chef des armées, sous la responsabilité du chef de l'État. C'est le président de la République. Je sais, je sais. On nous surperaille à ce matin. Vous êtes quand même ministre des armées, ce qui n'est pas rien.
C'est un grand honneur et une grande responsabilité.
Quand vous voyez la violence des bombardements, quand vous voyez que les Américains vont taper un bateau de guerre iranien à 3000 kilomètres du front, si on peut dire, est-ce que vous vous dites que ça a un sens ?
Mais, vous savez, le sujet, c'est vraiment la négociation, l'arrêt des combats. Un ministre de la Défense, il est là pour protéger la souveraineté de son pays. La responsabilité, sous la conduite du président de la République, c'est que le président de la République ait l'ensemble des équipements dont il a besoin pour protéger la paix. Parce que la paix, ça se protège. Et donc, le sens de la mission, pour répondre à votre question, honnêtement, on peut très concrètement se poser effectivement la question de ce navire qui ne combattait pas, puisque ce navire rentrait d'un entraînement.
Et on voit qu'aujourd'hui, la stratégie qui est suivie par d'autres, sans aucun préavis, je le rappelle, sans aucun respect des traités internationaux, ne peut qu'interroger.
On va parler un petit peu du Liban. On a 700 hommes qui sont au sein de la finule. Au titre de la finule. Les forces intérimaires de l'ONU au Liban, est-ce qu'ils vont y rester, compte tenu du fait que les troupes israéliennes sont déjà au Liban ?
Alors, bien sûr, ce que l'on peut dire, il y a des troupes qui sont aujourd'hui au Liban, des troupes israéliennes qui sont au Liban, c'est ce que nous avons entendu. Ce qu'il faut rappeler, c'est que l'erreur majeure, c'est celle du Hezbollah qui est allé tirer sur Israël. Le président de la République, vous le disiez. Mais la conséquence est un embrasement. Attendez, mais le sujet, c'est surtout d'arrêter ces combats. Donc, c'est que le Hezbollah arrête de tirer sur Israël et qu'Israël arrête de taper sur le Liban. C'est ça. La priorité aujourd'hui, les soldats de la finule sont sur place et ils restent aujourd'hui, bien sûr.
Et l'envoi de troupes françaises sur place, que ce soit en Israël ou en Iran, ça ne sera jamais d'actualité ?
Très concrètement, je vous l'ai dit, nous ne sommes pas dans cette guerre en matière offensive. Nous sommes dans du défensif et nous ne parlons pas d'envoi de troupes.
Ce conflit nous inquiète aussi quant à ses répercussions sur notre territoire en France. Emmanuel Macron a demandé un renforcement de l'opération Sentinelle. Sentinelle, ce sont les militaires qui assurent notre sécurité dans les rues face à la menace terroriste. Comment il va se traduire, ce renforcement ?
Les Français voient régulièrement les militaires qui sont dans ces opérations, qui assurent la protection. Ils sont combien aujourd'hui ? C'est un chiffre qu'on ne nous donne absolument jamais. Mais que font-ils ? On les voit très régulièrement dans les gares, les aéroports. Et là, que vont-ils faire de plus ? Ils vont aller sécuriser des lieux qui peuvent être considérés comme des lieux dangereux. Je vais prendre un exemple, synagogue par exemple.
Il y aura plus de militaires dans l'opération Sentinelle ?
Il y a autant que les préfets nous le demandent. Ce sont des opérations qui sont menées avec les préfets, qui remontent au ministère de l'Intérieur les besoins qui sont les leurs, territoire par territoire. Et les armées répondent à ces besoins.
On parlait du Charles de Gaulle, ce sera ma dernière question. Qui quitte les maires du Nord ? C'est Poutine qui doit être content, il est peinard pour continuer sa guerre, non ?
Vous savez, vous l'avez remarqué, l'Ukraine continue et nous sommes toujours aux côtés d'Ukraine. Toujours aussi impliqués ? Comme nous le sommes depuis 2022.
Il n'y aura pas une baisse de moyens vers l'Ukraine ?
Il n'y a aucune baisse de moyens parce que l'organisation de notre pays, les budgets, sont faits pour que nous ayons cette capacité. La France est un pays fiable. Quand elle donne son accord, elle le tient. Et je crois que c'est très important pour les Ukrainiens comme les pays.
Donc on ne lâchera pas les Ukrainiens ?
Pas du tout, pas plus que nos partenariats dans le Golfe.
Merci Catherine Vautrin d'être venue sur RTL ce matin. Restez avec nous dans un instant. C'est Philippe Cavrivière qui nous rejoint. A tout de suite.
Catherine Vautrin