"Un déraillement de train, c'est un évènement grave dans une carrière"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25OuverteRéponse directe
Comment avez-vous réagi avant lundi soir quand vous avez appris le déraillement de ce train ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Enquête judiciaire en cours, vous l'avez dit, enquête technique aussi du bureau des accidents terrestres, les enquêteurs ont découvert sur place un rail posé sur la voie de chemin de fer, c'est effrayant non ?
- 2:26OuverteRéponse directe
Est-ce que le sabotage et l'angoisse des cheminots, on a connu des sabotages charieux dans le passé, des vols de câbles aussi, parfois on s'en fait l'écho sur le Sénormandie, tout cela c'est stressant pour un cheminot ?
- 4:02OuverteRéponse directe
Est-ce que là aussi, il faut faire évoluer la technologie ?
- 4:48OuverteRéponse directe
On imagine déjà le choc physique, le choc moral aussi pour lui, et puis pour ses autres collègues, conductrices, conducteurs. Là aussi, on imagine que l'impact sera durable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36InvitéFait
« en tant que cheminot, un déraillement de train c'est quand même un événement grave dans une carrière professionnelle »
- 0:49InvitéChiffre
« une ligne où en tous les cas sur cette section on roule à 120 km heure »
- 1:10InvitéFait
« il est évident que c'est un acte de malveillance, je ne vois pas comment aujourd'hui un coupon de rail s'est retrouvé dans la longueur du rail principal »
- 1:39InvitéFait
« Ça fait peur, il faut savoir aujourd'hui que des coupons de rail, on en a assez régulièrement au bord des voies »
- 1:58InvitéFait
« sans polémique, le nombre de coupons de rail qui sont aujourd'hui au bord de notre réseau ferré, de façon à éviter à ce que ces morceaux de rail puissent rester indéfiniment près de notre réseau »
- 3:23InvitéFait
« on peut se féliciter déjà du professionnalisme des agents qui étaient présents à bord du train »
- 3:29InvitéFait
« il y avait un contrôleur et donc la présence des contrôleurs à bord des trains est très importante »
- 4:13InvitéFait
« On a effectivement sur LGV des détecteurs d'objets, d'animaux pour éviter les collisions avec les trains à grande vitesse »
- 4:19InvitéFait
« On a aussi sur Canrois, notamment, des détecteurs d'animaux, notamment entre Bourterouled et Elbeuf »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur22 %
- Présentateur 27 %
≈ 11,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Le réveil 100% local, ici matin.
Il
est 7h45, l'invité d'ici Normandie ce matin est Alain Bertu, cheminot et secrétaire général de la CGT du Calvados. Il répond à vos questions, Jean-Baptiste Marie, trois jours après le déraillement d'un train rouen-camp à Cléon en Seine-Maritime. Bonjour Alain Bertu. Bonjour. On l'a dit,
vous
êtes cheminot, conducteur de train et la ligne où a eu lieu cet accident, vous l'avez souvent emprunté. Comment avez-vous réagi avant lundi soir quand vous avez appris le déraillement de ce train
?
Bonjour, déjà je tenais au nom de la CGT à apporter évidemment mon soutien aux victimes de ce terrible déraillement
et
bien évidemment à mes collègues parce qu'en tant que cheminot, un déraillement de train c'est quand même un événement grave dans une carrière professionnelle et donc j'ai raché avec beaucoup d'émotion comme l'ensemble de la corporation évidemment à la suite de ce déraillement. Une ligne que j'ai empruntée, une ligne où en tous les cas sur cette section on roule à 120 km heure donc imaginez bien que pour les collègues, pour les usagers, ça a dû être un événement particulièrement bouleversant.
186 passagers à bord, 44 blessés mais pas de morts, je mets évidemment des guillemets, on a
échappé un
drame là
?
Bien sûr, on a échappé un drame, il y
a
une enquête en cours pour déterminer comment ce bout de rail est arrivé mais il est évident que c'est un acte de malveillance, je ne vois pas comment aujourd'hui un coupon de rail s'est retrouvé dans la longueur du rail principal, c'est pas un coup de vent, voilà donc soit c'est un geste d'inconscient abruti, je le dis comme ça, soit on est affaire à un acte prémédité et donc évidemment l'enquête devra déterminer les raisons de ce déraillement.
Justement, enquête judiciaire en cours,
vous
l'avez dit, enquête technique aussi du bureau des accidents terrestres, les enquêteurs ont découvert sur place, vous l'avez dit, un rail posé sur la voie de chemin de fer, c'est effrayant non ?
Ça fait peur, il faut savoir aujourd'hui que des coupons de rail, on en a assez régulièrement au bord des voies, soit pour changer un bout de rail qui est usé,
on
va dire ça, ou en tous
les
cas
qui
nécessite un remplacement, soit c'est ce fameux bout de rail remplacé qui reste au bord des voies et donc il
y a
une nécessité aussi de regarder, sans polémique, le nombre de coupons de rail qui sont aujourd'hui au bord de notre réseau ferré, de façon à éviter à ce que ces morceaux de rail puissent rester indéfiniment près de notre réseau et donc c'est un travail aussi que va mener la CGT avec la direction de l'entreprise évidemment pour regarder à ce que ce genre de drame ne puisse plus arriver, il n
'y a
pas de risque zéro en sécurité ferroviaire mais en tous les cas il faut mettre en oeuvre l'ensemble des moyens pour les éviter.
Je répète, pour l'heure, aucune piste n'est privilégiée, c'est ce que dit le parquet de Rouen, mais malgré tout, est-ce que le sabotage et l'angoisse des cheminots, on a connu des sabotages charieux dans le passé, des vols de câbles aussi, parfois on s'en fait l'écho sur le Sénormandie, tout cela c'est stressant pour un cheminot
?
Bien sûr, en tous les cas, alors bien évidemment les cheminots sont formés à l'ensemble de ces procédures de sécurité lors d'événements graves, mais on doit aussi travailler à éviter ce genre de risque. Et donc ça passe évidemment par un renforcement de la sécurité ferroviaire, on ne pourra pas mettre des caméras partout sur l'ensemble du réseau ferré pour pouvoir surveiller les installations et les abords des voies, mais en tous les cas, ce que nous on dit, en tous les cas, ce que les cheminots disent assez régulièrement, c'est qu'il faut assurer la présence humaine à la fois dans nos trains, dans nos gares, mais aussi au bord du réseau pour éviter justement ce genre de...
éviter en tous les cas le plus possible ce genre d'incident, d'accident ou de sabotage et voilà, permettre à notre réseau de fonctionner le plus efficacement possible. D'ailleurs, on peut se féliciter déjà du professionnalisme des agents qui étaient présents à bord du train et je précise aussi qu'il y avait un contrôleur et donc la présence des contrôleurs à bord des trains est très importante et puis aussi la réactivité des équipes de la SNCF et notamment de SNCF Réseau pour dès maintenant débuter les travaux des garages de la rame déraillée et ensuite entamer les travaux de réparation de la voie et de la caténaire.
Et ce matin, il est 7h48, notre invité Alain Bertu, cheminot et secrétaire général de la CGT du Calvados.
On
va parler de la sécurité autour des voies, évidemment, la SNCF ne peut pas barriérer l'ensemble des voies de chemin de fer de ce pays. Malgré tout, on sait qu
'il y a
des détecteurs, par exemple, sur les TGV, ça n'existe pas sur les TER. Est-ce que là aussi, il faut faire évoluer la technologie ?
On
a un centre de recherche et développement à la SNCF qui est quand même de grande qualité. On a effectivement sur LGV des détecteurs d'objets, d'animaux pour éviter les collisions avec les trains à grande vitesse. On a aussi sur Canrois, notamment, des détecteurs d'animaux, notamment entre Bourterouled et Elbeuf, où justement, on est en capacité de détecter d'arrivée d'animaux pour éviter les chocs matériels.
On
peut utiliser aujourd'hui les nouvelles technologies pour éviter et détecter les présences sur les voies ferrées. Mais on a aussi la nécessité de renforcer l'humain auprès de notre réseau et auprès des usagers.
Vous avez parlé de vos collègues tout à l'heure. Il y en a
un
dont on n
'a
pas encore parlé dans cette interview, c'est le conducteur. On imagine déjà le choc physique, le choc moral aussi pour lui, et puis pour ses autres collègues, conductrices, conducteurs. Là aussi, on imagine que l'impact sera durable ?
On
a eu évidemment notre collègue conducteur au téléphone. Nous l'avons par message assez régulièrement. Il est extrêmement choqué et je lui adresse toutes mes pensées. Et puis, oui, il
y
a des séquelles physiques. On parle de côte fêlée, on parle de petites fractures au niveau des vertèbres avec un bout d'os qui s'est inséré dans une vertèbre. Il est extrêmement choqué. Et donc, pour la famille Cheminotte, évidemment, c'est la solidarité qui va primer avec une prise de nouvelles régulière de la part de ses collègues. Et puis, un travail avec la direction de l'entreprise, notamment en C2SCT, pour pouvoir analyser l'accident et trouver des solutions pour protéger à la fois notre matériel, mais surtout protéger les agents et les usagers qui ont besoin d'un service public de qualité.
Et moi, le message que je veux passer aujourd'hui, il est important, c'est le train est un moyen de transport sûr. Et ne tombons pas dans la polémique ou dans la psychose. Utilisons le train, utilisons le service public. Je pense que c'est la meilleure réponse à apporter à celles et ceux qui ont instruit cette acte de malveillance ou qui ont tenté un sabotage.
Merci beaucoup, Alain Berthus, d'avoir été l'invité d'ici Normandie, secrétaire général de la CGT du Calvados, mais cheminot de métier. Donc, trois jours après ce déraillement d'un TER, et je précise que vous l'avez évoqué aussi, les opérations de relevage, comme on dit, vont débuter aujourd'hui, en attendant une grue notamment. Et l'enquête, elle, se poursuit sous l'autorité du procureur de Rouen. Bonne journée à vous. Merci. Une interview à retrouver sur ici.fr.