La guerre menace-t-elle vraiment la France ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la France est prête mentalement à la guerre ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Comment vous vous percevez la figure du militaire en France ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Pourquoi les armées sont-elles peu connues malgré la confiance des Français ?
- 2:43OuverteRéponse directe
Vous êtes le chef d'état-major des armées depuis septembre 2025. Comment vous en êtes arrivé là ?
- 3:20OuverteRéponse directe
Comment vous vivez la façon dont les gens perçoivent la figure du militaire ?
- 6:08OuverteRéponse directe
Vous avez été sur le front, comment ça change un militaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:25Fabien MandouChiffre
« Il y a à peu près 80 % de confiance aujourd'hui dans les armées françaises et elles le méritent. »
- 2:01Fabien MandouChiffre
« Les armées françaises aujourd'hui, c'est moins d'un pour cent de notre population. C'est 200000 personnes, un peu plus de 200000 personnes. »
- 11:09Fabien MandouFait
« Les armées, c'est un extrait de la nation. Les femmes et les hommes qui sont aujourd'hui employés partout dans le monde ont entre 18 et 27 ans sur le terrain. »
- 11:53Fabien MandouFait
« Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce qu'il faut il faut dire les choses de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production défense par exemple. »
- 11:53Fabien MandouPromesse
« J'ai donné aux armées un objectif qui est d'être prêt dans 3 à 4 ans. »
- 22:02Fabien MandouChiffre
« Emmanuel Macron dans son discours aux armées en juillet 2025, il disait Nous consacrerons donc 64 milliards d'euros pour notre défense en 2027. C'est le double du budget dont les armées disposaient en 2017. »
- 22:02Fabien MandouChiffre
« Le texte du gouvernement est vous l'ajoutez 36 milliards d'euros sur 5 ans. »
- 28:28Fabien MandouFait
« Il est désormais clair que nous entrons dans une nouvelle ère celle d'un risque particulièrement élevé d'une guerre majeure de de haute intensité en dehors du territoire national en Europe qui impliquerait la France et ses alliés en particulier européens à l'horizon 2030. »
- 30:42Fabien MandouFait
« En Russie il y a des analyses qui ont été menées qui leur font penser qu'en 2030 il faut être prêt à un choc contre l'OTAN. »
- 38:02Fabien MandouFait
« La Russie a sciemment dirigé des flux migratoires par son territoire vers l'Europe du Nord à des fins de déstabilisation. »
- 38:44Fabien MandouFait
« Les Finlandais ont vu arriver à leur frontière des groupes de migrants qui venaient principalement d'Asie et qui étaient transportés jusqu'à leur frontière pour rentrer dans leur pays. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Est-ce que la France est prête mentalement à la ? Je pense qu'on est jamais prêt à la guerre. La guerre, c'est vraiment ce qu'on souhaite tous éviter. Donc euh maintenant c'est pas nous qui allons décider. Nous, on veut pas la guerre. Si si un jour on avait une guerre, c'est quelqu'un d'autre qui l'a déclenchée. Ouais. Donc c'est pas Je veux dire, on peut dire "Moi, je veux pas la guerre." Mais enfin, si quelqu'un vous fait la guerre, il y a un moment, il faut y aller. Et c'est un peu ça la situation. Voici l'homme qui dirige les armées en France. Il s'appelle Fabien Mandou, il a pris ses fonctions de chef d'état-major des armées en septembre 2025 et avait fait la une des médias en novembre dernier suite à cette phrase tirée de l'un de ses discours. "Si notre pays flanche
parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu'il faut il faut dire les choses." Moi, j'ai voulu aller au-delà des simples petites phrases. J'ai donc discuté longuement avec lui pour savoir si vraiment il existe aujourd'hui un risque de guerre pour la France. C'est difficile de parler de la guerre. C'est quelque chose qui peut faire peur. Les militaires sont extrêmement attachés à la paix parce qu'ils savent ce qu'est la guerre. C'est assez rare en fait que vous donniez des interviews. Je crois que c'est la deuxième. Comment vous vous ? Ben, je suis très heureux d'être avec vous. Ouais. Parce que on connaît Brut. Donc mes enfants me parlent de Brut. La parole du chef des chefs d'état-major des armées est rare et ça doit l'être. Euh mais c'est important pour moi
d'expliquer le contexte dans lequel on évolue et puis de répondre à vos questions très simplement. Alors, on va faire pas mal de choses. On va parler de vous, hein, pour savoir un petit peu plus qui vous êtes. On va parler un peu des menaces qui pèsent aujourd'hui en France parce qu'il y a il y a certaines craintes. Et puis on va parler de diverses choses et notamment de la figure du du militaire. J'ai le sentiment que le militaire est très bien vu en France. Ouais. Beaucoup plus que d'autres corps de métier peut-être. Euh mais méconnu. Comment vous vivez la façon dont les gens perçoivent la figure du ? Ben, je pense qu'il y a effectivement ces deux aspects importants. Euh les Français aujourd'hui ont confiance dans leurs armées. Il y a à peu près 80 % de confiance
aujourd'hui dans les armées françaises et elles le méritent. Mais d'un autre côté, je peux pas ignorer le fait que les armées sont assez peu connues. Tout simplement parce que les armées françaises aujourd'hui, c'est moins d'un pour cent de notre population. C'est 200000 personnes, un peu plus de 200000 personnes. Voilà, un peu plus de 200000 personnes. Et puis il y a un peu plus de 50000 réservistes. Je crois que vous visez 80000 pour en 2030. on va avoir un réserviste pour deux soldats professionnels, donc 80000 réservistes à l'avenir. Alors, je veux bien qu'on parle un petit peu de vous. Euh, donc vous êtes le chef d'état-major des armées depuis septembre dernier. C'est donc le le sommet finalement de des armées en en France. Mais il y a une une chose qui est assez
rare, c'est que votre famille n'était pas du tout militaire. Vos parents n'étaient pas militaires. Non, je n'avais pas d'expérience militaire avant de de rejoindre l'école de l'air en 1990. Moi, je suis un un enfant qui a grandi en préférant aller jouer au football et être à l'extérieur que dans des dans dans les salles de cours. Vous étiez au centre de formation de l'Olympique Lyonnais. Ah, voilà, j'ai j'ai terminé. J'ai terminé cette petite partie euh à l'Olympique Lyonnais. J'avais commencé dans le centre de la de la France. En fait, j'aimais beaucoup être à l'extérieur et les salles de classe, c'était pas toujours des bons moments pour moi. Les remises de copies, c'était un moment douloureux. Je ne savais pas trop ce que je pouvais faire dans la vie. Mon orientation était assez
incertaine. Et euh, je rêvais toujours d'être rêve qui pour moi était impossible d'être pilote. Puis petit à petit, en travaillant, ben j'ai j'ai tenté ma chance et j'ai réussi. Je suis rentré à l'école de l'air. J'ai découvert un environnement euh un monde où les gens parlaient un langage que je comprenais pas, euh des codes, des uniformes avec des galons euh tout ce qui pour moi était assez inconnu. Et euh, mais j'y ai découvert un [grognement] monde d'une très grande fraternité, très grande solidarité où on récompense l'effort individuel. Dans les armées françaises, quand vous arrivez le premier jour, on vous coupe les cheveux. Alors, c'est pas les coupes de cheveux les plus élégantes, mais vous êtes tous coiffés de la même manière à peu près. Vous recevez tous le même uniforme, vous
avez tous le même grade, quelle que soit votre origine, quelle que soit votre parcours, votre histoire personnelle, vous êtes fortuné, vous êtes pauvre, vous êtes pareil. Et ensuite, c'est votre travail qui paye. Je me rappelle, j'avais interviewé moi le euh François Lecointre, qui est un de mes vos prédécesseurs en comme chef d'état-major des armées. Même si vous êtes vous-même tout seul, individuellement, un combattant euh parfaitement expérimenté, euh extrêmement compétent, vous seul ne valez rien. Euh vous ne valez que parce que vous êtes dans un groupe qui lui-même est un est un groupe combattant. Quand il me parlait, j'avais ressenti qu'en fait, être militaire, c'est pas seulement une profession, c'est peut-être aussi une une façon de voir le monde. Je sais pas comment vous le
sentez vous. qu'on devient militaire. ? On n'est pas on n'est pas spontanément complètement habité de de de ce que peut exprimer aujourd'hui un chef d'état-major des armées. Quand on parle de la fraternité d'armes, euh c'est pas quelque chose qu'on déclare, c'est quelque chose qui se développe. Quand vous êtes confronté à une difficulté, vous pouvez pas la résoudre tout seul. On vous met devant un mur qui mesure 3 m, vous pouvez pas le passer tout seul. Mais si vous êtes plusieurs et ingénieux et que vous en en plus vous apprenez les techniques, vous pouvez passer. Moi, j'ai été marqué parce que premier première journée à l'école de l'air, vous arrivez, vous êtes hyper fier, vous avez réussi le concours, vous avez des copains, on a tous 20 ans, on a une énergie folle, on
est tous sportifs, on dit que rien nous arrête. Et puis là, premier jour, vous rencontrez des instructeurs qui ont 40 40-50 qui vont vous instruire sur le combat corps-à-corps. Et en 2 secondes, ils vous mettent par terre. Ah ouais. Parce qu'ils ont la technique, parce qu'ils ont travaillé pour. Et euh et donc vous êtes un peu fier, forcément, euh très vite, vous arrêtez de de d'écouter distraitement comme vous pouviez le faire certains cours d'histoire. Et là vous l'écoutez, vous apprenez et euh quelques mois après, vous êtes capable de commencer à poser des problèmes à vos instructeurs. Et ils vous apprennent la force du collectif. Ils vous apprennent comment être plus forts ensemble. Euh et ça c'est quelque chose que j'ai beaucoup aimé parce que dans une société
où beaucoup j'entends beaucoup des jeunes qui qui regrettent un peu ce côté seul solitaire euh de compétition individuelle, dans les armées, c'est le groupe qui se forme et cette fraternité, moi j'y crois énormément. Là vous dirigez euh l'armée, mais vous avez été aussi sur le sur le front, enfin vous vous avez participé à la guerre quoi. Euh ça moi je je l'ai pas faite la guerre, je m'en pas compte. Euh dans quelle mesure euh ça change un ? Bon, c'est difficile de parler de la guerre. Ouais. C'est quelque chose qui peut peut faire peur. Moi je je vais déjà partager avec vous le fait que tout le travail des armées aujourd'hui, les armées que j'ai la chance de
commander, c'est de tout faire pour nous protéger et et d'éviter euh d'arriver dans ces moments de guerre. Les militaires sont extrêmement attachés à la paix parce qu'ils savent ce qu'est la guerre, la violence des combats, la dureté de voir des amis disparaître, euh des villes détruites, des vies détruites. Donc, il y a une profonde conscience de l'importance de défendre la paix. Deuxièmement, vous êtes un homme, une femme qui s'est engagée et où qui est confronté à la guerre, que vous soyez civil ou militaire, euh vous révélez une personnalité. Et pour moi, je l'ai vécu comme le moment où vous revenez à l'essentiel de la vie, c'est-à-dire qu'est-ce qu'il est
important de défendre et le prix que vous êtes prêts à payer pour ça. Euh j'ai eu des soldats qui sont venus me voir quand on était en opération et qu'ils avaient peur de de perdre la vie euh parce qu'ils avaient des jeunes enfants, parce qu'ils avaient une famille. Et donc dans dans cette partie guerre, il y a une partie extrêmement humaine de crainte, de peur mais c'est là que vous revenez à l'essentiel du groupe euh dans lequel et ben les chefs sont chargés de de répondre à ces interrogations, d'enlever leurs hommes et puis euh de revenir ici on est dans un lieu fantastique, l'école militaire de notre histoire
euh de la France, de ce que toutes les générations qui nous ont précédés ont développé, on a un pays extraordinaire. Et ça ça se défend, ce qu'on est se défend. Parce que on parle beaucoup de santé mentale aujourd'hui, vous savez, mais on parle assez peu de la santé mentale des militaires. J'ai le sentiment que on part du principe que ça fait partie de leur activité et on s'intéresse assez peu, je trouve, à la santé mentale des militaires. Et c'est une c'est une très bonne question. En fait, les militaires sont des citoyens comme tout le monde. En fait, dans les armées françaises, vous n'avez pas des robots habillés en treillis qui sont capables d'aller faire la guerre sur commande comme ça. Ce sont des citoyens qui ont choisi une forme d'engagement qui leur convient parce qu'ils ont envie
de s'engager pour leur pays parce qu'ils y trouvent des valeurs importantes. Personne n'a envie de mourir, personne n'a envie de faire la guerre. Ce serait dangereux d'avoir des armées qui seraient euh entièrement tournées vers le combat à tout prix. Puis il y a mourir et puis il y a aussi de de donner la mort et donner la mort, ce qui est ce qui est quelque chose de pas évident. Exactement. La République française confie à ses armées, la France confie à ses armées un rôle extraordinaire qui est que quand les conflits, les tensions ne peuvent plus se régler par la diplomatie quand euh la la sécurité des Français est en jeu ou que les intérêts nationaux sont sont en jeu, à ce moment-là, si la diplomatie ne suffit plus, il faut recourir à la force.
Et les armées françaises sont le bras armé de la nation pour la défendre quand il y a plus d'autres solutions. Et à ce moment-là, on confie aux armées un rôle extraordinaire qui est d'user de la force de l'État avec la possibilité de tuer les adversaires de la France pour faire respecter notre sécurité, nos intérêts, notre pays. C'est quelque chose d'extrêmement grave. C'est pour ça que ça demande un engagement quotidien, un entraînement de maîtrise. Et et les Français, je pense, en général, voient nos soldats patrouiller dans les rues. Euh, à chaque fois qu'il y a eu des incidents en France, la réponse de nos soldats a été mesurée, adaptée,
parce qu'on est parfaitement conscient de ce la responsabilité qui nous est confiée et on sait à quel point on doit employer la force au bon niveau, juste au bon niveau, et pas plus. Je vous parle de tout ça en amont de notre discussion parce qu'après j'ai préparé des choses, on va parler de la guerre, on va parler il y aura des chiffres, il y aura des choses. Mais ça me semble important quand même de replacer ça dans un contexte humain, c'est-à-dire que derrière tout ce dont on parle là, il y a des hommes qui qui qui la vivent, quoi. Oui. Alors, vous êtes entré en fonction le le 1er septembre 2025. Et puis, on a parlé de vous euh en novembre 2025 parce que il y avait le 107e congrès des maires et des présidents d'intercommunalité de France le 18 novembre 2025. Vous faites un discours.
Dans ce discours, vous dites tout un tas de choses et notamment Les armées, c'est un extrait de la nation. Les femmes et les hommes qui sont aujourd'hui employés partout dans le monde ont entre 18 et 27 ans sur le terrain. Ils sont jeunes. Ils viennent de vos communes. Ils ont les mêmes aspirations. Ils tiendront dans leur mission s'ils sentent que le pays tient avec eux. Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce qu'il faut il faut dire les choses
de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production défense par exemple. Si on n'est pas prêt à ça alors on est en risque. Mais je pense qu'on a la force d'âme. La France a toujours démontré sa force d'âme dans les moments difficiles. Et là on est dans le moment où il faut en parler. Moi j'ai donné aux armées un objectif qui est d'être prêt dans 3 à 4 ans. Mais j'ai besoin que la nation soit prête à soutenir cet effort si on devait le faire. Je suis convaincu je vous le dis je suis convaincu que si nos ennemis voient notre détermination
à nous défendre, à protéger ce que nous portons comme valeur, comme histoire ils iront voir ailleurs parce qu'ils savent que nous sommes plus forts. Mais il faut en faire la démonstration et c'est dans les 3 années qui viennent. La phrase qui a fait parler c'est que la France doit accepter de perdre ses enfants. Peut-être qu'elle a été mal comprise cette phrase notamment le terme de ses enfants. Oui, c'est c'est c'est important parce que je vois que ça a suscité beaucoup de peurs, euh beaucoup de craintes qui n'étaient pas l'objet. Euh mon rôle c'est de protéger les Français, euh protéger notre pays, nos intérêts. Aujourd'hui, autour de nous il y a quand même une dégradation de notre contexte, notre environnement. Les
Français le voient euh ils en paient les conséquences. Euh la crise en Iran, la guerre qui se poursuit euh guerre déclenchée par la Russie en Ukraine qui se poursuit. Euh 5e année. 5e année. Une menace terroriste qui continue avec des États extrêmement fragiles euh sur le continent africain, juste au au sud de la Méditerranée. On voit les conséquences du réchauffement climatique. Et donc, je suis pas là pour dire les choses qu'on a envie d'entendre. Je suis là pour dire ce que j'observe. Le sens profond c'était de rappeler que on a la chance, et c'est une chance extrême, et c'est quelque chose qu'il faut entretenir, de vivre en paix depuis des décennies. Depuis des décennies. C'est ce qu'il y a
de plus précieux. Sur un continent où en général, on s'est fait la guerre très régulièrement. La contrepartie à ça, c'est que quand on vit en paix tous les jours, parfois, on oublie que c'est pas quelque chose d'acquis à vie et qu'il faut le défendre. Et on a autour de nous des régimes qui estiment que nous sommes faibles et qui ont une certaine nostalgie de leur histoire et qui aimeraient rétablir une empreinte territoriale plus importante. C'est la Russie Ouais. qui euh attaque la Géorgie, 2008, qui s'empare de la Crimée, 2014, et qui ré-attaque l'Ukraine en 2022. D'une guerre qui continue en ce moment. Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'il y a un
moment, il faut réaliser que ça existe et que si malheureusement des rivaux voulaient aller trop loin et nous tester, il faudrait qu'on réagisse par la force. Réagir, ça veut dire engager les armées. Et tout tous les militaires aujourd'hui savent ce qu'on évoquait tout à l'heure. C'est-à-dire que si on engage les armées, les armées vont nous défendre par la force. Donc, elles vont certainement tuer en acceptant aussi de perdre des leurs. On s'entraîne tous les jours durement pour l'éviter, mais on peut pas l'écarter. On défend notre pays au prix parfois de la vie de nos soldats. Et ça j'ai voulu le rappeler parce que c'est pas c'est pas naturel. Est-ce que la France est prête mentalement à la ?
Je pense qu'on n'est jamais prêt à la guerre. La guerre, c'est vraiment ce qu'on souhaite tous éviter. Donc euh maintenant c'est pas nous qui allons décider. Nous, on veut pas la guerre. Euh si si un jour on avait une guerre, c'est quelqu'un d'autre qui l'a déclenchée. Ouais. Donc c'est pas Je veux dire, on peut dire "Moi, je veux pas la guerre." Mais enfin, si quelqu'un vous fait la guerre, il y a un moment, il faut y aller. Et c'est un peu ça la situation. Parce que pour vous, on est déjà en guerre, en fait. On n'est pas en guerre au plan militaire, c'est-à-dire qu'on n'a pas aujourd'hui des soldats engagés euh dans une grande guerre, ? On fait tout euh pour éviter d'arriver à ce niveau-là. On a une guerre un peu plus sournoise aujourd'hui. Il y a peu de temps, j'étais en Finlande.
Ouais. Et euh qui m'expliquait euh les derniers éléments de doctrine développés par certains généraux russes euh rédigés dans des documents, dans des dans des livres euh pas traduits chez nous euh dans lesquels ils expliquent que la guerre, elle est continue. Et en fait, ce qui se passe aujourd'hui dans nos sociétés, notamment dans la désinformation c'est ce qu'on appelle des opérations hybrides c'est une forme de guerre. Quelques exemples. Pour les Parisiens qui se sont promenés dans Paris au moment des Jeux olympiques. On se souvient, dans les rues, il y avait euh des espèces de tags sur les murs dans nos rues qui mettaient "Attention, balcon fragile." Moi, j'aime bien courir. J'ai vu ça la première fois, je me suis
"Tiens." J'ai regardé le balcon, je me suis "Tiens, c'est c'est bizarre." Et puis je l'ai vu dans de nombreuses rues. Peu de temps avant, j'avais entendu qu'il y avait des punaises de lit partout. Tout ça, c'est des choses qui ont été organisées. Les cercueils avec le drapeau posé au pied de la Tour Eiffel, ce sont des opérations mises dans notre société, des têtes de cochon au pied des synagogues ou des mosquées en France. Déposées, ce sont des opérations menées par des compétiteurs qui veulent fragiliser notre société. Chez nous, les religions, on les oublie. Chacun a le droit de vivre sa religion comme il souhaite. On est euh solidaires. Cette fraternité, on la vit.
Mais quand tous les jours on joue et c'est ce qu'essaient de faire certains, jouent pour créer des tensions entre des groupes religieux, créer des tensions entre des pensées politiques, ben vous essayez d'éclater cette solidarité, éclater cette fraternité, éclater ce qui fait notre France, qui est le collectif, l'unité. Et vous me posiez la question, est-ce que la guerre a ? Une forme de guerre a commencé. Cette guerre, elle vise à fracturer nos sociétés en jouant beaucoup sur les peurs, sur les différences, là où la richesse de notre société, c'est justement sa variété, ses
différences et ce vivre ensemble. Moi, j'y crois beaucoup, ce qu'on vit dans les armes. C'est pas uniquement au niveau national, c'est au niveau européen. Donc, il y a des acteurs aujourd'hui qui essaient de nous fracturer. Et c'est là, on n'est pas dans la guerre canon, char, avion, ? On est dans la dans la compétition avec des opérations qu'on appelle hybrides et la manipulation de l'information en fait partie, qui se joue déjà chez nous en ce moment. Qu'est-ce que fait la France contre ? Alors, je je pense que ce qui est important, c'est la formation. Euh et ça commence dès l'école. Et c'est là où moi, je suis très fier de ce que l'on est. À l'école, on apprend à aux enfants euh l'esprit critique.
Ouais. À lire, à se renseigner, à comprendre pourquoi l'auteur a écrit ça, euh à mesurer le contexte, euh et je suis admiratif. Euh je vois je vois des enfants aujourd'hui qui arrivent dans un paysage où il y a de l'information partout, à lire plusieurs sources. C'est pour ça que Brut fait partie aujourd'hui On essaye. des médias très importants parce que personne ne détient la vérité. Chacun, quand il communique, donne une idée, transmet ses idées. Mais euh je trouve que notre éducation, et c'est l'enjeu pour euh notre société, c'est d'arriver à euh varier les sources, ouvrir ses horizons et entretenir cet esprit critique pour
savoir globalement ce qui s'est passé. Il y a pas de vérité absolue, on le sait. Euh mais euh le défi pour, je pense, les plus jeunes aujourd'hui, c'est que l'information est beaucoup véhiculée dans des réseaux sociaux. Ouais. Selon des algorithmes qui sont parfaitement compris et analysés par nos compétiteurs, qui font que si vous introduisez d'une bonne manière une idée totalement fausse, elle peut être tellement relayée qu'il devient difficile de l'écarter de ce qui imprègne les esprits. Et c'est là que l'apprentissage et l'agilité de jeunes qui se renseignent sur différentes sources et qui arrivent
à dire "Hmm, là quand même c'est bizarre." et qui interrogent et qui vérifient, et c'est là que Brut peut peut aussi être un élément dans le paysage qui fasse dire "Ah ben non, en fait ça c'était une manipulation." Alors Brut fait ce qu'il peut, hein. Mais mais je reste relativement humble sur notre capacité à empêcher certaines choses. Et en plus il se trouve que les réseaux sociaux, ils appartiennent à la Chine pour TikTok, aux États-Unis pour Meta. Mise à part l'école, est-ce qu'il y a pas d'autres choses qui peuvent être faites euh pour éviter que on se retrouve avec en fait une sorte de désinformation et même au-delà de ça une sorte de confusion permanente. Alors il y a j'ai parlé de l'éducation parce que je pense que c'est vraiment le le cœur ce qui est le plus important.
Bien sûr, il y a d'autres choses et euh la France développe une capacité à comprendre ce qui se passe et à détecter les attaques. Donc typiquement, je vous ai euh mentionné euh les punaises de lit, les cercueils, on a eu des des mains rouges, des peintures de mains rouges posées sur des des des sites de notre culture très importants. On a su remonter la filière, c'est tout le travail des services de l'État pour comprendre que derrière les quelques personnes qui étaient arrêtées, il y avait toute une organisation et euh et le signaler et ensuite être conscient que c'est quelque chose qui se fait. Dans tout le contexte qu'on qu'on évoque effectivement, il y a la question de de l'argent, des moyens engagés pour
soutenir les armées. Alors les les budgets ont beaucoup augmenté. Par exemple, Emmanuel Macron dans son discours aux armées en juillet 2025, il disait Nous consacrerons donc 64 milliards d'euros pour notre défense en 2027. C'est le double du budget dont les armées disposaient en 2017. Puis euh actuellement, il y a la question de l'actualisation de la loi de programmation militaire 2024 à 2030. Le texte du gouvernement est vous l'ajoutez 36 milliards d'euros sur 5 ans. Je je vais pas rentrer dans les chiffres parce qu'on va on va perdre tous les gens qui nous regardent. Est-ce qu'aujourd'hui l'armée a suffisamment d'argent pour effectuer sa ? Aujourd'hui, euh on est dans des armées qui se modernisent. Euh on a connu au début des années 2000
période 2008-2016 euh une époque où on pensait que la paix était garantie et donc les choix de la nation ont été vers d'autres domaines que la défense. On a réduit très largement euh le budget de la défense parce qu'il y avait d'autres priorités. En 2016, on a des attentats. Euh 2017, le président Macron euh est élu président de la République. Il constate, il voit cette dégradation de notre environnement. Et donc effectivement euh il décide d'augmenter le budget de la défense. On change de direction. On était dans des années où on ne faisait que réduire.
Et on repart à la hausse. Sur les 10 dernières années, on aura multiplié par deux le budget de la défense. Au début on a réparé très vite ce qui était très fragile parce qu'après des années euh de réduction de budget, il y a des domaines qui étaient extrêmement fragiles. Donc au début dans les années 2017-2020, on a réparé, comblé tout de suite ce qu'il fallait réparer. Et puis là, on est dans une phase de modernisation. Mais est-ce que pour vous qui qui dirigez les armées, est-ce que il y a assez d'argent pour faire face à la aux menaces multiples et simultanées euh qui ont lieu ? Moi, je me prononcerai pas sur le assez d'argent. Le assez d'argent, c'est un choix très politique. Pour moi, chef militaire, il est évident qu'on est dans une phase où il faut faire davantage
d'efforts sur la défense. Et là, on parle de 36 milliards euh les des sénateurs LR voulaient 50 milliards. À un moment donné, on perd un peu la mesure de ce que ça représente. Enfin les les là, on parle de dizaines de milliards d'euros et dans un contexte de de crise où on fait des économies par ailleurs, on se dit peut-être qu'il faudrait investir dans l'éducation nationale par exemple. Oui. Les sommes sont très importantes. Euh je suis je suis un citoyen. Vous et moi euh on on vit tous les jours, on va faire nos courses et euh quand on achète 1 kg de tomates, on parle pas de milliards, ? Donc effectivement, les chiffres peuvent faire tourner la tête. La particularité de la défense, c'est quelque chose qui se construit sur le temps long. On fait des choses extraordinaires. La
France vient de décider euh d'engager le programme de d'un nouveau porte-avions pour la France. Ça va être des milliers de personnes qui vont travailler pendant des décennies pour construire ce futur bateau hors norme qui fait la fierté de la France. Outre la fierté, à quoi ça sert un porte- parce que je je c'est une question euh qu'on peut jamais mais Mais c'est vrai. Bah aujourd'hui, un porte-avions, c'est ce qui permet à la France de projeter indépendamment des décisions de tous les pays passant par la mer de projeter un groupe de combat très puissant parce qu'on a des appareils à bord, on peut mettre des forces particulières à bord pour intervenir. Donc, quand la France a un porte-avions,
elle est capable de projeter n'importe où dans le monde de la puissance pour se faire respecter. Très peu de pays ont un porte-avions aujourd'hui. C'est pas une question de j'en ai un et tu en as pas. C'est que ce niveau de puissance, c'est le niveau de la France. Et on peut en être fier. C'est un double niveau, c'est-à-dire qu'il y a le le l'aspect opérationnel de pouvoir envoyer des avions et puis il y a un aspect de montrer qu'on l'a. Alors, moi je suis pas trop diplomate. Moi, je suis plutôt la détermination de la force. Euh donc, oui, il y a une dimension politique diplomatique d'affichage. Mais quand on envisage des options militaires, quand on envisage de déployer des outils de combat, il y a une détermination absolue à recourir à la force si nécessaire.
Après, encore une fois, euh vous vous vous vous vous êtes là-dedans, mais il y a plein de gens qui vont se dire mais tous ces discours un peu va-t-en-guerre là Surtout pas va-t-en-guerre. Et moi, je veux surtout pas effrayer. Ce que demande un président élu à ses armées, c'est de protéger les Français. Cette protection aujourd'hui, elle se fait loin. On a eu des épisodes terribles dans notre société, tout le monde s'en souvient. Les attentats sur notre sol. Ces attentats, ils ont été préparés depuis puis et Moyen-Orient par des cellules terroristes dont des gens ont choisi des idéologies folles des gens très intelligents qui se préparent qu'il faut pas sous-estimer. C'est des groupes puissants qui posent
des problèmes qui peuvent même faire chuter des régimes des pays entiers. La guerre heureusement on la vit pas dans notre société dans nos frontières aujourd'hui. On fait tout pour l'éviter. Mais on a mené le combat contre Daech. On a mené le combat contre Daech, on le mène encore. Oui c'est j'ai vous poser cette question effectivement vous parlez de la menace terroriste aujourd'hui la menace terroriste on en est ? On a une menace terroriste qui a évolué parce que les les combats qu'on a justement engagé en Syrie en Irak principalement ont porté leurs fruits. C'est-à-dire que ces groupes terroristes qui avaient quasiment conquis des des pays entiers ont été réduits. Aujourd'hui la tête de ces cellules terroristes est principalement sur le le continent
africain dans le reste de l'Afrique mais aussi dans toute la partie sahélienne où euh des coups d'État ont eu lieu dans des États affaiblis où les terroristes prospèrent euh parce qu'il y a moins de résistance et se développent. Donc nous on suit beaucoup ça. On aide des pays à lutter contre contre l'évolution de cette menace terroriste. Aujourd'hui on a des forces qui interviennent. Il y a des risques d'attentats en France ou ? Le risque existe toujours. Je citais la revue nationale de stratégie 2025 et visible tout le monde peut la voir c'est sur internet. Il y est écrit "Il est désormais clair que nous entrons dans une nouvelle ère celle d'un risque particulièrement élevé d'une guerre majeure de de haute intensité." "en dehors du territoire national en
Europe qui impliquerait la France et ses alliés en particulier européens à l'horizon 2030." Bon le le le rôle de cette revue stratégique c'est euh c'est de prendre un coup d'avance. Donc c'est un travail d'anticipation. Anticipation non pas pour constater et se faire peur mais pour prendre toutes les mesures nécessaires à éviter d'arriver dans ces situations. Risque d'une guerre majeure, d'une guerre sur notre continent. En fait, c'est le constat de la poursuite de cette guerre déclenchée par la Russie en Ukraine. Et d'une forme d'usage débridé de la force par Moscou qui pourrait décider, on peut pas écarter, on est obligé de penser à tous les possibles. On peut pas écarter un scénario où Moscou, enhardi par une forme de d'euphorie de victoire
dirait OK, après l'Ukraine, je m'en prends à un pays de l'OTAN, un petit pays pays balte important mais petit par la taille assez vulnérable. Ce sera un test. Et c'est là que la solidarité entre nous est importante et c'est là qu'il faut savoir réagir et donc l'avoir anticipé, préparé, s'y être préparé moralement. Ce que vous voulez dire, c'est que si la Russie envahit attaque un pays balte, la France en tant qu'allié serait obligé d'intervenir avec son armée. Ce sera une décision qui sera prise par la personne élue par les les Français. Mon conseil aujourd'hui, c'est bien sûr d'être solidaire. On peut pas écarter un scénario comme ça. C'est le pire, on fait tout pour l'éviter mais on est obligé d'imaginer
que c'est possible. Pour la première fois depuis le milieu du du dernier siècle la perspective d'un affrontement contre un état important qui a une armée importante réapparaît. C'est ça, ce ce ce dont on veut parler. C'est la possibilité de retrouver un affrontement non pas contre des petits groupes idéologisés mais contre un état qui a une structure et qui est beaucoup plus fort, bien sûr, plus difficile. Et la revue nationale stratégique, elle est précise, elle dit que la Russie se prépare à une confrontation à l'horizon 2030. Donc, c'est demain, c'est c'est dans 4 ans précisément. Cette date de 2030, d'où elle sort ? Est-ce qu'elle est ? Est-ce qu'on peut imaginer effectivement qu'il y ait une guerre
Moi je veux pas je veux pas que les gens qui nous entendent se disent c'est inéluctable en 2030 c'est catastrophique on est foutu d'accord ça non ce que l'on sait c'est qu'aujourd'hui en Russie il y a des analyses qui ont été menées qui leur font penser qu'en 2030 il faut être prêt à un choc contre l'OTAN. Est-ce que ça veut dire que les Russes ont l'intention d'attaquer ? Non. Ça veut dire que les Russes estiment qu'il pourrait y avoir une confrontation en 2030. Pour nous qui sommes membres de l'OTAN on se dit
la Russie se prépare à un choc on peut pas l'ignorer parce que derrière préparation c'est euh c'est un effort de défense qui est monumental. C'est-à-dire que eux s'arment hein d'ailleurs sur là ils avaient euh euh moins de soldats en 2022 et puis là ils ils ils leur objectif d'après la Russie c'est 1,9 million en 2030. 1,9 million en 2030. Donc c'est une grosse augmentation c'est-à-dire qu'ils se préparent et c'est c'est pour ça qu'on parle de 2030 c'est parce qu'ils sont en train de se ? Ils se préparent en fait on sait que 2030 est un horizon euh qu'ils ont travaillé formellement. On regarde leur industrie de défense qui produit de grandes quantités d'équipements les chars en quantité des avions en quantité euh on sait qu'ils recrutent qu'ils ont
un objectif de de recrutement qui leur fait passer euh d'une armée d'à peu près 1 million d'hommes euh en dans les années 20 à quasiment le double 10 ans plus tard. On peut pas l'ignorer. Est-ce que l'intention est ? Je ne sais pas. Est-ce qu'on sera ? Je pense qu'on sera prêt. Je pense qu'on est prêt. En fait j'ai aucun doute sur notre force. On est très fort. La Russie regardez si si vous prenez des chiffres on est dans la classe de plus de 100 millions d'habitants. ? Face à une Europe qui pèse plus de 500 millions d'habitants. Si elle est unie. Si elle est unie. C'est pour ça que la solidarité est fondamentale. Si nous sommes unis nous sommes beaucoup beaucoup beaucoup plus forts.
Mais est-ce qu'on le sera ? Je pense. Ouais. Je pense. C'est le défi de notre génération. Moi je pense c'est de suivre les pas de nos prédécesseurs qui après deux guerres mondiales se sont dit ça suffit. Euh il faut arrêter ça. On crée un cadre international qui nous permet de dialoguer euh d'éviter les conflits, de maintenir la paix. Ça c'est précieux, il faut l'entretenir. Et puis euh d'une solidarité entre nous. Et une solidarité y compris entre des pays qui euh s'étaient fait la guerre en disant on se fait plus la guerre. Mais ne plus se faire la guerre ça veut pas dire renoncer à l'idée de se défendre. Et aujourd'hui c'est ce qu'on est en train de réaffirmer. Et il faut pas
avoir peur. C'est juste de dire on est prêt à se défendre. Parce que ce qu'on est c'est important. Moi je veux surtout pas créer de de l'anxiété et de la peur. Ce que ce qui est important c'est juste de mesurer qu'autour de nous il y a des choses qui évoluent euh et pas dans la bonne direction. Et et pour nous qui ne pensions plus à ces dangers ou à la nécessité de se défendre aujourd'hui on retrouve la nécessité de se préparer à la défense. C'est de se préparer en terme d'équipement, c'est le budget de défense que vous avez abordé. On fait des efforts, on l'a doublé sur 10 ans et on va continuer. Première premier aspect matériel. Le matériel c'est compliqué mais c'est pas le plus important. Le plus important c'est de c'est de se réinterroger sur
pourquoi on se défend en fait. Est-ce que ce qu'on est on veut vraiment le ? Qu'on comprenne bien quand même. Moi non plus j'ai pas envie d'affoler les les gens. A priori dans dans le scénario possible il y a pas des chars russes qui vont entrer dans le territoire français, c'est plus des phénomènes en fait de de solidarité où en fait les les soldats français vont être amenés à combattre la Russie sur des territoires hors de France. Exactement. Si Moscou décide d'attaquer une autre partie de du continent européen et on peut pas l'écarter, elle l'a fait en 2008, elle l'a fait en 2014, elle l'a refait en 2022. On sait d'ailleurs quel pays le plus susceptible d'être ? Non, non non, on ne sait pas mais elle pourrait être tentée d'exploiter un
moment faible dans un pays à l'est de l'Europe. Donc c'est loin de la France. C'est pas sur notre territoire. Et elle tente. Elle fait un test. Pas forcément pour déclencher une grande guerre, mais elle teste. Si elle peut gagner quelques kilomètres carrés, elle le fait. Je pense que notre obligation, c'est de de montrer à la Russie dans ce cas-là que on refuse ça. On refuse qu'un pays parce qu'il est fort et parce qu'il a décidé le matin d'envahir un autre aille imposer sa manière de vivre et ses frontières chez un autre. Et Moscou comprendra qu'elle peut pas tenter sa chance plus loin. Si elle prend le village, mal le risque c'est que le mois d'après elle en prenne un autre
et puis un autre et puis un autre. Après on peut imaginer qu'il y ait des dommages collatéraux et que le territoire français soit attaqué sur le sol français parce que justement on intervient dans en Europe de l'Est. Alors, dans un scénario comme ça, pour essayer d'illustrer pour comprendre ce qui peut se passer, vous avez dans des pays de l'est de l'Europe des gens qui sont originaires aujourd'hui de Russie. Historiquement qui étaient originaires de la Russie. La Russie peut dire ils sont maltraités, ? Communauté religieuse par exemple maltraitée. Elle elle écrit partout, elle diffuse dans nos sociétés l'information cette communauté est maltraitée et elle dit "Moi, j'ai l'obligation de les défendre parce que ils sont liés à la
Russie." Donc, elle va présenter dans les informations dans nos sociétés l'image d'une Russie protectrice qui, pour protéger des gens, intervient dans un pays et change les frontières du monde. Et c'est là, quand on parle de d'hybridité, qu'il faut que notre population comprenne cette mécanique de désinformation parce que la Russie, dans ce cas concret, sait très bien que si on réagit de manière solidaire, elle n'a aucune chance. Si elle réussit à casser cette solidarité, elle peut gagner. Donc elle, elle va tout faire pour qu'on ne soit pas solidaire. Et elle va diffuser des messages, faire des actions pour nous encourager à ne pas être
solidaire en disant "On va pas On va pas engager des soldats français dans notre société, vous vous rendez compte, pour tel pays qui est si loin de chez nous, c'est pas notre problème." Ils ont réussi en partie, hein, c'est un discours qu'on entend aujourd'hui sur certains médias. Ça a déjà commencé, ce En fait, la nos compétiteurs, je veux pas parler uniquement de la Russie, je je suis pas La Russie restera notre voisin, on doit vivre en paix avec la Russie. Moi, je Je veux dire, stratégiquement, euh on ne fera pas déménager la Russie. Mais en revanche, il faut qu'on soit lucide sur ses agissements. Donc, elle a déjà commencé ce discours qui vise à fragiliser, à fracturer nos sociétés, notre solidarité européenne, otanienne
pour que l'on soit plus faible et qu'elle puisse prendre l'avantage. Euh une petite parenthèse parce que dans la revue nationale stratégique euh 2025, il est écrit "La Russie a sciemment dirigé des flux migratoires par son territoire vers l'Europe du Nord à des fins de déstabilisation." On en a peu parlé, ça j'ai le sentiment. Et ça veut dire quoi, ? Effectivement, il y a quelques quelques temps euh les Finlandais ont vu arriver à leur frontière des groupes de migrants qui venaient principalement d'Asie et qui étaient transportés jusqu'à leur frontière pour rentrer dans leur pays. Ces malheureux migrants subissent les évolutions du monde et pour certains quitter des zones de guerre
donc chercher un endroit où vivre et euh mais ils ont été utilisés par des groupes mafieux payés par Moscou pour aller dans des sociétés euh dans lesquelles ils ils sont pas euh historiquement il est rare que des Syriens déménagent en Finlande. ? Donc euh ce qui crée des tensions dans des sociétés qui voient des quantités de migrants arriver, ce qui perturbe les équilibres dans un village, dans une ville, qui suscite des questions, des interrogations et des tensions. Des tensions politiques parce qu'après c'est le débat sur les migrants, comment on les gère. Et tout ça ben ça affaiblit un pays. Et la Russie l'a favorisé.
Et la et la et la Russie l'a favorisé parce que affaiblir ses voisins, affaiblir ceux qui sont en solidarité, qui lui posent un problème va dans le sens de ses intérêts. Ils ont ouvert leurs frontières pour que ces migrants arrivent en Finlande. Exactement. Mais en fait il y a pas que la Russie. Non. Euh il y a même euh un pays dont on parle beaucoup actuellement, c'est les États-Unis quand même. Oui. Alors qui est pas directement une menace, mais on assiste à un désengagement de des États-Unis par rapport à l'Europe. Oui. Euh sachant que on on associe ça souvent à Trump, mais manifestement euh ça précède euh Donald Trump. Comment vous analysez la ? Et c'est c'est un bouleversement quand même pour l'Europe. Effectivement, je je vais vous donner un petit peu mon regard sur euh
l'évolution de ce que l'on vit euh au plan militaire avec les États-Unis. On vient de fêter de commémorer euh le débarquement en Normandie. Donc, nous Français, on sait ce que l'on doit dans notre liberté à ceux qui sont venus pour nous libérer. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis aident beaucoup l'Europe à se reconstruire, à se protéger. Déjà à l'époque, ben l'URSS représente on s'y attendait pas, représente la menace du moment et on rentre dans cette Guerre froide. Une Europe extrêmement affaiblie par la guerre qui a besoin de se reconstruire et qui globalement achète beaucoup de matériel
américain. Et on a des Américains qui déploient des forces en Europe parce que ils voient l'URSS et se disent c'est notre ennemi. Et donc, on se met sur cet espace qui se situe entre géographiquement entre eux, le continent américain et l'URSS. On vit pendant des décennies une Europe qui s'habitue à cette présence américaine qui est protectrice, les États-Unis étant extrêmement puissants, et des États-Unis qui nous équipent, c'est-à-dire qu'on achète américain et puis on remplace quand le matériel est usé, ben on en prend un autre et on achète américain, achète américain. Ce qui crée une dépendance. Ce qui crée une dépendance. La France, par son histoire,
change et dit moi, je ne dépends pas des autres pour me défendre. Je décide de mon avenir, ce qu'on appelle la souveraineté. Donc, on a la chance en France d'avoir dans tous les domaines, de quoi assurer notre protection nous-mêmes. Aujourd'hui, on a des champions de l'intelligence artificielle, on a des entreprises qui travaillent sur les technologies les plus avancées. On sait faire des fusées, des satellites, on sait faire des avions de combat, des sous-marins, des porte-avions. On sait faire des chars, on On tout faire. Mais on est assez isolés en Europe, il y a pas beaucoup de pays comme nous. Les États-Unis ont vu à la fin du 20e siècle et début du 21e que la Chine
était en train de monter. ? Donc milieu du 20e siècle c'est beaucoup l'URSS qui est la préoccupation dans le cerveau américain. La Chine monte en puissance et aujourd'hui la Chine est une très grande puissance économique, démographique, militaire. Elle pose un défi aux Américains. Et c'est un voisin des Américains. Donc en parallèle on a une augmentation des crises partout sur la planète. Quand je discute avec les généraux américains avec qui j'ai des relations continues, euh de grande qualité. Ils constatent qu'il y a des crises partout sur la planète. C'est le même constat que nous. Ouais. Qu'ils ont des moyens qui sont les moyens dont les États-Unis disposent. Qui sont conséquents mais limités. conséquents, ils sont très importants, ils sont
Ouais. Plus importants que nous. à peu près 10 fois euh ce que ce que mais c'est la taille de nos continents et de nos pays. Et qu'ils n'arrivent pas avec même s'ils ont beaucoup de moyens, s'ils sont très puissants, ils n'arrivent pas à couvrir tout le globe et toutes les crises du globe simultanément. Donc ils font leurs priorités. En ce moment l'Europe qui est un continent ami euh n'est pas leur priorité de défense. Et ils ont des engagements importants, on voit aujourd'hui Proche et Moyen-Orient. L'Asie est importante pour eux. Vous les avez vus intervenir au Venezuela. Ils sont préoccupés par l'évolution dans le Grand Nord où la Chine et la Russie euh euh agissent de plus en plus. Donc ils nous disent "Moi j'ai besoin de
concentrer mes moyens militaires sur mes priorités. Et l'Europe n'est plus ma priorité. C'est pas qu'on aime pas l'Europe mais c'est que je fais avec ce que j'ai. Donc je vais les retirer." Ils nous ont alertés. Donc c'est pas Donald Trump, monsieur Obama avait déjà alerté sur le fait que progressivement il y aurait pas il y aurait pas nécessairement autant de soldats américains que ce qu'on connaissait jusqu'à aujourd'hui. Et c'est ce qu'ils sont en train de faire. Si demain les États-Unis attaquent le Groenland Hmm. qui appartient au Danemark. Ouais. Euh, qu'est-ce qui se ? Alors, je je pense qu'il faut faire attention et euh je porterai pas de jugement mais je constate comme tous nos concitoyens, je lis euh Social Truth de de Donald Trump, il y a énormément de
paroles et des paroles chocs, ce qui ce qui euh désoriente tout le monde. Nous-mêmes, je pense que dans euh dans ma journée, je suis euh bah je lis énormément les déclarations de Donald Trump. Hier soir, je lisais et il y a eu des opérations cette nuit. Il y a des fois dans ce qu'il dit, il y a une suite, il y a des fois dans ce qu'il dit, il prépare le terrain pour ses négociations. Oh, je pense qu'il faut pas il faut pas s'inquiéter plus que La Chine dans la revue nationale stratégique il est fait mention de 2050 apparemment euh que entre la Chine et les États-Unis la tension serait d'autant plus importante en 2050, c'est ? Là, ça appartient à la Chine et aux États-Unis, je je peux pas. En tout cas, l'analyse qui est faite par des des professionnels qui figurent dans cette
revue, c'est celle-ci, effectivement. Je voudrais quand même qu'on parle du service national. Bon, le service national pour moi c'est une opportunité. C'est la chance d'une vie. Je je le pense très sincèrement. Ce que je constate, c'est une jeunesse extraordinaire. Alors, moi je j'entends souvent les comme quand j'étais enfant dans les dans les files pour payer à la caisse d'un supermarché, j'entendais toujours des anciens qui disaient "Ouais, cette jeunesse." Non, moi je vois des jeunes extraordinaires. Je vois des jeunes extrêmement conscients euh de l'environnement et des jeunes qui ont envie euh de faire des choses pour que ça aille mieux. Parmi euh ces volontés d'engagement, il y a celle de la défense qui a beaucoup de sens parce qu'ils constatent que il y a des choses à régler.
Et donc on offre à des jeunes qui ont envie de s'engager pour la défense, la possibilité de rejoindre les armées pour un an. C'est une année de césure dans laquelle on va leur confier, on va les former. Je crois que c'est 10 mois précisément. 10 mois précisément. Donc ça ça va commencer à partir du mois de septembre 2026. Les premiers jusqu'à l'été et puis on recommencera. Euh, ce sera 3000 jeunes au au début, à peu près 30 par département statistiquement. C'est possible dans nos outre-mers aussi. Ils vont être accueillis, formés pendant un peu plus d'un mois, tous ensemble, formation militaire basique et puis ils vont apprendre un métier, ils vont rejoindre une unité des armées et ils vont participer à des
missions sur notre territoire. Donc on n'est pas en train de parler de missions, de partir à la guerre, ? Quel type de mission par ? Alors je vais vous donner quelques quelques exemples. Euh, on a dans certains ports des chantiers navals qui construisent des bateaux qui servent à notre marine. Aujourd'hui, ces chantiers, on les protège pas parce qu'on est en paix, mais parce qu'il y a pas de menace. Bon. Malheureusement, la tension monte et euh, il peut y avoir des opérations de sabotage orchestrées sur notre territoire. Donc on va avoir des jeunes, je parlais de Concarneau que je connais euh je connais bien. On peut avoir des jeunes Bretons qui vivent dans la région, qui pourront avec une formation euh assez rapide, eh bien participer à des
patrouilles dans le port, surveiller le chantier, s'assurer que les actions enfin tout ça est est sûr, sécurisé. Euh, mais on les jeunes qui veulent faire un service national par exemple pour aider toute la compréhension du monde. On a des On a un service de renseignement militaire par exemple qui euh analyse avec des expertises sur tous les pays du monde euh leur évolution, leurs choix, les tendances et les conséquences euh pour nous. Et ben voilà, quelqu'un qui s'intéresse à la géopolitique, qui fait des études dans ce domaine, peut très bien dire "J'ai envie d'aider euh à comprendre mieux l'Afrique qui est mon domaine d'intérêt." Le cuisinier qui a envie d'apprendre à être cuisinier.
C'est c'est divers quoi finalement les Tous les métiers sont ouverts, il y a plus de 50 métiers. Et je crois que donc ils sont nourris, logés, je crois que c'est 800 euros par mois de de budget. Donc sur les aspects très pratiques, aujourd'hui, on est dans un moment où euh ceux qui étaient en terminale ou les gens qui faisaient des études techniques sont au carrefour où ils s'orientent. Bah oui. Euh ils ont la possibilité de dire "Bon, je me donne une année de pause, une année de césure, je rejoins euh les armées pour un service national pendant 10 mois et l'été prochain, je repars et tous les acquis, euh notamment de Parcoursup, tous les acquis de Parcoursup sont engrangés, maintenus et ils peuvent repartir sur cette base ou même demander d'autres choses s'ils
estiment qu'ils veulent aller ailleurs à l'issue de leur service national. Ceux qui font un métier euh déjà, qui ont un apprentissage technique, ils sont les bienvenus. Euh on a énormément de métiers dans les armées, de tout type. Ils vont pouvoir le pratiquer avec euh des cadres qui vont les accompagner, leur apprendre, la transmission chez nous c'est fondamental. Et puis euh je pense que ça leur donne un atout pour trouver un emploi après parce qu'on sait que dans les armées, ben il y a aussi euh un cadre, une rigueur, un apprentissage euh qui prépare parfaitement euh à la vie en entreprise. Et donc ça sera valorisé. Et je crois que c'est jusqu'à juillet où ils peuvent euh s'inscrire, je sais pas comment ça comment ça fonctionne en fait.
jusqu'à juillet, c'est l'essentiel. Après nous, je pense qu'on on permettra des jeunes qui euh euh n'ont pas vraiment su et puis l'été, c'est pas passé exactement comme ils voulaient dans leur orientation, Je pense qu'on aura encore la possibilité d'en accueillir quelques-uns. Ils seront rares et donc il faut essayer de s'orienter maintenant. Mais on laissera la possibilité à ceux qui ont hésité et qui qui n'ont finalement pas ce qu'ils souhaitaient, éventuellement de pouvoir bénéficier de cette opportunité. Pour moi, c'est une opportunité. En fait, ils vont apprendre beaucoup de choses. Ils vont apprendre à faire quelque chose d'utile pour leur pays. Et ces 10 mois, au bout de 10 mois, ils repartent vers où ils veulent. Certains, s'ils veulent continuer l'aventure avec
les armées, ce sera possible. Ceux qui veulent avoir un parcours totalement différent pourront, mais ils auront cette culture. Et en fait, c'est là où il y a un intérêt aussi pour moi. C'est que ces jeunes qui auront vécu avec les armées pendant 10 mois, sauront exactement ce qu'est la défense, sauront mieux, pourront expliquer. Et puis, dans leur métier futur, si un jour ils peuvent aider, je suis sûr qu'ils le feront. Ils le feront à leur manière. Donc, c'est bon pour C'est bon pour notre pays aussi. C'est bon pour notre défense. Et pourquoi ? Je me posais la question de l'objectif 3000. C'est à la C'est très peu finalement 3000. 3000, c'est le début parce que pour moi, il était fondamental de bien accueillir les jeunes. Euh de bien les encadrer, de pouvoir les
leur apprendre un métier correctement, des bases militaires, puis après un métier parce que tous les métiers sont ouverts. Et donc euh nos armées savaient accueillir correctement 3000 jeunes cette année. On On est en train de commencer des travaux d'infrastructure euh pour l'année suivante. Euh Donc voilà, c'était la bonne taille pour le faire correctement. Vous avez été euh chef d'état-major particulier de Emmanuel Macron pendant 2 ans. Vous avez préparé les conseils de défense. Vous avez été en rapport avec la DGSE, hein, les services de renseignement. Euh Comment on fait quand on est un militaire comme vous pour travailler avec le pouvoir politique qui reste le chef des ? Le président de la République est le chef des armées. Comment ça se ? Alors, c'est de l'interlocution
quotidienne. Moi, j'ai eu la chance de servir auprès de deux ministres des armées, Madame Parly puis Sébastien Lecornu, puis de d'être le chef d'état-major particulier, c'est-à-dire le le conseiller militaire proche du quotidien du président de la République. Euh c'est quelque chose de très naturel en fait de d'une rencontre entre euh deux domaines différents, le domaine militaire qui est dans une expertise militaire de défense, qui est là pour conseiller, apporter un regard, euh donner un avis, une appréciation à un responsable politique qui a été élu euh et qui porte l'ensemble des dimensions quand on aborde un sujet. Est-ce que parfois il y a des ? Parce que c'est deux domaines différents, la politique et le militaire, c'est pas tout à fait pareil. Exactement, il y a il y a
c'est des origines différentes, euh des cultures différentes et des enjeux différents. Les élus ont des choix difficiles à faire, ce qu'on évoquait sur les budgets de la défense. On a un président de la République qui a décidé de euh de faire un effort pour la défense, ce qui n'était pas, je pense, un choix facile dans un moment où il y a plein d'autres priorités à couvrir. En tout cas, à partir des conseils qu'il a entendus, il a fait ce choix-là et c'est là que le militaire est un conseiller. Et puis ensuite, euh il y a pas il y a la la partie conseil, préparer la décision, puis une fois que la décision est prise, la mettre en œuvre. Mais vous, par exemple, quand vous tenez des discours sur la France, quelque part vous faites de la politique. À votre à
votre niveau, vous faites aussi un peu de politique. La France doit accepter de perdre ses enfants, c'est un peu de la politique d'une certaine façon. Alors je je je je les militaires ne font pas de politique. Euh moi je suis euh leur chef, je suis très attaché à ça. En revanche, la le chef militaire, bien sûr, fait partie de la société et sa voix est entendue dans la société. Maintenant, je ne fais pas de politique. Moi je sers un président qui a été élu par les Français, qui représente les Français. Et c'est de la démocratie. Par exemple, le service national, si on prend le service national, c'est un choix qui est politique de de relancer le service national et en même temps qui concerne le militaire. Comment ça s'est ? C'est c'est vous qui avez dit au président ça serait bien
d'avoir un service national, c'est le président qui Comment c'est on en est arrivé à proposer ce service national par ? C'est quelque chose de d'itératif qui part d'une question effectivement politique, comment on prépare notre pays à l'avenir, à son avenir de manière très large dans tous les toutes les dimensions. Euh ça part de rencontres en Europe parce que le service national c'est c'est pas une idée isolée française. On a plus d'une dizaine de pays en Europe qui ont décidé de réintroduire un service national à peu près sur les mêmes bases, pas les mêmes cultures. Moi j'ai été frappé par le l'engagement dans le service national dans les pays nordiques. En Suède ouais. En Suède. Je l'ai vu également en Norvège.
En en En Norvège et en Suède, les jeunes trichent pour réussir pour être pris. C'est C'est étonnant. Mais oui. Comment vous ? Les gens veulent faire leur service national. Ouais. C'est très sélectif, c'est très bien vu, c'est très bien vu, c'est très utile pour eux parce que c'est un marquant dans leur carrière. Jeune carrière, c'est mais c'est un marquant qui est très reconnu dans la société, c'est-à-dire que les universités, les écoles, les entreprises voient que ce jeune a fait son service et ça a beaucoup de valeur. Pour conclure, dans un an il y aura une élection présidentielle. Vous euh vous êtes le chef d'état-major des armées, euh donc vous travaillez avec le président de la République française et ce président de la République française va changer puisque Emmanuel Macron peut
pas se représenter. Est-ce que pour vous de toute façon vous l'envisagez de rester quelle que soit la personne qui arrive au pouvoir, quel que soit le ? Comment vous ? Je je l'appréhende euh d'abord en tant que citoyen. Je suis Je fais partie de la société, je suis pas dans un monde à part, extraterrestre sur une autre planète. Je suis français et et j'irai voter. Euh parce que c'est un moment important pour notre pays. Euh et donc je serai euh je pense comme tous les Français attentifs au programme des différents candidats. Euh pour voir ce qu'il propose pour notre pays. Ensuite, il faut respecter le choix des Français, c'est le choix de la démocratie. Et donc le chef d'état-major des armées est au service d'un président élu par
les Français. Et on La voix des Français est à respecter. Mes choix personnels me regardent, ça c'est autre chose.