Ayda Hadizadeh : « La France n'est pas à la hauteur des évènements en Iran » • RFI
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15FerméeÉludée
Est-ce que vous êtes favorable à une intervention militaire américaine ?
- 0:51FerméeRéponse directe
Aucune option militaire ne vous semblerait acceptable, Aïda Adizadé ?
- 1:46FerméeRéponse directe
Donc, ça voudrait dire une action militaire sous mandat de l'ONU ?
- 2:21FerméeRéponse directe
Donc, on comprend bien, vous n'avez pas du tout confiance en Donald Trump, et pas confiance dans ses intentions, donc c'est non pour...
- 2:39OuverteRéponse directe
Et agir, donc, en européen, est-ce que depuis le début de ce soulèvement, la France vous semble à la hauteur des événements, Ida Adizade ?
- 3:20RelanceRéponse directe
Trop molle.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25Invité politiqueFait
« On ne sait pas du tout, on ne connaît pas les intentions de Trump. »
- 0:39Invité politiqueFait
« Trump n'est pas un démocrate. »
- 0:49Invité politiquePromesse
« Non, trois fois non, pas d'intervention américaine. »
- 0:57Invité politiqueFait
« Je crois en l'Europe. »
- 1:07Invité politiqueFait
« L'Europe a peut-être les yeux ouverts sur la situation iranienne, mais garde les mains liées. »
- 1:12Invité politiqueFait
« La liste terroriste ne comporte toujours pas le corps des gardiens de la révolution. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Tout à fait, c'est possible. Il y a la responsabilité de protéger, qui est un concept du droit international, avec quatre modalités d'action. »
- 2:02Invité politiqueFait
« Le problème que nous avons avec un homme comme Donald Trump, c'est qu'il piétine le droit international, puisqu'il n'est pas démocrate. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Il veut affaiblir la Chine, qui est un partenaire commercial de l'Iran, partenaire asymétrique. »
- 2:56Invité politiqueFait
« Quand un peuple se fait tirer dessus à l'arme de guerre, à la Kalachnikov, je rappelle pour vos auditeurs, la Kalachnikov, c'est l'arme utilisée par les terroristes du Bataclan. »
- 4:15Invité politiqueFait
« Ce n'est pas juste une inscription pour se faire plaisir. Ça entraîne tout un tas de sanctions prévues dans le droit international. »
- 4:20Invité politiqueFait
« Et je rappelle que c'est le corps des gardiens de la révolution qui s'est considérablement enrichi durant ces 47 dernières années et qui conduit les Iraniens dans cette situation de désespoir. »
- 4:32Invité politiqueFait
« La révolte a éclaté le 28 décembre suite à l'explosion du cours de dollars parce que l'économie iranienne est corrompue jusqu'à la moelle, parce qu'elle est dirigée par une oligarchie, par une mafia, pour faire plus rapide, de personnes qui, entre guillemets, se contrefichent de la région, l'utilisent comme un instrument pour asservir le peuple. »
- 5:59Invité politiqueFait
« Et puis, l'ambassadeur d'Iran-France répète les mensonges du régime. C'est à ça qu'on reconnaît les dictatures. »
Temps de parole
- Ayda Hadizadeh73 %
- Présentateur27 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Aïda Adizadé. Bonjour. Il y a un mois tout juste, le 28 décembre, a commencé ce mouvement réprimé dans le sang en Iran. Lundi, le porte-avions américain Brian Lincoln et son escorte sont arrivés dans le Golfe. Il y a maintenant la menace d'une action militaire qui est brandée par Donald Trump. Est-ce que vous êtes favorable à une intervention militaire américaine ?
De quelle intervention on parle exactement ? On ne sait pas du tout, on ne connaît pas les intentions de Trump. On ne les connaît pas sur grand chose à part ses coups de menton et ses menaces sur le Groenland, sur Cuba désormais, après avoir frappé le Venezuela. On ne peut être qu'inquiets. Trump n'est pas un démocrate. Je pense qu'il le prouve tous les jours sur son propre seul, le seul américain qui est à Minneapolis dans un état de guerre civile avec l'armée qui est déployée. Non, trois fois non, pas d'intervention américaine.
Aucune option militaire ne vous semblerait acceptable, Aïda Adizadeh ?
Sûrement pas américaine. Je crois en l'Europe. Je suis profondément européenne parce que je suis socialiste. Je crois en une action de l'Europe. Malheureusement, l'Europe ne fait rien. L'Europe a peut-être les yeux ouverts sur la situation iranienne, mais garde les mains liées. La liste terroriste ne comporte toujours pas le corps des gardiens de la révolution. Nous, c'est un combat qu'on mène. Il y a des actions qui peuvent être entrepris. C'est Elon Musk, l'homme au salut nazi qui a déployé ses satellites. Ce n'est pas l'Europe. Il est vraiment temps que l'Europe se réveille, comme elle l'a fait sur l'Ukraine, tardivement, avec peu de moyens.
D'ailleurs, un homme a très bien parlé à la tribune de l'ONU de la situation iranienne en appelant l'Europe à agir. C'est Volodymyr Zelensky. Donc, il peut y avoir peut-être une option militaire qui doit se faire dans le cadre du droit international. Ça, je le rappelle.
Donc, ça voudrait dire une action militaire sous mandat de l'ONU ?
Tout à fait, c'est possible. Il y a la responsabilité de protéger, qui est un concept du droit international, avec quatre modalités d'action. La quatrième comporte la possibilité d'une intervention militaire, mais c'est dans le cadre du droit international. Le problème que nous avons avec un homme comme Donald Trump, c'est qu'il piétine le droit international, puisqu'il n'est pas démocrate. Il agit pour ses propres intérêts, et ses intérêts sont très clairs concernant l'Iran. Il veut affaiblir la Chine, qui est un partenaire commercial de l'Iran, partenaire asymétrique. C'est plutôt la Chine qui profite du pétrole iranien.
Donc, on comprend bien, vous n'avez pas du tout confiance en Donald Trump, et pas confiance dans ses intentions, donc c'est non pour...
Je pense qu'aucun démocrate digne de ce nom ne peut avoir confiance dans cet homme. D'ailleurs, nous devons nous réveiller et nous unir, comme l'a appelé le Premier ministre canadien, contre cet homme.
Et agir, donc, en européen, est-ce que depuis le début de ce soulèvement, la France vous semble à la hauteur des événements, Ida Adizade ?
Malheureusement, non. Non, parce que la France, certes, condamne, certes, appelle le gouvernement iranien à cesser les massacres, mais les communiqués ne suffisent pas. Quand un peuple se fait tirer dessus à l'arme de guerre, à la Kalachnikov, je rappelle pour vos auditeurs, la Kalachnikov, c'est l'arme utilisée par les terroristes du Bataclan. On a un gouvernement, un régime islamique qui a utilisé la Kalachnikov pour terroriser son peuple et qui a exposé les corps dans les rues et a appelé les familles à venir chercher les corps, moyennant argent. Voilà de quoi on parle.
Donc la France est trop molle. Trop molle.
Oui, trop molle, tout à fait.
Comment vous expliquez cette timidité des autorités françaises ?
Écoutez, je pense que le cas de Cécile Colleur et de Jacques Paris, qui sont encore en Iran, peut l'expliquer. Même si c'est difficilement entendable parce qu'ils sont à l'ambassade et ils sont en sécurité.
Les ex-otages, je rappelle d'un mot, ex-otages à l'ambassade de France à Téhéran aujourd'hui, après avoir passé trois ans et demi en prison. Et on attend toujours un pseudo feu vert des autorités iraniennes pour organiser leur retour en France. Donc c'est ça qui briderait les intentions des autorités françaises ?
Sans doute, je ne sais pas. A vrai dire, je l'ignore. Vous avez du mal à l'expliquer. Hier, il y a une question au gouvernement qui a été posée, une question très précise d'un de mes collègues députés demandant expressément au gouvernement français d'inscrire le corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. Ce n'est pas juste une inscription pour se faire plaisir. Ça entraîne tout un tas de sanctions prévues dans le droit international. Et je rappelle que c'est le corps des gardiens de la révolution qui s'est considérablement enrichi durant ces 47 dernières années et qui conduit les Iraniens dans cette situation de désespoir.
La révolte a éclaté le 28 décembre suite à l'explosion du cours de dollars parce que l'économie iranienne est corrompue jusqu'à la moelle, parce qu'elle est dirigée par une oligarchie, par une mafia, pour faire plus rapide, de personnes qui, entre guillemets, se contrefichent de la région, l'utilisent comme un instrument pour asservir le peuple. Mais se sont considérablement enrichis en détournant les richesses du peuple.
Donc il faudrait d'urgence inscrire les gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes. C'est ce que demande l'Italie, d'ailleurs.
Pour les affaiblir, les asphyxier et faire en sorte qu'un jour, on espère le plus vite possible, ils finissent par déposer les armes et ne plus tirer sur leur peuple.
Quand vous entendez dans les médias français, l'ambassadeur d'Iran, en France, parler de propagande quand on lui oppose le nombre de morts, dire « Nous ne tirons pas sur nos enfants, le régime iranien n'a pas de sang sur les mains, les Iraniens soutiennent majoritairement l'ayatollah Ali Ramenei ». Ça, ce sont donc les déclarations de l'ambassadeur d'Iran-France. Est-ce que vous vous dites qu'il faut le renvoyer ? Est-ce que l'ambassadeur a été convoqué classiquement il y a deux semaines par le quai d'Orsay ? Mais est-ce qu'il faut aller plus loin ? Fermer l'ambassade ? Renvoyer des diplomates ?
Ce n'est pas la stratégie de la France que de fermer ses ambassades. La stratégie de la France, c'est toujours de maintenir une présence diplomatique. Je peux le comprendre, parce que la diplomatie, c'est aussi ce qui permet d'éviter la guerre. Par ailleurs, je rappelle encore une fois que Cécile Collère et Jacques Paris, les deux enseignants, sont dans l'ambassade française. Renvoyer l'ambassadeur, ça expose tout de suite nos deux compatriotes à une situation de danger. Je ne le souhaite pas. Et puis, l'ambassadeur d'Iran-France répète les mensonges du régime. C'est à ça qu'on reconnaît les dictatures. C'est le mensonge qu'elle déploie en toutes circonstances.
Il n'y a rien à attendre de ce côté-là.
Merci à vous Haïda Adizadeh d'avoir été en ligne avec nous.
Ayda Hadizadeh