Bruno Retailleau, invité du Grand Entretien de France Inter
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Le 7-9, Nicolas Demorand. Et l'invité du grand entretien de France Inter est donc ce matin sénateur de Vendée, président du groupe Les Républicains au Sénat. Léa Salamé intervient dans une dizaine de minutes. Vos questions, 0145 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application France Inter. Bruno Retailleau, bonjour. Bonjour Nicolas Demorand. Et merci d'être au micro d'Inter. Emmanuel Macron s'est exprimé hier soir devant la conférence des évêques de France. Discours d'une heure sur le caractère intempestif au sens fort de l'Église, sur la sève bien plus importante que les racines chrétiennes de l'Europe. Avez-vous été sensible tout simplement à ce discours ?
Je ne l'ai pas entendu en direct puisque je n'étais pas disponible. J'hésite entre deux analyses. S'il s'agit, si vous voulez, de marquer l'empreinte chrétienne de notre civilisation, c'est une évidence historique. Et culturelle. S'il s'agit en réalité d'une opération de reconquête électorale, c'est autre chose. Il faut attendre pour voir. Il a d'ailleurs indiqué qu'il souhaitait, contrairement au précédent quinquennat, retisser le fil. Mais sur une politique qui a été détricotée précisément par François Hollande, comme celle de la famille. Il s'inscrit dans le droit fil. Sur les lois bioéthiques, les choses sont encore à peine démontrées. Il faut encore attendre.
Donc soit il enfonce une porte ouverte, soit il est cynique. Non, je serais plutôt thomiste, Saint Thomas. Voir pour croire, vous voyez ce que je veux dire.
Quand le président dit que quelque chose s'est abîmé entre l'Église catholique et la France,
qu'il faut réparer, à votre avis, il fait allusion à quoi ? Pour moi, les choses sont très claires. Je pense que François Hollande, pendant son quinquennat, a voulu promouvoir sur le plan économique, une politique un peu néolibérale. Il l'appelait l'économie de l'offre. C'était la première fois que la gauche s'y ralliait, en tout cas doctrinalement et dans son discours, et un peu dans les faits.
Et il a équilibré, si vous voulez, cette politique-là, en même temps déjà, avec des réformes sociétales qui ont mis au banc de la société, qui ont pointé notamment les catholiques à travers la manif pour tous, par exemple, très fortement, avec une brutalité d'ailleurs, dans ces manifestations où j'étais, qui était pacifique, une brutalité notamment policière, qui avait été notée à l'époque. J'imagine que c'est ce qu'il pointait hier.
Le lien est vraiment abîmé parce que la manif pour tous, ça a été tout de même un moment de forte mobilisation d'une partie de l'électorat catholique dans l'espace public. Et cette forte mobilisation a été vue, entendue, elle était patente.
Oui, mais elle a été, je me souviens très bien, François Hollande recevait un certain nombre d'associations qui sont très minoritaires et refusaient de recevoir d'autres mouvements. Je pense que ça correspond en même temps, de la part sans doute des catholiques, avec la prise de conscience qu'ils sont désormais minoritaires dans le pays, pour ceux notamment qui pratiquent. Et je pense que ce phénomène-là, s'agrégeant au comportement de François Hollande, qui très franchement a cherché le clivage, si j'ose dire, pour se refaire une santé politique de gauche, pour chercher un marqueur sur les questions, je pense que ces deux phénomènes ont finalement cristallisé une sorte de malaise.
Une dernière question sur le sujet. Est-ce que, d'après vous, on sort d'une définition stricte de la laïcité quand on entend de tels propos dans la bouche du chef de l'État ?
C'est un sujet extrêmement complexe, je lis, parce qu'il construit ses discours, il fait en plus des discours de bonne facture. J'y suis assez sensible en règle générale du point de vue intellectuel, et parfois littéraire même. Ce que j'observe, j'avais lu d'ailleurs et je l'avais entendu, le discours qu'il avait fait au moment de l'inauguration du Louvre d'Abu Dhabi, vantant la civilisation islamique, j'étais au dîner du CRIF. Il faut se méfier avec Emmanuel Macron, parce qu'il offre à son interlocuteur ce que l'interlocuteur souhaite. Donc c'est encore, je pense, trop tôt pour en tirer une définition très stricte de la conception qu'il se fait de la laïcité.
Il a déjà, repoussé à plusieurs reprises, un grand discours qu'il doit faire sur la laïcité. On dit qu'il le travaille très bien. Je pense, pour ma part, je pense que quand il dit les catholiques doivent s'engager, je pense que c'est d'abord les citoyens français qui doivent s'engager. Qu'ils soient catholiques, protestants ou autres, c'est en tant que citoyens. Voilà, moi je me reconnais évidemment.
Vous êtes moins catholique que le roi alors ?
Non, vous savez, moi je ne donne de leçons à personne. Je pense que tout ça est un chemin de vie difficile avec des chutes et autres. Donc croyez-moi, je ne juge personne et chacun essaie de faire comme il le peut sur ses questions qui sont des questions extrêmement ardues où le doute et l'incertitude sont souvent au rendez-vous. En tout cas, je pense que de notre conception, moi je pense qu'on peut parfaitement reconnaître, on doit reconnaître cette marque chrétienne de notre civilisation et de notre culture. J'ai été à l'origine, c'est mon département qu'on avait attaqué, j'étais président du département sur l'affaire des crèches. On a fini par gagner, si j'ose dire.
Donc il y a quelques excités des crèches, il y en a quelques-uns qui se plaignent par exemple de la présence des gendarmes à la messe de Sainte Geneviève. Tout ça, si j'ose dire, c'est de l'excitation. En revanche, je pense, et moi je suis attaché à une conception de la citoyenneté française qui réserve malgré tout la religion pour l'intime. Même si, évidemment,
Elle peut nourrir...
Elle nourrit nécessairement... La citoyenneté d'un certain nombre de personnes. Absolument, et je pense que le mot liberté, le mot de fraternité, le mot d'égalité doivent beaucoup à des idées qui ont été forgées dans le creuset chrétien.
La ZAD de Notre-Dame-des-Landes a été évacuée hier, Bruno Retailleau. Vous vous en êtes réjoui, vous avez soutenu le travail des forces de l'ordre. L'état de droit est-il désormais restauré ? Ou d'après vous, la ZAD reste-t-elle un aimant capable de se repeupler ?
Moi, bien sûr, j'ai soutenu les forces de l'ordre puisque ce sont, comment dirais-je, celles qui font respecter la loi de la République. Maintenant, il ne faut pas être dupe, il y a des images spectaculaires que le gouvernement, si j'ose dire, appelle à travers cette évacuation et qu'il convoque justement pour illustrer sa fermeté. Simplement, n'oublions pas le principal.
C'est-à-dire, il y a un usage... communicationnel de cette évacuation ?
Je veux simplement dire que nous ferons le point dans quelques semaines, nous ferons le point dans quelques mois pour savoir quel type d'évacuation il y a eu sur Notre-Dame-des-Landes. On verra bien s'il y a un retour ou pas. Ce que je veux simplement dire, ce que j'observe avec tant d'élus, de droite et de gauche d'ailleurs, et aussi du centre de la région des Pays-de-la-Loire et de la Bretagne, c'est que les ZADistes ont gagné. Le chantage à la violence a fait reculer le gouvernement. Il n'y aura pas d'aéroport, les choses sont claires. Il y avait 178 élus, il y avait 179 décisions de justice. Il y a eu une consultation publique.
Eh bien, les ZADistes ont gagné et le gouvernement, Emmanuel Macron, c'était en plus un de ses engagements de campagne. Je peux le redire, puisqu'il l'avait prononcé à quelques mètres de moi, le 6 avril 2017. Donc en réalité, il y a une capitulation en race campagne. Il faut le redire. Selon vous, que faut-il faire de ces terres ?
Aujourd'hui donc, l'aéroport ne sera pas construit. Est-ce qu'il faut leur tailler un statut comme celui du Larzac ? Est-ce qu'il faut en faire un laboratoire agricole ? Vous en feriez quoi vous, Bruno Retailleau ?
Je me conforme aux lois de la République. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'il y a un code rural. C'est-à-dire que, j'habite la ruralité, c'est-à-dire que quand une exploitation veut s'agrandir, quand un agriculteur qui vienne d'une famille agricole ou pas souhaite s'installer, il y a des règles. Je souhaite que ces règles soient respectées ici comme ailleurs. Et ceux qui comparent, franchement, Notre-Dame-des-Landes au Larzac, c'est qu'ils ne sont jamais venus en Loire-Atlantique et à Notre-Dame-des-Landes. Ça n'a absolument rien à voir. Moi, je veux simplement que les agriculteurs, il n'y a pas les bons et les méchants, je veux dire que je veux que les règles soient appliquées.
Pourquoi est-ce que certains qui ont utilisé la violence pourraient déroger à des règles d'installation en matière de régime agricole ? Non mais, c'est cul par-dessus-tête comme on dit chez moi.
Mais sur le plan économique, comment on remplace un aéroport et ce qu'il peut générer positivement, on va dire, en termes économiques ? Je ne parle pas là de ce qu'il peut générer négativement. Le plan de l'environnement, c'est ce plan-là qui a fini par l'emporter. Comment on remplace économiquement un projet de ce type ? Par quoi ?
Écoutez, on ne remplace pas. Là, le gouvernement nous avait dit il y a un plan B, c'est Nantes-Atlantique. J'observe qu'il y a eu deux appels d'offres pour savoir où ils vont, donc il n'y avait pas de plan B puisqu'ils sont en train d'essayer d'y voir un peu plus clair et de négocier avec Vinci. En termes de régime agricole, vous savez, il y a beaucoup d'artificialisation des terres parce qu'il y a des routes, il y a l'urbanisme qui se développe et on prend des terres à l'agriculture, notamment l'agriculture traditionnelle.
Donc, c'est important que ces terres puissent retourner à l'agriculture dans un projet qui est défini collectivement par la profession agricole et certainement pas par des groupuscules qui voudraient se faufiler, si j'ose dire, à travers la violence, à travers les bois et les haies de Notre-Dame-des-Landes pour échapper précisément à ces contraintes que les autres subissent. Groupuscules,
dites-vous, dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, Bruno Retailleau, ce sont les mêmes qui ont été expulsés de Nanterre hier par les CRS à la demande du président de l'université ?
Ce sont les mêmes, sans doute pas, ils n'ont pas le don de l'équité. Je pense qu'idéologiquement, oui, il y a cette idée, j'entendais ces jeunes dire non, non, on s'en fout du suffrage universel, mais souvenez-vous, élection piège à cons, donc tout ça a des racines cinquantenaires. Exactement, vous me prenez le mot dans la bouche. Bien sûr, il y a cette idée de contre-société y compris par la violence, y compris en sortant des règles démocratiques. On a bien vu à Nuit debout et jour couché là encore un certain nombre de prémices de ce genre de choses.
Mais il faut bien dire que sur Notre-Dame-des-Landes, on avait et on a affaire à des éléments qui étaient particulièrement violents et même ultra-violents. C'est Manuel Valls qui les avait qualifiés de ce nom-là. Est-ce que le feu couve socialement en France d'après vous, il y a en tout cas un malaise ? Il est trop tôt pour savoir s'il y a une forme de convergence des luttes. Mais on voit bien qu'il y a un malaise. Ce malaise, il est alimenté par, bien sûr, un certain nombre des formes. Certaines sont nécessaires. J'ai indiqué que s'agissant
de la SNCF,
je pense que c'est nécessaire. On ne peut pas se résoudre. Vous allez voter ? Oui, je voterai bien sûr à critiquer si je dois critiquer. Mais on ne peut pas se résoudre. La SNCF a tombé alors qu'elle est massivement subventionnée. Maintenant, ce que je pense c'est qu'il y a un paradoxe chez Emmanuel Macron. Il est encore peut-être un peu tôt pour le définir. C'est qu'il récuse le clivage politique, mais en même temps il est extrêmement clivant. Il a besoin dans la vie politique d'une forme de manichéisme. Il y a d'autres critiques qui sont très intéressantes.
Lorsque je l'ai entendu répondre spontanément à des retraités pour leur dire écoutez, vous pouvez bien faire des efforts pour des jeunes qui eux travaillent et qui payent vos retraites comme si les retraités n'avaient pas travaillé et en leur temps n'avaient pas payé la retraite des autres, il y a un petit souci.
Ce qui est
très important est une décision de Britannique et d'autres qui en ont pensé faire des retraits dans l'âge de 8 ans. Tous les petits civilises qui sont en situation de chômage n'en sont pas
encore en situation de chômage. Et c'est ce qui
Bruno Retailleau, des femmes et des enfants manifestement gazés le week-end dernier à la Douma en Syrie. Washington et Paris parlent d'une attaque manifestement chimique, donc des passements de la ligne rouge, et promettent une réponse forte. Est-ce que vous soutiendrez des frappes contre Bachar Al-Assad ? Moi, je soutiens d'abord les efforts qui peuvent être faits. Une résolution a été déposée à l'ONU par les Etats-Unis d'Amérique pour déclencher une enquête. Je pense qu'on ne peut pas faire de frappes d'abord sans avoir de certitude.
Ensuite, je ne crois pas que sur la Syrie, qui enchevêtre des couches de guerre impressionnantes, je ne pense pas que des frappes punitives, c'est-à-dire d'ajouter la guerre à la guerre, constituent une avancée pour la paix. Je voudrais simplement vous rappeler, et vous avez bonne mémoire, Léa Salamé, qu'il y a très exactement un an, le 7 avril, dans la nuit du 6 au 7 avril 2017, M. Trump a envoyé une cinquantaine de missiles s'abattre, à la suite... à la suite de ce qui apparaissait sans doute comme une attaque chimique. Est-ce que ces frappes punitives, alors, ont fait avancer, en quelque manière que ce soit, la cause de la paix là-bas ? Mais est-ce qu'on laisse ce crime impuni ?
Vous avez vu les images des enfants qui suffoquaient ? Elles sont absolument terribles. Elles sont absolument terribles. Et donc on laisse faire ? On détourne le regard parce que c'est trop compliqué, la Syrie ? Je pense que le jour viendra, ou bien sûr que Bachar devra répondre, bien sûr. Mais je pense que ce qui est urgent, aujourd'hui, c'est que la diplomatie travaille. Et c'est qu'on renoue le dialogue parce que notre politique, malheureusement, notre politique sous le quinquennat de M. Hollande, nous a totalement éjectés de Syrie. Et on a laissé la place à d'autres puissances, l'Iran, la Turquie, et puis on a laissé aussi la place, bien sûr, à la Russie.
Donc on s'est éjectés, on est sortis du jeu, et on est incapables aujourd'hui... Alors, on peut se donner bonne conscience. On peut simplement appuyer sur un bouton et envoyer quelques dizaines, quelques cinquantaines de bombes... Des bombes de missiles qui feront, bien sûr, des morts. M. Bachar vivra toujours, prospérera toujours. Croyez-vous un seul instant que ça influera sur sa capacité, précisément, à déclencher d'autres attaques chimiques ? Bruno Retailleau, où en êtes-vous avec la réforme constitutionnelle ? Edouard Philippe l'a précisé la semaine dernière. Il annonce 30% de parlementaires en moins, 15% de proportionnels, un durcissement de la règle du non-cumul des mandats.
En l'état, est-ce que vous la votez ? Non, je ne pense pas la voter, parce qu'il faut toujours rechercher une révision. La révision constitutionnelle, c'est une réforme lourde. D'ailleurs, j'ai lu ce qu'avaient écrit dans Le Parisien, déclaré au Parisien, Edouard Philippe, on ne fait pas une révision constitutionnelle pour punir, pour se venger parce qu'on n'est pas d'accord avec le président du Sénat ou avec un autre homme politique. Ce n'est pas ça, la révision constitutionnelle. Or, aujourd'hui, cette révision, le sens qu'elle a, c'est, un, affaiblir le Parlement, alors qu'on voit bien que l'exécutif a quasiment digéré l'Assemblée nationale.
Est-ce qu'en France, on n'a pas une hyper-prévisoncialisation ? Est-ce qu'il faut donner encore plus de pouvoir entre les mains d'un seul homme ? Et deuxième chose, il y a un problème de territoire. Moi, je suis tout à fait d'accord pour abaisser le nombre de sénateurs et le nombre de députés. Simplement, entre 30% et 20%, il y a un moment donné où vous ne pouvez plus représenter les territoires qui sont dépeuplés. Ils n'ont déjà plus d'instituteurs parce qu'on ferme leur classe. Ils n'ont plus de médecins, etc. Ils n'auront plus de porte-voix. Donc, cette France-là, moi, j'y tiens. Et je pense qu'il faut, en même temps, la soutenir. Mais ce n'est pas une petite affaire.
On ne peut pas seulement donner en pâture, à l'opinion publique, une baisse du nombre d'élus en disant, ça va, je me lave les mains, j'ai fait le boulot, ce n'est pas la peine de faire d'autres affaires. Moi, je dis qu'on peut très bien abaisser le nombre d'élus, mais respecter en même temps une juste représentation de tous les territoires de France. Les villes et les petites villes et les campagnes. Bruno Otaillot, il a fait des gestes en votre faveur par rapport au texte initial. C'est-à-dire que la règle du non-cumul des mandats, par exemple, n'est appliquée qu'aux villes de... Ben oui, mais... 2038.
D'accord, mais aux villes de moins de 9000 habitants, elle ne sera pas appliquée, alors que c'était 3500 dans le texte initial. Il a renoncé à encadrer le nombre d'amendements, puisque vous le réclamiez. Il a quand même fait des gestes en votre endroit. Vous savez bien que c'est une négociation. C'est quoi votre ligne rouge, à quel moment les sénateurs vont céder ? Ma ligne rouge, c'est la représentation juste des territoires. Parce qu'il y a une France périphérique qui se sent abandonnée. Mettez des mots, ça veut dire quoi sur la réforme constitutionnelle ? Je pense qu'entre 20 et 25% de baisse, on parvient à représenter les territoires et à faire... baisser le nombre de parlementaires.
S'il renonce aux 30% et 200 à 25, vous la votez. Sur la partie législative, vous dites, certes, le contingentement d'amendements, mais ils remettent la main sur l'ordre du jour. Voilà, c'est pas rien quand même. Nous sommes le seul Parlement européen à ne pas avoir la maîtrise presque totale ou presque de l'ordre du jour. Deuxième chose, il y a des irréversibilités sur les parlements. Il faut voter la loi plus vite. Je vous donne simplement un exemple. Pourquoi est-ce que l'effort n'est pas partagé ? Pourquoi moins de parlementaires ? Mais pourquoi est-ce qu'on ne dirait pas seulement 20 ministres dans le gouvernement ?
Pourquoi on dit qu'il faut que les parlementaires aillent plus vite pour faire voter la loi ? Mais pourquoi est-ce que dans la loi, Macron, il y a toujours des décrets d'application qu'on attend ? C'est pas seulement la faute des parlementaires. Il faut une vraie réforme des institutions. Elle doit être globale et elle doit concerner l'ensemble des pouvoirs législatifs et exécutifs.
Allez, on passe au standard. 01-45-24-7000. Intervenez. Bonjour, François. Oui, bonjour. Nous vous écoutons. Alors, écoutez, moi, je viens d'allumer la radio, il y a 10 minutes, et j'ai entendu M. Retailleau parler, comme à son habitude, d'éléments ultra-violents à Notre-Dame-des-Landes, de jeunes quasiment radicalisés, quasiment Daesh, quoi, en fait. Moi, je suis allé plusieurs fois sur la ZAD, j'ai des amis qui sont là-bas, et je voulais dire à M. Retailleau qu'il se trompe. Visiblement, il n'y est absolument pas allé. Moi, ce que j'ai vu, c'est des jeunes gens qui font de l'élevage, qui font du maraîchage, qui ont mis en place...
Vous voyez, je suis un peu ému, parce que tout ce qui se passe depuis hier, ça m'émeut et ça me rend très, très triste, quoi. Donc, j'ai vu des gens qui ont des projets alternatifs à la société, mais qui sont des projets tout à fait tranquilles. Ils veulent faire du maraîchage, de l'élevage, ils accueillent des personnes âgées, des enfants, il y a une crèche, là-bas, où tout se passe bien, et ces gens sont en passe d'être expulsés. Alors, quand M. Retailleau parle d'éléments ultra-violents, ça aurait été bien qu'il utilise son temps avant pour y aller, même anonymement, j'en sais rien, mais pour aller voir comment ça se passe. Il aurait vu tout le contraire. Donc là, ces gens, ils résistent.
Ces gens, ils sont en train de résister, et ils ont le cœur au bord des lèvres, parce que ce qu'ils voient, là, c'est une ultra-violence, l'ultra-violence d'un capitalisme qui veut avancer à marche forcée pour nous imposer ses vues, pour nous imposer sa normalité. Et M. Retailleau soutient ça, évidemment. Bien compris, François, qui nous appelait du Béarn. Merci pour cette intervention, Bruno Retailleau.
Non, mais je respecte la sincérité de votre auditeur. On sentait l'émotion. Simplement, ce que je lui dis, c'est qu'on lui a servi une carte postale. Et je voudrais que... Je lui renvoie le compliment. Je voudrais qu'il écoute les riverains que j'ai écoutés. Je voudrais qu'il écoute le commerçant de Vigneux-de-Bretagne avec les tracas, avec les... Comment dirais-je ? La terreur dans laquelle il a vécu. Je voudrais qu'il écoute aussi ce menuisier où les zadistes lui ont pris et volé et brûlé, etc. Je voudrais qu'il aille questionner les gendarmes qui se sont faits, dont la voiture a été brûlée, la brigade de gendarmerie tout près à Sauteron qui a été attaquée, etc.
Non, il y a des voix de fait qui sont très, très claires. Regardez les images aussi de ces gens qui s'attaquent aux policiers. C'est pas les policiers qui sont violents. C'est ceux qui résistent. Et c'est ceux qui ne veulent pas entendre parler de la loi de la République. La loi de la République. Je suis désolé. On parlait tout à l'heure de la laïcité. Elle s'applique à tous. On peut avoir des opinions différentes. Moi, je respecte dans le débat ce qui était pour ou contre l'aéroport. Mais je redis. Regardez le saccage de la ville, du centre-ville de Nantes à plusieurs reprises et de Rennes.
Et ce saccage et ces exactions contre les forces de l'ordre, les gendarmes, les journalistes aussi, les scientifiques et les riverains. Croyez-moi, c'est pas des gens paisibles qui veulent élever des chèvres qui les ont
produits. Allez, on fonce en vente. On va demander où nous appelle José. Bonjour, José.
Bonjour, l'émission de France Inter. Bonjour, M. Retailleau. Je ne sais pas si je devrais dire bonjour, M. le Président, parce que je suis vendéen comme vous. Vous avez été Président et du Conseil départemental et du Conseil régional. Donc, je voudrais presque
dire comme le dit le vendéen. Bonjour, Bruno. Voilà. J'ai lu
dans le monde de l'Inde. Vous aviez
fait une déclaration récemment concernant l'éventualité d'une tête de liste aux européennes. Vous avez dit textuellement « Je ne vois pas dans les députés européens une tête de liste qui s'impose ». Cette déclaration ou cette façon d'exprimer ne voudrait-il pas dire que vous souhaiteriez éventuellement être candidat tête de liste pour les européennes ?
Merci, José. Oui. Et puis,
j'aurais une petite question subsidiaire parce que l'émission était au début sur la religion catholique et les déclarations d'hier soir de Président Macron. Actuellement, il n'y a pas de député en Vendée. Pardon, il n'y a pas d'évêque en Vendée. Est-ce que vous ne pourriez pas faire comme a fait votre prédécesseur de Villeneuveau ? Essayez d'influencer pour nommer un nouvel évêque dans le département parce qu'il n'y en a pas actuellement.
Merci, José, pour cette question. Bruno Retailleau vous répond.
Comme sénateur, que pouvez-vous faire pour faire un évêque en Vendée ? Je voudrais déjà faire une déclaration solennelle ce matin au micro d'Inter. Je ne souhaite pas être évêque et je ne souhaite pas non plus être tête de liste aux européennes puisque la Vendée va s'illustrer avec les herbiers. Philippe Catride a fait une belle chanson. Les Vendéens ne sont pas si fous et ils vont entendre ce que je dis, ils comprendront. C'était la chanson des conscrits. Non, non, je ne veux pas. J'ai indiqué effectivement, je redis que je ne vois pas de tête de liste qui s'impose dans les députés européens actuels.
Il faudra donc choisir vraisemblablement une tête de liste en dehors des gens qui sont députés aujourd'hui. Je ne suis pas candidat. Je suis sénateur, heureux de l'être. Sénateur de Vendée, c'est ma fierté. Voilà, vive la Vendée aussi. Vous voyez qui ? Vous voyez d'autres personnalités ? Allez, vais-y. Non, pour l'instant, il n'y a pas de personnalité qui s'impose. Il va falloir y travailler. Il faut d'abord définir un projet. C'est ce que j'ai fait avec Force Républicaine. Il y a une trentaine de propositions qui sont réalistes. J'écoutais l'éditorial de Bernard Guetta. Emmanuel Macron veut une Europe fédérale, mais les propositions qu'il a faites aux Européens, ils les ont refusées.
Les listes transnationales, le ministre des Finances de la zone euro, le budget de la zone euro, le Parlement de la zone euro, le Spitzenkandidat, il n'a eu pour l'instant que des échecs. Je pense qu'il nous revient à nous de construire une vraie ligne européenne qui protégera, qui défendra les Européens, mais qui prendra de la consistance, parce que c'est d'abord une civilisation, là aussi, l'Europe.
Merci. Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, merci d'avoir été au micro d'Inter depuis 8h20.
Bruno Retailleau