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interviewPCF - Parti communiste français (PCF)· 4 juin 2026 11 min

Comment les géants du numérique manipulent nos vies | Alexandre Basquin

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] [musique] [musique] Je suis Alexandre Basquin, sénateur du nord, parlementaire depuis un peu plus d'un an et demi. J'ai succédé à Éric Bquet et depuis mon entrée au Sénat, j'essaie de travailler la question du numérique qui est un vaste monde, un sujet impérieux dans cette période bien particulière et regard des rencontres, des recherches que j'ai pu effectuer. réditer avec le temps des cerises un essai qui s'intitule numérique stop à l'exploitation où j'y indique de manière assez ludique bien loin des aspects techniques que nous ferons avaler les gens de la tech ce quel numérique et pourquoi le numérique nous polie nous exploite et nous aliennent. [musique] Alors, avant d'être sénateur, j'étais maire et j'étais toujours un peu surpris que les habitants m'interpelle en m'expliquant ce qu'il y avait sur les réseaux sociaux, sur Facebook notamment, en disant "Monsieur le maire, vous avez lu ce qui est écrit sur Facebook, il a été dit sur Facebook telle une vérité absolue en portant une attention au privilégié sur les réseaux sociaux plus que sur les médias traditionnels. m'interpelle et puis euh j'étais interpellé aussi sur les questions de haine en ligne, de cyberharcèlement et donc je suis tombé sur une étude qui montrait que 40 % des sondés euh considéraitent qu'ils avaient une personnalité différente en ligne et hors ligne et donc il se sentaient beaucoup plus acrifs en ligne considérant que l'écran est les protégé.

Donc j'ai voulu gratter un peu cette question. Pourquoi moi qui suis un peu roussoiste, qui considère que les hommes sont bons par nature mais que c'est la société qui les corront. Pourquoi à travers les réseaux sociaux, ils se sentent beaucoup plus agressifs, dispendieux ?

Euh euh et donc j'ai ouvert le capot euh du numérique, j'ai regardé, j'ai fait de nombreuses rencontres avec des universitaires, des chercheurs, des spécialistes, experts et j'ai vu que le monde numérique était surtout un monstre numérique. Et puis ben j'ai travaillé cette question jusqu'à sortir cet essai. [musique] Alors, j'ai pu découvrir qu'effectivement les réseaux sociaux comme le numérique de manière globale était un vaste modèle économique.

L'internet, le web créé au début des des années 90 était avant tout un bien public. C'était ouvert au public. public.

Euh c'était un lieu d'échange, de partage, des connaissances, d'ouverture sur le monde. Et puis dès 1996, euh Bill Clinton et Algor ont ouvert euh internet au fournisseurs d'accès privé et euh en bon communiste que je suis, on a prend envie que qui dit privé dit rentabilité. Et donc a été mis en place tout un modèle, notamment un modèle algorithmique euh pour faire en sorte que les gens soient de plus en plus souvent devant leur écran. euh passe énormément de temps devant les écrans.

D'ailleurs, un adulte passe en moyenne 32 he devant un écran par semaine. Euh de manière à monétiser son attention, à capter son attention, ce qu'on appelle l'économie de l'attention et donc à sier au fur et à mesure ces données personnelles pour les revendre, pour favoriser le ciblage publicitaire, pour mettre en place une certaine forme de profilage, pour prédire voir modifier nos comportements. Et donc c'est un modèle économique extrêmement pervers parce que on pense effectivement que quand on va sur un moteur de recherche comme Google, c'est gratuit mais non euh nous sommes le produit euh de tous ces grands donneurs d'ordre numérique.

Et donc petit à petit, pas à pas, j'ai découvert effectivement que Facebook par exemple, pour prendre cet exemple, travaille avec des comportementalistes, des neuroscientifiques, des pédiatres, des psychologues pour faire en sorte de créer euh ce qu'on appelle des outils d'addiction afin que nous soyons toujours plus devant ces écrans et pour toujours plus monétiser, considère que le sommeil c'est du temps perdu. Donc voilà, faire en sorte qu'on scroll en permanence pour sifoner tant que nos données et monétiser notre attention et capitaliser et spéculer. [musique] Alors du coup, j'ai découvert que ce modèle économique était de plus en plus prédateur.

C'est-à-dire que on fait en sorte que vous soyez devant les écrans mais on fait en sorte que vous soyez toujours entouré d'outils numériques. C'estàdire qu'il y a une massification des écrans, le téléviseur, l'ordinateur, la tablette, le téléphone portable. Mais au-delà de ça, ce sont tous les objets intelligents, tous les objets internet, tous les objets connectés qui nous entourent, qui siphonent toujours plus nos données, le GPS, la borne vocale, la montre connectée euh et petit à petit arrive notamment l'intelligence artificielle toujours pour fortifier ce modèle économique de captation de nos données. vertigineux qui ce qui nous entoure.

Euh et puis surtout j'ai découvert que nos données personnelles y compris les plus intimes sont dans les mains des grands géants du numérique qui connaissent tout de nous sans exclusive et jouent avec nos nos données. Et pire que ça, j'ai appris que du coup ces grands honnant, les géants de la tech, les pittech comme on les appelle ont accumulé une puissance phénoménale leur 25 ans ayant des capitalisations boursières parfois même supérieures à certains PIB de certains États faisant donc qu'ils sont reçus tel des chefs d'État partout dans le monde. On leur déroule le tapis rouge, y compris Emmanuel Macron qui a déroulé le tapis rouge pour Marc Zuckerberg ou Musk.

Donc une puissance phénoménale, une manie, un lobbying extrêmement pharamineux en direction des élus notamment de l'Europe et je me suis rendu compte que les régulations qui étaient mises en œuvre notamment au sein l'Union européenne volé en éclat face à leur lobbing et aucune régulation ne les arrête. Donc ça c'est pour le modèle économique et puis surtout fort de ce modèle économique et cette puissance, ils utilisent leurs outils à des fins politiques et idologiques. Donc aujourd'hui, on a face à nous des géants du numérique.

Elon Mosque étant la surface émergée extrêmement réactionnaire qui a notamment un réseau social à sa main euh X où d'ailleurs le mensonge se répend six fois plus vite que la vérité. Euh et ben d'autres plus en avant encore dans leur dans leurs idéologies réactionnaires comme Peter moins connu, mettre tout en œuvre pour porter une aspiration ce qu'on appelle libertarienne, c'est-à-dire porter la liberté individuelle avant toute autre considération notamment les normes, le droit et surtout la démocratie. Ces gens-là des de la Silicone Valem veulent mettre fin à toute forme de démocratie, à toute forme de collectif, à toute forme de solidarité et leur objectif c'est évidemment de fragmenter la société, d'isoler les individus.

C'estàd c'est pour ça qu'on multiplie le temps sur les écrans parce que plus on est sur les écrans, moins on est disposé à être à l'écoute de l'autre, on est isolé. Ça passe aussi par la dématérialisation de nombreux de nombreux services et justement pour essayer créer les conditions de d'accumuler toujours plus de puissance et de nous faire avaler une idéologie réactionnaire. Donc là, c'est d'un modèle économique, ils en viennent à un modèle politique.

Et autre sujet d'importance et qu'il nous faut avoir en tête, je pense, c'est que les outils numériques, que ce soit le web, les réseaux sociaux, les objets connectés, sont devenus aussi des outils politiques, notamment en direction de des ingérences étrangères, de la désinformation euh notamment. Donc voilà, on sait que que en 2024 par exemple, 80 % des élections qui ont eu lieu dans le monde en 2024 ont été impacté et manipulé au travers des outils comme l'intelligence artificielle. Donc on est devant quelque chose d'extrêmement vertigineux et qui doit nous alerter nous en tant que progressiste parce que petit à petit on se fait manger par ces nouveaux modèles et économiques et politiques.

On est face à un capitalisme de surveillance et un capitalisme numérique extrêmement puissant et on doit résister. C'est tout le sens de l'essai. l'essai que j'ai écrit en en collaboration avec euh Sophie Flippi Paoli, il est de dire que effectivement il faut qu'on ait conscience de ce qui se passe.

Euh il faut qu'on que les citoyens s'emparent de ce sujet euh extrêmement important. Il faut qu'on en fasse un sujet politique. Il faut qu'on mette ça sur la table et il faut qu'on résiste qu'on résiste à cette forme de servitude numérique, qu'on résiste aux injonctions numériques.

Car petit à petit à être entraîné à travailler toujours plus sur ces outils et ben on est exploité puisqu'on exploite nos données, on est aliéné, on est asservi et on est dans ce que moi j'appelle comme a pu le dire Étienne de laaboici au 16e siècle sous une forme de servitude volontaire. Donc on est face à une tyrannie numérique à laquelle il faut sortir. [musique] Alors malheureusement le gouvernement aujourd'hui est en pleine collusion avec ces gens du numérique.

Euh depuis 2017 tous les ministres sans exclusive du numérique sont issus du milieu de la tech. Tous. Donc on peut pas dire qu'ils vont résister.

Au contraire, il tiennent main et se tiennent main dans la main pour promouvoir ce ce modèle économique et ce modèle infiné politique. Emmanuel Macron a beau jeu d'essayer d'interdire les réseaux sociaux moins de 15 ans auquel je souscris évidemment, mais euh il a inauguré en mai 2025 Snapchat à Paris, les locaux de Snapchat. Enfin, il y a beaucoup d'hypocrisie derrière tout ça.

Et donc, il faut résister plus que ce que nous propose le gouvernement. Il faut résister plus que ce que nous proposent les régulations européennes qui là aussi sont euh ne sont pas à coup de tonner dans un selerain. Bien au contraire, il faut que on interroge nos usages.

Moi, je pense infiné que nos régulations ne sont largement pas suffisantes face au monstres numériques qu'on a devant nous. Je pense aussi et c'est peut-être là ma source d'optimisme c'est que les gens du numérique ne tiennent que grâce à nous, ne vivent que grâce à nos usages et c'est nous à travers les réseaux sociaux. Alors moi je suis à l'aise parce que je suis pas sur les réseaux sociaux.

Je je veux pas participer de système à la visibilité, la notoriété. Je préfère la sincérité, l'authenticité de ma démarche. Mais en tout cas que lorsqu'on est sur les réseaux sociaux, on nourrit cette dette numérique, moi je pense que il faut vraiment qu'on réfléchisse à nos usages et que si Facebook 40 % de la population mondière est sur Facebook aujourd'hui, la puissance, si tout le monde quitte Facebook, Facebook s'écroule.

Et donc c'est ça, c'est j'essaie de conscientiser et que y compris à coche, on se saisisse pas assez de ce sujet y compris je regrette et je le dis avec beaucoup de franchises mais aussi beaucoup de fraternité que parfois mes collègues élus s'inscrivent dans cette démarche de visibilité sur les réseaux et cetera. Or, je pense qu'il faut sortir de ce système parce que ils ne vivent qu'à travers la polarisation, la viralité des contenus et donc c'est extrêmement mortifère pour aujourd'hui et pour demain.