Arnaud Robinet : "On n'a pas attendu les "gilets jaunes" pour savoir ce que souhaitent les Français"
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Comment analysez-vous cette dixième journée de mobilisation des gilets jaunes hier ?
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Est-ce qu'on n'est pas dans un dialogue de sourds actuellement ?
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Est-ce qu'on est actuellement en France dans une situation dangereuse ?
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Est-ce que vous vous sentez, vous, Arnaud Robinet, aussi visé par la colère des gilets jaunes ?
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Vous comprenez la colère des manifestants face à ces blessures ?
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Ça va nous mener où, ces débats ? Quel résultat ?
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« 84 000 manifestants, selon le ministère de l'Intérieur. »
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« Quand certains demandent de revenir sur le mariage pour tous, on le voit. »
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« J'organise un grand débat le 2 février prochain. »
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« On n'a pas attendu, entre guillemets, ce mouvement des gilets jaunes pour savoir ce que souhaitent les Françaises et les Français. »
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« Il a peut-être compris que les maires étaient des maillons indispensables dans notre démocratie. »
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« Le sujet, est-ce que l'on veut une société où on nous demande notre carte bleue lorsqu'on va à l'hôpital plutôt que la carte vitale ? »
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« Bien sûr. Je pense que c'est la classe politique dans son ensemble depuis 30 ans qui est responsable. »
- 7:20Invité politiqueFait
« Nos responsables politiques nationaux sont devenus des commentateurs de la vie politique. »
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France Inter. Le 6-9 du week-end, Pierre Veil.
Arnaud Robinet, bonjour. Bonjour. Vous êtes maire Les Républicains de Reims, élu local. Donc, comment analysez-vous cette dixième journée de mobilisation des gilets jaunes hier ? 84 000 manifestants, selon le ministère de l'Intérieur. Les gilets jaunes, apparemment, restent mobilisés après le lancement du débat national censé canaliser la colère sociale.
Oui, un mouvement qui perdure et une mobilisation que l'on constate au fil des week-ends, au fil des samedis. J'ai eu à plusieurs reprises l'occasion de rencontrer, de recevoir les représentants des gilets jaunes sur Reims et les alentours. Jeudi avec des revendications légitimes et entendables au mois de novembre, notamment sur le pouvoir d'achat et puis également sur cette demande de plus d'équité, d'équité dans notre société. Aujourd'hui, on le voit, les revendications sont assez disparates. Il y a certaines qui ne sont pas du tout entendables. Le président de la République... Par exemple ?
Quand on parle de destitution, moi je vais le dire clairement, quand certains demandent de revenir sur le mariage pour tous, on le voit. Enfin voilà, il y a des choses qui sortent un peu, je dirais, des revendications initiales et qui, à mon avis, sont issues d'une reprise de certains partis politiques. Et je crois que ces revendications n'ont rien à faire dans le débat actuel. Derrière, le point de la République a souhaité, en tout cas, donner une réponse, une certaine réponse, il y a quelques semaines. Ensuite, l'organisation du grand débat. Attention à ce que ce grand débat soit, en tout cas, donne une véritable issue des propositions.
Que ce ne soit pas un jouet, entre guillemets, que l'on donne aux gilets jaunes ou aux françaises ou aux françaises. Parce qu'on parle certes des gilets jaunes, mais il y a les françaises et les françaises dans leur globalité également qui se posent à ce nombre de questions. Derrière ça, il faut que le président parle à l'ensemble des français.
Mais Arnaud Robinet, est-ce qu'on n'est pas dans un dialogue de sourds actuellement ? Emmanuel Macron lance un débat national, les gilets jaunes répondent en fumage, ils l'ont dit hier, dans les rues, en manifestant. Pas besoin de débat, on connaît nos revendications. Justice fiscale, pouvoir d'achat, hausse des bas salaires, retour de l'ISF, référendum d'initiative.
Il était important pour le président, et je le dis en toute transparence pour moi à Reims, j'organise un grand débat le 2 février prochain. Ce n'est pas une réponse à une commande ou une demande de l'Elysée ou de Prendre la République, c'est véritablement pour répondre aux attentes des rémoises et des rémoins. Mais on les connaît, on connaît les revendications des gilets jaunes, pourquoi faire un débat ? Alors, là je vous rejoins, et notamment ça rejoint le rôle des maires et des élus locaux.
Parce que ce que j'ai dit au Prendre la République lorsqu'il est venu à Reims au mois de novembre, je disais, mais on n'a pas attendu, entre guillemets, ce mouvement des gilets jaunes pour savoir ce que souhaitent les Françaises et les Français. Nous les maires, nous les élus locaux, nous sommes en contact quotidien, et nous savons les préoccupations, que ce soit sur le pouvoir d'achat, sur plus d'équité, parfois sur plus de sécurité, enfin sur des domaines variés, entre guillemets, mais qui concernent le quotidien de nos concitoyens. Pas forcément des choses qui concernent les compétences municipales, mais surtout des compétences dites nationales.
Ce grand débat, je vais vous le dire, il a un mérite, c'est qu'il a permis en tout cas à Emmanuel Macron de reconnaître le rôle des élus locaux et des maires, qu'il avait un peu mis de côté, je ne peux pas utiliser les termes de mépriser, mais mis de côté depuis 2017. Il a peut-être compris que les maires étaient des maillons indispensables dans notre démocratie, et des relais, parce qu'il y a très peu de relais sur le terrain, des relais entre le gouvernement et nos concitoyens.
Arnaud Robinet, je le rappelle, le maire, les Républicains de Reims, on sent quand même les esprits très échauffés avec cette crise des gilets jaunes, des rancœurs, de la haine parfois. Est-ce qu'on est actuellement en France dans une situation dangereuse ?
Moi je suis inquiet, inquiet par cette haine et cette violence, aussi bien dans les actes que dans les paroles. Et ce que l'on observe aujourd'hui, c'est une fracture entre les Français. Et je dirais que c'est un peu une continuité, parce que depuis un certain nombre d'années, certains aiment opposer les Français les uns aux autres. Les riches aux moins riches, les gens des centres-villes, aux quartiers ou aux faubourgs, les urbains aux ruraux. Et je crois que la France est d'autant plus forte lorsque les Françaises et les Français sont rassemblés. Mais au-delà de la crise des gilets jaunes, je pense que le vrai sujet, c'est est-ce qu'il faut revoir notre modèle sociétal et social ?
Est-ce que la crise des gilets jaunes, ce que nous observons aujourd'hui, n'est pas aussi le symbole que cet état protecteur, ou état providence comme certains l'appellent, en fait, est au bout ? Et c'est la fin d'un système, parce que derrière un état omniprésent, forcément, il y a la question des impôts et des ressources. C'est aussi une question que l'on peut se poser sur l'évolution. Et comme je l'ai dit aux représentants des gilets jaunes, et aussi aux rémoises et aux rémois que je rencontre quotidiennement, le sujet, est-ce que l'on veut une société où on nous demande notre carte bleue lorsqu'on va à l'hôpital plutôt que la carte vitale ?
Est-ce qu'on veut une scolarité payante et qui n'est plus gratuite ? Tout ça a forcément un coût. Mais derrière, il faut peut-être plus d'équité.
Est-ce que vous vous sentez, vous, Arnaud Robinet, aussi visé par la colère des gilets jaunes, la droite de gouvernement dont vous faites partie, à diriger la France, avec deux présidents, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, je veux dire, les injustices fiscales, sociales, salariales qui mobilisent les gilets jaunes, vous en êtes co-responsable ?
Bien sûr. Je pense que c'est la classe politique dans son ensemble depuis 30 ans qui est responsable. Il faut être objectif et clair. Je pense que cette situation que l'on connaît aujourd'hui n'est pas due à 17 mois de présidence Macron. C'est une accumulation depuis deux années. Et il y a des arguments que j'ai entendus, des revendications que j'ai entendus il y a 5 ou 6 ans lorsque j'étais conseiller général. J'entends aujourd'hui exactement les mêmes. C'est une accumulation. Et peut-être que le Nouveau Monde n'a pas totalement redressé la barre ou répondu aux attentes de nos concitoyens.
Mais aujourd'hui, il est vrai que c'est l'ensemble de la classe politique qui est responsable de cette situation.
J'évoquais les tensions, le climat dangereux. Les manifestants hier étaient nombreux à dénoncer les violences policières avec ces fameux lanceurs de balles de défense qui défigurent avec des blessures extrêmement graves. Vous comprenez la colère des manifestants face à ces blessures ?
On peut la comprendre. Mais vous savez, moi, je resterai toujours derrière les forces de l'ordre parce que quand je vois le travail qui est fait depuis, on va dire, 2015, depuis les attentats de Charlie, moi, cette présence des forces policières, que ce soit les services de l'État, que ce soit les polices municipales diverses et variées, font un travail remarquable. Bien sûr, il y a des règles. Il y a des enquêtes qui vont être lancées, notamment pour voir ce qui s'est passé. Mais attention de ne pas pointer du doigt les forces de l'ordre et celles et ceux qui garantissent notre sécurité. Je voudrais revenir un instant sur les partis de gouvernement.
Ce que je reproche aujourd'hui à tous les partis, c'est que nos responsables politiques nationaux sont devenus des commentateurs de la vie politique. Et moi, ce que j'aimerais entendre, et notamment dans ma famille politique, les Républicains, c'est d'avoir de vraies propositions, qu'on travaille sur le fond, sur la question de la santé, sur la question des retraites. Le débat va arriver sur la question de la justice sociale. Aujourd'hui, malheureusement, on a des partis politiques qui sont devenus des commentateurs de l'actualité et ne fournissent plus un travail de fond.
Et c'est ce qu'attendent, à mon avis, les Françaises et les Français, notamment à quelques mois d'élection européenne, élection cruciale pour l'avenir de la France.
On va y venir. Juste un point encore avant la pause. Vous appelez donc à participer au débat dans votre ville, à Reims, début février. Mais je veux dire, ça va nous mener où, ces débats ? Quel résultat ? Comment est-ce qu'on va faire la synthèse de ces discussions ? Il y aura un nouveau programme présidentiel ? Un référendum ? Un ajustement législatif ? Qu'est-ce que vous souhaitez, vous ? Il faut que ça débouche sur quelque chose de précis ?
Il faut que ça débouche sur quelque chose de précis. Et comme je l'ai dit, il ne faut pas que ce grand débat soit un jouet que l'on donne aux Françaises et aux Français.
Alors il faut, par exemple, un référendum soumis aux Français avec quelques propositions ?
Ce sera bien sûr au président, s'il doit y avoir un référendum, de choisir la question. Mais qu'en pense le maire LR de Reims ? Le maire de Reims pense que, déjà, enfin le maire de Reims, parce que c'est certes maire LR, mais maire de Reims avant tout...
Le maire de Reims parle à la troisième personne.
Est-ce que vous espérez ? Je suis à la différence entre l'homme privé et l'homme public. Mais moi, ce que j'espère, c'est que mes concitoyens vont pouvoir s'exprimer de la façon la plus large possible. J'ai souhaité que le débat, bien sûr, soit concentré sur les quatre thématiques du président. Bien sûr que si d'autres thématiques sont abordées, celles-ci seront, bien sûr, transmises, et les revendications ou les contributions seront transmises au gouvernement via le préfet. Les gens veulent du concret, des changements concrets. Alors, comment vont-ils voir ce concret ? Le concret, ils le verront par l'action des maires et des municipalités, je vais vous dire.
Aujourd'hui, quand on parle du pouvoir d'achat, quels sont ceux qui ont les moyens d'action ? Ce sont les maires. Quand je baisse le prix de l'eau, quand je baisse le prix de la taxe d'ordure ménagère, quand j'ai décidé de ne pas augmenter les impôts locaux, ce sont des mesures concrètes. Maintenant, au gouvernement, sur les questions de développement durable, par exemple, c'est un sujet, là, qui est vraiment de compétence, entre guillemets, étatique, même, bien sûr, si les collectivités doivent jouer un rôle et prennent des mesures au quotidien pour la protection de la planète. Mais sur la question du développement durable, quid de la taxe sur les carburants ?
Là, il faut une réponse claire et concrète, et des mesures claires et concrètes sur la démographie. Les questions telles que... Alors, ça peut paraître éloigné des préoccupations quotidiennes, mais la question, oui, du Sénat, la question du Conseil économique et social, c'est des choses qui méritent d'être abordées, mais que le Président comprenne bien une chose, c'est que tout ce qui concerne le quotidien des Françaises et des Français, c'est bien sûr les municipalités, ce sont les municipalités et les maires qui le gèrent au quotidien. Nous sommes les élus à portée de baffe.
Le maire de Reims, Arnaud Robinet, est notre invité. Une petite pause et on se retrouve avec d'autres questions. Et Patricia Martin.
France Inter, le 6-9 du week-end.
Arnaud Robinet, le maire, les Républicains de Reims, est notre invité. Patricia Martin, une question pour M. le maire ?
Eh bien, il se trouve M. le maire qui, à cette même heure, nous recevions les auteurs d'un livre, Les Invisibles de la République, c'est-à-dire ces jeunes des régions qui rencontrent beaucoup de difficultés, notamment pour suivre des études en raison de leur éloignement géographique de grandes métropoles. Qu'est-ce que vous faites, vous, en tant que maire de Reims, mais aussi en tant que vice-président, je crois, de la communauté urbaine du Grand Reims, pour des jeunes, je ne sais pas, d'Épernay, de Charleville-Mézières ou de Fontaine-sur-Aille ? J'ai bien bossé sur les communautés.
Vous avez parfaitement raison. C'est un enjeu, notamment un enjeu de mobilité, parce qu'on le voit aujourd'hui, le frein à l'accès à l'enseignement supérieur, notamment pour 100% de jeunes, c'est ces problèmes de mobilité, mais également ces problèmes de logement, c'est-à-dire tout ce qui amène des coûts dans la vie quotidienne. Reims, c'est une ville où un habitant sur 6 est étudiant, avec une université, avec une école de commerce, avec un campus de Sciences Po Paris, et puis diverses écoles.
Aujourd'hui, notre université rayonne sur l'ensemble du territoire de l'ex-région Champagne-Ardenne, avec des campus dans les Ardennes, dans l'Aube, dans la Haute-Marne, ce qui permet à un grand nombre d'étudiants de rester dans leur département, près de leur commune, pour pouvoir commencer leurs études supérieures. Derrière ça, au-delà des communes du Grand Reims ou de l'ex-région Champagne-Ardenne, la municipalité, avec la communauté urbaine, met en place de dispositifs multiples et variés pour faciliter la vie des étudiants, que ce soit dans la mobilité, avec des tarifs spéciaux pour les étudiants, dans le cadre des bus, des tramways ou autres.
Un travail également avec la SNCF, notamment la région, dans le cadre des TER, parce que notre ville est connectée à divers TER qui permet, bien sûr, de rallier un, et de connecter les communes dites rurales à la ville-centre. Et puis derrière, un accompagnement également dans le cadre du logement. Et nous travaillons avec l'ensemble des acteurs, que ce soit le CRUS, mais également aussi les promoteurs privés, dans le cadre du logement étudiant. Et puis derrière ça, c'est rendre cette ville aussi attractive, avec des politiques d'accueil pour les étudiants, qu'ils soient étrangers ou de la région.
Donc je dirais que c'est un travail qui permet de travailler complémentaire entre différents acteurs, la région, le département, la ville et la communauté urbaine.
Revenons à la politique nationale. Arnaud Robinet, que pensez-vous du départ d'Alain Juppé et du parti Les Républicains avant les élections européennes ?
Moi, la question que je me pose, j'ai beaucoup d'estime pour Alain Juppé, et je ne vous cache pas que je suis, moi, issu d'une droite dite modérée. Et ce que j'attends, c'est une reconstruction de la droite autour d'un véritable leader. Il manque de leader aujourd'hui au parti Les Républicains, mais avec une droite qui n'oublie pas ses racines et qui n'oublie pas, notamment, pourquoi l'UMP avait été créée par Jacques Chirac pour faire barrage au Front National. Et je le dis, parce que je partage cela avec Alain Juppé, moi, ce qui m'a profondément choqué et ce qui m'a mis mal à l'aise, c'est au soir du premier tour d'élection présidentielle.
Je n'ai pas accepté que ma formation politique, de par la voix de ses porte-parole ou de son président, n'ait pas pu faire le choix entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Je crois que le choix, en tout cas, il était là. Il fallait appeler à voter le président Macron.
Que répondez-vous, Arnaud Robinet, à ceux qui disent que Laurent Wauquiez, le patron du parti Les Républicains, pratique une forme de l'eupénisme light et que ce n'est pas une stratégie gagnante pour votre parti ?
Ce n'est pas une stratégie gagnante. Moi, on voit que la droite, et on le voit, l'histoire le montre, la droite a toujours gagné, entre guillemets, ou a été entendue des Françaises et des Français lorsque celles-ci étaient rassemblées. Rassemblées et qu'elles n'excluaient pas. Et avec un travail avec nos amis centristes, avec les libéraux, et surtout avec une vision aussi pro-européenne. Aujourd'hui, ce que je constate, c'est que l'ensemble des élus modérés, et non, notamment les maires, quittent peu à peu le parti Les Républicains ou prennent leur distance, et que même ceux qui étaient ou qui sont à la droite de la droite des Républicains commencent à quitter également le parti. Et vous ?
Vous pourriez quitter ? Moi, j'ai pris depuis 2017 mes distances avec ma formation politique. Je ne suis plus président de fédération. Je suis bien sûr membre de la France audacieuse qui regroupe des élus locaux qui aussi ont pris leur distance. Mais je pense que ma formation politique aujourd'hui initiale, Les Républicains, je suis ici du centre au départ, en tout cas n'a plus de ligne politique.
Et c'est ce qui manque aujourd'hui à une droite dite d'opposition, du moins une droite gouvernementale, qui doit être aussi objective, qui ne peut pas être dans la revanche en permanence, qui doit dire quand les choses vont bien, et qui doit également faire des propositions lorsque les choses ne sont pas en accord avec les valeurs de la droite et du centre.
Juste un mot rapide, les sondages donnent Les Républicains à 10 ou 11% pour les élections européennes. Que pensez-vous de ce chiffre, de ces chiffres ?
Inquiets ? Inquiets, vous savez, pour moi ça reflète la non-ligne politique des Républicains actuellement et le non-positionnement des Républicains vis-à-vis de l'Europe. Et j'espère que Alain Juppé également et d'autres, même si certains nous avons pris nos distances avec le président et l'équipe dirigeante. J'espère que la ligne pro-européenne sera majoritaire et que nous allons pouvoir aussi reconstruire avec les élus locaux et les maires une droite humaniste et pro-européenne. Je pense que c'est ce qui attend les Français aussi.
Arnaud Robinet, le maire Les Républicains, toujours membre de ce parti pour l'instant, maire de Rhin. C'était notre invité. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Merci de votre invitation.
Arnaud Robinet