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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 octobre 2021 25 min

Marine Le Pen talonnée par Eric Zemmour dans un sondage, mesures gouvernementales sur le prix des énergies... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Jacobelli

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Le 8.30 politique de France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam. Bonjour Arsine, bonjour à tous. Notre invité aujourd'hui est le porte-parole du Rassemblement National. Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Merci d'être l'invité de France Info ce matin. Notre sondage, Ipsos Soprasteria ce matin pour France Info, le Parisien aujourd'hui en France, est assez spectaculaire. La dynamique Éric Zemmour semble très forte. Est-ce que vous vous attendiez à l'inverse à ce que Marine Le Pen dévisse de cette façon ?

0:34
Laurent Jacobelli

Alors écoutez, Marine Le Pen ne dévisse pas. Et si vous me le permettez, je vais faire une petite note introductive sur ce sondage. Excusez-moi de vous le dire, mais ce sondage est quand même très limite au niveau de la déontologie. Voilà, je vous le dis. Dites-le. Je vous le dis. Normalement, les sondages faits de manière classique nous donnent entre 20 et 24% au premier tour. Celui-là n'est pas fait de manière classique. C'est une nouvelle méthode de sondage qui est apparue il y a quelques mois, où on ne prend en compte que l'avis des gens qui sont sûrs d'aller voter. Et on enlève aussi ceux qui ne veulent pas dire pour qui ils vont voter.

Ce qui veut dire que ce sondage est sur 690 personnes. Sur un sondage de 690 personnes, on échafaude des théories. On est en train d'écrire une saga.

1:13
Présentateur

Alors on nous disait 1500 personnes tout à l'heure.

1:15
Laurent Jacobelli

Oui, 1500, mais 1500 n'ont pas le sondage effectif sur cette base de 1500. Une fois qu'on enlève les 50% et les 8%, ça fait 690.

1:22
Invité

Pardonnez-moi Laurent Jacobelli, mais il y a d'autres sondages avec d'autres méthodes qui montrent bien cette dynamique d'Éric Zemmour. Il a repris quasiment presque 10 points en simplement un mois. Comment vous comprenez au fond ces vastes communicants entre votre électorat et celui d'Éric Zemmour ? Est-ce que c'est lui qui est très fort ou est-ce que c'est Marine Le Pen qui est trop faible ?

1:43
Laurent Jacobelli

Il y a une troisième possibilité. Vous savez, depuis maintenant de nombreuses années, il y a un duel, j'allais dire, entre les mondialistes représentés par Emmanuel Macron et les nationaux représentés par Marine Le Pen. Et moi j'ai l'impression que les journalistes, les médias ont besoin d'un peu de dérivatifs, j'allais dire un peu de divertissement. Ils ont besoin de mettre un peu de sel dans la campagne. Nous sommes responsables. Moi je trouve que l'exposition qui est accordée à Éric Zemmour est quand même assez exceptionnelle. D'ailleurs il vous aura fallu à peu près une minute pour prononcer son nom. Et puis c'est un peu comme une télé-réalité.

2:15
Invité

On parle d'attention de vote des Français tout de même.

2:17
Laurent Jacobelli

J'ai bien compris, mais c'est un peu comme une télé-réalité. Inviter Éric Zemmour, c'est avoir presque une garantie d'audience. Si on en parlait moins, vous seriez plus haut ? Je pense, je le pense. Je pense que c'est toujours intéressant pour vendre du papier, pour faire de l'audience ou pour vendre des écrans pub. Ce qui n'est pas votre car, pour le coup, sur France Info. Il vaut mieux inviter une machine à buzz que de parler sérieusement des problèmes.

2:38
Invité

Vous ne voulez pas nous faire croire ce matin que vous ne vous interrogez pas dans votre camp sur cette dégringolade. Vous avez forcément quelques explications. Est-ce que c'est le nom Marine Le Pen ? Est-ce que c'est la normalisation ? Comment vous expliquez ça ?

2:53
Laurent Jacobelli

Écoutez, est-ce qu'Édouard Balladur a été président de la République ? Est-ce qu'Alain Juppé a été président de la République ? Est-ce que Jean-Pierre Chevènement a été président de la République ?

3:00
Invité

Donc la bulle Zemmour, elle va éclater, c'est sûr pour vous.

3:02
Laurent Jacobelli

Mais si on écoute à chaque fois, en septembre-octobre avant une élection, les sondages et les médias, on a le mauvais cheval qui arrive. Nous, on est sereins. Ça va peut-être vous étonner, mais on est sereins. Parce que sur l'ensemble des questions que nous posons, les Français nous rejoignent. Le dernier sondage montre que 87% des Français sont d'accord avec la restriction des visas en provenance d'Afrique du Nord. On va en parler. On en parlera. Les Français sont d'accord pour expulser les délinquants étrangers. La priorité nationale proposée dans le référendum sur l'immigration par Marine Le Pen rencontre l'adhésion des Français. On va en parler.

3:33
Invité

On va en parler d'ailleurs, c'est intéressant parce qu'au fond, il y a des proximités sur les programmes et notamment sur l'immigration. Mais parmi vos soutiens, il y en a un qui pourrait bien changer de camp, c'est Robert Ménard. Écoutez-le parler de son ami Éric Zemmour, c'était hier soir sur LCI.

3:48
Auditeur

Il n'a rien à perdre. Pardon, c'est juste ça, c'est important. Il n'a pas de parti, mais les gens détestent les partis. Il n'a pas d'expérience politique, mais les gens détestent les politiques ou les politiciens. Il est parti avec une toute petite troupe, mais ça séduit les Français. Ce côté esselé, finalement, fait sa force. Tout ce qu'on pouvait penser de lui en disant, c'est ses faiblesses, finalement, c'est sa force. Ses faiblesses sont ses forces.

4:16
Laurent Jacobelli

Vous savez, Robert Ménard, je crois que c'est l'exemple même de l'intervenant qui montre que l'on va gagner. Parce que Robert Ménard est quelqu'un qui peut être très critique vis-à-vis du Rassemblement National, vis-à-vis de notre programme et même de notre candidate Marine Le Pen. Et pourtant, au bout du compte, quand il fait l'inventaire des offres politiques, quand il regarde la situation actuelle de la France, sa conclusion c'est « Je soutiendrai, je parrainerai Marine Le Pen ». Je crois que Robert Ménard est quelqu'un de constant. Je pense que les habitants de Béziers le voient. Il fait ce qu'il dit et donc il n'y a pas de raison qu'il change d'attitude.

Vous êtes certain de le garder avec vous ? Je ne suis certain de rien. Je ne suis pas dans sa tête. Moi, je sais simplement que même si c'est quelqu'un qui prend la politique avec beaucoup de distance, avec un franc-parler qu'on lui connaît... Au final, il soutient Marine Le Pen parce qu'il sait que c'est elle qui peut...

5:03
Invité

Mais il critique aussi Marine Le Pen. Au fond, Gérald Darmanin, quand il a dit qu'elle était trop molle, est-ce que ce n'est pas ce qu'elle est en train de payer aujourd'hui ?

5:10
Laurent Jacobelli

Mais ça veut dire quoi être trop molle ? Est-ce qu'il faut, pour se faire entendre aujourd'hui, faire le buzz, avoir des propos très franchement limites en termes de démocratie, de république ?

5:20
Invité

Est-ce qu'il faut débattre avec Éric Zemmour ? Marine Le Pen pourrait le faire ?

5:23
Laurent Jacobelli

Marine Le Pen est candidate à la présidente de la République. Lors de la campagne, il y aura des débats. Elle débattra avec tous les candidats. Mais si Marine Le Pen doit débattre avec tous les candidats à la candidature, elle va faire deux débats par jour pendant deux mois.

5:34
Invité

Donc pour l'instant, c'est non. Parce qu'il n'est pas candidat.

5:36
Laurent Jacobelli

Mais il n'est pas candidat. Et puis, si elle devait débattre avec une seule personne, ce serait Emmanuel Macron. Parce que je rappelle quand même que notre adversaire, c'est lui. Celui qui a planté la France depuis cinq ans. C'est lui. Celui qui a accéléré le phénomène d'immigration débridée. C'est lui. Celui qui a paupérisé les Français les plus fragiles. C'est lui. Et donc, il faut remettre le débat politique là où il doit être.

5:55
Invité

On va parler du président de la République dans un instant. Vous-même, vous avez déjà changé de camp. Vous étiez à debout la France, Nicolas Bupont-Aignan. Vous ne rejoindrez jamais Éric Zemmour, même s'il continue à monter ?

6:04
Laurent Jacobelli

Jamais ? Je suis fidèle à Marine Le Pen. Moi, je ne me bats pas pour simplement faire un témoignage. On peut archiver ce matin. Jamais ? Archiver. Moi, je me bats pour que nos idées gagnent et pour que nous ayons une présidente de la République humaine à l'écoute et qui travaille, qui dirige la France avec le peuple. Pourquoi j'ai quitté Debout la France et Nicolas Dupont-Aignan pour rejoindre Marine Le Pen ? Je vais vous le dire pourquoi. C'était au moment où ce n'était pas à la mode de rejoindre Marine Le Pen parce que c'était après les résultats de la présidentielle de 2017. Pourquoi j'ai rejoint ?

Parce que j'ai vu une femme déterminée, courageuse, sûre de son programme, qui travaillait et qui avait vraiment l'amour de la France et des Français. Donc, vous voyez, ça, c'est une qualité exceptionnelle.

6:47
Invité

Donc, vous resterez fidèle. Pour bien comprendre avant d'en venir au fond, qu'est-ce que vous condamnez chez Éric Zemmour ? Ce sont les mots lesquels préciser ?

6:55
Laurent Jacobelli

Je ne suis pas procureur, mais simplement, moi, je suis fier.

6:58
Invité

Les propos sur Pétain, vous condamnez ?

7:00
Laurent Jacobelli

Vous savez, moi, je viens du gaullisme. Je n'ai aucune affinité avec Philippe Pétain et je ne comprends pas pourquoi on remet ça au cœur du débat aujourd'hui. Donc, vous condamnez, pour être clair. Oui, il faut être clair.

7:09
Invité

Les propos sur la famille Sandler aussi ?

7:11
Laurent Jacobelli

Bien sûr, mais franchement, comment on peut comparer un terroriste avec une famille de victimes ?

7:18
Invité

L'interdiction des prénoms aussi, vous condamnez ?

7:20
Laurent Jacobelli

Le président du parti auquel j'adhère, le Rassemblement National, s'appelle Jordan Bardella. Jordan, un des prénoms critiqués par Éric Zemmour. Je soutiens une candidate, une femme, Marine Le Pen à la présidente de la République, là où Éric Zemmour décrit les femmes comme des butins ou, autre part, comme incapables de diriger une entreprise ou un pays. Oui, ce sont des différences fondamentales parce que nous, nous voulons l'union, jamais la stigmatisation, jamais la division.

7:44
Présentateur

Laurent Jacobelli, invité du 8.30 politique de France Info ce matin. On va reprendre sa discussion. Après le fil info, 9h moins 20, Diane Ferschit. Les crues dévastatrices dans les vallées de la Roya et de la Vésubie dans les Alpes-Maritimes, après le passage de la tempête Alex, c'était il y a un an, jour pour jour, la catastrophe naturelle a fait dix morts. Huit disparus des maisons et des routes emportées par les eaux et des glissements de terrain. Les cérémonies de commémoration débutent ce matin. Les plaies sont toujours visibles dans Nice Matin. Ce samedi, Emmanuel Macron promet de revenir sur place avant la fin de l'année.

Après six semaines de baisse continue de l'épidémie de Covid, les Guadeloupéens vont pouvoir entamer le déconfinement. Ce sera à partir du 8 octobre, annonce la préfecture. Il est confiné depuis début août. Alexandre Benalla connaîtra le 5 novembre la décision du tribunal sur les faits qui lui sont reprochés lors de la manifestation du 1er mai 2018. Le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis. L'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron comparaissait pour 12 infractions au total. Face aux pénuries au Royaume-Uni, 200 militaires seront déployés dès lundi pour assurer la livraison de carburant dans les stations-service en cause le manque de chauffeurs-livreurs.

Une pénurie aggravée par des achats de panique de la part des automobilistes britanniques. Les femmes à l'assaut du Paris-Roubaix en 125 ans d'existence. Des coureuses vont pour la première fois disputer la mythique course aujourd'hui. Pas de trouée d'arambères pour ces cyclistes, mais l'enfer du Nord quand même, dont le célèbre carrefour de l'arbre. Départ prévu à 13h35 à Denain. France Info Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National et l'invité du 8.30 politique de France Info ce matin. On va continuer à parler un peu d'Éric Zemmour puisqu'il marche manifestement.

9:28
Laurent Jacobelli

Vous ne vous en lassez pas.

9:29
Présentateur

Mais vous non plus, puisque vous nous dites que vous êtes très différents. Alors expliquez-nous ça. Sur l'immigration par exemple, c'est son thème numéro 1. Le vôtre aussi, qu'est-ce qui vous distingue de lui ?

9:39
Laurent Jacobelli

D'abord sur l'immigration, je suis toujours ravi quand un éditorialiste, un écrivain, journaliste, rejoint nos constats, des constats que nous faisons depuis 40 ans. Vous savez, c'est une victoire idéologique et c'est déjà précurseur d'une victoire politique. Donc nous, nous nous en réjouissons. La différence, c'est que nous, nous ne confondons pas les islamistes avec les musulmans. La différence, c'est que nous, nous avons des propositions concrètes et Marine Le Pen l'a montré. Elle l'a montré en proposant un référendum. C'est-à-dire qu'elle va enfin demander aux Français leur avis sur l'immigration. Parce que depuis 40 ans, on nous impose une immigration sans demander l'avis des Français.

Une immigration qui aujourd'hui, d'abord, coûte très cher, plusieurs dizaines de milliards par an, qui vient mettre en danger les Français dans leur sécurité, dans leur identité.

10:24
Invité

Donc vous voulez inscrire la priorité nationale, la maîtrise de l'immigration et la souveraineté du droit français dans la Constitution. Si les Français disent oui, en clair, ça veut dire réserver toutes les aides, le logement, les emplois aux Français, interdire le regroupement familial, expulser les délinquants étrangers, déchoir de leur nationalité les terroristes quand ils sont aussi français. Est-ce que si on fait ça, on sort de tout l'état de droit international ? Est-ce que si on fait ça, on sort des traités européens ? Les juristes disent « coup d'état constitutionnel ».

10:58
Laurent Jacobelli

Oh, les juristes ! Quels juristes ! Écoutez, l'état de la France aujourd'hui, c'est quoi ? C'est qu'il y a en France des gens qui n'ont pas le droit d'y être. Donc le droit, déjà, en l'état actuel, n'est pas respecté. Ça, c'est un coup de canif dans les règles de la République. Est-ce que vous saviez, par exemple, que dans les obligations de quitter le territoire français concernant les Algériens, seulement 0,2% sont exécutés ? C'est un scandale !

11:22
Invité

Alors justement, Laurent Jacobelli, à ce propos-là, pour réussir à faire en sorte que ses obligations de quitter le territoire soient véritablement exécutées, le gouvernement a annoncé une série de mesures, un tour de vis dans l'octroi des visas, réduit de moitié pour les pays demandeurs du Maghreb, Algérie, Maroc et Tunisie. Écoutez, Gabriel Attal, vous réagissez juste après. C'est une décision drastique, c'est une décision inédite, mais c'est une décision qui est nécessaire, qui est rendue nécessaire par le fait que ces pays n'acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et que nous ne pouvons pas garder en France. Vous êtes satisfait ?

11:58
Laurent Jacobelli

Vous voyez qu'on va gagner. On va gagner parce que même la Macronie commence à comprendre que sa politique ne rime à rien. Alors ça vient un peu tard, ça vient après 4 ans et demi d'une politique désastreuse en matière d'immigration. Je rappelle que sous Emmanuel Macron, nous avons atteint les records historiques, historiques, du nombre de migrants légaux. Alors, illégaux, évidemment, on n'a pas les chiffres, mais je pense qu'on ne doit pas être loin non plus, avec plus de 400 000 personnes qui rentrent légalement sur le territoire français.

12:23
Présentateur

Vos chiffres en général ne sont pas tout à fait juste. Non, parce que vous mélangez des étudiants, des travailleurs, des gens qui repartent aussi, vous ne prenez pas en compte.

12:30
Laurent Jacobelli

Non, mais ça, on peut en parler, de ceux qui repartent, ils sont malheureusement extrêmement minoritaires. Non, mais vous pouvez le refaire.

12:35
Présentateur

Dans le vrai du faux, on le refait très régulièrement.

12:37
Laurent Jacobelli

Je vais me permettre de terminer ma phrase, et tous vos fact-checkers peuvent se mettre en selle. Je parle de ceux qui ont le droit de résidence en France, évidemment. Je parle de ceux qui sont demandeurs d'asile, je parle des mineurs isolés, je parle de tous ceux qui sont en France, de manière non illégale. Et ça fait plus de 400 000, sortez vos calculettes, ils sont dedans.

12:57
Invité

Alors, juste sur la méthode, le gouvernement qui joue sur la question des visas, pour finir par obtenir des laissés-passés consulaires de l'Algérie, par exemple, ou du Maroc, pour que, voilà, on puisse expulser, faire retourner les personnes en situation illégale dans ces pays. Est-ce que c'est la bonne méthode ?

13:16
Laurent Jacobelli

C'est une des méthodes, mais l'hypocrisie du gouvernement, à ce niveau-là, c'est un art. C'est-à-dire ce gouvernement qui nous explique quand on dit qu'il faut faire le bras de fer avec ces pays pour les obliger à reprendre leurs citoyens délinquants. Quand il nous dit depuis 4 ans et demi que nous déraisonnons, que c'est impossible, les mêmes juristes que vous avez cités tout à l'heure qui rigolent, aujourd'hui, apparemment, c'est possible. Alors, c'est probablement l'arrivée d'élections qui arrive, et l'adhésion des Français par rapport à cette mesure, je le répète, 87% sont d'accord. Il faut faire le bras de fer avec tous les pays qui ne veulent pas reprendre leurs ressortissants.

13:47
Présentateur

Est-ce que, selon vous, Laurent Jacobelli, l'immigration est toujours le problème numéro 1 en France, puisque c'est le crédo de votre parti depuis bien longtemps ?

13:56
Laurent Jacobelli

Il y a beaucoup de problèmes, malheureusement, tellement qu'on a du mal à les hiérarchiser.

13:59
Présentateur

Est-ce que tout découle de ce problème ? C'était l'idée générale ?

14:02
Laurent Jacobelli

Non, bien sûr, on pourrait parler du pouvoir d'achat, ce qui touche les Français, notamment les classes les moins aisées, et même maintenant les classes moyennes. Franchement, ce n'est pas lié directement à l'immigration. En revanche, on va être très clair, pourquoi nous voulons la priorité nationale, notamment pour le logement ? Parce qu'il est inacceptable qu'il y ait en France 4,5 millions de mal logés, et que, quand on voit les statistiques, un migrant africain sur deux vit en logement social, un Français sur dix vit en logement social. Il y a une forme de préférence étrangère qui n'est plus tolérable.

Quand les Français souffrent du chômage, quand les Français souffrent du mal logement, quand de nombreux Français, aujourd'hui, renoncent aux soins, et qu'on voit que les clandestins, les clandestins, pas les migrants légaux, ont l'aide médicale d'État, c'est-à-dire les soins gratuits, même des soins qui, très franchement, parfois sont superflus, eh bien, il faut dire stop, les Français qui sont chez eux, qui payent des impôts, doivent avoir la priorité.

14:59
Invité

Vous disiez qu'il y avait aussi la question du pouvoir d'achat. On va parler de la flambée historique des prix de l'énergie. Là aussi, le gouvernement a pris des décisions. Les prix du gaz sont donc gelés pendant tout l'hiver, jusqu'en avril, pour éviter les 30% de hausse qui étaient prévues pendant les deux mois qui viennent. Est-ce que cette solution du blocage des prix vous satisfait ?

15:19
Laurent Jacobelli

Là encore, on parlait d'hypocrisie tout à l'heure. Est-ce que la date d'avril 2022 ne vous dit rien ? C'est la date des élections présidentielles. M. Castex, c'est l'inspecteur gadget, il nous a sorti un gadget de gel des prix jusqu'au jour de l'élection. Comme ça, après, sous-entendu, ça augmentera. Et c'est le prochain président, en l'occurrence une présidente, qui héritera de la situation. Ce gouvernement, il est plus que paradoxal, le poids des taxes aujourd'hui, qui sont prises sur les énergies pour la transition écologique, c'est 51 milliards par an.

15:45
Invité

Alors, il touche aux taxes sur la partie électricité. Mais pour le gaz, c'est le blocage des prix. Marine Le Pen réclamait ce blocage.

15:51
Laurent Jacobelli

Mais bien sûr, mais une fois encore, vous voyez la victoire idéologique, elle est là. Mais une fois encore, depuis 2014... Vous vouliez une dépense ? J'aimerais terminer ma phrase. Depuis 2014, les taxes énergétiques sur le gaz ont été multipliées par 7. Bien sûr, il y a le prix du marché international, mais pour les énergies en général, il y a l'explosion des taxes environnementales. Et on est dans ce paradoxe où les Français aujourd'hui ont du mal à rouler en voiture, ont du mal à se chauffer, ont du mal, pour ceux qui font plein de fuel, à pouvoir remplir leur cuve. Pourquoi ?

Pour financer des énergies comme l'éolien ou le solaire qui sont en termes de productivité beaucoup plus faibles et qui ont des impacts énergétiques terribles puisqu'on est obligé de compenser par du carbone. Alors que la France a la chance d'avoir le nucléaire. Vous dites que ce sont les taxes pour monter les prix. 60%.

16:40
Présentateur

Ce n'est pas le prix des matières premières, tout simplement.

16:41
Laurent Jacobelli

Bien sûr, sauf que... Les taxes, ça aurait pu compenser les hausses de prix. Pas du tout. Il y a tellement de taxes en France que quand le prix des énergies augmente, les Français se paupérisent et l'État s'enrichit. 60% du prix de l'essence, ce sont des taxes. Et on peut décliner comme ça à l'envie. Donc les Français, je termine mon raisonnement, les Français payent des taxes pour financer des énergies plus chères et moins propres alors qu'on a le nucléaire qui est peu cher, extrêmement propre et qui a fait que la France a été le bon élève de la décarbonisation depuis des décennies.

17:11
Présentateur

Laurent Jacobelli, invité du 8.30 France Info. On se reparle après le fil info à 9h10. Voici Diane Ferschit. La Guadeloupe confinée depuis le mois d'août entamera dans une semaine, le 8 octobre, sa première phase de déconfinement. Annonce de la préfecture au vu, dit-elle, d'une diminution des indicateurs de l'épidémie de Covid. Depuis six semaines de suite, le couvre-feu sera relevé à 22h. Au lieu de 20h, actuellement, les limites de déplacement seront levées. Emmanuel Macron assure qu'il reviendra d'ici la fin de l'année dans l'arrière-pays, niçois, les vallées de la Roya et de la Vésubée, notamment frappées par des crues dévastatrices il y a un an, tout juste. Bilan 10 morts et 8 disparus.

Dans Nice Matin, le chef de l'État promet également un point sur l'avancée des travaux. Il n'est pas encore candidat, mais selon notre sondage, Ipsosop Rasteria pour France Info et le Parisien, aujourd'hui en France, Éric Zemmour se disputerait la deuxième place avec Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle. Le polémiste crédité de 15% des intentions de vote, presque deux fois plus qu'il y a un mois. La lutte contre les violences faites aux femmes et 401 bracelets anti-rapprochement ont été posés depuis le lancement du dispositif il y a un an. Selon le ministre de la Justice, ils ont donné lieu à 450 interventions des forces de l'ordre.

Attention aux pluies et aux inondations dans les pays de la Loire. Météo France place ce matin 5 départements, Vigilance Orange, de la Sarthe à la Vendée, 40 à 60 mm de précipitation sont attendus. France Info Le porte-parole du Rassemblement National, Laurent Jacobelli, est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Myriam Ancawa.

18:42
Invité

Oui, pour poursuivre à l'instant sur le nucléaire, vous nous dites plus propre, plus sûr et moins cher. Qu'est-ce qu'il faut en conclure ? Le programme de Marine Le Pen, c'est la relance du programme nucléaire. Il faut rouvrir des centrales, en développer davantage ?

18:55
Laurent Jacobelli

Mais évidemment que le nucléaire est une solution. Le nucléaire est une solution et c'est une folie d'avoir cédé à la pression des Khmer Verts en fermant des centrales nucléaires comme a fait Sonheim chez moi dans le Grand Est. Tout ça est aberrant parce que quand on ferme une centrale nucléaire, on construit derrière des éoliennes qui 25% du temps fonctionnent, mais le reste du temps il faut combler avec de l'énergie, de l'énergie qui nous vient des centrales à charbon d'Allemagne. Nous sommes dans une situation complètement aberrante où on fait du marketing vert, mais où au final la situation se dégrade en termes économiques et en termes d'impact sur l'environnement.

19:25
Invité

Mais l'idée même d'un mix énergétique à horizon des 30 prochaines années, ça vous le concevez ou on repasse au nucléaire complètement ?

19:31
Laurent Jacobelli

Mais le nucléaire est une énergie propre au moment où on cherche des énergies propres. Il doit faire partie de la réflexion et il faut arrêter avec les chimères. Les éoliennes c'est une chimère, ça pollue plus...

19:41
Invité

Les déchets nucléaires c'est pas une chimère non plus.

19:43
Laurent Jacobelli

Non mais vous savez qu'on fait beaucoup de progrès et c'est d'ailleurs en recherche et développement un axe où tiens, voilà, l'Union Européenne pourrait être utile si on s'associe à plusieurs pays pour maximiser le retraitement des déchets. Vous voyez il y a plein de choses à faire mais sur le pouvoir d'achat pour y revenir il y a d'autres choses à faire. Marine Le Pen a fait des propositions, elle veut rendre environ 150 euros par mois aux Français.

Et bien par exemple, la proposition qu'elle fait sur la redevance télévisuelle de la supprimer en privatisant les chaînes publiques, la proposition qu'elle fait sur les autoroutes pour rendre les autoroutes aux Français, tout ça, ça aboutira à du pouvoir d'achat. Je pense qu'il faut remettre... Ça coûte très cher les autoroutes. Non c'est faux, vous savez, il y a même des économistes qui nous disent que ça coûterait zéro parce que les contrats ont été tellement mal faits qu'on peut les dénoncer. On peut parler de plusieurs milliards d'euros. Non parce que vous incluez dedans les dettes. Or c'est bizarre de racheter une dette, honnêtement, dette qu'il faudra payer.

Mais une fois encore, vu les dividendes qu'on verse aux sociétés, parfois étrangères d'ailleurs, parfois espagnoles, qui gèrent les autoroutes aujourd'hui, croyez-moi, les Français verront très très vite le bénéfice de cette renationalisation.

20:42
Invité

C'est 150 euros de pouvoir d'achat redistribué aux Français ? Sous quelle forme vous augmentez le SMIC ? Ou c'est un chèque du gouvernement ? Comment ça se passe ? Et qui le perçoit ? Qui en est bénéficiant ?

20:50
Laurent Jacobelli

Mais tous les Français, d'ailleurs... Par exemple, un exemple. Vous savez qu'aujourd'hui, sur l'essence, il y a une taxe qui s'appelle la TICPE. Je n'ai pas envie d'être trop technique. Mais sur cette taxe, on paye une autre taxe qui est la TVA. Bon, ça c'est aberrant, par exemple, une taxe sur la taxe. Il faut arrêter ça tout de suite. Avec des mesures concrètes, plus celles que je vous ai dites tout à l'heure, il y aura, pour tous les Français... Pas les plus modestes, tout le monde. Tout le monde, mais pourquoi pas ? Alors, vous parlez du SMIC.

Mais vous savez, si on augmente le SMIC de 2-3%, mais que les charges à côté, les dépenses quotidiennes, augmentent de 10%, ça n'aura aucun intérêt. L'essence, par exemple, le 100 plomb 98, en un an, a augmenté de 17,5%. Vous pouvez faire la course au SMIC derrière, ça ne servira à rien. C'est le reste à vivre qui compte. Le reste à vivre, c'est quoi ? C'est une fois que vous avez eu votre salaire, que vous avez payé votre logement, votre énergie, l'école des enfants, la nourriture, c'est ce qui vous reste. Eh bien, c'est ce reste à vivre qui diminue comme peau de chagrin, et c'est là-dessus qu'il faut travailler.

21:40
Invité

Et l'assurance chômage, puisque c'est dans ce contexte que cette réforme est entrée en vigueur hier. Elle va toucher plus d'un million de chômeurs, c'est ce que dit l'UNEDIC. Chômeurs qui verront leur allocation baisser. L'objectif, c'est d'éviter les profiteurs du système. Elle est bienvenue, cette réforme ?

21:57
Laurent Jacobelli

Écoutez, s'il fallait vraiment éviter les profiteurs du système, je pense qu'au sommet de l'État, au moment où on a une quarantaine de ministres dont on s'étonne un peu de l'inactivité et de l'inaction quotidienne, on aurait sûrement des économies à faire. Moi, j'en ai un peu marre, je vous le dis très sincèrement, de ce président de la République qui tape sur les plus fragiles systématiquement. Comme s'il y avait une forme de mépris, un peu haineux même.

Moi, je ne comprends pas pourquoi on stigmatise aujourd'hui en France les chômeurs, peut-être pour cacher l'incapacité du président de la République à recréer une industrie française dynamique et donc créatrice d'emplois, à préserver une agriculture française plutôt que d'importer des denrées du bout du monde et préserver l'emploi agricole.

22:37
Présentateur

Là où il y a de grandes pénuries de main-d'oeuvre en ce moment, on le sait, vous faites quoi ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut payer mieux ?

22:44
Laurent Jacobelli

Comment on s'y donne ? Vous avez raison, il faut que l'offre s'adapte à la demande et que les salaires attirent les gens.

22:50
Présentateur

Les chefs d'entreprise doivent augmenter les salaires. Mais il faut aussi, quand il y a pénurie d'emplois,

22:53
Laurent Jacobelli

il faut aussi se poser la question de l'apprentissage, de l'adéquation de la formation professionnelle et de la formation des apprentis.

22:59
Invité

Vous reconnaissez que le gouvernement investit sur les questions d'apprentissage et de formation.

23:04
Laurent Jacobelli

Oui, mais investir c'est bien, réussir c'est mieux. Pour l'instant, il y a encore une vraie différence entre le besoin des entreprises et les formations qui sont délivrées. Donc là-dessus, il faut travailler aussi. C'est une question de formation ou de conditions de travail réellement ? Non, mais les conditions de travail, c'est aussi le cas dans certains secteurs très durs, comme le bâtiment par exemple. Et là aussi, il y a des progrès à faire.

23:24
Présentateur

L'hôtellerie, la restauration...

23:25
Laurent Jacobelli

Bien sûr, c'est très dur, mais c'est aussi souvent des métiers de passion. Et on voit bien que là aussi, il faut susciter des vocations pour ça.

23:32
Invité

La crise du Covid est passée par là. Et quand on interroge les gens, ils ne veulent plus de ces métiers qui sont trop pénibles. Quand on regarde ce qui s'est passé au Royaume-Uni, Boris Johnson, il a dû faire appel à la main-d'œuvre étrangère. Ah, nous y voilà. Alors, est-ce que vous dites ce matin aux chômeurs qui nous écoutent, aller dans les restaurants, prendre ces emplois-là ? Sinon, ce seront les étrangers qui les...

23:53
Laurent Jacobelli

Donc le seul choix que vous me laissez, c'est soit de parler comme Emmanuel Macron et de dire aux gens, traverser la rue pour trouver un bloc. Je vous laisse tous les choix. Soit d'accepter... Vous êtes libre dans vos réponses. Merci beaucoup. Soit d'accepter une politique immigrationniste dont on voit bien aujourd'hui le caractère terrible sur notre civilisation. Mais comment on résume cette question-là ? Je vais vous répondre quand même très clairement. Le taux de chômage parmi les populations immigrées est le double du taux de chômage sur la moyenne française.

Donc cette vieille lune que les immigrés viendraient en France, les migrants viendraient en France pour trouver du boulot est un mensonge. Donc je tords le coup tout de suite à cette légende.

24:26
Présentateur

Un vieux fondement du Front National.

24:28
Laurent Jacobelli

Mais c'est une réalité statistique. La majorité des flux migratoires vers la France sont dus aux étudiants, au regroupement familial. Et beaucoup de gens qui arrivent en France, légalement et surtout illégalement, mais aussi légalement, ils arrivent sans logement, sans travail. Donc il faut arrêter avec cette espèce de légende urbaine.

24:47
Présentateur

Eh bien merci, on va s'arrêter là-dessus. Merci à vous. Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National, invité du 8.30 France Info ce matin.