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Conférence de presseSarah Legrain· 17 juin 2025 303 minAutoproduitActualité / polémiqueCulture, médias & sportSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Colloque : Culture en danger

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 58 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous nous dire le constat que dresse le SYNDEAC sur les baisses de financement tant de l'État que des collectivités locales ? Quelles conséquences pour le spectacle vivant en France ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Quelles conséquences concrètes pour les travailleurs de l'art, les artistes, les techniciens, les intermittents ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quel est le constat que vous dressez vous, le SINAVI ? Comment l'assèchement budgétaire se répercute-t-il sur les compagnies et leurs membres ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Comment l'abandon du financement public de la culture met à mal les musiques actuelles ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les effets concrets des coupes budgétaires sur les MJC ?

  • 50:00OuverteRéponse directe

    Comment les attaques contre la culture s'articulent-elles avec celles contre la démocratie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Sarah LegrainFait
    « Nous sommes sans doute tous victimes d'une hallucination collective et finalement bah prenons bien finalement écoutons ce que nous dit ce gouvernement et son et le premier d'entre eux baou finalement le monde entier m sauf eux hein. »
  • 5:00Sarah LegrainFait
    « On a un point de bascule pour la culture, les arts. On aura peut-être des débats sur tous les mots qu'on peut employer pour parler de ce dont nous parlons. »
  • 18:00Joris MathieuFait
    « On a un gouvernement qui décide de mettre en place un budget d'austérité. Ce budget d'austérité, il a des conséquences directes sur le budget du ministère de la culture, quoi qu'en dise la ministre. »
  • 22:00Joris MathieuChiffre
    « Quand on regarde euh les premières projections de prévisionnel de l'activité en 2025, notamment dans le réseau des scènes labellisées, on voit une accélération par exemple de la diminution du nombre de levées de rideau de représentation organisée. »
  • 30:00Mélanie VindimianChiffre
    « Fin 2024 en novembre pour être précis, on a donc appris de manière assez soudaine et brutale la suppression de plus de 60 % du budget culturel de la région donc des pays de la Loire. »
  • 10:00Stéphane KraznevskiFait
    « 1 € qui manque à cet échelon, on va le retrouver sur toute la filière. »
  • 2:00Chiffre
    « la compagnie NNOVA a perdu 45000 € nets d'un seul coup de postes salariés que nous avons dû licencier »
  • 12:00Fait
    « la culture française se porte bien pourvu qu'on la sauve et c'est nous qui pouvons la sauver »
  • 28:00Chiffre
    « 75 % déclarent moins de 10600 € par an »
  • 0:15Fait
    « cette situation a mené depuis plusieurs années à la normalisation de l'exploitation des stagiaires, étudiants, alternant et encore services civiques »
  • 0:45Fait
    « On ne peut pas accepter de faire des économies sur le dos de ces jeunes qui finissent par sortir de formations parfois longues en étant motivé, compétent et certes formé, mais qui se retrouve à travailler comme beaucoup trop bénévolement »
  • 5:00Chiffre
    « Si je prends l'agenda de l'année dernière, en juin 2024, nous faisions 12 représentations. Cette année, nous n'en faisons plus que cinq »
  • 6:30Fait
    « il va falloir défendre les collectivités locales, qu'elles aient encore les moyens d'avoir des fonds pour soutenir des projets comme ça »
  • 9:00Fait
    « la musique classique à mauvaise presse parce que elle est aussi invisibilisée, on le sait, reléguée aux victoires de la musique »
  • 10:30Fait
    « il y a eu une grande charrette à France Musique parce que les budgets avaient diminué »
  • 20:00Fait
    « un agent des services de renseignement avait repéré une dame de cette association dans un rassemblement de soutien à des militants féministes »
  • 24:00Fait
    « l'extrême droite organise son offensive alors que malheureusement nous nous avons tendance à réagir »
  • 2:00Chiffre
    « 90 % du marché de l'édition appartient à seulement 10 groupes. Ces groupes prennent l'apparence d'une multiplicité de maisons. »
  • 6:00Fait
    « On connaît tous des cas de livres qui ont un impact surtout médiatique sans avoir été lu. La pierre récente du livre de Bardella par exemple. »
  • 1:00Fait
    « c'est de l'amour mais nous disons que c'est du travail payé »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Et bien écoutez euh je suis très d'ors et déjà très ému et très satisfaite. On verra si ça tient tout le long de l'après-midi mais en tout cas au moins face au monde que j'ai face à moi. Euh je suis très heureuse de vous recevoir ici, de vous recevoir entre ces murs de l'Assemblée nationale et de vous recevoir aujourd'hui.

Bah déjà aujourd'hui parce que c'est pas totalement un hasard du calendrier non plus. Nous sommes précédemment un jour spécial, le jour de lancement de très grosse, on l'espère, mobilisation nationale pour la culture, des mobilisation qui vous faudra d'ailleurs rejoindre dès la suite de notre dès la fin de notre après-midi à République par exemple et surtout les jours les prochains jours dans l'ensemble du territoire jusqu'à dimanche des mobilisations qui sont soutenues par un très grand nombre d'organisations diverses du monde de la culture et qui sont bien à l'image, je pense aussi de l'état un peu de catastrophe et d'urgence dans lequel nous nous trouvons. Alors, c'est un plaisir de vous recevoir aujourd'hui, mais aussi de vous recevoir ici entre ces murs de l'Assemblée nationale, cette fameuse maison du peuple qui ne l'est pas si souvent que ça et qui devrait normalement être un lieu tout à fait naturel pour accueillir, porter la voix de toutes les mobilisations du pays et particulièrement bah porter la voix de la culture et des arts et de la culture.

Et il n'est pas anodin que ce soit entre ces mêmes murs. Il y a 2 jours à peine Rachidati est encore affirmé très tranquillement face aux questions du président de la commission des finances Éricel et à mes propres questions que non pas du tout le budget de la culture ne baisse pas circuler il y a rien à voir. Nous sommes sans doute tous victimes d'une hallucination collective et finalement bah prenons bien finalement écoutons ce que nous dit ce gouvernement et son et le premier d'entre eux baou finalement le monde entier m sauf eux hein.

C'est aussi entre ces murs et je pense que on peut pas ne pas le rappeler c'est entre ces murs de l'Assemblée nationale que passe ou ne passent pas les budgets. C'est entre ces murs qui sont maintenant par une coutume qui commence à être bien et dont nous pouvons parler que les budgets sont passés à coût de 493 hein, donc sans vote de l'Assemblée nationale et parmi ces budgets budgets bien le budget de la culture les de l'audiovisuel public des des médias des industries culturelles qui font partie de ces budgets imposés par 493. Alors, ça passe pas toujours puisque c'est aussi entre ces murs qu'on a fait tomber le gouvernement Barnier en décembre dernier.

C'est toujours utile de s'en rappeler que la représentation nationale a eu cette ce pouvoir-là et peut l'avoir à nouveau. entre ces murs que en tout cas pour ma part pour le groupe auquel j'appartiens la France insoumise et pour une majorité du nouveau Front populaire qui est la coalition sous l'étiquette de laquelle nous avons été élus, nous censurons et cherchons à continuer à censurer des gouvernements qui nous semblent illégitimes pour mener les politiques qu'ils sont en train de mener. Enfin pas seulement qui nous semblent mais qui le sont puisqu'ils n'ont pas de majorité.

Et c'est aussi entre ces murs que s'exprime un fait majeur dans le pays. Qu'est que quand un gouvernement est immunoritaire, n'est pas issu de la force qui est arrivée en tête aux dernières élections, et bien il n'a pas beaucoup d'autre marge de manœuvre que de faire alliance avec l'extrême droite. Et c'est aussi à cela qu'on assiste au sein de ces murs régulièrement et qu'on assiste dans l'ensemble du pays.

Et ça se voit quotidiennement et je ne peux pas ne pas le mentionner, ça se voit quotidiennement, douloureusement et ces jours-ci ça se voit avec hier, aujourd'hui de nouvelles surenchères racistes islamophobes qui nous apporte aussi la démonstration de cette conjonction en cours entre un libéralisme autoritaire et une extrême droite qui lui donne aussi des possibilités d'assise, d'imposition d'une politique néolibérale, mais aussi d'imposition de cette politique par l'autoritarisme et aussi par la division du peuple. et je ne pouvais pas voilà commencer ce colloque comme si les questions que nous allions aborder là étaient complètement séparées de ce qui se passe dans cette enceinte qui devrait être certainement pas le seul parce qu'on croit beaucoup à la démocratie sociale dans mon dans dans mon dans mon groupe et à la question de la démocratie par la rue aussi mais c'est un des lieux de la démocratie c'est un des lieux où nous voyons ce qui est voilà ce qui est en train d'être fait ça compte parce que la vie politique n'est pas du tout extérieure au sort de la culture et puis parce que le sort de la culture n'est pas sans lien du tout avec l'état de notre vie politique et de notre démocratie, j'en suis convaincu. Alors oui, on est à un point de bascule euh je crois que beaucoup de choses le montrent et on a un point de bascule pour la culture, les arts.

On aura peut-être des débats sur tous les mots qu'on peut employer pour parler de ce dont nous parlons. Mais en tout cas, ce qui est clair, c'est que ces mots-l, ils ont quelque chose à voir avec la question de la démocratie. Et les attaques qu'on a aujourd'hui contre la démocratie, contre la souveraineté populaire, ce sont aussi des attaques qui se traduisent dans le champ de la culture parce que sans doute elle a quelque chose de très fort à voir avec la démocratie.

Elles sont multiples, elles sont multiformes. Je vais pas tout détailler déjà parce que ce sera l'objet de la table ronde, mais elle combine, je crois qu'il faut le dire d'emblé à la fois un clair désengagement de l'État et des autorités politiques en général parce que c'est aussi au niveau des collectivités territoriales. Et ce désengagement ne signifie pas une absence de discours parce que avec ce désengagement va un discours politique, des discours politiques hostiles qui s'emprennent ouvertement aux arts, aux artistes et qui développent en parallèle leur propre conception de ce que devrait être la culture.

Derrière les mensonges de Rachti qui a encore osé prétendre que donc il n'y avait pas de coupe, il faut pas louper un autre discours qui est aussi présent dans son sa propre prise de parole qu'un discours plus offensif qui en réalité est en train d'assumer les couples, de les glorifier et de les justifier. Que ce soit du côté de Rachidati, du côté de Christelle Moranet, des représentants de l'extrême droite officielle, on voit apparaître un discours qui justifie les coupes et la casse du service public par une certaine vision de la culture. Alors, pas seulement, ça on le sait, on a l'habitude, pas seulement une certaine culture morte réduite au patrimoine et à une certaine vision du patrimoine parce que nous en avons une autre, de préférence un patrimoine religieux, privé, bon, trié sur le sur le volet, mais aussi une vision de la culture consumériste que j'aurais envie de dire dans un néologisme un peu dangereux puis du fouisé, j'ai réussi à le prononcer, c'est-à-dire phalcieusement présenté comme populaire, ce qui permet de réactiver un vieux discours sur l'opposition. entre les ides culturelles et les aspirations populaires et les cultures populaires.

Donc fallacieusement présenté comme populaire. En réalité tout à fait soumise non pas à la volonté populaire mais aux logiques de marché et à la main mise de certains agents économiques qui sont les bras armés de cette idéologie réactionnaire. Quelques noms seront prononcés au cours de cette table ronde comme par exemple celui évidemment de Boloré.

C'est pourquoi on doit réussir à faire aussi bien le constat de la casse en cours que penser ensemble et parce qu'il est temps et que c'est urgent et que vous y travaillez toutes et tous d'ors et déjà une un renouveau, une refondation du service public, son refinancement, la reconnaissance aussi du travail artistique au service de l'intérêt général, l'intérêt populaire, d'une expérience de la culture et des arts qui soit accessible à toutes et tous. d'une vitalité, d'une diversité artistique et culturelle qui est justement sans doute un outil essentiel pour nous fournir des anticorps et des armes dans la riposte antifasciste face à la bataille culturelle qui est menée par l'extrême droite. Donc c'est pourquoi j'en viens à l'annonce de notre programme.

On va avoir évidemment une première table ronde qui sera évidemment totalement désespérante qui portera sur le le sacrifice de la culture par l'État et les collectivités. Faut pas s'attendre à ce que ce soit très joyeux parce que ce sera le triste bilan de la situation, les désengagements budgétaires de l'État et des collectivités, les offensives stéritaires assumées, mais aussi les logiques marchandes. Je pense que c'est important de tenir tout ça ensemble.

Peut-être qu'il sera question d'ailleurs de pass culture ou en tout cas de façon dont des politiques qui ont été présentées comme des politiques culturelles sont en réalité des politiques au service d'un transfert massif du service public vers quelque chose d'autre et qui peut-être est un peu moins au service de l'intérêt général. La deuxième table ronde parlera davantage des alternatives. Là, c'est le moment, chers intervenants, intervenantes où je vous mets la pression pour nous donner de l'espoir.

Quel service public de la culture qui soit réellement émancipateur, accessible à toutes et tous, avec quel moyens, quel moyen de financement, mais ça veut dire aussi quelles écoles pour former les artistes de demain ? Comment on reconnaît cette valeur du travail artistique ? Quel droit ? des droits à étendre sans doute des droits et des protections pour les intermittents du spectacle mais aussi comment on en invente de nouveau.

Et là on devra pas oublier la question qui qui prend une place importante dans le pays aujourd'hui et pour cause qui est celle des artistes auteurs et de la façon dont leur travail artistique est reconnu et la façon dont des droits peuvent leur être trouvés par exemple à travers la continuité de revenus qui est défendue par la France insoumise. Et enfin, la troisème table ronde portera sur cette fameuse repost à l'extrême droitisation parce que évidemment on nassiste pas seulement à une sorte de montée inexorable d'un bloc qui serait voilà homogène, celui de l'extrême droite et qu'il faudrait combattre parfois par tous les moyens en s'unissant avec tout et n'importe quoi sur tout et sur la base de tout et n'importe quoi comme programme parce qu'attention l'extrême droite est là et qu'il faut la combattre. Maintenant, on est face à un processus d'extrême droitisation qui fait que et bien les idées de cette extrême droite, les projets politiques de cette extrême droite sont en train d'infuser.

Alors, plutôt par le haut hein, vous le savez que le poisson pourrit par la tête et on en voit régulièrement la démonstration. Donc effectivement, c'est plutôt par les élites politiques, économiques, médiatiques que s'infuse cette extrême droitation dans la société. Mais du coup, elle prend la forme d'une bataille culturelle et d'une bataille culturelle contre la culture évidemment. et on a des ponts à faire entre bah les atteintes à la démocratie hein qui sont déjà d'ors et déjà en cours et qui déroulent le tapis rouge à l'extrême droite qui sont par exemple les 10 dissolutions d'association he je peux pas ne pas évoquer bien sûr tout récemment les menaces de dissolution de la jeune garde d'urgence palestine ou de toute autre association militantes les atteintes à la liberté d'expression la liberté de manifester la liberté d'opinion mais en fait tout ça a une traduction aussi dans le champ artistique avec des phénomènes domaine de pression, de censures, d'ingérance, de coupes budgétaires qui sont pas seulement des coupes budgétaires, voilà, qui sont aussi des gestes politique hein.

On pense à petite idée court tragem qui a eu le malheur d'utiliser l'écriture inclusive dans ces dans ces programmes et ben voilà, c'était une justification pour leur couper des des financements et donc on a besoin d'analyser mais là le but aussi c'est pas que de nous déprimer. Donc dans cette trisème table ronde, d'un même coup, on analyse la situation mais on montre aussi comment s'opère les résistances et comment ça nous apporte une démonstration que du coup le secteur des arts et de la culture s'il est si ciblé, c'est bien parce qu'il est essentiel à la riposte antifasciste et qu'il doit en fait en faire aussi peut-être sa boussole en en veillant à être aussi ce lieu où se s'opère la ripost et la révolution antiraciste féministe anti anti fasciste dont on a besoin. Et donc on travaillera évidemment sur ces sur ces questions là dans la dernière table ronde et je crois que c'est une tâche importante.

Voilà, une tâche lourde que nous donnons aujourd'hui. Je voudrais pas terminer sans évoquer, sans soulever deux points importants parce que sinon je m'en voudrai. Le premier point, c'est vous savez mieux que moi que les termes d'art et de culture englobent bien des domaines. les arts plastiques et visuels, le spectacle vivant, les arts de la rue, le patrimoine, la musique enregistrée, l'audiovisuel public, le cinéma, l'édition, la culture scientifique aussi qui est aussi une forme de culture.

Ça concerne aussi bien la question de la création, de la formation, de la pratique artistique, de l'accès de toutes et tous à la culture, des droits culturels. Tous touses ces choses-là sont contenues derrière l'idée les idées d'arrêt de culture. Ce sont des réalités économiques et professionnelles qui sont extrêmement diversifiées.

Qu'on parle de service public ou d'industrie culturelle, qu'on parle d'établissement public, de structures labellisé, de petites compagnies indépendantes, d'associations locales, de collectifs informels, qu'on parle des intermittents du spectacle, des artistes auteurs, des auto-entrepreneurs. Et donc c'était effectivement une gageure compliquée de la programmation de cet événement parce qu'évidemment on peut pas tout mettre dans un programme dans une dans les programmes de table ronde. On a essayé qu'un peu tout puisse être entendu mais on a dû faire des choix et évidemment ces choix et bien ils appellent des choix à venir pour pouvoir prolonger sur certaines choses qui sans doute méritent parfois aussi des tables rondes en tant que tel.

Donc qu'on pourra qu'on évoquera, j'évoquerai en conclusion les choses qui nous qui ressortent aussi mais il va soit que sur la question de l'industrie culturelle et notamment le cinéma. En plus, on est en plein canne. Ça me paraissait évident qu'il fallait peut-être prévoir des temps spécifiques.

La question de la du combat pour la continuité de revenir des artistes auteurs, évidemment, elle mérite aussi des temps de travaux de réflexion de débats spécifiques, àfin à creuser. Ça veut pas dire qu'on en parlera pas là. Euh et puis euh je crois que cette question aussi de la lutte contre l'extrêmeorisation, elle peut pas faire l'économie d'un sujet qui me tient à cœur, que j'essaie de travailler et que euh j'aimerais pouvoir faire advenir aussi à l'Assemblée nationale euh qui est euh la question de comment euh la la culture vraiment fait sa révolution antraciste et aussi euh s'interroge sur sa propre diversité.

Je pense que ce sujet doit être doit être traité, qui pourra être évoqué dans la troisème table ronde tout à l'heure, mais que évidemment ça ce sera pas épuisé par ce programme- là, ça ne pourra pas l'être et que c'est des travaux qu'il faudra poursuivre. En tout cas, aucun choix n'a été opéré dans le public. Donc cette diversité du public aussi sera ce qui permettra dans les échanges de pointer tous les les fils qui on doit continuer à tirer et les autres événements.

Voilà. Et le deuxième point important évidemment parce que j'aime pas attendre la conclusion pour le faire parce que plus personne n'écoute dans les conclusions, c'est les remerciements. Parce qu'un événement comme ça, c'est pas du tout un événement individuel.

C'est un événement collectif. C'est un événement qui peut pas exister sans le travail collectif. Alors évidemment le travail de mon équipe.

Donc je salue Delphine avec qui vous avez été beaucoup en lien, Mywen, Anaïs Félix et Hendric qui sont là à votre service aujourd'hui. Et c'est sûr que avec l'agenda qu'on a eu ces derniers temps sans et eux, c'était absolument pas possible de tenir cette journée. Je remercie aussi Martin Mendarat et Mathilde Louvin.

Où êtes-vous ? Montrez-vous. Ils sont là.

Ce sont les animateurs du groupe thématique culture de la France insoumise et qui ont beaucoup aidé aussi à la conception du programme, à au contact, à la mise en commun des contacts et qui vont avoir un rôle décisif et difficile aujourd'hui parce qu'ils vont vous passer la parole dans la salle. Donc effectivement, quand vous si vous représentez bon, ils ont déjà fait des repérages hein, mais vous représentez une organisation qui aimerait pouvoir s'exprimer, une lutte en cours et cetera, c'est vers eux que vous vous tournez pour que pour qu'on vous fasse de la place dans les les temps d'intervention qui sont prévus après chaque table ronde. Euh évidemment, je remercie mes collègues députés qui vont animer ces tables rondes.

Donc, vous avez Nathalie Oziol qui est présente. Vous avez, vous pouvez l'applaudir, c'est député de l'héros. Vous avez Adrien Clou qui est mobilisé en ce moment même enfin pour en vue de la reprise en hémicycle parce qu'il est chef de fil sur le texte fin de vie où voilà des combats importants à mener et donc il nous rejoindra pour l'animation de la deuxième table ronde et vous avez vous pouvez l'applaudir aussi il y a pas de problème.

Et vous avez Raphaël Arnaud qui animera, c'était vous le savez une forme de logique cette troisème table ronde sur la résistance à l'extrême bruttisation et bon qui lui aussi doit être là mobilisé plein de sujets de mobilisation en ce moment mais qui sera bien avec nous pour la pour la 3è table ronde. Je remercie aussi vous avez Emmanuel Fernandez, mon collègue de Strasbourg qui assiste aussi au colac et je crois qu'il y a aussi des cabinets qui été envoyés et si vous voyez pas beaucoup de députés en tout cas de la France insoumise, dites-vous que c'est parce qu'ils sont on reçoit des messages d'alerte toutes les 5 minutes pour aller voter et battre des amendements d'extrême droite. Donc moi, j'ai une petite dispense là mais les autres collègues doivent doivent y aller.

Et quant aux collègues des autres groupes politiques, ils ont été invités, informés tous sauf l'extrême droite évidemment et enfin qui fait bien ce qu'elle veut mais ça la regarde et et donc parfois leurs cabinets aussi sont présentés. Ils ont pas forcément toujours pu se rendre disponible mais en tout cas sachez qu'ils étaient bien évidemment euh invités. Voilà évidemment je remercie les intervenants y compris celles et ceux qui ont dû annuler à la dernière minute.

Donc j'ai une petite pensée pour Tamara Saad. Donc vous aviez peut-être vu le nom dans les premiers programmes et qui là est souffrante, donc vous pouvez pas être là aujourd'hui. Euh mais qui je sais que le l'initiative intéressait et puis merci à vous tous et toutes les les participants.

Euh je dis juste que en regardant comme ça la liste des inscriptions, est-ce que vous avez noté et en en regardant aussi mes intervenants, je suis assez heureuse de la diversité de toutes les organisations. Si je vous fais une liste, je vais forcément en oublier. Mais bon, on a on a la CGT spectacle, on a des différents collectifs de culture en lutte, on a les écoles d'art et design en lutte, on a le SNAT donc Sneat CGT, Snap CGT, SNG CGT pour la lutte effectivement notamment pour l'audiovisuel public, le SNLA FO et je crois que la Fnac elle-même est représentée.

En tant que tel, on a Sud Culture Solidaire, on a le SINAVI, le Cindéac, la SMA, le SMMA pardon, la CDN, l'UFISE, scène Ensemble, l'ARPE, la SRF, débordé Boloré, le SPI, la Ligue des auteurs professionnels, l'ANRAT, la gamme, je pense que j'en ai oublié plein d'autres mais pour vous donner une idée du nombre de personnes qui sont intéressées à ce colque et qui du coup s'ils ont pas forcément la parole depuis la table ronde et qu'on à qui on essaiera de donner la parole dans le dans le public, mais en tout cas avec qui on a envie de continuer à travailler et qui je pense témoigne euh voilà de l'intérêt. On a aussi des structures qui sont alors soit représentées en tant que tel, soit par des gens qui y sont et parfois ils luttent. On a la GT lyrique évidemment et ça fait plaisir qu'elle soit là.

On a le Ouais. OK. On a le forum des images qui est en lutte aussi.

On a il me semble le café de la gare, le théâtre studio d'Alforville. On a des salariés de la des personnes qui représentent la BNF. On a Univers Science, on a le musée de l'histoire et de l'immigration si je me trompe pas et j'en ai sans doute oublié plein mais c'est pour vous montrer aussi voilà votre propre diversité que je salue et pour laquelle je vous adresse tous mes remerciements et on va pouvoir passer au vif du sujet.

Je vous remercie. Bonjour à toutes et à tous. Donc je suis Nathalie Oziol, députée de la 2e circonscription de l'héros élu à Montpellier.

J'ai le plaisir d'animer cette première table ronde sur la culture sacrifiée par l'État et les collectivités. Alors le plaisir entre guillemets hein du coup mais en état des lieux obligatoires me semble-t-il au vu du contexte actuel. Avec moi pour en parler donc nous avons Joris Mathieu, Mélanie Vindimian, Emmanuel Gourvic et Stéphane Kraznevski.

Donc je vous demande de faire un tonner d'applaudissement pour nos invités. Je tiens à remercier Sarah Legrain pour l'organisation de ce colloc. Nos équipes parlementaires qui ont été mobilisées depuis plusieurs jours voire semaines, les équipes techniques, le groupe de travail de la culture de la France insoumise et évidemment le public, vous pour votre présence.

Alors, avant de pouvoir tracer des perspectives pour un service public de la culture refinancée, soutenu, émancipateur, accessible pour toutes et tous, avant de penser ensemble la place centrale et décisive de la culture dans le combat contre la fascisation, il faut faire ce bilan inquiétant de la situation. C'est une situation qui est catastrophique parce qu'elle est marquée par le désengagement budgétaire de l'État et des collectivités, par des offensives austéritaires assumées contre la culture et qui s'accompagnent de discours et de dispositifs hostiles aux services publics et favorables au marché. Je suis obligée de parler par exemple de la situation dans mon département, celui de l'héros où ces offensives austéritaires se sont traduites par des annonces brutales de suppression des subventions.

En janvier, le président du département annoncé vouloir supprimer 100 % des subventions non obligatoires à la culture. À partir de là, il y a eu de très grandes mobilisations, on peut l'imaginer, des actrices et des acteurs de la culture, des manifestations, des rassemblement qui ont vu plusieurs centaines de personnes se rassembler à chaque fois jusqu'à un rassemblement devant l'hôtel du département le jour du vote du budget, le 23 mars. Cela a fait que le président du département a dû revenir sur ces déclarations, mais la situation n'est toujours pas satisfaisante.

La déclaration officielle, c'est que il n'y aura une baisse que de 16 % du budget par rapport à l'année précédente. Ce que ce qui signifie que ce budget reste réduit en diminution. Et par ailleurs, on en discutait avec des intervenantes et des intervenants de l'héros, mais ça veut dire qu'on ne sait pas en fait où vont être.

Il y a une une opacité qui fait qu'on ne sait pas où vont être ces coupes. Oui, c'est renversant. Tout le monde est là.

Donc 16 % de baisse, ça veut dire qu'il reste à savoir comment cela se traduit dans les faits pour la culture dans le département de l'héros. Et en fait concrètement, ce sont par exemple pardon, ce sont par exemple une baisse estimée de 90000 heures d'intermittence, donc 90000 heures d'intermittence en moins en 2025 dans le secteur de la culture et près de 180 emplois à temps plein qui disparaîtront. Donc le département de l'héros figure sinistrement en tête de liste des lieux les plus touchés par ces coupes budgétaires.

Je remercie celles et ceux qui ont fait le déplacement depuis l'héros pour assister aujourd'hui à ce colloc qui sont engagés dans la défense de la culture sur le territoire dans différentes structures telles que le la coordination des intermittents et des intermittentes et des précaires ou encore le syndicat SINAVI. Et à mon tour, je dis que vous êtes beaucoup d'organisations, de structures présentes cet après-midi. Un certain nombre va pouvoir intervenir, mais je vous encourage à prendre la parole, à réagir à la suite de cette table ronde.

Donc première table ronde qui va nous permettre d'échanger sur les conséquences de ces politiques budgétaires au niveau national, au niveau des collectivités, sur la diversité artistique et sur l'accès à la culture pour toutes et tous. et je me tourne en premier lieu vers Joris Mathieu. Donc vous êtes auteur, metteur en scène, directeur du théâtre Nouvelle génération de Lyon.

Vous êtes aussi coprésident avec Claire Guè du Saintéac, le syndicat national des entreprises artistiques et culturelles. Question : Pouvez-vous nous dire le constat que dresse le syndéac sur les baisses de financement tant de l'État que des collectivités locales ? Quelles conséquences pour le spectacle vivant en France ?

Plus spécifiquement, quel témoignage pouvez-vous nous donner de la situation en Auvergneur Ronalpe, terre de Laurent Voquier, où l'austérité s'accompagne de certains discours politiques hostiles au service public de la culture et je propose 10 minutes pour que tout le monde puisse intervenir là. Voilà. Euh bah peut-être pour commencer déjà avant de parler des conséquences des des coupes très récente euh peut-être il faut déjà partager quel était le la situation avant même ces coupes.

Euh notre secteur il était déjà dans d'immenses difficultés. Pour donner des éléments un peu objectifs, faut se dire que par exemple de la Cour des comptes, on va à diagnostiquer que en 10 ans à subvention égale reconduite annuellement, notre secteur avait perdu 25 % de son pouvoir d'action. Donc déjà la situation était était était mauvaise.

On sait ce qui s'est passé aussi avec la période qui a été celle du Covid qui a été à postériori aussi un un révélateur de comment était considéré la culture dans dans notre société. Euh et donc là, on se sont accumulé des annonces. Je je pense que tout le monde connaît à peu près le tableau, je le schématise assez rapidement.

On a un gouvernement qui décide de mettre en place un budget d'austérité. Ce budget d'austérité, il a des conséquences directes sur le budget du ministère de la culture, quoi qu'en dise la ministre. Euh et il a aussi des conséquences sur le le budget des collectivités.

Et là, on a on a en face de nous une diversité d'élus qui pour certains, comme vous le disiez, vont se servir du paravant de cette crise économique pour mettre en œuvre une idéologie, une idéologie qui est celle de la démolition. Alors là, on venait là pour parler de la culture et c'est vrai qu'elle est particulièrement attaquée comme les sciences, la recherche et l'université parce que ce qui et je veux pas empiéter sur la troisème table ronde mais ce qui crée les conditions de résistance euh à la diffusion d'un discours de droite extrême doit être combattu prioritairement. Mais globalement, c'est l'ensemble des services publics qui sont attaqués parce que c'est un gouvernement qui à travers cette politique austéritaire vise finalement la réduction des services publics voir leur externalisation complète.

Ça c'est un peu le tableau général. Et donc dans les collectivités, on a des élus qui pour certains ou certains euh portent idéologiquement ses ses coupes et pour d'autres subissent des injonctions de d'économie budgétaire fixée par l'État et qui tentent d'amortir au maximum les effets sur tel ou tel secteur mais ne peuvent pas neutraliser l'intégralité des économies qui leur sont demandées. Moi je tiens à ce qu'on ne mette pas tout le monde non plus dans dans le même panier.

Mais en tout cas, ça crée un contexte terrible. Par ailleurs, ce qu'il faut aussi avoir comme image, c'est que alors quand on dirige un lieu ou quand on dirige une équipe artistique, quand on est victime d'une d'une coupe de subvention, donc quand on perd 1 € de subvention, ça impacte l'activité et donc ça génère une autre baisse de revenu qui est une baisse de recettes. on fait moins de spectacle donc on accueille moins de public donc on a moins de recettes propre on produit moins de spectacle donc on peut moins vendre ses spectacl donc on a moins de recette propre de billetterie de vente de spectacle et donc les coupes de de subvention ont un double effet qui crée une contraction du marché et ça se traduit en un en en acte et en chiffre.

Euh la ministre peut dire ne pas avoir les mêmes chiffres que nous, mais il n'empêche que quand on regarde euh les premières projections de prévisionnel de l'activité en 2025, notamment dans le réseau des scènes labellisées, on voit une accélération par exemple de la diminution du nombre de levées de rideau de représentation organisée. Ça ne reste que des estimations. On n'est pas à la fin de l'année, il y a toute une partie de l'activité qui n'est pas projetée. quand même le prévisionnel par exemple sur un label comme les scènes nationales euh qui regroupe 78 scènes en France qui sont des scènes majeures pour la diffusion du théâtre et du spectacle vivant laisse penser que en un an entre 2024 et 2025 c'est 1000 représentations de moins qui vont être organisées.

C'est l'équivalent de la diminution qui a eu lieu en 5 ans les années précédentes cumulées entre 2019 et 2024. C'est pour donner un ordre d'idée de l'accélération. On retrouve à peu près ces mêmes ratios et ces mêmes proportions sur ce qu'on appelle la coproduction, les moyens que les lieux peuvent investir dans les projets des équipes artistiques pour soutenir bah le financement du salariat, du travail des artistes en création.

Là, on a aussi une accélération de la chute qui est difficile à estimer précisément mais qui sera entre 30 40 %. Donc c'est énorme en une année, c'est énorme. C'est une chute libre, vertigineuse.

Donc les conséquences sur les emplois, elles sont faciles à projeter. On nous interroge souvent en nous demandant est-ce que vous pouvez nous donner des chiffres compris ? Combien d'emplois vont disparaître réellement ?

C'est très compliqué puisqueen fait l'emploi des artistes, il est fragmenté. On n'est pas concerné que par les couples locales. Euh on peut être implanté sur un territoire, être un peu impacté par les coupes locales ou avoir la chance de vivre sur un territoire relativement protégé.

Mais en fait, on est dépendant d'une activité que l'on mène de manière nomade dans l'ensemble des territoires. Donc moi, ce que j'essaie de donner comme chiffre repère et c'est ce qu'on fait avec notre syndicat et je crois que c'est le constat que font tous les collègues de tous les syndicats, c'est que on se base sur ce qui a été euh établi comme revenu médiant dans pour un actif dans la culture. En 2023, ça a été mesuré par ce qu'on appelle le DEPS.

Euh et ce revenu médian, il était évalué à 19500 € par an, ce qui est déjà 20 15 à 20 % inférieur au revenus médian global en France. Bah, dites-vous que chaque fois que 20000 € de coupe sont produites, bah c'est un emploi qui est menacé. Donc ça va vite hein.

Ça ça c'est c'est ça ça donne le ça donne le vertige quand on projette la case qui va se produire et dont on va vraiment se rendre compte avec un peu de différé dans 6 mois 1 an. C'est là qu'on va vraiment prendre la mesure de l'écatombe qui est en train de se produire. Donc voilà.

Alors après, j'ai oublié la suite. Ouver Renalpe, bien sûr. Euh ma passion.

Euh euh bon que dire ? Ce qui s'est ce qui a commencé à se produire il y a 2 ans en Auvergne Renalpe avec Laurent Voquet à l'occasion de son deuxème mandat, c'est qu'il y a eu quelque chose qui s'est décomplexé. Euh il a fait un premier mandat à la présidence de région où finalement il a voulu donner l'impression qu'il n'allait pas être très offensif mais némoins il l'était déjà et il l'était et je dois le dire nous acteurs culturel d'over une Ronalpe on doit reconnaître l'erreur qui a été la nôtre de ne pas avoir été suffisamment alerte pour réagir aux premiers signaux qui s'allumaient des coupes qui se pratiquaient sur des festivals qui menaient une programmation LGBTQ dans pour des festivals de films, des pressions qui pouvaient avoir lieu.

Moi, par exemple, à la direction de mon lieu, j'ai été menacé d'une première fois de coupe totale de subvention par les lobby intégristes catholiques en raison des sujets et des artistes qui étaient associés à mon projet. Euh à cette époque, on m'a apporté des garanties selon lesquelles euh ces lobby ne seraient pas suivis. Et en effet, ma la subvention pour notre lieu a été maintenue.

Cette époque, j'ai fait le choix de ne pas le rendre public parce que je me suis dit que le dire créé un phénomène d'autocensure parmi les collègues et une réflexion accrue sur qu'est-ce que je programme, qu'est-ce que je ne programme plus. à postériorie, je le dis, c'était une erreur. Il faut réagir immédiatement.

Donc à la deuxième vague qu'on a connu à l'occasion du deuxème mandat, quand on a vu ce qui se pratiquait, je vais pas revenir trop dans les détails mais vous pourrez aller vous renseigner pour celles et ceux qui ne connaissent pas la situation. J'avais publié à l'époque sur le site de notre syndicat une tribune qui s'appelait Ouverrunalpe, une région gouvernée par la culture de la peur. Euh, on a vu une mécanique se mettre en œuvre et à travers l'attaque en règle sur la culture avec une première vague de coupe de qui a touché 140 structures différentes à l'échelle d'Overn Ronalpe pour près de 5 millions de coupes de subventions.

On voyait que c'était au-delà de ça un tout un mécanisme qui se mettait en place pour montrer que le pouvoir de subvention était un pouvoir de contrôle sur les contenus sur les projets parce que on ça nous faisait ressentir qui avait le pouvoir de vie ou de mort des des associations culturelles. Ça crée la peur puisque finalement ça fait terre tout le monde. Plus personne n'ose parler parce que tout le monde a peur de faire partie du deuxième wagon.

Pourquoi je raconte ça ? Parce que ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui, c'est exactement la même chose mais étendu à l'ensemble du territoire. 2 minutes.

Je crois que j'ai dit à peu près l'essentiel, mais à ce moment-là, pour moi, c'est un point de vue, une analyse que je vous partage. Qu'est-ce que tentait de faire le renvoquer à ce moment-là dans sa région ? Il tentait de voir dans quelle mesure sur un secteur sur lequel il n'avait pas de compétence obligatoire en terme de financement, il pouvait aller entrer en conflictualité avec l'État. et créer une politique autonome, montrer son indépendance et exercer son pouvoir.

La question qui était la sienne, c'est quel intérêt j'ai à cofinancer des choses que je ne pourrais pas revendiquer de manière paternaliste comme en étant le commanditaire, le généreux donateur euh qui du coup fait ruisseler sur les populations quelque chose qui leur qui leur convient et donc dont je pourrais retirer les bénéfices par la suite. En gros, la technique était celle-là. Mais c'était aussi un test parce que toute volonté d'exercer le pouvoir de manière autoritaire a besoin d'abord de générer le désordre et le chaos et qu' a un désir, il y avait un désir de déstabiliser ce qui était institutionnalisé.

Et je le dis parce que je pense que c'est un point de méfiance à avoir pour nous toutes et tous. Nous avons aussi un rôle majeur à jouer pour défendre la valeur de nos institutions également leur valeur fondamentale intrassèque. On a un devoir majeur pour que ces institutions ressemblent à ce que notre société est donc à les faire se transformer.

On a un enjeu à les défendre et à ne pas laisser encore une fois le le l'extrême droite se servir de ce terrain là de manière populiste pour mener son combat culturel. Je finirai par une chose puisque Sarah Lein en introduction reparler de cette audition de la ministre euh que j'ai regardé avec attention aussi et je rejoins évidemment les premiers constats énoncés. Mais j'ai été marqué par une chose au-delà de des mensonges renouvelés et de du langage employé.

Euh c'est cette tentation de vouloir donner l'impression à l'opinion publique que la culture coûte cher. La manière dont été dit que le budget alloué à la création et donc au spectacle vivant était d'un milliard était une manière de le dire associée à c'est important la transparence pour les pour la population. Il faut que les gens savent à quoi servent leur argent.

Et le sous-entendu c'était que c'était un montant énorme. Et c'est vrai que pour nous toutes et tous, pour les gens qu'on croise au quotidien, quand on entend des sommes comme 1 milliard, mais ça nous dépasse parce que nous on n'est pas habitué à ces sommes à plusieurs chiffres et on n pas de bijoux dans nos tiroirs qui ont des sommes à plusieurs chiffres. Mais qu'est-ce quelle question je me suis posé ?

C'est quoi un milliard d'euros ramené à la population française ? On est environ 65 millions d'habitants, 68 millions, je ne sais plus exactement. Mais quand on fait le calcul, vous ramenez 1 milliard divisé par le nombre d'habitants, ça fait 14 € par personne. 14 € qui permettent d'avoir des centaines de lieux culturels ouverts qui fonctionnent, un soutien à la création d'œuvres nouvelles qui sont créées, un soutien au prix du billet pour que les salles restent accessibles à toutes et à tous.

Alors, je vous laisse imaginer si vous à la place vous pouviez récupérer vos 14 € d'impôt ce que vous auriez en échange un joli mug avec je sais pas un beau slogan. Voilà. [Applaudissements] Ben merci Joris Mathieu pour cette belle transition sur le fait que le coût de la culture c'est aussi une offre je crois vers le public et vers la société.

Et je propose qu'on se déplace vers une autre région désormais celle des pays de la Loire. Alors Mélanie Vindimian, vous êtes artiste, directrice artistique de la compagnie Pois Plume et animatrice du mouvement Culture en lutte dans la région pays de la Loire. Une région où les coupes drastiques de Christelles Morané constituent un tournant dans le désengagement des collectivités locales qui n'avait jamais été aussi assumé, y compris en anticipation et non seulement en réaction aux politiques budgétaires gouvernementales.

Alors, est-ce que vous pouvez nous décrire les conséquences concrètes pour les travailleurs, les travailleuses de l'art, les artistes, les techniciens, les intermittents et nous dire comment s'est organisé la lutte contre ces coupes drastiques en 10 minutes ? Euh ben je vais essayer en tout cas. Euh donc euh oui bah comme vous le savez certainement euh fin 2024 en novembre pour être précis, on a donc appris de manière assez soudaine et brutale la suppression de plus de 60 % du budget culturel de la région donc des pays de la Loire.

Euh donc ces annonces ont été vécues de manière très brutale parce qu'elles se sont faites sans concertation et et malgré la forte mobilisation, à aucun moment on a senti une volonté d'accepter le dialogue qui était proposé. Euh c'était brutal également parce que ces annonces ont été accompagnées d'une campagne de dénigrement des acteurs culturels dans la presse. Euh ce qui a d'ailleurs valu à madame Orancé de se faire connaître sur la scène politique nationale.

Ça au moins eu du bon. Euh mais le résultat il est là. Près de 500 structures 500 se sont vu supprimer l'intégralité de leur subvention régionale, soit avec un effet immédiat, donc 100 % en 25, soit en deux temps, une partie en 25 puis la totalité en 26.

Euh c'était pas par volonté de la région d'accompagner en douceur ces baisses de subvention, c'est parce que il y a certaines conventions qui les liées à des structures leur permettait pas de se désengager aussi rapidement. Euh pour la plupart de ces structures, c'est des partenariats qui duraient depuis de très très nombreuses années. Euh donc je vais essayer de vous vous donner quelques exemples et quelques chiffres afin que bah que vous preniez peut-être un peu la mesure en fait de la situation.

Mais mais évidemment c'est c'est pas du tout exhaustif et bon bah comme vous l'imaginez, on on est loin et comme le disait Joris à l'instant, on est vraiment loin de pouvoir quantifier les conséquences de toutes ces coûts budgétaires. Euh mais c'est quand même important de réaliser que ça a déjà des impacts euh concrets sur les emplois. Euh par exemple déjà les structures qui étaient financées principalement par la région voire pour certaines qui étaient financées uniquement par la région et qui voi donc leur existence menacé directement à court terme qui sont obligés de licencier voire de et de réduire leur activité.

C'est le cas des pôles régionaux de coopération culturelle qui ont pour mission la structuration des filières, leur valorisation, leur rayonnement, l'accompagnement des acteurs locaux. Le pôle livre, le pôle art visuel licencie chacun l'intégralité de leurs équipes salariées, soit cinq salariés respectifs. Le pôle audiovisuel supprime un poste sur trois et pour les deux postes qui restent, leur financement est assuré jusqu'à fin 2025 mais sans l'arrivée de nouvelles ressources, il sera impossible de les maintenir en 2026. le théâtre régional des pays de la Loire qui est dirigé par une compagnie et dont une démission est l'accompagnement des compagnies nigériennes avec notamment l'accueil en résidence soit au plateau, soit dans des ateliers de création de décor et de costumes.

Ce théâtre régional des pays de la Loire, bah déjà cherche un nouveau nom euh et plus sérieusement, ils vont licencier trois salariés sur 5 dont leur directeur qui devient intermittent. Euh, ils feront par exemple cette année travailler plus que 14 intermittents contre 32 en 2024. Ils ont également suspendu l'accueil en résidence jusqu'à fin 2025 en attendant de bah de savoir comment ils allaient pouvoir l'organiser tant sur le plan financier que sur le plan humain.

Euh, ils ont également une mission de démocratisation culturelle. Et donc pour se faire, ils organisent l'été la tournée des villages avec deux spectacles. Cette tournée va et que donc au plus près des publics comme le veut notre ministre.

Euh cette tournée va être amputée de moitié euh donc 30 représentations au lieu de 60. Il projette de toucher donc 6000 spectateurs au lieu de 10000. Côté art visuel, le FRAC, le fond régional d'art contemporain, licencie de salariés et ferme son antenne sur l'île de Nantes.

Antenne qui avait été inaugurée il y a à peine 2 ans et entièrement financée par la région. Euh en audiovisuel, euh les productions nigériennes ont perdu l'intégralité de leur subvention fonctionnement comme à peu près toutes les structures. Euh pour le moment, ça se traduit surtout par du non recrutement, c'estàd qu'elles vont faire moins de projets et elle développe surtout des projets en équipe réduite.

Euh la région a conservé l'aide au projet euh parce qu'elle est liée par une convention avec le CNC. Donc pour l'instant, elle peut pas se désengager mais le secteur est assez inquiet parce que cette convention doit être révisée fin 2025 et on sait pas du tout ce qui lancera et quelle décision prendra la région à ce niveau-là. Euh voilà, pardon, c'est un peu brut comme ça.

C'était pour vous donner quelques exemples, mais ça voilà, c'était quoi 4 c exempl euh je pourrais en citer plein d'autres car je le répète, la quasi totalité des structures aidées ont perdu leur subvention. Euh ce qu'on remarque c'est que ça implique pour tous ces structures qu'elle qu'elle licencie ou pas euh ça implique une baisse de leurs activités avec en plus l'inquiétude donc de voir leur financier, leur reprocher ce manque d'activité et notamment pour celles qui sont labellisées. Euh moins d'activité, c'est aussi une baisse de la programmation, donc ça veut dire moins de spectacle.

Euh par exemple, un festival comme les escales à Saint-Nazar, qui est un gros festival de musique sur 3 jours, supprime une scène sur quatre. Et toutes ces suppressions, ça entraîne une grosse perte en diffusion pour tous les artistes, les compagnies et pour tous les travailleuses, les toutes les travailleuses et les travailleurs de la culture. Et là, c'est vraiment difficile d'avoir les chiffres.

En pays de la loi, on évalue, mais a priori c'est sous-évalué une diminution de 30 % de diffusion pour 2025, sachant que c'était déjà en grande baisse cette saison par rapport aux saisons précédentes. Euh ça veut dire aussi que pour les petites et les moyennes structures, ça a commencé à être très compliqué de survivre parce que beaucoup fonctionnent en grande partie grâce à leur activité artistique. Je vais prendre un exemple concret de ma compagnie qui est une toute petite structure de spectacle vivant.

On a l'exemple d'un spectacle qui tourne dans milieu scolaire. Habituellement sur une saison, il fait 10 15 représentations qui sont euh comme on est beaucoup en milieu scolaire accompagné par des ateliers de médiation. Euh normalement à cette période de l'année, on a déjà 10 dates signées pour la saison prochaine et puis 5 10 en option.

À l'heure actuelle, on a zéro date signé et on a trois options. Et ça nous est pas arrivé depuis plus de 10 ans. C'est pas Et euh je vous prends cet exemple parce qu'il est facile pour moi, je le connais bien, mais c'est vraiment le cas de toutes les petites structures que je côtoie au quotidien euh dans ma région, mais pas que.

Euh donc actuellement, beaucoup de ces structures envisagent de mettre leur activité en sommeil euh parce que donc il y a cette baisse de diffusion. Il y a aussi euh ça nous paraît assez risqué de lancer une création euh parce que d'abord concrètement on sait plus trop où aller chercher de l'argent là. Euh et la baisse de diffusion a forcément enfin entraîne une baisse d'entrée et donc comme le jurist à l'instant une baisse d'entrée d'argent donc une diminution des activités.

Donc voilà, c'est le serpent qui se mort la queue. Euh, on craint également une diminution des actions d'enseignement artistique parce que les structures qui viennent de perdre des subventions et qui portent des missions de médiation sur le territoire sont obligés de les réduire. Donc c'est des ateliers à l'année qui seront pas financés dans les établissements scolaires.

Euh et ceux-ci auront certainement pas les moyens d'y palier. euh un événement comme les printemps théâtraux qui est organisé par une association comète qui regroupe des collégiens, des lycéens, des artistes euh qui se regroupent pendant plusieurs jours pour des ateliers et la présentation de spectacle qu'ils ont travaillé dans l'année qui a un moment très heureux et et artistique. Certains ateliers pour certains ateliers, ils ont dû recruter moitié moins d'artistes que les années précédentes pour le même nombre d'élèves parce que encore une fois les annonces régionales sont arrivées en novembre.

Donc les projets avaient déjà été lancés avec les établissements scolaires. Ils ont pas voulu faire peser ses baisses sur les jeunes. En tout cas pas pour cette année.

Euh ils ont également noté une hausse significative de postulant côté artiste. Euh ce qui est évidemment un signe que le travail commence à manquer. Voilà, la la région a également supprimé son dispositif région Micis qui était une aide aux structures accueillant des résidences, un dispositif qu'ils avaient eux-mêmes créé et mis en place en 2023.

Euh, sachant que oui, la région avait déjà supprimé en 2023, c'était encore une bonne année aussi, euh ils avaient déjà supprimé euh leur aide à la création et leur aide aux compagnie de spectacle vivant pour envoyer des spectacles au festival d'Avignon. Euh donc voilà, tout ça se passe évidemment euh dans un contexte où comme vous le savez, c'est la raison principale de notre présence issue aujourd'hui. Euh les budgets baissent de tous les côtés.

Euh en Loire Atlantique, on a également le département qui a supprimé 50 % de son budget à la culture et c'est le cas de beaucoup de départements plus. Euh et on a une énorme inquiétude sur les budgets des villes, des municipalités parce que certaines décident de compenser les pertes régionales dans certaines grosses structures ou gros événements euh sauf qu'ils n'ont pas forcément la capacité financière d'augmenter leur budget pour ceux qui le baissent pas d'ailleurs. Et donc là évidemment, on peut s'en douter ce qui donne à l'un, bah ils vont le réduire aux autres.

Et euh malheureusement dans ce genre de cas, actuellement ce qu'on voit c'est que c'est surtout bah les petites structures qui voient leur budget alloués par les municipalist municipalité diminuer et euh alors que les petites structures euh sont souvent c'est leur soulevant leur seul soutien au fonctionnement. Voilà. Euh bah pour conclure, c'est assez alarmant.

Euh on continue de se mobiliser et surtout de rester groupé ensemble et de se battre. C'est triste parce que ben le constat c'est qu'on va vraiment faire un appauvrissement de l'offre culturelle. Merci. [Applaudissements] Bon, merci euh pour bah ce récit témoignage de ce que ça veut dire concrètement en fait quand on coupe des budgets pour la culture.

Euh je vous prie de m'excuser de devoir à chaque fois faire respecter le temps dans des situations qui sont aussi douloureuses. On est qu'à la moitié de cette première table ronde, mais je crois qu'en fait ça permet de voir concrètement les effets désastreux des choix politiques qui sont opérés à tous les niveaux en ce moment et contre lequel nous nous sommes vent debout. Et parce que ce ne sont pas des fatalités ces choix politiques là.

Il y a d'autres choix qui sont possibles. Donc Mélanie Viman, vous avez en particulier évoqué la situation catastrophique pour les petites compagnie et cela me permet de présenter notre intervenante suivante, Emmanuel Gourvic. Vous êtes présidente du SINAVI, syndicat national des arts vivants qui rassemble près de 600 compagnies.

Quel est le constat que vous dressez vous, le SINAVI ? Comment l'asséchement budgétaire se répercute-t-il sur les compagnies et leurs membres ? Et est-ce que vous pouvez également évoquer l'échelon du département ?

Alors, c'est pas facile d'intervenir après cette cette description, c'est évident. Euh les situations dont parle Mélanie, nous les connaissons bien. Euh histoire de continuer à mettre un peu de gaié dans cette assemblée, je vous donne un exemple. de moi-même, toute présidente du Sinavi que je suis depuis 6 ans et assez haut quand même des politiques culturelles.

Je suis licenciée depuis quelques mois d'une structure que je que j'administrais depuis plus de 15 ans et qui a été liquidé, qui a subi un une liquidation judiciaire, une structure qui aurait fêté ses 30 ans cette année. Donc c'est juste pour vous dire qu'on avait un lieu et que ça n'était pas ce qu'on appelle une petite compagnie. Euh je tiens à dire que je je ne parlerai pas de terme justement de petite compagnie mais d'équipe artistique parce que ce sont des structures qui sont des structures employeuses qui travaillent sur du collectif.

Ce sont des structures qui sont finalement le premier maillon de la chaîne de de notre système du du spectacle vivant parce que c'est l'endroit où on produit, c'est l'endroit où on crée, c'est l'endroit où on prend le risque de la diffusion aussi ou de ne pas être diffusé qui arrive parfois à des à des structures à des situations difficiles. C'est aussi l'endroit où on est extrêmement en très grande proximité finalement avec les habitants qui ne sont pas tous des public, qui n'ont pas tous une pratique artistique et culturelle mais et qui sont et qui peuvent être habités parfois très loin des des centresvilles, très loin d'équipement artistique structurant et en toute invisibilité ces structures là souvent sont le premier la première rentrée vers le spectacle vivant. Euh juste cette petite digression, je vais essayer de pas redire ce qu'on dit mes camarades avant, que ce soit Joris ou Mélanie et sur lequel je souscris complètement.

Euh juste, je voudrais rappeler également que finalement euh les 121 millions qui n'ont pas disparu cette année était précédent de était précédé de 98 millions qui n'ont pas qui n'ont pas non plus disparu en 19 en pardon en 2024. Voilà. Donc le le les budgets ne baissent pas.

Néanmoins, les financements pour les structures baissent. Où vont les budgets ? Où va l'argent ?

Bon, il est clair que les budgets baissent et il est clair que ce ne sont que des des pratiques politiques pour ne pas se dédire. En plus de ces lignes qui sont ces lignes, la fameuse ligne 131 qui est dédiée à la culture qui a perdu 48 millions. Là, il y a la fameuse ligne 361.

Je veux pas être technique mais en gros c'est celle de la direction générale des G2 T2C je ne sais jamais le dire en entier mais en gros qui s'occupe de tout ce qui s'occupe de l'action culturelle, de l'enseignement artistique et cetera et c'est-à-dire que c'est l'entrée par lequelle se fait le les tout toute l'action artistique et culturelle de proximité et baisser d'environ 60 millions. Cette ligne là est vraiment criminelle. C'est-à-dire que on peut dire que derrière, il y a un vrai projet politique qui consiste, c'est une théorie économique, qui consiste à affamer la bête et qui consiste à dévitaliser les actions, qui consiste à dévitaliser la création pour faire la démonstration que finalement notre activité est sans intérêt, que nous ne sommes que dans l'entre soi et que nous n'intéressons personne à part nous-mêmes.

Bon, évidemment, c'est assez problématique. Euh, je voudrais juste dire qu'il y a d'autres façons aussi d'attaquer la culture aujourd'hui. Il y a, on a un fond PEPS, un fond PE, c'est un fond de soutien à l'emploi.

Ce fond-là aujourd'hui, sur cette année 2025, il n'est pas on n'est pas sûr qu'il soit financé dans sa totalité. sur 2026, on n'est même pas sûr qu'il existe. On a également la part collective du pass culture.

Évidemment, on s'est battu contre cette part collective du pass culture parce qu'on considérait que l'action culturelle et l'action artistique était une relation de partenariat et de coconstruction entre des équipes, des structures culturelles et artistiques et des établissements. On s'est retrouvé dans la situation où tout est tellement asséché à côté sur la question de l'EAC et notamment dans les collectivités qui ont arrêté parfois de le financer au motif que le pass culturel existait. On se retrouve à être vent debout en février de cette année pour défendre ce cette part collective du pass culture.

Il y a aussi d'autres façons d'attaquer la culture. Soyons clair, je veux pas perdre le truc. Il y a donc les collectivités, on l'a on les a on en a parlé tout à l'heure, on a donné des exemples de régions qui sont particulièrement emblématique.

Il faut dire que sur l'ensemble du territoire, la façon dont les collectivités s'emprennent à la culture est bien différente euh suivant suivant les territoires. Mais il y a que de très très rares exceptions où les budgets culturels ont été maintenus voir augmentés. Euh en fait, les économies qui sont faites et les chiffres que Joris a donné prouvent bien que c'est pas d'économie dont il est question, c'est bien d'une c'est bien d'une d'une bataille idéologique.

Les la l'économie qui est faite sur la culture ne sauvera pas la France, hein. Je crois qu'on en a tous conscience là. Par contre, les conséquences qu'elle a sur nos actions sont absolument terribles.

Évidemment, c'est des conséquences sur la diffusion, sur la programmation, ça a été dit. C'est des conséquences sur l'emploi. Il nous est compliqué de dire combien de à chaque fois on essaie de nous piéger sur la question des chiffres, mais en fait c'est un plan social qui ne dit pas son nom qui est en train d'être fait là.

C'est-à-dire que la question n'est pas que ceux des licenciements, c'est aussi la question de tous les emplois qui ne sont pas créés et qui ne seront pas créés, de toutes les artistes, de toutes les techniciens, les techniciennes, les administrateurs, administratrices chargé de production et cetera, décorateurs, décoratrices, je pourrais les égrainer tous, qui vont se retrouver aujourd'hui sans rien dans leur carnet de commande. Et nous sommes tous confrontés au quotidien à des collègues, des gens avec qui nous travaillons tous les jours, qui travaillent parfois depuis des années suivant l'âge qu'on a et qui aujourd'hui disent "Oui oui, j'ai du temps d'appeler" quelqu'un en disant "Dis donc, tu es pas libre là, je suis désolée, je t'appelle au dernier moment." "Ah non, j'ai du temps." Et ça, c'est extrêmement inquiétant.

C'est-à-dire que c'est là qu'on voit effectivement que ça n'est pas dans les chiffres que peuvent que peuvent nous sortir le le ministère de la culture et notamment des chiffres dont on ne sait pas bien euh comment est-ce qu'ils sont calculés, comment est-ce qu'ils sont calculés, mais on le voit au quotidien ça dans tous les jours. Dans ces circonstances, il y a quand même une chose importante aussi que je souhaiterais sur laquelle je souhaiterais insister, c'est que sur le peu de fin, enfin sur le financement qui reste, il y a un resserrement sur les labels, c'est évident et donc rerement sur les labels mais qui malgré tout sont dans des situations compliquées. Donc pour les équipes artistiques en fait c'est la double peine.

Non seulement elles ne sont plus financées, mais en plus les espaces dans lesquels elles travaillent, elles ne peuvent plus y travailler. Et les lieux dédiés, elles n'ont plus les financements. Les lieux non dédiés, elles n'ont plus les financements pour aller y travailler.

Donc c'est vraiment la double peine et il faut pas croire, les équipes artistiques n'ont aucune marge pour accompagner cette baisse de des financements parce que leur seul il y a il y a quasiment pas de budget de fonctionnement. leur leur budget est essentiellement composé de salaires. Donc il y a plus de elles n'ont plus de elles n'ont plus de marge à cet endroit-là.

Sur le fait que ce soit il y a une vraie perte de sens de l'emploi du métier. Les gens s'en vont, les gens arrêtent, ils en peuvent plus. Et pourtant, nous sommes entourés de personnes qui sont qui ont chevillé au corps l'idée de des projets qu'al mèent, des porteurs et des porteuses de projet qui tiennent à leur projet vraiment très fort.

Et néanmoins, on voit bien que les gens commencent à baisser les bras et ça c'est extrêmement inquiétant. Et quand on voit les jeunes qui sortent des écoles ou qui ont envie d'embrasser la carrière, ben c'est on oui, on leur dit de venir mais malgré tout c'est inquiétant. Voilà, je voudrais juste conclure sur une J'avais plein de choses encore à vous dire mais c'est 10 minutes, je le comprends hein.

Il y aura voilà euh sur le fait que je voudrais vraiment insister sur l'idée de de cette bataille est avant tout idéologique et pas économique. Il faut qu'on arrête avec cette idée de la culture coûte cher. Il faut qu'on arrête avec cette idée de il faut contribuer à l'effort national et cetera.

La preuve euh je je je vais en apporter la preuve par le fait que ce qui nous arrive à nous arrive à tout le secteur associatif, arrive à tout le secteur social, arrive à l'éducation nationale, arrive à tout l'économie sociale et solidaire. Et ça c'est simplement parce que nous ne sommes pas lucratifs, nous ne sommes pas rentables. C'est c'est vraiment une technique c'est vraiment la technique de l'affamage.

On veut nous rendre encore moins euh efficient pour pouvoir justifier du per de la perte de financement que qui nous est faite. Je j'en appelle parce que j'essaie je vais on va essayer d'être un peu quand même positive à une vraie réflexion sur notre écosystème et sur ce qu'on veut pour la culture et de façon en se laissant déborder par les autres sujets qui sont le social qui sont le secteur de la santé qui sont qui est le monde associatif. Il est absolument nécessaire si nous saisissons pas de cette questionlà en fait d'autres s'en saisissent pour nous et on voit ce que ça donne.

Donc, il est absolument nécessaire que dans les collectivités, partout dans les territoires, on puisse avoir ses rassemblements, on puisse avoir ces discussions, on puisse reconstruire une politique artistique et culturelle qui ne soit pas sur le modèle de ce qu'on essaie de nous imposer aujourd'hui, mais qui soit véritablement une politique de territoire, d'ancrage territorial, d'irrigation par la racine parce que le ruissellement, on le sait, ça ne fonctionne pas. Voilà, je vous remercie. Merci Emmanuel Gourvic.

Et pour finir de répondre à cette question que vous avez posé au début de votre intervention, où va l'argent ? Stéphane Kraznevski, vous êtes directeur du festival. Vous êtes directeur du festival Lézard le Sud et président du SMA, syndicat des musiques actuelles qui représente plus de 600 structures.

Pouvez-vous nous expliquer comment l'abandon du financement public de la culture met à mal les musiques actuelles ? Comment cela contribue à accroître la logique marchande et les phénomènes de concentration économique et artistique dans le secteur de la musique ? Merci.

Alors non, je vous rassure, tout l'argent vient pas dans mes poches ou dans les poches des musiques actuelles. Je corrige, je suis directeur des sudes à Harle, le nom du festival et effectivement on est je suis également président, j'ai l'honneur d'être le président de du syndicat des musiques actuelles qui est un syndicat qui comme vous l'avez dit rassemble plus de 600 structures qui œuvrent dans le champ de des musiques actuelles, qui se retrouvent toutes sur les valeurs de l'économie sociale et solidaire et qui quand on parle de filière représ donc pour que ce soit un peu concret, on a des producteurs, on a un quart de producteur, on a un quart de salle lieu de diffusion, on a un quart de festival et puis un quart de label phono de radio associative, de réseau et cetera. Voilà.

Donc c'est quoi une filière ? C'est ça. Une filière c'est des acteurs qui sont ce sont des acteurs qui sont interdépendants.

Et dans la dans la situation que l'on vit, dans la crise que l'on vit, c'est important de de le rappeler. Ça veut dire que et d'ailleurs on le sent dans toutes les prises de position et toutes les prises de parole qui qu'il y a eu avant moi, c'est que 1 € qui manque à cet échelon, on va le retrouver sur toute la filière. Euh voilà, le secteur des musiques actuelles, il a une position assez intéressante et singulière puisqu'il entretient avec les pouvoirs public une une relation de d'amour haine depuis le début parce que tantôt renvoyé à son un péché originel qui serait la collusion avec l'industrie l'industrie culturelle tantôt encensé pour l'action qu'il mène sur les territoires de lien social de de pratique populaire pour le coup aussi c'est un outil du soft power on on on vente les champions de l'export qui vont irriger et porter la la puissance culturelle française partout dans le monde et puis parfois c'est juste réduit à un outil de marketing territorial.

Voilà. Donc finalement ces ces acteurs des musiques actuelles, ils se retrouvent un peu tirier entre toutes ces entre toutes ces ces ces injonctions qui sont parfois contradictoire. Euh juste un point avant d'arriver à à au à votre question sur la situation des musiques actuelles parce que même si elle est évidemment comparable à celle que mes mes collègues ont ont décrit, elles ont elle a elles connaissent quelques quelques singularités.

Euh on on dénonce depuis quelques années un effet ciseaux. Euh pour bien comprendre ce qu'est un effet ciseaux, c'est que d'un côté on a une inflation des coûts qui n'est pas qui n'est pas couverte pardon par euh par l'augmentation des recettes qui est qui est liée. L'inflation des coûts, elle est de d'une triple nature.

D'un côté, on a les coûts des coûts une inflation systémique, je dirais. Donc les coûts de de l'énergie, les coûts de des voyages, de l'hébergement, des repas et cetera et cetera. Bref, l'inflation qui touche l'ensemble de la société française mais qui, pour prendre un exemple concret, appliqué au à une salle de musique actuelle par exemple de ma région, je viens du sud, ça a pu représenter 100 % d'augmentation sur la facture d'électricité.

Euh concrètement, une salle, une SMAC d'Occitanie qui payait 100000 € de d'énergie en 2022, je crois, payait 200000 € en 2023. C'est un doublement ces 100000 €. Alors, ils ont pu être absorbés pour certains et dans certains cas et pour les lieux labellisés, les SMAC en l'occurrence par une augmentation de la dotation faite au SMAC grâce au travail des députés.

Mais dans beaucoup de cas, ça n'a pas suffi bien sûr. Et c'est donc et bien une marge artistique du de l'artistique disponible qui disparaît. Donc moins de dates ou alors des dates qui sont moins risquées sur lesquelles on va perdre on va pas perdre d'argent.

Donc on va sur des têtes d'affiches et donc c'est là aussi moins de de prise de risque, moins de moins de moins de ce travail que l'on aime faire de de découverte et de d'accompagnement de de l'émergence. La deè le deuxième volet de l'inflation, c'est une inflation qui est plus liée à qui est plus spécifique qui est spécifique parce que liée à nos métiers. Et là, on parle d'une inflation liée aux contraintes réglementaires qui ne cessent d'augmenter.

Euh, on parle de sécurité, on parle de cette fameuse réglementation sur les ensembles démontages qu'on a qu'on a hérité de des des Jeux Olympiques. On parle de on parle du décrisson, bref, beaucoup de règlements qui vont s'appliquer à nous euh par la spécificité de nos métiers. On parle de on parle également de et bien de du risque intempéri pour les festivals.

C'est que le risque assurentiel enfin et le coût des assurances ne cesse d'augmenter. Euh voilà et puis je je pourrais multiplier comme ça les exemples. Le troisème facteur d'inflation, alors pour le coup, il est spéculatif.

Il est spéculatif et il concerne essentiellement euh le coût des têtes d'affiches. Quand on parle de l'inflation et de l'explosion des du coût artistique, on parle des têtes d'affiches d'abord des têtes d'affiches internationales et pour le coup là, il y a un ruissellement parce que les têtes d'affiches nationales ont aussi vu leur cachet exploser. Malheureusement, ça n'est que pour les pour les têtes d'affiches.

Ce qui veut dire que à budget constant, un budget artistique constant, une plus grande part est prise par les têtes d'affiches et mécaniquement on en a moins pour là aussi l'émergence, les les artistes intermédiaires et cetera. Donc voilà, donc tout ça concourt un peu à à l'installation d'un d'un schéma où finalement et bien on on vient uniformiser l'offre culturelle et fragiliser un maillon qui était déjà plus plus faible. Euh évidemment que c'est cette hausse, cette inflation, elle n'est pas compensable.

Elle n'est pas compensée pas compensable par la hausse des recettes. La billetterie et les recettes et les recettes associées bar et cetera et cetera. Malgré de très bons chiffres de fréquentation, il faut le rappeler.

Et on a des très bons chiffres de fréquentation. Malheureusement là où un festival atteignait son point d'équilibre à 95 % de remplissage avant la crise du Covid, on en est aujourd'hui à 102 103 %. Je vais faire le calcul pour savoir comment est-ce qu'on arrive à 102 103 % de remplissage.

Et quand je parle de points d'équilibre, c'est le point où on arrête de perdre de l'argent. Et donc c'est le point c'est ce qui nous permet de prendre du risque. Là aussi comment est-ce qu'on prend des risques qui financent cette prise de risque ?

Euh les partenaires privés. Bon évidemment que dans un contexte de crise économique de marasme on n'est pas la priorité. le partenariat privé, le messen ça n'est pas la priorité et quand bien même ça le serait ou ça serait la la solution qui serait présentée comme la solution de miracle, et bien ça ne ferait que renforcer les inégalités territoriales.

Selon qu'on est sur un une région, un territoire qui est richement doté en entreprise, on va être favorisé par rapport à d'autres ou alors tout simplement on se fait là aussi concurrence entre nous, entre opérateurs. Moi je suis sur Arl sur la ville d'Arl il y a les suds, c'est nous et il y a les rencontres d'Arles. On n' pas tout à fait le même poids auprès des entreprises privées, faut dire les choses.

Euh et puis il y a évidemment les subventions. Alors les subventions, ça a été largement débattu, ça a été largement commenté simplement pour dire que le syndicat des musiques actuelles a a fait une étude pour être complémentaire de tous ces constats qui ont été dressés avant euh de manière à à alors à la fois à compiler à compiler l'ensemble des couples sur le territoire. Alors, c'est un travail qu'il nous faudra réactualiser nécessairement parce qu'au moment où on a fait l'étude, toutes les budgets n'étaient pas votés.

Néanmoins, on arrive juste sur les collectivités à une évaluation de 66 millions d'euros. Alors là aussi, ça peut sembler abstrait, mais euh rendez-vous compte que ces 66 millions d'euros qui ne vont pas venir irriguer l'ensemble de la de la création, l'ensemble de la diffusion. euh 66 millions d'euros qui s'ajoutent à cet argent qui n'a pas disparu du ministère de la culture.

Euh mais à tous les échelons, on est sur cette sur ce constat de de baisse de subvention. Euh très clairement, on a l'étude, elle avait aussi pour vocation alors un d'objectivé de compiler euh est de tout en dénonçant bien sûr les conséquences directes et immédiates de ces coupes budgétaires, de s'attarder sur les conséquences euh indirectes. Je dirais les conséquences indirectes, comme je l'ai dit dans en introduction, sur une filière euh sur une filière, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que quand on coupe de l'argent à à la diffusion, bien on a moins les spectacles peuvent moins tourner. Si les spectacles peuvent moins tourner, si on a moins de de slots de diffusion de de de d'espace de diffusion dans les pays de la Loire, ce sont des tournées qui sont montant en moins. Et donc moi dans la région voisine ou même dans la région Occitanie ou en région sud et bien j'aurai moins accès où le où le spectacle sera plus cher pour moi.

Voilà, donc ça va ça va avoir cet effet domino, la coupe des collectivités qui est qu'on arrive pas encore tout à fait à évaluer mais qui se traduit par un détricotage de toute l'action culturelle que l'on mène sur les territoires et ce lien de confiance qui nous unit et aux équipes artistiques mais aussi au-delà et bien à tout ce tissu associatif avec lequel on travaille tout au long de l'année et qu'il met qu'il nous faudra des années avant avant de de le reconstruire. Euh voilà, donc ça c'est vraiment une une chose concrète parce que on est des acteurs culturels, on agit pour la création, on diffuse des spectacles mais on est aussi euh des acteurs de nos territoires dans l'action culturelle, dans les ateliers, dans la et et et l'ensemble de ces actions est impacté par le par les coupes budgétaires. Juste un type d'exemple, vous voyez moi sur Arle, j'ai un producteur qui se revendique du privé et là aussi il y a une opposition qui va nous falloir à moment donné cesser de d'agiter parce que il est privé parce que pas de subvention, il n'empêche que 30 % de son chiffre d'affaires est réalisé dans les pays de la Loire.

Donc il est assez inquiet. Voilà. Et lui on va pas le voir de suite.

Voilà. Donc on est sur cette sur cette sur cette fin annoncée si vous voulez au-delà des effets dramatiques que les opérateurs qui sont impactés directement et immédiatement subissent, il y a aussi tout un un un délitement à long terme qui finalement ne dit que la chose suivante à savoir que la culture ne fait plus consensus. La politique, le service public de la culture ne fait plus consensus.

Et ça c'est extrêmement inquiétant. C'est extrêmement inquiétant parce que euh comme la comme comme tu le disais tout à l'heure, c'est il y a derrière une idéologie. On sait nous aussi, il faut il faut prendre notre part de responsabilité, on sait nous aussi laisser enfermer dans une évaluation quantitative, dans une évaluation par les chiffres, là où il faudrait et il faut encore évaluer notre action.

Et c'est je crois ce qu'on essaie de faire à nos à nos différents endroits par des critères qualitatifs. On fait du lien social. Nos actions, c'est du lien social. nos actions, ce sont des sont facteurs d'émancipation et cetera.

Tout ça, on le politique a du mal à s'en saisir. Il faut qu'on l'aide de manière à pouvoir contrer le courant qui arrive parce que sinon et c'est l'objet de l'objet de de l'étude de la cartographie que le SMA a publié il y a 2 jours. C'est un boulevard pour euh pour des pour des opérateurs qui sont exogènes à la culture.

Et alors là, vous ça vous donne une idée, vous n'arrivez certainement pas à lire. L'objectif de cette cartographie, c'est de montrer que il y a une dizaine de familles de groupes qui possèdent à eux seuls des dizaines de qui ont des qui ont une part dans des dizaines et des dizaines de alors de festivals, de salles, de médias évidemment et cetera. Et parmi ces groupes et bien oui, il y a Vincent Boloré qui à travers Vivind possède, on le sait, toute une galaxie de médias, d'édition est à mis à pied dans le spectacle vivant évidemment.

Euh mais nous avons aussi euh Live Nation, Live Nation qui est alimenté par les fonds de pension américains. Euh AEG AEG c'est Philippe Hut Philip Huts, c'est euh le Palais Omnisport Paris Merci à 50 %. C'est Rock en scène, c'est les tourné, ce sont les tournées de Taylor Swift de Jean pas des meilleurs.

C'est un support de C'est un support de supp [Applaudissements] un support de Donald Trump. Un support de Donald Trump dont il finance la campagne, il finance les lobby et cetera et cetera. Donc vous voyez que derrière évidemment que si on se si on si on oublie la dimension idéologique si on si on oublie la dimension idéologique de nos de comment dire de de de ce qui est en train de d'advenir, on passe à côté du vrai sujet parce que bien sûr qu'il va y avoir une conséquence sur l'offre culturelle dans nos territoires.

Bien sûr qu'il va y avoir une conséquence économique dramatique en terme d'emploi, en terme d'équipe artistique, en terme de d'action culturelle et cetera. Mais derrière et bien il y a un boulevard qui est fait pour ces structures qui maîtrisait déjà pour beaucoup le tout ce qui bah les médias. Et qui dit médiia dit prescription.

Qui dit prescription dit euh qui est-ce qui va parler hier de cette cette fabrique de l'opinion ? Voilà donc ce sont des groupes qui s'intéressent et qui à maîtriser la fabrique ou les fabriques de l'opinion. Et dans les fabriques de l'opinion, il y a évidemment ces lieux de culture que sont les festivals, les salles de musique, mais les théâtres aussi et cetera et cetera.

Voilà. Donc je vous je vous invite à à aller peut-être sur le site pour avoir une pour zoomer sur cette carte. C'est c'est vertigineux, c'est passionnant.

J'ai oublié de enfin je n'oublie pas de parler dans les dans les dans dans parmi ces 10 familles et bien évidemment la famille Arnaud. Il y a aussi la famille de la dépêche du midi, la famille Baileyet qui qui s'intègre. Il y a Pigas qui a qui a développé récemment un appétit enfin qui dont l'appétit ne cesse de croître pour les activités culturelles et qui lui aussi est lié à un empire médiatique.

Donc voilà, vous voyez que on est vraiment sur cette sur ce combat idéologique. Euh il faut juste que l'on informe qu'on est conscience de ça et que à plusieurs et bien on arrive à on ira plus loin. Voilà.

Merci. [Applaudissements] Merci euh Stéphane Kraznevski et merci à vous quatre pour vos interventions sur cette première table ronde. Alors, on a pris un peu de retard.

On va réduire le moins possible le temps pour la salle, mais je vous demande de vraiment de d'essayer de vous tenir à des à des interventions brèves pour qu'un maximum de personnes puissent réagir et pour laisser du temps du coup à à nos intervenants de revenir sur vos interventions questions, remarque. Donc c'est le temps d'échange avec la salle. Je crois qu'il y a un micro qui va voilà qui va être mis en circulation.

On en a deux. Alors, on a déjà euh eu des personnes qui nous ont fait signe un peu avant. Alors, on va tâcher de trou d'avoir un équilibre dans toutes les organisations qui ont pas pu être là et même les personnes qui sont pas en organisation.

Euh, bah voilà et et je précise, du coup, on se donne jusqu'à 16h. OK. Bonjour à toutes et à tous.

Merci de me donner la parole. Euh, je suis Magalie Verdier. Je suis déléguée culture et territoire à MJC de France.

MJC de France, c'est la tête de réseau national des maisons des jeunes et de la culture qui fédère 14 réseaux régionaux et qui rassemble 1000 structures sur les territoires. Donc les MJC, c'est des lieux de culture de proximité qui accueille de manière inconditionnelle des enfants, des jeunes, des adultes. C'est des lieux de c'est c'est les lieux des premières fois.

Euh la première fois qu'on pratique un instrument, la première fois euh qu'on assiste à un spectacle, la première rencontre avec un artiste, c'est aussi des lieux où les projets culturels et artistiques sont construits en lien avec les habitants habitantes du du territoire. À l'image, c'est un exemple du festival d'FRU qui est organisé par la MC de Charlie dans la Loire dont la programmation est essentiellement conçue par un collectif d'habitantes et d'habitants et animé par une professionnelle. Or aujourd'hui, les MJC sont en grande difficulté.

Le budget du MJC, d'une MJC, il est composé à 48 % d'autofinancement et à 52 % de subvention publique dont 63 % vient du bloc communal. Et en 2022, on identifiait déjà qu'une FGC/ 2 était en déficit. Euh et les résultats d'une nouvelle enquête qui a été menée au printemps ce ce printemps la 2025 auprès de 300 structures du réseau montre que 22 % des MJC voient leur subvention baissée en 2025 dont certaine de manière très significative.

Alors, si on salue le fait que 62 % des des MGC voient leur subvention communale maintenue dans un environnement qui est marqué, on en a parlé par l'inflation, par la nécessaire revalorisation des salaires. Une subvention qui est maintenue à l'identique, ça veut dire dans les faits que que enfin qu'on qu'on assiste à une réduction du du budget pour pour les structures. Ainsi, en 2025, c'est 84 % des MGC qui doivent composer avec des ressources diminuées.

Par ailleurs, les structures souvenent d'un manque de visibilité sur les financements. Euh fin avril, 27 % des MJC répondantes ne connaissaient pas encore le montant de leur subvention communal euh et plus grave, elle s'inquiète aussi de réduction probables euh ou avéré des des aides départementales, régionales, étatiques. Au-delà de ces diminutions de subvention directe, d'autres soutiens s' menuisent également. la réduction des aides d'étab pour l'embauche d'apprentis, les financements des postes, les fond jeunes notamment, euh subventions liées aux politiques de la ville, aux activités d'insertion et et en 2025, donc les conséquences pour pour le MGC face à ces restrictions financières, elles sont elles sont multiples. réduction des activités, base du nombre d'événements culturels programmés, spectacles, concerts, annulation de manifestation ou de sorties extérieur, report d'initiative, réduction d'ampitude d'amplitude horaire.

Ces difficultés, elles entraînent aussi des mesures touchant l'emploi. On en a parlé aussi directement dans lesc avec des contrats qui sont pas renouvelés, des réductions d'horaires, des risques de licenciement pour raison économique et des conséquences indirectes sur les artistes, les techniciens et les compagnies partenaires. Les structures n'ont parfois pas d'autre choix que d'augmenter les tarifs d'inscription et de et de participation aux activités.

Dans cette perspective, on les MGC, on appelle à une à une prise prise en compte par les pouvoirs publics à tous les niveaux des conséquences délétaires pour l'ensemble des associations de ces baisses de financement sur l'emploi, le lien social et les pratiques culturelles. En responsabilité, on invite également les pouvoirs publics à approfondir le dialogue avec les associations sur leur sur les territoires pour construire des coopérations et des alliances qui qui permettraient de préserver leur indispensable contribution au vivre ensemble. Si les les compétences culture et éducation populaire ne sont pas dans la loi des des compétences obligatoires, elles sont pour autant essentielles.

Merci de votre attention. Merci beaucoup. Je vous passe la parole.

Oui, bonjour François Podzodi Borgau. Je représente la Fédération nationale d'éducation la culture force ouvrière. Je voudrais pour commencer vous remercier vous remercier pour l'organisation de de ce colloque et remercier aussi évidemment tous les intervenants pour les précisions qui viennent de nous donner sur le premier point.

Alors écoutez, moi je voulais vous dire que je partage l'appréciation générale qui a été exposée par la députée Sarah Lin en ouverture de cette de ce colloque et qui relie les attaques contre le service public de la culture et les attaques contre la démocratie parce que s'il est vrai que on admet que pour se développer la culture, le service public de la culture a besoin de la démocratie et de la paix. Le fait est qu'aujourd'hui nous sommes dans une on se réunit aujourd'hui dans une situation où le monde où les menaces en tout cas les plus lourdes et les plus graves pèsent monde sur et la démocratie et la paix. Je pense évidemment à la situation en France avec le coup de force permanent du président Macron qui ne reconnaissant pas le résultat des élections de juillet dernier impose au pays des gouvernements illégitimes qui passent leur budget à coup de force avec le 493.

Je pense aussi bien sûr à la marche à la guerre et à la barbarie au plan mondial avec ce qui se passe en Ukraine qui sert aujourd'hui à justifier la mise en place de l'économie de guerre dans toute l'Europe et aussi bien sûr avec la guerre génocidaire contre la population palestinienne à Gaza. Alors, il se trouve que je mis dans une fédération qui regroupe les personnels de l'éducation et les sauts de la culture et ça nous permet de mesurer notamment le fait que les attaques contre la culture se mènent conjointement avec des attaques d'une ampleur sans précédent contre l'école publique en lien bien sûr avec les attaques contre l'ensemble des services publics. Je fais pas le détail.

Alors, ça a été dit, hein, ces attaques se matérialisent notamment par euh des mesures d'austérité à commencer par les coûts budgétaires. Je reviens pas là-dessus, il y a beaucoup de chiffres qui ont été donnés déjà. Et à titre d'exemple, on a pu le voir au mois de janvier avec l'annulation brutale des crédits pour la part collective du pass culture.

Euh dans tout le pays, les personnel d'éducation nationale, les artistes, les compagnies, les associations culturelles qui travaillent avec les établissements été mis devant le fait accompli de la suppression de milliers de projets qui contribuent, je pense qu'il faut le rappeler quand même, à donner à des millions d'élèves à qui la situation sociale ne le permet pas toujours d'accéder à la culture. Alors ça a déclenché une colère immense et de nombreuses réactions de protestation dans les écoles et établissements scolaires. Alors dans cette situation je vais je peux pas rester jusqu'au bout donc je vais avancer un peu sur les points suivants très très vite.

Je pense que ce qui permet de rester optimiste quand même c'est de constater que toutes ces attaques rencontrent une résistance acharnée des travailleurs, des personnels, de la population. Résistance qui s'exprime évidemment à travers d'état de mobilisation. Moi, je pense notamment dans le domaine de la culture à la résistance qui s'est opposée à la fermeture des lieux de culture euh des lieux de spectacle pendant le rappelez-vous le confinement Covid.

Euh mais je pense aussi euh donc toutes les mobilisations qui se mènent en ce moment à l'école et je pense surtout aux mobilisations massives du 1er mai. Voilà, je vais conclure là-dessus. Je pense qu'aujourd'hui la question c'est de regrouper toutes ces mobilisations pour faire cesser toutes ces attaques.

Ah, merci beaucoup. Alors, on a déjà beaucoup d'inscrites et d'inscrits. On on rappelle s'il vous plaît d'essayer de de se tenir à 2 minutes pour qu'on puisse avoir le plus d'intervention possible.

Euh bonjour. Donc je je m'appelle Guillaume Legick, je suis représentant du SNG CGT euh les journalistes de la CGT. Je travaille à France Télévision et euh en vous écoutant euh on a forcément des points communs puisque on voit très clairement euh que il y a une privatisation rempante du monde de la culture et c'est ce qui va nous arriver si le projet de loi de de d'ati passe.

Je m'explique. Donc elle veut créer une holding mais derrière tout ça c'est la fusion de l'autovisel publique avec derrière bien sûr nos missions de service public qui vont être amputé et puis surtout des suppressions de l'emploi. Voilà c'est c'est donc on est exactement dans la même situation que vous.

On est bien sûr mobilisé, très inquiet et euh on compte vraiment euh sur euh la représentation nationale pour que déjà ce projet n'aboutisse pas et surtout qu'il ne soit pas voté. Voilà. Donc euh par rapport à vos à vos combats, il faut aussi des relais et si nous on n'est plus là pour les relayer, je ça va être très compliqué.

Voilà, donc on est on est dans ce ce marasme aujourd'hui et sachez qu'on est bien sûr avec vous et que on se mobilise aussi pour le monde de la culture. [Applaudissements] Euh, bonjour, je suis Muriel Drefus, euh programmatrice de film au Forum des images, une institution parisienne située au cœur de Paris dans le forum des que vous connaissez peut-être. Alors, nous, on est une grosse institution, on est riche.

Euh voilà, a priori euh on est subventionné par la mairie de Paris et en fait voilà, on alerte aussi, on a lancé une pétition en ligne peut-être vous l'avez vu surchange.org, je vous invite à à la signer. Il y a plus de 6000 signataires professionnels du cinéma, spectateurs, voilà, des chercheurs.

Et en fait, on alerte parce que la subvention de de la ville continue de de baisser. Euh alors en fait nous c'est compliqué parce qu'on a plusieurs comment dire chevaux de bataille. C'est-à-dire que c'est à la fois la mairie de Paris qui baisse sa subvention euh comment dire qui ne tient pas ses engagements.

Et c'est aussi et qui a imposé il y a 8 ans, en 2018 7 ans, une école du numérique Tumeau. Alors je veux pas bah enfin comment dire combattre mes collègues qui font un super boulot. Mais c'est intéressant parce que ça montre exactement ce dont vous parlez et comment les politiques en fait euh en faisant des coupes budgétaires et en imposant des projets ont aussi quand même des idées de ce que doit être la culture.

C'est-à-dire que la culture, elle doit être outillante. Ça c'est le cheval de bataille de nos élus. Alors pas vous bien sûr, mais disons de de la mairie de Paris qui est pourtant une mairie de gauche, mais c'est aussi le cheval de bataille de notre direction, c'est-à-dire outillante, c'est-à-dire en fait des tutos, vous apprendre à comment faire un film et cetera, mais développer votre esprit critique notamment la culture.

Beaucoup de cinéastes comme on est une institution qui existe depuis plus de 30 ans sont passés par chez nous. Des gens que vous connaissez très bien, Philippe Faucon, Robin Campillot qui est à Cann et qui qui nous soutient, qui a signé la pétition et qui ont fait leur culture, qui ont fait des débats pour le public. Donc en fait nous ce qu'on veut c'est comment dire continuer à défendre le cinéma.

Or, notre direction sous prétexte de coût budgétaire euh veut veut uniquement euh supprimer enfin petit à petit supprimer la place du cinéma euh en faisant prétexte qu'on peut pas sinon pourra plus à la fin de l'année payer les salaires. Euh donc on va couper dans un seul poste, c'est les projections en salle. Et attention, ne montrez pas que des films parce que un film seul ça n'apporte rien.

Euh voilà. Euh excusez mon intervention un petit peu. Euh voilà.

En fait, je représente aussi, je suis Sud culture et je représente un collectif de salariés qui essaie de se battre pour que l'institution reste ouverte à tous, reste un service public. Euh voilà et euh ne soit pas un espèce de palais des congrès où on accueille des programmations, des festivals qui sont faits par d'autres ailleurs. Voilà.

Merci beaucoup. [Applaudissements] Attends, je vais rester assis, j'arrive pas à me désolé, je reste assis, j'arrive pas à passer. Euh, bonjour le Louis Bousel pour la CGT culture.

Je suis au fond là-bas. Euh, désolé. Voilà.

Euh donc CGT culture et donc c'est l'organisation syndicale première au ministère de la culture. Donc nous représentons les personnels de ce ministère et représentons 40 % des 24000 fonctionnaires et contractuels qui travaillent pour le ministère de la culture. Pour la CGT culture, la revendication première a toujours été l'accès universel au bien culturels universel les productions de les grandes productions de l'esprit humain.

C'est un petit pas de côté du point de vue de la création et bien sûr ça va dans le sens aujourd'hui quand on parle de culture, il y a pas d'opposition entre le spectacle vivant, la création et la défense du patrimoine. De façon contreintuitive, on pourrait penser que les réactionnaires qui sont aujourd'hui au pouvoir ont un attachement particulier pour les vieilles pierres, les vieux musées, les beaux tableaux et cetera. C'est absolument faux.

Ce sont des faux soyeurs de ce qui a été acquis par la Grande Révolution française qui donnait à tous accès au Louvre, à Versailles et cetera et cetera. Pour vous en donner une illustration, il me faut la citation exacte parce que ça paye pas de prix quand même. Quand on a eu un entretien lors du dernier, bref, on passe sur les instances, c'est pas mais discussion avec le secrétaire général, le numéro 2 du ministère après la tir et on lui parlait nous de notre revendication première qui est la démocratisation culturelle, donc c'est-à-dire la gratuité, l'accès gratuit au musée et cetera.

Alors, de son point de vue, lui l'a dit sans complexe, la politique de démocration démocratisation culturelle ne s'adresse qu'au ressortissants nationaux et la tradition universaliste de la France ne va pas jusqu'au financement des ressortissants extraion européennes. C'est donc le racisme le plus décomplexé, la xénophobie la plus décomplexée. Et les conséquences de ça, c'est la volonté de remettre en place pour les ressortissants étrangers, les visiteurs, les touristes, des prix différenciés et donc ce serait Versailles, le Louvre, certains sites de monuments nationaux tels que la conciergerie ou l'Arc de Triomphe, Chambor, l'Opéra Garnier, c'est à l'encontre de tout ce qui fonde, je crois, le service public de la culture et comment dire, je crois que nous devons aller de pair avec évidemment le formidable enfin le gigantesque que plan de liquidation du spectacle vivant, mais également la défense de l'accès notamment aux jeunes générations, au patrimoine matériel, immatériel de l'humanité contre sa privatisation.

Et je conclurai sur sur cette question. J'ai j'ai trouvé le le petit exposé sur la filière, le petit dessin. On serait incapable de faire ça, mais c'est formidable parce que si vous prenez les musées aujourd'hui, c'est la même chose autour du comité Colbert et on retrouve les mêmes.

Les mêmes alors c'est Bernard Arnaud essentiellement qui est vertèbre et qui accompagne et qui est accompagné du sultan altani qui met la main sur absolument tout ce qui est location d'espace, privatisation, messena. Et là, il y a aussi un sujet pardon sur le Messenat bien évidemment puisque derrière ce sont les impôts des Français qui vont financer leur blanchiment d'argent. Enfin, je je je le dis mal mais excusez-moi.

Et et il y a un véritable scandale public de ce point de vue-là, je pense. Et Rachid Adati emporte une grande responsabilité aujourd'hui. [Applaudissements] Alors, on va sur la dernière prise avant-dernière, pardon.

Merci Martin pour la précision. Bonjour à toutes et à tous. Je me présente Florient Cobrin.

Je suis conseiller départemental d'opposition en Alsace. Merci pour l'invitation et merci à Emmanuel Fernandez de m'avoir associé à ce à ce colloque. Je voulais du coup importer mon témoignage euh en tant qu'élu d'une collectivité bien de droite pour donner un petit peu à voir ce qui se passe chez nous et ça fait écho évidemment un certain nombre de choses que vous avez évoqué.

La première chose, c'est effectivement ce n'est pas un choix euh économique, c'est vraiment l'occasion de profiter de la crise pour couper dans la culture. En Alsace, c'est 2,6 million d'euros de baisse, c'est 12 %. Mais à côté de ça, on a financé 1 million d'euros de de dispositifs d'enneement artificiel cette année et on a rajouté 1 million d'euros pour aider le foncier des entreprises.

Donc cet argent, il existe et on a juste fait le choix politique, enfin ils ont fait le choix politique de le flécher de la culture vers notamment ces deux dispositifs. Sachant que la manière dont la culture est conçue dans cette politique, dans cette collectivité, c'est vraiment de l'avoir plutôt comme une machine à recette. En 2 ans, on a les recettes de nos deux organismes principaux qui sont le château du Hokenixburg et puis un musée de culture scientifique.

Et bien, on a doublé les recettes de billetterie, enfin on a augmenté 60 % dans ces deux établissements. Euh donc c'est vraiment on baisse les dépenses mais par contre on augmente les recettes qu'on en tire. Donc ça nous donne vraiment le la vision du service public de la culture qu'il y a à présent dans ce dans cette collectivité.

Et dernière chose pour compléter le tableau, ils ont euh on termine l'année 2024 avec 105 millions d'euros d'excédents. Donc en fait, on n'est pas un département qui est euh au bord du gouffre comme c'est le cas malheureusement effectivement de beaucoup de collectivités. En Alsace, il y a de l'argent, en Alsace, il y a une vie culturelle qui est riche et bien là, on a le département qui fait le choix de se retirer et ça se fait dans l'opacité totale.

Ça a été évoqué aussi la fois dernière. Moi, je me retrouve aller à la commission d'accès au documents administratifs pour avoir le document de la répartition des subventions parce qu'on ne me le donne pas en tant que en tant qu'élu. Et euh et donc voilà, c'est les conséquences, on en a parlé, je vais pas revenir dessus.

Euh il y a une vision aussi vraiment de concurrence entre les métropoles et les ruralités. Je crois que c'est aussi un sujet sur lequel on doit travailler parce que parce que malheureusement eux il ils ont une vision où les métropoles prendrait tout et délaisseraiit les campagnes. Alors d'un point de vue de budget ça peut correspondre à une réalité mais évidemment que les grandes euh les grandes structures culturelles ont aussi vocation à s'adresser aux habitants de de la ruralité.

Et donc peut-être en en question que j'aimerais poser, moi j'ai l'impression que face à tout ça, on doit pas effectivement juste lutter contre mais proposer quelque chose, être dans aussi euh une forme de nouvelle imaginaire pour réussir à mobiliser les uns et les autres. Et moi, je me pose la question des droits culturels. Peut-être qu'on y reviendra plus tard, mais les droits culturels donc c'est l'idée que chacune et chacun est légitime à participer à la vie culturelle.

Et pour moi là, il y a une manière justement pour chacun et chacune de se réapproprier la culture, de faire en sorte que ce soit pas les élites culturelles contre le reste et euh voilà. Et donc ça, je sais pas si vous avez eu l'occasion de travailler autour de ces notions. Je vous remercie.

Bonjour, je suis Jean-Ive Brotau. Je suis l'un des coprésidents de la SENA qui est la Confédération nationale des radios associatives. On s'est particulièrement mobilisé, nous si l'information ne vous a pas échappé au mois d'octobre novembre quand dans la PLF 2025 on nous annonçait 35 % de la suppression du fond de soutien l'expression radiophonique et le soutien du ministère de la culture à nos radios.

Il y a eu une formidable mobilisation tout d'abord dans nos radios avec nos bénévoles, nos salariés qui sont allés voir les parlementaires qui se sont à leur tour mobilisés et finalement on a échappé à cette baisse de 35 % de de de baisse qui nous était annoncé des subventions mais rien n'est jamais gagné et vous le savez. Je suis tout à fait d'accord pour dire que et c'est ce que je crois la ministre a a dit au moment des Molières cette année la culture est un choix politique et nous savons tous que la culture est un choix politique puisque nous sommes ici. Ma question est la suivante, c'est comment après ce colloque nous allons pouvoir nous organiser pour ensemble mener cette bataille du choix politique ?

On est tous isolés les uns des autres et je pense que nous sommes tous touchés ensemble et qu'il va peut-être falloir trouver comment est-ce que c'est possible ou pas s'unir, s'unifier pour gagner cette lutte par rapport à ce qu'on veut faire de la culture en France. Et puis dans quelques jours, ce sera les 10 ans de la dernière loi de décentralisation, la loi nôtre. Elle a été votée en juin 2015.

Cette loi a donc permis notamment à des collectiv collectivités territoriales telles que la région pays la Loire dont je suis issu puisque je suis vice-président de la Fédération des radios associatives M en jou et responsable du radio Alpa Aman et que moi je suis toujours étonné qu'une loi soit aussi mal ficelée puisque la loi nôtre a enlevé toutes les compétences généralisées aux collectivités pour donner des compétences essentielles. la compétence culture qui a été énormément débattue en 2015. Finalement, on voit ce que ça donne aujourd'hui, disons après, en 2025 puisque apparemment des collectivités territoriales peuvent se soustraire de cette compétence qui n'est plus qui n'est pas obligatoire.

Est-ce qu'il ne faudra pas là aussi, puisque nous sommes à l'Assemblée nationale, que nos parlementaires se saisissent de cette loi neôre afin qu'ils imposent la culture comme toutes les autres compétences dans les budgets des collectivités territoriales. Merci. Voilà, on est désolé pour celles et ceux qui n'ont pas pu parler à cette à ce premier Get là.

On vous note aussi pour les prochaines. Est-ce qu'il y a voilà, est-ce qu'il y a pas de frustration ? Ça l'air Oui, mais on vous note aussi pour les prochaines rondes et on vient parler avec vous pour ça.

Merci. Du coup, c'est désolé, je me en tout cas on va donner la parole à nos à nos intervenants en sens inverse pour un petit retour. Je dis juste que on a la table ronde suivante qui qui est prévue dans un quart d'heure et qu'on voulait qu'il y a un petit temps de pause et que sinon donc on prend sur la pause.

Donc chacun et chacune accepte de raccourcir un petit peu tout comme je ne dirais qu'un mot de conclusion mais si vous avez voilà des retours qui vous reviennent depuis la salle. Très brièvement sur vous avez soulevé la question des droits culturels et de comment construire aussi des récits qui réentraîne l'opinion publique avec nous aussi. Euh alors je crois qu'il y a vraiment un enjeu effectivement à être en capacité de reprendre la maîtrise du récit.

Euh moi je je fais partie des gens qui considèrent que euh les récits c'est à nous de les construire, nous les artistes et que le politique à travers sa relation avec les agences de communication s'est beaucoup emparé du récit et c'est dommage que le récit ne se traduise le plus souvent que par campagne de communication, voire par des logiques de sondage pour tester à l'avance quel va être l'impact électoral de telle ou telle prise de parole. J'en parle en connaissance de cause puisque c'est une grande spécialité de le renvoquer dans dans notre région financée par l'argent public. Euh en l'occurrence sur votre question sur les droits culturels, c'est une continuité.

Je crois que nous on doit être très attentif tout en posant les questions qui qu'on a à se poser, en étant capable de faire un examen critique de savoir dire contrer le discours selon lequel la démocratisation culturelle aurait échoué. Moi, je tiens à dire que la démocratisation culturelle, ces politiques publiques, elles ont eu un effet positif. Il y a jamais eu autant de culture en proximité d'autant de gens.

Il y a jamais eu autant de jeunes gens qui désirent faire de l'art leur métier. Simplement, on a cessé d'accompagner le développement de ces politiques et aujourd'hui, on nous dit il faudrait aller plus loin mais avec moins d'argent et réinventer un nouveau modèle. Ce nouveau modèle, on nous invite à aller se tourner vers le privé pour se financer autrement.

On en a saisi les dangers, on sait très bien de quoi il relève. Nous nous disons si l'État n'a plus les moyens de financer ses services publics et d'accompagner le développement de ses politiques publique que lui-même se tourne vers une augmentation de ses recettes et donc repense la question de la peau, repense peut-être la question du mcena culturel avec la fuite parfois de capitaux qui on le voit bien c'est aujourd'hui on investit moins dans les musées que l'on fabrique de fondation donc ça pose question quand même. Donc oui, les solutions elles sont là.

Et puis après, monsieur, vous avez dit aussi des choses importantes. Comment on se fait d'air ? Ben trouvons le bon canal pour se donner une date de rendez-vous pour nous regrouper toutes et tous qui sommes concernés parce qu'effectivement c'est ensemble qu'on va réussir de manière unie à porter une dynamique nouvelle. [Applaudissements] Euh moi, je voudrais juste rajouter un un petit truc sur la question de la notion de subvention qui est complètement euh décrédibilisée aujourd'hui au point que on m'a rapporté une directrice des affaires culturelles disant un plein corps appelant en plein corps les gens qui étaient subventionnés de façon pluréannuelle, les abonnés au gaz.

Ça raconte quelque chose sur la perte de sens de ce qu'est un soutien public à une action d'intérêt générale qui est la subvention. Et nous devons absolument retrouver ce sens-là et le défendre. Par ailleurs, il y a plein de façons en fait de détricoter la culture.

On a beaucoup parler de financement aujourd'hui et tous on en souffre parce que ça a une un impact direct sur nos activités. Mais il y a aussi par exemple ce qui s'est passé à Enin Baumont quand une municipalité RN récupère un théâtre en disant on modifie la convention et à tout moment en fait on peut réquisitionner la salle ce qui empêche toute action. C'est ce qui se passe aussi euh donc en pac avec cette affaire de d'écriture inclusive qui devient un un enjeu en fait de d'avoir ou pas d'être soutenu ou pas.

Euh c'est ce qui se passe aussi pour certaines de nos structures. Nous, on a des remontées en ce moment sur des demandes d'activité partielle qui sont refusées aux associations. Il y a plein de façons de détricoter et il faut qu'on soit vigilant à l'ensemble de ces de ces façons, à l'ensemble de ces actions et le les pertes de financement en sont une mais sont ça n'est pas les seuls.

Euh non, ben j'ai pas énormément de choses à rajouter, c'est déjà très complet. On on a pris beaucoup de temps. Euh euh c'est plein de témoignages hyper intéressants et moi je pense surtout que comment se regrouper ?

Bah déjà il y a une semaine qui commence enfin une mobilisation qui commence aujourd'hui avec des mobilisations partout en France et puis ben nous en tant que collectif de lutte on reste un collectif, on se retrouve régulièrement euh monter des collectifs partout. Soyons ensemble, continuons ces discussions de manière informelle entre nous. euh tout le temps et partout.

Merci très rapidement, je suis comme je risque très attaché moi à cette question de récit et je pense que ça c'est c'est là le nœud. Alors déjà la sémantique est extrêmement importante. Donc il est hors de question de laisser les mots appartenir au à nos à nos opposants.

Ensuite je pense qu'il faut absolument qu'on arrive à sortir de cette position défensive pour écrire un nouveau récit. il faut qu'on arrête d'être sur la réponse A parce que on a toujours un temps de retard et ils auront toujours un temps d'avance parce que le système de la fake news, le système de l'attaque perpétuel, le système du tapis de bombe et bien il est il est il est redoutable. Donc il faut qu'on arrive à à rassembler peut-être d'une certaine manière tous les fragments épartits que l'on a et qu'on incarne chacun notre manière et qui sont présents sur les territoires, qui sont présents dans nos dans nos initiatives et cetera pour raconter quelque chose qui fasse rêver.

Voilà de quoi on a envie, de quoi on a envie ensemble. Et ça, je pense que c'est important de passer à cette étape désormais plutôt que de d'être simplement dans dans la réaction. [Applaudissements] Mais je crois qu'on on pouvait pas arriver meilleure transition vers notre vers notre deuxième table ronde.

Juste un un mot déjà enfin pour vous remercier toutes et tous ici pour vos interventions, que ce soit en table ronde ou que ce soit depuis la salle. Je crois qu'on juste un quelque chose qui me frappe, c'est que dans l'analyse des conséquences, on a déjà les ferments aussi euh euh de ce qui fait la force en fait de ce secteur des arrêts de la culture et de ce qui doit être sans doute un point d'appui pour ce qu'on débordera dans la deuxième table ronde. Vous avez évoqué des effets dominaux, des effets du coup de concentration, de mise en concurrence, d'externalisation en fait qui casse ce qu'est la culture.

Mais ça nous dit aussi quelque chose. Cet effet domino, il est possible parce qu'il y a une forme de solidarité et de d'interdépendance et d'écosystème de la culture. Et je pense que c'est c'est un des éléments qui doit être un un point d'appui.

On m'a voilà, il a été question de comment est-ce qu'on lutte ensemble et cetera. Il y a eu aussi des regrets qui ont été exprimés. Je trouve que c'est important en fait de le dire de dire à telle époque on a vu telle chose et on s'est dit faut pas trop en parler, faut pas faut pas s'zocensurer, faut pas et puis là de se dire bah en fait maintenant peut-être que ce réflexe de solidarité de se dire bah là on est tout est tous un peu après t'avoir entendu Mélanie par exemple, on est tous un peu du des pays de la Loire quoi. on a ce cheville au corps, cette envie de de de défendre, de vous défendre et de créer cette cette solidarité, de faire comprendre que on a bien compris que les armes face à nous et que les outils pour détruire le service public de la culture, c'est cette façon de détisser les liens, de cr mettre en concurrence, d'opposer les territoires, les les les métropoles, de créer des discours sur la culture populaire, la culture et cetera.

Bah notre récit, le récit, je pense qu'il doit se faire en en en étant très respectueux de cette indépendance et je pense en tout cas c'est ce qu'on se dit souvent nous dans notre camp politique, c'est que ça part parfois par les plus petits ou les plus pas forcément petits parce que tu l'as dit Emmanuel, le mot petit est peut-être pas bon, mais celles et ceux qui sont les plus invisibilisés dans ce qu'ils font, dans leurs valeurs, dans les attaques qu'ils subissent et celles qui sont les plus précarisées, les plus vulnérabilisées. Et j'ai tendance à penser que souvent c'est en partant de ce biaet là et en faisant front ensemble autour des personnes les plus attaquées, les plus vulnérables qu'on tisse en fait les le récit dont on a besoin pour l'intérêt général et pour toutes et tous et j'espère que c'est ce qu'on fera dans notre prochaine table ronde. Merci beaucoup.

Merci à toutes et tous pour votre présence. Merci bien sûr pour les organes organisateurs, les personnes qui sont venues, toutes celles et ceux qui ont euh organisé l'événement, préparé, planifié, monter les chaises, bref rendu possible ce moment d'échange collectif. Ça a été dit.

Donc moi, je suis Adrien Clou, député les filles de la Haute Garon, donc le plus beau département de France euh dans lequel on subit évidemment ce que vous connaissez toutes et tous, c'est-à-dire une conjonction où les municipalités, département, région, état se conjuguent pour couper sauvagement l'ensemble des dispositifs et des services publics de la culture. He dans le casre d'un d'une métropole comme Toulouse, on a eu récemment la disparition de la bienénale de Toulouse. On a Lis dat qui est rentré en lutte récemment pour le maintien des budgets de ces maquettes pédagogiques.

On a LINA qui est en lutte pour survivre. On a les bibliothèques municipales qui perdent 213 postes. On a les centres culturels qui perdent 40 % du budget et je pense ici à l'espace job, au théâtre de la Violette, au théâtre du fil à plomb et cetera et cetera qui sont des lieux de lutte et de combat et donc évidemment première pensée et pour celles et ceux qui se battent pour maintenir les services publics culturels sur le terrain.

Et donc, j'ai le plaisir d'animer cette seconde table ronde qui est structurée autour d'une thématique, celle de des luttes pour rebâtir le service public de la culture pour toutes et tous. Et évidemment, une des conditions de cela, c'est la reconnaissance du travail artistique en tant que tel. avec moi pour en parler puis je donnerai la parole à chacune et à chacun de gauche à droite, vous avez d'abord Isabelle Geg qui est designer graphique, enseignante, membre des syndicats SNEAD et Snap CGT donc syndicat des écoles d'art et de design pour l'un, syndicat des créateurs créatrices d'art graphique culture pardon graphique plastique et visuel pour l'autre et également élu au Knezerac donc le conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche artistique.

On l'applaudit. À sa gauche, nous avons Guilin Gautier, secrétaire général de la CGT Spectacle, donc la Fédération nationale des syndicats spectacles, cinéma, audiovisuel et action culturelle qu'on peut également applaudir. À sa gauche encore, on reste vraiment en terme topographique évidemment, ne n'ayez pas un mauvais esprit.

Fia Men Ménard, jongleuse, performeuse, chorégraphe, metteuse en scène et cirectrice de la compagnie Nonova. Merci encore à toi d'être ici. Encore plus à gauche, Michel Simonau donc écrivain, metteur en scène et sociologue de la culture.

Merci de ta présence. Évidemment, celle qui a organisé la journée qu'il l'a imaginé pensé, Sarah Lin, ma camarade et ami, député LFI de Paris. Donc le service public de la culture, tout le monde le sait, est délibérément torpillé ces derniers temps par les pouvoirs public.

On a pu voir ça ce matin dans les premiers échanges. On a ensuite pu identifier certaines des conséquences de ce torpillage organisé, à savoir la concentration du secteur et son passage entre les mains soit de millionnaires, soit de grands féodo des collectivités territoriales et locales. Et donc on est là pour parler de l'alternative à ces processus négatifs à savoir.

L'alternative, c'est comment on est en capacité par les combats qui sont menés sur le terrain de reconstruire un service public de la culture qui aille de la formation initiale jusqu'à l'expression artistique concrète auprès d'un public. Et comment pour cela reconnaître la valeur à la fois des œuvres bien sûr, mais aussi et surtout du travail des artistes qui en sont les producteurs et les productrices. Et donc pour démarrer ce moment d'échange et ce tour de table, on va commencer avec Fia.

Donc on l'a évoqué tout à l'heure, tu es performeuse, chorégraphe, metteuse en scène et la compagnie à la tête de laquelle tu es dans les pays de la Loire, donc un des un des territoires de France qui est plus concernés par les saigners budgétaires. Et avec l'ensemble des artistes en lutte, vous avez été parmi les plus grandes voies de la mobilisation contre ces se saignés. Quelle est en tant qu'artiste, en tant évidemment qu'artiste en lutte, en lutte collective, quelle est votre vision du service public, de la culture et de la diversité artistique dont on a besoin aujourd'hui ?

Alors, je vais commencer par pour répondre à votre question avant de faire des bêtises, je vais citer une phrase parce qu'elle va tout aller tout aller là. C'est une interview de André Tarkovski euh donc le grand réalisateur à qui euh en prenant des notes he je suis tombé en me disant tiens mais celle-ci il faudrait qu'on y pense et vous introduisez très très bien cette question. Euh André Tarkovski on disait "Pensez-vous que l'artiste, le réalisateur soit un prophète ?" Euh c'est presque la question, c'est-à-dire est-ce que est-ce qu'on a une solution ?

Sa réponse, elle fut celle-ci. Je je voudrais décrire les fonctions universelles de l'artiste, son rôle, sa place dans la vie, dans la société. Je pense évidemment que l'artiste exprime avant tout des idées, des idées qui mérissent dans la société dans lequelle il vit.

Pour le dire brièvement, il se présente comme un médium, comme un émetteur des idées que le peuple engendre en lui-même. Or, tout un peuple ne peut pas être un artiste. L'artiste est avant tout une individualité, une personnalité.

Il est comme la personnification de la société justement grâce à ce fait qu'il incarne la voix du peuple. Il est le produit du peuple. Euh sous ces aires finalement de de phrases quand même très introductibles, je je tiendrais à dire que c'est une sorte de dialogue permanent euh faire de l'art, de la culture dans une société comme l'a rappelé tout à l'heure Joris, c'est une histoire de la démocratisation et de la démocratisation, je pense que une grande partie d'entre nous ici présente et présent ont une histoire, un rapport avec la démocratisation.

Donc ce que je veux dire c'est que l'effet est bien là. On est bien ici. On serait peut-être beaucoup moins nombreux s'il y avait pas ça.

Ça veut dire que précisément à chaque fois ce caractère d'histoire si on sait le rappeler, on peut s'apercevoir que la peut-être que les solutions ne sont pas à regarder devant mais peut-être déjà elles sont déjà bien présentes. Je dirais que ce que nous vivons en région Pays-Loire mais qu'on peut vivre dans n'importe quelle autre région. Je rappelle juste pour exemple pour donner un petit peu cette cette anecdote hein dans le mécanisme pour créer et finalement déposséder une société de son pouvoir de pensée, il faut retirer tous les outils lorsque la région pays de la Loire derrière Christelle Moranet mais derrière Christel Moran il y a un nom qui s'appelle Alexandre Tbau qui vient de sens commun donc le le parti de de Marion Marichel Le Pen.

C'est lui-même qui a fait la liste. C'est lui-même qui a tout décidé et je rappelle que à l'époque avant lui, c'était Bruno Rotaillot qui était à sa place. Mais Bruno Rotaillot n'a même pas touché à quoi que ce soit.

Une compagnie comme la mienne n'était pas du tout inquiétée. À l'arrivée d'un homme comme lui qui travaillait déjà au comité de crise de chez Areva, sa première conviction a été de réduire tous ceux qui portaient des paroles de questionnements sociaux. euh au-delà des questions LGBT, des questions vraiment purement sociales, c'estàdire OK, nous sommes héritiers de quoi et comment nous faisons pour être héritier d'une société qui a été coloniale ainsi de suite.

Donc c'est 100 % la compagnie NNOVA a perdu 45000 € nets d'un seul coup de postes salariés que nous avons dû licencier. Euh derrière, il a aussi fait la même chose pour la maison Julien Grac, la maison des auteurs qui a perdu tout ce financement et il y a un mois et bien il vient de se faire nommer président de la maison Julien Drac. Donc ça veut dire c'est lui qui va choisir les auteurs qui pourront travailler à la maison Julien Grec.

C'est un fonctionnement. Ça veut donc dire que toutes ces choses de lutte très forte, c'est comment ils essayent de prendre position sur le récit. C'est comment nous par contre on arrive à reprendre le récit.

Et je crois que le récit euh en pensant venir ici, je suis simplement aller fouiller dans une histoire dont je n'avais finalement que trop peu d'éléments. C'était quelque chose qui s'est passé en 1987 qui ont été les états généraux de la culture lancé par Jacqualit. Et je crois qu'il est extrêmement important pour nous de nous rappeler à ce moment-là que en effet à l'instant où rentrait le partenariat privé, c'est-à-dire d'un seul coup la 5e chaîne de Merlusconi, la chaîne M6 et l'achat de TF1, la SRF a poussé avec Jacques Ralite à ce qu'il y ait un rassemblement des artistes et que cet rassemblement a donné droit à ce qu'on a appelé tout à l'heure les droits à la culture. ces droits, je crois qu'ils sont là et que peut-être que pour dire que la plus grande chose que nous avons à faire, c'est de sans arrêt les remettre sur la table car il concerne aussi bien tous les pans de la culture mais aussi la relation du spectateur et du consommateur dans l'ordre général à qu'est-ce que c'est que l'accès au bien et surtout peut-être c'est là où faut que nous réinvestissons cette histoire c'est le lien contre le mensonge puisque que euh la grande qualité aujourd'hui finalement d'un communiquant, c'est d'assumer le mensonge et c'est de parier sur le mensonge.

Donc il il va de paire pour moi de dire que nous devrions très certainement reprendre cette phrase la culture française se porte bien pourvu qu'on la sauve et c'est nous qui pouvons la sauver parce que dans tout ce que nous vivons, dans toutes les luttes et je pense que nous le voyons à différents niveaux euh c'est que sous le discours qui est régulièrement tabassé, en effet nous coûtons trop cher. Il il faut faire le travail inverse de jouer sans arrêt des images et des calculs pour ramener la réalité et que ça passe très bien. Alors, les lieux de culture sont faits pour ça.

Je crois que nous avons tout intérêt à aussi rappeler combien nous avons des possibilités et bien d'agir en permanence. Alors, ça se passe très souvent, on pourrait dire au by one, c'està-dire en tête à tête. Mais c'est aussi là où le chemin peut se faire.

En tout cas, c'est celui que on essaie de mener, je dirais entre artistes qui pratiquons sur différentes scèes, différents niveaux et aussi dans le dialogue notamment dans les écoles. car je crois que à tous ces échelons euh cet état de conscience est là parce que plus le mensonge est gros, plus bah finalement on croit qu'il passe mais en fait non, il il il porte des vraies questions et c'est à cet endroit-là où je crois que dans toute forme de lutte, il y a ce moment où il faut surtout ne pas désespérer du temps. euh que dans l'échéance que nous avons à voir aujourd'hui, on a des échéances qui sont celles des municipal bien sûr parce que c'est là aussi où ça va se jouer.

C'estàd qu'aujourd'hui on sait que des municipalités tiennent pour une compagnie comme la nôtre comme beaucoup de compagnies en région pays de la Loire notamment en Loire Atlantique, c'est la ville de Nantes qui va quasiment soutenir la création et donc qui va porter aussi des actions puisque les actions c'est à quel endroit on n'est pas à chercher le partage des moyens mais à défendre les répercussions de la culture et donc des avantages d'avoir des administrés conscients. Donc nous reparlons à la conscience et je crois que aujourd'hui plus que tout c'est le chemin que nous invitons à faire en tant qu'artiste euh et je crois tous et toutes aujourd'hui. Donc c'est vraisemblablement sans arrêt plutôt de croire à notre nécessité puisqu'on nous a convaincu de notre non nécessité et en effet d'avoir la capacité comme l'a fait je pense Joris tout à l'heure je trouve que en effet de faire la division de 1 milliard avec 68 millions d'habitant c'est assez facile et je pense que nous manquons très certainement de savoir utiliser ces récits et de les poser.

Voilà, je n'irai pas plus loin. Merci beaucoup pour ces mots et pour ces ces apports à notre réflexion collective. Et pour prolonger sur ces questions qu'on a initié, nous avons avec nous donc Michel Simon.

Michel qui a fondé et dirigé l'ANFIAC, l'Association nationale de formation et d'action culturelle, laquelle a formé un certain nombre de responsables dans les domaines des arts et de la culture. Et à partir de cette expérience associative et professionnelle, vous menez une réflexion sur la place que peut occuper la culture notamment dans les collectivités territoriales et les politiques publiques à ce niveau-là. C'est une réflexion que vous avez notamment formalisé dans votre ouvrage la langue retournée de la culture il y a quelques années de cela.

Et à partir de de ce regard que vous avez rétrospectif et de l'activité menée, comment est-ce que vous voyez la capacité qu'on a à sortir de la logique actuelle qui conjugue des coûts budgétaires et de la marchandisation à coût soit d'autofinancement sur le prix des tickets ou de pass culture qui vient généralement résumer les modalités de financement des politiques culturelles. Et dès lors, une fois qu'on répond à ça, quelle politique culturelle on peut articuler avec une perspective d'émancipation et non pas une perspective strictens commerciale ? Merci.

Je précise que je pardon, je préciseraiis juste que j'ai aussi une expérience de de compagnie théâtrale et de de d'expérience dans des responsabilités de lieu aussi comme ça ça ouvre. Oui, je par rapport à ce que tu viens de dire FIA, je pense que j'avais envie d'ouvrir sur une réflexion des des condition de à laquelle on peut penser les politiques culturelles ou les services publics. Alors, j'ai très peu de tente donc vous pardonnerez, je vais être extrêmement schématique sur des pistes que je vais sentir qui je vais lancer qui vont être probablement un peu ambitieuses et qu'il faudra développer autrement.

Donc ça va être schématique, ça va être simpliste. Simpliste. Deux points, je voudrais développer deux points.

Le premier c'est sur pour rebâtir le service les services publics ou le service public de la culture, je pense qu'il faut rétablir une une politique publique de la culture, autrement dit, les fondements de ce que peut être pour nous une politique publique. Les services publics découleraient découlent de cette définition, de cette affirmation. Deuxème point qui est encore plus ambitieux pour pour une politique publique de la culture, elle doit se fonder sur l'art.

Je le dis d'emblé euh une politique de gauche ne pourra pas grand-chose sans l'art. Et je vais m'expliquer en quelques principes euh qu'on pourra contester mais qu'il faudra développer. Aujourd'hui, évidemment qu'il y a une urgence vitale de se battre pour pour rétablir, on va mettre ce mot-là comme ça, les services publics.

En tout cas, quelque chose qui ne soit pas l'instrument de notre mise à mort. Si les services publics sont attaqués frontalement, c'est une attaque plus générale contre la politique publique dont dont la politique publique de la culture. Dans cette urgence, il y a, je pense nécessité de se battre.

Évidemment, c'est vital. mais ne se battre que pour des services ou pour enfin des services publics sur ce qui est finalement la mise en œuvre concrète de la politique publique de la culture, le fait de combattre secteur par secteur par exemple de de nous conduirait à être perpétuellement sur la défensive sur un sur un calendrier qui nous est imposé au gré des décisions politiques et finalement de d'obtenir d'éventuelles recul concession mais opportuniste, toujours provisoire car l'objectif sera toujours destruction ultérieure. Donc cette nécessité vitale de lutter contre cette destruction de chaque service et des services publics comme on on entendu parler ce matin nécessiterait je crois de se donner une perspective de donner une perspective à ces ces combats, de les insérer dans une perspective dans un projet politique par exemple ce n'est pas abstrait.

Par exemple, si on veut faire face aux accusations dans l'obj don dont nous sommes l'objet, je parle des artistes dont je suis aussi, c'est-à-dire où on jette la suspicion sur la politique publique de la culture. C'est Morandais qui disait que la la la culture est une dépense et n'est pas un investissement, n'est pas du tout une dépense publique. Que nous les artistes sont des profiteurs, des assistés, des irresponsables, des élitistes. que la subvention, elle l'a dit, comme répété par la droite, une dépense, une dépense et une dépense inutile, ce qui conduit à renvoyer chacun aujourd'hui à chercher ses propres ressources.

Si je on voit bien, il faut on essaie de réobtenir des subventions mais si on veut survivre, il faut aller chercher des ressources soi-mêmes et se développe aujourd'hui par exemple pas à la place du messena mais presque le crown funding. C'est-à-dire, nous voyons aujourd'hui, ça m'a stupéfait, cette ce déferlement, je dis ça dans les compagnies, les les les petits projets de territoire, pas que dans tous les domaines musiques et cetera, y compris le patrimoine, la recherche de financement individuel comme si alors c'est même plus le le le le la porte publique qui serait remplacé par du messena ou complété, mais remplacé par le bon vouloir d'individu singulier et c'est et le fait de trouver c'estàdire il s'agit de trouver individuellement une solution d'individu et donc ça installe de fait actuellement un état d'esprit qui fait que on on on est à l'opposition on est à l'opposé d'une politique publique. on s'installe dans quelque chose qui n'est plus la politique publique par nécessité, par besoin vital, mais petit à petit, la pratique installe quelque chose et je pense que ça peut freiner l'esprit critique que nous avons et cette volonté d'être solidaire les uns avec les autres puisque nous allons chercher des volontés individuelles pour nous sauver individuellement.

C'est c'est aussi ça se traduit par le fait que nous sommes contraints de courir après des appels à projet. les appels à projet qui sont contraints par le temps, les moyens et les conditions. Al le projet peut être l'outil au contraire d'une liberté et d'une politique publique comme ça l'a été dans l'attribution par les collectivités publiques d'une mission de service public.

Actuellement, ce ces appels à projet sont devenus des outils de contrôle du temps, de l'argent, de l'efficacité et aussi d'objectifs idéologiques et politiques. Ce qui crée, je vais vite hein, mais vous me pardonnerez, ce qui crée de plus en plus, c'est des jeunes, en tout cas je je l'ai rencontré, je pense que vous aussi, une méfiance chez certains à l'égard des politiques publiques. Il y a aujourd'hui une méfiance qui contribue à affaiblir l'idée même de politique publique puisque la politique publique nous ne nous aide plus, que nous sommes contraint de nous démerder tout seul, qu'on va perdre notre emploi qui qui ne donne il ne il ne ils ne remplaissent même ils ne remplissent même plus leur contrat.

Donc nous sortons-en. C'était quel c'était le cas souvent dans le milieu musical il y a longtemps des des labels. Aujourd'hui ça gagne un peu le l'ensemble beaucoup de jeunes malheureusement.

D'où la d'où la nécessité, me semble-t-il, de réaffirmer politiquement la politique publique et ce qu'elle est et de la fonder. Je je suis obligé d'aller très vite et je reprendrai ici l'affirmation de les des principes, je vais aller vite, d'une politique publique, ne serait-ce que pour ouvrir des pistes. La notion de politique publique, elle est fondée sur certain nombre de points dont je vais prendre que certains l'idée du bien commun.

La culture c'est un bien commun. Je parle que de culture. On pourit parler de la poste, la santé, d'un bien commun, de l'intérêt général qui est une conséquence du bien commun.

Et aujourd'hui, on entend la droit dire mais l'intérêt général, ça n'existe pas. De décrédibiliser la notion même d'intérêt général, elle est probablement critiquable. Mais la critique qui est faite, elle détruit la notion même de référence à l'intérêt général au bien commun et à l'idée donc qui a derrière d'égalité.

Qui est le 4e point ? souligné et celui de solidarité à travers l'impôt qu'on appelle aujourd'hui taxe pour décrédibiliser la question de la contribution collective. tout ça qui c'est tout ce qui permet et qui fonde la politique publique.

Ce ce qui m'amène à m'opposer par exemple pour être concret, je pense que nous devrions nous opposer à utiliser certaines expressions. par exemple l'État providence qui serait celui qui à l'origine de la politique publique bien sûr l'état providence c'est-à-dire derrière providentiel bien entendu ou protecteur référence chez une forme de charité ce qu'on entend partout aujourd'hui alors que ce qui est à l'origine c'est la notion d'état social qu'on entend plus y compris à gauche et je le regrette référez-vous à un sociologue important Robert Castel qui a écrit des livres là-dessus fondamentaux. La notion d'état social devrait être revendiquée par nous parce que la notion d'état social, elle renvoie aux notions que jeai donné tout à l'heure.

Autre autre exemple quel se défendre et rejeter, la notion d'exception culturelle qu'on entend partout parce que si effectivement quelque chose chez nous est de l'ordre, on va dire de l'exception, il est utilisé cette notion est utilisée aujourd'hui pour dire tu es anormal. Exceptionnel donc anormal. Il faut revenir dans la normale.

Les autres pays ne le font pas, ce qui est pas vrai, mais peu importe. Voyez l'idée de l'anormalité à l'apostrophe, c'est-à-dire de le fait de ne plus parler du projet, ce n'est pas une exception, c'est un projet politique. C'est une conception.

C'est on dit modèle, c'est pas le mot le mot, j'aime pas ce mot modèle. une conception, c'est un projet politique dans lequel dont découle Oui. un contrat social dont dont découle politique publique et ces principes et donc la politique publique et donc les services qui sont la mise en œuvre de cela.

Je dis cela pour ne pas rester sur la défensive et euh je Ouais. Et par exemple, il faut, ça a été noté tout à l'heure, je renote, c'est que il faut refuser de parler de financement venant des collectivités publque, faut parler de subvention. Nous ne nous-même nous acceptons de dire que tout financement, toute subvention c'est un financement, c'est l'argent, c'est des moyens.

Non, la subvention elle a un sens, elle a une signification, elle porte une mission publique, en tout cas quelque chose qui est porté par la politique publique, par la solidarité, par l'idée du bien commun. qui nous est transféré et nous porteurs au travers de moyens. Et quand nous acceptons d'appeler financement, de globaliser, de neutraliser tout ce qui est argent, nous participons de l'offensive idéologique et politique qui finit par dénaturer la politique la la politique publique.

La deuxième point, je bascule tout de suite une question encore plus la question de l'art. Vous allez me pardonner d'être un peu abrupte. Pourquoi une Pourquoi une politique publique doit-elle s'appuyer sur l'art ?

Ça peut nous sembler un peu évident certains, pas à d'autres. Parce que souvent on oppose la culture à l'art. L'art c'est et cetera.

On l'a vu, la question de l'art est pas facile à porter toujours parce que c'est pas l'art qu'on qu'on accuse. C'est les artistes. On j'ai l'artiste des pensiers, il pense qu'à lui, il est auint, il est et cetera. il est un profiteur comme les chômeurs un peu.

Et donc euh je veux pas ici Oui, c'est pas aujourd'hui c'est les mêmes. Je veux pas ici amener une défini un débat sur une définition de l'art. Mais par contre, je voudrais insister sur ce qui me semble être une caractérisation de de l'art et ce que je dirais du de ce que l'art met.

Alors, je dirais du travail artistique. C'est ambigu parce que quand je parle de travail artistique, on peut dire on va on va réduire l'art à du travail au sens ouvrier du terme. Non non, ce que met ce que met en travail l'art, c'est ce sont, on le sait des matières, des formes, des dimensions symboliques.

Il travaillent des langages, il travaille des registres de signes. C'est un constat, je l' décris. Mais ce que met travail l'art qui me semble plus important, c'est la représentation.

L'art travaille la représentation que nous nous comment nous représentons le monde, notre rapport au monde, notre relation au monde dans toutes ces dimensions. C'est-à-dire que matériel, imaginaire et historique. Le travail le travail de l'art, c'est comment nous construisons notre représentant du notre représentant du monde en lui donnant du sens, en le questionnant par un travail à la fois, c'est ça qui est compliqué, cognitif, sensible et sensoriel.

J'en oublie un petit peu mais je pense que ça dit l'essentiel. Le travail artistique, on le voit bien dans toute l'histoire de l'art et y compris aujourd'hui dans ce que nous faisons, ce qui se fait autour de nous. Le travail artistique met en jeu les règles convenues de la perception.

Il fait trembler les formes. Il il est il n il n'est pas la reproduction. Il n'est pas l'illustration.

D'ailleurs, un travail nous appelons à en général ce qui n'est pas illustratif. Ce qui n'empêche pas queil y ait tout un courant conservateur qui voudrait réduire l'art à de l'illustration ou de la célébration de de ce qui est déjà là. Donc le travail artistique met en jeu les règles convenues de la représentation dans un registre particulier qui articule le rationnel, le sensoriel et le symbolique.

Ça renvoie une vidéo au-dessus, voir l'irrationnel aussi. Et différemment évidemment, j'entre pas dans le détail sur les langages artistiques ou leur combinaison. Ça ce sera notre débat.

En ce sens, le travail artistique permet que chacun puisse, ça c'est la conséquence citoyenne, je dirais, le le le travail artistique permet que chacun puisse librement prendre une distance avec les représentations convenues avec le sens imposé, avec les normes, afin de proposer sa propre représentation, notre propre représentation, une autre représentation. et également du coup de proposer des réalisations, des œuvres et de les proposer en partage, c'estàd, j'appelle partage dans le sens large, les regarder et cetera. Cette mise en travail, je crois qu'on peut la considérer comme un instrument de liberté individuelle et collective dans la mesure où il va permettre à chacun de produire, de mettre à l'épreuve ses propres représentations du monde et de faire craquer, de rendre possible le craquement de l'ordre établi.

D'où effectivement aujourd'hui la censure. C'est pour ça que le travail artistique, il est l'un des il a comme des premiers adversaires il est l'un des premiers adversaires désignés par le néolibéralisme, les pouvoirs autoritaires, le fascisme et céral toujours ou le contrôler. Pas besoin d'aller simplement voir la redégénérer.

Ça commence bien plus tôt. On le voit aujourd'hui avec ce qui se passe. C'estàd d'empêcher ce travail libre de, je répète pour pas les plus de représentation du monde de donner le sens qu'on veut à travers des formes et des langages à notre rapport euh sensoriel, intellectuel ou autre au monde.

C'est là pour moi, c'est le dernier point, j'arrête, c'est déjà c'est peut-être déjà long, je sais pas. C'est c'est là qui est le lien avec le politique, je crois, parce que c'est pour ça que je dirais que la politique a besoin de l'art. Il a besoin de l'art comme travail artistique pour faire craquer les certitudes.

Là où l'art et cette cette mise en en travail de la représentation des choses pour la faire vibrer, pour la changer, pour la faire craquer, elle ouvre les possibles. Et en ouvrant les possibles, elle fait elle fait faire l'expérience à chacun que l'ordre du monde tel qu'il est, n'est pas éternel. il peut être l'autre, on peut l'imaginer autre et ça passe par l'imaginaire, c'est-à-dire cette représentation qui est l'imaginaire de ce qui est autre de ce qui est avec des moyens qui peuvent être simples.

Et c'est pour ça que la question des pratiques artistiques est intéressante et on pourrait repenser la question des pratiques artistiques de cette façonlà et pas seulement comme une pratique distractive pour ouvrir à la consommation. Je pense que l'art et le politique, c'est peut-être aller vite, mais ils ont besoin ont besoin d'un l'autre. Même si l'ouverture des possibles n'est pas le même pour l'un ou pour l'autre.

L'artiste va pas proposer des il peut il peut le faire mais l'art n'a pas proposé d'emblé des des formes politiques. Il rend possible le craquement des choses. Par contre, le politique, il va nous proposer un projet de société, un projet qui va changer l'ordre des choses.

Et donc ce craquement de l'ordre établi, des règles établies, des perceptions convenues vont vont de pair. C'est pour ça aussi que certains politiques non veulent pas des artistes parce que il il craquent des choses vers des endroits où on a peut-être pas envie d'aller, pas envie de voir mais l'artiste, il propose des possibilités et c'est ça qui est intéressant et qui sont infinis. Je vais finir là. [Applaudissements] Alors justement qualifier l'art de travail, c'est mettre le projecteur sur le fait qu'il s'agit du produit de travailleuse et de travailleur.

Et bon, moi ça me fait toujours penser à la phrase de Gustave Charpentier dans la Fédération syndicale des composités, enfin la chambre syndicale des artistes musiciens de Paris qui disait au début 20e siècle pour pour citer artiste vous le serez quand il plaira de l'être, travailleur vous le serez forcément. Et pour aller sur ce terrain, on va on va avancer avec Guillin. Donc Guillin Gautier, ça a été dit là aussi tout à l'heure.

Vous êtes secrétaire général de la CGT spectacle. Ce qui nous permet d'aller sur le terrain aussi des différentes revendications dans le monde du travail artistique et culturel. revendication qui concerne bien sûr dans le monde médiatique très souvent exclusivement euh les intermittentes, intermittentes du spectacle, mais que vous défendez sur l'intégralité des travailleuses et travailleurs du monde des mondes de l'art et de la culture.

Et comment si on pose la question des statuts, des régimes et des protections, comment ne pas être juste défensif contre les les attaques contemporaines visant à fermer des sites, à abroger des statuts, à précariser celles et ceux qui travaillent, mais comment au contraire défendre l'extension de l'emploi artistique, sa diversité, ses protections et sa valeur, y compris en intégrant les auteurs et autrices ? Bonjour à toutes et tous. Je crois que c'était un moment attendu de se retrouver dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.

Alors, on n'est pas dans l'hémicycle hein, mais mais parce que ça fait quand même des mois qu'on se mobilise dans ce dans différents secteurs. Euh, on mène une lutte qui est difficile, qui est longue. Euh, je crois que la prise de conscience, on l'a vu tout à l'heure, elle est là.

On nous asphyxie. On nous a fixé. On a suit nos métiers et euh les conséquences sociales, elles sont euh très lourdes.

Euh on discute entre intermittent euh personne à 16h. Voilà, c'est ça la réalité. Personne va réussir à faire ses 507 heures.

Les compagnies, elles sont exang. les maisons euh ça fait 2 ans que les augmentations de salaires sont gelées euh alors même queon est dans une situation de d'inflation euh qui impacte des salaires très bas dans le secteur culturel. C'est pas seulement le spectacle vivant, c'est pas seulement les arts visuels, c'est le secteur audiovisuel, c'est le secteur cinématographique, euh c'est une grande partie des travailleurs du secteur avec une réalité très complexe.

Les artistes auteurs évidemment, j'y reviendrai parce que on est dans une situation qui n'est plus tenable aujourd'hui. Les luttes, elles existent. Il y a des camarades qui ont parlé tout à l'heure de ce qui se passait pour l'audiovisuel public.

Ça fait des mois qu'on arrive à reporter cette réforme de l'audiovisuel public malgré l'acharnement du gouvernement à essayer de faire passer cette réforme de holding qui, on le sait va se traduire très concrètement par le licenciement de milliers de salariés dans le secteur audiovisuel public si cette réforme passe. Cette bataille, elle est menée courageusement. Il y a 2000 élus qui ont voté contre cette réforme audovisuel publique.

On doit continuer à convaincre et continuer à détricoter aussi le discours de la ministre qui est un discours mensongé sur le fait que la profession soutient cette réforme. Si cette réforme passe, le secteur audiovisuel, le secteur cinématographique vont avoir des impacts très très directs aussi puisque aujourd'hui l'audiovisuel public finance une grosse partie des des activités dans ces secteursl. Euh donc les camarades, voilà, on essaie de faire des passerelles dans le secteur culturel, celles et ceux et j'en vois dans la salle euh qui ont participé aux âgés qui se mènent depuis maintenant deux ou 3 mois euh le savent, on met une lutte pour le refinancement du service public.

Alors moi j'ai entendu tout à l'heure et je crois qu'il faut pas minorer cette question de reprendre le récit de nos professions et de nos missions et cetera, mais on est dans une urgence et donc moi ce qui me semble essentiel c'est plutôt de reprendre la lutte. dans nos secteurs, on a une tradition de lutte qui est une tradition un peu exceptionnelle qui est beaucoup liée à la question de l'assurance chômage ces dernières années. Euh ce qui est intéressant aujourd'hui, c'est qu'on fait presque encore une AG quoi.

Il y a des MJC qui s qui s'expriment, il y a les radios associatives et en fait on a besoin de fédérer l'ensemble de ces secteurs culturels. Parce que aujourd'hui concrètement qui a une réunion au ministère de la culture pour trouver des solutions à la crise qui est en train de s'abattre sur nos professions ? Il y a pas un espace qui est ouvert par les pouvoirs publics pour qu'on puisse trouver des solutions au refinancement de nos secteurs.

Donc ça veut dire que la le rapport de force, il va falloir le construire dans la rue cet été. Ce soir là, il y a encore une mobilisation importante qui est appelée à l'initiative de culture en lutte et on doit attendre toute la profession à cet endroit-là parce que on peut continuer à être dans la dialectique. Est-ce qu'on soutient le service public, l'intérêt général et cetera ?

Mais la vérité c'est qu'il n'y a plus assez d'argent public pour conduire nos missions où que nous soyons. Alors donc ça c'est hyper important. On n'est pas assez nombreux dans l'immobilisation.

On n' pas réussi à faire des choses de masse et c'est ça à ça qu'on doit s'atteler maintenant dans les semaines qui viennent. Et je je suis assez content de d'entendre que il y a il y a de l'envie aussi par rapport à ça. Euh je vous le dis, le secteur structurellement est soumis à une précarité.

Cette précarité, on la connaît dans le spectacle vivant sous plein de formes différentes. Euh, il y a des luttes qui sont menées sur les territoire et j'en cite une qui me paraît intéressante parce que elle est inspirante sur le refinancement du service public. C'est ce qui se passe à l'opéra de enfin à l'orchestre de de tour.

L'orchestre de tour, l'ensemble des musiciens sont contrat à durée déterminé depuis toujours. Ils ont monté un projet, ils ont convaincu les collectivités territoriales, un projet sur le territoire à destination des habitants, à destination de la jeunesse et aujourd'hui l'ensemble des collectivités du territoire sont d'accord pour refinancer l'orch caisse pour qu'il y ait des CDI. On attend maintenant plus que le feu vert de l'État et vous connaissez les difficultés qu'on a par rapport à ça.

Donc ça c'est inspirant parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on doit mener des conférences territoriales de refinancement de nos secteurs sur le territoire en partant de nos besoins réels. Euh Joris c'est il a il a son théâtre en en Auverne Renalpe.

Il manque combien pour mener pour présenter des spectacles tout au long de l'année ? Euh on pourrait faire ça sur l'ensemble des des établissements culturels. Il y a une grosse difficulté dans nos secteurs, c'est qu'il y a pas de transparence sur les financements publics, que ce soit dans les collectivités territoriales, au niveau de l'État, on ne sait pas qui dépense quoi, pour qui et ça ça va être un combat aussi dans les années à venir.

Voilà, je vais pas être très long. Il y a une lutte qui est une lutte d'espoir et qui est une lutte fondamentale. C'est la lutte sur les artistes auteurs qui est menée actuellement pour la continuité de revenu.

Je sais qu'il y a des camarades qui vont prendre la parole, ils en parleront sans doute beaucoup mieux que moi. Euh les artistes auteurs, c'est les premiers chaînnons de la création, c'est les plasticiens, c'est les photographes, c'est les designers, c'est toutes celles et ceux, les sculpteurs, les sculptrices et cetera. toutes celles et ceux qui bah qui font œuvre de création à l'origine, ce sont les plus précaires de nos secteurs.

Ce sont historiquement les plus précaires de nos secteurs. Chaque journée, c'est une lutte pour créer, ça veut dire pas de couverture sociale, pas d'assurance chômage, euh des soucis avec les CPAM, des soucis avec tout tous les droits dont ils disposent. Ils peuvent même pas les utiliser parce que personne comprend leur situation.

Il y a une lutte qui est menée depuis des mois par nos camarades qui est celle d'obtenir une continuité de revenus des artistes auteurs, de rentrer dans la sur un chômage dans la solidarité interprofessionnelle. C'est une lutte qui fédère des forces inestimables sur le pays pour la première fois ces professions se fédèrent et s'organisent. Et donc je voudrais dire ici qu'on on a besoin de renfort sur les propositions de loi qui sont travaillées aujourd'hui soutenu notamment par la France insoumise.

On a besoin de renfort pour obtenir aussi que la droite et une partie des Macronis pousse aussi pour que cette proposition de loi avance. On a besoin de la consolider et la et la construire. Voilà.

Moi, je voudrais dire que il y a rien qui est 20. On est des centaines de milliers sur le territoire. Il y a les festivals qui arrivent.

Si on se bouge, on les fait plier. Voilà. [Applaudissements] Merci beaucoup Guilin. tu as ouvert justement sur la question des artistes auteurs et ce phénomène qui subissent de double précarisation d'abord par la méconnaissance ou la non reconnaissance du travail artistique puisque n'est souvent rémunéré que la propriété de l'œuvre et non pas la conception en tant qu'activité et deuxièmement par l'effondrement du service public de la formation avec des écoles d'art qui sont exang toutes et tous qui sont concurrencées par un marché privé de l'enseignement supérieur artistique.

Et pour en discuter, Isabelle Gego, je disais tout à l'heure, vous êtes donc designer graphique, enseignante et membre des syndicats CGT, SNAD pour les écoles d'art et de design et Snap pour les créateurs et créatrices dans les arts graphiques. Et on suit aujourd'hui, on l'a dit en introduction avec anxiété et inquiétude l'ensemble des luttes qui ont lieu dans le secteur de la formation, dans le secteur des écoles d'art. Par exemple, près de chez moi, on a LENSAVDAT qui sont évidemment des écoles de formation qui sont entrées en lutte pour maintenir le minimum de budget qu'on ait bien voulu leur accorder déjà les dernières années.

Et à partir de ces combats-l, quel financement est-ce qu'on peut imaginer pour les écoles d'AR afin de garantir bien sûr un service qui soit public et aussi qui soit démocratique dans son accès ? et quel financement ultérieurement pour les artistes puisque avec le Snap CGT donc vous faites partie de celles et ceux qui défendent le principe d'une continuité de revenus. Ça a été évoqué à l'instant et cette continuité de revenus elle prend notamment la forme à l'heure actuelle d'une proposition de loi sur laquelle on peut continuer et on continue à travailler que nous soutenons et avec laquelle on va pouvoir échanger aussi avec les camarades mobilisés du snap qui sont présents et dans les mobilisations et dans la salle aujourd'hui avec nous.

Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur ces éléments de réflexion ? Euh oui, peut-être faire un point. Est-ce que ça va avec le micro ?

Oui. Euh juste faire un petit point sur ce que c'est les euh sur ce que c'est les écoles d'art, sur ce que c'est les écoles d'art en France. Donc c'est des ce qu'on appelle les écoles d'art, c'est donc des établissements publics d'enseignement supérieur artistique.

Donc à la différence un peu d'autres formations, c'est des formations qui sont qui sont l'enseignement est dispensé par des praticiens qui sont des artistes, des euh des théoriciens, des des commissaires d'exposition et cetera. Euh je dirais aussi que c'est un ce sont des lieux qui sont euh alors peut-être j'ai une vision un peu idylique mais je suis désolé, j'y crois j'y crois personnellement très fort et sincèrement que je que ce sont des lieux ce sont aussi des lieux d'émancipation, des lieux qui accueillent des personnes jeunes. une partie d'entre eux sont assez souvent un peu fâchés avec le système éducatif et c'est un lieu où on travaille en en en relation constante avec la société, avec le monde.

Donc je crois que c'est vraiment des lieux de Oui, c'est des lieux de formation qui sont qui sont importants. Donc le réseau d'école d'art en France, c'est un un maillage, c'est un maillage territorial. Donc, il y a 10 écoles nationales et il y a 33 écoles territoriales qui sont sur 46 sites parce qu'il y a certaines écoles qui sont, je m'étendrai pas là-dessus, mais qui ont un statut de PC, c'est-à-dire que une école comme l'école où j'enseigne en Bretagne est basée sur quatre quatre sites dans quatre villes.

Et donc toutes ces écoles, des livres, des diplômes nationaux qui sont des diplômes des DNA pour une un équivalent un grad de licence et des den pour un grade de master. Euh donc sur la question du financement des écoles supérieures d'art, donc on a vu donc il y a ces écoles territoriales qui sont il y a ces écoles nationales qui sont financées donc essentiellement par le ministère de la culture. Il y a donc ces écoles ces écoles territoriales qui sont très peu financées par le ministère de la culture, qui sont essentiellement financés par les collectivités.

Euh ça va de le financement du ministère va entre 1 et 30 %. C'est plutôt entre en Bretagne par exemple, le ministère finance 10 % de du budget de l'école et donc 13 % à la région. Donc 87 % du financement vient des des villes.

Euh donc c'est ce qui rend c'est ce qui rend aussi ces financements très très vulnérables parce que ça les rendulérable aux politiques aux politiques d'austérité budgétaire aussi locales. Donc toutes ces toutes ces structures sont à la mercie et on le voit et on va le voir après dans des exemples précis sont à la mercie d'une baisse de financement des collectivités comme ce qu'on voit dans le dans le domaine du spectacle vivant à plein de dans plein d'endroits. Et donc c'est le les baisses aussi les l'asséchement on va dire des collectivités locales par l'État fait un effet domino qui fait que les collectivités locales après baissent effectivement leur subvention leur financement sur ces établissements.

Alors après, en rebondissant sur ce qui a été montré tout à l'heure, on peut aussi s'inquiéter de ce que de ce que on a on a dans toutes les écoles ces injonction à se tourner aussi vers le privé pour trouver des financements sur des projets. On peut s'enquiéter aussi de voir comment dans la carte qu'on a vu tout à l'heure, comment effectivement le le la concentration des financements privés peut nuire aussi au à la création dans tous les domaines, que ce soit là dans dans l'édition ou dans le dans la musique actuelle comme on l'a vu tout à l'heure. Donc ce qu'on voit en ce moment, c'est une ce qu'on constate donc depuis plus de 15 ans, c'est une en fait c'est une espèce de chute lente, régulière et qui semble inexorable de toutes ces de toutes ces écoles de toutes ces écoles territoriales.

Les écoles nationales pour l'instant se maintiennent, les écoles territoriales chutent puisque le les en gros les financements les financements on travaille un peu à budget constant depuis une quinzaine d'années. Donc budget constant ça veut dire que c'est une chute puisque tout augmente. enfin le euh que ce soit le prix de l'énergie, euh la le l'augmentation euh légitime de des salaires des personnels enseignants euh euh technique et administrative.

Euh donc c'est une chute et euh donc effectivement cette chute augmente depuis depuis ces derniers mois. Donc on a le cas effectivement euh tu le signalais donc à l'ISDAD à Toulouse Lisdat à Toulouse euh qui euh donc la mairie de Toulouse donc a annoncé pour 2025 un gel de 40 % de ses dotations aux équipements culturels et donc une baisse finale pour l'ISDAT de 10 %. Euh donc on verra après ce que ce qui est ce qui reste encore positif là, c'est les luttes qui sont qui sont en cours.

On va en reparler juste pour revenir sur qu'est-ce quelles sont les conséquences de cette de cette chute brutale de ces coupes budgétaires. Donc on a évidemment un rage de tous les moyens autour de la pédagogie. Donc ça veut dire euh moins de matériaux, moins des temps d'accès aux ateliers qui sont réduits, de plus de workshop, plus de conférence.

à Renn et en Bretagne, on a ça fait 2 ans que on ne peut plus inviter de conférenciers. Euh on en recevait à peu près une vingtaine par an les années les années précédentes. Donc c'est c'est aussi quand on quand on pense au euh voilà, c'est beaucoup c'est donc des écoles qui sont qui sont dans les régions, qui sont dans dans des territoires qui sont parfois parfois isolés.

Ça pose quand même aussi la question de l'accès de l'accès à à à la culture de tous ces de toutes ces jeunes de tous ces jeunes en formation. Donc voilà, plus de plus d'arrivée de de l'extérieur. Donc évidemment plus de voyage d'étude non plus.

Euh ça remet aussi, c'est quelque chose qui est assez grave, le ça remet en cause même le les modalités d'enseignement aussi qui sont qui sont qui sont basées en école d'art. C'est pas des cours magistraux, c'est des cours en atelier, c'est des cours qui sont euh qui sont donnés par des formations qui sont données par des praticiens. C'est quelque chose, c'est une espèce de transmission de transmission de pratique.

Donc ça remet aussi beaucoup beaucoup cette cette ADN, on va dire de de nos enseignements en cours puisque le puisque donc là actuellement les les départs en retraite, les personnels qui partent en retraite ne sont plus remplacés, les contrats précaires ne sont également plus remplacés. Donc c'est aussi une précarisation de tous les euh de tous les de tous les personnels. Euh donc aussi évidemment tout ce qu'on peut imaginer de surcharge de travail pour les en particulier pour les personnels administratifs qui prennent un peu cher qui prennent très cher même sur ces sur ces dans ces moments-là. et euh aussi la hausse des frais d'inscription pour les étudiants parce que le la on va dire que la qualité de l'enseignement baisse mais les frais d'inscription augmentent.

Euh, on a aussi des choses très bizarres qui est qui sont que le dans les écoles territoriales, les frais d'inscription ne sont pas remboursés pour les étudiants boursiers, ce qui n'est pas le cas pour les écoles nationales. Et euh voilà, les étudiants boursiers enfin à Renn dans l'école où j'enseigne, il y a 50 % d'enseignants boursiers. C'est aussi une c'est aussi une donnée une donnée aussi importante.

Et puis au final, on a ces fermeture d'école qui sont en route. Donc on a eu en 2011 la fermeture de l'école de Roy Malmaison. Donc ça c'était plus ancien en 2016 celle de Perpignan et là les ades donc l'école d'art de Valencienne ferme ses porte le 27 juin de cette année.

Donc là ils ont fait leur dernière année avec 15 étudiants qui ont qui ont qui font la qui font la fermeture et qui éteindront la lumière en partant. et euh et voilà et c'est une c'est une c'est un chemin qui est qui enfin voilà, on a le sentiment que qu' aucune école d'art ne va être épargnée dans ce dans ce euh dans ce cheminlà. Il y a aussi un petit un quelque chose sur lequel je vais pas m'attarder non plus, mais il y a le statut des enseignants.

Mais ça ça fait ça fait maintenant une vingtaine d'années que tous les rapports ministériels, sénatoriaux, parlementaires disent que le statut des enseignants en école d'art territoriale est totalement inadapté à leur mission d'enseignement supérieur et cetera. Donc ça c'est une demande qui est réitérée depuis depuis 20 ans et que et rien ne bouge du côté du ministère. Et donc du côté de la la position actuelle du la position actuelle du ministère de la culture, donc on sent nous un abandon, un réel désengagement et abandon avec des choses parfois assez surprenantes.

Donc notre ministre semble parfois s'intéresser beaucoup à la question des écoles d'art, surtout sur les plateaux télé et dans la presse où on la voit par exemple parler d'un fabuleux projet sur design et design territoires qui est l'idée de de d'amener le design dans les dans les territoires ruraux, littoraux et tout ça comme si comme si nous on n'existait pas enfin comme si le travail qu'on fait nous n'était était n'avait aucune aucune valeur puisque ce maillage dans les territoires, il est il est il est là et il il faudrait juste le le le soutenir. Donc ça c'est des programmes qui sont qui sont pilotés depuis depuis une école nationale à Paris et qui sont largement qui font l'objet de de toute une toute une communication. Alors si elle a fait quelque chose plutôt de pas mal, c'est qu'elle a revalorisé le le le salaires des des personnels contractuels dans les écoles nationales.

Donc on peut se réjouir pour eux de ça, mais ça fait encore que creuser l'écart entre entre les nationales et les et les territoriales. Et donc on a l'impression et donc pas plus tard qu'hier dans le l'intervention que tu as faite à l'Assemblée, elle elle dit c'est comme si ça la regardait pas en fait. Elle renvoie sans cesse aux collectivités, c'est-à-dire vous avez qu'à demander à vos collectivités comme si ce comme si cette enfin c'est un Oui, c'est un héritage enfin je veux dire c'est un maillage comme si ce maillage ne la regardait pas comme si le fait queonit ce ce toutes ces écoles toutes ces écoles qui permettent un accès à la culture, à l'enseignement supérieur, à tout un tas de gens comme si ça c'était pas son affaire en fait c'est la l'affaire faire des collectivités.

Si les collectivités veulent fermer une école qui la ferme, elle en a visiblement absolument rien à faire. Euh donc c'est quand même un truc assez euh assez inquiétant. Euh donc quand même depuis 2 ans, il y a eu donc depuis 2 ans, oui, ça a pris vraiment de l'ampleur de depuis 2 ans et c'était euh les écoles d'art ont pas été ces ces dernières décennies les plus les plus présentes dans les mobilisations et dans les dans les mouvements que qu' a pu y avoir dans les universités.

Mais depuis 2 ans, il y a une grosse mobilisation donc dans les dans les écoles. Il y a quelques il y a une grosse mobilisation à l'école de Poiti en Goulem qui a duré longtemps. des grèves, des occupations dans dans beaucoup de dans beaucoup d'écoles euh des donc il y a eu tout un mouvement qui a rejoint aussi en 2024 le mouvement des travailleureuses de l'art et qui était aussi en lien avec le le projet de loi sur la continuité des revenus.

Il y a eu des grandes des mobilisations partout en France devant les Dracus et cetera. Euh et donc actuellement à Toulouse donc le personnel tout le personnel enseignant technique administratif et entame là sa deuxè semaine de sa de 2e semaine de grève donc pour protester contre la dégradation massive des conditions d'enseignement contre la souffrance au travail la précarisation de tous les personnels, contre les suppressions de postes déjà actées et celle à venir et surtout tout aussi pour un projet d'établissement centré sur la pédagogie et plus seulement sur des questions budgétaires parce que là maintenant on arrive à des choses dans les discussions avec les dans les dans les séminaires pédagogiques et cetera, la pédagogie passe un peu enfin voilà, il est question que de comment on va euh comment on va faire des économies. Euh donc à Renn où j'enseigne les étudiants, donc il a il y a des mobilisations qui sont donc à Toulouse cette mobilisation est importante.

Il y a une caisse de grève qui est qui est qui est en place depuis depuis plus d'une semaine. Euh à Renn où j'enseigne donc les étudiants ont fait une très grosse mobilisation donc en février, en mars contre l'augmentation des frais d'inscription. Ils ont partiellement obtenu gain de cause au moment du conseil d'administration. puisqu'ils ont obtenu le la non augmentation des frais d'inscription pour les étudiants boursiers.

Donc c'est partiel euh mais euh mais c'est une lutte qui a euh qui a marqué euh et qui marque encore beaucoup les étudiants. Là, les étudiants sont en train de passer leurs diplômes mais les traces de la mobilisation sont très présents et très très présents dans le dans ce dans les travaux qu'il dans les travaux qu'il montrent qu'ils vont montrer à ce moment-là. Euh j'ajouterai ici comme un j'ajouterai ici que que leurs luttes euh leurs luttes sont pas des luttes euh ne sont pas des luttes, on va dire corporatrices.

C'est-à-dire qu'il y a qui a euh ça a été beaucoup lié donc à la question des travaille heureuses de l'art. C'est dans les dernières dans les dernières mobilisations euh beaucoup de choses autour du en solidarité avec le peuple palestinien et sur la donc c'est leur lutte et nos luttes aussi enseignants, artistes et cetera qui vont aussi dans ce sens et sur l'idée qu'aucune création artistique n'aura de sens et ne pourra être menée dans un monde et dans un pays qui regarde les bras toujours croisés un peuple mourir sous les bombes. ce qu'on demande.

Merci. Je vais conclure. Ouais, je vais conclure.

Euh donc voilà, le SNAD, le SNAD CGT que je représente là aujourd'hui euh euh est lié à une interorganisation donc depuis 2 ans qui a été qui a été qui continue à mener et à être présent dans ces mobilisations. Donc il y a eu dans ces dans ce dans cette interorganisation, il y avait le syndicat étudiant le Massico qui a été très présent et très et très mobilisant et mobilisateur. Il y avait donc le Snapc, le STA CNT Sud collectivité territoriale et et donc voilà, c'est cette interganisation qui qui a interpellé à la fois les collectivités pour qu'elle pour qu'ell qu'elles s'engagent davantage dans le maintien de leurs écoles d'art sur leur territoire. et puis une demande du ministère pour un réengagement et en tout cas un une à nouveau considérer que ce maillage et fait partie de ces prérogatives et donc le plan d'urgence budgétaire qui doit aller avec.

Donc voilà, donc c'est sur la sur le la pour conclure euh voilà cet enseignement supérieur artistique. Alors, c'est pas plus que pas plus que l'enseignement supérieur. L'enseignement supérieur, les universités sont aussi évidemment en difficulté que le champ culturel, le le la santé, l'éducation en général donc ne doivent servir de variables d'ajustement sur ces sur ces politiques budgétaires qui nous assèchent, qui mettent à mal nos conditions de travail, de vie.

Euh en ça en et on est bien tous conscients que ce ne sont pas que des questions financières, mais aussi bien sûr des choix politiques et idéologiques contre lequel on se bat et euh et on continuera à se battre pour que le bien commun donné à l'extrême droite et voilà. Et merci beaucoup Isabelle. Merci à vous quatre pour cette différentes interventions.

On va maintenant passer au temps d'échange avec la salle d'autant que des personnes se sont d'ors et déjà manifesté pour intervenir si j'ai bien suivi. On va tenter d'alterner la parole homme-femme ou femme homme. Allez, soyons ambitieux.

Merci. Bonjour, je vais parler au nom du Snapc et j'espère aussi au nom des artistes autorises. D'abord, la catégorie des artistes autorises regroupe une trentaine de métiers. par exemple les plasticiennes, les scénaristes, les écrivains, les illustratrices.

Et en 2024, 456000 personnes côtis sous ce régime. Si l'on parle en population constante au mo c'est-à-dire que sous ce régime, on cotise au moins 3 années de suite, cela représente 180000 professionnels. C'est pas du tout anecdotique.

Ces métiers sont essentiels à la création contemporaine et font vivre de nombreux secteurs. La musique, l'édition, le design, les arts visuels, le cinéma. Rien que dans le secteur du livre et des arts visuels où les artistes autoristes sont massivement présentes, elle constitue le deuxè poids économique de la culture après l'audiovisuel avec une production estimée à 15,1 milliards d'euros.

Cependant, malgré l'activité économique que génère nos métiers, nos conditions de vie sont bien loin d'en bénéficier. Tous nos métiers sont marqués par des principes structurels systémiques. D'abord, la précarité.

On ne sait pas si on va pouvoir payer notre loyer le mois prochain ou on a une quasi impossibilité d'accéder au prébancardaire par exemple. Et aussi l'inégalité. 3,4 % des artistes autorises concentrent 48 % des revenus artistiques disponibles.

C'est quasi la même chose que le patrimoine immobilier en fait. Le patrimoine artistique. Les causes sont multiples.

L'attitude parternaliste des diffuseurs et des grands acteurs de l'économie culturelle. l'absence de débat public jusqu'à aujourd'hui sur la notion même de travail artistique et la persistance de mode de rémunération se basant sur la compétition, la performance individuelle comme par exemple le droit d'auteur qui est un revenu patrimonial proportionnel à un volume de vente ou à une échelle de diffusion. les honoraires, c'est-à-dire la facturation, le travail à la tâche, manière principale de rémunérer les artistes autorises et enfin les aides à la création qui ajoutent de la concurrence à la concurrence et en leur qualité même qu'elles existent prouvent que les systèmes de rémunération précédents ne fonctionnent pas.

Nous sommes en compétition les unes avec les autres et les uns avec les autres pour accéder à des ressources rares. La condition des artistes auteurs dépend uniquement du succès de la diffusion de leur production. Le résultat est que seulement 10 % des artistes autoristes déclarent des revenus artistiques supérieurs à 26000 € par an et 75 % déclarent moins de 10600 € par an.

Dans cette précarité s'ajoute une différence de revenu entre les hommes et les femmes plus importante que dans l'emploi du secteur privé. Chez les chorégraphes, on a un écart de revenu de 40,1 % entre les hommes et les femmes. À cela s'ajoute une protection sociale faible.

Nous ne disposons ni du chômage, ni des congés payés, ni des accidents du travail, ni de la reconnaissance des maladies professionnelles, ni de conventions collectives et donc d'élection professionnelles. Pendant les périodes entre deux paiements, nous sommes relégués dans des dispositifs inadaptés comme le RSA avec le harcèlement des bénéficiaires que l'on connaît et qui a augmenté avec les 15 heures obligatoires récemment mis en place. Dans ce sombre tableau, la revendication d'instaurer pour des travailleuses et des travailleurs indépendants une assurance chômage est une lumière.

La proposition de loi que nous portons depuis 2020 avec aujourd'hui la députée Soumia Bourois et la sénatrice Monique de Marco vise à intégrer les artistes autoristes dans la caisse commune de l'assurance chômage comme ça a été dit tout à l'heure, il s'agit de s'inspirer du système de l'intermittence. Je vais faire de manière très rapide le principe de ce projet de loi. Dès qu'une artiste justifiera déjà un revenu équivalent à 300 heures SMIC dans l'année, c'est-à-dire environ 3600 € bruts, Il accédera à une indemnisation minimum planchée équivalente à 85 % du SMIC.

Le financement repose sur une hausse de la cotisation des diffuseurs, par exemple les maisons d'édition, les galeries, les centenards, les personnes qui rémunent les artistes autorises en somme de 4,05 % correspondant à la part patronale de l'assurance chômage. Nous atturons votre attention sur le fait que les diffuseurs versent actuellement une contribution sociale 45 fois inférieure à celle des employeurs, c'est-à-dire que les diffuseurs ont une contribution à une hauteur de 1,1 %. Aujourd'hui, nous passerions la cotisation de 1,1 % à 5,15 %.

Les artistes autorisent eux cotisent déjà la CSG qui alimentent l'assurance chômage sans sans y avoir droit. Ce dispositif permettrait de sortir des milieux de professionnels de la pécarité, de nous sortir des dispositifs comme le RSA et d'ouvrir nos professions à des champs sociologiques réellement représentatifs de la société française. Les artistes autoristes l'ont bien compris et c'est pour cela qu'il et elle se mobilisent massivement depuis 2022 derrière cette proposition.

C'est pour cela que partout en France, les assemblées générales du mouvement culture en lit sont menées par des plasticiens plasticiennes majoritairement. Si nous souhaitons que la création est un poids face à l'extrême droite, qu'il y ait un service public de la culture, il faut radicalement améliorer la condition des travaille heureuses de l'art. Sans cela, nous resterons dans un milieu professionnel composé d'artistes venant principalement de milieux sociaux favorisés.

Pour lutter contre l'industrialisation de la culture et son accaparement par l'extrême droite, il faut des droits sociaux forts pour les travaillureuses. Si les partis politiques n'intègrent pas ces enjeux, c'est-à-dire l'écoute, la prise en compte des syndicats, des métiers, tous les discours et les volontés que la culture y pose seront un échec. Je finirai sur la question de la mobilisation.

Euh les personnes qui ont structuré ce mouvement, comme on l'a dit tout à l'heure, sont beaucoup par exemple issus du Snapc dont je fais partie. et euh avec la Fédération du spectacle Sud Culture et la CNTso à Paris, je parle pour ce que je connais. Euh on a eu euh depuis février l'intention de suivre Rachidati partout où elle allait pour lui mettre la pression sur nos revendication.

Euh c'est un mouvement social très long 3 mois et il faut dire que bah c'est très fatiguant en fait de lui courir après. Ce dont on peut s'étonner vu la gravité de la situation politique pour la culture c'est qu'en fait on soit encore si peu dans ce mouvement. Par exemple, on pourrait s'étonner que c'était toujours les mêmes qui allaient se déplacer sur les lieux où all Rachidati et que les travaille heureuses elles-mêmes qui faisaient partie de ces lieux n'était pas là pour organiser elles et eux-mêmes l'accueil.

Enfin, si euh euh il semble avoir un problème d'unité dans la diversité de la culture. Euh donc je pense que sur les projets, il y a une proposition qui commence à faire son chemin et je pense que il serait intéressant que tout le monde s'y penche, c'est la sécurité sociale de la culture. Je pense qu'il y a plein de piles à déveloper développer à partir de là.

Merci. Merci beaucoup. Euh donc pas oublier qu'il faut qu'on condense les interventions pour s'assurer que puisse avoir le plus d'interventions possible sachant qu'on est déjà en retard.

Merci. Merci de m'accorder la parole. Je voudrais parler de culture scientifique que vous aviez évoqué en introduction à Lin.

Je je m'appelle Olivier Chitocat. Je suis médiateur scientifique au palais de la découverte. palais de la découverte qui est fermé pour travaux depuis 2020.

Déjà le le projet de réouverture était pas très réjouissant. Il y avait plus de 120 personnels au p découverte auparavant et le nombre de postes est limité à 80 dans le nouveau. Il y aura aussi deux fois moins de surface et deux fois moins de salles de médiation pour accueillir le public et notamment les classes.

On parlait de de services publics. Je je ne vous demande pas dans la salle qui en tout cas pour ceux qui ont fait leur scolarité en en région Île-de-France est passé au par de la découverte dans sa scolarité. Et malgré la faiblesse de cette de cette ambition, euh nous constatons maintenant des signaux plus ou moins faibles ou forts qui euh font penser qu'il y a une menace encore plus forte sur le palais de la découverte.

Notamment le palais de la découverte devait préouvrir ce mois-ci enfin au mois de juin. Euh il il ne le sera pas. Euh sa réouverture a été décalée et euh lorsque cette préouverture devait être annoncée, il y a même eu un désaveu de la ministre de la culture du président d'universciences universé qui gère le le palais de la découverte.

Et aujourd'hui, nous personnel du palais à la découverte, nous craignons même pour la réouverture pure et simple du palais de découverte qui devrait être un outil de service public pour nous outiller et outiller les futures générations vis-à-vis des fake news notamment et des alternatives à la vérité tout simplement. Merci. [Applaudissements] Tu peux venir ?

Pardon, je me faufile. Merci beaucoup. Euh, bonjour à toutes et à tous.

Je m'appelle Juliette Berto. Je suis ici en tant que membre du groupe LGBTI et droits nouveau de la France insoumise, mais je suis aussi médiatrice culturelle bénévole et artiste plasticienne. Euh du coup, je profite de vos interventions pour rebondir sur la question de la précarisation des jeunes travailleurs et travailleuses de la culture dont je fais comme beaucoup de personnes en sortie d'études les frais.

Vous avez tous très justement abordé la question des baisses de budget à ou à la culture qui ont entraîné partout des licenciements à l'appel. J'en viens à vous alerter tous et toutes car cette situation a mené depuis plusieurs années à la normalisation de l'exploitation des stagiaires, étudiants, alternant et encore services civiques. Or, le sauvetage de la culture de nos institutions ne peut pas se faire au détriment des droits de ces travailleurs qui viennent bien souvent remplacer de façon abusive des CDD, CDI ou encore intermittent pour palier à l'impossibilité budgétaire d'embaucher bien souvent des salariés.

On ne peut pas accepter de faire des économies sur le dos de ces jeunes qui finissent par sortir de formations parfois longues en étant motivé, compétent et certes formé, mais qui se retrouve à travailler comme beaucoup trop bénévolement s'il n'abandonne pas tout simplement la culture pour des jobs alimentaires et ce par manque d'opportunité d'embauche. Il est nécessaire de remettre en question nos modes et méthodes de travail car former c'est nécessaire bien sûr mais pas au détriment de nos droits, pas au au détriment des travailleurs, que ce soit dans la culture où la passion et la conviction sont bien trop souvent utilisés pour exploiter nos forces de travail comme ailleurs. Je vous remercie beaucoup pour votre attention.

Bonjour Christian Benedetti du directeur du théâtre studio. Merci Sarah d'avoir organisé ces rencontres là et je trouve que ce qui a été dit ce matin et ce qui est dit là est tout à fait éclairant et et j'ai une enfin j'ai une proposition j'ai dont j'ai parlé à Joris tout à l'heure et Guilin puisque la situation est telle et que on ne pourra pas dans en tout cas dans la dans les temps immédiats remédier à ça que les subventions enlevées seront enlevées elles sont enlevées déjà en tout cas moi en ce qui me concerne elles sont enlevées mais il y a une chose qu'on peut faire c'est exiger une année blanche pour les intermittents parce que sinon l'année prochaine il y en a plus ou quasiment plus et ça on peut le faire on peut le faire dans tous les festivals. On peut faire en sorte que ça soit une revendication parce que même en plus comme ils sont de mauvaise foi, ils sont capables de nous dire "Bah oui, OK, d'accord, regardez, on vous aide pour la culture, on le fait." Donc voilà. [Applaudissements] Ouais, désolé.

Euh merci Sarah d'avoir pris en considération notre suggestion de ne pas oublier la culture scientifique dans le cadre de ce débat extrêmement important. Alors, au début, je voulais venir juste pour ça, mais plus encore parce que vous avez choisi d'aborder le débat autour de la culture en en précisant bien que c'était un vrai une vraie question politique et que derrière la question politique, il y avait des engagements idéologiques et c'est de ça que nous souffrons tous aujourd'hui. Alors, je je vais vous lire ce que j'avais je vous avais je devais vous envoyer par écrit.

Donc je vais le lire ici. Alors en ce qui concerne la culture scientifique, il est évident qu'elle subit plus particulièrement le palais de la découverte mais tous les établissements de la culture scientifique sont concernés de plein fouet des vraiment des des attaques sournoises venant y compris de sa tutelle et principalement de sa tutelle de la culture qui orchestre elle seule. parfois elle a pas besoin de grand monde pour orchestrer ce genre de choses ou parfois en s'appuyant sur d'autres complices un véritable sabordage.

Effectivement, à moins d'un mois d'un début de festival prévu pour la réouverture du Grand Palais, la ministre de la culture a interdit à la direction de l'établissement de communiquer sur l'événement sans donner les raisons, sans sans explicer expliciter le ce qui a motivé cette décision. En tant que citoyenne, je ne me résou pas à rester inactif vis-à-vis des dérives autoritaires, indigne de l'esprit de la République, cher à mon cœur et à mon esprit. Je ne me rés pas pour plager Albert Camu et tordre un peu son propos, ajouter au malheur du monde tel qu'il évolue actuellement mon silence.

J'ai du mal par exemple à contenir ma mes récriminations vis-à-vis de la ministre de la culture qui use et abuse de son pouvoir et de son autorité. Euh donc abus de pouvoir, abus d'autorité et euh qui n'a aucun remord à recourir aux vérités alternatives pour préserver ses propres privilèges. l'usage de la violence plus que symbolique par des actes et par la parole de madame Dat contre les dirigeants et les et les personnels des établissements sur sa tutelle tutelle et pas curatel et les acteurs de la culture en sa qualité de ministre de la culture c'est par exemple ce qu'elle dit des journalistes des élus locaux et surtout en fait l'intimidation à leur égard mais ce qu'elle a exprimé vis-à-vis de euh de la PDG de Radio France et Bruno Macar, président de l'établissement de euh de la vigère euh pardon de la Universence, son agressivité, sa stigmatisation par exemple vis-à-vis de Caroline Vigot et de Dibris et c'est désaveux décrédibilisation voire dévalorisation publique des acteurs du service public de l'audiovisuel euh ça ces discriminations et favoritismes entre les établissements culturels euh par exemple son soutien inconditionnel au grand palais dont elle instrumentalise Didier fusillé et ces entraves répétées au palais de la découverte qu'elle s'abordent continuellement et systématiquement.

À propos, faut savoir qu'elle interdit directement ou indirectement par pression sur les dirigeants d'universence toute référence communication ou publicité à sa réouverture sans avoir le courage de communiquer elle-même sur la nature de ces phalacieux grief. Les personnels d'univers sciences et ses collaborateurs extérieurs sont aujourd'hui dans un vraiment une grande détresse. Je termine, elle se croit au-dessus des lois de la République, ne rate aucune occasion d'afficher sa suffisance, son assurance d'être intouchable malgré toutes ses outrances et son et ses mépris.

Sachant qu'elle reproche de manière et hantée avec des arguments fallacieux au président d'univers sciences d'avoir communiqué le programme de la réouverture du palais de la découverte le 11 juin sans son naval. J'imagine qu'elle est irréprochable de ce côté-là. Ce qui laisse entendre qu'elle organise le sabordage du palais avec la bénédiction de ses supérieurs, à savoir le premier ministre et le président de la République. [Applaudissements] Je me permets de rappeler, désolé mais d'être concis s'il vous plaît.

Il y a encore une table ronde après on a besoin de d'énergie pour finir cette belle journée. Je tiens à prévenir que la pause est d'ors et déjà morte hein. tout le monde soit la la pression merci de me donner la parole.

Je m'appelle Romain, je représente la compagnie la mécanique de l'instant. On fait un théâtre forum, donc un théâtre d'éducation populaire qui va hors les murs un peu de la culture, qui n'est pas soutenu par la culture d'ailleurs et je pense à notre dernière création, les faits Mandela et c'est un spectacle sur les RX en banlieu donc qui est un enfin fait très actuel, très mortel aussi en banlieu et donc nous tournons dans la région parisienne et dans la France entière. Et avec cette suppression du pass culture, donc le la part collective du pass culture, nous avons perdu la moitié de nos dates.

Si je prends l'agenda de l'année dernière, en juin 2024, nous faisions 12 représentations. Cette année, nous n'en faisons plus que cinq. Donc c'est pour bien prouver que les politiques actuelles ont vraiment un impact sur nos vies, sur les compagnies, tout ça et que et ben voilà, il va falloir défendre les collectivités locales, qu'elles aient encore les moyens d'avoir des fonds pour soutenir des projets comme ça.

Les établissements scolaires aussi qui font à peu près 50 % de notre de nos représentations. On a joué à Saint-Denis là suite au RX qu'il y a eu là-bas. Bon, des mairies comme Saint-Denis peuvent encore nous soutenir.

On a encore deux dates avec la Cour Neuve et Saint-Denis mais pour l'année prochaine, on a très peur. Et contrairement d'ailleurs aux auteurs, autrices, en plus nous, on a eu cet avantage d'avoir l'intermittence. Donc beaucoup sont propriétaires, beaucoup ont des prêts à rembourser et l'année prochaine on a très peur.

Voilà, en plus on est attaqué de toute parts. On a joué ce spectacle aussi en prison à la prison de Balance où après on est resté une semaine pour créer des petites scinettes avec les prisonniers et tout ça et le lendemain Darmanin annonçait que il n'y aurait plus de rien de ludique en prison. Donc c'est assez sympathique et nous ne savons plus vraiment où aller.

Et voilà. En tout cas, moi je voulais dire que j'étais intermittent depuis 2005. En 2005, il y a eu des luttes.

Tous les festivals, tout ça se sont mobilisés pour sauver l'intermittent et qu'il va falloir voilà 20 ans après reprendre la lutte. Et voilà. Et nous, on est vraiment sur le terrain pour lutter contre l'extrême droitisation de la société, la stigmatisation des quartiers.

On utilise les caprices de Marianne aussi pour parler des violences faites aux femmes et de la place de la femme dans la société et que là ça va devenir très très dur. Merci en tout cas pour tout ce que vous faites et à tous ça. Euh Emmanuel Holder, je vais je représente une association de parents d'élèves du conservatoire à rayonnement régional d'Aubertviller la Cour Neuve.

Ce conservatoire qui a été mis en place par Jack Ralite et qui n'est malheureusement plus ce qu'il était. Et je prends rapidement la parole parce que je crois que tout le monde est fatigué. Juste pour très modestement vous présenter le le cadre ce conservatoire qui effectivement est un établissement absolument extraordinaire. euh 1500 élèves, 4500 euh euh élèves en en primaire, en en scolaire euh touché, mais dont les dont les baisses de financement sont euh sont dramatiques parce que elles affectent non seulement l'activité du conservatoire, mais elles précarise, on l'a déjà dit, mais il faut encore le redire, elle précarise les les enseignants et plus particulièrement les intervenants en milieu scolaire.

Elles empêchent euh le euh le le la faisabilité des projets par les enseignants. Donc, il y a une grosse démotivation des enseignants euh et elles font augmenter les tarifs euh de d'un de d'inscription au conservatoire, ce qui va à l'encontre de d'une d'un conservatoire accessible à tous dans des territoires où en plus les populations sont extrêmement fragiles. Donc moi, j'étais très monsieur Simono, à à votre analyse en terme de représentation et d'ailleurs, c'est exactement les mots queon utilise nous à l'association des parents d'élèves quand on quand on rencontre des politiques de tout bord, de toute coloration.

Mais on est face la réalité c'est qu'on est face à une crise de représentation, on est face à une crise du récit collectif, du récit national. Donc que faire quand ce vocabulaire ne euh ne touche absolument pas les politiques ? Il n'y a aucun voilà aucun on sent bien que ça ne marche pas, ça ne ça ne parle plus ce type de discours.

En revanche, quand on commence à parler d'attractivité du territoire, quand on commence à parler de formation professionnelle, quand on commence à parler d'inclusion, alors là ça dit quelque chose. Je dis pas qu'on a des résultats, mais ça dit quelque chose. Donc ma ma question, c'est voilà, enfin c'est plutôt un souhait.

Nous, on souhaiterait justement avoir plus d'échanges avec vous tous pour élaborer ensemble non pas des éléments de langage, mais une vraie réflexion sur qu'est-ce qu'on veut effectivement pour une politique culturelle en France. Qu'est-ce qu'on veut pour se représenter nous et pour se représenter nous et les autres ? C'est-à-dire qui cette ce que Ricker appelé cet être au monde, hein, qui en est dans le monde nous.

Mais euh mais c'est vrai que c'est très très difficile de parler. On a parlé d'une crise aussi de de culture scientifique. Ça va exactement de pair.

Euh c'est c'est voilà c'est une une crise de la pensée. C'est une crise euh de euh d'une pensée critique qui est extrêmement euh dangereuse et qu'on connaît tous. Et euh voilà, on lutte mais on lutte très difficilement parce que nos armes en fait ne touchent plus personne.

Voilà. Merci. [Applaudissements] Bonjour, je ne représente personne.

Je m'appelle Marc Dumont. Je travaillais pendant 30 ans à France Culture, à France Musique avant d'être viré pour deux raisons. La raison, elle est d'abord financière.

En 2014, il y a eu une grande charrette à France Musique parce que les budgets avaient diminué. L'autre raison est personnelle pour des raisons et bien on m'a bien fait comprendre syndical et politique, ça commençait à bien faire. Euh je vais vous parler de musique classique rapidement.

On dit que le classique à mauvaise presse, on en parle très peu à LFI. On dit que c'est élitiste. Hier soir, j'étais à la scène musicale pour écouter les Indalandes de Rameau mais avec du hip hop, du crump, donc de la danse d'aujourd'hui.

Ce qui montre qu'il y a des choses qui sont faites et des choses à faire. Et si je parle de cela, c'est parce que en fait il faut vous souvenir que lorsqu'il y a eu la mobilisation pour s'opposer à la contre rééforme des retraites de Macron, lorsque les musiciens de l'Orchestre nationale de Lyon ou ceux de Ran par exemple voulaient lire un texte de solidarité avec les manifestants et bien une grande partie du public a eu alors est-ce que la musique classique est un lieu confisqué, un lieu de lutte de classe ? D'autre part, la musique classique à mauvaise presse parce que elle est aussi invisibilisée, on le sait, reléguée aux victoires de la musique, aussi clinquante que vein, mais pas pour les artistes qui sont primés dans une compétition opaque.

Il y a des contrats à la clé. On dit que la musique classique est ringarde. Bien, je viens vous donner un exemple avec la scène musicale, mais je reviens sur la scène musicale à Boulogne.

Elle a été ouverte en 2017 et je me souviens qu'en 2014, le budget social de la région de des Hautes SCES avait été amputé de l'équivalent de la subvention allouée à la construction de la structure musicale sur l'île Seguin. Intéressant politiquement. Euh, on dit aussi qu'il y a des réseaux d'influence dans la musique classique.

Vous connaissez les frères Capuussons, je pense que ça doit dire quelque chose. Le violoniste Renault Capuçon à l'oreille et le 06 de Macron qui l'invite souvent à l'Élysée. On pourrait presque dire que c'est un musicien officiel.

Or, Renault Capuçon est marié avec une certaine Laurence Ferrari où est-ce qu'ils se sont rencontrés il y a quelques années lors d'un dîner chez Michel Barnier. Alors, un état des lieux pour le moins problématique. On sait qu'il y a la baisse drastique et continue des subventions.

On l'a évoqué bien sûr, mais ça n'empêche qu'il y a des cachets farmineux. C'est le lieu de la lutte des classes. C'est clair.

On connaît même pas le cachet de Gustavo Didamel qui a dirigé l'orchestre de l'Opéra de Paris avant de démissionner l'année dernière. Mais à l'opposé, on sait qu'il y a dans les musiciens classiques une baisse générale des cachets dans les petites structures. Euh aussi, on peut se poser la question, il y a des grandes structures incompressibles.

L'Opéra de Paris, les grands orchestres, les salles régionales. Oui, il y a le problème de la Draque aussi. Il faut monter un projet à la Draque et ça prend un temps considérable qui n'a rien d'un temps artistique mais qui est bien un temps administratif avec des arcanes que l'on ne connaît pas.

Où est la démocratisation culturelle ? On pourrait parler des conservatoires, je n'en ai pas le temps. Alors, je vous propose d'évoquer juste d'un mot le rôle des médias publics.

Bah, on a évoqué tout à l'heure la télé, mais du côté de la radio publique, on sait qu'elle est assixiée. Si Bill Veale s'en étnait il y a quelques jours, le 27 avril dernier, en disant "Ça fait 10 ans qu'on qu'on est enfin que les subventions baissent, c'est faux. J'ai travaillé là-bas suffisamment longtemps pour que savoir que ça fait 30 ans que les subventions n'ont cessé de baisser.

Alors, il y a un changement structurel dans le monde classique, c'est le Messenat. Et le Messenat a pris une importance absolument considérable et coûteuse pour la communauté nationale. Rappelons les déductions fiscales de 66 % dans ce cadre.

Et je prendrai un exemple, celui d' Aline, pardon, Foriel Destezet. Je sais pas si ce nom vous dit quelque chose. Elle a 84 ans.

C'est l'héritière d'Adadeco, l'intérim. La fortune 2 milliards et et des poussières. Elle a un ya qui s'appelle Tosca.

Elle adore la musique classique. Or depuis quelques années, après 2016 quand le nom de son mari qui est mort depuis apparaît dans les Panuman Pipers, elle finance la Philharmonie de Paris, le château de Versailles, le théâtre des Champs-Élysées, le festival d'ex, le théâtre de la ville et plus. Sans elle, c'est une partie énorme de tout le monde musical classique qui s'effonde.

Comment développer alors une musique classique populaire ? Je prendrai un cas, celui de l'Opéra de Paris. Vous avez vu que les prix ont explosé depuis son ouverture il y a 30 ans.

L'ouverture Jack Lang Mitteran. Et un exemple, euh un de ses directeurs musicaux qui s'appelait Philippe Jordan, qui a pendant une dizaine d'années travaillé à la tête de l'opéra, a écrit un petit que sèche qui s'appelle les 100 mots de l'opéra. Je l'ai interviewé, je lui ai demandé "Monsieur, enfin Philippe Jordan, pourquoi est-ce qu'il manque un mot ?

C'est le mot populaire." Il me dit "Ben pourquoi populaire ?" Je lui dit "Vous êtes à la tête de l'Opéra populaire de Paris." Il me dit "Ah bon ?

Mais j'étais pas au courant, je ne savais pas. Donc il y a du travail à faire. Euh, on est par ailleurs dans le monde classique entre l'autosinture et l'omerta.

Quelle liberté d'expression ont les musiciens ? Parce que regardez, il vient d'y avoir il y a un mois et demi à Quan, le cas du Stabat Mat, je sais pas si vous avez entendu parler de ça, il y avait un un spectacle autour du Stabat Maticiens baroques. Et bien devant le théâtre de camp, il y a eu une manifestation d'intégristes en prière qui disait "On n'a pas le droit de faire et de monter le sabbat matre de cette façon-là." face au RN, c'est un peu le silence des agneaux dans le monde classique.

S'exprimer publiquement, est-ce que c'est seulement possible ? Je prends un cas, le cas du clave siniste Jean Rondau. Si vous aimez le classique, il est célèbre.

Jean-Rondu en 2022 à 15 jours avant euh le l'élection de de l'élection présidentielle, il a je finis quand même euh je suis désolé, il a euh pris position publiquement pour Mélenchon. Je ne vous dis pas le tombeau d'injure qu'il a reçu et l'essentiel c'était rester à votre place. Vous n'êtes pas là pour ça.

Et le 18 juin 2024, il y a eu une pétition lancée que j'ai lancé avec mon ami Réy Cardinal. Une une pétition qui s'appelait l'appel du 18 juin 2024. Bah c'était tout simple, c'était de dire aux musiciens, artistes, instrumentistes, chanteurs, acteurs du monde de la musique classique, appelons à nous mobiliser d'urgence pour le nouveau Front populaire.

Il y a eu des milliers de signataires et pas des moindres mais des gens qui n'ont pas voulu signer parce qu'il y a cet omerta. Voilà. Merci.

Merci beaucoup pour ces ces ces différents éléments et àjout. Euh on va peut-être d'abord euh donner la parole à Guilin qui doit nous nous quitter le premier puisqu'il se rend évidemment à un mouvement social en soutien aux acteurs de la culture juste après cette table. Oui, je vais pas ajouter grand-chose à ce qui a été dit jusqu'à présent. simplement euh on vous attend en place de la République tout à l'heure.

Euh non, ce que je constate c'est que toutes les prises de parole toutes les prises de parole font état de situation dramatique dans tout le champ culturel. Et ce que nous disait notre camarade tout à l'heure, on a besoin de tout le monde dans l'immobilisation. On n'est pas assez nombreux.

Le mouvement, il est en train de descendre un peu. On a besoin de redynamiser tout ça. Il y a des assemblée générales qui sont proposées dans plein de villes du territoire.

Il faut y participer et puis on va voir ce qui va se passer à Avignon cette année. Moi, je présage rien. On proposera un cadre de mobilisation.

Euh on le doit pour pour vivre de nos métiers, mais on le doit aussi pour la génération à venir. Et j'entends le témoignage que tu disais tout à l'heure qui est malheureusement trop vrai. Euh voilà, je voudrais pas paraphraser votre grand chef, mais faisons mieux.

Merci beaucoup. Merci bien. Je pense qu'on peut l'applaudir et surtout on prend l'engagement, on va essayer de tenir les temps pour pouvoir vous rejoindre à République et donc de pas déborder trop et merci euh merci encore à toi.

On fait très vite pour les retours, peut-être des rebonds. Juste moi je dirais juste allons à République et syndiquez-vous. [Applaudissements] Je je vais paraphraser ma voisine. que en effet il faut qu'on fasse tomber nos téléphones portables ou en tout cas qu'on s'en serve pour avoir des rendez-vous mais par contre qu'on se démerde pour être physiquement dans les endroit de lutte et arrêter d'avoir peur. [Applaudissements] J'ajouterai une information à propos de la radio sur France Culture et les fictions.

Elles ont été démantelées discrètement depuis sept depuis décembre alors c'était un secteur qui deit la moitié de la création de secteur de création de France Culture et qui est aujourd'hui dans le le budget été banalisé à l'intérieur pour pouvoir supprimer les dépenses et l'équipe a été supprimée et ventilée. Vo personne n'en parle parce qu'il y a eu des chantages auprès du personnel pour pour continuer ce que tu disais tout à l'heure. Moi ce que je dirais c'est dirait je ce que je ce que je disais tout à l'heure ça fait une phrase c'est que les luttes étant si importante en le sent nécessaire il faut un cadre politique d'une pensée politique pour les porter les encadr c'est c'est ça n'est pas concurrent on perd pas de temps à dire qu'il faut défendre le service public ou l'intérêt général tout en allant aux lutte je pense qu'il faut le faire en même temps.

C'est ça se conforte. C'est une condition. Merci beaucoup.

Et c'est même d'ailleurs l'objectif de cette journée qui se retrouve à la fois à défendre et à montrer les mobilisation en cours et à entamer, enfin, je dis pas qu'on commence aujourd'hui, mais à donner des lieux pour cette réflexion là. Euh juste un merci pour toutes les interventions de la salle parce que je trouve qu'elles ouvraient énormément de perspectives et aussi bah par exemple là sur la sur la musique enfin il y a vraiment des choses à travailler. La question du messena qui a été évoqué la question euh et on voit moi ce qui me frappe c'est pour faire la transition avec la voyez moi aussi je chinte ma conclusion euh tout le monde fait son effort et je suis je serai la variable d'ajustement pour cette deuxième table ronde.

Et ce qui me frappe, c'est à quel point toutes les interventions faisaient aussi déjà le lien avec ce qu'on va aborder là maintenant, qui est la question de ces ingérence politique, la question de ces outils, de ces de ces leviers en fait dont dispose la droite enfin le gouvernement et la droite réactionnaire, que ce soit des leviers économiques, des un entre soi bien installé et un des leviers évidemment c'est c'est justement de mettre d'isoler tout le monde dans des secteurs de lutte différents. Et donc on a besoin de ce collectif là. Raphaël Arnaud est arrivé.

On peut l'applaudir de bien et je le remercie de d'avoir accepté d'animer cette table ronde alors qu'il a deux trois petits chats à fouetter en ce moment comme vous le vous le savez. C'est à toi Raphaël. Oui, bonjour à tout le monde.

Du coup, merci pour l'organisation de ce colloc et et pour cette table ronde du coup qui est un peu la meilleure puisque de ce que j'ai compris, il y a eu beaucoup de choses ressassées pas très bonnes dans la journée au vu de la situation dans la culture et là c'est un peu quelle réponse aussi donnée à travers des exemples concrets. On va aussi ressasser, j'imagine, des choses pas forcément réjouissantes, mais surtout on va essayer de de trouver des des exemples qui nous montrent qu'il est possible de résister et de construire des solidarités à travers la culture et à travers d'autres liens aussi. Euh donc c'est un peu le but.

Et cette table ronde du coup s'inscrit dans l'idée de lutter contre l'extrême droitation. Euh et comment est-ce que la culture peut y répondre ? Pourquoi l'extrême droitisation ?

Tout simplement, ça tout le monde l'a bien observé. On est dans un contexte où il y a une radicalisation de l'ensemble euh du champ politique et médiatique, particulièrement des réactionnaires, notamment chez les libéraux. C'est pour ça qu'on parle d'extrême droitisation parce qu'on a tout un tas de personnes qui pouvaient moralement se dire encore contre l'extrême droite ces dernières années et ces dernières décennies et qui puis puis quand vient la crise actuelle qu'on connaît du capitalisme crise inhérente au système capitaliste, alors tout à coup l'extrême droite devient tout à coup plus sympathique plus acceptable et voir même potentiellement avec leur histoire d'arc républicains et cetera dont on sent bien que les contours ne sont que racisme et autoritarisme.

Donc on est dans cette situation d'extrême droitisation et la culture forcément est confrontée pleine poire. On l'a vu avec cette histoire des budgets parce que ça signifie beaucoup de choses que de se de s'attaquer à la culture. Alors il s'attaque à tous les aspects de de du service public et cetera.

Mais la culture c'est un très bon indicateur pour se rendre compte dans quelle société on est dans quelle société on se trouve parce que la culture évidemment a une place assez particulière c'est qu'elle vient questionner le monde dans lequel on vit. Alors, de façon plus ou moins ouvertement politique, mais forcément ça vient questionner la société dans laquelle on est, ça vient l'interpeller. Et des fois, moi le premier, il y a des choses culturelles qui m'interpellent et je me dis qu'est-ce que c'est que ces choses étranges ?

Euh et c'est normal, c'est fait pour ça la culture, c'est fait justement pour sortir un peu notre confort, des règles établies, j'ai envie de dire et ça vient questionner toutes ces choses-là et donc potentiellement remettre en question l'ordre établi. Et c'est ça très justement qui fait peur à toutes les forces réactionnaires et en particulier l'extrême droite. Et voilà à quoi la culture est confrontée.

Mais on va rentrer plus en détail. J'ai l'honneur donc euh d'accueillir enfin nous avons l'honneur pardon d'accueillir Pablo Corroyer, chercheur postdoctorant en sciences politiques à l'université de Lille. J'ai les petites notes, hein, c'est bien ça.

Membre du conseil scientifique de l'Observatoire des libertés associatives, nous avons également Marianne Roméo, productrice chez Petit à Petit Production, membre du SPI, donc le syndicat des producteurs indépendants et de son groupe liberté de création. Nous avons Merlin Jaquet Makoka, c'est ça ? Maka, Makovka, pardon.

Euh éditeur, traducteur et maquétiste, coordinateur du projet Débordé Boloré et Marie Coquelle, comédienne, doctorante à l'EDESTA, école doctorale esthétique sciences et technologie des arts et fondatrice du collectif Mithou Théâtre. Euh et donc pour commencer euh ça sera avec Pablo Corroyer. Euh donc euh alors que je reprenne un peu les notes, je suis désolé.

Euh quel constat faites-vous en matière d'ingérence politique d'extrême droite et d'atteinte à la liberté de création dans le cinéma, en particulier le documentaire ? Quelles conséquences concrètes en matière de censure voire d'autocensure ? Quelles sont les dispositions prises par les organisations ?

Attends juste juste ça c'est pour Marianne juste après. Donc là c'est sur le lien entre liberté associative et entre les attaques entre les libertés associatives et la liberté de création. C'est juste avant ça va s'enchaîner.

Alors, excusez-moi, je retrouve excusez-moi, j'ai la tête plein, voilà, parce que avec ces histoires de dissolution, j'ai plein d'appels à passer et cetera, vous m'excuserez. OK. Donc si je me trompe pas, Pablo Corroyer.

À ce titre, vous avez pu étudier une des formes de la dérive autoritaire qui peuvent le chemin de l'extrite dans le pays, à savoir la répression sur les associations et en particulier culturell. C'est ça. Racontez-nous ces phénomènes par lesquels la préfecture semble prendre le pas sur la draque et conditionner la subvention publique à un certain respect de l'ordre établi.

Que cela nous enseigne-t-il précisément sur les liens entre les arts, l'activité culturelle et la résistance à une société de plus en plus fascisante ? En quoi ces répressions pointent également vers le pouvoir émancipateur et révolutionnaire de la culture ? Non, c'est ça.

OK. Bah, bonjour à toutes et tous. Alors, je vais pas être tout de suite réjouissant sur la fin de ton introduction.

En tout cas, merci pour merci pour l'organisation. Je suis je suis heureux d'être là. Euh je voudrais je voudrais donc vous vous partager les premiers résultats d'une d'une enquête sociologique que j'ai mené dans le cadre de l'observatoire des libertés associatives.

En fait, nous ét remonté des cas un peu suspects de coupure de subvention dans le dans le limousin en Nouvelle Aquitaine. Avant de commencer cette enquête, je soupçonnais pas le à quel point le phénomène était étendu. Enfin, c'est-à-dire que localement dans un territoire assez euh restreint, on parle d'une trentaine d'associations concernées, non seulement par des coupes de subventions, mais par l'exclusion parfois totale de l'accès à la subvention publique.

Ce que je vais vous montrer, c'est que c'est un phénomène non contingent au sens où il est le résultat de d'évolution systémique de l'État et notamment de de ce qu'on appelle l'état territorial, l'état local. Euh ce qu'il faut euh ce qu'il faut voir c'est que euh dans limousin donc ce ces coupures de subvention euh ne sont pas thématisés euh comme tel. le conflit n'est pas thématisé par les pouvoirs publics qui euh qui évoquent quand ils en évoquent des motifs assez flous et et fuyants.

Euh les ce qui ce qu'ils prétendent réaliser, c'est simplement l'évaluation des performances des associations, voilà, dans la dans le cadre de cette loi naturelle non interrogée qui est la mise en concurrence et la rétr le rétrécissement des budgets disponibles. Donc ce qui s'est agit, il s'est agit pour moi d'essayer de comprendre de quoi il en retournait et comment on pouvait expliquer ce ce durcissement des relations malgré tout entre pouvoir public et association. À l'essu de mon enquête, les résultats sont assez clairs, c'està-dire que les préfectures de département et et de région font circuler dans l'ensemble des services de l'État des listes noires d'associations à ne plus financer.

Euh donc ce qui ce que je enfin ce que j'essaie de comprendre c'est pourquoi ces demandes préfectorales sont suivies par l'ensemble des services des services de l'État. Donc j'ai pas évoqué effectivement pardon le fait que sont concernés majoritairement des associations culturelles mais aussi d'éducation populaire de protection de l'environnement de défense des droits des femmes, de médias associatifs et cetera. Les institutions financeuses comme vous en doutez sont elles-mêmes diverses aussi.

Euh je vais pas toutes les citer, ça nous ferait trop d'acronymes, mais en gros les services chargés des politiques culturelles, de solidarité, euh de délégation aux droits des femmes, d'agences régionales de santé et cetera. Donc pourquoi euh ces demandes préfectorales sont-elles suivies ? Bah il faut revenir simplement à à c'est quoi le le corps préfectoral ?

Basiquement, c'est le il a pour mission le la maintien de l'ordre public et mais aussi la coordination des politiques publique locale. Et il est il n'y a rien il n'y a rien d'évident en fait que dans notre histoire institutionnelle le pouvoir préfectoral et acquise son pouvoir une grande partie des services déconcentrés de l'État comme c'est le cas aujourd'hui. On peut revenir au début des années 2000 où chaque service déconcentré dans les départements par exemple est sous la tutelle de son service central dans les ministères qu'on parle de la culture ou je sais pas l'inspection du travail est sous tutelle du ministère du travail le le directions de l'équipement sont sous tutel du ministère de l'écologie de l'équipement et cetera.

à au milieu des années 2000, vous avez des haut fonctionnaires euh issus du corps préfectoral et qui sont soutenus par Nicolas Sarkozy qui parviennent à imposer une réforme de l'administration territoriale et à faire fusionner un grand nombre de services de services de l'État dans les territoires et à les mettre progressivement sous tutelle du ministère de l'intérieur dont relève en dernière instance les préfets. A vous allez me dire quel est le rapport entre ces réformes de l'administration et le financement de la de la vie associative et notamment de la culture ? Bah je vais prendre rentrer dans le vise du sujet avec la DRAC.

Donc bon, de manière générale, avant de parler de la DRAC, quand vous êtes agent public et que votre directeur est directement sous la hiérarchiquement disons subordonné au préfet, forcément il est plus difficile de de désobéir hein, tout simplement. Au niveau de la drague, c'est un petit peu plus compliqué, mais euh pour redire aux personnes qui l'ignoreraient éventuellement, euh bon, des associations culturelles font des demande de subvention. Les conseillers de drac instruisent les dossiers, délivrent des avis favorables ou défavorables.

Et ce qui se passe depuis 2022 2023 dans la draque nouvelle aquitaine, ce que je vous dis là n'est pas une information qui est publiquement assumée, mais c'est après un an d'enquête, c'est voilà, c'est un fait. Euh ce qui se passe, c'est que les la DRAC nouvellectenne doit envoyer l'ensemble de ces demandes de de ces propositions de financement aux préfecture de département qui renvoie une liste euh épurée euh triée euh des associations à ne pas euh à ne pas financer que la DRAC n'aura pas le droit disons de de financer. Euh alors cette situation c'est routinisée depuis quelques années mais elle reste assez douloureuse pour les pour les conseillers drac qui voient bah une une réduction de leur autonomie professionnelle et puis un un certain mépris pour le leur expertise métier disons.

Donc ce qui est intéressant dans ce cas, si j'ose dire, c'est que les DRAC n'ont pas d'obligation réglementaire à ma connaissance de répondre aux injonctions préfectoral, en tout cas des préfets de département, mais ça montre donc la capacité d'un acteur administratif politique qui est le ministère de l'intérieur à s'imposer au-delà même des par-delà les canaux bureaucratiques classiques. Alors, vous allez me dire et pourquoi ces dizaines d'associations sont-elles exclues du champ légitime et de l'accès à la subvention publique ? Euh ce qu'il faut voir là encore, je vais je vais encore remonter un petit peu au sens où pour moi c'est le résultat de la de la de l'extension d'un paradigme antiterroriste et de sa séation dans la vie ordinaire de l'État aujourd'hui.

Alors qu'est-ce que j'entends par paradigme antiterroriste concrètement ? le fait euh de chercher à punir des individus avant qu'ils aient pu commettre des crimes, un un paradigme qui se développe depuis 30 ans à peu près. Donc, il s'agit d'évaluer leur dangerosité à partir de leur comportements, de leurs intentions ou de leurs opinions. dans donc oui donc ce ce paradigme, excusez-moi, a provoqué une une large extension des pouvoirs de ce qu'on appelle de police administrative qui deviennent de plus en plus coercitifs et punitifs.

Bon, quel rapport encore avec le financement de la vie associative ? Bahà, il faut remonter notamment à la loi séparatisme de 2021. Et là, je vais reprendre les largement les propos d'une secrétaire d'État qui était chargé de défendre cette loi.

Elle elle a elle a bien montré en 2023 que le but de la loi était de réprimer préventivement non plus seulement des actes terroristes, non plus seulement des actes des signaux faibles de radicalisation, mais ce qu'elle appelle le bas du spectre euh appelé séparatisme. Pour reprendre ces termes, l'idée est de désinhiber l'administration en lui donnant la légitimité et les moyens de s'attaquer à toute association qui serait suspecté par son action ou son idéologie ou de l'idéologie de seulement certains de ses membres qui seraient suspectés d'appartenir à ce séparatisme. Alors, certains voient peut-être où je veux en venir.

Euh l'idée c'est donc enfin cette loi, oui, pour préciser, elle elle crée un instrument qu'on appelle le contrat d'engagement républicain que toute association doit signer et qui basiquement donne aux autorités préfectorales et indirectement au service de police, au service de renseignement, la capacité à couper les subventions de toute association qu'elle suspecterait d'appartenir à ce séparatisme que je ne définirai pas puisqu'il a pas de définition précise. Qu'en est-il ? En limousin ?

Le les en limousin le le CER, contrat d'engagement républicain, n'a jamais été utilisé officiellement parce que engager une procédure C, ça donne quelques droits de contradictoire. Donc il n'a jamais été utilisé officiellement mais au moins une dizaine de fois de façon tacite et informelle disons contre donc des associations notamment culturelles. Donc ce qu'il faut voir ici c'est le rôle des services de renseignement territoriaux.

Je vais y venir. Mais prenons un exemple concret. Vous avez une association assez connue d'éducation populaire qui s'appelle peuple et culture qui donc fait une demande en corise de subvention de subvention publique.

Sauf que un agent des services de renseignement avait repéré une dame de cette association dans un rassemblement de soutien à des militants féministes qui avaient été interpellé après un collage à Tul. Donc le la subvention est refusée à cette association au motif que elle ferait du prosélitisme contre l'État. Donc euh après un an d'enquête, j'ai pu parce que c'est après un an d'enquête, j'ai pu par induction disons déterminer quels sont les motifs de suspicion qui donc après justifient un un retrait de de de subvention.

Le fait par exemple que l'un de vos membres donc dans ces activités privées heit participé à une manifestation. Le fait que l'un de vos membres donc d'association habite dans des habitats légers sans permis de construire. Le fait que l'un de vos membres se soit opposé à l'expulsion d'une personne exilée ou encore que votre association ait invité une autrice féministe en l'occurrence Alice Cofin.

Euh ce que ce que je montre aussi, c'est que il faut bien voir ici le regard renseignement territoriaux au sens de ce que appeler un raisonnement préventif par capillarité. par capillarité, c'est-à-dire c'est quelque chose qui se voit beaucoup sur les dissolutions aussi d'ailleurs, c'est-à-dire que vous êtes enfin une association va être ostracisé dès lors par exemple comme ça a été le cas en nimousin qu'elle a coorganisé un spectacle avec une association elle-même déjà ostracisée ou alors que des membres de cette association ont rencontré des militants de Tarnac par exemple qui sont considérés par les services de renseignement comme problématiques. Donc c'est ces services n'ont pas attendu le la loi séparatisme pour appliquer ce raisonnement et c'est ils sont par exemple typiques de l'état d'urgence.

Pour conclure, j'espère que je suis pas trop long, désolé moi 30 secondes. Euh ce que montre ce cas du limousin, on pourrait y revenir, il y en a d'autres hein. Ce que montre ce cas, c'est la transformation de p de plus en plus large de l'action publique et donc notamment des politiques culturelles en enjeu sécuritaire.

Euh et euh dans ce cadre-là, les agents euh les agents publics, donc notamment des politiques culturelles, mais d'autres services aussi hein, essayent euh quelques résistances. Je pourrais même pas les citer là parce que ces person ces agents sont très très inquiets d'être d'être identifiés et blâmés. Euh mais en tout cas donc essayent quelques quelques résistances mais sont eux-mêmes, comme vous le savez contraints par des menaces sur leur statut et sur leur autonomie professionnelle.

Donc les perspectives qu'on peut voir, malheureusement, je pourrais revenir dans les questions sur parce qu'il y a eu beaucoup de résistance dans le limousin et malheureusement j'ai pas euh enfin je je pourrais en parler voilà dans les réponses aux questions. Il y a eu beaucoup de résistances associatives notamment. Euh mais ce qu'on peut dire pour finir, c'est que euh ce qui peut se s'imaginer, c'est d'éventuelles alliances politiques entre les acteurs associatifs et un service public de la culture euh euh qui se repolitiserait éventuellement euh et qui pourrait ne serait-ce que faire assumer aux préfectures de département cette cette politique de tri qu'elles opèrent à l'égard d'association considérées comme trop critique.

Je vous remercie. Merci, merci beaucoup. Euh du coup, j'ai spoilé un peu tout à l'heure comme vous avez pu le voir, ça sera autour de Marianne.

Donc je vais répéter les questions que j'avais déjà en partie posée. Quel constat faites-vous en matière d'ingérence politique, d'extrême droite et d'atteinte à la liberté de création dans le cinéma, en particulier le documentaire ? Quelles conséquences concrètes en matière de censure, voire d'autocensure ?

Quelles sont les dispositions prises par les organisations du secteur du cinéma pour faire face au phénomène euh le donner et y résister ? Merci. J'appuie là-dessus.

Vous m'entendez bien ? Bon, pour ma part, je me réjouis d'abord que dans un tel lieu, dans la maison du peuple, comme notre député de la nation l'a indiqué ce matin, c'est vrai qu'on a tendance à l'oublier. Il se passe ce qu'il se passe aujourd'hui.

Je pense qu'en fait, c'est très important. Je pense que si on mettait bout à bout toutes les interventions, on aurait un livre blanc de la situation artistique et culturelle dans le pays. Et je pense que ça doit nous servir à la suite euh parce que il me semble que notre nos métiers artiste comme voilà producteur, acteur de la culture, c'est de mettre en lumière.

Mettre en lumière, ça nous relie directement. Et et je sens d'ailleurs là une vibration révolutionnaire, c'est d'être à côté de de Raphaël Arnaud. Ça ça m'irrigue.

Et effectivement, nous venons tous des lumières et je pense que ça c'est important de se le rappeler. C'està-dire c'est il faut il faut se mettre dans cette perspective de ceux qui ont lutté et conceptualisé et conquis des terrains avant nous, des gens qui ont risqué leur vie pour que nous puissions faire ce que nous faisons. Et ça ça me semble voilà essentiel de le rappeler puisque nous luttons contre l'obscurantisme.

La lumière et c'est un peu mon métier de de la faire venir. Bah c'est c'est une lutte contre l'obscurantisme. On est dans une période extrêmement obscurantiste.

Euh on l' on l'a définit toujours dans les dictatures, mais nous-mêmes nous sommes dans ce climat. Euh je pense que c'est particulièrement difficile de parler d'art et de culture quand se passe ce qu'il se passe, quand il y a des guerres généocidaires, quand la misère se répand partout dans le monde. Alors que je pense que c'est un préalable, c'est une priorité.

C'est parce que nous redonnerons à l'AR et à la culture dans sa puissance aussi éducative émancipatrice que nous empêcherons euh ces je sais même plus comment les appeler mais ces monstruosités d'avoir lieu. Donc il faut pas il faut pas se comment dire être gêné de parler d'aroculture. C'est pour moi une naissance des l'essence des choses.

Donc je vais rentrer dans le vif du sujet. Alors on a tendance à penser que le cinéma est un peu un art privilégié parce qu'il a un modèle en France. Enfin, je m'excuse pour l'utilisation du mot modèle mais il a en tout cas un système exceptionnel, j'y reviendrai.

Mais néanmoins en ce moment il est under attack, on pourrait dire. Euh non seulement parce que Donald Trump donc a annoncé vouloir imposer jusqu'à 100 % de droits de douane sur les films produits à l'étranger, ce qui ce qui met directement en cause notre souveraineté euh culturelle. Mais il y a aussi malgré un excellent score d'entrée euh l'année dernière en 2024 181 million3 millions d'entrées en salle de cinéma. ce qui est ce qui est vraiment parmi les résultats les meilleurs post Covid qu'on retrouve commence à retrouver des résultats près Covid et bien il y a en fait de nombreuses menaces euh qui existent des menaces qui sont aussi bien organisées par les libéraux par toute l'engagence réactionnaire en fait des libéraux au Rassemblement national et Ces ces menaces en fait, elles ont plusieurs logiques.

C'est évidemment les effets de concentration dans la production, les effets de concentration sur en fait des systèmes majoritaires qui agglomèrent des sociétés qui voilà se disproportionnent, deviennent des sortes de giga sociétés de production. Elles sont faciles à trouver hein, Médiawan, Banijet, Fédération et j'en oublie. Mais en tout cas, il y a eu ce phénomène qui a été favorisé par les politiques de Dominique Boutona qui l'avait annoncé d'ailleurs très clairement dans son rapport.

Donc ça ça avait le mérite d'être d'être officiel. Mais ça ça joue, ça en tout cas met en cause la diversité culturelle, ces phénomènes de concentration, la diversité artistique et l'indépendance du cinéma qui est évidemment euh le le domaine le plus euh ben précarisé, le plus enfin qui compte beaucoup sur la force et la la bonne volonté des des sociétés de production, l'abnégation aussi parfois et qui fonctionne dans des schémas qui n'arrivent pas à se structurer réellement. Euh et donc c'est ces c'est ces effets-là qui existent, des effets de polarisation aussi dans les salles de cinéma.

Donc pareil, c'est un peu comme la concentration économique, c'est-à-dire que les films qui marchent, ben il marchent plus encore et ces effets de polarisation bah évacuent tout un tas de films qui méritent d'exister, qui mériteraient d'être vu. Et ces phénomènes là de polarisation, bah c'est c'est vraiment ça atteint clairement la la diversité artistique et culturel et puis des phénomènes d'action directe, je dirais des des politiques publiques qui viennent directement viser. qu'on l'a vu le cas du festival de Clermont euh qui a été attaqué pour simplement au nom au nom du président qui a été mentionné des un public s'est mis à siffler pour des raisons qu'on peut comprendre et ça leur a valu d'être d'être atteint dans leur existence alors que c'est le plus grand festival du court-métrage du monde.

Le courtmétrage, comme vous le savez, c'est souvent le premier geste de cinéma. Donc c'est aussi un lieu qui peut avoir ses fragilités. Les problèmes de concurrence déloyal des grands groupes qui attendent que les petits cinémas indépendants fassent le boulot et ramassent la mise en venant s'implanter dans les villes.

Et j'en passe, il y en a beaucoup comme ça qui sont le fait des logiques libérales qui s'appliquent. Alors, comme vous savez, en France, j'en j'en parlais, le cinéma est protégé par ce système unique qui a été fondé sur la solidarité entre les films. C'est l'idée en fait d'une mutualisation.

L'idée principale étant de prélever une petite part sur chaque ticket de cinéma, mais aussi sur chaque système de diffusion, télévision, DVD, VOD, streaming, plateforme, enfin tout ce que vous voudrez qui crée un fond de soutien géré par le CNC. J'emploie le mot gérer volontairement parce que le sens politique du CNC nous nous serait bien utile dans ces luttes. Euh et ce fond de soutien est ensuite redistribué et permet à des films indépendants d'exister à côté des gros films. comme si il y avait une solidarité entre, je sais pas moi, le le groupe Carrefour et les petits artisans du coin qui des petits voilà magasins de de je sais pas de de nourriture bio qui essayeraiit d'exister.

Donc il y a cette solidarité qui est très importante et ce modèle mutualiste qui a été forgé et ça c'est très important de le savoir par l'audace des matrices conceptuelles du Front Populaire et mise en place à la libération. C'est à la libération que ce système a permis de protéger la diversité du cinéma français et garanti une liberté d'expression. Et c'est cette liberté d'expression qui est aussi enfin liberté de création mais qui est aussi importante que la liberté d'expression.

Pour moi, çaen est qu'un qu'une variante en fait, mais c'est la même chose même si c'est moins souvent mis en évidence parce que devant les attaques constantes et je vais énumérer par les biais par lequels l'extrême droite agit euh de l'extrême droite contre le cinéma, et bien nous avons donc nous les syndicats, mon syndicat, le le syndicat de la production indépendante, on s'est féminisé récemment, a mis en place un groupe de travail qui s'appelle Liberté de Création pour emboiter le pas de celui de la SRF et on m'a donné mandat pour aussi vous apporter un message de la SRF qui travaille depuis 2 ans à travers le groupe Ripost qui est une cellule de veille d'analyse et de réaction vis-à-vis des attaques de l'extrême droite. Donc juste pour vous dire quel est qu'est-ce que le SPI ? Le SP donc c'est le seul syndicat unitaire et représentatif en audiovisuel et en cinéma qui ne dépend d'aucun groupe, ni des groupes dont je parlais de groupes audiovisuel ni de circuits de salle qui eux aussi sont organisés par groupe économique.

Donc ces groupes de travail au sein du SPI et au sein de la SRF travaillent en lien avec d'autres organisations, l'UPC, le SDI, la SID, enfin toutes les organisations professionnelles qui sont d'ailleurs regroupées selon les cas dans des des associations qui sont transversales. Et ce ce groupe de ces groupes de travail donc font des communiqués de presse, produisent dialogue avec les institutions, assure d'éveil stratégiqu et peuvent désormais produire un véritable état des lieux de ce à quoi on a affaire. Donc il faut savoir que ces attaques sont extrêmement organisées et moi je voudrais qu'on qu'on se le dise.

C'est-à-dire que l'extrême droite organise son offensive alors que malheureusement nous nous avons tendance à réagir. Ça a été dit aujourd'hui qu'il faut il faut passer vraiment à une autre échelle parce que ça émane à la fois donc des des groupes d'élus évidemment. Euh ça ça émane aussi de raides qui sont faits à la sortie des films.

Alors, je vais vous décrire en fait comment comment les choses se passent. C'est dire qu'en fait il y a quatre il y a quatre manières pour l'extrême droite de d'intervenir. Il y a au moment des des des de la logique de de financement, excusez-moi pour le terme, mais on n pas trop d'autres choix en cinéma que de l'évoquer, c'est-à-dire au moment de l'écriture des projets.

Ça ça se passe dans les commissions régionales. Donc tout d'un coup, des élus du Rassemblement national ont commencé à gagner des commissions culturelles. Pourquoi des commissions culturelles ?

Bah d'ailleurs, d'abord parce que pour eux la culture c'est une priorité idéologique. Ça montre toute la vision instrumentale qu'ils ont de la culture. Pour eux la culture c'est vraiment un moyen de faire passer leur leur idéologie.

Donc ils ont ils se sont infiltrés dans ces commissions culture aussi par comment de Non, je viens de me souvenir le film le slip le slip chauffant. chauffant donc on voit le genre de terreur qu' l'extrême Oui. Par exemple, il y avait un film documentaire qui mettait en évidence le fait que que les hommes pourraient pourraient aussi passer par des contraceptions.

Et il y a effectivement, on sait que l'appareil génitale des hommes se trouve à l'extérieur du corps humain pour des raisons de température. Or, il existe un système très euh comment dire euh ultra efficace qui qui consiste à réchauffer cette partie du du corps masculin euh pour pouvoir euh pour pouvoir euh voilà euh assurer une contraception absolument infaillible et donc des slips chauffants. Et donc il y a des pays alors c'est vrai que ce sont notamment des pays du nord de l'Europe hein pour des raisons peut-être de climat mais néanmoins néanmoins c'est infaillible.

Or voilà, un film documentaire qui pouvait mettre en avant cette question euh et bien voilà peut tout tout d'un coup être discriminé parce que voilà, ce n'est pas ce n'est pas sens commun compatible. Euh et donc voilà, c'était c'est un exemple, mais je vous en citerai d'autres pour des raisons extrêmement euh enfin toujours des raisons en fait qui concernent le thème des films et c'est pour ça que le documentaire est plus exposé que la fiction pour l'instant. Il y a des fictions qui ont été exposées comme les algues vertes ou des films de ce de ce genre.

Mais voilà, il est vrai que le documentaire par sa son côté thématique est plus exposé. Donc premièrement, euh ces attaques interviennent au moment de du développement des films, qui est très important parce que on ne fait pas un film sans le développer en France. au moment du tournage, donc au moment des financements, c'est par des coupes de financement et par des commissions qui invalident parfois l'avis des commissions professionnelles.

Donc ça ça s'est jamais vu. Des élus qui tout d'un coup décident pour un film l'année dernière qui s'appelait Vacances en Palestine. Il a reçu, ça a été documenté par Media Part d'ailleurs.

C'est c'est un film qui avait reçu l'aval d'une commission professionnelle et dont les élus ont décidé d'invalider tout simplement cette cette décision. Donc alors il est vrai qu'en fait dans la si on prend la législation à la lettre normalement c'est effectivement les commissions d'élus qui décident mais l'usage voulait que les commissions d'élus se référaient aux avis des commissions professionnelles et que ça ne ça ne faisait voilà ça c'est c'était logique en fait. il y avait une logique et bien et bien là désormais on voit des des élus finalement qui dérogent à cette pratique, cet usage.

Ensuite au moment du tournage par les autorisations, par des problèmes administratifs qui se posent comme par exemple pour le tournage du film Avant que les flammes ne s'éteignent hein de de Médifri. Ouais, ouais, je sais mais il faut quand même que je vous dise un peu comment ça marche. Et à la programmation des films, donc pour les exploitants la diffusion des films aussi, il y a alors là c'est par les réseaux sociaux donc c'est halluciné, c'est des raides qui sont organisées de façon systémique pour déglinguer des films qui sortent sans les avoir vu.

Donc là, on est en train d'organiser une coalition pour que halluciné puisse prendre en compte nos préoccupations et mettre en place un système qui fait que seuls les gens qui auront acquitté un ticket de cinéma pourront voter, ce qui changera tout parce que il y aura énormément de il y a énormément de films qui qui ne n'ont n'ont pas survécu en fait à ces raides et à la programmation des films dans les villes par des pressions sur les exploitants surtout dans les salles municipales. Donc voilà pourquoi nous sommes nous nous sommes organisés avec des groupes de travail qui donc cherchent à mutualiser les les informations, à mener un travail avec les avec les pouvoirs publics et c'est pas facile. On a rencontré la haute fonctionnaire donc à la liberté de création Juliette Manthe mais qui enfin qui est très participatif, qui est très consciente de tout ça mais qui malheureusement n'a pas de moyen.

On a appris qu'elle n'avait pas de secrétariat, donc on ne sait pas comment on va pouvoir vraiment s'organiser pour réagir. En tout cas, l'idée de de faire remonter toutes ces informations, l'idée aussi de de ne de ne pas de ne de mettre vraiment un frein au niveau des organisations de cinéma à tout ce qui peut être aussi des incitations, enfin des la manière dont on peut être connecté par des partis politiques et puis les actions à mener collectivement que nous nous sommes donnés notamment au SP, rencontrer l'observatoire des libertés de création pour faire avancer la loi sur la liberté de création pour qu'elle prenne en compte pas seulement l'œuvre finie mais aussi tout ce qui se passe en amont parce que ça ce serait vraiment une manière de de se défendre parce qu'on n pas en fait de levier pour se défendre quand une œuvre d'art est attaquée notamment dans son développement c'est très compliqué d'avoir véritablement des des ressorts pour se défendre et puis rencontrer la défenseur des droits aussi euh contacter des des avocats ou des gens qui se s'organisent sur ces questions-là euh et puis euh à obtenir d'allociner cette alors il paraît que c'est possible techniquement donc ça la dernière réunion nous a donné nous a montré que c'était vraiment possible donc on espère que toutes ces toutes ces ben toutes ces actions que nous menons puissent on a contacté aussi la presse on fait beaucoup de communiqués c'est remonté jusqu'au New York Times parfois. Donc on espère que ça devienne une vraie préoccupation parce que c'est c'est du jamais vu en fait.

C'est l'extrême droite se permet d'atteindre la liberté de création des artistes comme jamais auparavant et on va pas se laisser faire. Merci beaucoup. Mais ben voilà, on a des pistes de de solutions face à tout ce qui est en train de se passer à l'extrême droitation.

Euh du coup, je vais me tourner ensuite vers Merlin euh qui dit cinéma dit industrie culturelle, dit main mise économique et ingérence idéologique de certains capitaines d'industrie réactionnaire, bras armé de l'extrême droite. On pense notamment à Boloré, notamment dans le monde du livre. Vous êtes éditeur, traducteur et maquettiste et coordinateur du projet du projet débordé Boloré.

Ce projet vise à mettre en avant la pensée des acteurs du monde du livre qui analysent et où subissent pardon, les dynamiques de concentration et d'extrême droitation du marché. Quel constat faites-vous ? Quelle organisation collective pour faire face au libéralisme autoritaire et à l'extrême droitation dans le monde du livre ?

Alors, bonjour à toutes et tous. Je suis ici pour du coup effectivement vous parler d'édition et du livre et depuis ma position d'éditeur. C'est en cette qualité que j'ai participé à un ouvrage collectif euh porté par plus d'une centaine d'éditrices et d'éditeurs débordé Boloré.

On rassemble des essais, des entretiens, des témoignages venant de la recherche, du militantisme et aussi et surtout d'acteurs et d'actrices de ce qu'on appelle la chaîne du livre, c'est-à-dire des différents métiers du livre. Je viens de parler de l'édition et du livre dans leur ensemble, c'est-à-dire des gros livres, des petits livres, des livres de cuisine, des livres de sciences sociales, de recherche universitaire, de bandes dessinées, de littérature la plus classique ou la plus populaire, des livres qui se vendent beaucoup comme des livres qui ne se vendent pas du tout. C'est cette diversité là que le système éditoral, parce que c'est un système devrait garantir.

C'est-à-dire qu'il devrait garantir que les livres puissent être écrits, édités, distribués dans les points de vente et qu'ils y soient rendus visibles. une édition en bonne santé et je veux j'entends parler une bonne santé économique, j'entends parler une bonne santé sociale mais aussi du coup une bonne santé démocratique devrait assurer si ce n'est cette diversité les conditions de possibilité de cette diversité. Évidemment c'est une affirmation que je fais qui mériterait d'être discuté, d'être débattu, d'être affiné, d'être ajusté.

Mais s'il y avait pas cette diversité là, qu'est-ce qu'il y aurait à la place ? ce serait une uniformité des formes et du coup et aussi des idées parce que cette diversité c'est aussi et elle doit l'être une diversité idéologique. Or aujourd'hui 90 % du marché de l'édition appartient à seulement 10 groupes.

Ces groupes prennent l'apparence d'une multiplicité de maisons. On sait pas trop ce qui appartient à qui et les groupes changent d'ailleurs souvent de chef. Mais il y a bien pour se partager du marché que 10 groupes.

Et parmi ces 10 groupes, quatre d'entre eux seulement contrôlent 70 % du marché et 80 % de la distribution. Qui contrôle la distribution contrôle le monde. C'est ce qu'on appelle la concentration éditoriale.

La concentration éditoriale c'est le contraire de la diversité. Ces quatre géants qui concentrent 70 % du marché sont achète, Madrigal et Média Participation. Il y en a d'autres qu'on pourrait citer.

Concentrons-nous là-dessus. Média participation est contrôlé par Réy Montagne. Madrigal est contrôlé par Antoine Galimar.

Editis qui a été racheté il y a pas longtemps des mains de Boloré est désormais contrôlé par Daniel Kretinski. et achète qui est le plus important et contrôlé par Vincent Bolloré. Vincent Boloré avec le groupe achète pèse à lui tout seul enfin avec seulement achète près de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

C'est énorme. 3 milliards d'euros c'est plus que tout le cinéma. de la culture, c'est monstrueux dans les mains d'une seule personne à la fin.

Donc c'est énorme surtout pour un marché culturel, elle est norme en comparaison des autres marchés culturels aussi mais on en parle peu. En effet achète pèse pas lourd non plus à côté des gars femmes ou de LVMH s'il fallait le comparer à ça. L'imaginaire militant du coup ne s'est pas imprégné de cette lutte là et achète ce n'est pas un objet de revendication.

Pourtant, c'est une c'est une c'est une influence gigantesque parce que il s'agit de livres justement et les livres sont influents. Ils le sont de manière compliquée, ils le sont à retardement, ils le sont de manière indirecte. Achète par exemple, ce sont des dictionnaires, ce sont des manuels d'éducation.

Beaucoup éditist faisaient beaucoup de manuels d'éducation aussi, manuel scolaire. Ils sont là où on les attend pas les livres, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas nécessions. Pas tout le temps, mais ils sont structurants, tout le temps.

Ils le ils le sont même quand ils ne sont pas ou quand ils sont pelus. De la même façon qu'on a pas besoin de regarder la télé pour être concerné par ces news, on n pas besoin d'être lecteur pour être concerné par ce qui se passe dans les livres. surtout à cette échelle.

On connaît tous des cas de livres qui ont un impact surtout médiatique sans avoir été lu. La pierre récente du livre de Bardella par exemple, il y a rien dedans, on s'en fout, on en parle tous. Et c'est un exemple dans leur camp euh les aventures du livre de Guillaume Muris, c'était la même chose.

On connaît tous aussi des cas de livres qui ont un impact parce qu'ils ont été lus par un petit nombre déterminant de personnes militants, intellectuel ou milliardaires. On sait enfin qu'un livre peut en tant qu'objet de distinction symbolique influencer le corps social, déterminer les habitus culturels, surtout quand il y a plus connu. Démontrer et exposer l'influence de l'édition serait l'objet d'une communication en elle-même.

Mais croyez-moi, on connaît cette influence. Il ne s'agit aucunement d'un espace folklorique dont l'importance ne serait que locale. D'autant qu'un groupe comme celui de Vincent Boloré utilise l'édition comme un canal médiatique.

Si vous doutez de l'influence des livres sur la société, sachez que Vincent Boloré n'en doute pas. Et encore, Vincent Boloré n'est qu'un cas particulièrement visible. Merci à lui.

Il a un projet politique clair qu'il propage sans complexe via les médias qu'il contrôle. Il n'est pas une anomalie. Les 10 autres grands groupes défendent à peu près le même agenda, plus ou moins RAC, plus ou moins fachaud, mais avec la même méthode de concentration qui affecte donc la quasi totalité du livre.

Parce que qu'est-ce qu'ils font ces milliardaires avec l'édition ? Ils font du commerce et ils font de l'idéologie. L'idéologie, j'ai un petit peu dit, c'est une affaire compliquée, mais c'est une affaire certaine.

Bon, le commerce, c'est un peu la même chose. Débrouiller ce système économique très particulier demanderait un long exposé. Néanmoins, ce qu'il faut retenir ici, c'est que le commerce des livres et de l'influence idéologique pour les milliardaires, c'est très intriqué.

Débrouiller cette intrication aussi de montrer un loin exposé, mais c'est très bien renseigné. En revanche, il faut pas non plus croire que l'enjeu de l'édition est strictement économique. Ce marché tout énorme qu'il soit pour un marché culturel n'en est pas moins un marché économique mineur pour ces mastodontes de l'édition.

Parce qu'il faut bien que le livre ait de l'influence. En soit, le livre est un objet économiquement impossible. Pour aboutir à un livre, il faut des milliers d'heures de travail.

Il faut des des milliers d'heures d'hommes et de femmes, auteurs, traducteurs, éditeur, correcteur, typographe, imprimeur, façonneur, pas de petitier, diffuseur, distributeur, libraire, attaché de presse et cetera. C'est ça qu'on appelle la chaîne du livre, une longue série de métiers, d'agents, d'intervenants, tous nécessaires codépendants pour l'existence d'un livre. J'ai fait le calcul pour m'amuser que pour payer chacun de ces intervenants au SMIC sans dégager le moindre bénéfice sur un petit livre de 150 pages qu'on vendrait à 500 exemplaires, il faudrait que le livre coûte 80 €.

Or, les livres ne font pas tous 150 pages et il faut savoir que la moitié des titres qui sortent chaque année ne se vendent même pas à 500 exemplaires. Cette division des ventes d'ailleurs n'est pas une question de qualité et elle ne doit pas l'être. Comme je l'ai dit, un livre peut-être extrêmement important même s'il n'est pas ou pelu.

Il n'existe pas devant les écrits achalandés de gains littéraires colossal disait malarmé. Pourquoi trafiquer de ce qui peut-être ne se doit vendre surtout quand cela ne se vend pas ? Pourquoi vendre ce qui ne doit pas se vendre surtout quand ça ne se vend pas ?

En vérité, le système ne tient que parce que les auteurs ne sont pas payés, que le travail éditorial est souvent bénévole et que la précarité est devenue la norme dans ce secteur, dans les grands groupes aussi. Et ça prend la forme d'une violence managériale qu'on connaît tous. Moi-même, je suis un cas tout ce qu'il y a de plus normal là-dedans.

Je me suis présenté, on m'a présenté comme éditeur. J'aurais dû me présenter comme éditeur, traducteur, typographe, correcteur, imprimeur et même parfois diffuseur, distributeur et attaché de presse. Mais c'est pas tout.

Pour les éditeurs qui doivent malgré tout chercher la rentabilité pour ne serait-ce que faire tourner la maison, pas pour gagner de l'argent. Il faut produire beaucoup, il faut produire vite, il faut limiter les risques. Ça veut dire standardiser la production.

Dans le cas des livres, ça veut dire standardiser les formes, ça veut dire standardiser les idées. Ça veut dire standardiser le consommateur. Une maison qui tourne à sa façon va dans le sens de l'ordre établi.

Une maison qui cherche la rentabilité devra aussi standardiser son fonctionnement interne pour le dire vite son mode de gestion. Il lui faudra nécessairement standardiser tout ça car la fenêtre pour qu'un livre se vende est extrêmement brève. La plupart des livres qui arrivent en livrairie ont une durée de vie de quelques semaines sur les étales avant d'être envoyé et d'être détruit.

La plupart du temps, ça ne marche pas instantanément. de à 3 semaines pour un livre, c'est abominablement court. C'est tellement court que la seule chance du coup pour que le livre trouve un acheteur, c'est d'être immédiatement reconnu comme un livre achetable et du coup qui soit standardisé.

On en revient ça. Derrière, ce sont les distributeurs qui mènent la cadence. Les distributeurs, ce sont ceux, pour faire simple, qui stockent et surtout qui transportent les livres d'un endroit à l'autre jusque dans les librairies.

On comprendra bien qu'un éditeur ne peut pas faire le Tour de France avec sa camionnette à longueur de temps pour transporter lui-même les livres. Il ne peut pas non plus utiliser la poste. Il lui faut des coûts raisonnables.

Le circuit court n'a pas de sens pour un livre. Il doit être national et dans un maillage territorial complet si possible. pas uniquement réservé au beau quartier.

Stock logistique, les grands distributeurs gagnent de l'argent au moment où le livre arrive et au moment où il repart des librairies aussi, même vendu. C'est donc le flux plus que le contenu qui est devenu central sur le plan économique et donc dans tout le système de l'édition. Or, ces grands distributeurs qui ont le droit de vie et de mort sur les livres de tous les éditeurs qui sont extrêmement polluant, qui gaspille énormément, qui décide du rythme du fonctionnement de tout le monde, ces grands distributeurs dont les éditeurs indépendants aussi sont souvent clients parce qu'on a pas le choix.

Ces grands distributeurs et ben ils appartiennent au même grand groupe qui contrôlent 90 % du marché. Ce sont les mêmes du coup les mêmes que les médias. Il fallait revoir la carte précédente.

J'ai fait ce tableau très expéditif de la chaîne du livre et du système éditorial. Il faudrait pouvoir en parler longuement, expliquer tout ça, montrer en détail comment ça marche. J'ajouterai ici que ce système monstrueux n'est pas inamovible.

Les solutions sont nombreuses, on les connaît très bien. Elles viennent aussi bien des organismes qui travaillent sur la question depuis longtemps que de la société civile par exemple. Mais le rapport de force est tel, les écarts de taille là-dedans sont tells que la seule régulation possible est d'ordre législatif.

Par exemple, créer un statut d'éditeur indépendant. rétablir un tarif postal préférentiel pour les petits éditeurs. J'en existait un pour envoyer les livres à l'étranger, il est en train d'être supprimé.

Interdire la publicité pour les livres comme c'était le cas. Réguler les ventes en grande surface et sur les plateformes type Amazon. Étendre l'intermittence aux auteurs.

Assurer la continuité des revenus. plafonner les aides publiques aussi les subventions par groupe taxer la surproduction pourquoi pas nationaliser les œuvres du domaine public pour financer la création contemporaine pourrait même s'inspirer du du système du CNC qui est très intéressant là-dessus les les c'est que quelques-unes des idées elles existent déjà elles sont parfois même dans les programmes politiques quelquesunes qui sont dans les livrets cultures du de la LFI de la FI elles sont parfois revend indiqué même par le centre national du livre, par la Fédération internationale du livre et de la lecture, les grandes instances du livre. Certaines d'ailleurs sont déjà appliquées au Canada ou en Belgique, mais il faut les revendiquer, il faut les défendre politiquement et ça c'est un combe autant à la société civile qu'au formation politique.

Il est donc temps de réouvrir un débat public sur le livre, de remettre en lumière la question des conditions de production des idées et des œuvres. Comment réouvrir ce débat public ? Là, moi je suis en tête de pont pour vous parler du livre, mais il faudrait d'autres communications à ce sujet.

Tout ce que j'ai dit du système éditorial mériterait d'être développé, décrit, démontré en détail autant que les quelques solutions énumérées et toutes les autres. En vérité, j'ai qu'un seul message aujourd'hui, c'est que nous avons besoin d'une autre journée d'étude comme celle-ci dédiée à la dédiée à la question du livre, par exemple, dédié à plein d'autres questions. Il faut qu'on s'y intéresse.

Les milliardaires sont sur le coup et leur laisser le champ libre serait une catastrophe. Merci. Merci beaucoup pour cette intervention.

Du coup, on va pouvoir finir avec Marie donc qui est comédienne et doctorante à Ledesta. Donc vous faites une test sur le théâtre et les représentation des combats décoloniaux et féministes. Fondatrice du collectif Mith Théâtre, bientôt autrice avec votre premier apparaître en septembre.

Le fascisme n'a pas de genre pour un féminisme antifasciste. Euh, vous vous intéressez en particulier aux attaques et modes d'action de l'extrême droite contre le spectacle vivant ainsi qu'à la vision culturelle qu'elle développe. On aimerait bien en savoir plus.

Et ensuite, quel principe et quelle perspective pour une résistance et une reposte culturelle antifasciste ? Alors, c'est un très grand programme qu'on me demande d'avoir maintenant, mais euh juste avant de partir du constat là qu'on est face à l'extrême droite, tous et toutes dans nos secteurs professionnels, euh j'aimerais un peu réhistoriciser la question. C'est-à-dire que là, ça nous saute un peu à la gueule, j'allais dire, cette question là de l'extrême droite, mais en fait, j'aime beaucoup le terme d'extrême droitisation parce que euh selon mes recherches et je pense que beaucoup de personnes seront d'accord ici avec ça, euh c'est qu'en fait ça a commencé déjà dès 2019, entre 2019 et 2021 parce que j'estime selon comment dire, les attaques qui a pu avoir contre des spectacles, contre des concerts par que ce soit par des catholiques intégristes ou par des groupesuscules identitaires.

C'est à partir de 2023 qu'on a vraiment une hausse. Mais en fait, ça a commencé dès 2019 et ça s'est inscrit en 2021 de façon beaucoup plus rude euh déjà par la question de la recherche scientifique avant d'arriver dans le secteur artistique. C'était quand on a accusé en fait l'université d'être l'endroit où on était grandiné pardon l'histogo gauchisme.

Donc en fait il a commencé à avoir une forme de défiance. En plus moi je suis en étude décolonial donc comment vous dire que j'étais vraiment je j'armais le terrorisme selon le Figaro. C'est voilà c'est comme ça qu'on nous perçoit en fait.

Et en fait euh cette cette questionlà de la recherche euh s'est ouverte sur la question artistique. C'est pour ça que moi je suis attachée quand même au terme de culture contrairement à beaucoup de personnes ici parce que ça j'ai l'impression que ça regroupe en fait pas mal de formations et que surtout vous voyez bien que les coups budgétaires qu'il y a dans la dans le domaine artistique sont aussi à l'université. Donc je pense que les raisons sont un peu les mêmes.

Mais du coup euh sur ces attaques-là en islamo gauchisme, je n'oublie pas en fait les attaques qu'il y a pu avoir euh contre les mouvements progressistes et antiracistes dans la culture. Je pense à décoloniser les arts. Je pense à aux associations en fait qui se sont mobilisées pendant l'affaire des suppliantes d'échil ou l'affaire Canata où on n jamais eu autant de de d'artistes dans le spectacle vivant qui ont qui se sont mobilisés et en fait on s'est mobilisé dans nos secteurs pour défendre des black face et de l'appropriation culturelle et ça a été le gros pic en fait de de tribune contre tribune et cetera Et en fait, tout cela a été aidé par euh une vision euh universaliste de la France et par le printemps républicain qui en fait préparait le terrain depuis des années.

Donc là, on par on parle aujourd'hui de l'extrême droite, mais le terrain a vraiment été préparé par les macronistes et euh une certaine partie de la gauche qui aujourd'hui on voit bien qu'ils ne sont plus de gauche, mais se disait encore de de gauche à l'époque. Euh et donc tout cela a été aussi aidé par la création d'observatoires comme l'observatoire du décolonialisme et cetera. Et en fait en 2023, on a commencé à nous parler de wokisme et c'était la grande la grande passion des médias réactionnaires boloréens et des attaques contre et l'université et la culture.

Et aujourd'hui, avec le rapport qui est sorti aujourd'hui, je me disais en préparant en fait cette intervention qu'on allait bientôt nous parler d'entrisme ou de frérisme dans les arts. En fait, je me disais ça mais en fait c'est déjà le cas parce que Merwan Ben Lazar a été écarté parce que Mine est écarté aussi et donc en fait on voit que tout le processus en fait là qui est en train d'être mis en place on le voit arriver et je viendrai tout à l'heure mais où sommes-nous ? Où sommes-nous pour défendre Médine ?

Où sommes-nous pour défendre Merwan Ben Lazar ? Où sommes-nous pour défendre les personnes qui sont attaquées par l'extrême droite ? Et en fait cette porte ouverte là va nous sauter à la gueule de tous et toutes.

Ça commence par ces personnesl où on se dit "Bon, c'est un peu sulfureux aujourd'hui d'aller défendre des rappeurs, des humoristes et cetera parce qu'on est dans le spectacle vivant, parce qu'on est dans les arts plastiques et cetera." Non, en fait, on doit faire front, on doit faire barrage collectivement vraiment. Et donc il y a plusieurs spectacles qui ont été attaqués et ça on l'a vu déjà depuis plusieurs années avec Kiwiitas qui avait attaqué en 2023 un spectacle qui s'appelait fille ou garçon où ils avaient coupé l'électricité dans la salle où ce spectacle jouait.

Il y a une compagnie lyonnaise qui a été qui s'est vu ses subventions être retirées après un tweet du maire les Républicains Pierre Olivier. Et en fait, il y a une il y a plusieurs façons de l'extrême droite d'attaquer euh le le spectacle vivant. Et je sente sur cette question parce que c'est plus ma spécialité.

Euh il y a le fait d'attaquer physiquement en fait des petites compagnies parce que c'est des compagnies qui ne sont pas protégées par la police et qui ne peuvent pas se défendre ou alors l'attaque sur les réseaux sociaux. Et l'attaque sur les réseaux sociaux, elle s'est faite euh euh récemment de manière absolument abjecte sur deux spectacles qui sont carte noire nommé désir qui jouait au festival d'Avignon en 2023. Donc où Rebecca Chaillon et son équipe après avoir été attaqué dans leur salle de spectacle en fait ont été attaqués par Zemour.

C'est la seule fois où Zemour a tweeté sur du spectacle vivant. C'était pour s'attaquer à euh une de mes collègues euh Rebecca parce que en fait on a utilisé leurs images leurs images de de comment dire de leur spectacle pour les accuser de vouloir faire un génocide antiblanc. Et donc non mais en fait c'est très grave, on en rigole comme ça mais en fait c'est très très grave parce que suite à ça, il y a une comédienne qui a été tellement attaqué qu'en fait elle ne peut plus jouer.

Il y a eu une campagne d'affichage à Avignon du coup qui s'est faite juste après le que le festival soit terminé avec 200 affiches qui ont été collées par reconquête et d'autres groupuscules identitaires. Euh en fait c'est très grave ce qui se passe quand on parle des attaques sur la culture. C'est très grave.

Euh je je pense aussi aux drag queen qui sont attaqués tout le temps et qui sont attaqués pendant qu'elles font euh des lectures devant des enfants. Donc imaginez des groupuscules identitaires extrêmement violents qui viennent devant des enfants pour attaquer des drag queen. Vous vous voyez en fait où on en est et je pense aussi à l'attaque qui a été faite par les natifs à la basilique de Saint-ennie parce que en fait il y avait donc une une exposition photographique, j'ai oublié le nom de la photographe et je suis absolument désolée, mais en fait qui ont recouvert le tout filmé par frontières et cetera, donc les groupuscules fascistes habituels parce que certaines femmes étaient voilées.

Et donc en fait là, on essaie de de de faire peur et en fait je ne vois pas de défense collective. Je je n'ai pas vu de syndicat expliquer ce qui se passait à la basilique de Saint-Denis. Et en fait, c'est grave.

Euh et je au début, je voulais pas trop, pardon, je m'énerve un peu mais en fait, je voulais aussi pas parler de trop de de mon cas, mais moi je suis cyberharcelée par l'extrême droite déjà depuis un moment. J'ai de la sécurité quand je joue. Rebecca a de la sécurité quand elle joue.

Et donc en fait, est-ce qu'on doit attendre qu'il y ait l'une d'entre nous euh qui soit attaqué physiquement pour qu'on réagisse ? Et en plus, vous pensez bien que de avoir de la sécurité privée, ça coûte un peu d'argent. Et donc c'est pas les les subventions avec toutes ces subventions là qu'on va les avoir.

Et c'est hors de question de faire un un appel au don pour gérer par exemple ma propre sécurité. Je pense que ce n'est à personne d'entre vous de faire des dons pour me protéger. Mais en tout cas, tout ça existe euh et tout ça est vraiment euh révélateur.

Euh je pense aussi à un deuxième spectacle que normalement on a tous et toutes vu qui est la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques où euh les attaques en fait sur ce spectacle euh ont été d'une violence inouie avec des attaques en christianophobie, en haine antifrance parce que c'est toujours un peu les mêmes choses qui reviennent, c'est-à-dire de l'anttifrance, de la dégénérescence et cetera. Euh c'est pour ça que euh en fait dans un travail de recherche que j'ai pu faire euh au début je m'intéressais à la réception dans de la cérémonie d'ouverture par la droite et l'extrême droite en me disant que il y avait des références un peu fascistes dans leur tweet et donc j'ai découvert la formidable exposition l'art dégénéré qui se joue au musé enfin qui se joue ouh là je suis vraiment dans mon théâtre qui est exposé en ce moment au musée Picasso et en fait en en lisant le catalogue d'exposition, euh on a des termes nazis qui sont utilisés aujourd'hui par l'extrême droite pour parler de spectacle vivant avec l'art dégénéré et cetera. Donc il faut qu'on fasse absolument attention parce que ça peut aller très vite.

Mais euh je sais pas s'il me reste beaucoup de Je fais au plus vite mais bon j'aimerais quand pardon il y a certaines choses dont j'aimerais bien parler quand même. Bon, très rapidement sur la question de l'extrême droite, est-ce que eux veulent faire au niveau culturel ? Vous savez que c'est sur le patrimoine, je vous apprends rien.

Sur la valorisation du beau et la valorisation du beau, c'est certains corps, en fait, on enlève les corps non normés et cetera. Zemour a parlé très clairement de vouloir faire un un ministère des beauxarts plutôt que de la culture parce que justement sur cette question de la valorisation du beau du classique qui se crée en fait en opposition au bquisme et à l'art dégénéré que serait l'art contemporain et avec la revalorisation identitaire aussi par des tentatives de film et de comédie musicale. Je pense notamment à Papaito qui voulait faire un film avec Taï Descuffon.

Donc vraiment des groupuscules radicaux qui ont compris que la culture en fait pouvait être investie euh de cette de cette manière. Euh et donc ce que j'aimerais dire aussi ici et ça m'a un peu frappé quand euh Raphaël tu as parlé de la dissolution et que j'ai vu qu'il y avait une petite incompréhension euh par rapport à certaines personnes ici, j'ai l'impression euh dans notre secteur culturel qu'il y a un désengagement et un désintérêt pour les luttes antifascistes de terrain parce que je pense notamment à Gino qui était enfermé à Paris et qui devait être extraé vers la Hongrie, on était 30 en rassemblement à chaque fois. Je n'ai vu personne du milieu culturel là-bas.

Personne. Je pense à du coup à la dissolution de la jeune garde parce que c'est ça de ça dont il était question. Donc euh là pareil, je ne vois pas vraiment le secteur culturel s'engager et je crois que ce serait une belle chose qu'on le fasse parce que dissoudre l'antifascisme euh aujourd'hui au vu de la société dans laquelle on est, c'est extrêmement dangereux et en fait on a notre place aussi là-dedans.

Le désengagement politique dans lequel on est, c'est le désengagement politique que veulent l'extrême droite. quand il s'attaque au wisme, en fait, il s'intéresse au désengagement social et politiques que l'on peut avoir. Et donc l'autre chose que j'aimerais dire par rapport à cette question du désengagement, c'est sur la question de la getté lyrique et par l'occupation du coup par 460 mineurs isolés, lutte dans laquelle j'ai beaucoup été ou maintenant je fais partie du du comité de soutien en fait des des mineurs isolés qui ont occupé la guté lyrique.

Aujourd'hui, il y a 25 OQTF qui ont été donnés suite à l'expulsion de la guetté lyrique. Donc, vous savez très bien, au vu de ce gouvernement, au vu de Retaillo, que les premières personnes qui vont être attaquées par l'extrême droite, c'est pas nous, c'est les personnes immigrées, c'est les personnes musulmanes et donc des mineurs qui aujourd'hui n'ont pas le droit d'avoir d'QTF parce que c'est réservé aux majeurs et là bizarrement la police a falsifié des documents d'identité. Tous ils étaient nés le 18 mars, c'est-à-dire le jour des l'exibion de la guet lyrique.

Euh moi, j'avoue qu'en fait, je suis un peu dépassé d'avoir vu frontière, reconquête, valeur actuelle, d'avoir vu les natifs, d'avoir vu Némésis euh que j'ai vu de mes yeux et qu'on a viré à plein de moments quand il venait pour essayer d'avoir des images de violence pour que la préfecture de police expulse la guetté lyérique. J'avoue quand j'entendais Sarah Knafo dire que la mairie de Paris se fichait de sa ville et de sa culture, en fait on nous a utilisé. On nous a utilisé pour convenir à un engenda raciste.

Il y a eu des expulsions qui ont été faites. Là actuellement, il y a des mineurs isolés qui dorment dans la rue parce qu'on a pas réussi à se mobiliser, parce qu'on a pas réussi à faire pression sur la mairie de Paris. Et en fait euh ça me j'ai une colère en ce moment et je suis désolée de de le dire comme ça.

Moi ça m'a vraiment changé mon rapport à l'engagement dans la culture de qu'on ait laissé faire ça. Euh il y a il y a vraiment quelque chose qui s'est qui s'est brisé en main en me disant 460 mineurs à isolés à loger dans Paris, c'était gagnable et nous ne l'avons pas fait. et aujourd'hui reconquête ce gargarise en disant que c'est leur lutte euh qu'ils ont gagné et tout ça pour la préservation du patrimoine et de la culture pour que nous puissions faire des concerts et des conférences à la Get Lyrique.

Et donc je vais quand même aller sur quelque chose d'un peu plus d'un peu plus joyeux, c'est-à-dire comment en fait on peut on peut reposter, c'est-à-dire refuser systématiquement les cérémonies d'extrême droite qui ont lieu dans les théâtres municipaux et il y a pas mal de de personnes qui se mobilisent par rapport à ça et c'est vraiment bien et beau de refuser que Sterrain et d'autres utilisent les théâtres pour faire leur cérémonie. Euh il y a la question du soin et du soutien aussi qui est euh pour moi euh très importante. C'est-àdire comme pour la question en fait des violences sexuelles, il faut qu'on souten tous les artistes qui sont menacés par l'extrême droite.

Après, j'ai envie de vous dire aussi tous les militants et toutes les personnes qui sont en première ligne. Je pense aujourd'hui euh bah du coup à Urgence Palestine, à la jeune garde et aussi au mineur isolés qui ont eu les 25 OQTF. Euh il faut vraiment qu'on arrive dans le secteur culturel à militer pour les autres aussi.

Et en fait ces renforcement là ne peuvent que nous aider. Et la convergence des luttes, j'y crois absolument. Euh du coup, c'est aussi donc un réinvestissement des endroits de de lutte de terrain.

Et donc la bataille culturelle, elle peut pas se faire simplement des fois dans des représentations artistiques, même si je suis d'accord que c'est essentiel de changer les imaginaires et pas non plus que dans des signatures de tribune et pas seulement aussi en période électorale. La lutte contre le fascisme c'est tous les jours. Si aujourd'hui ils sont aussi forts dans les municipalités, s'ils sont aussi forts en fait à l'Assemblée nationale ou ailleurs, c'est parce qu'on a pas réussi à se battre suffisamment les uns avec les autres.

Et on voit en fait aujourd'hui les conséquences financières sur sur nos secteurs et et voilà apporter une contradiction politique claire dès que des artistes des coloniaux sont attaqués pour ce qu'ils sont ou ce qu'ils disent. Euh soutenir aussi les les artistes féministes qui sont attaqués pareil de la même manière et les artistes LGBT, j'allais y venir aussi. Voilà.

Merci. Merci beaucoup. J'ai je prends la main sur la l'animation juste voilà, j'ai le très mauvais rôle mais il se trouve que là la salle on doit la rendre à 20h.

Il faut que tout le monde reparte à 20h. C'est rare qu'on soit autant charrette. Enfin là vraiment voilà la fin du colloque coïncide avec le moment où on doit quitter la salle.

Donc on va faire les interventions la salle. Essayez vraiment du coup de d'être très bref et ce que les intervenants m'autorisent à ce que potentiel enfin on va voir en fonction du timing. Je suis pas sûr qu'on arrive à faire un retour de votre part malheureusement.

Alors peut-être vraiment hyper rapide parce que j'aimerais quand même avoir deux mots de conclusion pour vous dire ce que je retire de la journée et aussi les perspectives parce qu'il y a eu des demandes qui est d'autres journées d'autres voilà au moins les les pistes de travail que je me voilà juste ça je m'autorise quand même de pouvoir faire une petite conclusion du colloque. Voilà. Euh bonjour, bonsoir.

Alors moi je suis Cécile Marc, je viens de de l'héros. Je suis là pour représenter le le MU qui est le mouvement unitaire de l'héros qui regroupe la CGT spectacle, le Sinaville, le SaintAC, Sudculture et la CP LR. Voilà.

Alors, on parle beaucoup de d'extrême droitisation de de voilà, on vient de parler de d'extrême droitisation et euh euh nous en fait euh ce que ce qui a pas été dit avant, c'est que dans les ronds en fait c'est une un conseil départemental à majorité de gauche, c'est-à-dire socialiste, écologiste et communiste. président socialiste qui nous a d'abord annoncé 100 % en moins sur le la part non obligatoire de la du budget de la culture. Finalement 16 % qui ont été votés mais en fait d'après nos calculs ça correspond finalement au 50 % à 50 % en moins sur les budgets prévisionnels.

Dans une région où l'extrême droite est en train de faire une très très forte montée. les résultats des dernières législatives. Trois députés RN dans l'héros sur 9, quatre députés RN sur 6 dans le gare, trois députés RN sur 3 dans l'ODE.

Donc voilà. Donc il va on a essayé d'interpeller à ce moment-là euh les députés socialistes, le Parti socialiste, mais euh ça a été l'être morte. Enfin voilà, le la seule chose qu'on nous a proposé c'est de voir avec comme avec les métropoles parce que elles allaient pas lié au manque de subvention ou baisse de subvention.

Voilà. Donc il va falloir aussi enfin voilà il y a il y a il y a il y a il y a aussi à gauche finalement une extrême droitisation en train de se faire. [Applaudissements] Euh oui, bonjour, je suis Sébastien Noussel, je suis directeur de de Zon Franche, le réseau des musiques du monde.

Euh ben pour parler de lutte contre l'extrême droite ou comme contre les idées de renfermement identitaire ou autre, surtout à une époque où on a un ministre de l'intérieur qui nous dit que le multiculturalisme en France n'est pas une richesse. Je pense que il est important un peu de parler de diversité culturelle et de droit culturel pour la France et que lorsqu'on parle de diversité culturelle, c'est aussi la diversité de voir la diversité des autres cultures. Et forcément un réseau comme Zone Frentill sur les musiques du monde s'intéresse à cette question là.

On a pas mal parlé de politique culturelle cet après-midi et j'aimerais aborder un sujet qui est la géopolitique culturelle parce que pour avoir de la diversité culturelle, c'est-à-dire diverses cultures face au public des artistes qui viennent de partout euh mais il faut qu'ils puissent venir et pour pouvoir venir il faut qu'ils aient des visas et la politique des visas en France se durcit de plus en plus. Il n'y a pas de discrimination positive si je ce terme que j'aime pas beaucoup. euh vis-à-vis des artistes hein, lorsqu'ils doivent venir jouer en France et qui doivent avoir un visa, ce qui est pas le cas de Tour Swift, on n pas besoin de d'avoir de visa pour venir jouer en France.

Par contre, des artistes maliens, burkinabé et cetera, eux, ils ont besoin de visa pour venir jouer en France. Et bien euh le problème, c'est que ça devient de plus en plus compliqué. C'est un mouvement qui a démarré dans les années 80-90, hein, le fait de devenir de plus en plus compliqué qui fait qu'en 2009, Zone Franche a créé un dispositif qui s'appelle le comité visa artiste euh qui vise à résoudre au maximum les situations de refus de visa ou les dossiers qui traînent sans pouvoir avoir de rendez-vous de manière un peu un peu incompréhensible.

Euh ce dispositif nous permet, nous sollicite le réseau, c'est ouvert à tout le monde, musique, théâtre, danse, même si nous on est un réseau de musique du monde, on est un réseau qui est assez engagé à plein d'endroits. Donc n'importe qui peut nous solliciter et on tâche de résoudre les problématiques de visa. Euh transformer le nom en oui ou accélérer les procédures et cetera pour que les artistes puissent venir.

Donc ça a démarré en 2009. Ce dispositif fonctionnait plutôt pas mal. à 70 % de taux de résolution sur les refus de visa pour les artistes étrangers.

Euh aujourd'hui, on chute à 50 % et avec des situations qui sont absolument lamentables. Par exemple, aujourd'hui, un artiste du Niger qui veut venir en France doit déposer son dossier de visa non pas à Niamé mais à Lomé qui est la capitale du Togo. Donc voilà, il doit traverser deux frontières, faire 1200 km.

Il y a pas d'autoroute directe hein avec ou péage. Donc cette situation là, elle veut dire quelque chose de du rapport de la France au monde vis-à-vis de la culture. C'estd que cette ouverture que pouvait avoir la France sur les autres cultures et qui ont fait que notamment dans le secteur dont je parle, les musiques du monde dans les années 80 90 un secteur qui était assez internationalement reconnu dans la qualité des productions des programmations des des opérateurs français sur ce type d'artiste là.

Aujourd'hui, ça devient quelque chose d'extrêmement compliqué. Or nous en zone franche on pense que si la diversité culturelle est la première victime des montées d'extrême droite, ça peut être aussi la meilleure arme ou en tout cas une arme importante pour lutter contre contre ben contre ces renfermements identitaires de tous ordres. Ça concerne les artistes étrangers mais ça aussi ça concerne aussi les artistes français.

Je vais faire un petit flashback en arrière. Dans les années 80 90, on voyait régulièrement sur nos écrans TV des rachida, des chevraled 1 2 3 soleil, tout le monde se souvient de ça, desfundour. C'était un peu la belle époque des musiques du monde.

Aujourd'hui, qui voit ça sur les chaînes de télé ? La diversité culturelle et en l'occurrence musicale pour celle dont je parle, elle est désormais invisible, invisibilisée. Or ça c'est la France parce que retillo le veuille ou non, la France elle est multiculturelle.

La France, elle est issue de choses très douloureuses du passé, notamment le colonialisme et cetera, qui fait que aujourd'hui en France, il y a une multitude de cultures. Rien que Saint-Denis, c'est plus de 130 langues parlées à Saint-Denisier. En France, il y a 5 millions de locuteurs arabes qui habitent en France.

Combien de fois tentons chanter arabe dans des émissions télé et cetera ? Donc ça c'est aussi un angle un peu essentiel à avoir, c'est la notion de diversité des cultures parce que diversité culturelle, on parle souvent d'avoir différentes formes et cetera, mais la diversité des cultures, c'est-à-dire que ça devient aussi un outil de mise en œuvre des droits culturels pour les personnes qui vivent en France et qui viennent issu de la diaspora, de l'immigration ou autres, qui ont le droit d'avoir accès à leur culture ou d'exprimer leur propre culture sur la scène. Et c'est aussi un endroit où on peut faire venir les autres et pas que les Anglo-Saxons qui eux n'ont pas besoin de visa pour venir jouer en France faire venir d'autres artistes étrangers.

Voilà. Merci. [Applaudissements] Bonjour à tous et à toutes.

Merci de m'avoir proposé de faire ce témoignage. Je vais faire très court. Euh essayer de tourner peut-être juste la tête vers l'est.

Moi, je viens de la Meuse. Euh, territoire rural, 135000 habitants, deux députés RN sur de euh une densité de 10 habitants kilomè carr et moi, j'ai travaillé pendant 11 ans euh dans une ancienne friche industrielle dans ce qu'on appelle maintenant à tierslieu avec des activités culturelles, économiques, de formation, touristique et cetera. On a lutté, on va dire, pendant 11 ans face à la communauté de commune propriétaire du site.

Euh mais en 2024, ils nous ont mis dehors. La communauté de commune, il y a pas d'étiquette politique, hein. Donc on parle surtout pas politique, il y a pas de parti mais on sait très bien où est où sont les bords.

Pour ajouter à ça, on est sur à 10 km du site de Bur, projet CGO d'enfouissement des déchets nucléaires. dès qu'on s'exprime là-dessus, on est écoterroriste et cetera. Donc euh mon association écuré Paul d'avenir et moi-même représentions vraiment euh euh voilà une ultra gauche ou des dangereux personnes.

Et donc pour finir, pour être sur les les reposts, moi je vois trois choses possibles. Euh le fait de toujours aller vers l'autre, on a essayé d'être un lieu où justement on pouvait aller à la rencontre de l'autre alors que l'extrême droite nous présente le mythe d'un vrai français qui n'existe pas. mais voilà à vraiment rencontrer l'autre par la culture et par l'art.

Euh deuxième possibilité euh ne pas rester que dans la culture, faire en sorte que la culture elle soit partout avec l'économie, avec le tourisme, avec la formation, avec l'éducation et cetera pour pas rester entre soi et pour ouvrir, diffuser à tous. Et dernier axe, le collectif, le collectif, le collectif. Merci. [Applaudissements] [Musique] Merci beaucoup de me donner la parole.

Je suis Hélè Bertudzi, je suis choréraphe mais aussi anthropologue et mon terrain de recherche c'est le patrimoine immatériel à Mayotte. Et je voulais juste intervenir pour pour vous dire que tous les témoignages que j'ai écouté aujourd'hui euh me donne l'impression que euh ça ça s'est déjà passé dans les années précédents dans les domes. On n'y fait pas forcément beaucoup d'attention mais en fait les problèmes de l'école d'art remontent à presque une dizaine d'années à la réunion et des baisses vertigineuses ont été faites dans des théâtres qu'ils ont dû carrément annuler leur leur programmation déjà il y a plusieurs années à Mayotte. les les rares artistes locaux non sont ne sont plus subventionnés depuis très longtemps et les interventions justement de la préfecture, c'est pour privilégier surtout des associations qui font de l'animation plutôt que plutôt que de l'art.

Donc ça c'est vraiment un problème et il faut savoir que le statut d'intermittence ça n'existe pas. Donc euh ce qui engendre encore plus des problèmes de de survie de de ces artiste et euh je pense vraiment que il faut regarder ce qui se passe là-bas comme des espèces de si on veut faire une réposte disons préventive de voir ce qui se passe dans les dans les domes pour voir ce ce qui après ça se prépare pour la métropole. Juste, je me permets d'intervenir parce que je dois juste quitter la salle.

Euh, je suis désolé. Voilà, je je suis attendu au République. Merci beaucoup à Sarin, à Sarah pardon et son équipe pour avoir organisé ce coloc.

Merci aux interventions en vrai, j'ai appris plein de trucs voilà parce que dans ma tête la culture c'est l'art vivant alors que c'est pas que ça. Ça doit être le festival d'Avignon aussi qui doit jouer un petit peu. En tout cas merci beaucoup et c'était une très bonne initiative et encore merci à Sarah et son équipe pour l'organisation du cololloque.

Merci à tout le monde. Merci à toi et rendez-vous en Avignon hein. On poursuit le travail et on est sur la dernière intervention.

Avant-dernière pardon. Bonsoir. Euh moi je suis Gamsori, je représente quasiment que moi.

Euh mais c'est une prise de parole je pense qui est un peu importante. Euh on parle beaucoup de ripost culturel mais si c'était une réalité, est-ce qu'on aurait encore des publics aussi homogènes, des programmations aussi peu représentatives et des prises de parole aussi peu diversifiées ? Est-ce qu'on aurait autant de jeunes de familles populaires, de jeunes racisés qui diraient "La culture c'est pas pour moi La réalité c'est que la culture reste ené enfermée dans un entre blanc dans un entre soi pardon confortable souvent blanc souvent bourgeois souvent parisien.

Merci à madame Sarah Lin d'avoir invité des personnes d'un peu tout le territoire. Déjà ça change un petit peu parce qu'en fait quand on exclut certaines voies, on permet à d'autres bien plus dangereuses de remplir le vide. L'extrême droite, comme vous le disiez madame Marie Coquille Chambon, elle a pas ce complexe, elle est elle fabrique des récits et elle occupe l'espace symbolique.

Euh la ripose culturelle restera un mythe tant qu'elle ne s'attaque pas aux logiques d'entre soi dans les lieux, dans les programmations, dans les équipes. La diversité reste l'exception plutôt que la règle. On a beaucoup confondu la démocratisation culturelle avec la diffusion descendante.

On pense encore qu'il suffit d'ouvrir les portes des théâtres ou des bibliothèques pour que chacun s'y sente chez soi ou de mettre du hip hop ou du crump à l'opéra. Mélanger aujourd'hui, c'est l'émancipation par l'enjeu aujourd'hui c'est l'émancipation par la coconstruction culturelle. Faire en sorte que les territoires, les quartiers, les marges puissent eux aussi produire, monter, dire.

Permettez-nous d'aimer un mot. Juste un mot. On n'est pas des enfants à qui il faut cacher des légumes dans la béchamelle pour qu'on puisse aller pour qu'on puisse le manger.

Vraiment, je vous assure, on peut aimer un mot. On parle de démocratisation culturelle et de ripost culturel, mais quelle démocratie peut se dire accompli quand seuls certains corps, certaines voix, certaines histoires ont droit de citer ? L'entreo culturel, c'est pas juste un détail de programmation, c'est un verou politique.

Ce verou, l'extrême droite s'incert pour légitimer son discours de rejet, de peur et d'identité figée. Alors oui, il faut une riposte culturelle, mais une riost de la place, qui arrête de parler à la place, qui écoute, qui finance et qui transmet. Une ripost qui comprend que la culture n'est pas un luxe ni un supplément d'âme, c'est un champ de bataille.

Et aujourd'hui, si aujourd'hui on ne change pas radicalement les règles, on va finir par le perdre. Voilà, maintenant vous pouvez applaudir. [Applaudissements] Bonjour, je suis Marion Larry de l'association de ADOC, l'association des cinéas documentaristes qui appartient aussi euh à la boucle documentaire qui est une fédération de euh 16 associations, trois nationales, donc la SRF, la SIDE et ADOC et 13 associations en région.

Donc euh nous sommes des documentaristes partout en France et on s'est mobilisé sur la question de la liberté de création et de l'ingérence des élus depuis plusieurs années parce qu'on a eu beaucoup de remontées de collègues en région ou à Paris, enfin surtout en région d'ailleurs qui nous alertaient sur le fait que des demandes de subvention étaient rejetées à cause de la thématique des films proposés et par rapport à ça et pour aller dans le sens de la riposte et pour lutter contre l'autocensure et contre le justement cette pression des élus d'extrême droite, on a lancé un questionnaire pour essayer de recenser justement tous les cas de censures pour aussi bien faire un essayer de monter un fond pour pouvoir aller au tribunal administratif et pour se mobiliser et lutter contre ces ce qui est inacceptable que nos films soient rejetés à cause de des thématiques qu'ils abordent. Merci. Donc juste deux propositions qu'on propose à tous les champs culturels parce que pour l'extrême droite voilà le sujet est majeur, il faut que ça le devienne pour nous aussi.

Les propositions, c'est de mettre en place des formations spécifiques pour les administrations partout intérieur, justice, éducation nationale. Ça c'est un levier important de concerner les gens qui travaillent dans les administrations plutôt que leur éd politique et la création d'une instance de médiation indépendante peut-être en lien avec la défenseur des droits et euh et bah la nouvelle euh au fonctionnaire pour la liberté de création parce que voilà, il nous semble que vraiment alors je vais finir par une citation que je trouve vraiment adaptée et qui est Donc comment ? Ouais, une ligne, c'est une citation d'Andrégid et qui dit "L'art né de contrainte, vit de lutte et mort et meurt de liberté." Donc nous, on n pas envie de mourir.

Je pense que il faut qu'on revitalise l'art et la culture. Et effectivement peut-être que tous ensemble à partir de ce livre blanc d'aujourd'hui repenser, revitaliser une politique publique pour les arts et la culture. Merci.

Merci beaucoup. Bon, c'est très difficile de conclure en si peu de temps. Première des choses, pour ne pas oublier de le dire, d'abord évidemment un immense merci à à toutes et tous.

Vous dire que ça a été quand même suivi à la fois par vous, mais aussi par des députés dont les cabinets sont passés au fur et à mesure. Donc, un certain nombre de députés de la de la France insoumise qui sont soit passés, qui ont envoyé leurs députés. Je dois quand même mentionner aussi qu'il y avait le cabinet pendant un moment de Fatia Kachi qui est la présidente de la commission des affaires culturelles euh qui pouvait pas être là aujourd'hui et euh Sophie Taypolian qui est passé en personne et qui est de le groupe écologiste pour que je sois transparente sur voilà quand même l'intérêt que qu'il aura eu.

Euh deuxème point euh je pense que là on a comme tu disais tous ensemble déjà les intervenants. On va tous se mettre en lien pour que tous ces intervenants puissent aussi se se nourrir. Et je propose, je ne peux pas évidemment distribuer le fichier des personnes inscrites, mais en fait toute personne, y compris les personnes qui sont intervenues la salle, si on me dit bah telle personne, j'ai trouvé son intervention intéressante et si vous n'avez pas d'objection, je mettrai en lien.

Il faut que ce soit cette ce moment un moment de mise en lien et également d'ailleurs de mise en ligne. C'est ce qu'il fallait que je dise parce que on nous pose la question de si c'est capté, si c'est alors là le compte-rendu, je crois que l'équipe était suffisamment mobilisée pour ne pas pouvoir prendre un verb à team. Moi, j'ai pris plein de notes, mais surtout on l'a on l'a fait une captation.

On va sans doute la mettre sur ma page YouTube. Ce sera pas hyper joli. On n'est pas des vidéastes mais en tout cas ce sera là et surtout on essaiera après d'en prendre un peu des actes et surtout de retenir qui est intervenu sur quoi.

Pourquoi ? Parce que moi là maintenant je me suis fait une liste de chantiers. J'en avais déjà une en arrivant, je vous l'ai dit dans mon introduction mais là ça voilà.

Euh je je commence par euh euh je commence par ce que j'ai évoqué aussi en introduction, mais dont je sur quoi vraiment je veux réinsister parce que cette interpellation de la salle était absolument euh centrale. Euh on peut pas faire l'économie. Alors surtout quand on parle de lutte contre l'extrême droite et et euh et l'antifascisme, pas les on peut pas faire l'économie de la question de l'antiracisme dans la culture et la question euh voilà de la révolution que la culture doit faire en son sein et bon plus largement quand on parle des dynamiques d'entre soi et je crois qu'on est en ter on peut être en terrain safe pour le faire.

C'est-àdire qu'on ne on n'acceptera aucune leçon de tous ces gens-là en qui utilisent la notion d'entre soi, la notion de culture populaire, les territoires ruraux, les quartiers populaires et cetera pour en réalité nous vendre une culture populaire qui serait marchande, qui serait effectivement inculte, euh qui serait bon et qui évidemment sert leurs intérêts. Donc nous, on leur laissera pas un poil de terrain, mais entre nous, on doit pouvoir s'adresser ces questions-là, on doit pouvoir se les poser. Et enfin, je dis entre nous parce que je je m'identifie à vous.

Mais en tout cas, moi comme politique, j'ai envie de d'assumer. Je fais un travail sur le sujet sur la question de la diversité de la scène artistique qui est une très mauvaise façon d'exprimer les choses parce que je pense qu'il faut dire poser le sujet de la blanchité de la scène artistique, hein. Voilà.

Et en tout cas dans ses représentations officielles, dans son officialité et du coup ça touche à plein de questions aussi des cultures dominantes, des cultures dites populaires et cetera. Mais c'est un travail que je veux faire au long cours et c'est pour ça que dans cette Tagler ronde, bon malheureusement en plus j'ai eu des des des refus. Enfin par exemple, je voulais que je voulais que Rebecca Chaillon vienne parler en personne de ce qui lui était arrivé.

J'aurais voulu aussi enfin on pouvait aussi avoir voilà des artistes. Bon on a Marie Coquel qui a parlé aussi de la façon dont elle était ciblée mais il y a des artistes qui sont ciblés ciblés pour ce qu'elles sont pour ce qu'il est elles sont et je trouve que c'est essentiel de développer ce terrainl. Donc je le dis, on a eu aussi il y a Nadh Busondi qui est venu récemment à l'Assemblée nationale dans un colloque où il y a eu justement sur les sur la question des violences sexuelles et où il y a eu ce ce sujet d'incompréhension sur les violences racistes.

Donc moi je lui ai dit il faut qu'on fasse ce travail là et un peu vol enfin comment dire je savais que ça ça mérite mieux que juste un bout de table ronde aujourd'hui. Donc c'est un travail en cours. Un autre chose qui a été mis en avant et que que j'avais que j'avais pas assez dans le viseur c'est la dimension internationale ce qui a été appelé la géopolitique culturelle.

Oui, c'est central parce que quand on parle de l'antifascisme et ben on a à faire là à une internationale fasciste qui s'incarne dans des noms précis hein. Netaniaou, oui, faut le dire. Trump euh évidemment M mais aussi euh merde, merde, j'arrive plus Italie.

Urban Italie là, Mélonie. Voilà, merci. Bon, je fatigue mais et en fait il faut qu'on arrive à construire ça.

J'avais d'ailleurs, je voulais inviter euh j'avais proposé, bon je vais pas dire des noms parce que c'est des gens qui ont pas pu être là. Donc je prépare pas voilà mais j'ai essayé que voilà mais ça je pense qu'il faut qu'on le travaille aussi euh parce que ça s'articule aussi à la question antiraciste à la question des coloniales et évidemment je veux avoir un mot sur aussi la question de Gaza et en fait de dire que c'est pas seulement qu'il faut qu'on travaille des solidarités internationales aussi mais il faut que le monde de la culture puisse se mobiliser un peu comme dans la foulée de ce que tu as dit Marie se mobiliser quand la culture est instrumentalisée à des fins de y compris de légitimation du du génocide et je pense enfin là c'est pas possible de pas mentionner ne serait-ce que en un mot Eurovision euh là aujourd'hui avec tout ce qui vient par là, ce que ce que ça signifie en fait des événements des la des événements culturel qui sont en fait hackés pour enfin ou qui sont voilà utilisés à des fins de de légitimation de de de projets politiques qu'on qu'on combat. Et donc, il faut aussi pouvoir combattre cette exploitation là des événements culturels et pas laisser les fascistes eux brandir le drapeau de la liberté de création, de la culture, du droit à faire des black face, du droit à légitimer des génocides sur scène et cetera.

Enfin en fait donc il faut que nous et qu'on soit aussi du côté du coup du droit de la liberté d'expression de médine qui n'est pas la la même effectivement qui qu'on doit assumer dire que ce n'est pas la même chose de de d'être dans la liberté d'expression contre les oppressions et les dominations structurelles que en fait de défendre du point de vue d'un dominant la perpétuation de ces dominations qui sont d'ailleurs condamnées partout par le droit international. Voilà. Donc je pense il fallait le dire sinon ça aurait ça aurait manqué.

Et après juste rapidement dans les pistes en vraque, je pense qu'il faut un moment spécifique sur l'industrie culturelle. C'est un mauvais un gros mot. Mais en fait euh euh que ce soit les questions de cinéma, de musique ou d'édition où en fait ce serait dommage de pas les prendre ensemble parce qu'en fait vous avez les mêmes ennemis hein euh et vous avez les mêmes phénomènes.

Et donc la question de la concentration économique, de la marchandisation sous tous ses formes avec euh les questions de messen et cetera et donc je pense que le patrimoine aussi comprend souvent comme un truc plant plan, les musées, les machins mais en fait qui est complètement gangrainé maintenant par ces logiques là de fondation de messenat et cetera et qui doit rentrer aussi dans cette dans cette réflexion là. Et enfin, dans les choses que je me suis notée comme piste euh pour élaborer des projets euh parce que parce qu'on s'en sort pas si on n pas nous des projets et des alternative, on a beaucoup parlé de services public. Il a aussi été question à un moment de sécurité sociale et je pense qu'il faut avoir une réflexion sur les formes de socialisation qu'on veut.

Si on trouve qu'il y a trop de place, il y a qu'il y a trop de marchandisation de la culture, qu'on n'est pas d'accord avec le pass culture. OK. C'est quoi nos formes de socialisation pour pour continuer faire survivre et faire se développer le service public ?

Mais est-ce que ça prend aussi la forme parfois de sécurité sociale ? Est-ce qu'il faut alors je pose une Est-ce qu'il faut nationaliser les écoles d'art territorial en décidant que faut arrêter de dire oui ben les régions et cetera ? Bah est-ce qu'en fait on voit pas assurer nationalement le maillage territorial ?

Ce qui empêche pas d'ailleurs une forme de décentralisation dans la gestion enfin dans le dans le territoire et le lien avec les territoires. Mais par contre de dire que oui et quelles sont les compétences qui doivent être les compétences régionales, les compétences nationales. Je pense qu'il faut qu'on travaille sur ces sujets-là.

C'est des sujets un peu qui font un peu technique un peu mais en fait là on voit comment les les acteurs publics se renvoient la balle les uns les autres en disant bah Dati qui dit "Ah bah non, c'est vos collectivités." Alors vos amis de gauche de l'héros. Bon c'est pas particulièrement mes amis mais bon qui font qui font c qui font ça.

Euh ben en fait de se dire alors c'est quoi qu'est-ce qu'on crée des compétences obligatoires pour les pour les collectivités territoriales ? Mais comment est-ce qu'on évite absolument queil y ait du coup un désengagement de l'État ? Parce que ça voilà.

Est-ce qu'il y a des choses est-ce qu'il y a finalement des choses qu'on on revoit sur l'idée de la nationalisation et en même temps euh enfin de la décentralisation effective, c'est-à-dire que qui est une quand même une politique de démocratisation culturelle avec quand même la possibilité de se donner une politique publique globale qui n'est pas la même que région par région au gré de comment le vent tourne. Voilà. Euh et je pense que c'est bon, c'est des sujets un peu techniques.

Et le dernier sujet aussi qui me passionne et j'en profite pour faire de la pub, euh le weekend prochain, vous allez avoir euh une un colloque de l'Institut Laboessie. Vous savez que la France insoumise, on s'adosse à une fondation qui est vraiment à lieu et d'ailleurs voilà, je le dis aussi aux intervenants intervenantes, que ce soit de du colloque ou de la salle, voilà, je vais essayer aussi de refaire le pont avec l'institutie pour que tous ces toutes ces ces réflexions là puissent aussi être menées dans ce enfin que ce cadre là puisse en accueillir aussi. Mais il va y avoir un colloque ce weekend sur la question du travail et où en fait la question euh du travail invisibilisé, du travail gratuit, elle va être posée et notamment voilà, je voyais que le snap CGT euh dans son dans son journal citait Sylvia Fériichi.

Ils disent que c'est de l'amour mais nous disons que c'est du travail payé. Alors elle disait ça, vous voyez sa c'est une féministe marxiste révolutionnaire qui disait ça du travail domestique, du travail en fait des femmes, de du travail reproductif. Mais je pense qu'en fait c'est des choses qu'on peut tirer euh sur la question de du travail artistique et culturel, que ce soit le bénévolat qui est pas payé euh et qui repose sur la passion du métier et que ce soit aussi la conception qu'on a des artistes où on va fétichiser leurs œuvres euh et qui rentrent sous le domaine du du droit de la propriété qui n'est pas du tout la même chose que de valoriser le processus créatif et le travail comme étant en fait et bien un travail qui se paye et cetera.

Donc je pense qu'on a aussi à peut-être inclure dans toutes les réflexions en cours qu'on a sur le travail, la valeur du travail, la valeur travail avec tous les guillemets qu'on y met et toutes les critiques qu'on a, le temps de travail, la répartition, les les le travail qui est le travail invisible non salarié de la reproduction et ben ce travail de la reproduction qui est souvent celui voilà enfin qu'on qu'on associe plutôt à au CER, au au soins, aux enfants et cetera, mais en fait est-ce que il y a pas aussi à ouvrir ce sujet là sur la question du travail artistique en fait hein. Où est-ce qu'on le fait rentrer dans cette constellation, dans ces réflexions sur le travail ? Je donne ces perspectives là aussi pour parce que en fait on a cette puissance là dans notre camp à à penser des alternatives, à penser des concepts qui ne sont plus pensés nulle part parce qu'on a des des dogmatiques absolues en face de nous et il faut qu'on arrive du coup à à nous se donner voilà ces ces espaces de de réflexion et et d'alternative.

En tout cas, merci beaucoup parce que vos vos interventions y ont largement contribué.