Etats-Unis : Les "Midterms" vont-elle être décisives pour l'avenir du pays ?
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Est-ce que le rapport de force dans ce Parlement américain peut changer, voire s'inverser cet automne ?
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Qu'observe-t-on d'habitude lors des mid-terms ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Est-ce que ça peut jouer dans un sens ou dans l'autre ?
- 4:20ComplaisanteRéponse directe
Expliquez-nous un peu ce redécoupage, ce gerrymandering dont vous parliez.
- 5:26OuverteRéponse directe
Ou est-ce qu'il y a quand même un fond de vérité là-dedans ?
- 6:42OuverteRéponse directe
Ces redécoupages électoraux, c'est courant aux États-Unis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18PrésentateurFait
« un président canard boiteux, comme on dit lors du second mandat »
- 1:54InvitéFait
« Le camp républicain est à la manœuvre pour essayer de grappiller des sièges à la Chambre des représentants. »
- 1:58InvitéFait
« On l'a vu aussi avec la multiplication des gerrymandering. »
- 8:25InvitéFait
« Pour l'exécutif américain, c'est clairement le talon d'Achille. »
- 8:38InvitéFait
« La guerre en Iran est à l'origine d'une flambée des prix. »
- 9:15InvitéPromesse
« Donald Trump avait promis qu'il tournerait la page des guerres sans fin. »
- 10:27InvitéFait
« Il passe son temps en meeting à dire que c'est la faute des démocrates. »
- 10:31InvitéFait
« L'économie n'aurait jamais été aussi florissante d'après ce qu'il dit. »
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Le rendez-vous est connu depuis le début de son mandat, mais là, il lui reste moins de trois mois pour convaincre. Le président Donald Trump face aux élections de mi-mandat, les mid-terms, c'est le 3 novembre, ça va venir très vite. Dans moins de trois mois, un président canard boiteux, comme on dit lors du second mandat, embourbé dans sa guerre au Moyen-Orient, mais qui défend son bilan économique, et en face, des démocrates qui ont soif de revanche électorale, mais qui ne percent pas vraiment le mur du son. J'attends vos questions, vos remarques sur ce sujet au 01 45 24 7000, où vous envoyez vos messages WhatsApp à ce numéro, ou bien via l'application Radio France. Bonjour Ludivine Gilli.
Bonjour. Vous êtes directrice de l'Observatoire de l'Amérique du Nord de la Fondation Jean Jaurès. Bonjour à vous Romain Huret. Bonjour. Historien, spécialiste des Etats-Unis, président de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Et bonjour à vous Bertrand Morin. Bonjour. Vous êtes journaliste indépendant à Washington. Vous collaborez avec le journal Belge le soir, ainsi qu'à Sud-Ouest et à la Tribune dimanche. D'abord, on va relever les compteurs. Les Républicains sont aujourd'hui majoritaires au Sénat et à la Chambre des représentants, des majorités relativement courtes.
Là, on va renouveler tous les représentants, puisque leur mandat dure deux ans, et un tiers des sénateurs, puisque leur mandat dure six ans. Est-ce que le rapport de force dans ce Parlement américain, Bertrand Morin, peut changer, voire s'inverser cet automne ?
C'est un peu la grande question à 100 jours des élections de mi-mandat. Il y avait encore, il y a quelques mois, un scénario qui était le plus probable. C'était un basculement de la Chambre des représentants. Maintenant, on est aussi le fait, une éventualité similaire au Sénat. Il n'en reste que c'est des élections qui vont être extrêmement serrées. Voilà, c'est des mid-terms qui sont scrutés. Le camp républicain est à la manœuvre pour essayer de grappiller des sièges à la Chambre des représentants. On l'a vu aussi avec la multiplication des gerrymandering. Donc, ce sont des découpages électoraux partisans. Il est encore difficile.
En fait, on va vraiment arriver sur des élections très serrées, dont les sues restent incertaines, mais planent au-dessus de la Maison-Blanche l'éventualité d'un vrai vote sanction, en effet.
Alors, je m'adresse à l'historien que vous êtes, Romain Hurin. Qu'observe-t-on d'habitude lors des mid-terms ? C'est un peu l'élection sanction à mi-mandat.
C'est l'élection sanction et la formule que vous avez utilisée de canard boiteux désigne précisément la période entre les mid-terms et la fin du mandat.
Si je dois être vraiment très méchant, c'est le moment où le président ne sert plus à rien.
Il ne sert plus à grand-chose. Il a une fonction strictement honorifique. Et dans le passé, ces élections-là sont catastrophiques pour le parti au pouvoir. Systématiquement, il y a eu des moments où les élections étaient moins catastrophiques. Mais globalement, la tendance est toujours la même. Le parti au pouvoir et le président au pouvoir sort souvent laminé de cette fin de mandat. Les appétits s'aiguisent. Beaucoup d'hommes politiques se voient à la Maison-Blanche. Et il devient très difficile pour le président de survivre après les mid-terms.
Et il faut rappeler que le résultat est difficile à prévoir puisque ce n'est pas un scrutin à la proportionnelle au niveau national. Là, on vote État par État pour les sénateurs, circonscription par circonscription pour les représentants. Donc, Ludivine Gillie, il y a des dizaines d'élections en parallèle. De même qu'en France, on a le jour des législatives, 577 élections locales. Est-ce que ça peut jouer dans un sens ou dans l'autre ?
Tout à fait. Ce qu'il faut voir quand même, effectivement, le résultat est difficile à prévoir parce qu'un certain nombre d'élections vont être serrées. En revanche, il y a un élément, une tendance historique qui devient assez forte et qui a été renforcée par le gerrymandering, le redécoupage partisan effréné auquel se sont livrés les Républicains depuis 2025 et a été mentionné par Bertrand Morin. C'est qu'en fait, on a de moins en moins de circonscriptions qui sont disputées. Sur les 435 sièges de la Chambre des représentants qui sont mis en jeu, on en a, selon les estimations, entre 33, 34 et 37, 38 qui sont disputées. Pour toutes les autres circonscriptions, on connaît déjà les résultats.
Et donc, tout va se jouer sur ces quelques sièges. Et le redécoupage auquel se sont joués les...
Oui, expliquez-nous un petit peu ce redécoupage, ce gerrymandering dont vous parliez.
En fait, pour résumer très rapidement le principe, tous les dix ans, il y a un recensement qui est mené aux Etats-Unis, qui est mandaté par la Constitution. Et ce recensement sert à réattribuer les sièges aux différents Etats, aux proratas à peu près, de leur population. Et donc, à l'issue de ce recensement, certains Etats gagnent des sièges, d'autres perdent des sièges. Ce qui fait qu'il faut redessiner les circonscriptions. Ça, ça se passe normalement tous les dix ans. Et là, ce que font les Républicains depuis 2025, c'est, depuis 2025, c'est qu'ils procèdent à un redécoupage à mi-échéance. Donc, ça s'est déjà produit. C'est parfois demandé par les tribunaux parce qu'il y a des problèmes.
Là, ce que font les Républicains, c'est qu'ils ont redécoupé des circonscriptions pour répartir, pour choisir leurs électeurs en fait. répartir les électeurs de manière à s'avantager lors du scrutin.
C'est dû, pour parler clairement, c'est du tripatouillage électoral. En France, on parlerait de cuisine avec la carte électorale. Ou est-ce qu'il y a quand même un fond de vérité là-dedans ?
Non, c'est tout à fait, c'est extrêmement partisan. Et les tribunaux n'y trouvent rien à redire puisque la Cour suprême s'est positionnée sur ce sujet-là en 2019 pour dire que, en fait, ce sont des questions politiques. Donc, ça ne paraît peut-être pas très juste qu'un parti fasse cela, mais c'est politique. Et donc, c'est aux hommes politiques et aux États et aux législatures des États de se préoccuper de ce problème, pas aux tribunaux. Donc, voilà la situation. En revanche, il faut noter que, parfois, le redécoupage peut se retourner. Phénomène d'arroseur arrosé contre celui qu'il a réalisé.
Parce que si on veut augmenter ses marges dans certaines circonscriptions, il faut bien prendre des électeurs quelque part et les réduire dans d'autres. Et donc, si on se trouve, ce qui n'est pas garanti du tout, mais qui est possible dans un phénomène de tsunami démocrate lors des élections de novembre, un redécoupage peut faire perdre à celui qui s'y est livré, donc, en l'occurrence, les Républicains, à la fois les sièges qu'il espérait gagner, mais aussi certains qu'il a redécoupés pour en gagner d'autres.
Quelque part, ils se sont augmentés la taille de leurs armes. Et donc, effectivement, ça peut aller ensuite dans les deux sens. Romain Huret, ces redécoupages électoraux, c'est courant aux États-Unis ? Parce qu'effectivement, ça a tout l'air du tripatouillage, en quelque sorte.
C'est assez courant aux États-Unis, mais là, ça ressemble vraiment à un charcutage. Je crois que le bon terme pour traduire en français, ce serait plutôt celui de charcutage. Et le Parti républicain, depuis très longtemps, a compris que ce jeu-là pouvait leur permettre de garantir la stabilité de leur pouvoir. Et Trump a particulièrement insisté sur le fait qu'il aimerait bien rester au pouvoir longtemps et que le Parti puisse le faire. Et ils ont compris qu'il y a une arme qui est parfaite, c'est ce charcutage électoral.
Si vous arrivez à créer des bastions électoraux qui sont assez cohérents, où vous avez une majorité d'électeurs, comme ils l'ont fait pendant très longtemps dans le sud des États-Unis, vous êtes certain d'avoir des lignées d'élus et donc de garder le pouvoir dans les différents espaces, la Chambre des représentants, le Sénat, mais également la Maison-Blanche.
Mais ce que font les républicains au Texas, par exemple, les démocrates peuvent tout autant le faire chez eux, en Californie ou ailleurs.
Les démocrates l'ont fait aussi dans le passé, mais il est certain que le Parti républicain est devenu expert en la matière de charcuter le corps électoral aux États-Unis.
Alors, il y a le corps électoral, il y a aussi, on va se mettre un petit peu dans la tête des électeurs, l'inflation et le coût de la vie. Donald Trump a été élu en 2024, en partie grâce à sa campagne sur ce thème. Bertrand Morin, vous qui êtes sur place, correspondant pour plusieurs médias, comment est-ce que ce sujet, aujourd'hui, perce dans la tête des électeurs ? Est-ce que c'est une bataille perdue ? Ou est-ce que les électeurs républicains s'avgraient pour l'instant à Donald Trump de ses avancées là-dessus ?
Pour l'exécutif américain, c'est clairement le talon d'Achille. En réalité, les électeurs, ils attendaient, du moins ceux qui ont voté pour Donald Trump, ils attendaient une baisse des prix, le retour à l'embauche, du travail. Ce contrat trumpien n'a pas été rempli. La guerre en Iran est à l'origine d'une flambée des prix. Aujourd'hui, le prix du galon d'essence, ce qui est à peu près 3,8 litres, il me semble, avoisine encore quasiment les 4 dollars, ce qui est extrêmement cher. En fait, le consommateur américain paye le prix de la guerre en Iran. La guerre en Iran s'éternise, on est à moins de 100 jours des élections de novembre. Le Téhéran n'a pas l'air de vouloir un plus cher sa position.
Donc, Donald Trump est aussi pris au piège de ses propres projets interventionnistes. D'autant que Donald Trump avait promis qu'il tournerait la page des guerres sans fin. Et là aussi, c'est une nouvelle promesse qui n'a pas été tenue. Donc, on constate aussi au sein de la galaxie Maga quelques fractures, notamment parmi les tenants de la ligne America First. Ça a été vraiment observable avec des ruptures très nettes, avec Marjorie Taylor Greene ou Tucker Carlson, qui ont été des grands soutiens de Donald Trump en 2024.
Et qui lui ont tourné le dos, effectivement. Romain Huret, la guerre en Iran déclenchée par Donald Trump, nous, ça nous paraît majeur, évidemment. Ce n'est pas forcément sur le sommet de la pile des préoccupations des Américains. En tout cas, le volet diplomatique. Eux sont très concernés par le côté pouvoir d'achat.
C'est un fait bien connu. Bill Clinton avait une expression très célèbre. C'est l'économie imbécile. Pour désigner... En anglais, c'est encore plus... C'est l'économie stupide. Pour rappeler que l'économie, c'est essentiel pour gagner une élection. Vous pouvez parler de l'Iran ou de la Palestine. La plupart des électeurs et des électrices vont se déterminer le jour J en fonction de leurs intérêts personnels, ce qu'on peut tout à fait comprendre, et du pouvoir d'achat et de l'inflation, comme il a été dit. Trump l'a compris. Il passe son temps en meeting à dire que c'est la faute des démocrates. C'est-à-dire que l'économie va très bien. Il l'a encore dit il y a quelques jours.
L'économie n'aurait jamais été aussi florissante d'après ce qu'il dit. Mais il souligne en revanche qu'il y a une difficulté, c'est cette hyperinflation dans beaucoup d'États. Et il accuse les démocrates d'être responsables par de mauvais choix qui ont été faits du temps de Joe Biden de cette hyperinflation. on verra ce qui va se passer et la manière dont les électeurs
vont se déterminer. Et puisqu'effectivement l'économie stupide ou pas, il y a plusieurs façons de l'avoir et plusieurs indicateurs. Ludivine Gilley, l'inflation s'en est un, mais le président a pour lui l'excellente santé de la bourse. Il ne se prive pas d'en parler, tiré par les très grandes valeurs de la tech qui n'ont pas tant souffert que ça de la situation géopolitique. Et ce que ça, c'est important. On sait que les Américains sont beaucoup plus présents, je veux dire, la population américaine en bourse que chez nous en France.
Oui, mais les Etats-Unis doivent faire leurs courses tous les jours. Ils prennent de l'essence plusieurs fois par semaine et actuellement, c'est vraiment ça qui pèse sur le moral. On le voit, les enquêtes d'opinion se succèdent et donnent toutes les mêmes résultats. C'est-à-dire que la cote de popularité de Donald Trump est très faible, mais elle est particulièrement faible sur les questions économiques et en particulier sur la question de l'inflation au point qu'on a vu passer une enquête cette semaine indiquant qu'on a plus de 60% de la population, plus de 65% même, je crois, qui pensent que le président ne se concentre pas sur les sujets sur lesquels il devrait se concentrer.
Et y compris chez les Républicains, on commence, enfin, on voit depuis un certain temps une érosion le Parti Républicain soutient très fortement Donald Trump, ça il ne faut pas l'oublier, la cote de popularité de Donald Trump auprès de ses partisans est très forte, mais les sujets sur lesquels elle est la moins bonne, ce sont les sujets économie, emploi, inflation. Et donc, dans la perspective des élections de demi-mandat, Donald Trump n'a pas forcément à craindre que la base du Parti Républicain se retourne en masse pour aller voter vers le Parti Démocrate. En revanche, ce qui est à craindre pour tous les candidats républicains, c'est qu'une bonne partie de leur base reste chez eux.
Et si ces électeurs républicains restent chez eux, cela suffira aux démocrates, même si le Parti Démocrate est extrêmement impopulaire aujourd'hui, il ne faut pas l'oublier non plus, ça suffirait au Parti Démocrate pour emporter de grandes victoires.
En question de Jean-Paul au 01-45-24-7000 qui nous dit qu'il est fort possible que Donald Trump puisse manipuler les élections. C'est la question de notre auditeur. On peut craindre aussi des ingérences étrangères, des campagnes favorisées par l'intelligence artificielle. Qu'en est-il, Bertrand Morin ?
À la mi-juillet, Donald Trump avait fait un discours à la Nation, un discours qui avait été retransmis à une heure de prime time où il avait agité le spectre d'une fraude électorale massive. Il avait aussi réaffirmé que l'élection 2020 lui avait été volée. Il avait évoqué la gérance chinoise lors des dernières élections, même si cette dernière a été un peu contestée et même par plusieurs services d'enseignement et de sécurité aux États-Unis. Donc, on se retrouve dans une situation où Donald Trump agite et brandit cette menace d'une fraude.
En effet, il essaye aussi, il demande au sénateur de passer le Safe America Act qui est un texte de loi qui demanderait aux électeurs américains lors des inscriptions sur la liste électorale de donner de nouvelles pièces d'identité qui approuvent, qui attestent de leur citoyenneté américaine. Donc, ça peut être un passeport, ça peut être un acte de naissance. Ce sont des documents dont les Américains ne sont pas tous, enfin, tous les Américains n'ont pas ces documents chez eux parce qu'un passeport coûte de l'argent. Se procurerait aussi un acte de naissance, ça coûte aussi de l'argent et ça prend du temps.
Donc, on peut craindre, il y a au tout cas, du moins, il y a une volonté de la part de l'exécutif américain de peser sur ces élections d'une manière ou d'une autre. Ça, c'est certain.
Qu'est-ce qu'il se passe si vraiment les Républicains perdent largement ces mi-terms, Romain Huret ? Est-ce que Donald Trump sera entravé dans son action ? On voit que depuis son retour à la Maison Blanche, il a beaucoup gouverné et agit sans demander au Congrès, y compris pour des choses qui normalement nécessitent l'aval du Congrès, des nominations, lancer une guerre, est-ce que véritablement il serait entravé ?
Il sera entravé symboliquement déjà. Ça serait une défaite et on sait qu'il a du mal avec les défaites et donc son capital va aller en diminuant. Dans deux ans, il est parti, deux ans, deux ans et demi et beaucoup de gens attendent son départ pour que le pays revienne à un fonctionnement ordinaire et normal de la démocratie. Donc, oui, il va être sérieusement touché s'il perd ses élections. Il en fait d'ailleurs un combat extrêmement violent. Il a ressorti la vieille ficelle de l'anticommunisme en expliquant qu'il a face à lui une horde dangereux communistes qui vont ruiner le pays.
Notamment chez les juges qu'il désigne, les juges et notamment ce tribunal fédéral qui bloque pour l'instant le chantier de la salle de bal, nouvelle version de la Maison Blanche. C'est un petit peu ça le vrai contre-pouvoir aujourd'hui ? Ce sont les tribunaux fédéraux et éventuellement la Cour suprême par exemple sur les droits de douane ?
Le vrai contre-pouvoir aujourd'hui c'est le jeu politique. Il se passe quelque chose de très important. Il y a des primaires au sein des partis, il y a des candidats qui l'emportent qui ont des visions très différentes de ce que doit être le pays. On en parlera sans doute mais dans le Michigan il y a quelques jours il y a une primaire très importante qui a vu un candidat avec un autre projet pour les Etats-Unis. C'est là où il y a un contre-pouvoir possible. Si ce candidat l'emporte et si d'autres l'emportent dans le pays avec un autre projet une autre manière de voir les choses... Un positionnement honnêtement plus à gauche.
Honnêtement plus à gauche avec une réforme notamment du système de santé aux Etats-Unis qui est un enjeu essentiel et qui vaut à ces candidats le label de communiste puisque c'est la question d'une assurance de santé universelle est un vieux débat aux Etats-Unis et à chaque fois le dispositif a échoué en étant accusé d'être un dispositif communiste emprunté à la France ou à l'URSS. Donc il y a un enjeu là qui est réel et le contre-pouvoir aujourd'hui et bien évidemment dans les tribunaux certains juges se sont opposés à Trump mais surtout au sein du peuple américain qui va devoir voter dans quelques temps.
Alors on voit que politiquement Donald Trump n'est pas forcément dans une forme étincelante. Dans quel état se trouve le parti démocrate à trois mois de ses élections Ludivine Gilley ? Est-ce qu'il est en mesure de proposer quelque chose ? Est-ce qu'il a des idées ? Ou est-ce que c'est juste pour l'instant le parti anti-Trump ?
Actuellement pour faire un peu de provocation on pourrait dire que le parti démocrate n'a pas besoin d'avoir des idées pour remporter les élections de demi-mandat. Alors si on met de côté les doutes très sérieux je tiens à insister là-dessus sur la sincérité du scrutin mais en fait ça va être une élection sanction contre Donald Trump et donc quelque part peu importe le parti démocrate pour ces élections-là en tout cas sur la forme.
En revanche si le parti démocrate veut réussir à faire des choses et à mener des politiques s'il reprend le pouvoir s'il reprend la chambre s'il reprend la chambre et le sénat et s'il reprenait la présidence en 2028 pour être élu en 2028 il n'aura pas forcément besoin de ça parce qu'on sera à mon sens toujours dans un retour de bâton de la présidence Trump mais pour se projeter vers l'avenir pour gouverner il faut un programme et aujourd'hui le parti démocrate n'en a pas comme l'a dit Romain Huret il y a des propositions qui existent la gauche du parti démocrate monte en puissance depuis un certain temps c'est la branche qui s'appelle DSA Democratic Socialists of America c'est la branche qui est portée par Bernie Sanders Alexandria Ocasio-Cortez etc le candidat Abdel El Sayed qui a remporté la primaire démocrate dans le Michigan n'est pas membre de cette branche mais il fait partie de la tendance progressiste au sein du parti démocrate mais aujourd'hui le parti démocrate n'a pas choisi sa politique et n'a pas un programme central et donc il lui reste à trouver ce programme avant les élections qui seront cette fois jouées à l'état au niveau national en 2028 pour la présidentielle
Oui Bertrand Morin en quelque sorte en ce moment à l'intérieur des démocrates c'est plutôt une ligne très à gauche qui est en train de l'emporter mais reste à voir si c'est la bonne ligne pour gagner une présidentielle dans deux ans et demi
Exactement en réalité en fait il a le parti démocrate se fait déborder par sa gauche et en fait reste à voir si ses candidats vont transformer l'essai si on peut utiliser un peu cette métaphore il y a eu en novembre dernier à New York avec l'élection de Zoran Mabdani en fait une nouvelle impulsion l'apparition d'une nouvelle garde plusieurs candidats portés par Zoran Mabdani voilà on remportait la primaire à New York aussi donc il y a vraiment une lame de fond enfin vraiment il y a quelque chose qui est en train de se créer au sein du parti démocrate où en fait une ligne centriste a souvent dominé loin de là que des candidats marqués plus à gauche existaient aussi autrefois mais en fait ils étaient toujours relégués aux marges de l'échecier politique et c'était des candidatures qui avaient de la peine à émerger mais il faut aussi noter que d'autres candidatures proches aussi idéologiquement peut-être de ce camp progressiste sont aussi de très bons challengers ou du moins des challengers crédibles comme James Salarico au Texas qui se présente pour un siège au Sénat
et voilà par quelques-uns des noms que l'on va suivre parmi d'autres pour ces élections de mi-mandat et bien sûr les primaires ensuite pour la présidentielle de 2028 merci Bertrand Morin depuis Washington merci à vous Romain Hurel ici en studio et merci Ludivine Gilli merci à tous les trois d'avoir été dans ce plateau de France Inter ce matin sur cette campagne des midterms qu'on suit bien sûr jusqu'au 3 novembre