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speechyoutube.com· 29 avril 2020 58 min

Déconfinement : Discours intégral d'Edouard Philippe - 28 avril

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Édouard Philippe

Nous sentons que l'arrêt prolongé de la production de pans entiers de notre économie, que la perturbation durable de la scolarisation d'un grand nombre d'enfants et d'adolescents, que l'interruption des investissements publics ou privés, que la fermeture prolongée des frontières, que l'extrême limitation de la liberté d'aller et venir, de se réunir, de rendre visite à ses proches, à ses parents, présenterait pour le pays, non pas seulement l'inconvénient pénible du confinement, mais en vérité celui bien plus terrible du risque de l'écroulement. Écroulement. Je n'emploie pas ce terme au hasard, mesdames et messieurs les députés. On me reproche bien plus souvent l'halitote que l'exagération.

Il nous faut donc, progressivement, prudemment, mais aussi résolument, procéder à un déconfinement aussi attendu que risqué et redouté. L'objectif du gouvernement est de présenter à l'Assemblée nationale, et grâce à elle aux Français, notre stratégie nationale, c'est-à-dire les buts que nous recherchons, et la façon dont nous allons procéder pour les atteindre, à compter du 11 mai prochain. Toute stratégie repose sur des constats. Le premier d'entre eux est médical. Il tient en quelques mots simples, que tous les Français doivent avoir en tête. Nous allons devoir vivre avec le virus.

Dès lors qu'aucun vaccin n'est disponible à court terme, qu'aucun traitement n'a à ce jour démontré son efficacité, et que nous sommes loin d'avoir atteint la fameuse immunité de groupe, le virus va continuer à circuler parmi nous. Ce n'est pas réjouissant, mais c'est un fait. On peut espérer que le virus disparaisse de lui-même. Les spécialistes des épidémies, en tout cas certains, s'accordent pour reconnaître que cela arrive, que les épidémies s'arrêtent parfois, selon qu'on sache très bien pourquoi.

On peut espérer que l'incroyable effort de recherche engagé dans le monde entier permettra de trouver sous peu un traitement, et d'ici 12 à 24 mois, un vaccin, qui renverrait ce virus au rang des questions de santé résolues par l'intelligence et la technologie humaine. On peut tout à fait espérer tout cela. Mais fonder une politique publique, et organiser la vie des Français, autour d'hypothèses aussi incertaines, n'est pas envisageable. Il nous faut donc apprendre à vivre avec le Covid-19 et apprendre à nous en protéger. Voilà la première contrainte, et voilà le premier axe de notre stratégie. Le deuxième constat est à la fois médical et politique.

Il tient au risque de voir repartir l'épidémie. La décision de confiner notre pays a permis de ralentir la circulation du virus. Elle a permis que jamais nos services de réanimation ou de soins intensifs ne soient saturés au point qu'ils n'auraient pu admettre de nouveaux patients. Elle a permis, à l'engagement des soignants, à l'imagination des équipes hospitalières, à l'organisation logistique des soins, de tenir, en dépit d'une pression considérable, jamais vue, mais de tenir. Et je veux le dire une nouvelle fois ici, notre système hospitalier a tenu.

Mais il a tenu au prix d'une fatigue bien compréhensible des femmes et des hommes, au prix d'une consommation de médicaments de réanimation, de consommables, jamais constatée non plus, au prix d'une déprogrammation des opérations chirurgicales non nécessaires à court terme, mais qui finiront bien par l'être. Le risque d'une seconde vague, qui viendrait frapper un tissu hospitalier fragilisé, qui imposerait un reconfinement, lequel ruinerait les efforts et les sacrifices consentis au cours de ces 8 semaines, est un risque sérieux, un risque qu'il faut prendre au sérieux.

Ce risque impose de procéder avec prudence, progressivement, sûrement, en reprenant notre vie, selon des modalités qui permettent, semaine après semaine, de vérifier que nous maîtrisons le rythme de circulation du virus. Le deuxième axe de notre stratégie sera donc la progressivité. Le troisième élément à prendre en compte est géographique. Il tient là aussi en quelques mots. La circulation du virus n'est pas uniforme dans le pays. Certaines parties ont été durement touchées, certains territoires connaissent encore aujourd'hui, après 6 semaines de confinement, un nombre quotidien significatif de nouveaux cas, mais dans d'autres, le virus est quasiment absent.

Cette circulation hétérogène du virus crée, de fait, des différences entre les territoires. Pour tous ceux qui, comme moi, croient au bon sens, il n'est pas inutile, il est même très nécessaire, de prendre en compte ces différences dans la façon dont le déconfinement doit être organisé. À la fois pour ne pas appliquer le même schéma dans des endroits où la situation n'est objectivement pas la même, mais aussi pour laisser aux autorités locales, notamment aux maires et aux préfets, la possibilité d'adapter la stratégie nationale en fonction des circonstances.

C'est d'ailleurs pour cela qu'avec le président de la République, nous avons décidé de dire rapidement quelle était notre stratégie nationale afin qu'au plus tôt, ceux qui vont participer à sa mise en œuvre puissent prendre leur disposition. Avec plusieurs membres du gouvernement, avec le coordonnateur interministériel Jean Castex, je rencontrerai dès demain les associations d'élus locaux et les préfets, puis jeudi les partenaires sociaux pour engager ce travail de concertation et d'adaptation du plan aux réalités de terrain. Vivre avec le virus, agir progressivement, adapter localement, voilà les trois principes de notre stratégie nationale.

A partir du 11 mai, sa mise en œuvre va reposer sur le triptyque protéger, tester, isoler. Protéger d'abord. Protéger, c'est éviter d'être infecté par le virus ou d'infecter les autres. Les médecins nous disent que la contagiosité de la maladie apparaît deux jours avant les premiers symptômes et disparaît plusieurs jours après. Ils disent également qu'une proportion non négligeable de porteurs du virus ne déclenche aucun symptôme et ne savent pas, au fond, qu'ils peuvent transmettre le virus. Dès lors, il est impératif que chacun puisse adopter les comportements qui permettent d'éviter la contamination.

à partir du moment où nous ne serons plus en situation de confinement, où les occasions de contact augmenteront à nouveau, il faudra les limiter, mais elles seront plus importantes qu'aujourd'hui, le respect des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale, distanciation physique, préférons ce terme, prendra encore plus d'importance. Ces gestes barrières, tout le monde les connaît désormais, c'est notamment la distanciation physique et le lavage régulier des mains. A cela, il conviendra d'ajouter, et je dis bien d'ajouter, le port du masque dans certaines situations.

Et je souhaite revenir précisément sur ce sujet, car cette question des masques a suscité l'incompréhension et la colère de nombreux Français. Pourquoi n'y en avait-il pas pour tout le monde ? Fallait-il en porter ou les trouver ? Lorsque la crise a commencé, nous disposions d'un stock important de masques chirurgicaux, important au sens où il permettait de répondre à plus de 20 semaines de consommation normale des services hospitaliers. La production nationale était inférieure à la consommation normale, mais complétée par des importations régulières. Avec l'apparition de l'épidémie en Chine, puis son arrivée en Italie, deux éléments sont apparus clairement.

L'importation est momentanément devenue impossible, et la consommation a considérablement augmenté dans des proportions incroyablement supérieures à la normale. Comme tous les pays européens, comme les États-Unis d'Amérique, la France a dû gérer un risque de pénurie de masques. Trois décisions ont donc été prises. D'abord, d'augmenter la production nationale de masques chirurgicaux, autant que faire se peut. Ce n'est pas simple, mais nous sommes en train d'y parvenir, en doublant d'abord et en atteignant bientôt cinq fois sa production initiale.

Ensuite, réserver le stock existant aux soignants hospitaliers, pour garantir la fourniture de ces masques à ceux qui, en première ligne, auraient à soigner les malades. Il est arrivé, mesdames et messieurs les députés, que nous doutions de notre capacité à garantir cet approvisionnement dans la durée. Réserver les masques aux soignants, c'était mécaniquement refuser de les distribuer à d'autres. C'est un choix difficile, c'est un choix contesté, c'est un choix que j'ai estimé nécessaire.

Enfin, nous avons lancé la production de masques en tissu, pour compléter l'offre et ne pas dépendre des importations dont nous ne savions pas si elles pourraient reprendre, et si oui, pour combien de temps. Les scientifiques eux-mêmes ont évolué. Au début, beaucoup nous disaient que le port du masque en population générale n'était pas nécessaire, que le risque du mauvais usage était supérieur aux avantages espérés. Et nous l'avons répété. Et je l'ai dit. Ils nous disent aujourd'hui, parfois les mêmes, qu'il est préférable, dans de nombreuses circonstances, de porter un masque plutôt que de ne pas en porter. Et il me revient donc de le dire, et de faire en sorte que cela soit possible.

Pendant la phase de pénurie, nous avons utilisé l'outil des réquisitions, qui a été fort utile. Depuis plusieurs semaines maintenant, depuis que nous sommes rassurés sur notre capacité à servir les soignants au sens large en masque, nous incitons l'ensemble des acteurs à se procurer des masques. Et les données des douanes le montrent d'ailleurs assez clairement. Il rentre bien plus de masques dans le pays que le gouvernement n'en commande. Et croyez-moi, il en commande. Puisque nous recevons près de 100 millions de masques chirurgicaux par semaine désormais, et que nous recevrons près de 20 millions de masques grand public lavable à compter du mois de mai.

Nous avons incité les entreprises et les collectivités à se procurer également des masques. Certaines n'ont pas attendu que nous les incitions. Nous soutiendrons financièrement les collectivités locales qui achètent à compter de ce jour des masques grand public, en prenant en charge 50% du coût des masques dans les limites d'un prix de référence. Et nous avons réouvert récemment, vous l'avez probablement remarqué, les marchands de tissus et les ateliers de couture et diffusé des guides pratiques de confection de masques afin que chacun se mobilise pour en produire. Grâce à la mobilisation de tous, il y aura donc assez de masques dans le pays pour faire face aux besoins à partir du 11 mai.

Mais l'enjeu, la responsabilité des pouvoirs publics, notre responsabilité collective, c'est d'arriver dans les prochaines semaines à organiser cet effort pour éviter que certains entre guillemets en aient trop quand d'autres n'en auraient pas. Progressivement, nous parviendrons à une situation classique où les Français pourront, sans risque de pénurie, se procurer des masques grand public dans tous les commerces. En attendant, il faut que l'État, les collectivités territoriales, les entreprises, l'initiative privée soient complémentaires et non concurrents. Le président de la République l'a dit, nous nous appuierons sur les maires et les préfets avec le concours de tous.

J'invite toutes les entreprises, quand leurs moyens le permettent, à veiller à équiper leurs salariés. C'est une condition, elles le savent, elles le disent, de la reprise. Les régions et l'État mettront en place un appui aux PPE et aux travailleurs indépendants, au-delà des initiatives déjà prises par un certain nombre de branches ou d'organisations professionnelles. Une plateforme de e-commerce sera mise en place par la Poste à compter du 30 avril et distribuera à ceux qui en ont besoin chaque semaine plusieurs millions de masques grand public. L'État et les collectivités locales assureront la protection de leur personnel, en particulier ceux qui sont en contact avec le public.

Les préfets disposeront d'une enveloppe locale pour soutenir avec les collectivités territoriales les plus petites collectivités, les personnels de l'éducation et les élèves des collèges recevront également des masques. Les pharmacies et la grande distribution seront invitées à vendre dans des conditions que nous définirons avec eux pour éviter les phénomènes de pénurie des masques jetables ou lavables. Les particuliers sont bien sûr invités, je l'ai dit, à se confectionner eux-mêmes des masques dans les conditions recommandées par la FNOR et par la NSM.

Enfin, nous réserverons une enveloppe hebdomadaire de 5 millions de masques lavables pour que les préfets organisent avec les maires et les présidents de conseils départementaux la distribution de masques à nos concitoyens qui se trouvent dans le plus grand état de précarité via les CCAS et les acteurs associatifs. Protésez donc. Testez ensuite. Là encore, les recommandations scientifiques ont évolué. Et après tout, sans doute est-ce normal face à un virus inconnu. Cette crise sanitaire renvoie décidément tout le monde a un devoir d'humilité. La doctrine initiale consistait dans ce que nous appelions la phase 1 à tester au maximum. Et d'ailleurs, nous avons beaucoup testé en phase 1.

Lorsqu'un cas est apparu au contaminement joie et qu'il a fallu le circonscrire, nous avons testé massivement tous ceux qui s'étaient approchés de près ou de loin des malades identifiés. Mais la doctrine voulait qu'une fois l'épidémie passée en phase 3, on ne teste plus que les malades hospitalisés pour suspicion de Covid, les soignants symptomatiques et les premiers cas dans les établissements accueillant des publics fragiles. C'est ce que nous avons fait. Les temps ont changé, la doctrine de l'OMS aussi. À la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier nos tests. Nous nous sommes fixés l'objectif de réaliser au moins 700 000 tests virologiques par semaine au 11 mai.

Pourquoi 700 000 ? Parce que le Conseil scientifique nous dit parce que le Conseil scientifique nous dit à ce stade que les modèles épidémiologiques prévoient entre 1 000 et 3 000 cas nouveaux chaque jour à partir du 11 mai. Parce qu'à chaque cas nouveau correspondra en moyenne le test d'au moins 20 à 25 personnes l'ayant croisé dans les jours précédents. 3 000 x 25 x 7 cela donne 525 000 tests par semaine. 700 000 nous donnent la marge qui nous permettra en plus des tests des chaînes de contamination que je viens de décrire de mettre en oeuvre des campagnes de dépistage comme nous l'avons déjà engagé pour les EHPAD notamment.

Pour atteindre cette cible nous avons fait sauter les verrous qui empêchaient la participation des laboratoires de recherche et des laboratoires vétérinaires à cet effort collectif. La capacité à faire sauter ces verrous sur le terrain pas seulement dans les discours est un exercice qui incite là aussi je peux vous le dire à une grande humilité. Nous avons engagé la mobilisation conjointe des laboratoires publics et privés qui peuvent aujourd'hui monter en charge très rapidement en termes de capacité. Cette mobilisation permettra de garantir sur tout le territoire un accès de proximité au prélèvement.

nous allons enfin faire passer à 100% la prise en charge de ces tests par l'assurance maladie. En un mot tout doit être fait pour rendre la réalisation du test facile et rapide. Dès lors qu'une personne aura été testée positive nous engagerons un travail d'identification et le test de tous ceux symptomatiques ou non qui auront eu un contact rapproché avec elle. tous ces cas contacts seront testés et seront invités à s'isoler compte tenu des incertitudes sur la durée d'incubation. Cette règle est assez simple à formuler mais elle exige pour être appliquée de façon systématique partout en France des moyens considérables.

Nous ne pourrons réussir que grâce à la mobilisation des professionnels de santé libéraux notamment médecins généralistes et infirmiers libéraux. ils constitueront d'une certaine manière la première ligne dans cette recherche des cas contacts pour tout ce qui concerne la cellule familiale. Je sais qu'ils peuvent se mobiliser pour cette mission et nous les accompagnerons pour cela. En appui les équipes de l'assurance maladie assureront la démultiplication de cette démarche d'identification des cas contacts au-delà de la cellule familiale.

Dans chaque département nous constituerons des brigades chargées de remonter la liste des cas contacts de les appeler de les inviter à se faire tester en leur indiquant à quel endroit ils doivent se rendre puis à vérifier que ces tests ont bien eu lieu et que leurs résultats donnent lieu à l'application correcte de la doctrine nationale. Protéger d'abord tester ensuite et isoler enfin. L'objectif final de cette politique ambitieuse de tests c'est de permettre d'isoler au plus vite les porteurs du virus afin de casser les chaînes de transmission. L'isolement mesdames et messieurs les députés n'est pas une punition. L'isolement n'est pas une sanction.

L'isolement c'est une mesure de précaution collective. C'est une mise à l'abri. L'isolement doit donc être expliqué, consenti et accompagné. Notre politique repose à cet égard sur la responsabilité individuelle et la conscience que chacun doit avoir de ses devoirs à l'égard des autres. Nous prévoirons des dispositifs de contrôle s'ils devaient être nécessaires mais notre objectif est de nous reposer largement sur le civisme de chacun. Et on observe d'ailleurs les médecins le disent ceux qui ont eu à gérer des épidémies le disent que la conscience individuelle le respect civique des règles lorsque l'on est déclaré positif ou malade est souvent quasiment absolue.

Il reviendra au préfet et aux collectivités territoriales de définir ensemble avec les acteurs associatifs les professionnels de santé les acteurs de la prise en charge à domicile le plan d'accompagnement des personnes placées dans cette forme d'isolement. Nous laisserons le choix à la personne testée positive de s'isoler chez elle ce qui entraînera le confinement de tout le foyer pendant 14 jours pour des raisons évidents ou bien de s'isoler dans un lieu mis à sa disposition notamment dans des hôtels réquisitionnés. Un mot encore sur ce sujet mais un mot important pourrons-nous ou devrons-nous afin d'être plus efficaces nous appuyer sur les ressources extraordinaires des outils numériques ?

Un consortium européen a lancé un travail devant permettre la création de l'application StopCovid dont l'utilité ne peut s'envisager que de façon complémentaire à ce que je viens de décrire. Complémentaire parce que les enquêtes sanitaires que j'ai décrites qu'elles soient physiques ou téléphoniques sont vitales mais présentent une faiblesse. Elles se heurtent parfois dans les centres urbains à l'impossibilité de reconstituer les chaînes de transmission dans les lieux les plus denses et notamment dans les transports en commun. Difficile de prévenir celui qui a partagé votre rame de métro à 7h46 sur la ligne 12.

Vous ne le connaissez pas, il ne vous connaît pas et la RATP ne connaît ni l'un ni l'autre. C'est l'objet du projet StopCovid qui permettrait aux personnes qui ont croisé une personne testée positive d'intégrer un parcours sanitaire sans bien entendu avoir aucune information sur l'identité de la personne croisée. Un grand nombre de responsables politiques sur tous les bancs le président de l'Assemblée nationale lui-même m'ont fait part de leur interrogation sur ce type d'instrument sur les questions que son utilisation ne manquerait pas de poser en termes de liberté publique et de liberté individuelle. Ces questions j'ai déjà eu l'occasion de le dire me paraissent fondées.

Elles doivent être posées. Elles doivent être débattues. J'ai même le sentiment qu'elles doivent faire l'objet d'un vote. Pour l'heure compte tenu des incertitudes sur cette application je serai bien en peine de vous dire si elle fonctionne et comment elle fonctionnera précisément. Je ne doute pas que les ingénieurs travailleront d'arrache-pied et réussiront à faire fonctionner ce projet. Mais dès lors que ça n'est pas le cas il me semble pour tout vous dire mesdames et messieurs les députés que le débat est un peu prématuré.

Mais je confirme mon engagement lorsque l'application en cours de développement fonctionnera et avant sa mise en oeuvre nous organiserons un débat spécifique suivi d'un vote spécifique. Pour procéder au déconfinement nous allons donc partout protéger tester et isoler. Mais comme je vous l'indiquais nous allons procéder progressivement et en différenciant en fonction des territoires. Progressivement d'abord. Progressivement parce qu'il ne faut pas laisser repartir l'épidémie parce que nous voulons éviter une deuxième vague parce que nous tous ici préférons éviter qu'après le confinement puis le déconfinement nous ayons à connaître d'un reconfinement généralisé.

Progressivement cela veut dire que nous préparons le 11 mai en surveillant tous les indicateurs pour vérifier département par département que nous pouvons effectivement lancer les opérations à cette date. Un exemple pour illustrer ma prudence. J'ai indiqué que nous fondions notre stratégie de test sur une hypothèse de 3000 cas nouveaux par jour autour du 11 mai. Si le confinement se relâchait d'ici là si à l'approche du 11 mai disons jeudi 7 mai il apparaissait que le nombre de nouveaux cas journaliers n'était pas dans la fourchette prévue que nous ne parvenions pas à casser les trop nombreuses chaînes de contamination alors nous devrions en tirer les conséquences.

Je le dis aux français si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous nous ne déconfinerons pas le 11 mai ou nous le ferons plus strictement. Je préférerais croyez-moi que les modélisateurs les épidémiologistes puissent nous dire que leurs hypothèses de 3000 cas par jour au 11 mai se vérifient. Mais si tel n'est pas le cas je le dirais avec autant de clarté qu'il faudra. Hier j'ai reçu du directeur général de la santé des modélisations moins favorables. Peut-être parce que les comportements se relâchent un peu peut-être parce que la baisse des hospitalisations est trop lente peut-être aussi parce que les hypothèses sur lesquelles sont fondées ces modélisations ne vont pas s'avérer exactes.

Je le dis ici devant la représentation nationale avec solennité ces incertitudes doivent inciter à tous les français pardon tous les français à la plus grande discipline d'ici au 11 mai et à lutter contre les risques de relâchement que nous sentons parfois monter dans le pays. Si tout est prêt comme nous le pensons le 11 mai alors commencera une phase qui durera jusqu'au 2 juin. Elle permettra de vérifier que les mesures mises en oeuvre permettent de maîtriser l'épidémie et d'apprécier en fonction de ces évolutions les mesures à prendre pour la phase suivante qui débutera le 2 juin et qui ira jusqu'à l'été.

C'est fin mai notamment que nous statuerons sur la réouverture des cafés et des restaurants. C'est donc en gravissant des marches de trois semaines que nous allons avancer en étant attentifs à l'effet de nos décisions et au comportement de nos concitoyens. La progressivité s'accompagne d'une différenciation selon les territoires. Je l'ai dit, tous les territoires n'ont pas été touchés de la même manière par l'épidémie et nous espérons tous que le 11 mai si le virus continue à circuler dans certains départements sa présence sera très faible voire nulle dans d'autres.

Il est donc logique que tout en gardant la plus extrême prudence nous proposions un cadre de déconfinement adapté aux réalités locales de l'Hexagone comme de l'Outre-mer. La Direction Générale de la Santé et Santé Publique France ont établi trois ensembles de critères permettant d'identifier les départements où le déconfinement doit prendre une forme plus stricte. Soit que le taux de cas nouveaux dans la population sur une période de 7 jours reste élevé ce qui montrerait que la circulation du virus reste active. Soit c'est le deuxième ensemble de critères que les capacités hospitalières régionales en réanimation restent tendus.

Soit c'est le troisième ensemble de critères que le système local de tests et de détection des chaînes de contamination ne soit pas suffisamment prêt. Ces indicateurs leur lecture seront cristallisés le 7 mai afin de déterminer quel département bascule le 11 mai dans la catégorie dans la catégorie disons rouge circulation élevée vert circulation limitée. A compter de jeudi le directeur général de la santé présentera tous les soirs la carte avec les résultats département par département.

Cette carte guidera ainsi chaque département dans la préparation du 11 mai en rappelant l'objectif d'un confinement strict pour faire baisser la circulation du virus mais aussi le besoin de remettre sur pied le système hospitalier et de mettre en place un système de test et de détection des cas contacts efficaces. Je vous ai présenté les constats sur lesquels nous avons bâti la stratégie nationale de déconfinement puis ses instruments de santé publique. Je souhaite désormais vous présenter comment va s'organiser la vie quotidienne des Français à partir du 11 mai.

Notre stratégie nationale de déconfinement fixe les règles applicables pour quelques enjeux prioritaires l'école les entreprises les commerces les transports la vie collective ou la vie sociale. Commençons par l'école. Le président de la République l'a rappelé le retour de nos enfants sur le chemin des écoles est un impératif pédagogique un impératif de justice sociale en particulier pour ceux qui peuvent difficilement suivre l'enseignement à distance. Ce retour nous voulons le concilier avec la préservation de nos objectifs de santé publique.

Pour ce faire nous proposons une réouverture très progressive des maternelles et de l'école élémentaire à compter du 11 mai partout sur le territoire et sur la base du volontariat. Dans un deuxième temps à compter du 18 mai mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible nous pourrons envisager d'ouvrir les collèges en commençant par les classes de 6e et de 5e. Nous déciderons fin mai si nous pouvons réouvrir les lycées en commençant par les lycées professionnels début juin. Cette décision n'a pas été prise à la légère.

Nous avons consulté nous avons pesé le pour et le contre nous avons étudié ce que font les autres pays mais la réouverture des écoles est nécessaire pour garantir la réussite éducative des élèves notamment les plus vulnérables d'entre eux dont la scolarité souffre terriblement du confinement. Les classes rouvriront dans des conditions sanitaires strictes pas plus de 15 élèves par classe. Une vie scolaire organisée autour du respect des règles barrières de mesures d'hygiène stricte et de la distribution de gel hydroalcoolique. Tous les enseignants et encadrants des établissements scolaires recevront des masques qu'ils devront porter quand ils ne pourront respecter les règles de distanciation.

Sur la question des masques pour les enfants les avis scientifiques nous ont conduit aux décisions suivantes. Le port du masque est prohibé pour les enfants en maternelle. Il n'est pas recommandé compte tenu des risques de mauvais usage à l'école élémentaire mais l'éducation nationale mettra des masques pédiatriques à disposition des directeurs d'école pour les cas particuliers par exemple si un enfant présentait au cours d'une journée des symptômes le temps que ses parents viennent le récupérer. Enfin nous fournirons des masques aux collégiens qui peuvent en porter et qui n'auraient pas réussi à s'en procurer le port du masque pour les collégiens étant obligatoire.

Un intense travail de préparation doit avoir lieu dans chaque académie afin que nous puissions préparer cette rentrée évidemment très particulière. Les enfants devront pouvoir suivre une scolarité soit au sein de leur établissement scolaire dans la limite maximale de 15 élèves par classe je l'ai dit soit chez eux avec un enseignement à distance qui restera gratuit bien entendu soit en étude si les locaux scolaires le permettent ou dans des locaux périscolaires mis à la disposition par les collectivités territoriales si elles le souhaitent pour des activités de sport de santé de culture ou de civisme.

J'ai admiré la mobilisation de l'éducation nationale pendant le confinement le dévouement de milliers d'enseignants qui se sont mobilisés pour accueillir les enfants de soignants qui resteront accueillis bien entendu dans les temps qui viennent l'ingéniosité de tous ceux qui se sont réinventés pour offrir à leurs élèves des modalités originales d'enseignement à distance et nous avons tous j'en suis sûr autour de nous des exemples extraordinaires d'inventivité d'engagement d'imagination pour que le lien essentiel entre le maître et son élève demeure alors même que la période de confinement était en vigueur.

Je veux laisser le maximum de souplesse au terrain en la matière et je sais que c'est ainsi que les directeurs d'école les parents d'élèves les collectivités locales trouveront ensemble avec pragmatisme les meilleures solutions je leur dis que nous les soutiendrons et que je leur fais confiance Les crèches seront également réouvertes L'accueil par groupe de 10 enfants maximum sera possible avec la possibilité d'accueillir plusieurs groupes de 10 enfants si l'espace le permet et si les conditions sont réunies pour que les groupes ne se croisent pas Cette réduction des capacités posera au moins dans un premier temps la question des priorités d'accueil Les crèches accueillent déjà les enfants selon des critères économiques et sociaux et il n'appartient pas à l'Etat de définir ces critères à la place des gestionnaires Il me semble néanmoins que l'impossibilité de télétravail pour un couple d'actifs ou les difficultés rencontrées par les familles monoparentales devront être prises en compte dans ces critères Les enfants des soignants et des professeurs devraient également à mon avis être prioritaires Le port du masque grand public sera obligatoire pour les professionnels de la petite enfance puisque les règles de distanciation physique ne peuvent pas y être appliquées Bien sûr il n'y aura pas de port du masque pour les enfants de moins de 3 ans Le déconfinement doit aussi permettre la reprise de la vie économique Pour cela il faut réorganiser la vie au travail Le télétravail doit être maintenu partout où c'est possible au moins dans les 3 prochaines semaines Je le demande avec insistance aux entreprises Nous en avons mesuré depuis la mi-mars le déploiement massif Personne n'en ignore les contraintes mais celui-ci doit se poursuivre pour limiter le recours aux transports publics pour limiter plus globalement les contacts Il n'y a pas sur ce sujet un avant et un après 11 mai Pour les personnes qui ne pourront pas télétravailler la pratique des horaires décalés dans l'entreprise doit être encouragée Elle permettra l'étalement des flux de salariés dans les transports et diminuera la présence simultanée des salariés dans un même espace de travail S'agissant des conditions de travail nous devons amplifier la démarche engagée par les fédérations professionnelles et le ministère du travail pour réaliser les guides et les fiches métiers qui accompagnent les réorganisations nécessaires au sein des entreprises 33 guides sont aujourd'hui disponibles il en faut environ 60 pour couvrir tous les secteurs J'ai demandé à Muriel Pénicaud Madame la ministre du travail qu'il soit prêt pour le 11 mai Cette démarche est intéressante parce qu'elle est très concrète et qu'elle associe les partenaires sociaux Elle doit se concrétiser dans chaque entreprise sous la forme de nouveaux plans d'organisation du travail avec une attention particulière aux emplois du temps aux gestes barrières à l'aménagement des espaces de travail le port du masque devra être mis en oeuvre dès lors que les règles de distanciation physique ne peuvent pas être garanties dans l'organisation du travail J'échangerai jeudi avec les syndicats de salariés et les représentants des employeurs sur ces sujets Le dialogue social à tous les niveaux doit être mobilisé pour permettre le retour au travail dans un cadre qui garantit évidemment la santé et la sécurité des salariés C'est une condition impérative Nous échangerons également sur les mesures d'accompagnement des entreprises qui font face à des difficultés Le dispositif d'activité partielle qui est un des plus généreux d'Europe restera en place jusqu'au 1er juin Il nous faudra ensuite l'adapter progressivement afin d'accompagner la reprise d'activité si l'épidémie est maîtrisée Bien sûr nous continuerons à protéger les personnes vulnérables et les secteurs professionnels qui demeureraient fermés Les commerces rouvriront également à compter du 11 mai Aujourd'hui seuls certains commerces essentiels sont ouverts Tous sauf les cafés restaurants pourront ouvrir à compter du 11 mai Les marchés pour lesquels l'interdiction est aujourd'hui la règle et l'autorisation l'exception seront en général autorisés sauf si les maires ou les préfets estiment qu'ils ne peuvent être organisés dans des conditions qui permettent de respecter les gestes barrières et la distanciation physique Car si les commerces vont rouvrir chacun d'entre eux devra respecter un cahier des charges strict limitant le nombre de personnes présentes en même temps dans le magasin en organisant les flux afin de faire respecter la règle de la distance minimale d'un mètre par personne sans contact autour d'elle Il devra bien évidemment veiller à la protection de son personnel S'agissant du port du masque le port du masque grand public sera recommandé pour les personnels et les clients lorsque les mesures de distanciation physique ne peuvent être garanties Un commerçant pourra subordonner l'accès de son magasin au port du masque J'ajoute enfin que l'ouverture des commerces comprendra une exception pour les centres commerciaux qui ont une zone de chalandise qui va au-delà du bassin de vie et donc qui génère des déplacements et des contacts que nous ne voulons pas encourager Les préfets pourront décider de ne pas laisser ouvrir au-delà des sections alimentaires déjà ouvertes les centres commerciaux de plus de 40 000 mètres carrés qui risquent de susciter de tels mouvements de population Enfin je l'ai dit nous prendrons une décision sur les bars cafés et restaurants fin mai pour décider s'ils peuvent ouvrir après le 2 juin Les décisions relatives aux transports sont particulièrement ardues Les transports sont pour une bonne part un dispositif clé pour la reprise économique Mais le respect de la distanciation physique et des gestes barrières y est particulièrement difficile Je mesure l'appréhension de bon nombre de nos concitoyens avant de prendre un métro un train un bus un tramway lesquels sont parfois fort densément occupés Nous allons prendre deux séries de décisions D'abord remonter au maximum l'offre de transport urbain 70% de l'offre de la RATP sera disponible le 11 mai et nous devons remonter rapidement à l'offre nominale Ensuite faire baisser la demande en favorisant le télétravail je l'ai dit en étalant les horaires je l'ai dit en demandant aux français de considérer que les transports aux heures de pointe doivent être réservés à ceux qui travaillent Je souhaite que dans chaque région dans chaque agglomération une concertation s'engage très rapidement entre les autorités organisatrices de transport les usagers les opérateurs de transport pour arrêter les conditions de mise en oeuvre précises de ces objectifs L'Etat y apportera bien sûr son concours S'il faut organiser les flux réserver les transports à certaines heures à certaines populations nous accompagnerons les autorités organisatrices de transport nous essayerons d'y arriver ensemble mais il est certain que les trois semaines à venir seront difficiles et que nous devons rester vigilants le port du masque sera rendu obligatoire dans tous les transports métro comme bus et les opérateurs devront au moins pour les trois semaines à venir s'organiser pour permettre même dans le métro de respecter les gestes barrières cela veut dire par exemple que la capacité du métro parisien sera réduite par rapport au nominal est drastiquement réduite par rapport à sa capacité normale qu'il faudra par exemple condamner un siège sur deux favorisé par des marquages au sol la bonne répartition sur les quais se préparer à limiter les flux en cas d'affluence les bus scolaires pourront circuler mais avec la même règle du 1 sur 2 avec l'obligation de port du masque pour les chauffeurs et pour les écoliers à partir du collège le port du masque sera également obligatoire dans les taxis et les VTC qui ne disposent pas du système de protection en plexiglas s'agissant des déplacements inter-régionaux ou inter-départementaux notre logique sera inverse nous voulons réduire ces déplacements au seul motif professionnel ou familial ou impérieux pour des raisons évidentes de limitation de la circulation du virus et donc nous allons continuer à réduire l'offre à exiger une réservation obligatoire dans tous les trains TGV ou non à décourager les déplacements entre départements le jeudi de la Sotion sera bien férié mais je dis clairement aux français que ce n'est pas le moment de quitter son département pour partir en week-end enfin le déconfinement c'est le retour de la vie sociale l'impatience de nos concitoyens à retrouver une vie sociale je crois que nous la partageons tous j'ai d'abord une pensée pour tous nos aînés qui au-delà du confinement subissent la solitude à domicile et parfois l'isolement dans les EHPAD privés pendant de longues semaines de toute visite de leurs enfants et de leurs petits-enfants comme vous le savez nous demanderons à nos aînés de continuer à se protéger il faut qu'ils respectent des règles similaires à la période de confinement en se protégeant en limitant leur contact et donc leur sortie tout cela sur le principe de confiance et de responsabilité comme l'a annoncé le président de la république il n'y aura pas de contrôle pas d'attestation de sortie pour les plus âgés d'entre nous mais je demande aux personnes les plus âgées les plus fragiles de la patience les visites privées quand elles reprennent doivent être entourées de précautions comme les sorties en vous protégeant vous protégez le système hospitalier et vous protégez les plus fragiles d'entre nous la vie sociale va reprendre donc mais là encore progressivement je voudrais d'abord commencer par dire ce qu'il sera à nouveau possible de faire il sera à nouveau possible de circuler librement sans attestation sauf comme je l'ai dit pour les déplacements à plus de 100 km du domicile qui ne seront possibles que pour un motif impérieux familial ou professionnel il sera possible les beaux jours aidant de pratiquer une activité sportive individuelle en plein air en dépassant évidemment la barrière actuelle du kilomètre et en respectant les règles de distanciation physique il ne sera possible ni de pratiquer du sport dans des lieux couverts ni des sports collectifs ni des sports de contact les parcs et jardins si essentiels à l'équilibre de vie en ville ne pourront ouvrir que dans les départements où le virus ne circule pas de façon active les fameux départements verts par mesure de précaution les plages resteront inaccessibles au public au moins jusqu'au 1er juin s'agissant des activités culturelles parce qu'ils ne peuvent plus fonctionner facilement parce qu'ils peuvent fonctionner plus facilement pardon en respectant des règles sanitaires les médiathèques les bibliothèques les petits musées si importants pour la vie culturelle de nos territoires pourront rouvrir leurs portes dès le 11 mai à contrario les grands musées qui attirent un grand nombre de visiteurs hors de leur bassin de vie les cinémas les théâtres et les salles de concert où l'on reste à la même place dans un milieu fermé ne pourront pas rouvrir les salles des fêtes les salles polyvalentes resteront également fermées jusqu'à cette marche du 2 juin pour donner aux organisateurs d'événements de la visibilité je veux préciser que les grandes manifestations sportives culturelles notamment les festivals les grands salons professionnels tous les événements qui regroupent plus de 5000 participants et font à ce titre l'objet d'une déclaration en préfecture et qui doivent être organisées longtemps à l'avance ne pourront se tenir avant le mois de septembre la saison 2019-2020 de sport professionnel notamment celle de football ne pourra pas non plus reprendre quant aux lieux de culte je sais l'impatience des communautés religieuses les lieux de culte pourront continuer à rester ouverts mais je crois qu'il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonie avant cette barrière du 2 juin les cérémonies funéraires resteront évidemment autorisées comme aujourd'hui dans la limite de 20 personnes j'ai parfaitement conscience de la charge et de la difficulté face à des décès d'appliquer cette règle mais à les formuler en France comme dans d'autres pays comparables afin là encore de protéger les vivants les cimetières seront à nouveau ouverts au public dès le 11 mai en attendant des jours meilleurs les mairies continueront à proposer sauf urgence le report des mariages d'une façon générale il nous faut éviter les rassemblements qui sont autant d'occasions de propagation du virus des rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront donc limités à 10 personnes mesdames et messieurs ces règles de vie sociale peuvent paraître compliquées elles sembleront sans doute sévères à certains et peut-être trop laxistes à d'autres au fond ce que je vous propose de rétablir c'est un régime de liberté dans lequel nous devons fixer des exceptions ces règles sont contraignantes c'est vrai mais je crois pouvoir compter sur le civisme de nos compatriotes pour que chacun les applique avec rigueur il en va de notre santé à tous nous avons certainement dans ces domaines oublié des points formulés de façon à certaines des règles omis de prévoir dans tel ou territoire une adaptation possible c'est tout l'intérêt de la phase qui s'ouvre il s'agit d'enrichir ce plan tous ensemble avec les élus avec les administrations de terrain avec les partenaires sociaux avec tous les français pour être prêts le 11 mai ces efforts ne sont pas vains et ils nous permettront je l'espère de façon très concrète d'envisager la période estivale sous de meilleurs auspices je donne d'ores et déjà rendez-vous aux français à la fin du mois de mai pour évaluer les conditions dans lesquelles nous organiserons une nouvelle phase de déconfinement et prendrons en particulier des décisions sur l'organisation et la réouverture je l'ai dit des cafés des restaurants des vacances il est trop tôt aujourd'hui en conscience pour le faire pour la suite la stratégie que je viens de présenter l'architecture générale de ce plan de déconfinement approuvé en conseil de défense sous la présidence du chef de l'état n'est pas un texte législatif elle exigera des décisions réglementaires ou individuelles prises par les ministres ou les préfets ou par les présidents d'exécutifs locaux dans le champ de leurs compétences sur quelques sujets néanmoins elle devra être accompagnée de dispositions législatives qui n'existent pas aujourd'hui et qui vont manquer j'en prends deux exemples pour tracer les contacts pour remonter jusqu'à ceux qui ont croisé le chemin d'un malade il faudra sans doute faire appel à des effectifs supplémentaires pour renforcer les médecins et quand je dis sans doute c'est certain j'évoquais tout à l'heure l'appui des personnes de l'assurance maladie on pourrait sans doute dans ces brigades on pourra sans doute dans ces brigades accueillir parfois des personnels des CCAS des mairies parfois peut-être des personnels des départements parfois des personnels mis à disposition par les grandes associations je pense par exemple à la Croix-Rouge encore une fois c'est aux équipes locales qu'il reviendra d'organiser ces brigades mais ce qui est certain c'est qu'ils ne seront pas tous médecins il faudra donc que la loi les autorise à participer à ces enquêtes épidémiologiques dans lesquelles l'accès à des données médicalisées pourra être nécessaire autre exemple la limitation des déplacements entre régions ou entre départements dans la période de confinement il était possible de limiter ces déplacements dans le cadre général de la loi du 23 mars ce ne sera plus possible une fois le confinement levé si nous voulons éviter que la circulation du virus ne s'accélère dans des zones jusque là préservées il nous faudra limiter cette possibilité de se déplacer au moins dans un premier temps sur ces deux sujets et sur quelques autres il conviendra donc de légiférer je proposerai au parlement d'adopter prochainement une loi qui en plus de proroger l'état d'urgence sanitaire au delà du 23 mai peut-être jusqu'au 23 juillet autorisera la mise en oeuvre des mesures nécessaires à l'accompagnement du déconfinement ce projet sera soumis à l'examen du conseil des ministres samedi prochain et sera soumis au sénat et à l'assemblée nationale la semaine prochaine pour exposer cette stratégie nationale le gouvernement a choisi d'avoir recours aux dispositions de l'article 50-1 de la constitution rien dans la constitution n'imposait au gouvernement de présenter à l'assemblée nationale la stratégie que je viens d'exposer on peut le déplorer on devrait d'ailleurs se dire qu'il faudra demain peut-être corriger ce défaut mais nos institutions sont ainsi faites il aurait été pour le gouvernement possible de procéder à cette présentation au cours d'un journal télévisé au cours d'une conférence de presse et reconnaissons que cela s'est déjà fait de très nombreuses fois et sous tous les gouvernements de la 5ème république nous avons choisi de réserver à l'assemblée nationale ces annonces et au-delà de ces annonces la capacité et au-delà de ces annonces la capacité de réagir de critiquer bien sûr d'interroger aussi le gouvernement sur ce plan qui comme je l'ai déjà indiqué a vocation à être complété par les autorités locales les organisations syndicales et patronales enfin la possibilité par le vote pour chaque député de dire sa position sur la stratégie que je viens d'exposer ce choix repose sur plusieurs raisons d'abord la place évidemment éminente de cette assemblée dans notre démocratie inutile d'en dire beaucoup sur une conviction que nous partageons tous en ces temps de démocratie médiatique de réseaux pas très sociaux mais très colériques d'immédiateté nerveuse il est sans aucun doute utile de rappeler que les représentants du peuple siègent délibèrent et se prononcent sur toutes les questions d'intérêt national je souligne je souligne et ce faisant je considère évidemment qu'il n'y a là que l'expression d'un devoir et en aucune façon celui d'une faveur que le gouvernement que j'ai l'honneur de diriger a systématiquement et évidemment répondu présent à toutes les demandes de députés de leur commission sur la crise que nous connaissons la mission d'information les commissions permanentes les questions au gouvernement pendant le confinement tout cela a continué et c'est tant mieux car le gouvernement en avait besoin comme nous nous y sommes engagés nous communiquons toutes les semaines à l'assemblée et au sénat l'ensemble des décisions qui sont prises dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire y compris celles qui ne relèvent en rien du domaine législatif face aux décisions que nous avions à prendre et que nous aurons encore à prendre le contrôle du parlement n'est pas un poids c'est une chance dire ici ce que je viens de dire plus tôt qu'ailleurs répond à la volonté du gouvernement de montrer qu'en dépit de l'état d'urgence sanitaire en dépit des difficultés évidentes à exercer ses mandats dans une période de confinement la démocratie parlementaire reste vivante exigeante parfois bruyante mais indispensable toujours la seconde raison est qu'il nous apparaît nécessaire de permettre à chaque député qu'il soit présent dans l'hémicycle ou qu'il suive les débats à distance de se prononcer sur cette stratégie de dire s'il l'approuve et la soutient de dire s'il la conteste et la rejette ou de dire s'il s'abstient mais de prendre position en responsabilité comme il revient aux représentants de la nation qui ne peuvent pas qui ne veulent pas et qui ne doivent pas être relégués au rang de commentateurs de la vie politique j'ai été frappé mesdames et messieurs les députés depuis le début de cette crise par le nombre de commentateurs ayant une vision parfaitement claire de ce qu'il aurait fallu faire selon eux à chaque instant la modernité les a souvent fait passer du café du commerce à certains plateaux de télévision les courbes d'audience y gagnent ce que la convivialité des bistrots y perd mais je ne crois pas que cela grandisse le débat public non les députés ne commentent pas ils votent et ce faisant ils prennent des positions politiques c'est votre honneur c'est votre mission et c'est ce que je vous invite à faire après le débat qui suivra cette déclaration mesdames et messieurs les députés la France est dans un de ces moments où ceux qui l'aiment et la servent doivent être à la hauteur nous devons protéger les français sans immobiliser la France au point qu'elle s'effondrerait c'est une ligne de crête délicate qu'il nous faut suivre un peu trop d'insouciance et c'est l'épidémie qui repart un peu trop de prudence et c'est l'ensemble du pays qui s'enfonce la stratégie que je viens d'énoncer a pour objet de nous permettre de tenir cette ligne de crête elle repose sur des choix que je viens de présenter elle repose sur l'action déterminée du gouvernement et de l'Etat sous l'autorité du président de la République elle repose sur la confiance que nous plaçons dans les collectivités territoriales dans les acteurs du monde économique et social dans les associations elle repose aussi et au fond avant tout sur les français sur nos concitoyens sur leur civisme et leur discipline aucun plan aucune mesure aussi ambitieuse soit-elle ne permettront d'endiguer cette épidémie si les français n'y croient pas ou ne les appliquent pas si la chaîne virale n'est pas remplacée par une chaîne de solidarité à partir du 11 mai le succès ne reposera pas sur la seule autorité de l'Etat mais sur le civisme des français en juillet 2017 dans des circonstances bien différentes mais à cette même tribune à l'occasion de ma première déclaration de politique générale j'avais évoqué cette antique qualité dans laquelle les romains puisaient leur force la vertu celle qui mêle rectitude honnêteté et courage j'étais loin d'imaginer alors combien cette qualité serait essentielle dans les semaines à venir pour préparer notre avenir l'avenir de nos enfants l'avenir de la France je vous remercie je vous remercie merci

Déconfinement : Discours intégral d'Edouard Philippe - 28 avril — Édouard Philippe · Pourquijevote