Bally Bagayoko : « La victoire de 2027 est absolument à portée de main »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Bali Bagayoko, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes maire LFI de Saint-Denis. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée ce matin par Stéphane Vernet de Ouest-France. Bonjour Stéphane.
Bonjour Ariane, Bali Bagayoko, Bali Bagayoko, bonjour.
C'est le matin. Jean-Luc Mélenchon, Bali Bagayoko, a donc annoncé sa quatrième candidature à l'élection présidentielle hier. Il a officialisé au 20h de TF1 à 74 ans. Il n'y a personne d'autre en capacité de porter les couleurs de la France insoumise ?
Il y a d'abord une réalité globale en fin de compte au niveau du pays et ce qui amène en fin de compte à prendre la décision. Et ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon en fait qui s'est autoproclamé. C'est d'abord l'intergroupe qui s'est réuni, auquel j'ai fait partie et qui après avoir discuté sur le fond politique, il y a eu une unanimité quasiment pour proposer la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
C'est-à-dire que dans cette réunion hier, il n'y a pas eu d'autres options ? Il n'y a pas eu d'autres options.
La question a été clairement posée. Par qui ? La position a été clairement posée par la présidente du groupe, Napide Pano, a posé la question. Il y avait à peu près 90 personnes qui étaient là. J'étais présent aussi.
Vous n'avez pas levé la main, vous ?
Je n'ai pas levé la main parce que je considère que Jean-Luc Mélenchon est la meilleure candidature dans la séquence politique dans laquelle nous sommes et face aux défis que nous avons bien sûr à en prendre.
Mais quand en 2022, on s'en souvient, il avait dit à ses troupes, faites mieux, il n'a pas tout fait finalement pour empêcher la relève ?
Non, je ne pense pas. Je pense que d'abord, c'est une responsabilité collective parce que c'est trop facile en fin de compte de focaliser sur une personne. C'est-à-dire que moi, je suis issu d'un milieu, y compris sportif, qui me permet de le milieu d'une équipe. Et donc, chacun a la responsabilité de pouvoir faire en sorte qu'il puisse gagner en 2027. Et c'est l'essentiel en fait de l'enjeu. Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui celui qui s'est présenté peut-être pour la quatrième fois certainement, mais trois présentations concrètes. Et à chaque fois, il y a une progression importante. C'est lui qui permet quasiment, je veux dire, le rassemblement dans le cadre de la NUPES.
C'est lui qui permet, y compris l'AFP. Donc, ce n'est pas le problème, c'est plutôt la solution.
Encore aujourd'hui ?
Aujourd'hui encore.
Vous ne parlez pas d'un temps qui est révolu ? Il est encore à même, Jean-Luc Mélenchon, d'incarner le rassemblement de la gauche ?
Je pense de manière assez claire qu'il est en capacité de le faire, mais il ne va pas le faire tout seul. Il ne va pas le faire tout seul. Il l'a incité sur le fait qu'il y a une équipe, un programme, et qu'il a envie de faire une campagne qui est une campagne beaucoup plus dynamique.
Mais l'équipe, à part la France Insoumise, elle est composée de qui l'équipe ?
Non, l'équipe, le problème, c'est qu'il ne faut pas uniquement voir la formation politique qui est la France Insoumise. Il y a bien sûr autour de la France Insoumise des collectifs, il y a surtout des électeurs et des électrices, qui n'appartiennent d'ailleurs à aucune formation politique, et qui sont clairement animés par la volonté de changer en fin de compte les choses en 2027.
On est à un an de la présidentielle, c'est un bon tempo de se présenter maintenant pour vous ?
Très clairement. Moi, je pense que c'est même très bien, je l'avais d'ailleurs demandé, et je suis très heureux de constater en fin de compte que cet appel a été entendu, et que l'intergroupe a pris la décision, et qu'on peut proposer à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, et qu'il a accepté.
Mais juste, pardon, comment ça s'est passé, la réunion, hier ? De quoi vous avez parlé ? S'il n'y a pas eu débat sur le nom de Jean-Luc Mélenchon, est-ce qu'il y a eu des débats, et sur quoi ?
Ah non, non, il y a eu débat. Il y a eu débat, d'abord, sur la situation nationale dans laquelle nous sommes, parce qu'en même temps, ce n'est pas la question d'une personne, c'est la question de quels sont les objectifs que nous voulons atteindre, et quelle est la réalité aujourd'hui du pays. Nous avons une situation à la fois économique qui est catastrophique, nous avons le creusement des inégalités, personne, qui est en capacité aujourd'hui de pouvoir fédérer, et qui est en capacité tout de suite de pouvoir entrer en campagne. La réponse, c'est de Jean-Luc Mélenchon.
Ce n'est pas clair. Vous aviez dit, juste après votre élection, que vous souhaitiez jouer un rôle dans l'union de la gauche autour de Jean-Luc Mélenchon. L'union de la gauche, c'est encore possible aujourd'hui, ou c'est cuit ?
Nous, nous considérons que l'union de la gauche, ce n'est pas uniquement, en tout cas pour ce qui me concerne, dans le périmètre uniquement du parti traditionnel qu'on connaît. Je considère que des électeurs et des électrices de gauche peuvent aujourd'hui être les bras armés, enfin, de cette union de la gauche. – Des électeurs et des électrices, pas forcément des figures. – Ça veut dire qu'ensuite, il appartiendra, comme d'ailleurs c'est souvent le cas, aux formations politiques dites de gauche, y compris écologistes, de se déclarer clairement.
Donc aujourd'hui, ce que j'observe, c'est qu'ils sont plutôt occupés à organiser encore des primaires qui vont finalement accoucher d'une souris à nouveau, et qui sont très éloignés des attentes de la population.
– Donc vous vous dites qu'il ne faut pas de primaire ?
– Moi, je ne suis pas d'accord pour la primaire, parce que je considère que l'heure n'est pas de la tergiversation, l'heure n'est pas encore à remettre en place en fin de compte des dispositifs qui ont échoué, l'heure est à la responsabilité. Et je considère que Jean-Luc Mélenchon va pouvoir porter ça.
– Mais c'est responsable de se proclamer candidat sans en avoir discuté avec le reste de la gauche ? Là, vous les mettez un peu devant le fait accompli, pardon. Vous ne jouez pas vraiment le jeu de l'union.
– Non, ce que je veux dire, c'est que moi, j'ai eu les mêmes critiques quand j'ai été candidat aux élections municipales. C'était pareil, c'est toujours le même registre en permanence. Mais en fait, ce n'est pas ce message-là qu'il faut entendre, et ce n'est pas finalement ces sonorités qu'il faut entendre. Il faut entendre la sonorité de celles et ceux qui souffrent au quotidien. Eux ne sont pas du tout sur le même schéma. Eux, ils sont pour qu'aujourd'hui, dans la séquence dans laquelle ils sont, d'avoir en fait une bouée d'espoir, de se dire, là où certains sont complètement désorganisés, peinent à trouver quasiment un candidat issu de la primaire, ils ont besoin d'un cap clair.
Et ce cap clair-là, c'est bien sûr la France insoumise qui la porte, mais en même temps, la France insoumise est en responsabilité de le faire.
– Mais sauf que, pardon, il y a quand même de grandes chances qu'il y ait un autre candidat de gauche, c'est-à-dire les socialistes, les communistes, les écologistes, ils vont finir par s'organiser. Est-ce que la gauche peut arriver au second tour avec deux candidats ?
– La gauche sera au second tour, y compris avec deux candidats. Et j'ai l'intime conviction qu'aujourd'hui, au moment où nous parlons, celles et ceux qui sont en train d'organiser leur primaire retrouvent la raison et rentrent dans la belle aventure que vous avez réussi à construire avec la NDP.
– Pardon, retrouvent la raison, ça veut dire quoi ? Vont se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon ?
– Ce ne peut pas se ranger, c'est faire partie, en fin de compte, dynamique. Pourquoi vous voulez, en fin de compte, que celles et ceux, en fin de compte, qui aujourd'hui sont à peine à trouver quasiment leurs candidats ? C'est quand même, globalement, des organisations qu'on observe. La deuxième chose, c'est que cette dynamique qui a été créée, y compris par Jean-Luc Mélenchon avec le NFB, c'est ce qui a permis d'ailleurs à beaucoup de parlementaires de pouvoir être élus. Donc, ils ont trouvé le chemin quasiment de l'unité. Pourquoi ils ne pourraient pas le faire dans cette configuration ?
– Donc, c'est quoi votre objectif ? C'est de les mettre devant le fait accompli, faire en sorte que ce soit eux qui apparaissent comme les élus ?
– Devant la logique de la responsabilité. Aujourd'hui, moi, ce que j'entends dans mes différentes villes et dans les différentes villes auxquelles je traverse, en Seine-Saint-Denis, les gens ont besoin rapidement d'un cap.
C'est ça qu'ils disent. – Et vous pensez vraiment que Jean-Luc Mélenchon peut se qualifier pour le second tour de la présidentielle en étant sans alliance à gauche et en plus gagner face à un concurrent du… – Nous ne sommes pas en train de dire…
– Un candidat du Rassemblement national au second tour ? – Il y aura nécessairement, en fait, une alliance. Il y aura nécessairement une alliance parce que j'ose croire que celles et ceux qui sont les tenants, y compris de la gauche, qui sont en réclame, y compris des écologistes, auront la responsabilité de pouvoir agir pour justement empêcher que l'extrême droite puisse arriver en responsabilité. C'est documenté, tout le monde le sait. Donc ne pas le faire, c'est être irresponsable. Et je pense qu'ils ne le font pas jusqu'à ce point-là.
– Et qu'est-ce que vous ferez-vous pour que cette alliance se fasse derrière Jean-Luc Mélenchon ?
– Mais c'est la raison pour laquelle il faut rapidement avoir un candidat, une équipe et un programme. Donc ça, c'est très clair. Donc maintenant, derrière, nous rentrons dans une démarche où nous allons pouvoir discuter avec toutes celles et ceux qui le veulent. – Vous jouerez un rôle personnellement dans cette… – Personnellement, j'aurais ma responsabilité de le faire en tant que maire d'une grande ville, mais aussi en tant qu'élu d'un Saint-Saint-Denis qui a toujours porté en fin de compte la question de l'unité et principalement la gauche du Rupur en Saint-Saint-Denis.
– Mais vous allez discuter sur quelle base ? Parce qu'il faut du fond pour pouvoir discuter. Là, les divergences ne cessent de se multiplier entre la France insoumise et notamment le Parti socialiste. Divergences et invectives également. Comment vous allez trouver un projet commun avec de telles différences ?
– Je pense que pour ce qui est du Parti socialiste, il appartient au Parti socialiste de clarifier sa position. Nous disons juste que le Parti socialiste qui s'est brillé en fin de compte par son absence avec la dernière présentation des élections présidentielles, à peu près, pas loin de 2%, un peu moins même, je veux bien qu'il donne des leçons. Je dis juste qu'à un moment donné, il faut être un peu sérieux. C'est-à-dire que la dynamique qui est en capacité de rassembler, c'est la France insoumise. C'est très clair. C'est-à-dire que où vous avez vu que la formation politique, qui est aujourd'hui la plus importante, qui est la plus en dynamique, va être celle en fait qui fera.
Moi, je n'ai jamais vu ça. – Ça, c'est votre vision.
Parce que depuis, il y a eu des européennes, Raphaël Luxman était devant vous, ou il y a eu des municipales, le PS était largement devant la France insoumise ?
– Ah non, pas du tout. Ce n'est pas le cas.
– Le PS, ils n'ont pas plus de villes aujourd'hui qu'à France insoumise ?
– Oui, ça, c'est lié en fait à l'histoire. Mais aujourd'hui, la percée importante de la France insoumise dans le cas de l'élection municipale est incontestable. Mais admettons ça de côté. Quelle est la question qui nous est posée aujourd'hui ? C'est comment nous allons pouvoir corriger en fait la situation du pays ? C'est ça le sujet. Et donc, si le parti socialiste ne répond pas à cette question-là et continue à faire ce qu'il faut d'ailleurs, la division, c'est ce qui se passe aujourd'hui. Est-ce que vous êtes capable, vous par exemple, de citer quel est potentiellement le candidat socialiste qui va sortir ? On n'en sait absolument rien.
Est-ce que vous êtes capable de dire qui va sortir de la primaire ? Ce que j'observe, c'est que pour l'instant, eux-mêmes ne le savent pas. Donc pendant ce temps-là, il faut bien qu'on avance.
– Mais il y a une partie de cette gauche qui est convaincue qu'en fait, le problème, ce n'est pas la France insoumise, c'est Jean-Luc Mélenchon, que le taux d'impopularité ou de détestation qu'on prête à Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui ferait que dans un second tour face à un candidat du Rassemblement national, c'est le candidat du Rassemblement national qui serait élu. Est-ce que vous partagez cette vision des choses ? Comment est-ce qu'on corrige ça en fait ?
– Moi, je ne partage pas cette vision parce que j'ai fait partie aussi de celles et ceux qui avaient imaginé que quand j'étais candidat, c'était un problème parce que ça fait 20 ans, 30 ans et compagnie. Il faut cesser de mettre des dates de péremption en fin de compte de tous les gens. Ce sont les électeurs en fait qui vont trancher la question.
– Mais comment vous les rassurez les électeurs par rapport à un certain nombre de dérives ou de propos qui ont pu choquer du côté de la France insoumise ? – En tout cas, comment vous réussiriez à récupérer
ou rassurer ces électeurs de gauche modérés en fait ? – Oui, mais justement, je pense que c'est ce message-là en fait. Le fait qu'ils puissent avoir à la fois, je veux dire, un candidat qui est un candidat unique au sein de la France insoumise, ce qui a été, y compris, le fruit en fin d'un consensus et une discussion interne. Deux, qui est une équipe qui est prête aujourd'hui à prendre des responsabilités. Et ce n'est pas uniquement Jean-Luc. L'erreur qui est faite aujourd'hui, et c'est la présentation qui est faite, c'est de tourner en fin de compte autour d'une personne. Ce n'est pas une personne. Ce n'est pas une personne. Il y a toute une équipe derrière. Il y a un programme.
Et ces programmes-là, c'est ce qui a permis, en fin de créer, y compris la NUPES, y compris celle qui a prévu le président de la NFV. Donc, soyons un peu sérieux. Je pense que dans la séquence politique que nous sommes, il faut absolument que nous nous concentrons sur l'essentiel. Mettre tout en œuvre pour que la gauche de rupture fasse naître aujourd'hui une candidature présidentielle et un programme solide.
– Quand même, sur la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, Balibagayoko, encore dans notre dernier baromètre au DOXA, c'est lui qui arrive en tête et largement du palmarès de rejet. Quand on regarde les sondages, alors c'est des sondages à l'instant T, on est d'accord, mais ils seraient écrasés au second tour par le candidat du Rassemblement national. Est-ce qu'aujourd'hui, vous n'êtes pas la meilleure chance de victoire du RN ?
– Je ne pense pas du tout. Ce que je sais, c'est que tous les sondages qui ont été faits à l'endroit de la France Insénie, ils ont tous été contrariés lors des élections présidentielles. Donc, soyons un peu sérieux. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, bien sûr, on peut avoir les sondages. Moi, je me fie uniquement aux sondages populaires, de popularité, celles et ceux que j'entends dans les quartiers populaires. On me parle beaucoup plus d'un Jean-Luc Mélenchon que de tout autre candidat dont on me parlerait. Aucun ne cite, par exemple, Olivier Faure, aucun ne me cite le nom, y compris je ne sais qui, du Parti communiste français ou de je ne sais qui, du parti, y compris des écologistes.
Ça n'existe pas. Ça n'existe pas.
– Stéphane, sur votre rôle, Balibagayoko, dans la campagne, puisque c'est chez vous que Jean-Luc Mélenchon va être chez vous.
– On aura lieu le premier grand meeting chez vous. Le 7 juin, c'est une fierté pour vous ? – C'est une fierté. J'ai même envie de dire que c'est une fierté à la fois justifiée dans la mesure où nous sommes sur un territoire, y compris ouvrier, qui coche avec toutes les valeurs que nous devons porter dans cette campagne. C'est une campagne, à la fois, qui prend appui sur l'histoire, en fin de compte, de ce qu'est la France, parce que c'est la ville des rois et des reines de France et du peuple vivant, contrairement à certains racistes qui ont parfois l'oreille un peu déformée.
Et donc, le fait que ça puisse partir, en fin de compte, de Saint-Denis, c'est un élément extrêmement important, y compris au regard des quartiers populaires.
– Vous pensez pouvoir faire de Saint-Denis et de pleine commune que vous présidez également une espèce de territoire, de laboratoire des politiques de la France insoumise, un modèle pour d'autres ?
– Nous, nous voulons surtout faire en sorte que la question de l'insoumission, sa doctrine en général, c'est quand même de corriger les inégalités. Et bien sûr que, que ce soit sur Saint-Denis, que ce soit à l'échelle de l'établissement plus territorial, nous avons vocation de pouvoir corriger ces inégalités. Mais pour le faire, j'ai l'intime conviction qu'il nous faut aussi un État fort. Il faut un État, y compris qui porte des politiques de rupture. Et ça, ça ne peut pas être l'État aujourd'hui qui est incarné par le Président de la République, y compris par son gouvernement.
– Vous, sur votre rôle, vous voulez être un trait d'union entre les banlieues et la France rurale, ressouder le lien quartier populaire-ruralité. Je vous cite, comment vous allez le faire ?
– On va le faire tout simplement en étant en lien, y croire, et puis en faisant la démonstration que ce qui se vit dans les quartiers populaires a beaucoup de similitudes avec ce que vive aussi la question de la ruralité. C'est-à-dire que vous avez nos camarades qui sont en humanité, qui ont les mêmes difficultés en termes de services publics, qui rencontrent les mêmes difficultés en termes de mobilité, et qui rencontrent parfois même les mêmes difficultés en termes de déclassement social. Et donc c'est la question essentielle qui est posée. J'ai l'intime conviction que ceux qui pensent que la ruralité est acquis à l'extrême droite se tromperont.
– Mais qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez faire des déplacements dans des zones rurales ? – Nous ferons des déplacements. – Et juste, pardon, mais est-ce que vous êtes le mieux placé pour comprendre ce que vit cette France rurale ? Vous dirigez la deuxième plus grande ville d'Île-de-France.
– Oui, mais je pense qu'il n'y a pas d'autolégitimité. C'est un processus de construction. On verra bien ce qui se passera. Je veux dire que nous, nous n'avons aucune difficulté et je prendrai ma part de responsabilité là-dedans, tout en gérant, bien sûr, ma collectivité locale, en faisant ce lien, qui est un lien important.
– Donc vous allez aller dans cette France rurale ?
– Bien sûr, dans cette France rurale, mais quand je dis la France rurale, ce n'est pas la France rurale profonde aussi, c'est la France rurale déjà qui est à proximité, d'ailleurs, en Île-de-France, parce qu'il ne faut pas aller très, très loin aussi pour rencontrer la France rurale.
– Stéphane.
– Ça veut dire que vous allez beaucoup vous déplacer. On vous verra aux côtés de Jean-Luc Mélenchon très fréquemment. Vous serez très investi dans la campagne.
– Ah non, non, non, je gérerai bien sûr mon enjeu-là, je ferai ce qui est dans mes capacités et je mettrai, en tout cas pour ce qui est de ma responsabilité à l'échelle de la Saint-Saint-Denis et de l'échelle de la ville de Saint-Denis-et-Pierre-Fille-de-sur-Seine et de l'établissement plus territorial, je prendrai l'entièreté de mes responsabilités à ce niveau-là. Ensuite, après, c'est une équipe, je pense qu'on aura suffisamment de dynamiques qui permettront vraiment de rayonner sur l'ensemble quasiment de l'Hexagone pour permettre à ce que la victoire soit possible.
– Juste hier, Jean-Luc Mélenchon a parlé de cette équipe, vous l'avez citée, qui l'entoure, disant justement que ce serait son futur gouvernement. Vous en ferez partie, c'est égal ?
– Au moment où je parle, j'en sais absolument rien.
– Vous êtes dans l'équipe ?
– Je suis en tout cas dans l'équipe, mais j'ai envie de dire qu'il y a Bali-Bagaïko.
– Vous avez vos occasions à jouer du coup ?
– Il y a Bali-Bagaïko. – À rentrer sur le terrain un moment. – Oui, oui, là je m'échauffe pour l'instant, mais j'ai l'intime conviction qu'on va pouvoir rentrer sur le terrain parce que la victoire de 2027, elle est absolument à portée de main.
– Est-ce que vous adhérez Bali-Bagaïko ? Parce qu'il y a un concept qui est encore un peu flou. Est-ce que vous vous adhérez à ce concept de la Nouvelle-France ? Et qu'est-ce qui veut dire ce concept de la Nouvelle-France ? Est-ce qu'il y a une ancienne France, une vieille France dont il faut se débarrasser ?
– En fait, ce n'est pas une question d'adhésion, c'est une question de réalité concrète. Quand on parle de la Nouvelle-France, c'est vrai que souvent, certains tentent de l'ethniciser, de le mettre aux côtés des blacks et des beurres contre le reste. Ce n'est pas du tout ça. Le concept de la Nouvelle-France n'en a jamais été en opposition avec d'autres. C'est de dire que dans les vagues successives, en fin de compte, des générations qui ont constitué la France, y compris les héritiers et héritières de l'immigration en partie, il y a un processus qui est un processus en mouvement. Et ce processus m'a fait que la France s'enrichit année après année, génération après génération.
Et forcément, la France d'il y a une quarantaine, cinquante années, ce n'est pas du tout la même France aujourd'hui qu'on observe. Et dire que la Nouvelle-France, ce n'est pas renier, en fin de compte, l'histoire de la France en tant que telle. Et c'est clairement la manière dont les choses sont présentées pour tenter, en fin de compte, d'essayer de cliver. Et donc, c'est la raison pour laquelle nous réaffirmons que cette Nouvelle-France, elle est une France pour toutes et pour tous.
Un mot sur la marche, la manifestation, à laquelle vous appelez le 21 juin prochain. Vous appelez à manifester tous ceux qui refusent de renoncer, qui observent une classe politique, économique, médiatique en train de préparer le terrain de l'extrême droite. Vous visez qui ?
Globalement, je veux dire que moi, je n'ai pas à viser. Je dis juste que ce que j'observe de manière concrète, c'est que quand je vais sur un certain nombre de plateaux au TV, que ce soit à Sénu, ou quand j'entends certaines positions, y compris parfois même à gauche, voire même les responsabilités par le passé avec tout ce qu'on a connu avec OCS Raciste, alors il y a bien sûr une réalité concrète dans laquelle nous sommes. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce que nous sommes en train de voir, c'est le fait que, année après année, la question, en fin de compte, de l'extrême droite ne cesse de prospérer sur ce territoire.
La question du racisme ne cesse de prospérer et nous avons une désorganisation. C'est la raison pour laquelle je souhaite que la question de la lutte anti-raciste soit au cœur de la campagne aussi présidentielle parce qu'il faudra faire des propositions concrètes.
Mais vous appelez qui à marcher à vos côtés ? Est-ce que, par exemple, le PS est le bienvenu ? Est-ce qu'Olivier Faure est le bienvenu à votre marche ?
Moi, je n'invite pas personnellement Olivier Faure. J'invite l'ensemble de celles et ceux qui considèrent que la lutte anti-raciste, anti-fasciste, anti-sémite, c'est-à-dire que la question de l'antisémitisme, agir contre l'antisémitisme, agir contre l'islamiflu, fait partie, en fait, font partie de ces luttes-là. Et donc, tous celles et ceux qui considèrent qu'ils ont à dire des choses dessus, qu'ils ont à agir dessus, sont bien sûr les bienvenus.
Un mot, Bally Bagayoko, un dernier mot. Quatrième candidature de Jean-Luc Mélenchon. 2032, ça sera la candidature Bally Bagayoko ?
Non, non, non, moi je ne me projette pas à ce niveau-là. Ce que je dis juste, c'est que 2026, ça sera une victoire. Et ensuite, après, nous aurons le temps, bien sûr, de voir pour 2032.
Merci beaucoup, merci d'avoir été notre invité. Stéphane, on regarde la ligne de Ouest-Franche ? On la regarde ensemble, j'ai la cité. Allez, l'inflation est de retour. C'est à la une de votre journal. Merci beaucoup Stéphane, merci Bally Bagayoko. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Bally Bagayoko