La préfète du Puy-de-Dôme dénonce des "hordes barbares" à Clermont-Ferrand et envisage d'interdire les regroupements
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteRéponse directe
Quels moyens pour assurer la sécurité des manifestants ? Celles des commerces aussi, face aux casseurs et aux pilleurs.
- 0:33OuverteRéponse directe
Cette journée de mobilisation, comment s'annonce-t-elle ? Y aura-t-il une interdiction de manifester à Clermont-Ferrand ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y aura autant, voire plus, de forces de l'ordre mobilisées samedi ?
- 4:21OuverteRéponse directe
Vous appelez les gens à ne pas venir faire du shopping ou à ne pas se rendre dans le centre-ville ?
- 4:45RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous me dites si on va essayer de protéger, mais on sait d'ores et déjà qu'il va y avoir de la casse ?
- 5:30OuverteRéponse directe
Vous leur dites quoi ce matin aux manifestants ? S'il vous plaît, ne venez pas.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55Invité politiqueFait
« aucune manifestation n'a été déclarée. Donc, je rappelle que c'est une obligation et que toute manifestation qui n'est pas déclarée n'est pas légale. »
- 1:04Invité politiqueFait
« En tout cas, elle ne pourra pas être protégée. Les manifestants ne pourront pas eux-mêmes être protégés, comme c'est le cas lorsqu'un syndicat ou une organisation quelconque déclare une manifestation. »
- 1:53Invité politiqueFait
« dès le matin, à partir de 11h, nous avons eu des attaques en règle. Et là aussi, j'emploie le terme à dessein, des attaques en règle de la Banque Populaire, d'abord, et des policiers, de manière générale, tout au long de la journée. »
- 2:06InvitéChiffre
« Encore 43 policiers et gendarmes blessés, c'est le dernier bilan. C'est un tiers des effectifs. »
- 2:20Invité politiqueFait
« il y aura plus de forces de l'ordre mobilisées samedi. »
- 3:03Invité politiqueFait
« depuis à peu près 20 ans que je gère des manifestations et des situations de crise, c'est la première fois, la première fois, que je suis confrontée à autant de haine et de violence. »
- 3:21Invité politiqueFait
« c'est très difficile d'avoir une estimation de la participation parce que ces personnes, en général, correspondent sur des réseaux cryptés. Évidemment, on ne déclare pas les manifestations. »
- 3:51Invité politiqueFait
« nous étions à la fois surpris par le nombre, mais aussi par l'intensité de la violence. »
- 4:33Invité politiqueFait
« on a vu vraiment des scènes de pillage, mais aussi des scènes d'attaque. »
- 4:50Invité politiqueFait
« On ne peut pas poser un policier devant chaque commerce. C'est impossible. »
- 5:42Invité politiqueFait
« Je pense qu'il est tout à fait légitime de manifester. C'est un droit constitutionnel, mais il est encadré. »
Temps de parole
- Invité politique69 %
- Invité24 %
- ?4 %
- Présentateur3 %
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Toute
l'Auvergne se réveille,
avec ICI Pays d'Auvergne.
Une
nouvelle journée de mobilisation se profile. Quels moyens pour assurer la sécurité des manifestants ? Celles des commerces aussi, face aux casseurs et aux pilleurs. On en parle avec l'invité d'ICI Pays d'Auvergne, Delphine Marion.
Une deuxième journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat. Et une inquiétude dans toutes les têtes, celle de revoir les images de samedi dernier. Une place de jaude sous le gaz lacrymogène, des LBD et des magasins pillés et saccagés. Nous sommes avec la préfète du Puy-de-Dôme ce matin, Anne Fracowiak-Jacobs. Bonjour. Bonjour. D'abord, cette journée de samedi, comment s'annonce-t-elle ? Et première question, y aura-t-il une interdiction de manifester à Clermont-Ferrand ? C'est le cas par exemple à Bordeaux, au Mans ou encore à Toulon
? Alors,
nous appréhendons une journée de mobilisation importante à nouveau.
En
dépit du fait que pour l'instant, aucune manifestation n'a été déclarée. Donc, je rappelle que c'est une obligation et que toute manifestation qui n'est pas déclarée n'est pas légale. En tout cas, elle ne pourra pas être protégée. Les manifestants ne pourront pas eux-mêmes être protégés, comme c'est le cas lorsqu'un syndicat ou une organisation quelconque déclare une manifestation. Donc, aujourd'hui, nous attendons une mobilisation forte néanmoins. Et j'envisage, en effet, de prendre des mesures, non pas d'interdiction de manifestation, puisque je ne peux pas interdire une manifestation qui n
'est
pas déclarée, mais d'interdiction de regroupement pour ce samedi, notamment sur la place de Jaude et sur les rues environnantes qui ont été, la semaine dernière, la proie de hordes barbares, que je qualifie en effet de barbares.
Les termes sont
extrêmement forts ce matin ? Oui,
ils
sont très forts, parce que c'est la réalité. Et ça n'était pas le fait que, simplement, de quelques groupuscules de casseurs, dès le matin, à partir de 11h, nous avons eu des attaques en règle. Et là aussi, j'emploie le terme à dessein, des attaques en règle de la Banque Populaire, d'abord, et des policiers, de manière générale, tout au long de la journée.
Encore 43 policiers et gendarmes blessés, c'est le dernier bilan. C'est un tiers des effectifs. Je me doute que vous allez garder ça sous le secret jusqu'au bout, mais est-ce qu'il y aura autant, voire plus, de forces de l'ordre mobilisées samedi ?
Alors,
il y aura plus de forces de l'ordre mobilisées samedi. Vous attendez,
vous avez demandé
des renforts ?
Tout à fait, j'ai demandé des renforts.
J
'ai demandé aussi des moyens d'action différents.
Évidemment, je ne vais pas
vous révéler l'ensemble du plan que nous avons mis en œuvre avec le directeur interdémarlemental de la police nationale. mais nous aurons des moyens importants, des moyens, par exemple, de projection d'eau, des moyens de
lanceur d'eau, des
canons à eau.
On parle de garde républicaine également.
qui permettent de disperser une foule. Parce que nous sommes vraiment confrontés à une violence extrême. Je crois que depuis à peu près 20 ans que je gère des manifestations et des situations de crise, c'est la première fois, la première fois, que je suis confrontée à autant de haine et de violence.
Vous avez reconnu hier soir, je crois, devant les commerçants, que vous aviez été dépassé comme finalement beaucoup de préfets. Et l'État, façon générale, samedi dernier, de toute façon.
Oui, c'est très difficile d'avoir une estimation de la participation parce que ces personnes, en général, correspondent sur des réseaux cryptés. Évidemment, on ne déclare pas les manifestations. Et donc, il est très difficile pour le renseignement territorial d'estimer précisément le nombre de la participation. Et donc, nous mettons des moyens, évidemment, à la hauteur de ce que nous attendons. Mais
nous pourrons,
en effet, être parfois surpris. Et réellement, nous étions à la fois surpris par le nombre, mais aussi par l'intensité de la violence. On
avait à peu près 130 membres des forces de l'ordre samedi dernier. Là, vous nous dites des canons à eau supplémentaire. Il y aura des moyens humains aussi supplémentaires
annoncés ? Oui, il
y
aura aussi des moyens humains, évidemment. Mais moi, j'appelle néanmoins, en dépit de ces moyens, les commerçants à se protéger. Je crois que de toute façon, malheureusement, la place de Jaude sera assez déserte samedi.
En tout cas, vous appelez les gens à ne pas venir faire
du
shopping,
par
exemple, ou à ne
pas se rendre dans le centre-ville ? Moi,
je
crois que de toute façon, il faut que les commerçants se protègent, qu'ils protègent leur activité, mais qu
'ils
se protègent eux-mêmes, parce qu'on a vu vraiment des scènes de pillage, mais aussi des scènes d'attaque. Et donc, je crois qu'il faut vraiment qu
'ils
se protègent samedi. Alors, c'est dramatique, parce que...
Pardon, mais c'est finalement
un aveu de faiblesse.
Est-ce
que vous me dites si on va essayer de protéger, mais on sait d'ores et déjà qu'il va y avoir de la casse
? On
ne peut pas éviter, quand vous êtes, encore une fois, face à des hordes comme celles-là, qui n'ont
vraiment
que pour projet de casser, de piller. On ne peut pas poser un policier devant chaque commerce. C'est impossible. Nous, nous sommes là pour essayer de disperser, de protéger la population. Et je note fort heureusement qu'il y a eu quelques blessés, quatre blessés légers parmi les manifestants. Je pense que la situation aurait pu aussi être plus grave et qu'on aurait pu avoir un commerçant, un passant, un client très gravement blessé par ces attaques en règle.
Une dernière question. Très rapidement, vous parliez des manifestants, ceux qui souhaitent manifester malgré tout samedi. Vous leur dites quoi ce matin ? S'il vous plaît, ne venez pas. C'est prendre des risques inutiles. Vous allez vous retrouver au milieu des casseurs et d'une part, et des forces de l'ordre de l'autre
?
Absolument. Je pense qu'il est tout à fait légitime de manifester. C'est un droit constitutionnel, mais il est encadré. Et samedi, je crois que ceux qui ont des revendications légitimes risquent de se trouver parmi des casseurs et des personnes extrêmement violentes qui n'ont absolument rien à voir avec leurs revendications.
Merci beaucoup Anne Fracowiak-Jacobs, préfète du Puy-de-Dôme. Merci d'avoir été avec nous
ce matin.