🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Marion Maréchal sur RMC
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soutient leur démarche de blocage, de manifestation, parce que malheureusement dans ce pays, quand on ne bloque pas Paris, on n'est pas entendu. Je rappelle quand même que pendant des semaines, dès le mois d'octobre et novembre, les agriculteurs ont tenté de faire un certain nombre de manœuvres symboliques. Ils ont retourné des panneaux et ce, dans l'indifférence politique générale. Donc je regrette, mais je comprends qu'ils soient obligés d'arriver à ce type de choses pour pouvoir enfin obtenir, ne serait-ce qu'un minimum d'intérêt ou d'écoute de la part de ce gouvernement aveugle et hostile à leur profession.
Je rappelle que l'agriculture, c'est le plus grand plan social de ces dernières décennies. On a perdu 100 000 agriculteurs dans 10 ans. On va en perdre 100 000 dans les 10 ans à venir. C'est un drame sur le plan stratégique et de la souveraineté pour notre pays. Donc moi, je crois que quand ils se mobilisent, ils ne se mobilisent pas seulement pour des raisons corporatistes, ils se mobilisent pour l'ensemble de la France et des Français.
Donc vous êtes derrière eux, quoi qu'il arrive, j'ai envie de dire. C'est-à-dire même s'il y a des débordements, même s'il y a des intrusions comme il y a eu à l'indifférence.
La limite, évidemment, c'est toujours la violence sur les personnes et c'est toujours la casse. Mais en l'occurrence, là, les personnes qui ont été mises en garde à vue, manifestement, ne sont pas responsables d'un saccage tel que cela a pu être dit.
Ils n'y auraient pas eu. En tout cas, eux disent n'avoir fait effectivement qu'une intrusion.
Exactement. Et je trouve que la réponse de Gérald Darmanin et la mise en garde à vue me semblent excessives. Jusqu'alors, il y avait une certaine clémence. Pardon, mais je suis désolée. Si ces personnes aujourd'hui sont dans la rue, c'est pour moi de la part de la responsabilité du gouvernement.
C'est-à-dire que si depuis des années, on n'avait pas organisé la mise en concurrence de ce secteur, si on ne les avait pas assommés de normes et de réglementations absurdes, si on avait fait en sorte de leur créer des débouchés de marché pour qu'ils puissent vivre de leur travail, si on n'avait pas laissé s'installer un cinquième des agriculteurs sous le seuil de provocté, s'il n'y avait pas un agriculteur tous les deux jours qui se suicidait dans ce pays, ils ne seraient pas dans la rue. C'est des gens qui travaillent 55 heures par semaine, qui sont passionnés par leur métier, qui ne se plaignent jamais, qui ne demandent pas à être désassistés.
Si on en est à jeter cette France de la terre dans la rue, pour moi, les seuls responsables, c'est d'abord le gouvernement. Donc je suis à leur côté, quoi qu'il arrive.
Et on va voir, Marion Maréchal, dans le détail, les réponses qui sont apportées pour l'instant par le gouvernement, mais aussi par Bruxelles, puisque c'est de là qu'une partie des réponses seront attendues aujourd'hui, sur la question des jachères, sur la question du poulet ukrainien, sur la question du Mercosur. Mais encore un mot sur cette mobilisation et sur sa forme. Ce matin, sur RMC, la présidente de la coordination rurale, Véronique Lefloc, a annoncé que des agriculteurs convergent, au moment où l'on se parle, vers l'Assemblée nationale. A l'écouter.
Ce sont les agriculteurs de partout qui s'organisent pour constituer, remplir des voitures, et qui nous ont dit « nous on arrive à Paris ». Quand ? Là, ils partaient ce matin, certains partaient à 5h, d'autres partaient à 6h. Il y a des départs de partout. Ils ont décidé de venir marquer ce soutien pour nos 91 collègues qui ont été interpellés hier. Et ils seront donc dans les heures qui viennent devant l'Assemblée. Alors attention, ce n'est pas la même chose que le mouvement qui était parti d'Agin, qui là était parti en tracteur. Là, l'idée, c'est individuellement, tous ces agriculteurs qui veulent se retrouver sur le parvis de l'Assemblée nationale. Vous y serez ?
Alors, je ne sais pas si j'y serai. En tout cas, j'ai été hier aux côtés des agriculteurs qui ont tenté de monter sur Paris depuis la Sologne. J'ai été également à Bruxelles aux côtés des agriculteurs qui manifestaient il y a quelques semaines de cela. En tout cas, ce que j'en conclue, c'est qu'il y a aussi une insatisfaction à la suite des annonces de Gabriel Attal. C'est-à-dire que manifestement, les agriculteurs, ils ont raison, ne sont pas dupes. C'est-à-dire qu'on a un Premier ministre qui, fidèle d'ailleurs à notre président, fait du marketing. Donc, on a tous les mots-clés et tous les mots magiques. On a souveraineté alimentaire, on a indépendance, on a exception agricole.
Sauf que les agriculteurs, ils savent bien que dans le même temps, ce gouvernement a soutenu toutes les politiques de décroissance agricole qui sont en train d'être mises à l'œuvre au Parlement européen. Je pense au pacte vert, je pense à la politique de la ferme à la fourchette, je pense à la restauration de la nature. Autant de politiques qui vont être mises en place, dont on sait aujourd'hui, études d'impact à l'appui, qu'elles vont aboutir à une baisse de la production européenne et à une réduction des terres agricoles disponibles.
Aujourd'hui, le gouvernement et Emmanuel Macron lui-même disent, on a compris le message, Bruxelles même dit, on a compris le message. Hier, à Bruxelles, il y a eu deux annonces. L'idée des jachères et l'idée du poulet ukrainien. Ce qu'on appelle le poulet ukrainien, pour résumer, c'est la question de l'abaissement considérable des droits de douane entre l'Ukraine et l'Union européenne, pour permettre, par solidarité aussi avec le peuple ukrainien, qu'ils puissent plus facilement nous vendre leurs marchandises agricoles. Sur la jachère, prenons précisément les termes qui ont été donnés. La Commission européenne a annoncé hier une dérogation sur la mise en place de ces jachères.
C'est l'une des raisons de la colère des agriculteurs. Ils imposaient 4% de terres arables en jachère. Ils acceptent que ce ne soit pas le cas, si, en échange, il y a 7% en oléagineux.
Oui, le problème, si vous voulez, c'est qu'on est sur des réponses qui sont dérisoires et secondaires par rapport à la réponse structurelle qu'il faudrait apporter. C'est-à-dire que, là, je vous parle de toutes les politiques qui vont être lancées. Je n'ai pas vu le gouvernement remettre en cause ce fameux pacte vert d'Ursula von der Leyen. Mais ça, c'est une remise en cause. Non, mais là, je vous en parle. Oui, oui, je vais rentrer dans le détail, si vous voulez, je vais rentrer dans le détail. Mais vous avez raison, en l'occurrence, ce gouvernement a voté les modalités de la PAC telles qu'elles existent aujourd'hui.
Et puis, comme d'habitude, ils se rendent compte, après coup, comme sur le nucléaire et bien d'autres exemples... Pas les modalités de la PAC.
Pardon, mais les modalités de la PAC, je pense que les députés qui étaient RN, qui sont avec vous aujourd'hui, ils ont voté la PAC telle qu'elle est aujourd'hui. Vous savez que la PAC fait partie...
La PAC fait partie des rares politiques qui nous permettent de récupérer une petite partie de l'argent que nous versons à l'Union Européenne. Vous ne pouvez pas reprocher au gouvernement de l'avoir voté en l'ayant voté vous aussi. Il y a une différence, pardon, entre vouloir récupérer une partie de son argent et donc voter légitimement pour qu'on puisse récupérer une partie de cet argent. Et il y a une différence, parce que soutenir dès le départ quand on est dans la majorité, parce que je rappelle que Renew fait partie de la majorité, donc ils ont la main à Bruxelles, contrairement aux oppositions.
Je vais préciser pour ceux qui nous écoutent exactement de quoi on parle. On parle du vote au Parlement européen de la PAC, qui est donc renouvelé tous les trois ans, en gros, qui a donc été voté il y a un an pour une mise en application au 1er janvier. Quand vous dites Renew, Renew, c'est le groupe européen auquel appartient la Macronie, les députés macronistes. Emmanuel Macron, c'est également le PPE du groupe DLR. C'est de constater que ce vote-là, c'était un vote commun avec les députés de votre sensibilité.
Non, non, pas du tout, pas du tout, parce qu'en l'occurrence, on n'était pas du tout d'accord, on était d'accord pour récupérer les subventions. On n'était pas d'accord sur le député de la PAC. Et qu'est-ce que je reproche, moi, sur cette politique agricole commune ? C'est que dans les objectifs donnés à cette politique agricole commune, il ne s'agit pas de défendre, ou plus en tout cas, parce que c'était le cas à l'origine, l'autonomie alimentaire du continent, mais d'aller vers des logiques de verdissement, donc dans des pratiques plus écologiques.
Et donc la conséquence de cela, en parallèle de tout ce que je vous ai dit tout à l'heure, c'est qu'on va aboutir à une baisse de la production agricole, et à une augmentation des importations, et c'est le cœur de la contestation, de produits... Ce qui n'est pas encore le cas, il faut préciser que la France exporte plus qu'elle n'importe.
Non, mais on a doublé les importations depuis 2000, on a un gouvernement qui a noyé nos agriculteurs sous la concurrence déloyale de l'Ukraine, sans aucune mesure, si vous voulez, de ce qui allait advenir, alors que je rappelle quand même en Ukraine, on est à 200 euros de salaire moyen mensuel, on a des exploitations qui font quasiment la taille du Jura, on a des productions de volailles qui vont jusqu'à 2 millions de têtes, donc c'était criminel d'ouvrir les frontières comme ils l'ont fait aujourd'hui. Une fois de plus, la solidarité, ce n'est pas le suicide. Donc là, aujourd'hui, ils commencent à vouloir corriger un tout petit peu les mauvaises décisions qu'ils ont prises.
Sur l'Ukraine, puisque vous en parlez à l'instant, voici la proposition de la Commission telle qu'elle a été formulée hier. La Commission européenne propose donc, oui, de prolonger d'un an l'exemption de droits de douane avec l'Ukraine, en solidarité, comme on le disait à l'instant, avec le peuple en guerre, mais elle dit que sur un certain nombre de points, et notamment les œufs et les poulets, il y aura, ainsi que le sucre, considéré comme un produit sensible, il y aura la possibilité de mesures correctives, c'est-à-dire de pouvoir faire pause, mettre un frein, si tous ces produits envahissent trop.
Une fois de plus, il s'agit de savoir si notre agriculture va survivre ou mourir. Aujourd'hui, c'est les termes du débat qui sont posés comme ça. Emmanuel Macron, aujourd'hui, va se rendre auprès de la présidente de la Commission. Les choses qu'il doit demander sont très claires, c'est-à-dire qu'il doit demander en effet des dérogations aux conditions d'accès à la politique aéricole commune, il doit obtenir une dérogation aux droits européens pour permettre la priorité nationale dans l'accès au marché public, en particulier de la restauration collective, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Moi, je me souviens, j'étais élue en Provençal-Côte d'Azur, j'avais un producteur de tomates à Château-Renard dans les Bouches-du-Rhône, il produisait des tomates à Château-Renard, et dans ce même lycée de Château-Renard, on mangeait des tomates venues du Maghreb. Là, c'est un exemple anecdotique que je vous donne, mais c'est la réalité quotidienne de ce qui se passe aujourd'hui.
On veut qu'Emmanuel Macron ait un engagement ferme dorénavant de la Commission, que le traité de libre-échange du Mercosur n'avance pas, contrairement à ce qui a été dit, puisque lui-même l'a défendu, puis est revenu dessus, et puis on découvre en fait que les négociations continuent, malgré soi-disant l'opposition de la France. On souhaiterait qu'il bloque également l'accord de libre-échange avec le Chili, dont ses élus ont voté l'adoption en Commission, il y a quelques jours seulement, après avoir voté également l'accord avec la Nouvelle-Zélande.
Donc qu'il prenne un engagement ferme de dire aujourd'hui, « Stop, il n'y a plus de traité libre-échange, et on doit s'atteler dorénavant à faire respecter la réciprocité, et donc le respect des règles et des normes phytosanitaires sur les produits qui arrivent sur le sol français », ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Ça, c'est des mesures très concrètes qu'on demande, et surtout sur l'Ukraine, il faut arrêter les importations. C'est-à-dire qu'il y a une différence... Revenons, vous avez commencé à évoquer le Mercosur, et on va y revenir.
Ça veut dire que sur l'Ukraine, vous estimez en tout cas que les mesures telles qu'elles ont été annoncées hier par la Commission européenne de mise en pause ou d'exception ne sont pas suffisantes.
Il y a encore des réponses dérisoires, bureaucratiques, donc vous verrez que les effets en réalité ne seront pas à la hauteur des enjeux. On a une augmentation de 74% des importations de volailles sur l'année passée en Europe. On a aujourd'hui un poulet sur deux qui est consommé en France, qui était d'origine étrangère. Donc ça n'est pas possible.
Il y a une différence entre avoir accepté ce qui nous avait été vendu au départ, de voir les produits ukrainiens transiter par l'Europe pour aller vers l'Afrique, et ainsi éviter le blocus lié à la guerre en Russie, et avoir déversé de manière massive les produits ukrainiens, dont je rappelle que l'Ukraine a aujourd'hui un quart de la surface agricole du continent. Donc c'est un drame absolu. On ne peut pas se contenter de demi-mesures bureaucratiques, avec je ne sais combien de règles, d'exceptions, comme c'est toujours le cas dans la bureaucratie européenne. On veut un arrêt total. On veut des dérogations à la PAC.
On veut des dérogations aux droits européens sur la question de la priorité nationale. Et on veut des engagements fermes et clairs sur les accords de libre-échange en cours et à venir.
Quand vous parlez sur la question aussi de la fixation des prix sur la loi EGalim, Emmanuel Macron lui-même, alors qu'il était en Suède hier, a reconnu, et il l'a dit tel quel, il a dit « force est de constater que certains de nos distributeurs ont organisé par des grandes centrales européennes le contournement de la loi française ».
Ce à quoi il fait référence, c'est ce qu'a reconnu à ce micro il y a deux jours le président de Système U, Dominique Schellcher, qui reconnaissait que pour certains produits, pour certaines très grandes marques d'agroalimentaire, au lieu de négocier les prix sur l'hexagone, on les négocie de l'autre côté de la frontière pour ne pas avoir à respecter la loi EGalim. Deux options. Soit on impose que les négociations se fassent sur l'hexagone, soit on élargit le périmètre de la loi EGalim. Au fond, est-ce qu'on ne pourrait pas se dire « l'Europe c'est très bien » si on prend nos exigences et qu'on les impose aux autres ?
Déjà, première chose, on ne le découvre pas. Je veux dire, le fait que la loi EGalim soit détournée et pas appliquée, ça fait des mois et des mois et des mois que les agriculteurs alertent là-dessus et qu'il ne se passe rien. Bon, une fois de plus, il a fallu attendre qu'ils aillent dans la rue pour qu'on se réveille. Donc maintenant, la ligne de conduite, elle est simple. Soit on est capable, et la France est capable, et moi je crois qu'elle pourrait être capable si elle s'en donnait les moyens d'imposer un certain nombre de choses au niveau européen, soit elle n'y parvient pas pour différentes raisons, et dans ce cas-là, elle doit être capable de faire appliquer ça au niveau national.
Mais au-delà de la question de la fixation des prix, une fois de plus, j'y reviens, il y a la question de la concurrence déloyale. Parce qu'il y a aussi beaucoup de choses qui sont liées à une réponse franco-française. Parce qu'évidemment, il y a la question de l'Union européenne, mais il y a aussi la question de la surtransposition des normes françaises. On pourrait parler de la filière de la betterave, on pourrait parler de la filière de la pomme, on pourrait parler de la filière de la cerise.
Autant aujourd'hui de produits qui ont des réglementations et des normes beaucoup plus lourdes en France qu'en Europe, et évidemment par rapport à l'extérieur de l'Europe, et dont pourtant on subit la concurrence directe de produits européens, allemands par exemple pour la betterave, ukrainiens également pour la betterave, pommes polonaises, et qui arrivent sur nos étals sans qu'on ait vérifié les résidus de phytosanitaire qui sont précises sur le sol français.
Qu'elles sont aujourd'hui, encore une fois on peut avoir des craintes sur l'avenir, mais au moment où on se parle, la France exporte davantage qu'elle n'importe sur le plan agricole.
Parfait madame, mais la conclusion quand même, c'est que la baisse de la production française, elle est indéniable, que depuis les années 2000, on est passé de deuxième puissance exportatrice mondiale. Je suis bien d'accord. Mais je vous dis simplement, le fait aujourd'hui, nous avons une balance commerciale positive sur le plan agricole. Le modèle agricole qu'on a construit, le modèle économique autour de l'agriculture qu'on a construit, ne fonctionne pas et aboutit à la disparition de notre agriculture française. Donc moi, ce que je veux à un moment donné, c'est plutôt que d'entendre des mots-clés comme souveraineté et indépendance, qu'on s'en donne les moyens.
Et si on ne parvient pas à obtenir une majorité pour changer cela au Parlement européen, qu'on négocie des dérogations. Donc on engage un rapport de force. On a les moyens de cela. On a les moyens de la politique de la chaise vide. Sur le Mercosur. Pardon. On a les moyens de la négociation sur le budget. On est aujourd'hui le deuxième contributeur net. On donne plus qu'on ne reçoit. Vous croyez que si demain la France dit je coupe les robinets puisque vous êtes en train d'organiser la mort de mon agriculture, vous croyez que la Commission ne va rien faire. Elle va être obligée de céder. Donc on a deux moyens.
Refuser de faire le chèque et carrément d'être dans la chaise vide.
Mais le problème, c'est qu'Emmanuel Macron ne veut pas faire cela parce qu'il est d'accord avec les politiques d'Ursula von der Leyen. Il y a un double discours. Il faut que les gens l'entendent. Il y a un double discours entre le niveau européen et le niveau français.
Sur le Mercosur, est-ce que vous êtes pour ou est-ce que vous êtes contre ? Je suis contre. Parce que vous étiez proche, en tout cas à un moment, je ne sais pas où est-ce que vous en êtes aujourd'hui, de jaillir Bolsonaro. Lui, il est pour. Proche. Non mais d'accord.
Il vous a invité là-bas. Il a échangé avec vous. Je ne suis pas une proche de Bolsonaro. Je considère qu'il y avait un certain nombre de choses intéressantes. Pour autant, ce qui m'intéresse, c'est de défendre les intérêts français. C'est ce que j'ai envie de faire aujourd'hui en France et demain au Parlement européen.
La raison pour laquelle sa ratification a été suspendue, en tout cas au départ, maintenant il y a évidemment la colère des agriculteurs, mais la raison pour laquelle la ratification du Mercosur a été refusée par la France, c'était parce qu'Emmanuel Macron disait ne pas faire confiance au président brésilien sur le respect des normes environnementales. Or, ce président, c'est quelqu'un dont vous avez fait l'éloge.
Merci de rappeler quand même qu'à un moment donné, Emmanuel Macron était donc pour la mise en place de ce traité, qu'il a changé d'avis pour des raisons d'ailleurs politiques et d'opposition politique à Bolsonaro à l'époque. Oui, mais vous aujourd'hui... Ah non, mais moi je suis très claire. Moi je suis contre le traité de libre-échange avec le Mercosur. Vous êtes pour Bolsonaro, mais contre le traité. Je ne suis pas proche d'ailleurs de Bolsonaro particulièrement. Je trouve qu'il y avait des choses intéressantes dans son élection et dans son programme. Maintenant, ça ne va pas au-delà de ça. Mais ce qui m'intéresse, c'est la défense des intérêts français.
Et si je peux regarder parfois avec sympathie par certaines politiques, y compris d'ailleurs en Europe, chez nos amis hongrois ou polonais par le passé ou italiens, pour autant, ma boussole, c'est d'abord la défense des intérêts français. Et les intérêts français ne vont pas dans le sens de l'ouverture des frontières avec, évidemment, l'Amérique du Sud.
Marion Maréchal, tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter. Ça pourrait être de vous. Oui, si vous voulez, le problème, c'est que c'est la réponse politique
qu'il y a derrière. Ça, c'est toujours pareil. C'est donc des mots de Gabriel Attal prononcés
pendant son discours de politique générale.
Oui, alors un discours d'ailleurs dont je précise qu'il n'y a quasiment rien, même rien, disons-le, sur l'immigration, dont il n'y a rien aujourd'hui sur l'avancée de l'islamisation et de l'islamisme dans notre pays, dont le dernier sondage du JDD révèle quand même que chez les jeunes générations de musulmans, elle continue d'avancer, cette radicalisation, malheureusement. On n'a rien non plus sur la réponse pénale et la réponse judiciaire, alors que les derniers chiffres de 2023 qui sont sortis démontrent une fois plus une augmentation dans la majorité des crimes et des délits. Donc moi, j'ai l'impression d'avoir un sous-préfet à la simplification. Alors on nous parle de la taxe lapin.
C'est complètement lunaire quand on y pense. On nous parle de la taxe lapin, on nous parle pour les agriculteurs d'avancée de trésorerie, on nous parle de simplification. Très bien, mais enfin, à un moment donné, la réponse structurelle, elle est où ? Et ce n'est pas en nous expliquant qu'on va faire en sorte que les élèves passent la serpillère une fois qu'ils ont sali, renversé de l'eau dans le hall de l'école, que ça va, selon moi, répondre à ce grand défi aujourd'hui de l'effondrement de l'éducation nationale et de l'autorité de l'éducation nationale. Les professeurs, d'ailleurs, sont en grève aujourd'hui. Est-ce qu'eux aussi, vous les soutenez ?
Il faut voir les revendications qu'il y a derrière. Mais moi, je soutiens en tout cas l'idée d'une réforme profonde de l'éducation nationale qui n'est pas seulement la question de l'uniforme. Je pense que ça, c'est important. Mais c'est qu'un des points parmi les très nombreux. Moi, je veux qu'on ait la fin du collège unique, par exemple. Je veux qu'on ait un vrai retour sur les fondamentaux en primaire. Mais ça veut dire concrètement... Tout ça, c'est ce que Gabriel Attal, ministre de l'Éducation, défendait. Ils ne le font pas depuis 7 ans. Ça veut dire que si on remet les savoirs fondamentaux en primaire, il y a des conséquences très concrètes.
Ça veut dire qu'on ne fait plus que des maths et du français, de l'histoire de géo. On ne fait plus d'art plastique, on ne fait plus de technologie. On ne fait plus d'art plastique. On ne fait plus de langue vivante. On ne peut pas théâtre. Il y a des choix, en fait, à un moment donné. Quand on a près de 30% des élèves qui arrivent en 6e qui ne savent pas lire et écrire, on fait des choix. Et donc le retour aux fondamentaux, c'est ça. Mais depuis 7 ans... Vous, ministre de l'Éducation, vous supprimez le sport aussi ? Quel effondrement dans les capacités de lecture et de calcul et de français chez les élèves.
Donc quant à l'inverse, Emmanuel Macron dit qu'on va remettre de la culture et on va remettre du théâtre. Recentrer sur les fondamentaux, excusez-moi, c'est ce que ça veut dire. Alors, il va falloir m'expliquer ce que Gabriel Attal dit et veut dire en expliquant et en ressortant cette phrase tout le temps. Donc tout le monde s'accorde à dire qu'elle est légitime au musée pour aller voir des tableaux, par exemple. On parle des langues vivantes, par exemple. Quand on a des élèves aujourd'hui qui, à 6, 7, 8 ans, ne sont pas capables d'acquérir les bases du calcul, de la lecture et de l'écriture, je suis désolée, on récupère des heures de langues vivantes. Donc tant pis pour la culture.
Non, mais c'est pas... Je ne suis pas en train de vous dire qu'on va arrêter les sorties scolaires. Je ne suis pas en train de vous dire qu'on va arrêter les sorties scolaires. Vous parlez de l'art plastique, de la technologie et des langues vivantes. Je dis oui, il faut dégager des heures ou de toutes les activités. Vous ne pensez pas que c'est important ? Je parle en primaire. Je ne dis pas qu'il ne faut pas faire de langues vivantes dans le cursus.
Je crois que nos parents se disent qu'aujourd'hui, c'est important pour l'enfant
qui parle une langue étrangère. 8 ans, la priorité, c'est d'abord de maîtriser sa langue. Parce que quand on ne maîtrise pas correctement sa langue, on n'est pas capable, si vous voulez, d'apprendre une langue étrangère. Ça, c'est la base. On n'est même pas capable de lire correctement. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui dans les écoles. Donc oui, il y a des choix à faire. Des choix qui sont des choix radicaux. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des sorties scolaires et des sorties culturelles ou du sport. Bien évidemment, ce n'est pas le sujet. Mais qu'à un moment donné, il ne suffit pas de dire les mots et les mots magiques.
Il faut qu'il y ait des mesures précises qui soient prises derrière.
Mais c'est ce que je vous dites, même les langues étrangères. Il y a quelque chose aussi d'une forme de refus de l'étranger. Non, mais qu'est-ce que vous vous racontez ? Je trouve ça étonnant. On doit d'abord se comprendre.
C'est marrant, mais je parle anglais et je parle italien. Je suis très content de parler des langues étrangères. Vous êtes très heureuse de le transmettre à votre enfant. Mais il n'y a pas de problème. Mais d'ailleurs, je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas l'apprendre au collège et au lycée. Je suis en train de vous dire qu'aujourd'hui, en primaire, au regard de ce qui est en train de se passer et de l'effondrement du niveau, on a besoin de dégager des heures. Et donc, on a besoin de se recentrer sur les fondamentaux.
Voilà, c'est un choix éducatif pour pouvoir remonter le niveau et faire en sorte qu'on n'ait pas autant d'élèves qui arrivent en sixième avec si peu de capacité de maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul. C'est tout ce que je dis. Et une fois de plus, moi, ce que je dénonce, c'est l'hypocrisie permanente. On a un Gabriel Attal qui, une fois de plus, va utiliser tous les mots-clés de la droite qui vont faire tilt. Donc ordre, savoirs fondamentaux, autorité, indépendance, souveraineté. Mais quelles sont les politiques derrière ? Et une fois de plus, Gabriel Attal, il est, comment dire, responsable de la politique menée depuis sept ans par ce gouvernement.
Marion Maréchal, vice-présidente du groupe Reconquête et candidate Reconquête à l'élection européenne. Merci d'être venu dans ce studio ce matin. Il est 8h53 sur AMCB FM TV.
Marion Maréchal