CORONAVIRUS - Macron : l'odieuse injonction
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Nous n'allons pas voter ce qui nous est proposé, non raison de votre personne, monsieur le Premier ministre, ni même de l'idée que nous nous faisons de votre action. Nous sommes certains que vous faites pour le mieux, mais nous ne partageons ni vos diagnostics ni le système d'action que vous avez choisi. Au demeurant, on voit bien que vous êtes aujourd'hui le bouqu émissaire de confort de toutes sortes de gens à commencer dans votre propre majorité.
Ce n'est pas notre état d'esprit. Notre état d'esprit, c'est de discuter les contenus, les faits d'une manière rationnelle car nous croyons que c'est la raison qui peut nous tirer des difficultés dans lesquelles la patrie se trouve. Au demeurant, vous n'êtes pas le responsable des diagnostics erronés.
En première ligne. En première ligne, comment oublier à propos de l'épidémie le 24 janvier ? Ces déclarations de madame Agnè Busin de triste mémoire dans l'hôpital public.
Le risque d'importation de cas depuis Ouran est modéré. Il est maintenant pratiquement nul parce que la ville est isolée. Les risques de cas secondaires autour d'un cas à pororté sont très faibles et les risques de propagation du coronavirus sont très faibles.
On pourrait lui faire porter la responsabilité de cette déclaration et de celle qu'elle a fait ensuite en prétendant vous avoir informé du danger, ce qui ne se voit pas à cette déclaration. Mais comment alors comprendre le président de la République le 3 mars ? Le 3 mars déclarant "Il est encore trop tôt pour dire si la France passera au stade de l'épidémie". les masques dont tout le monde convient à présent qu'ils sont indispensables et font partie en quelque sorte des instruments barrières élémentairire.
Donc vous dites vous-même, monsieur le Premier ministre, qu'il faudra en faire porter dans les transports et vous avez raison de dire qu'il le faudra, notamment quand vous verrez qu'il ne sert à rien de dire aux gens de ne pas prendre le métro pour leur plaisir car ils sont fort rares ceux qui sont dans cette situation. et je vous invite à aller voir comment ça se passe sur la ligne 13. Les gens font ce qu'ils font parce qu'ils y sont obligés, non parce qu'ils sont des raisonnables.
En attendant sur ce masque, le 13 avril, monsieur Macron déclarait "Je refuse aujourd'hui de recommander le port du masque le 13 avril pour tous et jamais le gouvernement ne l'a fait. Si nous le recommandons, ce serait incompréhensible" le 13. les tests dont l'OMS a dit dès le 15 mars qu'il fallait tester, tester et tester encore.
Formule qui a été reprise entre-temps par d'autres après qu'on nous ait dit dans cet hémicycle que cela ne servait à rien. Le président Macron le 23 avril déclare le 15 mars, l'OMS dit qu'il faut que tout le monde le fasse. Le 23 avril, le président Macron déclare "Nous n'allons pas tester toutes les Françaises et tous les Français, ça n'aurait pas de sens." Et enfin le confinement à qui de haute luttes, après combien d'efforts, de conviction fait et bien le président lui encore le 6 mars sortait du théâtre et déclaré la vie continue.
Il n'y a aucune raison, mise à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie. Voilà dans quel état d'esprit cette terrible crise a été abordée par ceux qui commandaient. ordre et contreordre se sont succédés.
Tant et si bien que c'est brisé et c'est pour cela que je mentionne toutes ces citations. Tant et si bien que c'est brisé le ressort fondamental de la lutte, la confiance. Car en démocratie, il n'y a pas de consentement à l'autorité sans confiance dans la légitimité des consignes qui sont données.
Et cette confiance est morte. Je ne suis pas sûr, monsieur le Premier ministre, qu'il faille vous en rendre vous responsable, mais celui qui a pris toutes ses décisions et tenu ses propos alors qu'il occupe la plus éminente place dans la République, lui doit en être tenu pour responsable. Et je me risque à cette critique en prenant la mesure des menaces qu'il a proféré contre ceux qui comptaient le critiquer.
Le président Macron en effet, le 31 mars a dit : "Quand cette crise sera passée, on aura tous à rendre des comptes, tous sans exception. La majorité bien évidemment, je crois que ça va être pour vous, monsieur le Premier ministre et c'est normal. Vous savez quel mot vous êtes traité dans un quotidien de droite qui dans le passé vous a été favorable.
Mais aussi, dit le président Macron, tous ceux qui ont joué à certains moments un jeu dangereux pour déstabiliser le pays dans une période où l'unité prévaler. Nous n'avons jamais pour notre part joué aucun jeu dangereux ni personne sur ses bancs. Nous avons juste joué le jeu de la démocratie qui consiste à dire avec sens des responsabilités et plus de mesures que vous ne le croyez ce qu'il était nécessaire de dire pour mettre en garde.
Et si vous n'y croyez pas, alors vous ne pouvez pas croire un seul jour à la démocratie parce que l'essence de la démocratie c'est justement d'entendre des gens qui disent des choses désagréable parce qu'ils sont pas de votre avis. À présent, nous voici rendus après une gestion calamiteuse à une sortie hasardeuse. Nous avons alerté le 30 mars par une tribune collective de tous les parlementaires insoumis vous disant il est temps de parler de déconfinement.
Certains commentateurs considérant le peuple français comme une assemblée bruyante de jeunes gens instables, disaient qu'il ne fallait pas prononcer le mot de peur que les gens ne viennent à en conclure, qu'ils pouvaient tous sortir de chez eux et partir aller faire la fête comme si ce peuple n'avait pas fait la démonstration au milieu de tous ses ordres et contre-ordres, au contraire d'une magnifique et terrible discipline dont il faut lui rendre tout l'hommage et toute la grâce quand bien même tant de fois il aura été montré du doigt par ces mêmes commentateur sortie hasardeuse. Il faut planifier planifier et non pas croire que le libre marché la libre comment dire motivation des individus va suffire à remplir les conditions qu'il faut remplir pour que ce 11 mai puisse être autre chose qu'une aventure. D'ailleurs, les observateurs attentifs ont remarqué que cette décision a été prise par le président de la République et lui seul sans tenir compte du gouvernement, sans tenir compte de l'Assemblée nationale, sans tenir compte du comité scientifique qu'il a pourtant lui-même nommé.
Et nous avons entendu avec la délicatesse qu'on apporte à ce genre de moment, le premier ministre nous dire que lui-même n'est pas bien sûr que le 11 mai on lèvera le confinement parce que si certaines conditions que l'on observerait venaient à le pousser à décider autrement, on déciderait autrement. Heureusement que vous le dites, monsieur le Premier ministre, parce que sinon nous aurions très peur. Le 11 mai hélas, il est possible que le déconfinement ne puisse pas se produire.
Car nous savons depuis le début que le déconfinement est indispensable. Mais encore, comme il est indispensable, faut-il le préparer avec tout le sérieux nécessaire ? Voici venu le moment des injonctions odieuses.
Vous n'avez pas été précis sur ce point, monsieur le Premier ministre. Les enfants doivent-ils aller à l'école obligatoire le 11 mai ou bien sur la base du volontariat comme l'a dit votre ministre de l'éducation nationale ? Parce que ça c'est anxiogène.
Des millions de familles se sont dit qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce que je dois faire ? Voilà ce que les gens viennent de vivre.
Comment peut-on demander aux parents d'évaluer le risque d'exposer leurs enfants au danger ? C'est odieux. Oui, c'est odieux.
Ils ne savent que faire les braves gens et surtout quand leur décision n'est pas libre parce qu'on leur dit il faut maintenant retourner au travail. C'est d'ailleurs pour ça qu'on commence par les plus petits parce qu'ils ne sont pas capables de se surveiller eux-mêmes alors que les plus grands pourraient le faire. Et pour les enseignants d'espace odieux de mettre en balance leur conscience professionnelle, leur attachement aux enfants qu'ils éduquent et leur propre risque, leur évaluation du risque pour eux et pour leur famille.
Voilà ce que j'appelle les injonctions odieuses. Et pour les travailleurs qui vont aller sur leur poste de travail sans qu'on leur garantisse qu'ils aient un masque pour se protéger et sans que vous ayez ordonné comme c'est votre responsabilité de le faire. Ordonner, pas suggérer, ordonner que les travailleurs puissent avoir des réunions de collectif de sûreté sanitaire sur les lieux de travail pour décider de contrôler d'un point de vue sanitaire la production et les conditions de la production.
Voilà. Maintenant, ce qu'il faut dire, monsieur le Premier ministre et qui fait que je m'étonne qu'autant de gens dans votre propre camp, c'est que la deuxième vague de l'épidémie est inéluctable. Le deuxième pic est inéluctable et il sera d'autant plus violent que les conditions n'auront pas été réunies pour réussir la sortie du 11 mai.
Il n'y aura ni la quantité de masque suffisante, c'est-à-dire celle qui permet à chaque personne de disposer d'un masque efficace sans qu'il lui en coûte 1 € parce qu'il s'agit de sa propre survie et que si on trouve 3 milliards pour Air France, on peut en trouver autant pour tous les Français et que leur masque leur soit donné gratuitement comme on dit. parce qu'il n'y aura pas la quantité de test, parce qu'il n'y aura pas la capacité d'hébergement en quarantaine qui nécessiterait des réquisitions dans le système hospital, dans le système hôtelier, des réquisitions de la totalité de l'industrie textile pour qu'il produisent les masques dont nous avons besoin à l'image du Maroc que nous devrions imiter dans ce domaine parce qu'il parvient à cette performance. Oui, ben le Maroc c'est très bien, c'est mon pays natal et je pense que il mérite votre admiration.
Le plan des insoumis, nous l'avions préparé, monsieur le Premier ministre, pour vous le soumettre et en parler avec vous. Il était prévu une discussion le 5 mai. Bien sûr, nous n'avons pas les moyens dont vous disposez.
C'est normal, qui sont ceux de l'État. Finalement, il aura fallu le publier alors même que cette rencontre n'est plus possible. Alors, vous en connaissez les principes, je les ai rappelé.
Mais mes derniers mots seront pour vous dire que si la planification doit être celle des besoins des moyens matériels, ce doit être aussi celle de certains moyens. Vous avez évoqué sur tous les cons, tons les tons la Grande Guerre. Mais pendant la Grande Guerre, ils ont décidé qu'il y aurait un moratoire des loyers.
Faites-le. Pendant la Grande Guerre, ils ont décidé qu'il y aura un impôt sur les profiteurs de guerre. Faites-le.
Et monsieur le premier ministre, élu de milieu populaires comme d'autres ici, je veux à tout prix que vous entendiez cette parole. La fin menace dans certains quartiers en France et c'est l'organisation admirable spontanée des habitants qui fait que cette fin ne fait pas davantage de dégâts parmi nous mais quand même elle travaille les masses. J'achève nous vivons un événement global monsieur le premier ministre. au départ un événement écologique, il est devenu un événement biologique, il devient un événement économique, il sera un événement social maintenant avec des millions de chômeurs et pour finir ce sera un événement politique.
Nous n'échapperons pas à cet enchaînement puis la patrie qui vient de redécouvrir la valeur du mot, j'achève souveraineté, indépendance, relocalisation état, service public. Voilà. En crise sanitaire, monsieur le Premier ministre.
Bon, j'espérais recueillir au moins le sérieux de l'attention. En crise sanitaire, c'est la mobilisation populaire qui est la clé. Comme toujours, le peuple n'est pas le problème, mais la solution.
Il faut qu'il ait confiance. Uh.
Édouard Philippe