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interviewyoutube.com· 6 juillet 2026

Économie de guerre : la France face à Poutine ? | Florian Philippot | Politique & Éco - TVL

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

TVL, on va vous crever. C'est le commentaire que j'ai découvert sous l'une de nos vidéos d'appel au don pour TV Liberté. Ce message provenait de ces canailles, de ces crapules qui pullulent sur les réseaux sociaux et ne rêvent que d'une chose, faire taire toutes les voix libres, non conformistes, non soumises à la pensée dominante.

En réalité, le courageux anonyme n'a rien dit de plus que ces petits hommes de l'ombre qui ont ordonné la fermeture de nos comptes bancaires. Pour TVL, on va vous crever. En provoquant un manque à gagner de près de 450 000 euros, ils sont aujourd'hui en passe d'y arriver.

Taper, frapper TV Liberté au portefeuille était donc la solution la plus efficace pour nous faire disparaître, pour réduire au silence un média indépendant de tout et de tous. Susceptible de peser dans le débat public à l'approche de 2027, une échéance où se jouera l'avenir de la France et surtout des Français. Pour déjouer le plan des petits hommes de l'ombre, il n'existe qu'un seul recours.

Le sursaut, le sursaut des téléspectateurs de TV Liberté, un sursaut décisif, un sursaut vital. Soutenez financièrement TV Liberté maintenant, avant que le coup près ne tombe. Faites un don, avant qu'il ne soit trop tard.

De tout cœur, merci. Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour Politique et Économie. Depuis plusieurs mois, les crises internationales se succèdent et les certitudes économiques vacillent.

Guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, retour des politiques de puissance, réarmement de nombreux États européens en France. Cette évolution vient se traduire par un accord entre députés et sénateurs sur l'actualisation de la programmation militaire d'ici à 2030. 436 milliards d'euros devraient être consacrés aux armées avec une accélération des dépenses dès les prochaines années.

Au-delà des enjeux militaires, ce choix soulève une question plus large. Assistons-nous à une nouvelle ère économique où les priorités budgétaires, industrielles et monétaires se recomposent. Pour en parler, nous recevons aujourd'hui Florian Philippot.

Bonjour. Bonjour. Florian Philippot, vous êtes le président des Patriotes.

Vous défendez une vision souverainiste de l'économie, plaidant pour le retour de la maîtrise nationale des politiques monétaires, budgétaires et industrielles. Merci d'être avec nous. Avant de commencer cet entretien, vous pouvez vous abonner à la chaîne TV Liberté.

Vous pouvez évidemment aussi commenter et partager un maximum cette vidéo pour un meilleur référencement de TV Liberté sur Internet. Commençons maintenant, Florian Philippot. Cette hausse des dépenses militaires est présentée comme une nécessité stratégique, mais on peut aussi voir le symptôme d'un basculement plus profond.

Quelle est la volonté du pouvoir derrière cette volonté de réarmement exactement ? Je crois qu'il y a deux choses. Il y a depuis très longtemps, bien avant même Macron, et bien avant plus encore la guerre d'Ukraine de 2022, il y a eu un très profond désarmement de la France.

Il faut quand même se rendre compte qu'on est sorti de la guerre froide avec un budget militaire aux alentours de 4% du PIB, et même certaines années c'était plus, dans les années 80. Et puis on a eu un écrasement, puisque c'était les fameuses dividendes de la paix, c'est ce qu'on nous disait dans les années 90, la guerre froide est terminée, donc on va pouvoir faire s'effondrer les budgets militaires, c'est le moment où on vend les casernes, on arrête le service militaire en France, et puis on baisse chaque année le budget militaire jusqu'à nous mettre à l'os. Et moi ça fait très longtemps, bien avant les histoires de guerre d'Ukraine, tout cela que je dis, il faut ré-armer la France, parce que nous sommes une grande nation qui a un rôle diplomatique, qui a un espace maritime de 12 millions de kilomètres carrés pour l'outre-mer à préserver, et nous sommes une puissance nucléaire, et nous sommes un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, donc on a un rôle diplomatique.

Et on ne peut pas se permettre d'avoir une armée aussi faiblarde. Alors il y a un rattrapage, on pourrait dire pour cette raison-là, et ça ce serait sain, ce serait une bonne nouvelle, une bonne chose, d'autant qu'on sait depuis longtemps que 1 euro investit dans l'industrie de défense, c'est le rôle le plus productif en termes d'innovation, de recherche, de développement et d'emploi, avec une base industrielle française, militaire, qui est très importante. Le problème, c'est qu'on nous a mis ça dans un contexte idéologique, celui de la guerre d'Ukraine, la guerre contre la Russie, en nous disant qu'il faudrait armer, mais pour équiper l'Ukraine, pour défendre le flanc est de l'OTAN, face à un ennemi que je juge très imaginaire, pour la France à tout le moins, la Russie.

Et donc, on fait un réarmement, il y a effectivement des sommes plus importantes qu'avant, mais immédiatement pour transférer une partie vers l'Ukraine, ce qui pour moi est un vrai problème. Donc, vous voyez, je suis pour le réarmement de la France, mais à condition que ce soit conforme à nos intérêts nationaux. Aujourd'hui, on arme l'Estonie, la Roumanie, l'Ukraine face à la Russie, alors qu'on devrait protéger nos eaux en Guyane, nos eaux à Mayotte, nos eaux dans l'océan Pacifique ou l'océan Indien, qui sont pillées, où notre souveraineté est dépassée par le Brésil, par la Chine, par l'Australie, où on ne fait pas respecter nos intérêts.

On ne défend pas nos pêcheurs, on ne défend pas nos ressources halieutiques, énergétiques. Voilà. Voilà, ça, c'est la première chose.

Donc, il y a un problème d'allocation des ressources. Deuxième problème, on réarme peu, en fait, en France. On réarme très peu.

Si vous regardez le format des armées, nous avons un format des armées qui n'est pas beaucoup plus important dans 10 ans qu'aujourd'hui. On n'aura pas assez de navires, on le sait déjà, on n'aura pas assez de frégates, on n'aura pas assez d'avions, on n'aura pas assez de chars. Il y a une nouvelle priorité aujourd'hui qui peuvent être les drones, bien sûr.

On n'en aura même là pas assez, même si on a fait un effort. Et le porte-avions, en réalité, on sait qu'il faut deux porte-avions. Le Royaume-Uni aura deux porte-avions.

Si vous n'en avez qu'un, la moitié de l'année, il est en maintenance. Or, un pays comme la France, moi, je ne fais pas partie de ceux qui disent les porte-avions, c'est dépassé. Non, non, c'est faux.

Le porte-avions, ce n'est pas dépassé. Le problème, c'est qu'il faut en avoir deux, pas un. Voilà.

Et donc, on investit, mais sachez qu'en 2030, le budget militaire allemand sera trois fois le budget militaire français, ce qui n'est jamais arrivé. Est-ce que c'est inquiétant, ça, justement ? C'est très inquiétant.

Pourquoi ? C'est très inquiétant à deux points de vue. D'abord, parce que, d'abord, quand l'Allemagne réarme, ce n'est jamais une bonne nouvelle.

Ça se finit toujours mal. Désolé de le dire, ça se finit toujours mal, pour le monde et en particulier pour la France. Et quand on nous dit la Russie est la menace en France, je pense qu'aujourd'hui, vu ce qu'a été capable de nous faire ces dernières années l'Allemagne, elle nous a quand même détruit, sciemment saboté notre outil énergétique, en passant par l'Europe.

La fermeture de Fessenheim, à la demande allemande. Le marché européen électricité, à la demande allemande. Mais je pourrais ajouter, au-delà même de l'énergie, elle nous détruit notre agriculture.

Quand elle prône le libre-échange, le Mercosur, pour vendre ses voitures à elle, ses machines outils à elle, elle sait que la contrepartie, c'est la destruction de l'agriculture française qui est la plus grande d'Europe. Elle nous a fait l'euro, ce qui, elle, il y a des rapports du FMI là-dessus, tous les ans, ça lui apporte un surcroît de productivité, parce que l'euro est un petit peu dévalué par rapport aux marques. Par contre, il est très surévalué par rapport aux francs.

Donc ça détruit progressivement notre appareil industriel, et en 20 ans, notre appareil industriel a été complètement détruit, siphonné, en particulier par l'Allemagne. Aujourd'hui, l'Allemagne a des difficultés quand même, parce que depuis le sabotage de Nord Stream et les sanctions anti-russes, il y a un problème avec leur industrie, on y reviendra. – Filippo, au président de la République ou à même certains partis de droite que certains qualifient d'extrêmes, qu'est-ce que vous répondez quand on érige Vladimir Poutine en menace pour la France ? – Qu'on me montre en quoi la Russie a véritablement été une menace pour la France ?

En quoi la Russie sabote notre outil énergétique ? Ce n'est pas la Russie qui a saboté Nord Stream, c'est l'Ukraine. Il y a un procès en Allemagne d'ailleurs cette semaine.

C'est l'Ukraine avec, je l'imagine, je n'imagine pas l'Ukraine seule, je ne crois pas à l'équipé de trois pêcheurs ukrainiens qui sont allés saboter Nord Stream, ça ne marche pas comme ça. Je pense qu'il y avait évidemment la complicité de puissance de l'OTAN. En quoi la Russie nous menace militairement ?

Je n'ai pas vu de mois de char sur les Champs-Elysées. Je n'ai pas vu, alors on me dit oui, ils ont fait, alors on nous parle régulièrement d'opérations, il y avait une affiche sur les Champs-Elysées, sur l'Arc de Triomphe, il y avait trois tags et encore le lien direct est à démontrer. Il y a eu trois comptes bots sur X sur Facebook.

Ok, mais pendant ce temps-là, moi je vois des puissances qui écoutent nos présidents de la République, je pense aux Etats-Unis, je vois l'Allemagne qui encore une fois est intervenue. Alors attention, je ne blâme même pas l'Allemagne, l'Allemagne a défendu ses intérêts nationaux. Je blâme en premier nos dirigeants qui ont fait preuve de lâcheté de soumission et de complicité, je dirais même d'actes de trahison par rapport à nos intérêts nationaux.

Tout ça pour revenir à l'idée que non, il n'y a pas de menace russe pour la France, il y a d'autres pays qui sont beaucoup plus en ingérence dans nos politiques, les Etats-Unis, l'Allemagne en particulier, mais ça on n'en parle pas évidemment. Alors c'est pour ça que je vous dis, pour reprendre le fil de ma pensée, puisque l'Allemagne a été capable de nous faire ça ces dernières années et qu'elle continue, il est évident qu'on ne doit pas se réjouir d'avoir à nos portes un pays qui aura trois fois notre budget militaire dans quelques années, ce qui va d'ailleurs poser des problèmes pour notre industrie de défense. Si l'Allemagne abandonne progressivement tous les projets de coopération franco-allemand, on l'a vu sur le SCAF, on le voit actuellement sur le char, on le voit sur le drone, c'est pour une raison simple, c'est qu'elle est en train de reconstituer une industrie nationale.

Et cette industrie nationale, on sait qu'elle aura pour objectif de concurrencer à tout le moins et ensuite d'aspirer de liquider l'industrie militaire française qui est aujourd'hui la deuxième du monde derrière les Américains. Vous critiquez régulièrement dans vos vidéos, Florian Philippot, la manière dont les crises sont utilisées par les gouvernements successifs depuis une trentaine d'années, on peut le dire. Est-ce que vous voyez une logique commune derrière la succession de ces crises, notamment depuis 2020 ?

Ah oui, il y a une vraie accélération depuis le Covid, effectivement. On voit qu'on ne sort jamais d'un climat de crise. On est toujours en crise maintenant, remarquez-le.

On est balotté du virus au russe. On nous parlait du monde d'après. Du climat au terrorisme.

De la guerre hybride à la guerre chaude ou de la guerre froide à la guerre chaude. Du coronavirus à l'antavirus. De l'antavirus à Ebola.

Quand Ebola est terminé, on revient à Monkeypox, la variole du singe. Quand c'est terminé, c'est la canicule. Je ne nie pas qu'il fait chaud.

Mais on n'est pas obligé d'en faire un sujet d'hystérie nationale. On peut prendre les choses d'abord avec un petit peu d'anticipation, ce serait bien pour une fois. Et un petit peu de sang-froid, sans jeu de mots, un petit peu de recul sur les sujets.

On n'est pas obligé immédiatement de partir dans les tours et d'en faire un sujet où on va mettre en place l'interdiction de faire ci, l'interdiction de faire ça, les contrôles de police. Mais ces successions de crises, c'est dans quel but ? Mais on entretient les peuples dans l'anxiété.

Et in fine, l'anxiété… Agiter les peuples. Je crois que c'était Talleyrand qui disait ça. Vous prenez un peu, vous l'agitez et vous en faites ce que vous voulez derrière.

Vous le balotez de peur en peur, d'anxiété en anxiété, de stress en stress. Et vous avez un peuple qui a la faim et complètement soumis parce qu'il ne comprend plus rien à ce qui se passe. C'est un peu malheureusement… Je suis désolé.

C'est un petit peu ce qu'on observe avec une trop grande partie du peuple français que je trouve aujourd'hui trop endormi. Ça ne veut pas dire qu'il le sera de toute éternité. Nous sommes un peuple qui est capable d'éruption.

C'est notre force, c'est notre caractère national même. On l'a encore vu lors des Gilets jaunes. Ce n'est pas si vieux que ça, ça a 8 ans.

C'est rien dans l'histoire d'un pays, 8 ans. Ce n'est évidemment pas mort. Nous sommes capables d'éruption.

Même l'été 2021, l'été des révoltes contre le pass, contre la folie covidiste, c'était une éruption nationale. On n'avait jamais vu des mobilisations sociales aussi fortes pendant le mois de juillet et le mois d'août. Donc c'était une fierté.

Donc ça n'est pas mort. Mais quand même, on a, grâce à cette politique du stress, qui est une politique perverse, on a endormi pas mal de gens par la peur. C'est ça le but.

Je ne dis pas encore une fois que l'antavirus n'a pas existé. Je ne dis pas cela. Je ne dis pas que le coronavirus n'a pas existé.

Je ne dis pas qu'il n'y a pas une canicule. Je ne dis pas qu'il n'y a pas un problème de terrorisme, que le 13 novembre n'a pas existé, etc. Bien sûr.

C'est pour rendre les Français dépendants des pouvoirs publics et que tout cela est fait. Un, ne fait-on… Que fait-on réellement pour annihiler les causes de cela ? Parce qu'on parle des symptômes.

Mais aux causes, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait ? Parce qu'on continue, par exemple, sur le terrorisme, en sous-main d'alimenter ceux qui radicalisent l'islam.

Nos meilleurs amis, c'était qui dans la région ? Le Qatar, l'Arabie saoudite. Que font ces pays-là ?

Ah ben tiens, ils financent justement le processus depuis 40 ans de ré-islamisation version ou habite. Car on a connu des périodes… Vous allez dans le Maghreb. Vous avez une machine à remonter le temps, vous retournez dans le Maghreb dans les années 70, il n'y a pas de voile.

Pourtant, ils sont déjà tous, quasiment tous, musulmans. Bon. Donc il y a eu… Il s'est passé quelque chose.

Bon. Donc il s'est passé, ben oui, il s'est passé qu'il y a eu des manipulations. Des manipulations avec nos copains diplomatiques.

Pareil sur… Vous prenez les épidémies. Bon, ben les épidémies, on peut les prendre de manière un tout petit peu plus calme. Est-ce qu'on est obligé immédiatement de créer de la ségrégation, de l'apartheid ?

Pourquoi on continue de fermer des lits, 3 000 lits par an qui sont fermés à l'hôpital public ? Pourquoi on n'en fait pas une priorité ? La canicule, on a… Depuis 23 ans, on nous demande de travailler le lundi de Pentecôte.

Ça fait gagner 3 milliards par an à l'État. Qu'est-ce qu'il en a fait en 23 ans ? Qu'est-ce qu'il a fait des 69 milliards gagnés depuis ?

Il n'a même pas été capable d'équiper les écoles et les EHPAD et les hôpitaux en climatisation. C'est quand même la moindre des choses. Sur l'économie pure, Florian Philippot, on a des États-Unis qui protègent massivement de plus en plus leur industrie.

La Chine qui poursuit une stratégie de puissance et l'Union européenne qui reste attachée à cette idéologie du libre-échange sans vouloir laisser un protectionnisme intelligent, comme vous dites, pouvoir advenir. Quel est l'avenir économique que vous voyez pour les nations européennes dans ce contexte-là d'une Union européenne prise entre l'étau américain et chinois ? Si nous, nous continuons à être dans l'Union européenne, nous serons le Disneyland de la planète.

On viendra nous visiter pour visiter Notre-Dame, si elle n'a pas cramé entre-temps, recramé. Pour visiter la Tour Eiffel, si elle ne s'est pas effondrée d'érosion. Si, pour visiter le Mont-Saint-Michel, pour visiter, voilà, pour visiter, et puis d'ailleurs on visitera aussi Disneyland, puisque c'est Disneyland, Parc Astérix, etc.

Bon, on sera ça, un pays tiers-mondisé de services pour vendre des glaces aux touristes, essayer de leur vendre des casquettes parce qu'il fera chaud, on n'a même pas de ventilateur, donc on leur vendra des, je ne sais plus comment ça s'appelle, là, des éventails. Voilà, on leur vendra, on est une économie du tiers-monde, parce qu'il n'y aura plus d'industrie, il n'y aura plus d'agriculture, il n'y en a plus beaucoup, il n'y a plus d'innovation, il n'y a plus de recherche, il n'y a plus, et puis une école complètement effondrée qui créera des générations de, je ne vais pas être méchant, mais enfin bon, de semi-débiles, ou de, voilà, on va créer des gens les plus bêtes possibles pour être les plus malléables possibles, vous voyez, bon. Donc c'est ça, ce qu'on nous réserve comme avenir, mais c'est déjà malheureusement une partie de notre présent, une grande partie de notre présent.

L'Union européenne, évidemment, ne fera que du livre-échange, c'est écrit dans ses traités fondateurs. Traité de Rome 1957, il n'y a aucune entrave possible au commerce, à l'intérieur de la zone et vis-à-vis des tiers. Et ça ne changera pas.

Ça a été réaffirmé encore tout récemment dans un accord en février 2026 entre l'Italie et l'Allemagne, qu'on appelle l'accord Mertzoni, fusion de Mélanie et Mertz, où ils ont dit on va défendre un maximum d'accords de libre-échange. Donc on n'aura jamais l'arrêt du libre-échange, il faut arrêter le délire là, on n'aura jamais l'exception agriculturelle, on retirera comme par magie l'agriculture des accords de libre-échange. Jamais.

Parce que même si demain, par magie, ce qui n'arrivera pas, je vous préviens, l'Union européenne décidait de devenir protectionniste vis-à-vis de l'extérieur, Chine, États-Unis, tout ça, ça ne réglerait qu'une toute petite partie du problème. Car nous, nos principaux concurrents, ils sont dans l'Union européenne. Où est-ce qu'on fait notre déficit commercial ?

On le fait dans l'Union européenne. Vis-à-vis du reste, on est en excédent commercial de la France. Pas de tous, mais globalement.

Par contre, à l'intérieur, on a un très lourd déficit commercial. Et où est-ce que se font nos délocalisations ? Aux deux tiers, à l'intérieur de l'Union européenne.

Les délocalisations françaises ne se font pas essentiellement vers la Chine, ou les Philippines, ou je ne sais quoi aujourd'hui. Elles se font vers la Roumanie, vers la Pologne, et demain, vers les nouveaux membres, Monténégro, Ukraine, etc. Donc il faudra un protectionnisme national.

Intelligent, c'est-à-dire qu'on ne va pas forcément mettre des taxes sur tous les produits qui rentrent en France. Ce qu'on ne produit pas, on ne va pas le taxer, tant qu'on ne le produit pas en tout cas, en espérant qu'un jour on le produise. Et puis, ce qu'on produit, par contre, très bien, et quand on estime que c'est une concurrence déloyale parce que, par exemple, c'est un produit agricole qui utilise des pesticides interdits en France, plutôt que de les autoriser en France et donc de nous mettre en danger, on va taxer les pays qui utilisent des pesticides qu'on interdit pour de bonnes raisons en France. aider ainsi l'agriculture française et pénaliser ceux qui nous font une concurrence environnementale ou sociale déloyale.

Et ça, vous le faites y compris par rapport aux pays européens. Alors il y a plein de secteurs dans lesquels on n'aura pas de… on aura du libre-échange, on n'aura pas de taxes, mais il y aura plein de secteurs dans lesquels on aura aussi un protectionnisme intelligent. Et puis, on aura une monnaie nationale adaptée. – Parce que l'euro nous ruine chaque année. – On va y venir. – Voilà, on y reviendra, mais ça fait partie, si vous voulez, du tout.

Et puis, le troisième axe, c'est comme un triangle, la monnaie, le protectionnisme. Le troisième axe, c'est qu'on donnera une priorité aux produits français de nos marchés publics, dans notre commande publique. Dans les cantines françaises, on mangera français prioritairement.

Aujourd'hui, c'est interdit par le droit européen. Pareil dans les gros marchés publics de l'État, dans les gros marchés publics des collectivités… – On arrêtera d'acheter des armes allemandes, des voitures allemandes… – Dès qu'on n'a pas, on pourra, mais dès qu'on a, on arrêtera, on achètera français. Et aujourd'hui, vous savez que le critère national, il est strictement interdit dans tous les marchés publics, du plus petit au plus gros, à cause du droit européen, ce qui n'existe évidemment pas aux États-Unis, ni au Canada d'ailleurs.

Ils ont tous des lois, « Buy American Act », « Buy Canadian Act », il y a la « Buy Brazilian Act », acheté brésilien, il y a la loi « Buy China Act », mais ça, par définition, ils achètent au maximum chinois. Nous, c'est strictement interdit. Et si on nous pond une « Buy European Act », d'abord, elle sera biaisée parce qu'elle sera beaucoup moins forte que les autres, parce qu'il y a ce libre-échange mondial dont je vous ai parlé, qui est dans son ADN, mais même, ce n'est pas suffisant. « Buy European Act », alors c'est quoi la belle affaire ?

On va acheter roumain. Et en quoi ça nous arrange, nous ? Je veux dire, ce n'est pas ça qu'il faut.

C'est une loi, achetons français. On a donc des députés et des sénateurs qui vont voter cette augmentation du budget militaire. Les gouvernements affirment aussi qu'il faut toujours produire plus vite et plus.

Mais en fait, dans les faits, de quoi la France est-elle encore capable dans son état industriel actuel ? Alors, sur l'industrie de défense, on a une très belle industrie de défense. On est capable.

On a des très belles entreprises comme Dassault. Il faut remarquer d'ailleurs que c'est Dassault, entreprise privée, qui a sauvé l'indépendance française sur les avions. Sans Éric Trappier, le remarquable PDG qui est très patriote de Dassault, Macron aurait donné la technologie aux Allemands.

Je remarque. Ce n'est pas le gouvernement français qui a sauvé l'intérêt de la France. La France, c'est un privé.

Ce qui n'est pas très rassurant pour nous. Mais on a des très belles industries de défense à condition qu'on les préserve et qu'on ne se les fasse pas absorber par les Américains, puisqu'on adore en France larguer les pépites, surtout sous Macron. Et beaucoup aux Américains, à Alstom, il y en a eu plein d'autres.

Et puis aux Allemands maintenant. Aux Allemands, puisqu'avec leur énorme budget militaire, ils vont avoir le troisième ou quatrième budget militaire du monde. Il y a un risque d'aspiration de notre industrie.

C'est bien leur but. Ils vont essayer de nous prendre nos pépites grâce à Rheinmetall, à tous leurs groupes allemands. Sur le reste de l'industrie, c'est vrai qu'on a un problème sur beaucoup d'industries, sauf le luxe, mais on a beaucoup de problèmes.

Automobiles, sidérurgie et deux secteurs de pointe aussi. On devrait avoir un vrai champion français sur le numérique, sur l'IA. Alors on a Mistral, mais ce n'est pas le plus performant.

Mais qu'est-ce qui dysfonctionne en France ? L'industrie allemande est en forme. Les Italiens ont une industrie supérieure à la nôtre.

Pourquoi est-ce qu'on a à ce point des industrialisés toutes ces années ? Alors, il y a deux raisons. L'industrie allemande, elle est plus si en forme que ça.

C'est pour ça d'ailleurs qu'ils misent à fond sur l'armement, parce qu'ils veulent remplacer...

Ils savent, par exemple, que l'industrie automobile est en crise, donc ils la militarisent de plus en plus. Et vous avez des vieilles usines d'automobiles en Allemagne qui sont en train de se reconvertir dans l'armement. Ils font le pari de l'armement.

C'est pour ça qu'ils triplent leur budget militaire. C'est parce qu'ils ont un problème industriel. Mais ça, c'est de leur faute.

Ils ont voulu se couper de l'énergie bon marché. Ils n'ont pas râlé. Au contraire, quand le Nord Stream a été saboté, ils ont la monnaie de leurs pièces.

C'est tout. C'est-à-dire qu'ils sont en train de détruire leur industrie. C'est pour ça qu'ils réarment.

L'Italie, dans le Nord d'Italie, dans le Nord du pays, ils ont un réseau de grosses PME, souvent familiales, très performantes et très exportatrices. Nous n'avons que très partiellement ce modèle en France. On pourrait essayer de le développer.

On pourrait essayer d'abord d'avoir un écosystème de créateurs en France et qu'ils soient aidés. de l'entreprise. Et puis ensuite, on vous aide à ce qu'elle reste d'abord.

Et ensuite, quand elle se développe et qu'elle devient importante, une belle PME, puis pourquoi pas une ETI, puis pourquoi pas une micorne ? Vous voyez, une grosse boîte. On ne vous met pas dans les bâtons, dans les roues.

On fait en sorte qu'on trouve des moyens de vous financer. Là, c'est une utilisation, par exemple, intéressante du circuit national de l'épargne. Plutôt que de vouloir nous ponctionner notre épargne pour aller le donner au budget européen, ce qui est un peu prévu.

On aurait un circuit intelligent d'utilisation volontaire, mais par incitation de l'épargne française. On a une énorme épargne en France, ce qui est une chance. On aurait une épargne nationale qui tournerait dans le circuit économique national pour investir et pour que les chefs d'entreprise trouvent des capitaux pour pouvoir se développer en France plutôt que de se faire racheter très vite par les États-Unis.

Et puis, on perd. Et puis, tant pis pour nous. On n'a plus que nos yeux pour pleurer.

On perd la technologie. On perd l'emploi. Ce serait une politique intelligente.

Ça, c'est la première chose. Deuxièmement, nous pâtissons en particulier les politiques européennes. Je pense qu'on est le pays qui pâtit le plus de l'euro, qui pâtit le plus de l'interdiction du protectionnisme, qui pâtit le plus de l'interdiction du patriotisme industriel et agricole, parce que tout ce que je viens de vous citer, c'est notre modèle français.

Vous savez, chaque pays a son âme, a son modèle. On n'est pas allemand. On n'est pas italien.

Malheureusement, on n'a pas le gros réseau d'Italie du Nord, de PME familiale. Et je ne pense pas que même si on fait des bonnes politiques, on l'aura demain matin. C'est aussi culturel.

C'est aussi anthropologique. Bon, on peut essayer de tout faire pour, mais on ne l'a pas pour l'instant. Par contre, on a une force, nous.

Ça s'appelait le colbertisme. Alors, on peut avoir un colbertisme version XXIe siècle. Comme le gaullisme était déjà un colbertisme version XXe.

On est déjà dans un état de surendettement maximal, 3500 milliards d'euros de dettes. Les marchés financiers menacent de ne plus nous financer. On a le FMI qui également nous menace de nous mettre sous tutelle.

On n'a plus de marge de manœuvre pour financer tout cela. Ce n'est pas une question de financer. Au contraire, la meilleure manière de réduire la dette, c'est de créer des richesses.

Ce n'est pas de tout vendre. Ce n'est pas de vendre le Mont-Saint-Michel, la Tour Eiffel, la Joconde, l'île de Ré, l'île d'Oléron, la Réunion, et comme on a demandé aux Grecs de vendre leurs îles en 2010. Ce n'est pas ça qui va sauver la dette française.

Ce n'est pas de tout vendre pour gaver les banques. Ce qui va nous sauver de la dette, c'est deux choses. C'est de reprendre la maîtrise de notre financement public.

Notre financement public depuis 1973 en France, mais surtout depuis le traité de Maastricht, puisque la fameuse loi que pas mal de monde connaît, la loi Pompidou de 1973, nous a interdit de nous financer directement auprès de la Banque de France à taux très réduits. Mais le problème, c'est que de toute façon, ce n'est pas suffisant aujourd'hui une loi, puisque cela a été mis dans le traité de Maastricht en 1992, article 123 du TFUE aujourd'hui. L'ABCE n'a pas le droit de financer les États sur le marché primaire.

Donc en fait, tout ça, on a rompu avec un modèle français qui fonctionnait bien. Donc il va falloir sortir de l'UE et de l'euro, puis ensuite arrêter cette loi de 1973. Au lieu de nous financer systématiquement auprès de banques privées qui nous prennent des taux d'intérêt, et on engresse en fait une super caste financière complètement délirante qui, au deux tiers, est hors de France d'ailleurs, est étrangère, on va pouvoir refaire circuler l'argent à l'intérieur.

On va être endettés vis-à-vis de nous-mêmes. Ce qui est beaucoup moins grave, comme les Japonais sont endettés par rapport à eux-mêmes, ou les Américains par rapport à eux-mêmes en partie, plus que nous, c'est toujours moins grave que d'être endettés au deux tiers par rapport à l'étranger. Deuxièmement, créer des richesses.

Créer des richesses, ça fait très vite baisser la dette, parce que vous gonflez votre PIB sur de l'économie réelle. Comment on recrée des richesses ? On réindustrialise.

Comment on réindustrialise ? Par les politiques que je vous ai indiquées. C'est-à-dire qu'on est obligé de sortir des carcans de l'Union européenne et de l'euro pour réindustrialiser.

Réduction d'impôts sur les entreprises. Réglementation minimum. Ça, c'est la politique dont je vous ai parlé.

C'est-à-dire que tout le tissu, tout l'écosystème de créateurs, d'entrepreneurs, d'innovateurs, car je veux que nous redevenions un pays qui exprime le génie français. Nous sommes le pays qui a créé le cinéma, qui a créé l'automobile, qui a créé l'avion, qui a créé jusque même récemment les microprocesseurs, etc. On doit pouvoir renouer avec ce génie français, parce que nous sommes un peuple qui peut être génial. – Mais est-ce que vous ne pensez pas que les Français ont baissé les bras, que les Français sont désespérés de la situation ? – Oui, aujourd'hui, bien sûr.

Mais ça, ça peut changer très vite. Vous savez, en ce moment, il y a les deux films sur le général de Gaulle, que je recommande chaudement d'ailleurs. On a vu, vous savez, les Français de 45, 44, 45, qui ne sont pas les mêmes que les Français de 41.

On dit, il y a un peu de cynisme et tout. Bah oui, c'est comme ça. Mais c'est la vie, voilà.

Ils étaient, beaucoup étaient pétainistes, voire attentistes, et puis ils sont passés gaullistes et résistants et pleins d'entrains. Ils étaient ou bien abattus en 41, 42, déprimés. Ils disaient, on est foutus, le Reich va gagner.

Et puis en 45, ils faisaient la fête. – Mais que de souffrance entre les deux. Les Français ont besoin d'être dos au mur. – Nous souffrons.

Mais bien sûr qu'on est dos au mur, et je crains qu'on souffre encore un peu plus, malheureusement. C'est pas ce que je souhaite à mon pays ni à mon peuple, mais je le crains. Mais par contre, que nous soyons abattus, que ce soit de toute éternité, je ne le crois pas une seconde.

Certainement pas en plus dans le tempérament national français, qui est un tempérament, encore une fois, éruptif. Nous pouvons d'un coup nous mobiliser, nous enthousiasmer pour une cause. Encore faut-il qu'on nous la propose cette cause, qu'on nous propose un cap.

Moi j'en propose un. Aux patriotes, on en propose un. Mais pour ça, il faut du courage et il faut de la souveraineté.

Qui a vu ces films sur le général de Gaulle aura compris le fil conducteur du général. Ne jamais lâcher la souveraineté française, y compris dans les moindres symboles, et surtout dans les grandes décisions. Ne jamais lâcher le fil de la souveraineté française.

Ne jamais transiger. Bon, mais c'est ça la clé. Surtout pour un pays comme la France qui a besoin de sa souveraineté nationale, parce qu'il est le pays qui a inventé la souveraineté, Jean Baudin, et qui a inventé le concept d'état-nation.

Donc nous avons besoin de ce cadre-là. Quand il se délite, nous en sommes les premières victimes. Or l'Union européenne est le cadre par excellence qui dissout le modèle français.

Je pense que la France est le pays qui souffre le plus de l'Union européenne et de l'euro. Le plus. Parce que c'est le modèle le plus contraire au modèle national français.

Donc...

En quoi d'ailleurs ? Alors, on pourrait parler aussi de l'école et de la formation. Oui.

Car il va falloir recréer de grandes filières d'ingénieurs. Nous ne formons pas du tout assez d'ingénieurs. Regardez les Indiens, regardez les Chinois, regardez les Russes.

Les Russes forment quasiment plus d'ingénieurs que les Américains chaque année, alors qu'ils sont beaucoup moins nombreux. Évidemment qu'il faut former un maximum d'ingénieurs. Ça doit repasser par une relance de la filière atomique française ?

Filière atomique, filière d'innovation en général, filière au pluriel d'innovation. Nous avons loupé tellement de l'informatique, le numérique. Nous avons loupé beaucoup de révolutions industrielles.

C'est rattrapable, à condition qu'on fasse un gros effort et puis que dès l'école, je crois que ça a été à peine réparé récemment, mais pendant plusieurs années, il n'y avait même plus de mathématiques obligatoires au lycée pour une partie des élèves. Qui a pu imaginer ? Qui a pu pondre un truc pareil ?

Quelle folie ! On a une mondialisation qui semble entrer aujourd'hui dans une nouvelle phase, avec le retour qu'on explique des empires américains, états-uniens. C'est quoi le nouveau système économique mondial qui est en train de se dessiner sous nos yeux aujourd'hui ?

C'est un système économique que je juge beaucoup plus intéressant que le précédent. Le précédent était écrasé par l'hyperpuissance américaine. C'était la mondialisation, comme on disait.

La mondialisation, ça voulait dire l'américanisation. Aujourd'hui, des puissances, des pôles émergents ont fleuri, sont là, se sont consolidés. L'Inde, la Chine, l'Inde est encore loin du maximum de ses capacités.

La Russie, tout le monde débrise en réalité. C'est intéressant. Pour nous, c'est une opportunité.

Nous sommes un pays qui, dans son âme, a toujours été, et ça, le général de Gaulle, encore une fois, l'avait bien compris, nous sommes particulièrement nous-mêmes performants et efficaces et utiles à nous-mêmes quand nous sommes une puissance d'équilibre. C'est-à-dire quand nous sommes capables de ne pas être à la remorque d'une hyperpuissance, mais plutôt une puissance qui joue sur tous les tableaux, ce que faisait le général de Gaulle. Bon.

Aujourd'hui, nous avons un monde qui est dessiné pour ça. On ne doit pas rompre avec les États-Unis. On ne doit pas être naïfs, mais on ne doit pas rompre avec les États-Unis.

On ne doit pas rompre, même avec les pays européens. Ce n'est pas parce que je quitterai l'Union en pleine qu'on va rompre demain, qu'on n'aura plus aucun commerce avec l'Allemagne, l'Italie. Et on semble avoir rompu avec la Russie de Vladimir Putin sur le gaz et le pétrole.

Et bien ça, c'est une bêtise. On est empêtrés encore avec ce gars, le Détroit d'Orbousse, qui est bloqué et qui ne sort pas de la crise entre les États-Unis et l'Iran. Et bien ça, c'est une grosse bêtise.

La France n'aurait jamais dû appliquer la moindre sanction américaine contre l'Iran. Nous avions Peugeot qui était premier en Iran. Nous avons quitté ce marché, comme Renault a quitté plus récemment la Russie, alors qu'on était premiers là aussi, pour obéir à des sanctions qui ne servent pas à nos intérêts.

Nous sommes en guerre, nous, contre l'Iran. Nous sommes en guerre contre la Russie. Nous sommes en guerre contre la Chine.

Des néo-conservateurs américains, dans leur tête, malades, sont en guerre. Ils considèrent qu'il y a un axe du mal. Corée du Nord, Biélorussie, Russie, Iran, Chine, on a compris.

C'est ça l'axe du mal. Il y a d'ailleurs exactement l'axe du mal qui vient d'être donné. C'est marrant quand même les connexions, mais ce n'est pas un hasard.

Vous savez qu'il y a eu récemment une loi sur les ingérences électorales en France. Et on nous a dit, et eux au niveau européen, menés par la sémillante Nathalie Loiseau, le bouclier démocratique européen, vous lisez le rapport du bouclier démocratique européen, il vous cite les puissances qui vont s'ingérer dans nos élections. Vous savez ce qu'ils citent comme puissances ?

Ils font une liste. Russie, Biélorussie, Iran, Chine, Corée du Nord. Vous imaginez la Corée du Nord s'ingérer dans les élections françaises ?

Vous imaginez la Biélorussie ? Enfin, je veux dire, déjà la Russie, ça n'existe pas. Par contre, c'est marrant parce qu'au municipal, on sait qu'Israël s'est ingéré.

C'est la seule puissance qui a été ciblée du doigt par Viginoum. Mais on n'en parle pas. Les États-Unis, ils s'ingèrent un maximum, mais on n'en parle pas.

L'Allemagne s'ingère un maximum, mais on n'en parle pas. L'Union européenne elle-même, ce n'est pas la France, l'Union européenne, c'est une entité à part, s'ingère, on n'en parle pas. – On se souvient de l'élection présidentielle roumaine avec M.

Macron qui avait dit, on l'a fait en Roumanie, peut-être qu'on pourrait le faire aussi en Allemagne avec l'AFD, la percée de l'AFD. – Et c'était, nous le disait-on, les Russes qui s'étaient ingérés sur le TikTok de Georges Escu, enfin n'importe quoi. Et en réalité, on cite les pays qui forment l'axe du mal dans la tête des néoconservateurs.

Bon, ces gens-là, ils nous ont interdit de commercer, même de dialoguer avec ces pays-là et d'autres, quelques autres. Bon, c'est une bêtise, la France doit parler à tout le monde et doit essayer de commercer avec tout le monde. Et on a, nous, une grande force par rapport à nos concurrents, on a l'outre-mer.

Ce sont des portes d'entrée dans tous les océans, sur tous ces pays. La France, avec l'outre-mer, a 30 frontières, 30 frontières. Voilà.

Donc, nous avons cette chance de pouvoir être, de participer à tous les organismes de coopération régionaux. Il y en a plein des organismes de coopération régionaux qui n'ont rien de supranational. Ça n'a rien à voir avec l'Union européenne.

Il y a des organismes asiatiques, sud-est-asiatiques, caribéens, etc. Tant mieux, on doit être, grâce à nos territoires d'outre-mer, on peut être présent partout. On peut avoir des portes d'entrée partout.

On peut faire des projets éventuellement communs quand c'est nécessaire, partout. Ça, ça nous donne une force considérable. La France, si elle redevenait elle-même, si elle était consciente de ses intérêts, si elle récupérait sa souveraineté, elle pourrait être une énorme puissance du XXIe siècle.

Car ce siècle est très adapté à la France. Sur la souveraineté monétaire, Florian Philippot, j'aimerais comprendre pourquoi l'euro nuit à ce point à la France, dans le contexte que vous décrivez, avenir économique ? D'abord, il y a une question de principe.

Un pays, un État, se définit par quelques attributs. La frontière, l'armée, le droit, sa justice, sa monnaie. De tout temps, en tout lieu, et c'est toujours vrai, un État bas-monnaie.

Si vous ne battez pas monnaie, vous n'êtes pas un État souverain. C'est pour ça qu'aujourd'hui, on peut considérer quasiment que la France n'est plus un État, déjà, au sens international du terme. Ce qui nous pose d'ailleurs, on le voit bien, un certain nombre de problèmes.

On s'affaisse, enfin, on s'effondre même. Donc d'abord, premièrement, vous savez, moi je résume ça souvent d'une phrase, qui tient la monnaie, tient l'État. La monnaie, c'est le sang, c'est votre sang.

C'est votre sang, c'est la circulation monétaire et bancaire. Si vous ne maîtrisez pas cela, vous êtes en situation d'anémie, vous êtes en situation d'empoisonnement du sang. Vous pouvez prendre toutes les métaphores que vous voulez, vous comprenez ce que je veux dire.

C'est-à-dire que ce n'est plus vous qui maîtrisez votre organisme et vous finissez par mourir en fait. Donc il y a une question d'abord de souveraineté évidente, qu'encore une fois, je vais faire référence au film sur De Gaulle, mais c'est très bien que le deuxième en particulier insiste sur le plan AMGOT, et sur la création par les Américains d'un faux franc à la Libération. Vous savez qu'ils ont voulu nous gérer, nous piloter eux-mêmes.

Oui, après le débarquement, oui. Tout à fait. Et puis, ils ont voulu nous créer, même ils avaient imprimé déjà les francs, les faux francs.

Bon, c'était en fait des dollars francs quoi. Bon, et De Gaulle, on le voit dans le film, et c'est la réalité évidemment, et c'est bien que enfin le grand public le voit ça, a dit, a compris que, enfin savait que la monnaie était la base de la souveraineté. Et c'est toujours frais aujourd'hui. 90% des pays du monde ont leur monnaie nationale, c'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas dans l'euro.

Il était passé de l'ancien au nouveau franc en 1960. Oui, bien sûr. Ça ne veut pas dire d'ailleurs qu'on gère n'importe comment la monnaie, ça ne veut pas dire qu'on aura une hyperinflation, bien sûr que non.

On peut avoir un petit peu d'inflation, ce n'est pas grave si les salaires augmentent de la même mesure. Ça peut même régler une partie de la dette. Mais le problème, c'est qu'aujourd'hui… Donc ça, question de principe.

Et en plus, il se trouve que l'euro, c'est en fait un gros marque, géré par la banque de Francfort, qui est en fait une grosse Bundesbank, et qui est adaptée, on l'a dit tout à l'heure, il y a un rapport du FMI qui sort tous les ans au mois de juillet, on va voir le nouveau rapport cette année, qui recalcule les parités de l'euro par rapport aux monnaies nationales, aux anciennes monnaies nationales. Et je trouve que chaque année, le FMI tombe sur un euro qui est un peu sous-évalué de 5-6% par rapport aux marques. Donc c'est un petit avantage de compétitivité chaque année pour l'Allemagne, et qui est surévalué de 17 à 18% pour la France.

Donc c'est un boulet énorme qu'on se traîne. Ce n'est pas par hasard. Si il y a 20 ans, 25 ans, juste avant l'euro, on était en excédent commercial, qu'aujourd'hui on est en lourd déficit commercial.

Ce n'est pas par hasard. Si on rétablit une monnaie nationale, on retrouvera de la liberté. Il n'y aura plus de chantage contre nous possible.

On ne pourra pas nous mettre à genoux en 48 heures parce qu'on tient notre réseau bancaire et monétaire. C'est quand même la première des choses. Il n'y a plus de chantage possible contre la France, plus aucun chantage, on est libre.

Et deuxièmement, on pourra retrouver un commerce extérieur florissant et reconstituer une industrie. On sait qu'avec le traité de Maastricht, la France a délégué un certain nombre de souveraineté à l'Union Européenne. C'est quoi aujourd'hui, selon vous, la décision économique la plus importante que Paris ne peut plus activer à cause de sa soumission à l'Union Européenne ?

C'est la monnaie. C'est la monnaie. Vous savez, ça n'est plus traité dans le débat médiatique, politique, électoral, français et pour cause.

Ils sont tous d'accord. On n'en parle pas. Depuis que le RN a abandonné, c'est la raison de mon départ, une des raisons principales.

En 2017, la sortie de l'euro et la sortie de l'UE, ça va ensemble. Je précise d'ailleurs, pour ceux qui se posent des questions, qu'est-ce que deviendra le franc par rapport à l'euro qui subsistera quand on aura quitté l'euro ? Attendez, quand on quittera l'euro et l'Union Européenne, instantanément, il n'y a plus d'euro et d'Union Européenne.

Vous savez ce qu'ils appellent « too big to fail ». Ils le savent. On est beaucoup trop grand, gros et central.

Si nous partons, il n'y a plus rien. Ce n'est pas la Grèce qui s'en va. C'est la France qui s'en va.

Donc il y aura des monnaies nationales qui refleuriront et qui se remettront à parité. Si on sortait de l'euro, certains disent, des économistes, que la dette exploserait, prendrait 30% et que l'épargne des Français ne vaudrait plus rien. Pas 30%.

Sarkozy disait quand il était président, si on sort de l'euro, ça double ou triple la dette française. Rien que ça. Il ne savait pas d'ailleurs très bien si c'était double ou triple.

C'est vrai qu'à 100% près, ce n'est pas grave. On sait que ce sont des amateurs. Tout ça, c'est bidon.

Ça a été désenfumé, moi je l'ai fait dans mes ouvrages, mais ça a été désenfumé par de grands économistes américains. On peut citer en France Sapir. On peut citer Philippe Murer qui a fait un gros boulot là-dessus.

On peut citer… Je veux dire, vous aviez notre prix Nobel d'économie, pas le dernier qui est très système, mais comment ça s'appelle ? Allais, Maurice Allais qui est mort aujourd'hui, mais qui était notre premier prix Nobel d'économie, qui était complètement anti-euro. Et pour des raisons évidentes, en réalité, tout ça c'est faux.

Ça va au contraire faire baisser la dette. Vous savez qu'il y a même une loi qui s'appelle la lax monétae. Au moment où vous quittez une monnaie et que vous allez vers la nouvelle, on regarde la nationalité de vos contrats de dette.

En France, nos contrats de dette sont à 99,5% de droit français. C'est vrai que la dette est française. Les contrats de dette sont de droit français, Dieu merci.

Ça veut dire que chaque euro sera relibellé dans le nouveau franc. Donc il n'y a aucune augmentation de la dette. Par contre, si vous réindustrialisez votre pays, que vous le réenrichissez, vous avez une baisse de la dette.

Par contre, si on reste dans l'euro, oui, la dette continuera d'augmenter. Ça c'est certain. Et puis pareil, j'en profite, puisqu'on est au rayon des mythes qui courent ici et là, c'est l'épargne.

Votre épargne va s'effondrer, ce que vous avez en banque va s'effondrer. Ça c'est le projet peur. C'est faux.

Votre épargne ne bougera pas. Par contre, si vous restez dans le système européen, il y a maintenant des directives européennes, depuis 2015, qui leur permettent d'aller piocher dans votre épargne. Et ils sont en train d'aller à fond vers l'Union des marchés capitaux, qui leur donnera le droit d'aller piocher dans votre épargne.

Et ils en ont envie, ils en parlent tous les trois matins. Donc, si on sort de l'euro et de l'Union européenne, on pourra protéger votre épargne. Il faut toujours mettre les choses à l'endroit.

On a donc des dépenses militaires qui vont augmenter fortement, alors que nos dépenses publiques sont déjà sous tension. Quel est l'arbitrage, aujourd'hui, que vous redoutez le plus avec cette arrivée de nouvelles dépenses ? Mais les dépenses militaires, on peut les augmenter.

Ce n'est pas grave. Ce n'est pas ça qu'il faut baisser. Au contraire, je pense qu'on ne les augmente pas assez.

On pourrait faire des choses beaucoup plus intelligentes et éviter de nous faire doubler. Parce qu'il y a aussi, on a parlé de l'Allemagne, mais le Royaume-Uni aussi va maintenant avoir un budget militaire très supérieur à la France. C'est un problème, c'est un déclassement pour la France.

C'est un vrai problème. Mais au-delà de ça, non, arrêtons de payer l'Ukraine, déjà. Là, on vient de décaisser sur les 90 milliards, dont 17 milliards pour la France.

Le 25 juin, nous avons décaissé les 3,2 premiers milliards. C'est-à-dire que la France vient de faire un chèque de 600 millions pour l'Ukraine. C'est le début.

On va aller jusqu'à 17 milliards. On nous explique que l'Ukraine nous remboursera un jour. Oui, oui.

Alors, c'est écrit, il y a une convention, c'est un prêt. Il est écrit que l'Ukraine nous remboursera le jour où elle aura gagné la guerre et que la Russie lui aura versé des réparations de guerre. Si vous croyez à ce compte de fait, on attendra tous les deux le 25 décembre au matin le Père Noël.

Parce qu'on y croira aussi. Mais la réalité, c'est qu'il y a ça, il y a l'argent qu'on verse à l'Union Européenne. Autre avantage majeur de quitter l'Union Européenne, c'est… On est des contributeurs nets.

On est aujourd'hui à combien de milliards d'euros par an ? PLF. Depuis le départ de la Grande-Bretagne.

Alors, projet de loi de finances 2026, on donne 27 milliards. Et on récupère 13. Donc, on perd 14 milliards cette année.

Projet de loi de finances l'an prochain, on va donner 31 milliards. Là, ça va déjà augmenter de 5 milliards, ça va réaugmenter de 5 milliards. Et on récupérera toujours 13.

Vous avez compris que là, on va perdre 18 milliards l'an prochain. À partir du prochain cycle budgétaire européen, car vous savez que les budgets européens sont pluriannuels, donc on va rentrer dans la nouvelle session, je crois que c'est 2027-2032, le prochain budget. Ursula a réclamé 2 000 milliards.

On va passer une contribution française à 42 milliards par an. On en récupérera toujours au mieux 13. Parce qu'entre-temps, seront rentrés l'Ukraine.

Il va falloir les nourrir. Et notamment leur agriculture. Donc, je ne suis pas sûr qu'on récupérera même 13.

À mon avis, on récupérera moins, mais en tout cas, on donnera plus. 42 milliards, mais même si on récupère 13, le différentiel va passer à 29 milliards par an. Par an.

Voilà. Et dans les derniers arbitrages juridiques de la Commission européenne, personne n'a lu ça, mais je l'ai lu. L'Europe vous dit, non, les règles de Maastricht, enfin c'est plus Maastricht aujourd'hui, mais les règles budgétaires continuent de s'appliquer.

Ça fait que la France, depuis 2024, est sous surveillance budgétaire. Vous savez qu'à tout moment, on peut être mis sous tutelle de la BCE, puis du FMI éventuellement après même. – Pacte de stabilité européen, oui. – Alors, ce pacte de stabilité, il y a eu de nouvelles règles depuis 2024.

Nous, on est en alerte, en quasi-tutelle depuis 2024. Et Mélanie avait dit, mais est-ce qu'on peut quand même, vu les dépenses militaires… Alors, l'Union européenne a dit, si vous avez une dégradation de votre déficit à cause des dépenses militaires, ça sera moins grave. Et il y a deux dépenses pour lesquelles on va moins vous embêter.

Un, les dépenses militaires. Et deux, votre contribution budgétaire à notre budget. C'est-à-dire que la France a le droit d'augmenter énormément sa contribution budgétaire à Bruxelles.

Ça, la Commission ne dira rien. Par contre, si vous décidez de financer vos hôpitaux ou vos paysans, ou la protection de l'enfance par exemple, au hasard, eh bien là, Bruxelles dira non, non, là, vous êtes en contravention par rapport aux règles de déficit. C'est un système qui est fait, de toute façon, vous êtes perdant.

La France, tu perds, pile je gagne. Donc, c'est ça l'Europe. On est à moins d'un an de la présidentielle.

Florian Philippot, vous êtes président d'un parti national. On a plusieurs conseillers du camp présidentiel qui évoquent dans la presse la possibilité de dissoudre l'Assemblée nationale avant l'élection présidentielle, qui aura lieu donc à cet officiel maintenant les 18 avril et 2 mai prochains. Une menace comme cela qui pèse sur l'Assemblée nationale.

Qu'est-ce que cela vous évoque ? Ça veut dire d'abord que pour eux, la Constitution est un jeu. C'est un joujou.

C'est leur joujou. Ils vont vous dire, on a le droit. Parce qu'ils ont dissous il y a plus d'un an.

Il a même le droit, s'il veut, de faire les pleins pouvoirs. Il peut faire l'article 16, il peut faire ce qu'il veut. Il peut faire l'état de siège, il peut faire ce qu'il veut.

Oui, on a le droit. Il a le droit, article 12. Sauf que la dernière fois, il l'a fait sans consulter les présidents de chambre et le Premier ministre.

Il ne respectait pas la Constitution. Il n'y a pas de contrôle. C'est comme l'article 16.

Normalement, les conditions ne sont pas réunies mais personne ne contrôle donc ce n'est pas grave. Et puis, ça sera contrôlé au bout d'un mois par son copain Richard Ferrand donc il n'y aura pas de contrôle. Donc il fait ce qu'il veut.

La réalité, c'est que c'est un joujou. Ce n'est plus du tout l'esprit des institutions, c'est n'importe quoi. La dissolution a été prévue pour des raisons de blocage national lourd.

C'est pour ça qu'il y avait la dissolution. C'est juste un jeu, comme déjà en 2024. Bon, mais après, ce n'est pas certain qu'il le fasse.

S'il le fait, soit ce serait une version cynique pour empêcher le prochain président de dissoudre pendant un an. Puisque ça engage aussi le prochain président l'interdiction des un an. Si vous lisez l'article 12, il est clair.

Pas de dissolution pendant un an. Même si c'est un autre président. Donc c'est vrai que ça bloque tout pendant un an.

Mais Macron pourrait être capable de réfléchir comme ça car c'est très pervers. Ça lui ressemble beaucoup. Ou alors tout simplement, il a dégainé, il a fait sortir par des off dans la presse cette menace pour mettre la pression sur les députés, pour leur dire ne votez pas de motion de censure.

Et adoptez le budget 2027 là en décembre parce que sinon je vais vous faire une dissolution. Donc c'est un moyen de chantage sur les députés. C'est plus probablement ça.

C'est un moyen de pression. Qu'est-ce qui attend les Français, Florian Philippot, avant la prochaine présidentielle, le pouvoir d'achat des Français avec la crise du détroit d'Hormuz ? Hormuz, on espère que ça va un petit peu s'arranger quand même.

Quoique c'est variable selon les jours. Bon, il n'y a pas d'amélioration énorme à attendre du point de vue du pouvoir d'achat. De toute façon, on est sur une pente.

Tant qu'on sera dans les mêmes politiques, ça va se dégraver. La raison, tout se dégrave d'immigration, enfin tout, c'est normal, on est sur la même pente. Et si on a un président demain, que ce soit Bardella ou Retailleau ou Philippe ou Attal ou Mélenchon, enfin il n'y a aucune chance que ce soit Mélenchon ou d'autres, vous aurez la même politique, on le sait déjà.

Donc ça sera, on continuera sur la pente. Non, ce qui m'inquiète plus au-delà des questions économiques avant la présidentielle, c'est le climat de cette campagne. On va nous faire une campagne en nous disant il y a des ingérences russes pour empêcher le débat. – Oui, le président a promis qu'il n'y aurait pas d'ingérence étrangère pendant la campagne présidentielle. – Oui, ils vont annoncer une loi en septembre.

Donc ils vont faire une nouvelle loi, ils vont mettre sous censure, puisqu'il y a le passe numérique qui arrive en septembre, il y a le DSA qui s'applique de plus en plus. Donc censure des réseaux sociaux, contrôle, surveillance en tout cas des réseaux sociaux, et puis cette menace permanente des ingérences, avec Viginoum qui sera là. Pourquoi ?

Parce que dès que vous aurez un discours très critique sur la politique étrangère, sur la guerre d'Ukraine, sur la présidence de la République, sur l'Europe, sur l'euro comme aujourd'hui, on vous dira, mais c'est bizarre, vous êtes en train de réciter justement le discours du Kremlin. Vous êtes en train de réciter le discours souverainiste qui est promu par le Kremlin, on peut faire tous les liens qu'on veut. Et donc vous êtes un agent russe en fait. – Vous attendez à de la censure ? – Mais plus que ça, moi je m'attends à ce qu'on nous dise qu'on nous dise que notre discours politique est un discours d'influence et d'ingérence étrangère.

Ce qui est un moyen de vous disqualifier, voire si nécessaire, de vous interdire. Vous comprenez la perversité de la chose ? C'est-à-dire qu'ils définissent à l'avance ce qui sera considéré comme un discours d'ingérence étrangère.

Et si vous le tenez, c'est que vous êtes un agent étranger. Même si, ni vous ni moi dans cette pièce, on a le moindre lien avec le Kremlin, on n'est pas un des agents étrangers. Moi je m'en fiche de la Russie ou quoi que ce soit.

Si il m'intéresse, c'est la France. Mais il se trouve que, oui, je ne veux pas qu'on finance l'Ukraine. Mais en disant ça, mais attendez, vous dites la même chose que le Kremlin.

Peut-être. Mais moi je le dis comme un patriote français. Et ça, on peut le faire sur tous les sujets.

On peut le faire sur l'Europe, on peut le faire sur tous les sujets. Donc c'est un moyen de contrôler, de bazardiser en quelque sorte la campagne. Vous organisez le 14 juillet prochain un rassemblement avec votre parti Les Patriotes.

Quel sera le message de cette manifestation ? Il y a le matin, le 14 juillet, Euro-Ukrainien officiel qui sera scandaleux. Ça choque beaucoup de soldats d'ailleurs et beaucoup de Français puisque von der Leyen sera là, Zelensky sera là, le chef militaire de l'OTAN sera là.

Ils encadreront Macron sur la tribune officielle. Il y aura des avions ukrainiens. Les avions seront armés pour nous dire que c'est la guerre qui arrive.

Il y aura toutes les troupes de l'Union européenne, de la coalition des volontaires. Il y aura l'hymne européen. Et puis on nous dit… L'eau de la joie.

Oui. On est en plein dedans. L'eau de la joie.

Quelle joie. Et puis on nous a dit le nom officiel de cette cérémonie, ce sera le réveil stratégique de l'Europe. L'Europe, le jour de la fête nationale.

C'est une honte ce 14 juillet Euro-Ukrainien et c'est en plus une préparation des esprits à la guerre contre la Russie. Donc nous on lave la front et on valorise la France libre, sortie de l'UE et de l'OTAN et la paix l'après-midi, 17h 14 juillet, rendez-vous Paris, place du 18 juin 40, c'est le quartier Montparnasse. Venez habiller aux couleurs nationales.

Ça tranchera avec le matin. Donc bleu, blanc, rouge ou bleu, blanc, rouge comme vous voulez. Les drapeaux français.

Et puis il y aura des chants patriotiques, il y aura des chants sympathiques, il y aura une marche et il y aura surtout un symbole très fort qui va déplaire au pouvoir. Voilà. Donc venez très nombreux, on fera un défilé, le vrai défilé national.

Merci à vous Florian Philippot d'avoir accepté notre invitation. Merci à vous tous de nous avoir suivis. Merci beaucoup.

Tout de suite après cet entretien, vous pourrez retrouver Philippe Béchade pour sa chronique économique et financière. Et quant à nous, on se retrouve la semaine prochaine. A bientôt, salut !

Ce rendez-vous est de manière de décryptage de l'actualité en mode affranchi. Je salue tous les abonnés de TV Liberté pour cet épisode que je vais intituler « La folie, c'est de reprendre le même schéma en espérant des résultats différents ». Bon, eh bien la folie en matière boursière, ça réjouit tout le monde.

Bah oui, vous prenez un schéma qui marche, vous le reproduisez à l'infini. Même s'il est totalement mensonger. Comment ça ?

Bah prenez par exemple, depuis le 8 avril dernier, les 47 annonces successives par Donald Trump, de la signature d'un cessez-le-feu, de la réouverture du Détroit-Dormuz, d'un accord sur les 14 points exigés par l'Iran, avant le lendemain de démentir complètement. Et à chaque fois que Trump annonce prématurément un cessez-le-feu, une réouverture d'Hormuz, les marchés grimpent, le pétrole baisse. Trump a réussi depuis trois mois à supprimer le prix du pétrole.

Il a tellement bien réussi d'ailleurs qu'aujourd'hui, tout le monde se met short sur le pétrole. Alors que pourtant, les stocks stratégiques américains continuent de se vider inexorablement. On parle beaucoup des stocks américains parce que ceux-là, au moins, ils sont publiés par l'AIE, l'Agence Américaine de l'Énergie.

Ils ne le sont pas en Europe. Mais rassurez-vous, on continue de puiser dedans. Sinon, il y a longtemps qu'il y aura plus de diesel.

D'ailleurs, autour de chez vous, avez-vous remarqué que quelques pompes commencent à manquer de diesel Excellium ou de 100 plombs 98 ? Vous ne vous demandez pas s'il s'agit d'un petit problème d'approvisionnement ou d'un problème plus général ? Problème plus général puisque déjà, on sait qu'en Russie, il y a des pénuries depuis des mois et des mois grâce au bombardement réussi de raffinerie russe par des drones ukrainiens, téléguidés évidemment par les services occidentaux.

Donc un pétrole qui baisse, c'est un marché qui se réjouit, qui se réjouit que les anticipations inflationnistes se trouvent contenues. Et pourtant, bon sang ! Mais pourquoi les marchés obligataires ne suivent-ils pas ?

C'est assez curieux. Le pétrole vient de perdre 40% sur ses plus hauts du début du mois de mars. Et les taux longs américains, eux, se sont tendus d'un peu plus de 25 points.

Alors qu'en 2008, avec une baisse de 40% du prix du pétrole entre juillet et novembre, les taux avaient effacé pratiquement 70 ou 80 points. C'est-à-dire l'équivalent de trois baisses de taux. Eh bien, cette fois-ci, ça ne se passe pas comme cela.

Mais ça n'empêche pas Wall Street de poursuivre son rallye. Et le Dow Jones a inscrit jeudi dernier un nouveau record absolu. C'était le quatrième consécutif.

Ne soyez pas trop pétrenés. « Wall Street était à la veille d'un pont de trois jours pour l'accélération du 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis. Comment pouvez-vous imaginer que les indices US n'auraient pas atteint des sommets ou inscrits de nouveaux records à l'occasion ? » Donc on s'en fiche complètement que les stocks de pétrole et de carburant américains continuent de se vider.

Car le détroit d'Hormuz n'est absolument pas rouvert. Les bons jours, ils passent à peu près l'équivalent de 50% du trafic d'avant la guerre. Et les mauvais jours, c'est-à-dire généralement le week-end quand on se balance des drones pour, on va dire, aller amuser le terrain, c'est l'expression employée par Donald Trump.

Eh bien là, le trafic est quasiment interrompu. Personne ne fait le calcul du manque de barils pour faire tourner l'économie, pour regarnir les stocks avant la saison hivernale et pour regarnir les stocks stratégiques des États-Unis, de l'Europe, de la Chine, évidemment, et du Japon. Non, personne ne se demande, puisque chaque jour, on répète le même schéma.

Hormuz va rouvrir, tout va se normaliser. Eh bien, le même principe en politique, lui, ne donne pas d'aussi bons résultats. Vous prenez exactement les mêmes candidats ayant le même profil.

Vous les faites sponsoriser par les médias. Ils vont pousser toujours les mêmes duels que vous connaissez. Je n'ai pas besoin de vous les rappeler.

Mais là, cette fois-ci, on aboutit quand même à quelque chose qu'on n'avait pas encore vu, c'est-à-dire que le centre – ou certains vont appeler ça l'extrême centre – – eh bien, regroupent tous les losers, tous ceux qui ont échoué à leur ministère, à Matignon, dans leur rôle de conseiller à l'Élysée, voire même certains mis en examen et exonérés à PSOU. Parce que, ah, oups, voilà, la procédure est prescrite. M.

Colleur se reconnaîtra. Et dans ces conditions, donc, on essaie de nous faire croire que tous ceux qui ont échoué, qui ont creusé les déficits, désindustrialisés, la France, plongé l'hôpital dans un État à peine comparable aux pays les moins développés d'Europe, eh bien ces gens-là vont révolutionner la façon de faire de la politique et tout changer, alors que c'est eux qui ont évidemment tout changé en pire. Et là, malheureusement, contrairement au placement boursier, on va dire que le placement politique pour 2027 n'augure pas de beaucoup de bonnes surprises.

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Économie de guerre : la France face à Poutine ? | Florian Philippot | Politique & Éco - TVL — Florian Philippot · Pourquijevote