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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 7 juillet 2017 26 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiInstitutions & électionsEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

#RDLS34 : HOLOGRAMME, CORÉE DU NORD, QATAR, TRUMP, CLIMAT, MILLIARDAIRES, CODE DU TRAVAIL

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, c'est la 34ème édition de cette revue de la semaine. La semaine dernière, on n'a pas pu faire la revue parce qu'il y avait vraiment trop de travail pour tout le monde. Il faut pas que vous perdiez de vue que c'est très peu de monde qui participe à la réalisation concrète de cette émission.

Mais vous avez écrit, vous avez envoyé des messages et même des coups de téléphone pour vous inquiéter. Alors pas d'inquiétude. Tout le monde va à peu près bien, quoique tout le monde soit totalement épuisé.

Donc on va faire cette revue de la semaine et puis je pense qu'à la fin de la séquence sur la loi travail, je veux dire sur les ordonnances renversant le code du Travail, je pense qu'il sera temps d'arrêter et de faire une pause pour que tous ceux et celles qui font la partie technique de cette émission puissent souffler et puis parce que sans doute moi je commencerai à me diriger vers la fin de la session parlementaire et il est temps que moi aussi, comme les autres, je me repose après une année pareille sans pause. Voilà. Allez.

Générique ! Bon, d'abord je dois vous dire une nouvelle un peu marrante. On a obtenu le prix de l'innovation digitale C'est un groupe d'entreprises qui forment un jury et qui l'attribuent à ceux qui, dans l'année, ont fait la chose la plus nouvelle ou la plus bouleversante en utilisant les techniques de la digitalisation.

Alors c'est nous qui avons gagné, évidemment avec l'hologramme. Donc je me suis rendu là-bas pour recevoir mon prix. Une espèce de bout de carton, non pas de carton, de la mousse quoi.

Dorée svp! Et j'y suis allé avec les deux entreprises qui ont entouré la réalisation de l'hologramme. C'est-à-dire d'un côté, Médiascope, avec sa directrice, Sophia Chikirou …et de l'autre côté Vidélio, qui lui-même a regroupé trois entreprises pour assurer tous les aspects techniques.

Parce que l'hologramme, c'est une illusion d'optique. Ce n'est rien d'autre hein. Je ne suis pas téléporté, et je ne suis pas en 4D, là-bas.

Mais il y a plusieurs entreprises qui y contribuent : celle qui fait la gravure, celle qui projète, enfin...

C'est très technique, la mise en place de cette illusion d'optique et les connaisseurs savent que c'était déjà costaud... … de faire Lyon-Paris.

Mais alors, faire six villes en même temps, dont l'île de la Réunion qui est par là-bas dans l'océan Indien, c'était quelque chose qui, techniquement, était très fort. Vous savez que pour ce qui est de l'hologramme à la Réunion il y avait quand-même 3500 personnes pour regarder ça, hein. et poursuivre le meeting mais… le câble s'était coupé… devant l'Égypte.

Ça paraît fou, hein? On fait un Meeting, et ça dépend d'un câble qui se coupe devant l'Égypte. Donc… Orange a rétabli les liaisons.

Enfin, ça a été vraiment très très tendu, donc on était fier d'aller prendre ce prix parce que … c'est un prix qui va à la fois à l'idée -- fallait avoir l'idée de l'hologramme en politique -- et c'est un prix qui va aussi à la réalisation technique et aux équipes qui étaient là. Bon, je vous le raconte pour que vous sachiez que quand même, souvent, on est les meilleurs, hein? Bon, je vous parle à nouveau de la paix et de la guerre.

Vous savez que la France Insoumise... ...et tous mes amis, ceux qui participent à notre mouvance nous sommes très attachés à la question de la paix et à faire attention, parce que la paix, c'est pas naturel.

La logique des relations entre les états, c'est les contradictions d'intérêts et, soit on les règle par la diplomatie et des organismes internationaux, -- c'est pour ça qu'on est tellement attaché à l'existence de l'ONU qui rassemble toutes les nations du monde et qui est le résultat de l'horreur des guerres mondiales : c'est parti de la SDN, après la première guerre mondiale, et puis ensuite, ça a été l'Organisation des Nations Unies -- donc je sais bien qu'il y a toutes sortes de critiques -- on peut tout critiquer d'ailleurs -- qui peuvent être faites contre l'ONU mais en attendant c'est le seul organe dont on dispose et nous, les Français, nous y avons un droit de veto au conseil de Sécurité donc on a des responsabilités particulières. Et moi je suis très attaché à ce qu'on améliore le fonctionnement de l'ONU, à ce qu'on étende ses domaines, mais pas à ce qu'on la détruise ou qu'on voit d'autres organes s'y substituer sous la domination des puissants de la Terre. Par exemple le G8, c'est absolument antidémocratique, ce truc : huit nations qui décident ce qu'il faut faire, fort heureusement pour nous ils décident de rien, en tout cas rien qui sans suite se réalise.

Mais cette espèce de conseil d'administration des grandes puissances, le G20, enfin tout ça, quoi... toutes ces choses n'ont pas d'existence ONU.

De même, l'organisation mondiale du commerce est un organe complètement extérieur à celui de l'ONU Et à l'ONU, il y a toutes sortes d'organes, très performants, très productifs, ou qui pourraient l'être bien davantage, par exemple l'UNESCO qui s'occupe de culture et d'éducation, dont le siège est à Paris et dont on ne fait pas grand chose alors qu'on pourrait lui donner un rayonnement formidable Le programme des Nations Unies pour le développement, qui a inventé l'Indicateur de Développement Humain qui permet de mesurer les performances humaines de la civilisation humaine dans chaque pays donc ça, c'est l'ONU. Alors, une fois que je vous ai dit ça, je viens sur l'actualité et je voudrais vraiment que chacun fasse attention à ce qui se passe, pas écouter la propagande des médias, parce qu'elle est quasiment exclusivement tout orientée du même côté : c'est tout pro Américains, et dans le lobby nord-américain, ce sont des agences de sécurité qui financent les réseaux d'influence pour faire dire des choses... ... d'une manière ou d'une autre.

Je ne suis pas en train de dire que c'est une ficelle ou un lien direct, mais enfin, c'est pas très intéressant. Il faut arriver à trouver la vérité en recoupant les informations, et en essayant d'aller au-delà des apparences. Et je trouve que les facteurs de guerre sont là, et ils sont dangereux.

Par exemple, l'attitude de la Corée du Nord qui reproduit sans arrêt des provocations contre les États-Unis d'Amérique, ça c'est pas acceptable. Les essais de tirs de missiles balistiques intercontinentaux -- c'est-à-dire que se sont des fusées en réalité -- qui ont une très longue portée et on met dedans les charges qu'on veut. Alors, il faut être capable de miniaturiser une charge nucléaire, mais apparemment, les Coréens du Nord en sont capables.

Bien sûr, le dernier tir qu'ils ont fait est très inquiétant. Alors c'est une provocation monstrueuse de montrer qu'ils peuvent atteindre l'Alaska. T'imagines, c'est le territoire des États-Unis.

Aucun d'entre nous n'accepterait ça, que quelqu'un se mette à tirer comme ça des missiles vers le territoire national. Donc, là dans ce cas bien précis, les États-Unis d'Amérique sont en droit de réagir comme, par exemple, le font les Russes quand les Américains installent des missiles à portée de tir de la Russie, hein ! Donc ils sont un peu pris à leur propre piège.

Mais ça ne doit pas être une raison suffisante pour nous pour dire : Bon, on s'en fiche, bien fait pour eux. Non pas du tout, on peut pas être d'accord avec le fait que la Corée du Nord fasse des essais nucléaires et tire des missiles. D'abord, parce que l'armement nucléaire, nous sommes contre.

Nous sommes pour réduire, puis supprimer l'armement nucléaire qui existe, en commençant par ceux qui en ont le plus -- pas par nous les Français -- en commençant par ceux qui en ont le plus et en empêchant les autres d'en avoir. On me dit c'est pas juste, vous l'avez. Peut-être bien, mais qu'est-ce que ça arrange que d'autres l'aient ?

Qu'est-ce que ça règle, qu'est-ce que ça fait avancer ? Donc le principe de non dissémination des armes nucléaires, pour nous il est fondamental. Voilà c'est tout.

Il y a X pays qui l'ont -- on est à peu près une dizaine (hum) -- ben ça suffit comme ça. Parce que sinon, vous finissez par les mettre dans les mains d'un fou, quelqu'un qui veut s'en servir comme un moyen de pression et des fois dans des situations suicidaires pour lui-même. Donc, l'attitude de la Corée du Nord n'est pas acceptable.

Et euh...

Bon, le résultat, c'est quand même que c'est une montée des tensions terrible, parce que les Nord-Américains veulent les frapper, tout le monde comprend. Mais tous les gens comprennent qu'ils échapperont pas à des tirs de représailles. Notamment la Corée du Sud -- parce que la Corée du Nord a installé des batteries de missiles directement tournés sur la Corée du Sud -- et puis, les Japonais, puisque si les Coréens du Nord ont des missiles balistiques intercontinentaux, ben c'est clair qui en a une partie... c'est pour les Japonais !

Donc tout ça, c'est pas bon. L'escalade, la montée comme ça, alors ça c'est dans un endroit du monde. Vous allez voir, le bazar se propage.

Peu de gens suivent ce qui se passe entre l'Arabie Saoudite, le Qatar et ses voisins. Pourquoi ? Parce que les grandes puissances sont exactement dans la même situation d'embrouille dans laquelle ils se sont trouvés avec les guerres d'Iraq et de Syrie.

C'est-à-dire que comment arriver à faire la guerre, sans nommer l'adversaire, hum ? Parce que Daesh, tout ça, c'est des histoires, ce sont des milices armées au service de puissances régionales. Y a pas de Daesh, si y a pas de Turcs, y a pas d'Iraniens, si y a pas de Qataris, si y a pas de Saoudiens, ça existe pas hein ?

Bon Donc tous ces gens se tapent dessus. Et vous vous souvenez peut-être au début de la guerre de Syrie, on comprenait plus rien dans la guerre d'Irak et de Syrie. Parce que suivant la semaine, les les gentils et les méchants changeaient de camp.

Voilà. Quand on ne veut pas nommer l'ennemi, ben après, on est bien embarrassé. Alors là, c'est la continuation de la même bataille entre les Iraniens, les Turcs et toute une série de puissances régionales.

Mais là, c'est en train de dégénérer. Parce que, il faut bien regarder la suite des événements. Les Saoudiens ont attaqué leurs voisins, les Yéménites, et dans des conditions abominables.

Y a là-bas des morts, une épidémie qui est en train de tuer les gens, y a la famine...

Bop bop ! Tout ça, y en a pas trace hein ! Là, personne nous parle de ça.

Ces pauvres gens sont en train de subir un martyre. Donc, y a déjà une guerre entamée par un des protagonistes de la région. Il s'en cache même pas !

Ce sont ses avions, ses bombes, il tire sur les hôpitaux, sur tout ce qui bouge. Donc, on doit les prendre au sérieux, parce que ils sont capables de déclencher une guerre chez leurs voisins, d'y rester et de tout détruire ! Donc, les Saoudiens se sont tournés contre les Qataris.

Alors bon, on a quelques raisons de ne pas aimer beaucoup la politique du Qatar, mais il faut se rendre compte que les demandes des Saoudiens et de leurs alliés sont tellement élevées que leurs voisins Qataris peuvent pas dire oui, c'est tout simplement pas possible. Pourquoi ? Parce qu'ils leur coupent toutes les voies d'alimentation coupent les routes, ils coupent les transmissions, et ils leur demandent de faire partir les Turcs qui se trouvent là, de supprimer leur chaîne de télévision Al Jazeera, etc. etc.

Y a des choses qui sont la négation pure et simple de la souveraineté d'un État. Un État qui accepte que son voisin dise : Ben tu vas fermer telle chaîne de télévision, pis tu vas arrêter de faire ci, pis tu vas pas fréquenter celui-là, c'est fini ! Il n'est plus un État souverain.

Comme le niveau est très élevé de la demande, on comprend que c'est pour agresser, que c'est pour que les Qataris soient obligés de dire non. Et donc c'est le choc ! Ça c'est très mauvais pour nous, très mauvais.

Alors évidemment là-dedans, les Américains ont un jeu trouble, comme d'habitude, il faut faire très attention, quand Trump est passé là-bas, il est parti dans un délire contre l'Iran et, du coup, les nobles locaux se sont dis : Ben, bonne affaire, les Américains nous protègent, ils vont commencer à s'en prendre au voisin, parce que le voisin, lui, serait lié à l'Iran. Vous me suivez. C'est pas la première fois que les Américains font ça.

Ils l'ont fait une fois en disant à Saddam Hussein que les problèmes qu'ils avaient avec leur voisin, c'était pas leur problème. Ce que Saddam avait analysé comme un feu vert pour aller envahir le Koweit. Y a quelque temps de ça, c'est Barak Obama qui avait dit au président de l'Irak de l'époque, votre problème avec les minorités qui ne sont pas d'accord avec vous dans votre pays, c'est pas notre problème.

Et l'autre, avait immédiatement interprété ça en disant feu vert pour tuer tout le monde et le résultat, ça a donné ce qu'on a aujourd'hui sous les yeux. C'est-à-dire que la minorité chiite a persécuté tous les sunnites d'Irak. Bon, tout ça, je mets des mots de religion; en réalité il s'agit d'autre chose, mais peu importe, c'est pour dire.

Voilà. Donc là, cette crispation, ce nouveau foyer de guerre dans cet endroit, c'est trop, ça en fait trop, vous comprenez. Au bout d'un moment, ça devient une espèce d'engrenage.

Et ce sont des endroits terrifiants ! Au Qatar, y a une base des Nord-Américains, y en a quand même 10 000 qui sont là. Les Turcs y sont.

Nous les français, on l'a peut-être oublié, mais on a aussi construit une base là dans le coin, hein. Donc on est en plein dedans ! On leur vend des avions, du matériel, et figurez-vous que le service après-vente, c'est nous-mêmes hein !

Donc c'est encore une zone de tension. Évidemment y a l'effet répétition. Dernière zone : c'est en Europe, l'escalade avec les Russes.

Faut absolument que ça s'arrête cette histoire là, Trump est allé faire le malin en Pologne. Bon, les polonistes, c'est un gouvernement d'extrême droite, exactement comme en Ukraine; alors en Ukraine y a des nazis mais en Pologne, ils sont pas nazis mais enfin faut voir ce que c'est, quoi ! C'est vraiment l'extrême droite.

Et Trump y a été. Et c'est là que se trouvent les bases de missiles qui sont censés être des missiles anti-missiles pour répondre à l'Iran. Alors plus personne comprend rien, qu'est-ce que l'Iran vient faire là-dedans.

En attendant, les Russes ont parfaitement compris le message. Ils disent : Vos missiles sont en état d'atteindre 75 % de nos installations. Bon.

J'arrête là le tour de la planète, mais ce que je veux vous dire, c'est qu'il y a une escalade. Et que cette escalade est mauvaise, même si elle peut vous paraître exotique et lointaine hein. Bon.

L'Arabie saoudite, le Katar, tout ça c'est bien loin...

La Corée du Nord, ouh la la, comme c'est loin... et puis bon, la Pologne, c'est un peu plus près, mais bon, on se dit : tout ça va rester raisonnable...

Non, non, les logiques de guerres, c'est jamais raisonnable. C'est des escalades et à la fin, on règle les problèmes, on croit qu'on va les régler par la force, c'est-à-dire qu'on casse tout. Et tout ça dans un contexte où tous ces dirigeants se contrefichent de la crise climatique, du changement climatique.

Or, le changement climatique, c'est pas une crise comme une autre. C'est une crise irréversible. On ne peut pas revenir en arrière.

On peut pas faire rentrer le dentifrice dans le tube. On peut pas rembobiner le film. Non, ça n'existe pas Elle est en marche, elle va s'affirmer de plus en plus, et elle va commencer ses dévastations sur la civilisation humaine.

Elles sont d'ailleurs déjà commencées par les famines, les sécheresses, etc. mais comme les grands pays sont à l'écart de ces fléaux, pour l'instant, ils ont l'impression que ça les concerne pas. Ben non.

Si, ça les concerne. C'est maintenant qu'il faut prendre des décisions. Et qu'est-ce qu'on fait ?

Ben, on n'en prend pas, justement. Et ça a été le cas notamment du plan de monsieur Hulot. Bon, à l'heure à laquelle je vous parle, j'ai pas eu le temps de tout lire et je veux pas faire de procès d'intention, tout ce qui serait des avancées sera bon à prendre.

Mais là on voit bien qu'on n'est pas dans le bon timing quoi. On a toutes sortes de conférences qui sont convoquées, très peu de mesures concrètes, mais admettons même ça, mais par contre, il faut se prononcer sur les choses qui, elles, sont urgentes. C'est dans ce quinquennat que y a 19 réacteurs nucléaires qui arrivent en bout de course.

Quel rapport ça a avec le changement climatique ? Ben... le rapport que ça a, c'est que il faut passer à d'autres énergies.

À du 100 % renouvelable. Ça se discute de loin. Si vous avez du 100 % renouvelable, vous vous passez du nucléaire qui est dangereux et vous vous passez aussi des énergies carbonées c'est-à-dire le pétrole et le reste, d'accord ?

Tout ça se tient. On est vraiment à un moment de l'Histoire où il faut penser global. Si on pense pas global, premièrement, on comprend pas ce qui se passe et deuxièmement, on est incapable de prendre les décisions qui sont nécessaires.

Et là, hélas, on a un nouveau gouvernement qui est dans la ligne néo-libérale, faire des affaires, produire n'importe quoi, n'importe comment, du moment que ça coûte pas cher, tondre les gens et accumuler du capital. Bon. Ça va être sur cette remarque que je vais finir.

Figurez-vous que en Europe, tout va bien. Non mais y a des gens qui s'affolent pour rien ! D'accord, y a des millions de pauvres, d'accord, les industries sont dévastées partout, d'accord, la Grèce va être détruite, mais, regardez, y a de plus en plus de millionnaires, et des hyper-milliardaires aussi.

Et nous autres, les Français, on est troisième au classement pour les hyper-milliardaires. C'est bien non quand même, ça vous réjouit non de savoir ça ? Voilà.

C'est-à-dire que ce monde est devenu une caricature de l'absurde. Tandis que se...

Et évidemment, ça rapporte... se déroule, se construit une misère folle, ... on nous met en avant : Tiens, voyez, y en a quand même qui réussissent, faudrait que vous fassiez tous pareil.

C'est justement pas possible. Pour que tout le monde réussisse à avoir une vie digne -- je dis pas une vie de milliardaire, c'est pas une vie digne à mes yeux -- mais une vie digne, ben précisément, faut pas qu'il y ait tant de milliardaires, et si y en a pas du tout, personne s'en rendra compte hein ? parce que vous, ce que vous gagnez pas, ça change rien dans votre vie.

Si, ça vous change quelque chose : ça vous la pourrit. Parce que pour qu'il soit milliardaire, faut que vous, vous ayez toutes sortes d'embêtements tous les jours parce que vous manquez de tout. Bon, ces choses-là, il faut les répéter tant pis, des fois, on prend quelques coups au passage.

Hier, j'ai lu un papier que j'ai trouvé, vraiment, dans cette tradition la plus méprisable du soit-disant contrôle médiatique. Vous savez, ils m'avaient fait le coup une fois. J'avais dit : Y a 31 000 enfants sans toit Ha non !

Y en a que 30 000 et en plus, on les loge plus souvent à l'hôtel. Tout va bien hein ? Est-ce que tout ne va pas bien : si y en a pas 31 000 mais que y en a 30 000 Donc vraiment vous sentez que c'est le truc mesquin pour vider la pointe d'une argumentation qui frappe l'esprit.

Quand vous entendez qu'il y a 31 000 gosses qui ont pas de toit, alors vous avez un de ces - qui passe derrière : Non, non, c'est exagéré Ah oui, quand même, ça me semblait beaucoup Et vous vous apercevez pas qu'ils vous ont roulé, y en a 1000 de moins -- disent-ils -- c'est même pas vrai. Bon. Et là c'est pareil.

J'ai dit : Y a 565 personnes qui meurent sur leur poste de travail. Checking. Le chiffre est exagéré, c'est 545.

Ah ! Y a un 20 de moins. Tout va bien non ?

Est-ce tout va pas bien non ? 545 personnes meurent sur le poste de travail, pas 565 ! Monsieur Mélenchon, allons, vous exagérez !

Eh bien, les 545 familles qui ont perdu quelqu'un au travail peuvent dire merci à ce média hein ? pour sa sensibilité humaine, pour sa compréhension du problème. Bon.

Autrement dit, taper Mélenchon, ça devrait avoir une limite. La limite de la décence, du respect pour les autres, pour les morts, pour la vie des gens... pff Avec eux, y a pas de limite.

Voilà, voilà comment ce système va à la folie -- je le dis pas pour moi, je m'en fous, ce qu'ils disent de moi, je regarde ça des fois je m'amuse -- mais c'est surtout le débat public qu'est pourri par des méthodes pareilles. On peut plus parler de rien, parce qu' ils vous chopent un mot, ils vous transforment en buzz, leur but n'est plus de rendre compte, c'est de créer une actualité. Donc ils la fabriquent, de toute pièce !

En prenant des mots, en révélant, en soulignant, en éclairant... pfff...

Et voilà pourquoi nous avons vécu une campagne présidentielle misérable, où il a été à peu près impossible de parler de quoi que ce soit, rappelez-vous que les ordonnances sur le Travail, on a essayé d'en parler on est arrivé à rien, on n'a pas pu en parler et maintenant, Macron dit : Moi, je l'avais dit dans la campagne ! Et nous, quand on y répondait : rien ! Ah ! mes propos quand y en avait un qui dépassait, ça, oui !

Et les costards de Fillon... formidable hein !

Dans les médias : les costards de Fillon ! Avec cette espèce d'approche un peu fascisante, anti-parlementaire, anti-politique, contre tout, contre tout le monde, jamais contre eux-mêmes, jamais le moindre esprit critique...

Et donc le pays a roulé à cette situation, vous êtes arrivés à 57 % d'abstention à l'élection, -- à l'élection présidentielle, je vous rappelle qu'y avait déjà un haut niveau d'abstention -- et donc, ce pays est une poudrière. Et c'est le moment que choisit Macron pour passer en force partout, sur tous les sujets : l'état d'urgence, les ordonnances contre le code du Travail, bon. Peut-être que vous savez tout ça, mais c'est mon devoir de vous le rappeler et essayer de le mettre en perspective.

Pour montrer que, au total, ça nous fait un monde très instable. Mais faut pas non plus commencer à pleurer et baisser les bras. Parce que, comme ce monde arrive à sa limite, c'est à nous, c'est à vous de vous préparer à prendre en charge le suivant.

C'est pour ça que j'ai dit dans mon discours à l'Assemblée Nationale, nous ne sommes pas seulement une opposition. au gouvernement, y en a d'autres oppositions, mais ils s'opposent pas trop hein, c'est des opposants qui s'abstiennent, mais oh, peu importe, y en a d'autres. Mais c'est surtout que nous sommes l'alternative.

Nous, on n'est pas candidats au pouvoir pour les remplacer. On est candidats au pouvoir pour remplacer tout le système : sa folie, sa manière de fonctionner, complètement dingue, qui écarte la population du bien-être, massacre la nature, tout ça. Voilà.

Alors maintenant, il faut être constant dans son engagement. Il faut pas une semaine oui, une semaine non. Je sais bien que c'est les vacances, mais quand même, il se passe des choses, donc il faut faire quelque chose quand on est un citoyen, une citoyenne.

Bon, le code du Travail, c'est des centaines de pages qui sont des luttes sociales, des compromis sociaux, c'est ça que c'est, c'est pas autre chose hein...

Donc, quoi qu'il arrive, faut le défendre la baïonnette au canon et donc on a fait un premier rassemblement, le jour où le pharaon faisait un discours au Congrès de Versailles, et là, rappel : le 12 juillet prochain, à aller sur les places des villes, des rues, faites quelque chose : ayez des idées, soyez originaux, rassemblez-vous et parlez, parce que c'est nécessaire souvent, n'hésitez pas à faire des marches, à jouer de la musique dans la rue, à faire ce qu'il faut pour faire comprendre à nos concitoyens qui voient ça de loin, qu'il y a un problème. Et que le problème, c'est pas juste des gens qui s'engueulent à l'Assemblée Nationale, donc qui s'engueulent beaucoup. Mais le problème, c'est le fond : c'est que 18 millions de personnes vont rentrer de vacances et découvrir qu'ils ne vivent plus dans les mêmes conditions légales dans leur entreprise.

C'est ça le sujet. C'est ÇA le sujet. Et vous avez des gens qui sont des idéologues complètement aveuglés qui prennent des décisions qui sont folles !

J'ai pas le temps maintenant de les détailler, mais des décisions que vous pouvez suivre en écoutant les débats, si vous pouvez hein, si vous avez le temps, sur LCP, les différentes chaînes parlementaires, et la nôtre ! Nous aussi on va mettre en place un système de suivi du débat et d'explications tout le long. On va sans doute mettre ça sur notre chaîne YouTube, je crois.

Enfin, on va voir comment tout ça se règle. Mais rappelez-vous : le 12, il faut être dans la rue, parce que c'est le jour où on vote hein, le 12 juillet paraît-il. Donc faut être dans la rue, faut faire quelque chose, faut en parler, puis on recommencera en septembre hein !

Ben là, y avait que nous pour proposer ça, mais bienvenue à tous ceux qui veulent venir, qu'on aille pas dire : Ah bah, c'est la France Insoumise toute seule. Là on n'a pas le temps d'organiser des grandes rencontres, des communiqués à 52 000 organisations, tout ça... ben, vient qui veut, on va pas nous, mettre notre étiquette partout, c'est pas notre sujet.

Notre sujet, c'est que tout le monde comprenne, s'intéresse, suive, lise. Alors, les syndicats ont déjà commencé du travail, je sais que y a du matériel de la CGT, j'en ai vu l'autre jour parce qu'on m'en a donné sur le sujet, puis les amis, nous cet été 12 juillet, on est dans la rue et on fait les caravanes dans les quartiers populaires, parce que c'est quand même eux qui vont en prendre le plus par la tête, c'est compliqué expliquer le code du Travail, hein ? Donc je demande à mes amis, partout, c'est ça votre tâche cet été !

Vous devez refaire comme l'été dernier : des caravanes qui vont dans les cités populaires, vous revenez avec le démonstrateur de droits pour montrer à quoi les gens ont droit parce que souvent, ils ne jouissent pas de leurs droits sociaux, ils savent même pas qu'ils existent, ces droits, d'accord ? Donc on continue à faire le travail, et on fait le travail d'explication, patient, méthodique, sur ce que sont ces ordonnances sur le code du Travail, parce qu'à la rentrée, la bagarre reprend ! Le gouvernement a prévu le texte définitif pour le 21 septembre.

Donc qu'est-ce qu'on fait. On va pas rester les deux pieds dans le même soulier et protester entre nous et tourner en rond dans un coin à Paris ! Ça peut pas être ça !

Faut que tout le monde s'y mette. Voilà. Tout le monde.

Tout le monde, tout le monde ! À commencer par vous ! Vous qui êtes en train de me regarder, d'accord ?

Bon, eh bien sinon, à bientôt hein ? Un petit pouce bleu, pour montrer que ça vous intéresse, et que ça aide cette vidéo à se diffuser, et puis abonnez-vous, si vous aviez oublié de le faire parce qu'à nous, ça nous fait plaisir et ça nous encourage à continuer. Voilà, à bientôt !