Entretien d'actualité n°46 - 05/07/2017
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Nous sommes le mercredi 5 juillet 2017. L'actualité en 6 points, 6 questions. C'est avec vous, François Asselineau. Bonjour. Nous commençons par l'allocution d'Emmanuel Macron devant le Congrès à Versailles. Qu'en avez-vous pensé ?
Alors bonjour à toutes et à tous. Ce que j'ai pensé de cette allocution, déjà, c'est l'existence même qui pose problème. Je rappelle qu'il y a une grande tradition républicaine. C'est même l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui pose le principe de la séparation des pouvoirs. La séparation des pouvoirs, cet article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 précise que si la séparation des pouvoirs n'est pas réalisée, n'est pas assurée, le pays n'a pas de constitution. Donc ça n'est pas un pays démocratique. Alors la tradition républicaine voulait que le chef de l'État ne puisse pas entrer dans l'enceinte des assemblées.
D'ailleurs, regardez par exemple sous la Vème République. Ni Charles de Gaulle, ni Georges Pompidou, ni Valéry Giscard d'Estaing, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac n'ont jamais pénétré ni dans l'Assemblée nationale, ni au Sénat, ni au Congrès réuni à Versailles. C'était une tradition républicaine. Le chef de l'État ne devait pas si peu que ce soit donner l'impression de venir influencer le travail du législateur, c'est-à-dire des députés et des sénateurs.
En revanche, le chef du gouvernement, qui est régi par les articles 20 et suivants de la Constitution, lui, devait aller devant les assemblées pour présenter sa politique générale, pour répondre aux séances hebdomadaires des questions des députés ou des sénateurs, et éventuellement – c'était en tout cas prévu comme ça dans notre Constitution – mettre en jeu sa responsabilité, éventuellement être mis en minorité. Donc le gouvernement chutait. Ce qui arrivait souvent sous la 4e République, ce qui n'est arrivé pour l'instant qu'une seule fois sous la 5e République en 1962. Alors pourquoi M. Macron a-t-il parlé devant le Congrès réuni à Versailles ?
Parce que Nicolas Sarkozy, en 2008, a procédé à une réforme constitutionnelle qui est venue brouiller ses cartes et qui a autorisé que le président de la République puisse venir faire un discours devant l'Assemblée nationale, le Sénat, enfin devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Alors pourquoi a-t-il fait ça ? Moi, personnellement, je ne pense que ça n'est pas une bonne idée. Je ne vois pas ce que ça apporte. D'ailleurs, les Français n'ont pas bien compris ce qui s'est passé. Ce que ça apporte, c'est surtout 500 000 € de frais supplémentaires, parce qu'il faut tout organiser à Versailles, bloquer au passage l'accès éventuellement au château, etc., pour les touristes.
Donc tout ceci crée des frais. Et puis tout ceci, en termes symboliques, donne un côté un petit peu monarchique, un petit peu qui est un peu hors de saison. J'ajoute d'ailleurs que cette réforme constitutionnelle était d'autant plus inopportune qu'elle faisait suite à la réforme qui avait eu lieu avec le référendum de 2000 sur le quinquennat, ce qui fait que depuis maintenant 2007, eh bien la durée du mandat du président de la République est la même que celui de l'Assemblée nationale.
Alors si la durée du président de la République est la même que celui de l'Assemblée nationale, ça veut dire qu'il est la même à peu près que le mandat du Premier ministre qui dépend de l'Assemblée nationale, alors qu'avant, le président de la République avait un mandat de 7 ans, donc forcément, il y avait pendant son mandat une élection législative, et donc assez nécessairement un changement de Premier ministre. Bref, tout ceci le quinquennat a fait que le président de la République et le Premier ministre ont eu tendance à se marcher sur les pieds.
Ajoutons à cela que la construction européenne a retiré de plus en plus de pouvoirs au président de la République et au Premier ministre et au gouvernement pour les raisons que vous connaissez par cœur. Donc on a un système qui est de plus en plus bancal, avec un président de la République qui a de moins en moins de pouvoirs réels. Ce pouvoir réels a tendance à se chevaucher le peu qui reste avec celui du Premier ministre. Le président de la République et le Premier ministre ont la même durée. Et maintenant, le président de la République se met un petit peu dans la situation du Premier ministre qui vient se présenter devant l'Assemblée.
Au bout du compte, on peut se poser la question de savoir à quoi sert encore le Premier ministre. Et d'ailleurs, beaucoup de commentateurs l'ont relevé, parce que c'est en fait une mauvaise manière que M. Macron a faite à son Premier ministre, à M. Philippe, puisqu'il a parlé la veille même du discours de politique générale du Premier ministre, qui lui est prévu et logique dans les esprits des institutions.
Ce point étant posé, donc personnellement, si un jour nous arrivons au pouvoir, je pense que dans les propositions de réforme constitutionnelle que je ferai, je reviendrai à la tradition républicaine, c'est-à-dire – et je l'inscrirai d'ailleurs dans la Constitution – l'interdiction au président de la République, au chef de l'État de pénétrer dans les enceintes des assemblées de telle sorte de sacraliser l'indépendance du législateur. Ce point ayant été posé, qu'est-ce qu'a fait M. Macron ? Pendant une heure et demie, il a fait un topo ennuyeux. Personne n'a réagi, n'a applaudi. Je crois que beaucoup de gens, semble-t-il, baillaient au cornet.
Il semble-t-il, certaines personnes ont dit que sur les quelques 900 et quelques départementaires qui étaient réunis, il y en a quelques-uns qui se seraient peut-être assoupis. En tout cas, c'était un texte quand même très littéraire, très verbeux, très Macron, quoi. Et en même temps, et en même temps, et en même temps, je vais faire ci, en même temps, je vais faire ça, voilà, et en même temps, je vais baisser les impôts, et en même temps, je vais les augmenter, etc. Bon, tout ça, les gens avaient du mal à suivre. Tout ça était très littéraire, en fait très prétentieux, finalement.
Alors au bout du compte, ça a duré une heure et demie, ça a coûté 500 000 euros, tout le monde aurait pu s'en dispenser. Mais qu'est-ce qui en est ressorti ? Alors si on veut le précipiter sec, comme on dit en chimie, une fois que vous savez, quand on fait cuire de l'eau dans une casserole et qu'on oublie de la retirer du feu, vous repassez deux heures après, la casserole est vide, elle est bouillante, et puis vous avez des petites traces de calcaire qui se sont déposées au fond. Alors qu'est-ce que c'est que les petites traces de calcaire déposées au fond du discours de Macron ? Il a dit des choses, si je veux les choses concrètes.
Premièrement, la réduction du nombre de députés et de sénateurs. Bon, ça, il l'avait dit déjà pendant son programme présidentiel. Il n'y avait pas besoin, à mon avis, de venir redire ce pour quoi il a été élu. En attendant, personnellement, je m'en réjouis, même si ça n'est pas dans les mêmes proportions que celles qui figuraient dans mon programme. Je m'en réjouis. C'est plutôt une bonne chose. Deuxièmement, un processus législatif simplifié. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si j'ai bien compris, il autoriserait... Alors ça, j'ai eu du mal à le croire quand j'ai lu ça.
Il autoriserait que dans certains cas, les lois puissent être votées non pas dans l'Assemblée, dans l'hémicycle, mais en commission, c'est-à-dire avec un nom très restreint de députés. Moi, je trouve ça ahurissant. A mon avis, d'ailleurs, je pense que le Conseil constitutionnel, s'il est saisi par 60 députés et sénateurs, pourra peut-être légitimement sanctionner cette initiative. Je ne pense pas qu'il soit normal qu'une loi puisse être votée dans des commissions par une partie seulement du corps législatif. Ça me paraît quand même extrêmement choquant du point de vue des principes.
Dans le processus législatif simplifié, il y aurait aussi, si j'ai bien compris, l'idée de simplifier le nombre de navettes qu'il y a entre l'Assemblée nationale et le Sénat lorsqu'il y a des désaccords. Pourquoi pas ? À mon avis, bon, tout ça, c'est des choses quand même très techniques. Le troisième sujet qu'il a évoqué, c'est l'introduction d'une dose de proportionnelle dans les élections. Ça, je trouve que c'est quand même plutôt une bonne chose, puisque je l'avais moi-même proposé. Je signale d'ailleurs au passage que je l'ai déjà dit, mais j'y reviens, parce que c'est quelque chose qu'on a un petit peu tendance à oublier.
S'il y avait une proportionnelle intégrale en France, comme il y a 577 députés, eh bien si nous avions eu, selon le résultat obtenu au premier tour de l'élection présidentielle où j'ai rassemblé 0,92% du corps électoral, 0,92% de 577, ça fait à peu près 5 députés et quelques. Et si on prend le score obtenu au premier tour des élections législatives, qui était de 0,67%, eh bien ça fait à peu près quelque chose, 0,67% de 577, ça fait à peu près 4 députés. Ça veut dire que si nous avions un système de proportionnelle intégrale, compte tenu des résultats que nous avons obtenus, nous aurions actuellement 4, en gros 4 ou 5 députés sur 577.
Ça changerait évidemment quand même pour notre mouvement, ça changerait un petit peu les perspectives. On voit d'ailleurs au passage à quel point il est scandaleux que nous n'ayons aucune couverture dans les grands médias depuis le premier tour de l'élection présidentielle et que nous n'ayons aucune aide financière de l'État. En attendant, cette dose de proportionnelle, on verra ce que ça sera. Attendons de voir. Mais je trouve que l'intention est bonne. Surtout qu'il s'agit d'une dose et non pas de la proportionnelle intégrale.
C'est-à-dire que si j'ai bien compris, et personnellement je trouve que c'est une bonne idée, c'est un système qui permettrait de maintenir des majorités pour permettre de gouverner, mais qu'il ait une dose de proportionnelle pour que toutes les sensibilités politiques soient quand même représentées dans l'hémicycle. Le quatrième point de M. Macron, c'est qu'il a annoncé que le discours qu'il a fait devant le Congrès serait désormais un discours annuel. Personnellement, je trouve ça très choquant. Je l'ai déjà dit tout à l'heure pour la première fois. Je ne trouve pas ça bien pour une fois. Je ne trouve pas ça bien si c'est tous les ans.
J'ajoute que depuis 2008, il n'y avait eu que deux précédents. Nicolas Sarkozy s'était exprimé une fois devant le Congrès. Et François Hollande l'avait fait également après les attentats de Paris. Mais sinon, c'était tout. Je trouve que faire ce discours annuel devant le Congrès, toujours à 500 000 €, je ne trouve pas que ça soit une bonne idée. Donc personnellement, je serais contre cette mesure. Le cinquième point qu'il a évoqué, c'est la révision du droit de pétition pour faciliter le droit de pétition des Français. Attendons de voir, parce que tout ça, ça reste des propos très généraux. D'ailleurs, dans la Constitution, il y a justement un droit de pétition qui est reconnu.
Mais c'est tellement difficile à mettre en place qu'en fait, ça n'a jamais vu le jour. Le sixième point, c'est la refondation du Conseil économique, social et environnemental. C'est un terme ronflant pour dire une réforme. Ce Conseil économique et social qui existait dans la Constitution a déjà été remanié. Il s'appelle maintenant le CESÉ, le Conseil économique, social et environnemental. Si j'ai bien compris, c'est peut-être là que M. Macron souhaiterait avoir aussi une dose de proportionnelle en y intégrant également des personnes représentant le numérique, les nouvelles choses. Pourquoi pas ?
Le vrai problème du Conseil économique, social et environnemental, c'est qu'en fait, personne ou à peu près n'écoute ses avis. C'est un petit peu fâcheux. Et pendant qu'on en est à parler de ça, je me rappelle que j'étais allé il y a quelques années devant le Conseil économique, social et environnemental pour parler de l'euro. Et que la veille ou l'avant-veille, M. Macron, qui à l'époque était secrétaire général adjoint de l'Élysée, m'avait précédé. Alors il se trouve, je ne sais pas si on peut le retrouver, l'intervention de M. Macron, certainement. La mienne avait fait un tel tabac sur Internet qu'elle avait été retirée.
Alors je ne sais pas si elle y est toujours, mais ça vaudrait le coup qu'un internaute puisse retrouver à la fois l'intervention de M. Macron puis la mienne qui avait été faite à quelques jours d'intervalle. C'était de mémoire, ça devait être il y a 3 ou 4 ans, 3 ans peut-être, ou 4 ans. Et de les mettre l'une après l'autre, ça serait assez intéressant pour voir la différence de discours, d'analyse et de personnalité entre M. Macron et moi-même. Le 7e point, c'est la suppression de la Cour de justice de la République. Ça, personnellement, je suis pour. Je l'avais d'ailleurs déjà dit pendant la campagne.
Je trouve que les ministres n'ont pas à avoir une juridiction extraordinaire qui ne soit pas de droit commun. Donc je suis favorable à cette idée. Le 8e point qu'a annoncé M. Macron, c'est ce qui a été le plus relevé d'ailleurs par les médias, c'est la levée de l'état d'urgence à l'automne. Alors, a priori, moi je m'en félicite puisque ça fait maintenant depuis de nombreux mois que je milite pour la levée de cet état d'urgence. Je me rappelle d'ailleurs que lorsque je disais ça pendant la campagne pour l'élection présidentielle, il y avait des journalistes qui me prenaient pour un dingue en disant que quoi, en gros, j'étais totalement inconscient des risques encourus, etc., etc.
Bon, voilà maintenant que c'est le président de la République qui le dit lui-même. D'un seul coup, les critiques se sont eues. Cependant, il faut y regarder à deux fois parce que, semble-t-il, il s'agirait en fait d'un retour aux libertés publiques en trompe-l'œil puisque un certain nombre de mesures restrictives des libertés publiques qui figurent dans l'état d'urgence seraient désormais intégrées dans le droit commun. Alors, regardons d'un petit peu plus près parce qu'il est tout à fait possible que derrière cette affaire, il y ait une entourloupe. Enfin, et j'en terminerai là sur cette intervention de M. Macron, il a annoncé une conférence des territoires. Alors la méfiance.
Personnellement, je suis très inquiet sur cette question. Vous connaissez mes analyses qui, malheureusement, étaient encore confirmées par les événements, notamment avec l'élection de trois députés autonomistes en Corse sur quatre. Je crains que derrière ces réformes sur les territoires ne se profile la phase 3, 4, 5 ou 6 ou je ne sais plus quoi de la décentralisation, c'est-à-dire une nouvelle tranche du salami allant vers le démembrement de la République française, notamment de son unité.
— Le lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, ce fut au tour du Premier ministre Édouard Philippe de nous exposer son discours de politique générale. Alors là aussi, dites-nous ce que vous en avez pensé.
— D'abord, ce que j'en ai pensé, c'est que M. Philippe a été plus court que M. Macron. Il a fait, je crois, 1h10 au lieu d'1h30. Et qu'il a dit plus de choses concrètes que M. Macron. Une chose que j'ai apprise aussi... Enfin il suffisait d'écouter la presse, de regarder les journaux, pour apprendre que M. Macron avait décidé au même moment d'aller dans le Finistère, à la presqu'île de Crozon, à la base de l'île Longue, pour embarquer dans un sous-marin, pour faire un tour en sous-marin nucléaire, sous-marin nucléaire, lanceur d'engin. Pourquoi pas ? C'est son rôle en tant que chef des armées.
Cela étant, il m'a semblé que c'était aussi quelque chose d'un petit peu narquois, parce qu'a priori, s'il était dans un sous-marin, c'était l'endroit idéal. C'était même l'un des seuls endroits au monde où il était à peu près certain de ne pas pouvoir écouter ce que disait son Premier ministre. Sous-entendu, parle toujours, ça m'intéresse pas. Voilà. Alors après, justement, il y a des gens qui l'ont fait remarquer. Donc l'Elysée a dit « Mais si, si, il pouvait se faire tenir ». Voilà.
Je trouve ça assez là aussi, le message envoyé, que ça a été volontaire ou involontaire, mais je pense que c'est plutôt volontaire, le message qui a été envoyé est un message qui est un petit peu de condescendance narquoise vis-à-vis du Premier ministre, comme si, en définitive, ce qu'il pouvait dire était de peu d'importance. Alors, à part ça, le programme de M. Philippe, moi, ce qui m'a frappé, c'est qu'en définitive, en gros, il y a énormément de choses qui ont été reportées à la Saint-Glinglin, y compris les promesses électorales. Alors 2018, en meilleurs des cas, 2020, 2022. Donc en fait, il a repoussé les poussières sous le tapis.
La seule chose qui soit très concrète, c'est un tour de vis budgétaire. Voilà. C'est-à-dire, en gros, ce que j'avais dit qui allait se passer lors de la campagne pour l'élection présidentielle. Alors, on peut passer en revue, essayons d'être rapide, sur la justice. Donc M. Philippe a annoncé une loi quinquennale de programmation des moyens de la justice. Très bien, j'avais dit moi-même aussi qu'il fallait absolument, vous reprendrez les professions de foi notamment, qu'il fallait absolument augmenter les moyens de la justice. Sauf que cette loi quinquennale de programmation sera présentée en 2018. Donc ça repousse d'un an.
Il y a une promesse de créer 15 000 places de prison qui avaient été faites. Mais tout ceci, c'est le programme quinquennal, ça nous reporte éventuellement en 2021-2022. Donc qui dit programmation quinquennale dit que les choses ne sont pas prêtes de s'améliorer dans les mois qui viennent. En matière de santé, alors ça, c'est une chose extrêmement concrète. Le Premier ministre a dit qu'il allait porter le prix du paquet de cigarettes à 10 € contre environ 7 € actuellement. Ça fait quand même une hausse de 40 % du prix du paquet de cigarettes. Alors là-dessus, je suis un petit peu partagé. Je ne suis pas fumeur moi-même.
Je sais quel est le coût pour la collectivité locale du traitement des cancers, notamment du cancer du fumeur. Je sais également que la consommation de tabac, tabagisme actif ou tabagisme passif, est, je crois, la première source de mort évitable en France. Donc le fait de lutter contre le tabac, la tabagie, est quand même plutôt une bonne action, qui d'ailleurs a été entreprise depuis de nombreuses années et qui d'ailleurs s'est développée dans le monde, dans l'ensemble du monde, en tout cas du monde développé. Cela étant quand même une augmentation de 40 % sur le prix du paquet de cigarettes, ça me paraît quand même beaucoup. En attendant, ça va peser. Bien entendu, c'est un impôt.
Ça veut dire des taxes spécifiques qui vont peser sur tout le monde. Donc il vient contredire l'idée selon laquelle il faudrait par exemple la baisse de la taxe d'habitation. C'était l'idée selon laquelle il fallait modérer selon les revenus. Enfin voilà. En attendant, à mon avis, si on passe à 10 €, ça va quand même favoriser, il y a un risque de favoriser des opérations contrebandes dans toutes les zones frontalières notamment, puisque le taux n'est pas du tout identique dans les pays frontaliers. D'ailleurs, moi, alors là, pour le coup, je trouve que typiquement, ça devrait être un sujet d'harmonisation entre les pays de l'UE, qui n'a jamais eu lieu.
C'est-à-dire que la taxation en Espagne, par exemple, est très inférieure sur le prix du paquet de cigarettes. Voilà quand même quelque chose, puisqu'il est question de santé publique, sur lequel l'UE aurait dû faire quelque chose. Elle ne l'a pas fait. Alors parmi les promesses également, il y avait... M. Macron s'était peut-être inspiré de mon programme, puisque depuis que je l'avais présenté en 2011, j'avais indiqué que je souhaitais qu'il y ait une prise en charge totale pour les lunettes et les soins dentaires des Français. Donc M. Macron avait sans doute, je sais pas à quel moment, repris ce thème. M.
Philippe, le Premier ministre, a dit que les Français ne devront plus payer de restes à charge pour les lunettes, les soins dentaires et les aides auditives, mais d'ici la fin du quinquennat. Donc c'est en 2021-2022. Il peut se passer tellement de choses d'ici là que tout ceci ne mène pas à grand-chose. Alors ce qui a beaucoup frappé l'opinion, c'est que c'est la décision annoncée par le Premier ministre que l'ensemble des vaccins pour la petite enfance, qui sont aujourd'hui seulement recommandés par les autorités de santé, deviendraient obligatoires dès l'an prochain.
Actuellement, il n'y a que 3 vaccins infantiles qui sont obligatoires, diphtérie, tétanos et polio, et 8 autres, dont la coqueluche, la rougeole, l'hépatite B, qui sont seulement recommandés. Alors ça, cette affaire-là, j'avais déjà eu l'occasion d'en parler une fois précédente. J'y reviens parce qu'elle est en train de susciter beaucoup d'émoi dans la population française. Je trouve personnellement... Alors personnellement, comme d'ailleurs beaucoup de gens qui sont critiques sur cette mesure, je ne remets pas en cause le principe de la vaccination. Il suffit de voir l'évolution des maladies comme par exemple la tuberculose ou autre.
C'est quand même considérablement qu'elle a disparu quasiment ou la variole a quasiment disparu sur Terre ou en tout cas dans les pays développés. Certains, je sais, disent qu'en fait, ce n'est pas la vaccination, c'est l'amélioration des conditions d'hygiène, des conditions de vie, l'assainissement des eaux, etc. Je pense pour ce qui me concerne que c'est une conjonction de facteurs. Bien sûr que l'amélioration du niveau de vie, les conditions d'hygiène, l'assainissement des eaux potables, etc. a contribué à la disparition des grandes épidémies. Mais quand même, toutes les études sérieuses montrent que dans de très nombreux cas, les vaccins ont eu leur impact, dont acte.
Mais en revanche, là où ça pose problème, c'est notamment aux yeux d'un certain nombre de personnes dans la population française, c'est de passer à d'un seul coup 11 vaccins qui seraient imposés à des enfants qui sont des nourrissons, dont le système immunitaire paraît-il n'est pas totalement achevé et qui paraît-il qu'il n'est achevé qu'au bout de 2 ans. Donc d'un seul coup, forcer tous les nourrissons en France à subir 11 vaccins paraît peu raisonnable, en tout cas paraît un peu imprudent, en tout cas paraît contraire au principe de précaution. D'autant plus que parmi les vaccins en question, il y en a un qui fait beaucoup parler de lui, qui est celui de l'hépatite B.
Or l'hépatite B, c'est une maladie rare et que l'on attrape essentiellement par transmission sexuelle. Alors en vertu de quoi faut-il forcer des nourrissons qui ont quelques semaines ou quelques mois à subir un vaccin contre une maladie qui ne pourront en gros, si ils ont des conduites à risque, qu'attraper que disons à la puberté, c'est-à-dire 10, 12, 15 ans après leur naissance. Tout ceci me paraît quand même une précipitation peu raisonnable. Alors moi là-dedans je ne suis pas un spécialiste.
Certains disent oui mais ça permet d'empêcher la rougeole, d'autres disent oui depuis 2008 il paraît qu'il y a eu 10 morts de la rougeole en 10 ans, c'est-à-dire un par an, et encore paraît-il dans certains cas c'était sur des enfants qui étaient atteints de maladies très graves comme des leucémies et sur lesquelles n'importe quel virus aurait pu se manifester. D'autres disent oui mais il faut vacciner contre la méningite, d'autres à quoi certains répondent oui mais il y a énormément de souches différentes de méningite et donc en fait on ne sait pas lesquelles seront efficaces. Moi là-dedans, personnellement, je considère qu'il y a une précipitation qui n'est pas de bonne alloi.
Et je considère que ce que devrait faire le gouvernement c'est de lancer une concertation nationale et également d'expliquer à la représentation nationale quelles sont les pratiques vaccinales dans les pays qui nous entourent. Parce que finalement en nom d'une pipe on outille toujours en modèle l'Europe, l'Europe, l'Europe ou les États-Unis, mais qu'est-ce qu'ils font eux ? Bah moi d'après ce que j'ai vu, il semble-t-il que dans la grande majorité des pays de l'Union européenne, il n'y a que 1 ou 2 ou 3 vaccins obligatoires et même souvent 0 vaccins obligatoires. Parait-il qu'au Royaume-Uni ou en Allemagne, il n'y a quasiment pas de vaccins obligatoires.
Il paraît qu'il n'y a que l'Italie qui serait passée récemment par un décret-loi à 12 vaccins obligatoires. Mais c'était sans doute sous la boulette de Matteo Renzi. Donc moi ce que je vois, c'est qu'il faut absolument que le gouvernement présente devant la représentation nationale, un bilan sur l'ensemble, le Japon, la Corée, les pays développés d'Europe, le Canada, mais aussi montrer la législation exacte, le pourcentage de vaccination, parce qu'il apparaît qu'en définitive la couverture de vaccinal de la population est finalement pas si différente que ça dans les pays où il n'y a pas d'obligation. Et puis voir également les résultats.
Que l'on sache, il n'y a pas des épidémies extraordinaires de diphtéries, de polio en Allemagne ou en Angleterre par rapport à la France. Cette précipitation est de mauvais alloi et la façon raisonnable que je propose, me semble-t-il, serait la meilleure façon de couper court aux rumeurs insistantes qui circulent selon lesquelles il s'agira en fait de faire plaisir. Aux grands laboratoires pharmaceutiques. Et je vois sur Internet fleurissent des informations qui sont quand même un peu inquiétantes sur les liens qu'il y aurait entre le nouveau ministre de la Santé, Mme Buzyn, depuis des années avec des sociétés qui fabriquent des vaccins, également les liens qu'il y a eu entre M.
Macron et son entourage, notamment M. Mourad, avec notamment Sanofi. Voilà. Tout ça n'est pas raisonnable parce qu'au bout du compte, ce sont des sommes considérables. Et il y a quand même un problème vis-à-vis des libertés publiques. Alors j'avance sur des œufs. Je résume la pensée. Moi, je suis convaincu que la vaccination est une bonne chose. Je suis pas forcément hostile à des évolutions sur le nombre de vaccinations.
Mais la moindre des choses, c'est qu'il y ait un processus démocratique où tout le monde puisse être entendu, y compris les associations qui militent ardemment contre la généralisation de la vaccination à outrance, y compris que l'on mette sur la table les études qui paraît-il auraient pu être faites et qui auraient pu montrer dans certains cas des liens entre les vaccins contre l'hépatite B ou contre telle ou telle autre maladie et puis des maladies auto-immunes comme le développement de l'autisme ou de la sclérose en plaques. Il y a des études contradictoires qui existent sur le sujet, mais c'est à prendre quand même en considération.
Il faut que la population française soit rassurée sur le sujet. Alors pour en revenir aux décisions annoncées par M. Philippe, par le Premier ministre, il y a toutes les décisions concernant le retour à l'équilibre budgétaire ou du moins respecter les 3% de déficit budgétaire. Donc M. Philippe a annoncé qu'il comptait revenir dans les clous des 3% avant 2017 et que dès la rentrée, il présenterait un budget pour 2018 et une loi de programmation des finances publiques quinquennale qui devrait permettre d'atteindre des objectifs, notamment l'équilibre de la sécurité sociale à l'horizon 2020. Donc encore une fois, on rase gratis. Alors ça veut dire quoi au passage ? Ça veut dire que M.
Philippe tombe encore une fois, comme les gouvernements précédents, dans une espèce de réaction qui me paraît un peu aveugle. C'est très gentil de dire qu'on va passer en dessous de 3%. Mais c'est ce que disent les gouvernements français depuis très exactement 1995. Je me rappelle, j'avais été directeur du cabinet du ministre du Tourisme en 1995 dans le premier gouvernement d'Alain Juppé. Et M. Juppé, dans l'objectif de redescendre en dessous des 3% de déficit budgétaire, avait taillé dans le vif. C'était que tous les budgets de l'État subissaient une ablation de moins 8%. Ça fait donc 21 ans, 22 ans, que les gouvernements qui se succèdent taillent dans le vif des dépenses publiques.
Et on n'y arrive pas. Et à chaque fois, on va arriver un nouveau gouvernement qui dit « Paratada, c'est moi qui... Voilà, moi je vais faire... » Mais pourquoi ça ne marche pas ? Est-ce que M. Philippe pourrait nous expliquer pourquoi ce qui a été voulu par ses prédécesseurs n'a pas marché ? J'ai déjà eu l'occasion de le rappeler des dizaines de fois, notamment au cours de la campagne présidentielle ou de la campagne législative, mais même avant, et j'y reviens encore une fois. Le problème qui se pose, c'est qu'un État, ça n'est pas un ménage de salariés.
Dans un ménage de salariés, c'est-à-dire où tous les mois, en fin de mois, vous avez un salaire avec un montant qui tombe tous les mois, eh bien si le ménage de salariés, mettons que le mari et la femme gagnent à eux deux, mettons, je ne sais pas moi, 4 000 € par mois ou 5 000 € par mois de salaire, s'ils dépensent, alors qu'ils gagnent 5 000 € par mois à eux deux, s'ils dépensent 5 500 €, effectivement, ils vont avoir un déficit qui va s'accumuler. La banque va tirer la sonnette d'alarme.
Et la solution à faire, c'est effectivement qu'ils coupent dans leurs dépenses, c'est-à-dire qu'ils renoncent à partir en week-end de temps en temps, qu'ils suppriment quelques sorties au cinéma ou au restaurant, qu'ils suppriment l'achat de tel ou tel vêtement. Et puis, au lieu de dépenser 5 500 €, ils redescendront à 4 900 €. Et de nouveau, cette fois-ci, ils seront en excédent. Bien. Mais un État, ça n'est pas comme ça. Ça n'est pas comme ça. Est-ce que M. Philippe l'a compris ? Est-ce que ses prédécesseurs, M.
Macron, qui d'ailleurs était aux finances, puisque tout le constat très sévère qui a été fait par la Cour des comptes sur le fait que 8 milliards d'euros auraient été camouflés de dépenses, en fait, c'est la gestion de M. Valls, mais c'est aussi la gestion de M. Macron, quand même. Est-ce que M. Macron, lorsqu'il était aux finances, qu'est-ce qu'il a fait ? Et ses prédécesseurs, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Un État, ça n'est pas un couple de salariés, tout simplement parce que les recettes d'un État ne sont pas des salaires.
Les recettes d'un couple de salariés, le salaire tombe, quelles que soient les dépenses, alors que les recettes d'un État dépendent de l'activité économique dans le pays en question. Ça fait quand même 25 000 fois que je le dis, je le répète encore une fois. C'est quoi les recettes d'un État ? C'est l'impôt sur les revenus, c'est l'impôt sur les sociétés, c'est la TVA et c'est la taxe sur les produits pétroliers, en gros, la taxe qu'on paye sur l'essence. Bon, il y en a d'autres, mais c'est les 4 principales ressources. Si, comme le dit M. Philippe, comme l'ont fait tous ses prédécesseurs, on taille dans les dépenses publiques.
Ça veut dire par exemple qu'on n'embauche plus de fonctionnaires. Ça veut dire qu'il va y avoir une diminution de l'impôt sur les revenus s'il y a moins de fonctionnaires. C'est-à-dire qu'il va y avoir moins de consommation. D'ailleurs, pas seulement les fonctionnaires, mais c'est les dépenses publiques, puisqu'on est dans une situation de... Comment dirais-je ? Une situation de faible taux de croissance. Ça veut dire que l'impôt sur les sociétés va diminuer. Il va d'autant plus diminuer, d'ailleurs, que M. Philippe propose de le diminuer conformément aux instructions venues de Bruxelles. Ça veut dire également qu'il va y avoir moins de TVA, puisque les gens vont moins consommer.
Et ça veut dire qu'il va y avoir moins de dépenses d'essence, parce que les gens ont moins d'argent. C'est un peu corrélativement, d'ailleurs, avec la montée du chômage. Donc ça veut dire... Et ça, c'est un enseignement que nous avait appris l'économiste Keynes dès les années 1936. C'est suivant. Si on taille les dépenses publiques dans un État où la situation économique est déjà mauvaise et où on est dans un système de stagnation économique, eh bien c'est ce que Keynes avait appris en 1936. Si on taille dans les dépenses publiques, certes, on va diminuer les dépenses.
Mais au bout du compte, du fait de ce que Keynes appelait le multiplicateur, on va avoir des recettes fiscales qui vont diminuer plus rapidement encore. Et on aura toujours le même déficit. Et parfois, on verra s'accroître le déficit. Ça fait 22 ans que ça dure. On est reparti pour une 23e, 24e année avec M. Philippe. Voilà. Alors, est-ce que ça veut dire tout ça ? Ça veut dire que nous allons vers des mesures restrictives, un maintien de la rigueur. J'avais déjà dit que c'était ce qui allait se profiler. C'est d'ailleurs exigé par les grandes orientations des politiques économiques. Alors, on va avoir donc au passage, puisqu'ils font feu de tout bois pour essayer de trouver de l'argent, M.
Macron avait annoncé, vous savez, la réforme de la taxe d'habitation qui était censée dispenser 80% des Français, des ménages français. Bon, je l'avais annoncé. Rappelez-vous. On ne peut pas dire que je ne l'avais pas dit. Je l'avais dit pendant la campagne présidentielle. Je l'avais dit quand j'avais parlé des GOPÉ. En réalité, le gouvernement Philippe ne va pas la mettre en œuvre. Il va reporter ça. Maintenant, M. Philippe a dit que ça serait mis en œuvre d'ici la fin du quinquennat. Encore une fois, tous les allégements fiscaux à peu près sont reportés d'ici la fin du quinquennat. Concrètement, en revanche, il va augmenter les prélèvements.
Alors, au passage, d'ailleurs, cette affaire de taxes d'habitation inquiétait terriblement les collectivités locales. Les cotisations salariales devraient être supprimées en 2018, mais en contrepartie d'une hausse de la CSG. C'est un peu l'équivalent de la TVA. C'est devenu maintenant un impôt tout à fait considérable. Il s'agissait, je l'avais annoncé, hausse de la TVA et hausse de la CSG. C'était réclamé par les grandes orientations des politiques économiques de Bruxelles. On nous annonce, M. Philippe, que la pression fiscale sera baissée d'un point de PIB en 5 ans, c'est-à-dire une baisse d'impôt de 20 milliards d'euros au cours du quinquennat.
Mais tout ça, ce sont des annonces dont on pourra constater la réalité dans 4 ou 5 ans. Autrement dit, ça fait belle lurette que les gens auront oublié le discours de M. Philippe. Il y a une réforme qui devrait avoir lieu, qui devait avoir lieu. C'est la réforme de l'ISF. M. Macron avait annoncé que cette réforme de l'impôt sur la fortune se focalisera désormais uniquement sur le patrimoine immobilier afin de favoriser l'investissement par les grandes fortunes dans les start-up, l'innovation, etc. Je ne sais pas ce qu'il en sera réellement quant au marché immobilier. Il est vrai qu'en ce moment, le marché immobilier est très dynamique à Paris avec des prix au mètre carré très élevés.
Mais il y a beaucoup d'endroits en France où il n'est pas si dynamique que ça. Donc si on taxe essentiellement les propriétaires de biens immobiliers, ça risque d'avoir un afflux de biens immobiliers sur le marché, de faire chuter le patrimoine des Français au passage, puisque plus de 50% des Français possèdent leur résidence principale. Je ne suis pas sûr que beaucoup de gens seront ravis. En attendant, cette réforme sera de toute façon reportée en 2019 et non pas en 2018. Voilà. M. Philippe nous a promis que le taux d'impôt sur les sociétés serait réduit de 33% à 25%, mais d'ici à 2022. Donc encore une fois, c'est demain en rase gratis.
Le régime social des indépendants, le RSI, sera supprimé à partir de 2018, adossé au régime général de la Sécurité sociale. Ça se trouve plutôt sans féliciter. C'était d'ailleurs exactement ce que j'avais préposé dans le programme présidentiel. En matière budgétaire, M. Philippe a annoncé donc que la dépense publique allait être baissée de 3 points de PIB au cours du quinquennat et qu'elle serait stable en réinflation en 2018 par rapport à 2017. Alors M. Philippe a eu des propos très martiaux. Aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale ne sera sanctuarisée, etc., etc., etc., etc., etc. Très bien.
En pratique, il s'agit tout simplement de la poursuite de la politique antérieure avec les résultats que l'on voit. Moi, je suis assez convaincu que l'on aura probablement des déconvenus, qu'en fait, on va assister à la même... C'est exactement la même politique que celle qui était menée avant. Exactement la même. Tout ça pour ça, finalement. Tout ce baratin pour en arriver à la même politique. Pour conclure, parce qu'il y avait quand même un certain nombre de choses dans ce discours de M. Philippe, il a annoncé un baccalauréat pour la énième fois réformé, avec qui serait une mise en œuvre complète en 2021, etc. Moi, je me méfie. Je me méfie terriblement de toutes ces propositions.
Je renvoie à mon programme sur l'éducation. Ce qui manque d'abord et avant tout, c'est un retour de l'autorité de l'État, un retour de l'apprentissage des fondamentaux depuis le début de l'école. Et c'est ça qui est important. Pour la petite histoire, M. Philippe a annoncé l'accès au très haut débit assuré partout en France d'ici à 2022. Donc tout ça, ce sont des annonces, encore une fois, à je ne sais pas quelle échéance. La convergence entre la fiscalité du gazole et de l'essence en 2022. Tout ça, c'était prévu déjà précédemment. La montée en puissance de la fiscalité carbone. Et puis les nouveaux permis d'exploration des hydrocarbures qui ne seront plus accordés.
En gros, finalement, rien de très nouveau. La seule chose qui a été vraiment nouvelle en la matière depuis quelques jours, c'est que M. Macron nous avait annoncé qu'on allait voir ce qu'on allait voir. Il allait se battre pour une Europe qui protège. En définitive, vous l'avez vu sur l'affaire de la définition des perturbateurs endocriniens. Eh bien M. Macron s'est déballonné devant Mme Merkel.
La France, depuis plus d'un an, avec la Suède et avec deux ou trois autres pays de l'Union européenne refusait la définition des perturbateurs endocriniens que voulait absolument l'industrie allemande et qui était trop peu protectrice des êtres humains, parce qu'il y a des conséquences à ces perturbateurs endocriniens. Plusieurs sociétés savantes d'endocrinologie avaient tiré la sonnette d'alarme en disant qu'il ne faut pas accepter ce texte qui est imposé par la Commission européenne, qui est beaucoup trop laxiste sur la définition de ces perturbateurs. Eh bien M. Macron, hop, il s'est déballonné. Et la France a accepté, comme ça a été...
Et c'était la France qui bloquait le système de ce vote à la majorité qualifiée. M. Hulot a avalé ça en son chapeau et une couleuvre. Et M. Macron nous a prouvé qu'en fait, il ne protégeait rien du tout.
Analyse complète, donc, du discours du Premier ministre. La question des mesures fiscales et des vaccins étant évoquée, on peut passer directement à une question de politique internationale. François Asselineau, n'avez-vous pas l'impression que la situation se dégrade en Extrême-Orient ?
Oui. C'est un sujet sur lequel je crois qu'il est important d'attirer l'attention de mes concitoyens. On a beaucoup parlé, on parle beaucoup à nos concitoyens de ce qui se passe en Syrie, en Libye, au Mali, en Ukraine, etc. À juste titre, on en parle. Mais il faut tourner un peu nos regards vers ce qui se passe en Extrême-Orient. Puisque la tension ne cesse de monter. Et c'est assez inquiétant. C'est assez inquiétant parce que vous suivez peut-être ce qui se passe avec la République populaire démocratique de Corée, ce qu'on appelle la Corée du Nord, qui est une dictature un peu étonnante. C'est le pays le plus fermé du monde. C'est d'ailleurs pas nouveau.
C'était l'ancien royaume de Pekche au Moyen-Âge. C'était déjà le royaume ermite. Donc il y a une longue tradition en Corée, notamment en Corée du Nord, dans ce qui est actuel en la Corée du Nord, de fermeture sur l'étranger. C'est d'ailleurs une tradition régionale. Le Japon lui-même s'est fermé sur l'étranger entre à peu près 1664 et 1853. Mais là, on a affaire à un pays qui est extrêmement fermé sur lui-même, une dictature assez féroce, semble-t-il, avec à la tête le troisième successeur de la dynastie communiste fondée par Kim Il-sung, M.
Kim Jong-un, qui a fait assassiner un certain nombre de ses proches sans autre forme de procès, et qui poursuit lui aussi, comme Macron, la politique de Hollande, qui poursuivait celle de Sarkozy, qui n'était en fait que la politique de l'oligarchie qui pilote l'Europe occidentale. Kim Jong-un, qui est l'actuel chef, poursuit la politique de son père Kim Jong-il, qui poursuit à lui-même la politique de son grand-père Kim Il-sung. Cette politique s'est accélérée. Désormais, la République populaire démocratique de Corée a fait sauter, a fait des essais nucléaires de plus en plus puissants, avec des bombes thermonucléaires.
Et puis très récemment, il y a quelques jours, il a réussi à envoyer dans l'atmosphère un missile intercontinental, donc de très longue portée, qui pourrait atteindre, au dire même des États-Unis d'Amérique, les côtes de l'Alaska. Alors, si on prend le point de vue de la Corée du Nord, c'est un pays qui se sent pas forcément, d'ailleurs, de façon illégitime, soit dit en passant, qui se sent encerclé par l'impérialisme américain, avec la présence de dizaines de milliers de soldats américains en Corée du Sud.
Donc il y a un réflexe obsidional, comme on dit, c'est-à-dire le sentiment d'être, comment dirais-je, menacé de toutes parts, et le sentiment que les États-Unis n'ont qu'une envie, c'est de renverser le régime nord-coréen. Des rumeurs ont circulé il y a quelques semaines, comme quoi les États-Unis avaient d'ailleurs commandité l'assassinat du grand leader actuel de Corée du Nord.
Du point de vue du camp occidental, du camp américain, japonais et sud-coréen, la Corée du Nord est un pays qui est l'un des pays non seulement les plus fermés, mais où il y a la dictature la plus féroce, avec une espèce de population de 24 millions d'habitants qui sont devenus comme une espèce de secte qui répètent machinalement tous le même discours. Et donc il y a un problème de droit de l'homme qui se pose en Corée du Nord, avec qui il y a eu, maintenant c'est terminé, mais il y a une dizaine d'années, il y a eu notamment des famines tout à fait considérables en Corée du Nord. Et puis surtout, on a affaire à un régime à Pyongyang, la capitale de Corée du Nord, qui est un peu incertain.
On a l'impression qu'il serait capable de faire un petit peu tout et n'importe quoi. Alors c'est d'autant plus fâcheux que Donald Trump aux États-Unis donne l'impression lui-même de plus en plus d'être un président de plus en plus fantasque. On a appris ces jours-ci qu'il a passé 20% de son temps, depuis qu'il est à la Maison-Blanche, 20% à jouer sur des golfs, des practices de golf. Il ne se passe pas de jour, il ne fait pas un esclandre Donald Trump sur Twitter en envoyant aux dernières nouvelles. Il envoyait un truc, on le voyait dans un match de catch, ou d'un point de vue symbolique, il cassait la figure à CNN. Franchement, c'est pas correct. C'est quand même un peu n'importe quoi.
Alors il y a une inquiétude que l'on peut légitimement avoir, c'est le n'importe quoi à Washington et le n'importe quoi à Pyongyang. C'est inquiétant. C'est inquiétant parce qu'au même moment, eh bien la Chine, la Russie, regarde ça avec inquiétude, et la Chine et la Russie, très récemment, il y a quelques jours, Vladimir Poutine et le président chinois, le président Xi Jinping, sont convenus d'appeler toutes les parties à la raison. On va voir où ça va. Mais c'est inquiétant.
C'est d'autant plus inquiétant qu'au même moment, les États-Unis – alors là, c'est purement les États-Unis – viennent à plusieurs reprises de faire passer des croiseurs, des navires de la marine américaine à quelques encablures d'îlots qui sont actuellement occupés dans les îles Paracels, c'est-à-dire aux mers de Chine méridionales, par la République populaire de Chine. La Chine revendique à elle seule toute la mer de Chine méridioniale qui va lécher les côtes du nord de Borneo et de l'Ancienne Indochine, du Vietnam, ça qui est mal vu par les Philippins, mal vu par les Indonésiens et par les gens de Brunei, mal vu également par la Malaisie, la Thaïlande et le Vietnam, qui sont très inquiets.
Mais disons que les États-Unis en ont un petit peu à rajouter. Tout ceci s'inscrit dans un contexte où au même moment, la République populaire de Chine est en train de faire une réforme complète de son armée, a décidé de dégraisser les effectifs de l'armée populaire de libération de l'APL, environ 300 000 soldats, mais en revanche de faire croître de 100 000 à peu près marins la marine chinoise. Ils ont lancé d'ailleurs des nouveaux, des constructions non seulement de porte-avions, mais également des constructions de navires amphibiques parmi les plus importants du monde. Donc l'armée chinoise est en pleine croissance.
J'avais d'ailleurs eu l'occasion d'attirer l'attention du public sur une conférence que j'ai faite, je crois, il y a à peu près un an ou deux, ou trois, qui s'appelait « La puissance américaine est-elle sur le déclin ? ». Je vous invite à aller regarder ça sur notre site internet. Ce que l'on constate, c'est que la puissance militaire chinoise, comme la puissance militaire russe, sont en pleine croissance. Alors tout ceci, ça fait un contexte général assez désagréable. Les Chinois ont protesté contre la violation de ce qu'ils appellent les eaux territoriales chinoises ou larges des Paracels. Mais en total, il faut regarder ça de près.
On ne sait pas ce qui pourrait dégénérer dans toutes ces affaires. On peut faire confiance, j'espère, aux Russes et aux Chinois pour ne pas jeter de l'huile sur le feu. Mais quid de ce qui se passe à Pyongyang et quid de ce que pourrait être la réaction américaine ?
Souhaitez-vous aborder d'autres sujets ?
Alors il y a beaucoup de choses à dire. J'ai beaucoup parlé. Donc je voudrais essayer de passer en revue quelques sujets rapidement. Il y a un premier sujet. Je le dis pour mémoire. Il y a eu un incendie tragique qui a été dû à l'explosion, si j'ai bien compris, d'une chaudière qui s'est produite dans une usine de textile au Bangladesh, dans la banlieue de la capitale d'Aka qui s'appelle Ghazipour. En fait, il s'agissait d'une entreprise de fabrication textile qui s'appelle, je crois, Multifab, je crois, quelque chose comme ça, et qui produit des textiles pour les grandes chaînes de distribution de textiles, de vêtements en Occident.
Alors j'ai regardé, je suis allé sur le site de Multifab, j'ai vu qu'il n'y a pas de chaîne française, mais il y a des vendeurs de textiles en Suède, en Allemagne, au Royaume-Uni, etc., en Espagne, qui vendent ces textiles qui sont fabriqués dans ces usines. Alors si je le cite pour mémoire, il y a quand même eu, on a annoncé 10 morts, puis 13 morts.
Si je cite ça, c'est que ça renvoie à ce que j'ai montré dans plusieurs de mes conférences, ce désastre qui avait eu lieu avec l'effondrement d'un bâtiment qui s'appelait le Rana Plaza, qui avait eu lieu à Dhaka, déjà, au Bangladesh, je crois que c'était en 2013, où il y avait un bâtiment qui n'avait pas supporté toutes les machines textiles qui étaient à tous les étages, ça n'était pas prévu pour, le bâtiment s'était effondré, il y avait eu 1138 morts.
Et j'expliquais que ça, c'était le résultat direct de la libre circulation des mouvements de capitaux, ce qu'on appelle la mondialisation, ce qui a fait la fortune de quelqu'un comme Amancio Ortega, le fondateur de la chaîne Zara, qui se trouve être désormais, plus ou moins à égalité avec Bill Gates, la première fortune mondiale, c'est-à-dire tous ces capitaines d'industrie qui ont en fait détruit l'industrie textile dans les pays occidentaux, il n'y a quasiment plus d'industrie textile, ni en Europe, ni aux États-Unis d'Amérique, au Canada, ni au Japon, et d'avoir tout délocalisé au Bangladesh ou en Chine, au Bangladesh où en fait on fait travailler des pauvres gens pour une misère, y compris des jeunes qui parfois ont 14 ans, du style 1 dollar par jour, et dans des conditions sanitaires, dans des conditions de sécurité qui sont lamentables.
1138 morts en 2013, les grandes chaînes de distribution textile avaient pris des engagements fermes, du style on ne le refera plus, on va veiller à ce que notre sous-traitant au Bangladesh respecte toutes les consignes de sécurité. Cet incendie dramatique qui vient d'avoir lieu au Bangladesh prouve qu'il n'en est rien et que la mondialisation continue à exploiter de façon éhontée un sous-prolétariat dans le sous-continent indien. Le deuxième sujet que je voudrais aborder concerne deux petits États de l'UE qui ne sont pas forcément au centre de vos préoccupations. C'est la Slovénie, capitale Ljubljana, et la Croatie, capitale Zagreb.
Ces deux républiques sont issues du démembrement de l'ancienne Yougoslavie, donc depuis 1991. Elles ont acquis le statut d'État indépendant. Elles sont entrées à l'Organisation des Nations Unies. Et puis la Slovénie est entrée la première dans l'UE en 2004-2005. Et puis ensuite, il y a eu, avec le premier élargissement à l'Est, il y a eu le deuxième élargissement à la Roumanie et à la Bulgarie. Il y a eu le troisième élargissement avec l'entrée de la Croatie en 2008.
Sauf qu'au moment où la Croatie a voulu entrer dans l'UE pour bénéficier des fonds européens payés par les contribuables allemands, français notamment, le petit pays de la Slovénie avait mis son veto, puisque je rappelle qu'il faut l'unanimité des États membres pour changer les traités. Or, l'adhésion d'un nouvel État membre, c'est une modification des traités. Et donc la Slovénie avait mis son veto en disant « Je n'accepterai l'entrée de la Croatie », qui est un pays pourtant plus grand que le sien, qu'à la condition que la Croatie accepte d'accorder à la Slovénie un accès aux mers internationales. Alors la géographie est ainsi faite. Il faut regarder une carte précise.
La géographie est ainsi faite qu'il y a un petit port de pêche qui se trouve au sud de la Slovénie, qui donne sur la mer Adriatique, mais dans une belle, avec Virdam, qui est en fait coincée par l'Italie et par la Croatie. Et donc la Slovénie avait une petite part d'eau territoriale, mais n'avait pas accès à la mer internationale au-delà des 12 000.
Ce qui avait donc été décidé à ce moment-là, c'est que la Croatie entrerait dans l'UE à partir du moment où elle acceptait un arbitrage de la cour permanente d'arbitrage qui siège à l'AE, aux Pays-Bas, et que cet arbitrage déterminerait quelle serait la zone des 12 000 et la répartition des mers territoriales entre les trois pays, Italie, Slovénie et Croatie. Ou plus exactement entre Croatie et Slovénie, puisqu'il n'était pas question de toucher à l'appropriation maritime par l'Italie. Alors ça, c'est sorti. C'est sorti il y a moins de 3 jours. La cour permanente d'arbitrage a rendu son verdict.
Et donc elle a rendu un verdict qui est globalement plutôt favorable à la Slovénie, puisqu'il attribue la plus grosse partie de la baie en question à la Slovénie, contrairement à ce que souhaitait la Croatie. Et surtout, il attribue à la Slovénie un petit couloir qui lui permet d'avoir accès à la mer internationale, aux zones internationales, au-delà des 12 000 de la Croatie. Alors regardez une carte, ça sera plus explicite d'une carte que mon discours. Alors pourquoi je vous parle de tout ça ? Je vous parle de tout ça parce que figurez-vous que la Croatie a décidé de ne pas respecter le verdict de la cour permanente d'arbitrage de la haie.
Elle avait déjà, au motif que parmi les juges de la cour permanente d'arbitrage, il y avait un Slovéne, donc il y avait une suspicion, ce qui n'est pas tout à fait faux. Elle avait déjà, dès 2005, non, dès 2000, je ne sais plus combien, 10 ou 12, je ne sais plus, elle avait déjà dit qu'elle ne le respecterait pas. Mais là, elle a décidé de ne pas respecter le verdict de la cour permanente d'arbitrage. Alors là, ça pose un problème parce que justement, les verdicts de la cour permanente d'arbitrage sont obligatoires et s'imposent aux partis qui ont accepté. Alors, ça vous paraît peut-être chinois. Moi, ce que j'en retire de cette affaire, c'est plusieurs choses.
Nous avons affaire à deux États membres de l'UE. Premièrement, ils ont été obligés de s'adresser à la cour permanente d'arbitrage internationale qui siège à la haie avec des juges venant de tous les pays du monde. Ils n'ont pas été capables de trouver un système de règlement entre eux et au sein de l'UE. Est-ce que vous vous rendez compte que l'UE n'a pas été capable de parvenir à un accord pour assurer la paix entre deux de ces États membres ? On nous explique depuis 25, 30, 40, 50 ans que la construction européenne, c'est la paix. Sur un sujet qui est quand même un truc de cloche-merle, sur un sujet de cette nature, l'UE n'a pas été capable.
Il a fallu qu'elle se tourne vers la cour permanente d'arbitrage. Premièrement. Deuxièmement, la Croatie décide de ne pas respecter la CPA. L'UE, la Commission, vient de dire, de réclamer que la Croatie respecte le truc de la CPA. L'UE est donc intervenue pour essayer de faire respecter la paix entre ces deux États. Ça veut dire au passage, et le troisième point, qu'en fait, la solidarité européenne, c'est du pipeau. Voilà. Alors il faut espérer que cette affaire va trouver sa solution. Probablement qu'actuellement, les ministres des Affaires étrangères vont se concerter. Je suppose. Mais Dieu sait ce qui va arriver. Je suppose quand même qu'ils devraient trouver une solution.
Parce qu'il s'agit surtout de questions symboliques, beaucoup plus que de questions économiques. Puis le troisième sujet que je voudrais évoquer avant de conclure, concerne aussi l'UE d'ailleurs, c'est qu'on a appris, c'était hier je crois, qu'un certain nombre d'eurodéputés, comme on dit, de parlementaires européens, et quand je dis un certain nombre, c'est même un nombre certain, avec beaucoup d'Allemands dedans, qui ont réclamé sur l'air des lampions une nouvelle fois que le Parlement européen de Strasbourg n'est plus lieu, c'est-à-dire que l'ensemble des cessions du Parlement européen se tiennent désormais uniquement à Bruxelles.
Je vous le savais, je l'ai déjà expliqué un très grand nombre de fois. La France a mis un point d'honneur à ce qu'il y ait des cessions qui se tiennent au Parlement de Strasbourg. On a dépensé collectivement des milliards d'euros pour avoir un autre Parlement à Strasbourg, alors qu'il y en a un à Bruxelles. Et chaque année, la France verse des dizaines de millions, je crois que c'est quelque chose comme 160 millions d'euros de mémoire, pour assurer la desserte aérienne pour les parlementaires européens de la ville de Strasbourg. Eh bien le problème rebondit une nouvelle fois.
Les parlementaires européens reviennent une nouvelle fois à la charge pour obtenir qu'on arrête d'avoir un Parlement dans deux endroits différents. Quelle conclusion en tirer ? Premièrement, que l'abandon qu'a fait, qu'a consenti M. Macron et qu'a consenti M. Philippe sur les perturbateurs endocriniens vis-à-vis de l'Allemagne n'a rien changé au fait que les Allemands veulent toujours la fin du Parlement de Strasbourg. Pas que d'ailleurs, mais eux notamment. Deuxièmement, que de toute façon viendra un jour où celle de la position de la France ne sera plus tenable.
Troisièmement, que dans mon programme présidentiel tel que je l'avais présenté dès 2011, tel que je l'ai réédité en 2017, j'avais déjà prévu que la France sortant de l'Union européenne utilisera les locaux de Strasbourg pour l'UNESCO, c'est-à-dire pour l'ensemble des pays du monde auxquels on proposera de s'installer sur place. Ça permettra à nos amis strasbourgeois, à nos compatriotes strasbourgeois, d'y gagner au change au lieu d'avoir 28 États qui, en fait, passent leur temps à se tirer dans les pattes, comme je viens de l'expliquer, d'avoir 150 États membres de l'UNESCO qui travailleront sur les questions de paix, d'éducation, de culture, de patrimoine de l'humanité.
Ça sera beaucoup mieux. En fait, mon programme sur ce petit aspect des choses, comme sur les grands aspects, se révèle à posteriori, une nouvelle fois confirmé par les faits.
— Cet entretien d'actualité s'achève. C'est le dernier de la saison. Quelques mots pour finir, François Asselineau.
— Eh bien pour conclure, avant de conclure, conclure, conclure, un tout petit dernier mot, je voudrais remercier un... Je ne sais pas si c'est... Je crois que c'est un adhérent anonyme. Un adhérent anonyme qui m'a envoyé une pièce de 50 francs argent qui date de 1977, voilà, qui est une pièce qui représente... C'est en argent à peu près massif, pas tout à fait, mais à peu près, qui représente 50 francs dans un laurier. Et au revers, un dessin qui avait été fait par Augustin Dupré, qui était le 14e graveur de la monnaie et des médailles de Paris, qui a été né... Augustin Dupré était né de mémoire vers 1748-1750, était mort vers 1830.
Et donc ce dessin d'Hercule, qui était entouré de deux divinités, dont notamment, je crois, la justice et je ne sais plus quoi, ce dessin avait figuré, je crois, sur le franc germinal, qui était réapparu à la Révolution française. Alors cette pièce fait partie d'une série qui avait été refrappée à partir de 1974, et qui a été frappée jusque dans les années 90, je crois, qui facilitait la thésaurisation par les Français. Alors je vous montre ça. Pourquoi ? Parce que c'est un anonyme qui m'a envoyé ça, qui m'a dit qu'il fallait que je montre ça à tout le monde pour montrer que le franc a une longue histoire, est indestructible, ce que je ne cesse de dire, bien sûr.
Et comme c'est un anonyme, je n'ai pas la possibilité de le remercier, mais je le remercie de cette façon en en parlant devant tout le monde. C'est une très jolie pièce. Et lorsque je continuerai à faire des conférences, j'essaierai de la présenter au public. Il y a beaucoup de Français dans les bas de laine qui ont des pièces comparables de 10 francs ou de 50 francs. C'était une époque où la monnaie encore, même dans les années 70 et 80 du XXe siècle, la monnaie avec un métal précieux signifie encore quelque chose. Voilà. Un grand merci à cette anonyme. Voilà. Maintenant, j'ai trop parlé, il faut que je m'arrête.
Je vais m'arrêter en vous disant que là, je vais lever le pied pendant les congés. On va continuer à publier de temps en temps des articles qui seront faits, pas forcément par moi, mais aussi par d'autres, que l'on mettra en ligne sur le site. On va également remettre de temps en temps, comme je l'avais annoncé déjà, des anciennes conférences ou des anciens articles qui permettront de voir que les analyses de l'UPR sont les bonnes, qu'elles tiennent la route. Pour ce qui me concerne, je vais prendre quelques congés. Je vous donne rendez-vous à la rentrée. On vous préviendra d'ici là de le lieu où se tiendra l'université d'automne.
Et je voudrais vous souhaiter, à toutes et à tous qui m'écoutez, les meilleures vacances possibles pour juillet et pour août, avec beaucoup de bonheur, beaucoup de barbecue, beaucoup de... Voilà, des apéros entre amis, des promenades, des activités sportives, des activités culturelles aussi. Que vous restiez chez vous, que vous partiez dans une maison secondaire, ou que vous partiez en vacances, en France ou à l'étranger, tous mes vœux vous accompagnent. Reposez-vous, reposons-nous.
Je m'adresse tout spécialement ici à toutes celles et à tous ceux, notamment à tous ceux qui ont été candidats aux élections législatives et à tous les militants qui ont passé des heures et des heures de bénévolat à coller des affiches, à distribuer des tracts. Un immense merci encore une fois. Reposons-nous. Et rendez-vous à la rentrée. À partir de la rentrée, on va redémarrer avec également plein de nouveautés. Vous le verrez. Bonnes vacances à toutes et à tous. Vive la République et vive la France.
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François Asselineau