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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne· 15 janvier 2026 37 min

Annie Genevard face aux auditeurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

La crise agricole est toujours là, les tracteurs ont quitté le devant de l'Assemblée nationale mais aujourd'hui même ils sont encore à Dunkerque pour exiger des contrôles notamment sur ce qui est importé en France, ils sont aussi à Lyon et quand on les écoute, ils sont déjà là, au standard aussi les agriculteurs, ils nous le disent, personne n'est à l'abri l'Europe va signer le Mercosur, combat perdu pour la France la signature c'est samedi au Paraguay, même si le Parlement européen a encore des choses à dire nous y viendrons, les céréaliers sont dans un cumul mauvaise année, chute des prix, les éleveurs ont dû faire face à une dermatose bovine le salon de l'agriculture qui va ouvrir la semaine prochaine se fera sans les vaches les allées risquent d'être bien tristes et peut-être aussi sans joie pour compenser faire passer la pilule du Mercosur je jette un regard sur notre invité, la ministre qui ne doit pas aimer cette formulation nous y viendrons, mais pour compenser des mesures ont été annoncées il y a eu l'annonce d'une enveloppe de 300 millions d'abord et puis la loi d'urgence qui devrait intervenir en mars prochain voter très vite, nous en parlerons le détail des contrôles à venir aux frontières pour ne pas laisser entrer des produits qui ne sont pas conformes à nos standards, nous essaierons aussi de comprendre ce volet-là de la crise est-ce qu'on est vraiment capable de tout surveiller et d'avoir confiance aussi dans nos partenaires commerciaux il y a peut-être une autre crise que nous aborderons ensemble celle des oeufs, pénurie assez sévère trop de demandes dans une période d'acheminement il est vrai compliqué pour cause de météo mais qu'est-ce que ça dit aussi de nos modèles agricoles quand on n'arrive plus à fournir l'hexagone est-ce que la seule réponse finalement est de dire ouvrons les poulaillers d'urgence faisons plus aujourd'hui beaucoup de questions en tout cas beaucoup d'agriculteurs notamment qui sont là aux standards et qui attendent, allons-y, c'est le Téléphone Son soyez les bienvenus Je ne vous ai pas salué donc je le fais Madame Genevard, bonsoir, merci beaucoup d'être avec nous notre première auditrice s'appelle Charlotte elle a une question pour vous, bonsoir Charlotte

2:01
Auditeur

Bonsoir Madame la Ministre je suis agricultrice dans l'Aisne je produis des légumes et des céréales j'ai actuellement des contrôles sur les légumes que je produis, à peu près 350 matières actives sont screenées à chaque fois que je produis un légume sorti de mon exploitation l'eau potable chez moi elle est analysée de la même façon on a dans le département de l'Aisne 150 contrôles qui sont effectués sur les produits qui sont aujourd'hui dans les supermarchés pour toute l'année 2025 à contrario j'ai sur les 3200 exploitations qui produisent dans le département de l'Aisne on a eu une ferme sur cinq qui a été contrôlée c'est-à-dire 600 exploitations donc vous voyez qu'on est en distorsion de concurrence par rapport au prévu du Mercosur par rapport à ce qui est aujourd'hui produit à l'étranger avec des matières actives qui sont interdites vous avez proposé un premier décret qui allait contrôler des produits exotiques avec seulement l'analyse de 3 matières actives comment ça se fait Madame la Ministre qu'on n'étend pas ses contrôles sur l'ensemble des produits qui sont aujourd'hui dans les supermarchés et qu'on ne détruit pas aujourd'hui les produits qui ne respectent pas les standards européens

3:19
Présentateur

merci beaucoup

3:20
Auditeur

pardon on a eu les deux ukrainiens et ils ont passé l'objet avec des analyses très mauvaises de matières actives qui étaient même interdites en Ukraine et qui n'ont pas été détruits alors voilà je voudrais avoir une réponse

3:32
Présentateur

et bien Charlotte merci beaucoup pour cette entrée en matière Annie Genevard vous répond Madame Genevard

3:35
Auditeur

merci merci Charlotte alors ça c'est un sujet qui me préoccupe beaucoup ça fait des mois que je demande à la Commission européenne de prendre une décision sur le principe de ce qui est interdit en Europe ne doit pas nous arriver dans les denrées importées donc c'est un principe clair une question de justice de loyauté dans la concurrence et aussi de santé du consommateur comme la Commission européenne tarde à prendre cette mesure pourtant de bon sens et de justice et bien j'ai pris la décision d'interdire 5 molécules parmi les plus toxiques qui sont interdites en Europe mais qui ne sont pas interdites dans les denrées importées alors vous dites que c'est trop peu sans doute il faudrait-il élargir et je continuerai à le faire mais ça concerne les pommes les poires les mangues les avocats enfin un certain nombre de productions d'abord qu'on produit sur le sol européen et il n'y a pas seulement des productions exotiques et qui sont produites en abondance en France je pense aux pommes et aux poires donc rien ne justifie ça justifie encore moins qu'on importe des denrées avec des substances interdites vous avez dit et je voudrais ajouter simplement une chose très rapidement ce matin j'étais à Roissy qui est le plus grand hub européen d'importation de denrées qui sont ensuite dispatchées sur toute l'Europe et je crée une brigade de 100 contrôleurs qui vont sillonner tout le territoire national pour aller faire des vérifications des contrôles des prélèvements

5:12
Présentateur

100 contrôleurs donc sur l'ensemble de la France est-ce que c'est des postes qui existent c'est des postes qu'on déplace est-ce qu'on déshabille un pôle pour habiller

5:20
Auditeur

un pierre non on déshabille personne parce que je ne touche pas aux effectifs de contrôle déjà existants c'était le sens de ma question mais donc on vous donnera tous les détails de l'organisation de cette brigade mais aujourd'hui j'en ai fait l'annonce et je veux la mettre en place dans les meilleurs délais c'est-à-dire dans les semaines qui viennent

5:38
Présentateur

parce que ce qu'elle dit notre amie Charlotte et on peut l'entendre c'est étonné moi j'ai l'impression qu'on me contrôle tous les 4 matins et surtout on contrôle aussi non seulement ce que je produis mais aussi les produits transformés au supermarché forcément ce qui arrivera du Mercosur passera entre les mailles du filet est-ce que vous pouvez lui dire ne vous inquiétez pas ça ne passera pas en dehors des mailles du filet

5:59
Auditeur

ou est-ce qu'on ne sait pas dire ça ? On va tout faire pour que ça ne passe pas entre les mailles du filet parce que moi je me suis opposée au Mercosur vous savez ma position a été constante sur ce sujet et notamment pour la question de l'absence de réciprocité des normes c'est quelque chose d'inacceptable mais j'ai instauré dans les premières semaines de mon arrivée au ministère j'ai instauré le contrôle administratif unique pas plus d'un contrôle par an et par exploitation j'exclus les contrôles PAC parce que ce sont ceux qui déterminent le versement des aides PAC puisqu'on était dans les contrôles

6:34
Présentateur

avant de retourner au standard j'ai Christelle sur Whatsapp qui dit ceci elle est aux Antilles et c'est vrai qu'ils sont loin et qu'on en parle moins bien et elle dit ceci les Antilles sont en proie du Mercosur déjà avec des Ignam de Costa Rica avec les citrons du Pérou pour lesquels nous n'avons aucune garantie sanitaire et qui sont vendus moins cher que nos produits dont certains d'ailleurs sont victimes aussi de chlordécone qu'est-il prévu pour les Outre-mer ?

6:57
Auditeur

mais les Outre-mer seront soumis à la même nécessité de contrôle des produits importés bien sûr je ne distingue pas les Outre-mer de l'Hexagone

7:10
Présentateur

naturellement Christelle s'en inquiète en tout cas deux poids deux mesures à nouveau pour les Antilles c'est ce qu'elle dit dans la suite de son message non pas deux poids deux mesures pour les Antilles Madame la Ministre mais bien sûr je suis d'accord avec Christelle j'en prends l'engagement et bien écoutez elle vous a entendu Jean-François est avec nous bonsoir

7:26
Annie Genevard

oui bonsoir à chacun et bonsoir à tous bonsoir Madame la Ministre je vous félicite pour les efforts que vous faites dans votre ministère malgré les difficultés malgré les difficultés les difficultés actuelles mondiales moi je suis de la Drôme et je vous appelle si vous voulez pour un pour un ami agriculteur qui a environ 70 hectares il s'était agriculteur depuis 3 ou 4 générations donc les générations précédentes précédentes avaient un potentiel immobilier d'environ 5 maisons et je dois dire que là depuis quelque temps il travaille environ 14 heures par jour en faisant un peu de polyculture en faisant de la pomme et de la poire et quand il a payé quand il a payé son matériel les réparations et les personnes qui ramassent les pommes ou les poires et bien il travaille 14 heures par jour et il n'arrive pas à s'en sortir il a vendu déjà 2 maisons sur 5 et une 3ème maison qui est à vendre pour pouvoir payer ce qu'il doit et si vous voulez est-ce que vous savez combien on lui achète le kilo de pomme et le kilo de poire

8:36
Présentateur

allez-y merci Jean-François j'imagine que c'était la fin de votre question ça veut dire en tout cas la difficulté

8:42
Annie Genevard

je posais la question à madame le mineriste pour savoir pour savoir si elle sait combien on achète les pommes et les poires de bonne catégorie et après tri le kilo

8:55
Auditeur

écoutez on a dû me le dire parce que je suis allée il n'y a pas très longtemps dans le Rhône alors ce n'était pas dans le département de la Drôme mais c'était aussi chez un producteur de pommes et de poires et c'est vrai qu'il y a des prix différents par catégorie mais ce que je peux vous dire Jean-François c'est que la question du revenu parce que c'est la question que vous posez

9:19
Présentateur

pardon madame la ministre vous vous l'avez le prix j'imagine Jean-François c'est pour ça que vous avez posé la question

9:22
Annie Genevard

allez-y pour être obligé de vendre des biens

9:26
Présentateur

et donc vous l'avez le prix que vous le demandiez à la ministre ou pas oui tout à fait allez-y alors on vous écoute

9:32
Annie Genevard

on lui paye entre 30 et 40 centimes au bout de 6 mois après tri

9:38
Auditeur

en tout cas clairement c'est un prix trop bas par rapport au coût de production mais c'est un peu le mal dont souffre l'agriculture française c'est une question de revenu d'ailleurs dans toutes les revendications la question du revenu est lancinante voilà une profession qui travaille énormément vous l'avez dit 14 heures par jour et ça n'est pas une exception je connais beaucoup d'agriculteurs qui travaillent qui ont des journées harassantes qui prennent peu de congés et qui ne se sortent pas de revenus c'est d'une injustice profonde et quand ils gagnent un peu d'argent c'est trop peu pour vivre il faut souvent un deuxième salaire à l'extérieur la conjointe ou le conjoint travaille à l'extérieur et il y a quelque chose de profondément injuste alors même qu'ils remplissent une fonction qui est noble qui est essentielle à notre pays qui est de nourrir mais on a un problème de compétitivité de notre agriculture française trop de charges trop de normes un coût du travail trop important surtout dans le domaine de l'arboriculture où au moment des récoltes on a besoin de beaucoup de main d'oeuvre et en dépit des aides que nous apportons à l'agriculture et bien elle est trop entravée pour avoir une compétitivité

10:56
Présentateur

suffisante du coup ça veut dire quoi ça veut dire revenir en arrière revenir en arrière sur des normes qui ont été établies que nous suivons que les agriculteurs suivent est-ce que ça veut dire revenir en arrière aussi sur un certain nombre de produits peut-être qu'on ira sur la loi diplôme dans un instant mais sur l'acétamipride et le reste est-ce que ça veut dire ça plus de compétitivité est-ce que c'est juste ça en fait

11:17
Auditeur

ça veut dire un juste équilibre un juste équilibre entre les exigences d'un équilibre économique sans lequel les producteurs ne peuvent pas vivre et le respect d'un environnement qui est leur outil de travail et moi je crois à cet équilibre-là et aujourd'hui la France a des exigences qui sont supérieures à celles de l'Union Européenne nos principaux concurrents sont européens aujourd'hui parce qu'ils produisent à des coûts qui sont inférieurs aux nôtres c'est la réalité est-ce que c'est juste et pourtant la production agricole européenne est vertueuse mais le problème de la France c'est qu'elle a eu trop souvent le réflexe de la surtransposition donc elle désagrège elle dégrade la compétitivité de nos exploitations

12:03
Présentateur

donc les plus gros concurrents ils sont européens je pense aux tomates espagnoles notamment j'imagine que c'est à ça que vous pensez des choses comme ça ça veut dire que le Mercosur finalement c'est un poids en plus ou est-ce que par rapport à cette concurrence européenne et par rapport aux quantités qui arriveront de toute façon c'est pas si grave

12:20
Auditeur

que ça ? si le Mercosur c'est grave pour plusieurs raisons d'abord parce que ça amène des volumes importants ou alors je n'ai pas bien compris cette question

12:29
Présentateur

c'est le volume dont je voulais vous parler c'est-à-dire est-ce que le volume de toute façon qui viendra d'Espagne qui viendra d'Europe qui viendra d'ailleurs sera plus important avec les mesures qui ont été prises que le volume qui viendra des pays du Mercosur ça veut dire

12:40
Auditeur

que nos principaux concurrents c'est clair sur les volumes dans différentes productions et en particulier fruits et légumes en effet sont européens ou même le poulet le poulet polonais il est issu de poulaillers qui sont plus importants vous voyez en France il y avait quatre projets d'installation de poulaillers vous évoquiez le manque d'œuf et bien ils ont été retoqués par le tribunal parce qu'une riveraine ne voulait pas de poulaillers trop proches de chez elle donc il y a un moment on ne peut pas vouloir manger de bons produits français et empêcher qu'ils ne soient précisément cultivés ou élevés mais pas casser toutes les normes non plus madame ça devient compliqué mais il n'en est pas question d'abord l'Union Européenne a imposé des conditionnalités environnementales il n'est pas question de revenir sur les conditionnalités environnementales il n'est pas question de supprimer toutes les normes il est question d'interroger leur pertinence au regard des règles qu'appliquent les autres pays européens qui sont nos concurrents mais ça veut dire que le plus grand concurrent

13:49
Présentateur

c'est nous plus encore que les pays du Mercosur

13:52
Auditeur

ça veut dire que le Mercosur ajoute à cette fragilité on a la plus grande on a la plus grande agriculture d'Europe on est le premier pays agricole européen mais on voit bien qu'on est en perte de compétitivité donc de vitesse donc de production et évidemment moi je plaide pour la souveraineté alimentaire c'est mon devoir c'est mon rôle le jour où un pays ne peut plus nourrir sa population il la met en risque

14:18
Présentateur

on va écouter Philippe j'ai une question derrière qui revient aussi au Mercosur mais je voudrais d'abord qu'on écoute Philippe bonsoir Philippe Philippe oui bonsoir ah formidable bonsoir Philippe bonsoir Fabienne on vous écoute

14:30
Invité

écoutez merci bonsoir madame la ministre bonsoir Philippe on est encore dans la période des voeux donc je souhaite que 2026 soit une année de dialogue et pas comme hier soir en fait avec la manifestation pacifique de la confédération paysanne j'ai une question sur la DNC donc la dermatose nodulaire contagieuse qui je refais un petit enfin une petite explication en fait c'est une inflammation de la peau en fait c'est une grosse acné en fait pour les animaux alors je précise je suis éleveur j'ai des vaches laitières donc je connais assez bien ces questions là et en fait ce qu'on observe c'est que c'est une maladie aujourd'hui qui a été utilisée pour se protéger des importations venant de l'extérieur et donc c'est pour ça que vous avez votre stratégie qui est en place avec éradication de l'ensemble des troupeaux etc ma question à quel moment le ministère va justement reprendre cette maladie pour une maladie sanitaire et strictement sanitaire et à quel moment vous allez associer les éleveurs les vétérinaires qui ont des pratiques différentes basées sur l'immunité des animaux sur la protection réelle des animaux pour avancer parce que de toute façon cette maladie vectorielle va se développer sur toute la France et vous ne pourrez pas continuer en fait à avoir cette stratégie d'éradication qui ne fonctionnera pas moi je n'ai pas peur de la maladie j'ai beaucoup plus peur aujourd'hui de la façon dont vous le ministère vous gérez cette maladie

15:56
Présentateur

Philippe merci beaucoup

15:58
Auditeur

Annie Gennevard qui vous répond sur la dermatose d'abord je voudrais commencer ma réponse à Philippe par une bonne nouvelle une bonne nouvelle il n'y a plus de cas de DNC en France et nous n'avons plus de nouveaux cas depuis 10 jours la vraie question vous posez en fait la question sur la pertinence du protocole alors d'abord je voudrais dire en préambule que je n'ai pas décidé ça dans le secret de mon bureau et de ma propre autorité j'ai fait fonctionner comme il n'a jamais fonctionné aussi souvent ce qu'on appelle le parlement de l'élevage qui réunit des professionnels des scientifiques des vétérinaires de tous les syndicats et qui ont débattu de ces questions et c'est ce protocole qui fonctionne dans tous les pays qui est appliqué dans tous les pays de l'Union Européenne les rares pays qui connaissent cette maladie parce que c'est une maladie le protocole c'est l'abattage pour l'instant non pas non non c'est pas seulement l'abattage des cas foyers c'est aussi la vaccination et c'est aussi la restriction des mouvements c'est un triptyque ce protocole il a été décidé à la quasi-unanimité du parlement de l'élevage donc j'ai consulté j'ai consulté mais ce que je voudrais dire c'est qu'une maladie dont vous dites que c'est juste une inflammation de la peau elle est quand même mortelle pour 10% statistiquement pour 10% de l'élevage on a 16 millions de bovins vous voyez si du jour au lendemain enfin si en quelques mois on perd un million et demi d'animaux je vous dis pas les effets et puis il y a une morbidité à 45% alors aujourd'hui permettez-moi de vous dire que la question la vraie question c'est pas la question de l'abattage c'est moi mon objectif c'est qu'il n'y ait plus aucun abattage et c'est qu'on puisse éradiquer la maladie comme nous l'avons fait en Savoie en Haute-Savoie dans le Rhône dans l'Inde dans le Jura on va demain lever la zone réglementée du Jura et du Doubs et de la Haute-Saône et du territoire de Belfort où il y a eu très peu de cas 5 cas mais où on a dû élargir une zone importante il n'y a plus aucun cas donc voilà la stratégie vous dites fatalement la maladie s'étendra dans tout le pays la peur de la maladie s'étend dans le pays mais la maladie elle est parfaitement maîtrisée aujourd'hui

18:18
Présentateur

pour l'instant on l'est maîtrisée on ne sait pas à quel moment elle réapparaît il y a beaucoup d'évideurs

18:21
Auditeur

elle a été éradiquée en Grèce elle n'est pas réapparue elle a été éradiquée dans les Balkans elle n'est pas réapparue on sera certainement obligé de revacciner oui parce que la meilleure protection c'est la vaccination ce que je veux vous dire

18:37
Présentateur

la question des éleveurs et je ne sais pas si c'est celle de Philippe en creux derrière mais la question des éleveurs quand on en a parlé ici même d'ailleurs au téléphone sonne c'est aussi de se demander pourquoi est-ce qu'on ne fait pas une vaccination de masse qui serait une vraie vaccination totale la réponse de certains éleveurs étant de dire oui on est en train de protéger les grands et on sait bien que pour les exportations dès lors qu'on a été vacciné c'est plus compliqué

18:59
Auditeur

non mais ça c'est une vision je dirais c'est une question sanitaire c'est pas une question politique c'est pas une question économique c'est d'abord une question sanitaire exportation importation c'est une vraie question économique si on ne peut plus exporter c'est une vraie question économique puisque vous évoquez la question économique je ne veux pas l'éluder vous savez il n'y a pas que des gros élevages d'ailleurs l'élevage bovin en France c'est pas la ferme des mille vaches c'est pas les feedlots américains ou brésiliens moi j'ai vu en Occitanie où je suis allée beaucoup j'ai vu des petits et des gros élevages mais même dans les gros élevages ce sont des gens modestes qui vivent difficilement de leur activité donc l'exportation c'est aussi du revenu quand vous exportez pour 5 à 10 milliards d'animaux vivants de viande de produits laitiers vous vous rendez compte la perte de revenus pour les éleveurs et tous les éleveurs on a des vous voyez moi je viens je connais bien le monde de l'élevage j'en viens c'est des élevages à rarement plus de 150 bêtes à plusieurs associés donc on n'est pas du tout dans des grosses fermes c'est pas abattre les bêtes pour protéger les gros éleveurs c'est tellement loin de la réalité

20:12
Présentateur

après Mme Gennevard ce qu'on a entendu pendant cette crise de la dermatose c'est aussi le traumatisme que ça pouvait représenter effectivement pour certains éleveurs au-delà effectivement des décompensations évidemment derrière et puis c'est la rupture de confiance aussi y compris avec les vétérinaires il y a beaucoup de choses à réparer derrière une crise comme celle-là quelles sont les leçons qu'on en tire aujourd'hui quand on est ministre de l'agriculture ?

20:37
Auditeur

moi j'en tire d'abord la leçon que chaque fois qu'il y a eu un territoire touché je suis allée je suis allée rencontrée en tête à tête loin des caméras parce que ce genre de choses se font dans la dignité dans la confidentialité dans la discrétion je suis allée voir les premiers éleveurs dont les cheptels avaient été dépeuplés parce que j'avais besoin de leur dire votre ministre serait à vos côtés ce que vous vivez est un traumatisme terrible et je serai là à vos côtés pour vous aider vous savez le nombre de personnes qui m'ont dit mon père mon grand-père ont connu l'abattage pour la fièvre afteuse pour la tubercule vos bovines pour la vache folle ça reste dans la mémoire des familles et des villages pendant plusieurs générations je mesure ce traumatisme mais je mesure aussi l'engagement de ces éleveurs qui en Savoie m'ont dit vous savez on a accepté l'abattage pour protéger nos voisins

21:31
Présentateur

Annie Genevard il n'y aura donc pas de vaches au salon de l'agriculture est-ce que vous le regrettez au fond puisque si vous nous dites que ça fait 10 jours maintenant que semble-t-il la maladie est éradiquée est-ce que ça veut dire qu'on a poussé selon vous le principe de précaution

21:45
Auditeur

ou pas ? alors bien sûr l'absence de bovins au salon de l'agriculture est une grande tristesse parce que c'est une attractivité très forte et le salon de l'agriculture c'est une vitrine pour l'agriculture j'ai un mot de solidarité pour les organisateurs du salon qui y travaillent depuis un an vous savez le salon c'est pas l'état c'est une association qui travaille des mois durant pour offrir aux français ce merveilleux moment de rencontre avec l'agriculture pardon

22:17
Présentateur

je dis le 21 la semaine prochaine c'est le mois prochain c'est le 21 février mais du coup ça fait un laps de temps ça fait 10 jours qu'il n'y a pas eu de cas si tout va bien le 21 février c'est dans un mois donc est-ce que vous dites dommage en fait

22:29
Auditeur

je dis dommage d'autant que le 9 dixième du territoire national est indemne de DNC qu'on a peut-être 2 millions de bovins qui sont vaccinés donc qui sont protégés mais la peur est plus forte parce que voilà les éleveurs ne veulent prendre aucun risque mais je pense qu'on aurait pu amener des bêtes sans risque mais je respecte cette décision j'espère qu'il y aura des animaux de toute façon au salon la dermatose ne concerne que les bovins et le slogan du salon c'est venir c'est soutenir ce que je condamne en revanche c'est tous ceux qui appellent au boycott du salon ça c'est vraiment à un moment où l'agriculture connaît des difficultés je ne voudrais pas que le salon de l'agriculture devienne l'otage politique et prendrait en otage l'agriculture et les agriculteurs et aussi finalement les français qui aiment venir au salon mais otage politique de qui pardon il y en a qui appellent au boycott il y a des organisations syndicales qui appellent au boycott du salon

23:40
Présentateur

mais justement puisqu'on parle d'organisation syndicale vous l'imaginez il y a beaucoup de questions autour de ça ceux que vous soutenez ou que vous soutenez moins ceux que vous favorisez ou que vous favorisez moins voici Aurore qui est à Villefranche-sur-Saône bonsoir bonsoir on vous écoute

23:55
Auditeur

bonsoir madame la ministre j'aurais une question à vous poser au niveau de tout ce qui est syndicat donc on a la FNSEA jeunes agricoles la confédération paysanne et la coordination rurale dont ces derniers ont tenu des propos assez extrémistes dans le sens où ils menaçaient aussi tout ce qui est organisation qui vient contrôler au niveau environnemental au niveau des fermes agricoles et je voulais savoir au niveau des manifestations qui a eu dernièrement j'ai constaté qu'il y avait une différence de traitement au niveau de ces syndicats agricoles à savoir il me semble à moins que la garde à vue a été levée pour les représentants nationaux de la confédération paysanne j'aurais aimé savoir pourquoi est-ce que la FNSEA la coordination rurale peuvent accéder comme ça librement à la capitale sans qu'ils soient inquiétés alors que la confédération paysanne est arrêtée

24:45
Présentateur

merci Aurore pour votre question et vous êtes porte-parole Aurore de beaucoup beaucoup de nos questions qui sont ici au téléphone ou par mail double standard alors selon les syndicats madame la ministre

24:54
Auditeur

merci Aurore d'abord je voudrais dire que je reçois régulièrement tous les syndicats ils ont tous mon téléphone personnel ils m'appellent tous d'ailleurs tous me contactent directement pour une chose ou pour une autre je les traite de la même façon nous les avons tous reçus avec le premier ministre deux fois deux heures en deux semaines ils ont été reçus ils ont été écoutés la différence la différence quand vous faites une manifestation qu'elle soit agricole ou pas d'ailleurs il y a une règle c'est le droit il faut déclarer donc la coordination rurale a refusé de déclarer les manifestations les forces de police ont cherché à empêcher les tracteurs d'entrer dans Paris ils n'y sont pas parvenus parce qu'un tracteur ça ne s'empêche pas comme un véhicule léger la FNSEA avait déclaré sa manifestation quant à la confédération paysanne hier je voudrais dire qu'elle a tenté enfin elle est entrée dans un bâtiment public pour y tenir une manifestation qui n'avait pas été déclarée donc pas autorisée moi je voudrais aussi soutenir mes agents parce qu'ils ont été bousculés alors que ils ont une fonction qui est de contrôler les entrées dans les bâtiments publics ils y sont entrés par rue ils ont été piégés pour une manifestation qui n'était pas déclarée en plus sur un sujet pour lequel je me bats en permanence la reconnaissance de la PAC de l'outre-mer qui s'appelle le POSEI donc les forces de l'ordre sont intervenues alors même que je n'étais pas en mon ministère j'étais au banc alors quand même je voudrais dire Aurore qu'au moment même où la confédération paysanne et les filles parce qu'ils sont très proches les uns des autres il y avait là des députés et les filles au moment même où ils manifestaient ils tentaient de censurer le gouvernement privant ainsi les agriculteurs de 300 millions d'aides que je m'apprête à délivrer dès lors que nous aurons un budget donc je m'excuse mais là on est vraiment privés d'aides de la cohérence

27:00
Présentateur

ça veut dire jusqu'à quel point vous le dites ils ont privé d'aides qu'est-ce que ça veut dire ?

27:04
Auditeur

non ça veut dire que s'il n'y a pas de budget si on avait été censuré à la demande de les filles oui bien sûr là il n'y avait plus de gouvernement il n'y avait plus de budget il n'y avait plus les aides que je m'apprête à délivrer dès lors que nous aurons un budget

27:17
Présentateur

Christopher est dans le Jura bonsoir Christopher

27:21
Auditeur

oui bonsoir vous êtes Christophe en fait Christophe ou Christopher Christopher

27:25
Présentateur

allez-y on vous écoute

27:26
Auditeur

moi c'est un produit importé parce que je suis d'origine anglaise je suis venu m'installer pour la vie en France et je suis maraîcher dans le département du Jura et pour rebondir sur ce qui a été dit au cours de l'émission il y a des choses que je n'arrive absolument pas à comprendre à savoir cette histoire de souveraineté alimentaire depuis le Covid on en parle énormément c'est extrêmement important et souvent dans la fraise qui vient après on parle de compétitivité et je voudrais comprendre comment les politiciens aujourd'hui imaginent concilier ces deux aspects compétitivité du monde agricole et souveraineté sachant que d'un côté la compétitivité on dit qu'elle n'est pas au rendez-vous mais les écoles pardon les fermes françaises sont plutôt compétitives si on les compare à quelque chose d'égal si on compare une ferme française à une ferme en Amérique latine ou peut-être en Afrique on est moins compétitif mais on a nos normes sociales etc tout ça vous le savez donc on nous dit qu'on n'est pas compétitif et qu'il faut restructurer tout ça et en même temps qu'il faudrait qu'on ait une meilleure souveraineté alimentaire mais peut-être que finalement un petit peu de protectionnisme même si c'est un gros mot aiderait à consolider les fermes françaises et à les protéger et les rendre plus compétitifs est-ce que vous pourriez m'expliquer comment ce Mercosur va améliorer notre souveraineté alimentaire il me semble que c'est une grosse blague

29:01
Présentateur

merci Christopher comment le Mercosur améliore notre souveraineté alimentaire madame la ministre

29:06
Auditeur

aucunement moi je me bats je me suis battue contre le Mercosur et j'espérais que la France s'opposerait au Mercosur elle l'a fait et j'ai plaidé en ce sens pendant des mois sauf que la bataille est perdue maintenant donc la bataille n'est pas perdue le combat n'est pas achevé puisque le parlement européen va avoir à se prononcer et moi là où je vous rejoins Christopher c'est que il y a une notion je ne dirais pas de protectionnisme mais de patriotisme alimentaire et j'invite il y a un acteur majeur de ce point de vue là c'est le consommateur c'est le consommateur qui doit aussi arbitrer dans ses choix et c'est aussi la grande distribution lorsqu'elle fait des produits d'appel sur des denrées importées des prix d'appel sur des denrées importées elle flèche l'acte de consommation vers du produit importé donc c'est un enjeu la souveraineté alimentaire qui ne concerne pas seulement les agriculteurs et leur compétitivité c'est aussi un enjeu qui concerne le consommateur et le distributeur maintenant c'est la question de la compétitivité qu'est-ce que ça veut dire ?

ça veut dire simplement que nos agriculteurs puissent vivre de leur travail et de leur production donc on a agi et Galim ça a été quand même une loi importante qui interdise de vendre à perte mais on voit bien que les équilibres sont fragiles parce que les contraintes sont fortes que les intrants sont chers je prends l'exemple de la taxe carbone qui va peser sur les engrais et donc sur les grandes cultures aujourd'hui les grandes cultures ont des coûts de production qui sont supérieurs à la vente de leur production donc c'est ça la compétitivité c'est pouvoir vivre de son travail c'est quand même une aspiration légitime

30:52
Présentateur

Vous parliez de consommateurs tout à l'heure il y a beaucoup de questions aussi autour de ça les consommateurs que nous sommes ne devraient-ils pas consentir à accorder un peu plus de leurs revenus aux achats alimentaires voici aussi Monique qui est avec nous bonsoir Monique Oui bonsoir On vous écoute

31:04
Auditeur

Voilà moi je voudrais savoir je voudrais d'abord rappeler à la ministre que la France n'a pas voté l'adhésion à l'Union Européenne donc quand la France n'accepte pas certaines propositions de l'Union Européenne elle arrive toujours à s'en sortir

31:17
Présentateur

L'adhésion on l'a voté l'adhésion on l'a voté c'est après effectivement mais je vous en prie finissez mon livre

31:23
Auditeur

Ce que je veux savoir moi c'est qu'en tant que consommateur je veux savoir qu'est-ce que la ministre s'engage à mettre en place pour que je sache le produit qui arrive des pays du Mercosur je veux savoir l'origine du produit comment il a été élevé etc. et je veux savoir au ministère ils ont déjà réfléchi à ça et qu'est-ce qu'elle s'engage à faire

31:51
Présentateur

Merci Monique pour votre question est-ce que je peux rajouter une petite question à côté de celle de Monique parce que sur les produits les bovins les poulets etc. qu'on achète à la pièce si je puis dire on peut le voir on sait parce que le boucher nous dit quelle est la provenance donc ça c'est facile c'est beaucoup plus difficile dès lors qu'il y a un début de transformation est-ce qu'on est capable d'agir et de montrer sur les produits transformés

32:15
Auditeur

moi je pense qu'on a encore beaucoup de progrès à faire et même si les dispositions en matière d'affichage sont sous la réglementation européenne moi je rejoins tout à fait Monique je pense que nous devons le consommateur doit savoir d'où viennent les produits qu'il achète et vous voyez Monique il y a un acte délictueux que je vais combattre avec la brigade de contrôle que je mets en place c'est la francisation c'est-à-dire prétendre qu'un produit a été qu'un produit est français alors qu'il a été frauduleusement francisé c'est-à-dire qu'il vient d'un pays tiers il vient d'un pays étranger et par une manœuvre frauduleuse est étiqueté comme étant un produit français et ça c'est absolument scandaleux et c'est un délit qui doit être poursuivi et je pense qu'on a des progrès à faire en matière d'étiquetage on en a fait par exemple quand vous allez dans un restaurant Monique le restaurateur a l'obligation de dire d'où vient la viande par exemple alors il faut qu'il l'affiche il faut que le consommateur que le client puisse le savoir moi je pense que dans les produits transformés nous devrions avoir l'origine des trois ingrédients principaux c'est l'origine France et je pense que c'est un combat qu'il nous faut mener parce que c'est une demande qui est tout à fait légitime et vous avez sans doute vu que beaucoup de grandes surfaces beaucoup de collectivités locales se sont engagées finalement le Mercosur a provoqué une sorte de réflexe de sauvegarde avant l'heure avant l'application beaucoup de structures disent nous on s'engage à ne consommer et à ne cuisiner que de la viande française soit dans les cantines scolaires soit dans les hôpitaux et je trouve que c'est un réflexe qui est très sain

34:03
Présentateur

Est-ce que vous pouvez quand même Annie Gennevard nous réexpliquer au fond comment les choses vont se mettre en place parce que la signature elle va avoir lieu au Paraguay avec Ursula von der Leyen ce sera samedi en effet il y a mardi un vote du Parlement européen mais c'est un vote pour la saisine de la cour de l'Union européenne donc ça veut dire qu'à partir de samedi de toute façon on est d'accord provisoirement peut-être mais le Mercosur est au jour 1

34:27
Auditeur

ça commence alors le conseil des chefs d'état s'est prononcé majoritairement en faveur on a essayé la France a pris le lit d'une minorité de blocage nous n'y sommes pas arrivés il y a 27 états souverains c'est comme ça et sans doute est-ce bien ainsi que les états soient souverains dans leurs décisions nous nous aurions aimé qu'un maximum d'états s'opposent vous avez perdu la minorité de blocage perdu l'Italie en rouge etc mais la mise en place est-ce que c'est demain là ?

maintenant c'est le parlement qui va avoir à se prononcer le 20 ou le 21 là c'est mardi sur la saisine de la cour de justice de l'Union européenne sur la légitimité de la scission de l'accord c'est un peu technique je m'en excuse auprès des auditeurs de France Inter mais est-ce que au fond les modalités d'acceptation de l'accord du Mercosur sont conformes au texte européen c'est la question qui va être posée aux parlementaires et donc

35:30
Présentateur

ils vont y répondre faut-il y avoir saisine ou pas les parlementaires vont voter donc s'il y a saisine donc il y aura une décision qui viendra derrière ma question c'était est-ce que en attendant c'est parti pour le Mercosur à partir de maintenant

35:42
Auditeur

je ne sais pas à ce moment où je vous parle si l'application sera provisoire ou non moi en tout état de cause ce que je peux vous dire c'est que je jugerais que c'est vraiment en contradiction avec la démocratie qui doit inspirer le fonctionnement des institutions européennes c'est au Parlement de se prononcer maintenant il va se prononcer à une date qu'on ne connait pas sur la ratification ou non de l'accord et moi je considère qu'aucune application même provisoire de l'accord ne devrait avoir lieu avant que le Parlement européen ne se soit prononcé sans quoi ce serait une forme de trahison de l'esprit même qui devrait prévaloir dans nos institutions européennes

36:31
Présentateur

Annie Gennevard merci beaucoup d'avoir accepté de répondre aux questions de nos auditeurs merci à tous pour vos nombreuses questions toujours sur ces sujets-là merci aussi à toute l'équipe du 18-20 pour la jolie semaine comme d'habitude vous