Vaccination contre le Covid-19 : Clémentine Autain dénonce «la privatisation des profits»
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:38OuverteÉludée
Faites-vous ce crédit à Emmanuel Macron sur les sujets sanitaires ?
- 2:48RelanceRéponse partielle
Est-ce que les laboratoires américains continueraient à fabriquer des vaccins si c'était gratuit ?
- 6:20OuverteRéponse directe
Le couvre-feu était-il une bonne décision pour la Seine-Saint-Denis ?
- 8:55OuverteRéponse directe
La non-fermature des écoles est-elle une fierté pour le gouvernement ?
- 10:31OuverteRéponse partielle
Les élections de 2022 peuvent-elles être un vaccin contre la Macronie ?
- 11:19OuverteRéponse partielle
Un pacte de non-agression entre leaders de gauche peut-il suffire à faire gagner la gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:15InvitéFait
« M. Blanquer met en danger la communauté éducative et les élèves. »
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Bonsoir,
c'est l'heure de Mardi Politique sur France 24 et RFI. Bonsoir Frédéric Rivière. Bonsoir, mademoiselle, bonsoir à tous. Et ensemble, nous recevons Clémentine Autain. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis et tête de liste au Régional. Donc merci d'avoir accepté notre invitation. Dans le journal Le Monde, ce soir, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation, déclare que le président a, je cite, acquis une vraie expertise sur les sujets sanitaires. Ce n'est pas un sujet inaccessible pour une intelligence comme la sienne. Fermez les guillemets. Alors, faites-vous ce crédit, vous, à Emmanuel Macron ?
Ou bien vous considérez que le ministre de l'Éducation a été frappé par la grâce ? Ou peut-être a-t-il été victime d'un charme ? D'abord,
ce n'est pas que le ministre de l'Éducation, puisque ce sont les éléments de langage du gouvernement cette semaine. Or, ce que l'on attend du président de la République, ce n
'est
pas qu'il concourt au prix Nobel d'épidémiologie ou de science quelconque. Ce qu'on demande au président de la République, c'est de gouverner et c'est de protéger la population dans cette phase de pandémie. Or, force est de constater qu'à peu près toutes les étapes ont été manquées depuis le début de la crise sanitaire, puisqu'au début, nous avions, vous vous souvenez, le fiasco des masques, le problème des lits, qui est structurel, dont a hérité en partie Emmanuel Macron. Mais il a continué à fermer des lits. En Ile-de-France, vous le savez peut-être, mais nous avons des centaines de lits qui sont en ce moment en train d'être fermés.
Et du personnel
aussi qui n'est pas qualifié en
réanimation, parce que c'est long aussi. Bien sûr, c'est long de les former, mais nous en avions un certain nombre au moment de la première phase la plus critique l'année dernière et ces personnels n
'ont
pas été fidélisés. Donc ça, c'est un vrai problème. Ensuite, on a eu le fiasco des tests, puisque ces tests n'arrivaient pas à arriver, si j'ose dire. Et maintenant, nous avons le fiasco des vaccins. Donc ça commence à faire beaucoup.
C
'est-à-dire que le président de la République n'arrive pas à faire vivre l'État de telle sorte qu'il anticipe,
qu
'il protège, qu'il fasse vacciner. Et j'en veux en particulier, dans la période que nous traversons, au gouvernement de ne pas avoir tapé du poing sur la table pour réussir à lever cet enjeu de la licence sur les brevets pour les vaccins. Vous savez quand même qu'à l'OMC, la France a voté contre la proposition qui était celle de l'Inde et de
l
'Afrique du Sud sur la licence globale des brevets. La France a voté contre. Pour moi, c'est une honte et un scandale absolu, parce qu'il faudrait lever ces brevets de telle sorte que ce soit un bien commun et non pas une propriété privée. Et ensuite, de produire, produire, produire, produire, et donc
de vaccins. Alors, je vais laisser
la parole à Frédéric, mais j'ai juste envie de vous rétorquer. Est-ce que vous pensez que les laboratoires, en l'occurrence américains, continueraient de fabriquer et de chercher si ça devenait dans le fonds
gratuit
et que c'était une œuvre de charité ? Est-ce que vous croyez que ces labos américains, ces Américains qui sont très monnaie-monnaie, continuent pour de bonnes grâces ? Eh
bien,
voyez-vous, c'est tout le problème de notre système actuel mondial, ce qu'on appelle le capitalisme. Parce que quand vous avez un bien commun aussi important que la santé, qui est mis entre les mains de gens qui cherchent, non pas avant tout à faire du bien, à nous protéger, à nous soigner, mais à faire des profits, comme c'est le cas d'ailleurs du laboratoire Pfizer, vous savez qu'ils font entre 20 et 30% de marge sur les vaccins, alors que ces 20 ou 30% de marge pourraient être en fait réinjectées pour fabriquer plus de vaccins, pour vacciner plus de monde.
Eh bien, moi je dis, nous disons avec force, que le moteur ne doit pas être la recherche de l'argent, le moteur pour trouver, pour développer, doit être un moteur de bien commun, un moteur d'humanité.
Mais Clément Dignotin, à moins de trouver le moyen de changer peut-être les âmes ou les esprits, est-ce que vous pensez que là, en l'occurrence, dans ce cas de figure, les laboratoires auraient été aussi vides ? Parce que c'est vrai que des moyens considérables ont été mis en œuvre pour développer des vaccins, à une vitesse record. Est-ce que si on était dans le scénario que vous évoquez,
c'est-à-dire
de bonnes âmes, est
-ce que ça n'aurait pas
pris beaucoup plus de temps ?
Mais
qu'est-ce qui est intéressant dans la vie ? Vous, vous pensez que ce qui est le moteur absolu, c'est de gagner de l'argent.
Non,
ce n'est pas ce que je pense. Non, mais ce n'est pas une histoire de bonnes
âmes. On peut aussi imaginer qu'il y ait des gens, et il y en a beaucoup, beaucoup en France,
qui
travaillent, d'ailleurs, les infirmières, les médecins, qui parfois travaillent pour pas beaucoup d'argent et qui font œuvre utile.
Ça pourrait fonctionner si tous les laboratoires
étaient publics, par exemple, ça.
Par exemple, quand je vous parle de licence globale, il s'agit justement de faire tomber dans le domaine public la question
des vaccins. Oui, mais quand je dis public, c'est-à-dire sous
l'autorité des États.
Oui,
mais c'est pour tout le monde, du
coup.
Oui, j'entends
bien, ça serait
possible
si tous
les laboratoires étaient publics
dans le monde.
Vous le savez aussi, l'argent qui a été injecté est de l'argent public pour la majeure partie de ce qui a été dégagé, aux États-Unis en particulier. C'est-à-dire que c'est la socialisation de la recherche publique, puisqu'on y met beaucoup d'argent, mais ensuite, c'est la privatisation des profits sur les vaccins, au mépris de la vaccination
de toutes les
villes.
Mais là, vous parlez d'un monde rêvé, en fait.
Non, je parle d'un monde à portée de main, et je pense qu'on peut commencer par un bien commun de l'humanité, qu'est la santé. Et je ne
suis
pas en train de vous dire qu'on va tout faire rentrer dans le gérant public, je suis en train de vous dire qu'il y a des secteurs
majeurs,
majeurs, vitaux, qui doivent échapper aux intérêts privés, parce qu'il en va de notre santé. Et si nous avions fait de la sorte, alors nous aurions davantage de vaccinés aujourd'hui. Alors aussi, les doses qui ont été commandées par l'Union européenne, vous le savez, pourquoi elles ne sont pas arrivées ?
Elles
ne sont pas arrivées parce qu'on les a payées à un prix qui était moyen, alors que d'autres ont payé plus cher,
et
que
c
'est ceux-là qui ont été les premiers servis. Donc vous voyez bien que cette logique est une logique qui est en rupture avec l'égalité, avec ce qui nous permet de faire face à l'échelle planétaire au drame qui est le nôtre. Donc la vaccination, c'est l'espoir de s'en sortir, c'est l'espoir de s'en sortir, et donc il faut que cela échappe aux intérêts financiers, à la marchandisation.
Lorsque Emmanuel Macron a choisi le couvre-feu plutôt que le reconfinement, vous considériez-vous, en tant élu d'une région, d'un département compliqué, la Seine-Saint-Denis, que c'était une bonne décision ? De ? De plutôt choisir le couvre-feu qu'un confinement qui aurait été bien plus dramatique en termes de conséquences, si on prend votre département de Seine
-Saint-Denis par exemple. Bien
sûr. Donc vous avez applaudi comme les autres en disant qu'il fallait aller jusqu'au bout du bout tant qu'on pouvait tenir.
Je n'ai pas souvenir d'avoir eu de grands applaudissements pour le Président de la République et
ses décisions. Non, je m'étonne aussi. Bon, vous n'auriez plus d'accord.
Ce qui est tout à fait vrai, c'est que nous savons qu'il y a un coût très élevé à un confinement tel que nous l'avons vécu l'année dernière pour un profit qui n'est pas aussi simple à évaluer. Si on est dans un régime autoritaire, on ferme tout, on est capable de tenir, c'est vrai qu'on peut en diguer. Bon, mais sinon, ce n
'est
pas aussi simple que cela, d'accord ? En revanche, on sait désormais qu'il y a des coûts induits qui sont aussi dramatiques. Sur le plan psychologique, mais psychiatrique
aussi.
Sur le plan social, et donc humain, et donc enchaînent aussi potentiellement des enjeux de mortalité et de santé très importants. Donc c'est pour ça qu'il faut évaluer l'ensemble des conséquences, l'ensemble des facteurs qui sont en jeu quand on prend une décision de confiner complètement. Il
faut faire quoi aujourd
'hui, d'après vous
?
Moi, je le redis, l'urgence pour moi, c'est la vaccination. Et c'est pourquoi j'en veux énormément au gouvernement. Parce que si on est capable de vacciner très vite, notamment les personnels qui sont au front, on a vu sur les personnels soignants, mais aujourd'hui, l'actualité nous emmène vers les enseignants. En Seine-Saint-Denis, c'est dramatique. Absolument dramatique. Et j'estime que M. Blanquer met en danger la communauté éducative et les élèves. Donc, qu'est
-ce
qu'il faudrait faire, par exemple, dans les écoles ? Dans les écoles, il faudrait qu'il
y ait
des masques FFP2 disponibles pour tout le monde. Il faudrait que les tests salivaires, qui ont été, là encore, un fiasco, eh bien, qu'on puisse tester de façon correcte. Il faudrait aussi qu'on ait des jauges moins grandes, qu'il y ait davantage de personnel, et ça, c'est possible de les recruter. Parce que quand vous avez un enseignant absent et qu'il n'est pas remplacé, forcément, vous avez des élèves qui vont dans des classes qui sont déjà surchargées. Donc, tout ça ne peut pas marcher. Et il ne peut pas faire comme s'il découvrait le problème. Ça fait un an que c'est sur la table.
Et je
comprends la colère des enseignants et des parents d'élèves, en particulier en Seine-Saint-Denis.
La non-fermature des écoles est présentée par le gouvernement comme une flerte de position exemplaire, que la France est la seule à avoir réussi à tenir, ou à peu près la seule à avoir réussi à tenir. Vous ne soutenez pas l'exécutif sur ce point ?
Si, mais à quel prix
?
Moi, je suis pour l
'ouverture des écoles. Donc, c'est trop cher
payé sanitairement.
Moi, je vous dis, je suis pour l
'ouverture des écoles. Aujourd'hui, vous considérez que
le tribut sanitaire est trop lourd.
Je suis pour que nous ne vivions pas sous cloche. Voilà. Je suis pour que les élèves de Seine-Saint-Denis aient accès à l'éducation. Simplement, pour
que
cet objectif soit honoré correctement, il fallait que
le
ministre de l'Éducation prenne un certain nombre de mesures qu'il n
'a
pas prises.
Et
c'est pourquoi je dis qu'il met en danger la communauté éducative, d'où ma colère. Ma colère, ce n
'est
pas de lui reprocher aujourd'hui de laisser ouvertes les écoles. Ma colère, c'est de constater que ce gouvernement ne sait pas protéger. Voilà. Sinon, c'est trop facile de dire, il suffit d'ouvrir les écoles, tant pis, débrouillez-vous. Vous avez des protocoles sanitaires qui arrivent, j'allais dire, quasiment toutes les semaines. Un pratique... Je vis avec un enseignant, je vous jure, et des fois, c
'est
à mourir de rire. C'est triste, hein. À mourir de rire, c'est à pleurer, en réalité. Mais je veux dire, à mourir de rire. Quand on nous
dit,
il faut aérer les classes. Ça fait un an que c'est comme ça. Bon, je vous dis la vérité, moi, mon mari, il est dans une classe, il n
'y a
pas de fenêtre. Donc il fait comment ? On n'était pas capable d'avoir des systèmes d'aération depuis un an qu'on sait que le problème est là ? On n'a pas été capable de trouver des systèmes d'aération. Écoutez, on vit où ? On se demande si on vit en France. Je vous le dis. On
va
revenir
un peu à la politique
politicienne. C
'est très politique, la
société politicienne.
Là, on va parler d'un enjeu important, puisque c'est 2022, l'élection présidentielle.
Avec
là aussi, comme le vaccin en espoir de sortie de crise, les élections de 2022 ont un espoir
de sortir aussi
de la Macronie.
On verra. Alors, on va voir si vous avez... Pour rentrer
dans la mélange... Un vaccin contre
la Macronie, en quelque sorte, c'est ça que vous proposez ? Il faudrait. Yannick Jadot, en tout cas, lui, propose aux forces de gauche de se retrouver autour d'une table afin, dit-il, de construire un grand projet d'espérance pour 2022. Olivier Faure pour l'EPS, Famille Roussel pour le Parti communiste, Benoît Hamon pour Génération, ont immédiatement accepté la proposition, parlant de main tendue. Jean-Luc Mélenchon aussi, mais lui, plus prudemment, avec des réserves, notamment sur l'idée d'un programme commun ou d'une candidature commune. Il dit, lui, Jean-Luc Mélenchon, l'urgence, c'est un pacte de non-agression. De quoi s'agit-il d'un pacte de non-agression entre leaders de la gauche ?
Mais vous croyez que ça peut suffire à faire gagner la gauche
? Je
ne
suis
pas à porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. Non, je vous parle. Ce que je comprends, en tout cas, et je partage, c'est l'idée que, si déjà, on pouvait s'organiser pour résister en commun aujourd'hui, ici, maintenant, ça serait bien. Or, il est arrivé, récemment, que nous tendions la main aux uns et aux autres pour organiser des initiatives, par exemple, sur le terrain des libertés, mais on pourrait aussi en imaginer sur la question sociale, parce que nous sommes en train de vivre un carnage absolument historique et dramatique et qui est déjà là, mais qui est aussi devant nous. Pour tout ça, en effet, on aurait besoin de prendre la main collectivement.
Voilà, c'est ce qu'il dit, et je pense qu'il a raison. Donc, ouvrir un chemin et chercher à créer des passerelles au sein des gauches et des écologistes, vous connaissez ma position depuis longtemps, j'y suis favorable. Et je constate que Yannick Jadot, qui n'a pas si longtemps encore, expliquait qu'il fallait frayer un chemin entre Macron et Mélenchon, aujourd'hui s'adresse à toutes les gauches et les écologistes jusqu'à Jean-Luc Mélenchon. Donc, je prends acte de se bouger et je m'en félicite, je vais vous dire franchement. Je m'en félicite.
Maintenant, il faut se parler, il faut se parler franchement, aborder les questions qui fâchent et ne pas se leurrer non plus sur l'idée que simplement s'unir permettrait justement d'être un vaccin par rapport au duel qui vire un peu au duo entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. On a besoin de bien plus que ça. On a besoin d'une dynamique politique. Vous voyez ce que je veux dire ? Et cette dynamique politique, à mon sens, il faut la créer à partir d'un projet qui soit un projet porteur de transformation en profondeur de la société. Donc, débattons. Sixième République, qu'est-ce qu'on fait de l'Europe ? On parlait tout à l'heure sur les biens communs de l'humanité, comment on les organise.
Parlons aussi transition, bifurcation écologique. Tout ça doit être au menu des discussions. Tant mieux si on se parle et d'essayer d'avancer le plus possible vers ce qu'on peut dégager de commun.
Il
nous reste peu de temps, Clémentine Autain. Audrey Pulvar,
l
'ex-journaliste devenue tête de liste pour le Parti Socialiste Régional à Paris, a créé la polémique après les révélations de la présidente de l'UNEF qui reconnaissait des réunions interdites aux Blancs. Audrey Pulvar a dit dans une interview qu'elle n'admettait pas que l'on puisse jeter une femme blanche ou un homme blanc dehors, mais qu'on cautionne qu'on puisse lui demander de se taire. Peut-on tenir ce genre de propos lorsqu'on est un responsable politique car ça revient en quelque sorte à trahir le principe républicain d'idéal ou en tout cas le principe d'idéal républicain
? Votre question
est un peu étrange parce que... Ah
bon ?
Oui. Je
vous demande juste
si
c
'est responsable pour quelqu
'un qui fait la politique. Moi, ce qui me paraît responsable de la part
d'Audrey Pulvar, c'est au total, dans ce qu'elle a dit, sans regarder dans le menu détail, le point de vue qu'elle a défendu de manière globale, c'est de dire que, oui, dans l'histoire et aujourd'hui encore, il y a besoin que des catégories opprimées puissent se parler entre elles. Voilà. Et ça, ça me paraît être au cœur de l'engagement à gauche et ce n'est pas simplement aujourd'hui, ça fait partie de l'histoire. Et je vois qu'il y a une offensive de la droite et de
l
'extrême droite qui essaye de mettre à son agenda la façon de regarder les propos d'Audrey Pulvar et d'autres. La mosquée de Strasbourg...
Non, mais il y a beaucoup de choses... Moi, je vous demandais de vous engager sur
ce qu'elle a dit. Est-ce que vous... Qu
'est
-ce que vous voulez que
je
m'engage sur ce qu'elle a dit ? Je vous dis que
je suis d'accord ?
Vous êtes d'accord
? Je suis d'accord
avec le point de vue général qu'elle a défendu qui dit que, oui, les victimes ont le droit de s'auto-organiser et de se parler librement entre elles. Voilà. Ça,
c'est le point de vue qu'elle a voulu défendre.
Je ne partage pas toutes les phrases qu'elle a dites, mais ce n
'est
pas le sujet. On ne
va
pas aller dans toutes les phrases. Moi, je vous pose une question. Quand Christian Jacob,
ce matin... Non, mais attendez, parce que si vous voulez bien, on va juste
respecter la règle du jeu. Moi, je voudrais compléter la question de
Roselyne. Allez-y.
C'est-à-dire de vous poser des questions quand je parle de règle du jeu. J'aimerais comprendre en quoi la parole d'un blanc dans une réunion de noirs ou la parole d'un homme dans une réunion
de
femmes doit être considérée, a priori, comme non pertinente.
Non, mais c'est... Pour moi, c
'est... C'est exactement ce à quoi reviennent les propos... Si, si.
Ce qui est reproché... On peut lui demander de
se taire,
c
'est-à-dire considérer, a priori, que ses propos ne seront pas pertinents.
Ce qui est reproché à Audrey Pulvar...
C
'est ce propos.
Non, non, non. C'est d'avoir défendu, comme ça a été le cas sur l'UNEF, d'avoir défendu la possibilité de réunions non mixtes. C'est ça. C'est ça le
procès qui a été fait. Non, non, c'est d'avoir dit on
peut le laisser entrer
mais vous demandez de se taire. Mais
c'est absurde. C'est absurde. Franchement, tout ça est absurde. Qu'est-ce qui est absurde ? Le débat qu'il y a autour juste de cette phrase sortie de
ce contexte. Pourtant, le
PS s'en est ému. Mais le PS est contre les réunions non mixtes. Alors que vous-même, vous n'êtes pas affolé d'avoir entendu, et je viens là-dessus, Christian Jacob, ce matin, interviewé par un de vos confrères, Marc Fauvel, qui lui demande s'il est choqué par le fait que le club de l'automobile soit fermé aux femmes. Silence.
Il
ne dit rien. Alors Marc Fauvel lui dit et par contre, est-ce que quand il y a des réunions de femmes battues non ouvertes aux hommes, est-ce que ça vous choque ? Et il répond oui, je ne suis pas d'accord avec ces réunions. Eh bien moi, ça, pour moi, c'est un scandale absolu. Parce que des lieux non mixtes, des lieux non mixtes, il y a Madame Pécresse qui est montée dans les Tours, elle-même a fait une réunion non mixte en réunion de 100, 600 femmes élues en Ile-de-France et elle s'en est glorifiée. C'est une réunion non mixte. On est bien d'accord. Quand vous avez des réunions non mixtes dans les loges maçonniques, qui est-ce qui hurle ? Heureusement, on ne hurle pas. C'est un droit.
Des réunions non mixtes, il y en a à peu près partout, tout
le temps. Oui, mais là, ça touche. Et donc,
la question de la parole, d'abord, si on parle de réunions non mixtes, parce que là, ce qui était un peu
ennuyé dans la formulation... Non, mais vous voyez bien la différence.
Laura Adler avait pris la défense
des lieux.
J
'aime beaucoup la
façon dont elle l'a faite.
Mais sans dire, on peut laisser entrer le blanc ou la blanche à condition qu'ils se taisent. Parce que c'est quand même ce qui a été dit. Et vous voyez bien que là, il y a une subtilité qui crée le malaise.
Je vais vous dire les choses
franchement.
En 10 secondes.
En 10 secondes,
je vais vous les dire très franchement. Je ne suis pas la porte-parole d'Audrey Pulvar.
D
'ailleurs, vous savez même que je présente une liste, elle en présente une
liste.
Bien sûr. Par contre, ce que je sais, c'est qu'il y a une offensive de la droite et de l'extrême droite. Très forte. Et que sur
l'UNEF, la mosquée de traduces, vous la soutenez.
Donc, je suis désolée, mais je serai solidaire avec Audrey Pulvar, même si mes formulations sont mes formulations, les siennes sont les siennes.
Mais méfions-nous de l'opération politique qui est faite. Merci Clémentine
Autain. Merci.