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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 29 avril 2025 25 min

Annonces de Gérald Darmanin pour les prisons, les pistes pour le budget 2026... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Il a annoncé hier soir, le garde des Sceaux Gérald Darmanin compte demander une participation des détenus aux frais d'incarcération comme il existe des frais d'hospitalisation. Ce sera possible en modifiant la loi, dit-il. Est-ce que vous êtes pour ?

0:17
Manuel Bompard

Non, je ne suis pas pour. Je pense qu'il faut comprendre que la prison, normalement, doit permettre, doit contribuer, évidemment c'est une sanction, mais ça doit aussi contribuer ensuite à une sorte de réhabilitation. Et que quand quelqu'un est en prison, l'objectif, ce n'est pas qu'ensuite, quand il sort, il se retrouve lourdement endetté et avec encore plus de difficultés dans la vie. Je pense qu'on doit au contraire essayer de penser comment le parcours carcéral, il se termine ensuite avec quelqu'un qui ne réitère pas. Et donc, pour ça, il y a des mesures qui sont nécessaires.

C'est ce qu'on appelle l'approbation et ce qu'on appelle ensuite la réinsertion pour essayer de faire en sorte que la personne puisse trouver...

0:51
Présentateur

Mais là, non, pas l'autre. Le but, c'est de faire participer les détenus à l'entretien des prisons.

0:56
Manuel Bompard

J'entends bien, mais de ma part, quand un détenu est en prison et il n'a plus de ressources, il n'a plus de revenus. Ça dépend des détenus. Avec quels moyens financiers va-t-il participer à ces frais ? Certains travails.

1:08
Présentateur

Le travail obligatoire, par exemple. Est-ce que c'est une idée ? Le travail obligatoire, comme en Allemagne ?

1:12
Manuel Bompard

Attendez, attendez, attendez.

1:13
Présentateur

Je vous pose la question.

1:14
Manuel Bompard

Non, mais il n'y a pas de problème. Vous me posez la question que vous voulez. Mais je pense que si une personne, au moment de sa peine, a des moyens financiers importants, on va lui infliger à la fois une peine de prison et puis à la fois, on va lui infliger une sanction financière. Je veux dire, ça arrive aussi dans les peines qui sont décidées et décrétées par des tribunaux. Donc à ce moment-là, d'un certain point de vue, elle contribue aussi aux conditions de son incarcération. Mais automatiser ou systématiser le fait que des détenus doivent payer au cours de leur incarcération, à mon avis, en tout cas, c'est ma première réaction.

Je me dis, mais en fait, ça risque de complexifier encore le parcours de réinsertion et je pense que ce n'est pas une bonne idée.

1:54
Présentateur

Même quelques euros seulement sur les 105 euros

1:57
Manuel Bompard

que coûtent en moyenne chaque jour une incarcération ? Écoutez, attendez, attendez, moi je ne sais pas, M. Darmanin a dit ça, il n'a pas donné les détails de sa mesure.

2:03
Présentateur

Il dit que ça peut être une participation symbolique

2:05
Manuel Bompard

ou alors même le travail obligatoire.

2:07
Présentateur

Vous en pensez quoi, vous ?

2:08
Manuel Bompard

Non, mais moi je pense que tous les détenus ne peuvent pas travailler. Vous pouvez décider, si vous voulez, de manière arbitraire que le travail va être obligatoire, mais tous les détenus ne sont pas forcément en mesure de pouvoir travailler. Donc je pense que c'est bien d'ailleurs quand les détenus peuvent avoir une activité professionnelle parce que précisément, ils préparent l'après-prison. C'est aussi ça l'objectif. L'objectif, ce n'est pas que la prison soit une impasse dont on ne sort jamais. Donc je n'ai pas de problème avec l'idée qu'on puisse favoriser les activités, y compris professionnelles en prison.

2:36
Présentateur

Mais là, vous voyez bien le but juste pour clôturer. C'est parce que ça coûte 4 milliards aux finances publiques par an.

2:43
Manuel Bompard

Alors favorisons plutôt les alternatives à la prison quand c'est possible. Ce n'est pas toujours possible, évidemment. Favorisons plutôt les alternatives à la prison. Tout le monde sait que la prison est aujourd'hui la sanction qui produit le plus de réitération et que les alternatives à la prison sont plus efficaces pour éviter qu'une personne reproduise ensuite des actes délictuels. Travaillons plutôt dans cette direction plutôt que dans des mesures que, pour vous dire les choses franchement, je trouve extrêmement démagogiques.

3:11
Présentateur

Emmanuel, on parle chaos pendant de longues heures en Espagne et au Portugal. Panne géante d'électricité qui a tout mis à l'arène. Également en France, au Pays Basque, qui a touché quelques minutes. La situation est rétablie ce matin. Mais qu'est-ce qu'elle dit ? Qu'est-ce que cela dit, cette panne de la vulnérabilité de notre économie, de notre vie quotidienne ?

3:32
Manuel Bompard

D'abord, je veux saluer les travailleuses et les travailleurs qui se sont... Parce qu'il y a eu une partie de la France qui a été aussi impactée. Il y a des travailleuses et des travailleurs qui ont travaillé pour faire en sorte de rétablir les réseaux d'électricité le plus rapidement possible. Ce qui permet de dire qu'on a souvent beaucoup... On dit souvent beaucoup de mal dans le débat public du service public et des travailleurs du service public. Mais heureusement qu'ils sont là. Ça, c'est la première chose que je veux vous dire. Deuxièmement, je crois, pour avoir essayé de comprendre les causes de cette panne, qu'elles ne sont pas encore tout à fait établies.

Donc c'est un peu difficile d'en tirer des enseignements. Mais évidemment, nos sociétés, elles ont des vulnérabilités à une dépendance à l'électricité dont on a vu ici les conséquences. Donc, attendons de voir les raisons concrètes. J'ai lu que ça pouvait être en raison de phénomènes climatiques particuliers, de variations de température très importantes. Il n'y a pas d'hypothèse. Pourtant, c'est une des hypothèses qui est sur la table aujourd'hui. Si c'est le cas, si c'est cette hypothèse-là qui est valable, alors je pense que ça dit aussi la vulnérabilité de nos sociétés au changement climatique, au phénomène climatique extrême.

Et donc, ça devrait nous amener à faire bien davantage en termes de politique d'adaptation au changement climatique,

4:41
Présentateur

si c'est cette hypothèse qui est retenue. L'un des directeurs de RTE, le réseau de transport d'électricité ici en France, nous disait que la France avait fourni 1000 mégawatts. Et là, même maintenant, à l'heure actuelle, 1500 mégawatts par solidarité avec l'Espagne pour lui permettre de retrouver une situation quasiment normale ce matin, cette interdépendance européenne. C'est une solution ou c'est un problème ?

5:04
Manuel Bompard

Non, mais ça, c'est intéressant que vous posiez la question parce qu'il y a toujours une énorme confusion dans le débat public sur ce sujet. Personne est défavorable à l'interconnexion. Après, il y a un deuxième sujet qui est différent de celui-là. C'est ce qu'on appelle le marché européen de l'électricité qui ne concerne pas la question du fait que les réseaux sont interconnectés, mais concerne l'établissement du prix de l'électricité qui se fait à l'échelle européenne et qui est appuyé sur un prix du marché qui produit aussi aujourd'hui une absurdité qui fait que le prix de l'électricité, notamment, est aligné sur le prix de production de la dernière centrale à gaz.

Donc, tout ça et ce mode d'établissement du prix de l'électricité au niveau européen, il est tout à fait ridicule. Et d'ailleurs, l'Espagne, puisqu'on parle de l'Espagne, a pris des mesures pour sortir de ce réseau européen de l'électricité, donc du mode de calcul du tarif et ça lui a permis d'avoir des tarifs de l'électricité qui étaient beaucoup plus bas qu'en France. Or, aujourd'hui, une des difficultés des ménages en France, mais des entreprises en France, c'est le prix de l'électricité qui est beaucoup trop haut.

Donc là, en l'occurrence, les décisions espagnoles de se mettre à distance du marché européen de l'électricité sont des bonnes décisions, mais elles n'ont rien à voir avec l'interconnexion.

6:08
Présentateur

La panne s'est produite au moment même où l'Assemblée débattait de la feuille de route énergétique de la France pour les dix prochaines années. Il va y avoir un décret dont la publication a été finalement repoussée à la fin de l'été. D'ici là, vous allez devoir vous prononcer sur une proposition de loi qui prévoit une relance massive du nucléaire. En l'état, est-ce que vous la votez ?

6:27
Manuel Bompard

Non. D'abord, je vais vous dire, il y a quand même un problème démocratique majeur. C'est-à-dire que la programmation de notre politique énergétique échappe en vérité à la décision souveraine de l'Assemblée nationale puisqu'on a eu un débat hier sans vote. Et ensuite, c'est le gouvernement qui va publier un décret. Or, je ne sais pas, mais en démocratie, c'est quand même bien quand les parlementaires peuvent voter sur un sujet aussi important que la question de la politique énergétique. Ça, c'est la première chose qu'il faut dire.

Deuxièmement, maintenant, si on regarde un peu le bilan de notre politique énergétique en France, il faut d'abord noter que la France est en retard sur ses objectifs de développement des énergies renouvelables. C'est quasiment le seul pays en Europe qui est en retard sur les objectifs.

7:05
Présentateur

Mais pas en retard sur la décarbonation. Pour le coup, elle est plus en avance

7:09
Manuel Bompard

compte tenu du fait qu'elle a le nucléaire. Attendez, vous ne pouvez pas dire ça quand vous savez qu'aujourd'hui, vous avez deux tiers de notre énergie qui est issue d'énergie carbonée et que les efforts nécessaires pour faire monter en puissance les énergies renouvelables sont en deçà...

7:23
Présentateur

Je parle de l'électricité.

7:25
Manuel Bompard

Non, mais même en électricité, évidemment, on a le nucléaire dans notre mix énergétique, mais on a encore une dépendance très forte à l'énergie carbonée. Et donc, la question qui nous est posée maintenant, c'est qu'est-ce qu'on fait pour essayer de sortir de cette dépendance ? Vous me parlez du nucléaire. Indépendamment des débats qu'on peut avoir sur le mix énergétique qu'on veut pour la France à horizon 2050 ou 2060, indépendamment de ce débat, aujourd'hui, vous êtes obligés de faire monter en puissance les énergies renouvelables parce que les nouveaux projets nucléaires auxquels je suis opposé n'arriveront pas et ne rentreront pas en fonction si les délais étaient respectés.

Et aujourd'hui, ils ne sont respectés sur aucun des projets de nouveaux nucléaires avant au moins 2050. Donc, si vous voulez réduire votre dépendance aux énergies carbonées, aujourd'hui, il faut faire monter en puissance les énergies renouvelables, avoir des politiques d'efficacité énergétique et avoir des politiques de sobriété énergétique.

8:12
Présentateur

C'est l'idée du gouvernement, là, sur le papier, ce que vous dites.

8:15
Manuel Bompard

D'accord, mais c'est l'inverse de ce qu'il fait. Pardon, on a annoncé encore des coupes massives encore ces derniers jours des coupes supplémentaires de plusieurs milliards d'euros et parmi les budgets qui sont impactés, il y a le budget de l'écologie. Dans le budget de cette année, on a réduit et on a coupé de manière extrêmement importante dans le budget de l'écologie. Et par exemple, le budget de l'écologie, c'est le budget de la rénovation énergétique des logements. Quand vous parlez de politique d'efficacité énergétique, vous devez investir massivement dans la rénovation thermique des logements pour prendre cet exemple-là.

Donc, aujourd'hui, on a un gouvernement qui, en matière de politique énergétique, ne fait rien pour avoir une politique qui permette de faire monter en puissance les énergies renouvelables. Vous avez des projets d'éoliennes en mer, d'hydroliennes qui sont au point mort parce qu'il n'y a pas de visibilité et de prédictibilité. Moi, la semaine dernière, j'ai rencontré des acteurs économiques du solaire qui sont dans une difficulté aujourd'hui parce qu'il y a eu des annonces, excusez-moi, c'est un peu technique, de baisse de la TVA pour les installations solaires, mais les décrets d'application n'ont pas été produits.

Et vous avez tout un secteur, toute une filière avec des dizaines de milliers d'emplois à la clé qui ne sait pas comment ils vont pouvoir finir à la fin de l'année.

9:18
Présentateur

C'est en attendant le décret, effectivement.

9:19
Manuel Bompard

Ben oui, mais d'accord, donc il faut aller vite. Pourquoi on procrastine ? Pourquoi on perd du temps ? Alors que cette question-là de notre modèle énergétique et de notre transition, notre planification de transition énergétique, elle est cruciale. Donc maintenant, il faut arrêter de procrastiner, il faut arrêter de faire semblant que c'est les nouveaux projets du nucléaire qui vont résoudre le problème. Il faut faire monter en puissance les énergies renouvelables, donc il faut mettre les moyens pour le faire. Il faut avoir des politiques d'efficacité énergétique et il faut avoir des politiques de sobriété énergétique. C'est tout l'inverse de ce que fait le gouvernement.

Il le dit, c'est vrai, mais il ne le fait pas.

9:50
Présentateur

Vous faisiez allusion justement au budget. L'objectif, on le rappelle, 40 milliards d'économies pour l'année prochaine. Et donc depuis quelques semaines, on voit fleurir quelques pistes dans le débat public. La dernière en date, celle de François Repsamen, le ministre de l'aménagement du territoire qui envisage une contribution modeste pour financer les services publics des communes. Vous dites quoi ? Ça se discute ?

10:08
Manuel Bompard

Une contribution de qui ?

10:10
Présentateur

Il n'est pas assez clair là-dessus. Il est encore un peu flou.

10:12
Manuel Bompard

Pardon, ce n'est pas pour vous mettre en cause. Je veux dire, ça n'a aucun sens. S'il s'agit de dire que c'est une contribution des grandes entreprises, des multinationales, j'y suis favorable. Si vous me dites que c'est une contribution de tous les Français comme la TVA, quel que soit leur revenu, je vous dis qu'évidemment, j'y suis défavorable. Vous comprenez ? Je ne veux pas mettre en cause votre question, mais c'est juste que la proposition elle-même.

10:31
Présentateur

que c'était son idée et qu'elle n'était pas forcément partagée aux institutions. D'accord, mais depuis qu'Emmanuel Macron

10:35
Manuel Bompard

est arrivé au pouvoir, ses décisions, ça a été précisément de supprimer la fiscalité locale, par exemple de supprimer ce qu'on appelle la CVAE, non, mais la taxe d'habitation, mais aussi la CVAE, la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises. Et donc, précisément, il a fait exactement l'inverse de ce que propose aujourd'hui M. Repsamen, ce qui fait qu'aujourd'hui, vous avez des collectivités locales qui n'ont plus de ressources, qui sont dépendantes de l'État et qui sont dans des très grandes difficultés et surtout que quand on fait de l'austérité budgétaire comme le fait le gouvernement, c'est aux collectivités locales qu'on demande de faire des efforts.

Bref, franchement, moi, je vais vous dire, la foire fouille, il a des idées ridicules sur le budget, j'en peux plus en fait. La question qui nous est posée, c'est est-ce qu'à un moment, on pose la vraie question ? La vraie question, elle est simple. Si la part de recette de l'État en proportion du PIB était restée au même niveau que quand Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, le déficit de l'État aujourd'hui serait inférieur à 3% du PIB.

11:24
Présentateur

Et ça a fait plaisir à pas mal de gens.

11:26
Manuel Bompard

Écoutez, ça devrait quand même vous intéresser. Si la part de recette de l'État dans le PIB était restée au même niveau que quand Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, on serait à moins de 3% de déficit aujourd'hui. Donc si on veut répondre sérieusement à cette difficulté de déficit, ça passe par le fait de produire des nouvelles recettes, d'arrêter de chercher des mesures ridicules sur les dépenses. Et les nouvelles recettes, c'est quoi ? C'est des augmentations d'impôts ? Les nouvelles recettes, c'est des augmentations d'impôts pour les milliardaires, c'est la taxe, par exemple, de 2% sur le patrimoine des 147 milliardaires, c'est 14 milliards d'euros.

C'est de faire en sorte que les entreprises, en particulier les grandes multinationales, payent effectivement leur impôt en France. Et ça, c'est l'impôt universel, ça permet de rentrer 25 milliards d'euros. Voilà, ça, c'est des mesures qui nous montrent. Est-ce que c'est aussi la suppression

12:05
Présentateur

des 10% de l'abattement fiscal pour les retraités ?

12:07
Manuel Bompard

Mais pourquoi, alors qu'on peut résoudre le problème par des nouvelles recettes, pourquoi on va aller s'en prendre ici aux retraités, ici aux travailleurs et aux travailleurs ? Non, mais attendez...

12:17
Présentateur

Parce qu'il y a une question d'attractivité aussi du pays et vous l'entendez, cet argument aussi.

12:21
Manuel Bompard

Non, je ne l'entends pas. Quand on a supprimé en France l'impôt de solidarité sur la fortune, on nous a dit, vous comprenez, c'est pour l'attractivité du pays. Si on supprime l'impôt de solidarité sur la fortune, il y a des gens qui partent, ils vont revenir, etc. Est-ce qu'à un moment, il y a quelqu'un qui a regardé les conséquences de la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune ? Est-ce qu'il y a des gens qui sont revenus ? Non, il n'y a personne qui est revenu. Donc ça n'a aucun sens. Ces dernières années, la France est le pays le plus attractif. Ça n'a aucun sens. Mais le pays, aujourd'hui, en France, on a un record historique de versement des dividendes.

Franchement, il n'y a pas de problème pour les plus riches en France aujourd'hui. Donc peut-être, peut-être qu'on peut considérer que quand on gagne beaucoup d'argent, on a profité de l'éducation en France, on profite des services publics en France, on peut contribuer davantage. Et il faut arrêter cette histoire que dès que vous proposez de mettre à contribution davantage les milliardaires, on vous dit vous voulez augmenter les impôts pour faire croire aux gens qu'on va leur demander à eux de verser davantage. La mesure dont je vous parle, elle touche 147 personnes. Pas une personne de plus. 147 personnes. C'est 147 personnes.

Je pense qu'elles peuvent quand même contribuer davantage à la solidarité nationale. Et alors, on rentrera avec une mesure comme ça, 15 milliards d'euros. En mettant en place un impôt universel sur les... 147 personnes, 15 milliards d'euros. Oui, 2%. La taxe Zuckman, 2% sur le patrimoine des milliardaires, c'est 14 à 15 milliards d'euros. 25 milliards d'euros pour une mesure qui permet aux multinationales de payer effectivement l'impôt qui correspond au chiffre d'affaires qu'ils ont réalisé en France et pour mettre un terme aux mesures d'optimisation fiscale. Je vous dis juste ça et je m'arrête là parce que ces deux mesures, ça fait 40 milliards d'euros.

C'est ce qu'ils cherchent pour l'année prochaine. Ils les ont. Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Saliadra Klia.

13:50
Présentateur

Et toujours Manuel Bonpart, le coordinateur national de la France Insoumise. 8,7%, 3,4 millions de demandeurs d'emploi en catégorie A. Le chômage est en hausse au premier trimestre 2025 qui a quelques raisons techniques mais il y a aussi une tendance. Est-ce que vous craignez le retour du chômage de masse ?

14:06
Manuel Bompard

Oui, bien sûr. Vous avez raison. Il y a une partie de cette augmentation qui s'explique par une réforme du RSA qui a changé un peu les modalités d'attribution dans les différentes catégories mais il y a une tendance qui ne date pas de ce trimestre, qui date de plusieurs trimestres, qui a une tendance d'augmentation du chômage et qui éloigne le pays de l'objectif qui avait été fixé y compris par Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle c'est-à-dire le retour au plein emploi.

Moi, le point sur lequel je veux insister c'est que dans ces chiffres du chômage qu'on vous regarde depuis un an, le premier motif d'inscription, de nouvelles inscriptions à Pôle emploi c'est les licenciements économiques. C'est à peu près, je crois que c'est 10% d'augmentation des chiffres sur les licenciements économiques. On est face à une hécatombe de plans de suppression d'emploi aujourd'hui dans ce pays et je pense qu'on devrait en parler davantage que ce dont on en parle aujourd'hui. On a eu les annonces la semaine dernière de ArcelorMittal. C'est plusieurs centaines de suppressions d'emplois.

Moi, je me suis rendu la semaine dernière dans le Gard à une verrerie à Vergès dans le Gard dans lequel il va y avoir 200 suppressions d'emplois. Je peux parler du secteur de l'automobile.

15:10
Présentateur

Entre 150 et 200 000 emplois en danger c'est ce que dit Sophie Binet de la CGT.

15:15
Manuel Bompard

Voilà, les études parlent de 150 000 selon l'OFCE jusqu'à 300 000 selon certains cabinets emplois déjà supprimés ou menacés cette année.

15:23
Présentateur

Mais du coup, on fait quoi ?

15:24
Manuel Bompard

Précisément, c'est ça la question qui nous est posée. Donc, je mets un certain nombre de mesures sur la table. Premièrement, les organisations syndicales proposent de mettre en place une cellule de crise avec le gouvernement de manière hebdomadaire pour qu'à chaque fois il puisse y avoir des réponses qui sont apportées. Premier élément. Deuxième élément, la caractéristique principale c'est que toutes ces suppressions d'emplois aujourd'hui, pardon, mais ce sont dans des secteurs dans lesquels il n'y a pas de difficultés économiques. Il n'y a pas de difficultés économiques par exemple dans ArcelorMittal pour la concurrence chinoise.

Non mais d'accord, mais ArcelorMittal, les sites sont rentables en France. Peut-être selon les stratégies boursières de ArcelorMittal pas suffisamment à leur vie. Les sites sont rentables ? Évidemment, les sites sont rentables en France. La verrerie à Vergès dont je vous parle, c'est une verrerie qui a des carnets de commandes qui sont remplis et qui font des bénéfices. Donc, ce serait une affaire par exemple

16:08
Présentateur

pour l'État de les racheter, de nationaliser ArcelorMittal ?

16:11
Manuel Bompard

Alors, je vais vous proposer deux solutions. Premièrement, nous avons déposé et je propose que cette proposition de loi puisse être examinée à l'Assemblée nationale, une proposition de loi pour l'interdiction des licenciements boursiers, c'est-à-dire interdire les licenciements quand des entreprises versent des dividendes, quand des entreprises touchent de l'argent public, quand des entreprises procèdent à des rachats d'actions. Nous déposons une proposition de loi sur ce sujet. Ce n'est pas normal que des entreprises qui s'en mettent plein les poches licencient et laissent des familles sur le carreau et à l'abandon. Premièrement.

Deuxièmement, quand on parle de secteurs aussi stratégiques que ArcelorMittal, que le secteur du spatial par exemple, qui est aussi directement confronté à des difficultés aujourd'hui, à Thalès, à l'Ignaspace, des plans de suppression d'emplois, alors oui, la puissance publique, elle doit être en capacité de rentrer au capital des entreprises, de les nationaliser.

16:55
Présentateur

On n'a pas d'argent, Manuel Bompard ?

16:56
Manuel Bompard

On n'a pas d'argent ?

16:57
Présentateur

Ben oui.

16:58
Manuel Bompard

Ben si, on a de l'argent pour faire ça.

16:59
Présentateur

On va parler à mon fil info. On n'a pas d'argent.

17:00
Manuel Bompard

Mais si, on a de l'argent, madame, je vous ai fait même un certain nombre de propositions pour qu'on ait des recettes nouvelles. Et si vous laissez ces entreprises, ces fleurons industriels partir, là on parle de notre capacité de production d'acier. Pardon, peut-être qu'on a parlé du budget dans la première partie, mais on a aussi parlé de la nécessité de faire la transition énergétique. Et ben comment vous allez faire la transition énergétique si vous n'avez pas des capacités de production d'acier en France, si vous la laissez partir ailleurs ? Parce que quand ça va être parti ailleurs, ça va nous coûter plus cher à la fin. Donc oui, il faut que l'État joue son rôle.

Et l'État doit jouer son rôle, c'est-à-dire s'il le faut nationaliser ces entreprises, quand des entreprises sont en attente de repreneurs, parfois on peut aussi faire des nationalisations temporaires. On aurait dû le faire par exemple sur l'entreprise Vancorex, dont tout le monde sait qu'on a une dépendance par exemple dans notre chaîne d'approvisionnement et dans notre filière de nucléaire militaire à ces entreprises-là. Ces entreprises-là, ce sont des secteurs stratégiques qui sont indispensables, on ne peut pas les laisser partir. Et moi j'en ai assez de voir l'État qui ne fait rien sur le sujet, qui fait comme si ça n'existait pas.

Et on se retrouve avec des suppressions d'emplois par dizaines de milliers face à un État qui est totalement inactif, totalement impuissant. Ça c'est insupportable. Donc maintenant il faut qu'il se bouge, il faut qu'il fasse quelque chose. Et moi j'appelle à mettre la pression aussi populaire. Il va y avoir des manifestations le 1er mai ce jeudi. Je crois que ces manifestations doivent être aussi contre ces suppressions d'emplois et j'appelle toutes et tous

18:17
Présentateur

à y participer. D'un mot d'ailleurs à propos du 1er mai, le gouvernement va soutenir la proposition de loi de deux sénateurs centristes visant à autoriser Boulanger-Fleuriste à ouvrir à l'avenir au 1er mai. Mais non,

18:28
Manuel Bompard

bien sûr que j'y suis opposé. C'est un jour férié. Dans un jour férié, c'est un jour dans lequel on ne travaille pas. Et on me dit oui c'est sur la base du volontariat. Sauf que les artisans dont vous êtes en train de me parler, ils ont aussi des salariés. Et ces salariés ça va être sur la base du volontariat pour eux aussi. Évidemment non, vous le savez bien. Donc à la fin, petit à petit, on fait en sorte qu'un jour qui était un jour férié ne le sera plus.

Donc si on a des jours fériés et en plus celui-là qui est la journée internationale pour les droits des travailleuses et des travailleurs, c'est certainement pas pour contraindre des travailleuses et des travailleurs à aller travailler ce jour-là. Donc je trouve ça vraiment une très mauvaise très mauvaise mesure. Mais moi j'appelle plutôt que d'aller travailler le 1er mai, j'appelle tout le monde à venir manifester. Ça c'est important de le faire.

19:06
Présentateur

Manuel Pompard, une information judiciaire a été ouverte pour meurtre avec préméditation et à raison de la race ou de la religion dans l'assassinat d'Aboubacar Sissé dans le Gard. Mais l'avocat du suspect a expliqué notamment à France Info que son client a déclaré qu'il a trouvé sur son chemin. Il n'a rien dit contre l'islam, contre les mosquées. Donc on ne serait pas sur un crime islamophobe à l'en croire. C'est une stratégie de défense ?

19:31
Manuel Bompard

Ça me paraît évident. Je crois qu'il dit aussi qu'ils n'ont pas filmé. Il y a une vidéo. Donc je pense que si désormais... C'est normal, le travail d'un avocat c'est d'essayer de défendre son client. Et pour défendre son client, on sait qu'il y a des circonstances qui sont aggravantes et donc il essaye de ne pas se revendiquer de ces circonstances-là. Mais je crois que les effets sont assez clairement établis par les vidéos. Quand vous dites je crois que c'est les propos qui sont prononcés dans la vidéo ton ala de merde, je crois que les choses sont assez claires sur le fait que la motivation islamophobe elle est présente.

Et donc c'est la raison pour laquelle je pense que la société dans son ensemble doit se mobiliser pour dire en France quand on s'en prend à quelqu'un de manière générale c'est évidemment problématique quand on s'en prend à quelqu'un en fonction de sa confession religieuse, de sa couleur de peau, de son origine, alors c'est la République tout entière qui doit dire ça c'est inacceptable et on doit faire bloc. Et de ce point de vue-là franchement le fait que le ministre de l'Intérieur et ministre des Cultes M.

Retailleau ait considéré qu'il était plus utile pour lui de continuer à mener sa campagne à l'intérieur du Parti des Républicains plutôt que de se rendre sur place, que la marche blanche qui a été organisée dimanche sur place se soit faite en dehors de toute présence des autorités de l'État, des élus est quand même extrêmement problématique. Il y avait quelques élus, des députés de la France Insoumise qui se sont rendus sur place pour essayer justement de corriger et de dire regardez les élus la République est à vos côtés.

20:57
Présentateur

C'est intéressant ce que vous dites parce que lors du rassemblement à Paris en hommage à Aboubakar Sissé justement Richie Thibault collaborateur parlementaire de la députée LFI Arsilya Soudé a appelé à la création de brigades d'autodéfense populaire partout dans le pays pour se défendre contre l'islamophobie. Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a saisi la justice pour appel à l'insurrection.

21:17
Manuel Bompard

C'est justifié ? Je vois que M. Retailleau il est plus rapide à venir réagir à des propos que évidemment je ne partage pas qui ont été tenus dans ce rassemblement plutôt que de se rendre sur place. Donc s'il vous plaît on va peut-être d'abord retenir la douleur la colère le chagrin la peur On retient ça M.

Retailleau Je vais vous répondre sur votre sujet mais que la première question que vous me posiez sur ce rassemblement ce soit celle-là pardonnez-moi peut-être d'abord dire qu'on présente nos condoléances à la famille de Aboubakar Sissé peut-être d'abord dire qu'il y avait dans ces manifestations et dans ces rassemblements On vous pose la question parce que vous êtes le coordinateur de la France Insoumise et qu'il s'agit là d'un ministre de la France Insoumise et qu'il y ait l'unième collaborateur que d'abord notre objectif ça doit être de faire en sorte que la communauté nationale dans son ensemble dise qu'elle est aux côtés des musulmans et des musulmans de ce pays

22:14
Présentateur

Je ne suis pas d'accord

22:17
Manuel Bompard

avec ces propos et ce ne sont pas des propos de la France Insoumise Il va être sanctionné ?

On verra mais en tout cas ce que je peux vous dire c'est que la France Insoumise ne se retrouve pas dans ses propos maintenant je voudrais vous dire quand même s'il vous plaît faites attention avec les accusations à la géométrie variable j'ai entendu il y a quelques mois un monsieur Tapirot Franck Tapirot dire qu'il fallait construire des brigades d'autodéfense juive en France et monsieur Retailleau n'a pas saisi la justice à ce moment-là donc voilà ma position ma position c'est aux institutions c'est à l'Etat c'est à la communauté nationale dans son ensemble de défendre une personne quand elle est ciblée en fonction de sa confession religieuse et ça c'est vrai évidemment contre l'islamophobie c'est vrai évidemment contre l'antisémitisme c'est vrai évidemment contre tous les actes racistes contre tous les actes qui sont malheureusement en augmentation en France et contre lesquels on doit réagir et cette manière d'essayer si vous voulez de changer le sens de ces rassemblements c'est vraiment quelque chose qui est maladie C'est à mon avis c'est à mon avis pas une bonne chose par rapport à ce qu'on doit répondre on doit répondre de manière unie face à cet acte islamophobe et moi j'aspire à ce que je sais qu'il y a d'autres initiatives des rassemblements qui vont avoir dans les prochains jours il faut y participer massivement

23:24
Présentateur

une toute dernière question Manuel Bompard alors on en est au costat de la rumeur mais elle provient du magazine Valeurs Actuelles qui l'alimente cette semaine Hanouna 2027 Cyril Hanouna voilà qui aurait un programme présidentiel dans les prochains jours vous y croyez ou c'est du bluff ?

23:43
Manuel Bompard

Je sais pas et franchement je suis pas sûr que ça soit très malin nous-mêmes de donner de l'écho à cette rumeur sauf si des gens veulent qu'on construise des cours de padelle dans les jardins de l'Elysée puisque ça a l'air d'être la proposition de monsieur Hanouna enfin franchement je sais pas je pense que dans ce pays j'ai essayé d'en faire la démonstration dans cette interview on est confronté quand même à des questions et à des difficultés qui sont des difficultés majeures bah moi je préférerais qu'on se concentre sur qu'est-ce qu'on fait face aux suppressions d'emplois sur qu'est-ce qu'on fait pour être enfin à la hauteur de la lutte contre l'urgence climatique

24:14
Présentateur

Est-ce qu'il y a d'autres exemples dans le monde d'animateurs de télévision qui prennent des responsabilités

24:20
Manuel Bompard

qui sont élus ?

Interrogeons-nous et interrogez-vous sur votre propre responsabilité aussi On s'interroge tous les jours mais on vous pose cette question parce que c'est dans l'actualité ce matin Monsieur Hanouna je crois qu'il devait partir sur le groupe M6 en échange du fait qu'il arrêtait de faire de la politique donc peut-être la question qu'on peut poser c'est est-ce que le groupe M6 va mettre un terme à la collaboration prévue avec Monsieur Hanouna puisqu'il annonce qu'il va faire de la politique ça c'est peut-être une bonne question vous voyez pour le reste j'ai pas du tout envie moi-même de contribuer à donner de l'écho à une personne qui s'est exprimée ces derniers mois et ces dernières années par des propos que je trouve extrêmement problématiques donc je préfère qu'on se concentre sur les vrais problèmes du pays et qu'on essaye d'apporter des réponses parce que les françaises et les français souffrent beaucoup aujourd'hui et ils attendent de leur classe politique qu'elles s'attaquent à leurs problèmes et c'est ce que j'essaye de faire

25:03
Présentateur

Manuel Bompard le coordinateur national de la France Insoumise Merci à vous

25:07
Manuel Bompard

je vous souhaite une bonne journée Merci