Manuel Bompard sur le meurtre dans une mosquée : « C’est un acte islamophobe, il faut le dire »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Notre invité politique aujourd'hui c'est Emmanuel Bompard. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes coordinateur de la France insoumise, député LFI des Bouches du Rô. On est ensemble pendant une vingtaine de minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est représentée aujourd'hui par Stéphane Vernet. Bonjour.
Bonjour Alexandre. Madame Bard. Bonjour.
Bonjour. Stéphane Vernet qui dirige la rédaction parisienne du journal ouest France. Emmanuel Bompard.
On va commencer tout de suite par la les réactions après l'attaque de la mosquée de la Grandcombe dans le département du gare où un fidèle musulman Abouakar Sissé a été tué par un homme armé d'un couteau. Quel est quel de de quoi ce drame est-il le signe aujourd'hui dans notre société française ? Est-ce que c'est le signe d'un d'unauvagement comme on le dit à droite ou alors d'une islamophobie croissante comme on le d on le dit plutôt dans votre corps politique ?
Bah, d'abord, écoutez, je pense que c'est euh important pour commencer de dire nos condoléances à la famille de de cette personne, à ses proches et d'affirmer à la communauté musulmane française de manière générale notre solidarité. Parce que ce qu'il faut comprendre et je crois ça c'est très important que tout le monde l'it en tête, c'est que dans ce contexte, dans ce climat, après cet événement et ben les personnes en France de confession musulmanes sont inquiets. Ils ont peur.
Moi, vous savez, j'ai participé hier soir à un rassemblement qui s'organisait, un rassemblement citoyens populaire assez spontané d'ailleurs de d'hommage et de commémoration. les gens qui sont venus me voir me disaient on a peur donc je pense qu'il faut avoir tenir compte de cette de cette peur et je crois que notre rot augmenter la sécurité autour des mosquées et je crois que notre devoir notre responsabilité queles que soient d'ailleurs les étiquettes politiques, c'est de d'affirmer de dire à toute personne en France qu'elle soit d'ailleurs musulmane ou d'une autre religion mais qu'à chaque fois qu'une personne sera ciblée attaquée en raison de sa confession religieuse elle aura la communauté nationale dans son ensemble à ses côtés. Et de ce point de vue-à, je pense que tous ceux qui essayent de de masquer la réalité de ce qui s'est passé là, c'est-à-dire effectivement un acte qui visait cette personne en raison de sa confession religieuse ne contribue pas à une prise de conscience nécessaire, ne contribue pas à nommer les choses.
C'est un acte islamophobe d'une personne qui a été ciblée en raison de sa confession religieuse. Il faut le dire, il faut utiliser les bons mots parce que c'est en le disant et en utilisant les bons mots qu'on peut ensuite dire c'est inacceptable dans notre société. et la communauté nationale se trouve au côté de toutes celles et ceux qui se sont sentis visés.
Mais c'est c'est inacceptable. Mais la bonne réponse c'est quoi ? Parce que je je vous pose la question parce que hier place de la République à Paris, on a on a entendu Richy Thba qui est collaborateur parlementaire de la députée LFI RCIL soué appelé à la création de brigades d'autodéfense populaire partout dans le pays.
Vous vous ça c'est ça la bonne réponse ? Vous trouvez ce genre de choses Évidemment non et et et évidemment ce ne sont pas les c'est pas la position de la France insoumise mais il est pas il est pas député de France insoumise il pas député de la France insouise il est pas membre de la France insoumise. Donc c'est évidemment pas la position de la France assoumise.
Et je je veux juste dire une chose franchement on est en train de parler d'un drame terrible d'une personne qui est mort morte pardon dans dans une mosquée en raison de sa confession religieuse. Donc celles et ceux qui essayent d'utiliser les déclarations d'un tel ou d'une telle pour masquer la réalité du du message du qui était très important de ces manifestation. Il y en a eu dans plusieurs villes hier. ne font pas une bonne chose.
Si vous voulez faire une bonne chose, il faut donner euh il faut respecter le l'émotion, la la colère, l'inquiétude d'une partie de la population euh euh française. Et il faut dire et et donc ceux qui politiquement essayent d'utiliser encore ce ce ces ces tel ou tel propos pour essayer comme je l'ai vu monsieur Retaillot hier, d'essayer d'aller s'en prendre à la France insoumise qui par n'a rien à voir avec ce propos, franchement c'est pas une bonne manière de faire les choses. Une bonne manière de faire les choses, c'est de dire que la communauté nationale dans son ensemble doit être au côté des musulmans et de la communauté musulmane en France de manière générale que puisque vous me posez la question que les autorités doivent réagir immédiatement.
Je vous le dis sincèrement que monsieur Retaillot attendu 2 jours pour se rendre sur place. là aussi n'est pas le message qu'il faut envoyer euh dès que quelqu'un doit être ciblé et ciblé en France en raison de sa confession euh euh religieuse. Alors, c'est les autorités publiques qui doivent être là et qui doivent dire ça c'est inacceptable en France et on fait bloc.
Jean-Luc Mélenchon estime que Bruno Rotaillot est responsable du climat actuel. Pourquoi ? Bah pour les les propos, les déclarations qu'il a eu ces derniers mois, son obsession à à à cibler le les musulmans en France.
Enfin, écoutez, monsieur Rotaillot est quand même allé dans une réunion publique pour en en dans une intervention où il a terminé son propos en disant "Aat le voile", on a le droit de pas considérer que on a le droit de pas être d'accord avec le voile, d'être d'accord avec le voile, mais quand on vient dans un meeting comme ça pour dire "Ah, le voile", imaginez si monsieur Retaillot était allé dans un rassemblement et avait dit "Ah, la croix, abas laakipa, abas crucifie". Bah tout le monde aurait dit "Mais qu'est-ce que c'est que c c'est ces propos ? Qu'est-ce que c'est que ces déclarations ?" Je vous rappelle que monsieur Retaillot, non seulement ministre de l'intérieur, mais il est ministre des cultes et donc évidemment que les propos qu'il a tenu que cette manière qu'il a d'alimenter en permanence dans le débat public depuis plusieurs mois une forme d'obsession contre les musulmans en France contribue à encourager une forme de climat où des gens qui sont dérangés se trouvent en quelque sorte autorisés à s'en prendre à une personne en fonction de sa confession religieuse.
Et évidemment, il y a pas que monsieur Roto, c'est le climat général. On a aujourd'hui des chaînes de télévision, des chaînes de médias dans lesquelles les propos islamophobes sont légion ou vous en avez tous les jours ou toutes les semaines. Donc qu'est-ce qu'il faut faire ?
Il faut dire ça ça doit s'arrêter. Il faut qu'il y ait évidemment une solidarité de de l'État des de la puissance publique dans son ensemble. Et ensuite, il faut des réponses politiques.
Et les réponses politiques, c'est par exemple de mettre en place euh enfin un grand plan de lutte contre tous les racines, contre l'islamophobie, contre l'antisémitisme avec de la formation pour que euh quand une personne vient par exemple au commissariat ou à la justice pour euh dénoncer un acte raciste ou ou islamophobe, c'est c'est cette dénonciation soit prise au sérieux avec des moyens de lutte, avec un grand plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme et l'islamophobie. Voilà ce qu'on a besoin de faire. On a besoin d'avoir des réponses politiques et surtout pas de chercher, comme j'ai vu le faisait monsieur Retaillot à essayer de régler des comptes politiques sur ce sujet.
On parlera tout à l'heure de la lutte contre l'antisémitétisme également, mais d'abord sur cette idée de la communauté nationale qui quand même, on le voit, n'est pas vraiment unie euh autour de cette lutte contre l'islamophobie et que par exemple hier euh dans la marche à Paris euh et bien après ce drame, le député socialiste Jérôme Gatche qui s'est fait copieusement insulter, expulser euh de la marche avec l'insulte suivante suivante PS parti sioniste. Est-ce que vous regrettez ce type de fait ? Mais moi je je crois que j'ai été très clair dans les propos que j'ai tenu tout à l'heure.
Je pense que les manifestations, les rassemblements qui ont eu lieu hier soir, c'était des rassemblements qui étaient nécessaires, qui étaient indispensables parce que je crois que c'est nécessaire que le que le peuple, la la l'ensemble de la population puisse exprimer son soutien et sa solidarité dans le climat que j'ai décrit tout à l'heure. Et donc je n'ai certainement pas l'intention de venir rebondir sur les propos d'un tel ou tel ou tel événement dans le rassemblement pour en changer changer la signification. Et ben en tout cas, mais par qui ? pas par des des insoumis ou je ne sais quoi.
Donc évidemment, moi je pense que dans ces rassemblements, il faut que ce qui reste central, c'est le message et le message c'est en France, il ne peut pas y avoir de personnes qui sont assassinées en raison de leur pratique religieuse. Voilà ce que j'ai à vous dire et le reste franchement je pense que c'est pas une bonne chose de en donnant de la publicité à tel ou tel événement ou telle ou telle déclaration en masquant en quelque sorte la le vrai message de ces manifestations et de ces rassemblements. Mais le problème c'est qu'on voit que certains responsables politiques choisissent de marcher contre l'antiémitisme mais pas contre l'islamophobie et inversement je rappelle que les insoumis n'ont pas marché contre l'antiémitisme en novembre 2023.
Est-ce qu'il n'y a pas une forme de division de deux poids de mesure sur sur ces sujets monsieur enfin après on pourra parler si vous voulez de la l'initiative qui s'appelait marche contre l'antisémitime ce qui avait été pris par madame Brun Pivé monsieur l'archer en en novembre dernier mais moi ce que je peux vous dire c'est que la France insoumise à chaque fois qu'une personne est attaquée en raison de son origine de sa religion de sa couleur de peau, la France insoumise elle a toujours été présente dans les initiatives de protestation elle a toujours pris la parole pas toujours présente dans la rue. Mais si par exemple si vous voulez me parler de la question de l'antisémitisme par exemple quand malheureusement il y a quelques semaines vous vous en rappeler le rabin d'Orléan a été agressé dans la rue il y a une marche blanche qui a été organisée à Orléan et les militants de la France insoumise les élus de la France insoumise y étaient présents. Donc évidemment qu'il ne faut pas en quelque sorte choisir ses causes en fonction de telle ou telle religion parce que sinon on fracture la communauté nationale.
Nous, voilà ce que j'ai à vous dire. À chaque fois qu'une personne est attaquée, ciblée en raison de sa pratique religieuse, de sa couleur de peau, de de quoi que ce soit, à chaque fois la France assoumise, elle sera à côté de cette personne et elle lui dira "La communauté internationale dans son ensemble doit être solidaire de votre peine, de votre souffrance et elle doit être à vos côtés et elle vous protégera." Vous évoquiez tout à l'heure les réponses politiques par rapport à ce qui s'est passé ce ce donc dans le dans le gare.
Vous dites qu'il faudra un lutte un plan un grand plan de lutte contre tous les racismes. Oui. Il se trouve qu'aujourd'hui il y a les le le la ministre Aurorger présente le les les les conclusions de des assuisses de lutte contre l'antisémitisme qui avait été lancé en en février.
Est-ce que ça ça va dans le la le le bonne démarche ou après on va voir les mesures qui sont proposées mais évidemment que quand je parle de lutter contre tous les racismes, la lutte contre l'antisémitisme en fait partie évidemment et on a eu aussi ces derniers ces dernières semaines et ces dernières mois une augmentation des actes islamophobes j'en ai parlé et une augmentation des actes antisémites. Et donc il faut être en capacité de lutter contre l'ensemble de ces aes de c qui qui englobe toutes les formes de rac. Évidemment, je pense que c'est nécessaire mais attendez, moi j'ai évidemment je suis aussi d'accord pour qu'il y ait des mesures spécifiques contre l'antisémitisme, des mesures spécifiques contre l'islamophobie.
Maintenant, il faut dire lesquels. Et là, j'ai dis alerte parce que si comme je j'en j' j' j'en ai entendu parler, euh les mesures qui seraient proposé viseraiit en quelque sorte à faire une amalgame un amalgame pardon entre euh euh la critique légitime de la politique du gouvernement de monsieur Netahu et l'antisémitisme. Alors là, je dis stop, on se trompe parce que évidemment que en faisant ça, en quelque sorte, on fait l'inverse de ce qu'on veut faire.
C'estàdire, on produit une forme d'essentialisation qui consisterait à dire que critiquer la politique du gouvernement de monsieur Netahou serait critiquer la communauté juive en France. Alors évidemment que la communauté JU n'est pas solidaire ou responsable des horreurs qui sont commises par le gouvernement de monsieur évoquant justement une mesure précise qui semble être reprise par le gouvernement la création d'un nouveau délit pénal de provocation à la destruction et à la négation d'un état internation internationalement reconnu pour sanctionner notamment les propos de haine contre l'État d'Israël, pas contre le gouvernement de Benjamin Netaniaou. Ça veut dire que vous êtes contre ce nouveau délit ?
Bah, je pense que je je crains effectivement que cette c'est c'est pas nouveau, hein, ce débat, il a il a déjà eu lieu en France, y compris sur à un moment la tentative de d'installer une nouvelle définition de de de l'antisémitisme en France qui venait, si vous voulez, agréger euh à ou considérer comme de l'antisémitisme une critique d'une politique qui est celle de d'un gouvernement en Israël et des actes qui sont commis par cet état. Moi évidemment, je ne suis pas favorable à la remise en cause de l'existence de l'État de l'État d'Israël évidemment, mais je pense que c'est une erreur de venir euh en quelque sorte élargir la définition de l'antisémitisme pour qu'elle vise à masquer en quelque sorte ce qui est de l'ordre du débat public. Le ce qui est de l'ordre du débat public, on a le droit de critiquer la politique du gouvernement de monsieur Netano.
On a le droit de critiquer la politique de celui celui qui dirige aujourd'hui l'État israélien. On a le droit de dire qu'on est horrifié par les actions qui sont commises par le gouvernement de monsieur Netaniau à Gaza. Et ça c'est pas de l'antisémitisme.
Donc il faut faire attention et c'est la raison pour laquelle évidemment je suis très prudent sur ce type de de de mesures. Donc oui, à des mesures y compris spécifiques de lutte contre l'antisémitisme mais non à toute élément qui viserait en quelque sorte à amalgamer la critique de de l'action du gouvernement de monsieur Netaniao et l'antisémitisme. Justement, parlons du conflit israélo-palestinien puisque Emmmanuel Macron a assuré que la France allait reconnaître l'État palestinien.
Est-ce que vous pensez que le président de la République va vraiment le faire ou qu'il pose des conditions qui sont difficiles à atteindre comme par exemple le fait que les pays arabes reconnaissent l'état d'Israël ? Bah d'abord, je je veux vous dire que je le souhaite euh évidemment euh d'abord parce que la France aurait dû le faire depuis bien longtemps. Je vous rappelle que la dernière fois que l'Assemblée nationale française s'est prononcée sur ce sujet, elle a voté en faveur d'une résolution pour la reconnaissance de l'État de de Palestine et que depuis malheureusement il y a eu aucune initiative qui a été prise au plus haut niveau de l'État pour reconnaître l'état de Palestine.
Et c'est encore plus nécessaire aujourd'hui dans une situation dans laquelle on se retrouve qui est une situation terrible. C'est-à-dire qu'il y a plusieurs dizaines de milliers de morts aujourd'hui à Gaza et on a besoin que la France elle pèse sur la situation. Et pour peser sur la situation, il y a un certain nombre de mesures qui sont nécessaires.
Arrêter les livraisons d'armes, infliger des sanctions au gouvernement de monsieur Néthano, mais la reconnaissance de l'État de Palestine en fait partie. Donc je souhaite effectivement que cette reconnaissance puisse arriver le plus rapidement possible. Ça fait longtemps qu'on le demande et j'observe que d'autres pays en Europe l'ont fait et n'ont pas fixé des conditions telles que ça le rendait impossible.
Je pense que la France en faisant ça peut contribuer y compris à augmenter la pression internationale sur le gouvernement de monsieur Néano pour que le génocide en cours à Gaza s'arrête le plus rapidement possible. Allez, on va parler de l'actualité euh politique française et notamment euh de la question euh du budget avec 3 milliards d'euros en moins dans le budget de cette année. C'est une annonce qui a été faite dimanche par le gouvernement. une décision par décret notamment 500 millions d'euros en moins pour l'écologie, 500 millions d'euros en moins pour l'enseignement supérieur.
Est-ce que vu que les prévisions de croissance sont à la baisse, cela vous paraît normal qu'on baisse certaines dépenses publiques ? On a juste le budget. Pas du tout.
Pas du tout. D'abord, je vais vous dire que ces 3 millions, ils viennent s'ajouter 3 milliards, pardon, excusez-moi, euh vous avez raison. Euh, ils viennent s'ajouter à d'autres milliards de crédits qui ont déjà été gelés il y a quelques semaines et ils viennent s'ajouter eux-mêmes à des restrictions et des coupes budgétaire massive dans le budget de cette année.
On en a parlé au moment de l'élaboration de ce budget et à d'autres coupes encore plus massives qui sont envisagées pour le budget de l'année prochaine. Et précisément, vous avez raison, regardez le résultat qu'on a sous les yeux. C'est-à-dire que ces coupes massives, qu'est-ce qu'elles produisent comme résultat ? elles produisent une compression, une réduction de l'activité économique.
Donc on a des prévisions de croissance qui sont en de ça, des prévisions de croissance qui ont été faites au moment de l'élaboration du budget pour une raison très simple et qui a déjà largement été démontré dans d'autres exemples internationaux, c'est que si vous avez une politique austéritaire, une politique de réduction de la dépense publique, une politique de réduction des investissements, ben ça produit comme résultat une contraction de l'activité économique, donc des recettes fiscales en moins et donc ça a grave le problème. Et donc vous êtes dans un cercle qui est un cercle vicieux. Donc il faut faire cette réduction des recettes, elle est aussi grandement liée au contexte international et notamment à toutes les toutes les phrases que Donald Trump autour de autour des droits de douane et cetera.
Enfin écoutez les prévisions de de vous savez les prévisions de l'OB c'est pas uniquement un ralentissement de l'activité qui serait le seul fait du gouvernement et de la politique du gouvernement. Essentiellement. Évidemment vous avez raison de dire que les les dernières annonces de Donald Trump euh sans doute pèse sur les prévisions et sur la réalité de la croissance.
Ça c'est vrai, mais l'observatoire français des conjectures économiques disait que si on était resté cette année sur les mêmes lignes budgétaire qu'en 2024, on aurait eu une croissance sans doute entre 14 et 6 et que avec le budget de François Baot, on était sur une croissance autour de 0,6 à 08. Donc la vérité, c'est que cette politique de compression des dépenses publiques, elle produit un résultat économique et un résultat économique désastreux. Il faut que tout le monde le comprenne.
Pour une auton très simple, prenez par exemple juste un exemple, le budget de l'écologie. Dans le budget de l'écologie, il y a par exemple tout ce qui va être les moyens qu'on qu'on met, les moyens publics qu'on met pour favoriser une politique de rénovation thermique des des des logements, de rénovation énergétique des logements. Mais si vous réduisez les investissements publics sur le sujet, bah c'est tout un secteur de l'activité économique, par exemple le secteur du bâtiment qui se retrouve en amputé et donc il y a moins d'activités économiques.
Quand même quand même. Est-ce qu'il n'y a pas certaines économies à faire avec par exemple le gouvernement qui prévoit de supprimer ou de fusionner un/ers des agences de l'État ou des opérateurs de l'État ? Est-ce qu'il n'y a pas certaines économies structurelles dans l'appareil de de l'État ?
Franchement, je vais y venir mais d'abord pardon mais on on prend pas le problème par le bon bout. Tout le monde le sait. Et je vais vous donner un chiffre très simple.
Si la part des recettes de l'État dans le PIB était resté au même niveau que quand Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir en 2017, on aurait aujourd'hui un déficit public inférieur à 3 %. Tout le monde sait que le problème auquel on est confronté aujourd'hui, c'est un problème de recette. C'est pas un problème de dépense.
C'est-à-dire que mais quelle quelle recette en fait vous voulez dire qu'il faudrait relancer la fiscalité en fait mais pas les ça c'est ça c'est un peu la mauvaise foi, pardonnez-moi. Pas vous mais débat de recettes justement du débat public. C'est-à-dire que quand vous dites qu'il faut augmenter les préléments pour les ultra riches ou pour les grandes multinationales, on vous dit vous voulez augmenter les impôts pour faire croire aux gens qui nous écoutent que la personne qui galère déjà et qui arrive pas à finir les fins de mois, on va lui prendre davantage pour financer le budget de l'État.
Évidemment, c'est pas de ça dont il est question. Par exemple, on nous parle de 40 milliards d'euros à aller chercher. Bon, si vous mettez en place une taxe Zucman sur de 2 % sur le patrimoine des 147 milliardaires, il y a que 147 personnes qui seraient touchées.
Vous allez rentrer 15 milliards d'euros dans dans les recettes de l'État. Donc évidemment que si on est dans cette situation aujourd'hui, c'est parce que la politique d'Emmanuel Macron, elle a contribué à faire des cadeaux plus riches et aux grandes entreprises et qu'aujourd'hui, ben on se retrouve face à la difficulté et que maintenant on vient nous voir et on nous dit c'est à tout le monde de venir payer la facture. Mais ça c'est pas normal.
Donc il faut mettre en place des mesures qui permettent d'augmenter les recettes de l'État et pour ça il faut augmenter les impôts sur les ultra riches et sur les grandes entreprises et les multinational. Voilà ce qu'il faut faire. Ensuite, est-ce qu'on peut faire des économies ?
Pardon hein, je veux pas être trop long, c'est votre question. Bah par exemple, vous savez qu'on on distribue chaque année quasiment 200 milliards d'euros d'argent public aux entreprises sans aucune contrepartie. Moi, je veux bien qu'on aille regarder euh à qui va cet argent, comment il est utilisé, est-ce que ça produit les résultats attendus ou pas ou est-ce que c'est des effets d'oben ?
Moi ça, je veux bien le regarder, mais ça bizarrement on en parle jamais. Et après, on nous parle des agences. Franchement, les agences tout le monde sait qu'à la fin c'est c'est rien.
C'est peinuts en terme de de d'économie qu'il est possible de faire. Si on veut être sérieux, on parle de 3 milliards d'économies comme face à ce que dit Amé. Oui, on parle de 40 milliards à aller chercher l'année prochaine.
Donc oui, mais c'est 3 milliards plus 3 milliards plus 3 milliards. Oui, d'accord. d'abord agences faudrait regarder un petit peu de quoi on parle parce que j'ai entendu j'ai assisté à un débat lunaire à l'assemblée nationale où on disait on nous disait qu'il allait qu'il allait falloir supprimer par exemple qui est l'agence sur la transition écologique.
Enfin faut pas non plus faire n'importe quoi. Une question une question sur la proportionnelle. J'avais deux deux questions sur la rentrée parlementaire parce que c'est aujourd'hui cet après-midi à l'Assemblée nationale vous allez débattre alors ça sera un débat sans vote de l'énergie.
À quoi ça sert un débat sans vote ? pas à grand-chose. Vous avez raison.
Et comment vous allez vous positionner par rapport à Bah, personnellement, d'abord moi évidemment je souhaite que quand il y a un débat, il y ait un vote et en l'occurrence que ça soit pas un débat sans vote et puis ensuite quelques jours plus tard la publication d'un décret par le gouvernement qui publie des orientations en terme de politique énergétique sans qu'on puisse en en avoir un débat parlementaire. C'est ça qui va se passer. Non, de toute façon, justement, je le je le conteste et je le et je le dénonce parce que je pense que la politique énergétique, c'est quelque chose de suffisamment important pour qu'on puisse à minima avoir un débat parlementaire.
Enfin, dans quelle démocratie on est si désormais on vote plus le budget parce que ça passe en 493 et que quelque chose d'aussi important que la politique énergétique de la France on puisse ce débat on l'a cet après-midi à l'Assemblée nationale parce que Marine Le Pen l'a demandé en fait. Elle a fait pression en disant que c'était inadmissible, que la question passe en par décret, que Mais attendez, c'est pas parce que Marine Le Pen l'a demandé, c'est parce que un certain nombre de parlementaires considèrent que c'est quand même assez ben évidemment que ça considère que c'est quand même assez légitime qu'on puisse débattre d'un sujet aussi important avant qu'il puisse y avoir un vote. Pour le reste.
Madame Le Pen, elle considère que il faudrait faire moins d'efforts dans le développement des énergies renouvelables et rester dans un un modèle énergétique extrêmement dépendant des énergies fossiles. Donc évidemment, je suis en radical désaccord avec elle. Mais puisqu'on parle de ce sujet, j'en profite en quelques instants, en quelques instants pour vous dire que par exemple dans le débat sur ce sujet a été annoncé il y a quelques jours euh vous savez une baisse de la TVA sur l'installation des des systèmes de des d'énergie solaire et les décrets de publication de cette baisse de la TVA n'ont toujours pas été produit. vous avez une décision qui a été faite et je le dis parce que j'ai rencontré la semaine dernière des entreprises qui sont dans une situation extrêmement compliquée parce que comme il y a pas de prévisibilité sur à quel moment ces décrets vont être mis en place, tous les contrats sont en train d'être reportés.
Vous avez tout un tout un secteur économique qui se retrouve en difficulté de la lenteur dans la décision de l'ur de la décision et un peu de cohérence de planification de prévisibilité pour que les choses puissent avancer comme il faut. Le premier ministre François Bairou lance aujourd'hui le chantier de la proportionnelle. Il réunit les forces politiques sur et bien une éventuelle réforme pour introduire une dose de proportionnel dans l'élection des députés.
Précisément, quelle est la position de la France insoumise sur la proportionnelle ? Ben la France insoumise est favorable à un mode de scrutin euh proportionnel. Euh on est ensuite, il va y avoir forcément dans bah voilà, il va y avoir forcément un un débat sur sur ce sujet.
Nous nous sommes favorables à ce que ça soit un mode de scrutin qui soit vraiment proportionnel. Or, si vous faites un mode de scrutin avec une prime majoritaire de 50 % comme je l'entends de voilà propose certaines formations politiques, bah c'est plus vraiment majoritaire parce que ça veut dire que la formation politique qui arrive en tête, elle rafle la moitié des sièges pour elle tout seul et que ensuite c'est les Exactement. C'est ce qui se passe au municipal et que personnellement nous contestons parce que nous considérons que ça donne beaucoup trop de pouvoir pour la liste qui l'a emporté tout seul.
Donc nous nous sommes favorable quelque chose qui soit réellement proportionnel, donc pas avec une prime majoritaire de 50 % et pas avec un échelon territorial qui soit si comprimé, si petit que à la fin ça déforme complètement la nature dans les circonscriptions législatives actuellement donc à l'échelle du département par exemple même peut-être même peut-être au-delà au niveau régional national ça peut même être au niveau national mais alors il faut concilier il faut être vigilant c'est-à-dire que si on le le plus proportionnel c'est à l'échelle nationale mais alors il faut faire attention une répartition par exemple, c'est une suggestion. Après la France assoumise, elle fera ses propositions de manière officielle si nous sommes effectivement reçus par le premier ministre. pas pr il c'est vous êtes bah j'ai entendu dans la presse que ça devait avoir lieu mais on on a pas on n' pas été sollicité pour organiser ce rendez-vous mais par exemple ça pourrait être un mode de scrutin national dans lequel ensuite il y a des sections par département pour les candidats pour qu'on reste sur un sénatorial en fait comme non plutôt comme par exemple vous savez le mode de scrutin des élections régionales c'est-à-dire que vous votez à l'échelle de la région et ensuite il y a des sections départementales pour les candidats qui permet à la fois de concilier proportionnalité et quand même maintien représentation des territoires des territoires et puis cette réforme de la proportionnelle, ça permettrait à certains partis notamment les socialistes, de ne plus être euh obligé de s'unir avec d'autres partis par exemple avec vous de ne plus être obligé de faire une union de la gauche.
Je sais pas si c'est pour ça que c'est fait mais je je je sais pas les il aurait plus besoin de de faire des un de toute façon je crois que des unions de la gauche j'ai suivi rapidement c'est pas ce qui me passionne mais je suiv rapidement le le le congrès du parti socialiste. J'ai j'ai écouté les différents candidats. Je crois qu'il y en a trois.
Ils disent tous que ils veulent pas s'aller ils veulent pas s'allier avec la France insoumise. Donc je crois qu'il y a pas besoin de la proportionnelle pour que malheureusement le Parti socialiste prenne une position aujourd'hui de diviseur de la gauche et de refus de l'alliance et de l'union que pourtant nous avons proposé au moment de la NUPS et au moment du nouveau Front populaire. Donc je regrette cette situation mais je crois que la proportionnelle ne m'a malheureusement rien changé sur ce sujet.
Merci beaucoup Manuel Boufard d'avoir été notre invité politique aujourd'hui. Merci Stéphane. On va regarder la une du journal France aujourd'hui et cette question : "Quels sont encore les freins à la pratique du vélo ?" Joli jeu de mot à la une de Wouest-France.
Allez, euh tout de suite, c'est l'heure du club des territoires.
Manuel Bompard